Le lac de lave du Kilauea entre Noël et Jour de l’An // The Kilauea lava lake between Christmas and New Year

Voici quelques informations supplémentaires sur l’éruption du Kilauea qui a commencé dans la soirée du 20 décembre 2020. L’activité reste confinée dans le cratère de l’Halema’uma’u. Ce qui, à mes yeux, est le plus important pour le moment, c’est que rien ne montre que l’activité ait envie de migrer depuis le sommet vers les zones de rift.

Actuellement, le principal danger de cette éruption reste le vog (brouillard volcanique) généré par le dioxyde de soufre (SO2) émis par le lac de lave. Les dernières mesures révèlent 6300 tonnes par jour. Voir mon article du 25 décembre 2020 sur les risques sanitaires.

Au début de l’éruption, la lave est sortie de deux bouches qui se sont ouvertes au bas des parois ouest et nord du cratère de l’Halema’uma’u. Le jour de Noël, le débit était d’environ 30 mètres cubes par seconde.

Le soir de Noël, le lac de lave avait légèrement dépassé le niveau de la bouche nord qui, depuis le début de l’éruption, était la principale source d’alimentation. La fontaine de lave qui jaillissait de cette bouche activait la circulation de la lave dans le lac. Ce phénomène était évident quand on observait le mouvement de la croûte.

Dans les premières heures du 26 décembre, l’activité de la bouche ouest a augmenté de façon spectaculaire et la fontaine de la bouche nord a cessé son activité. Les scientifiques du HVO ont alors pu voir la lave s’engouffrer dans la bouche nord. En conséquence, le niveau du lac a chuté d’environ 8 mètres au cours des heures suivantes. Cette baisse de niveau du lac a laissé un anneau noir au-dessus de sa surface. Cet anneau marque encore aujourd’hui le niveau maximum atteint par la lave. Ce changement d’activité a également entraîné une baisse des émissions de SO2 qui sont passées de 16 000-20 000 tonnes par jour le 25 décembre à 3 800 tonnes le 30 décembre.

Le niveau du lac de lave remonte lentement depuis le 27 décembre. Les dernières mesures indiquent qu’il a une profondeur de 189 mètres. Sa surface se trouve à 399 mètres sous la lèvre sud du cratère. Le volume de lave émise est actuellement de plus de 23 millions de mètres cubes. Le débit éruptif a diminué pour atteindre environ 10 mètres cubes par seconde. Le 1er janvier 2021, le lac mesurait 800 mètres est-ouest et 530 mètres nord-sud, pour une superficie de 33 hectares. Aujourd’hui, la lave continue de sortir de la bouche ouest.

Le problème pour les visiteurs du Parc National des Volcans d’Hawaii est que le lac de lave n’est pas visible depuis les points d’observation, comme la terrasse du musée Jaggar. C’est la raison pour laquelle certaines personnes franchissent les cordes et barrières de sécurité, se mettent en danger et se font verbaliser par les rangers.

Juste après le début de l’éruption, le niveau du lac de lave s’est élevé rapidement, d’une part en raison de la forme du cratère (un cône inversé) et d’autre part parce que le débit de la lave était important. Selon le HVO, le lac de lave devrait être visible depuis le Kilauea Overlook une fois qu’il aura atteint une hauteur d’un peu plus de 770 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ensuite, une hausse supplémentaire de 5 mètres le fera déborder sur la bordure la plus basse de l’Halema’uma’u sur le côté nord-est. Comme le lac de lave se trouve actuellement à environ 690 mètres d’altitude, il lui faudra s’élever encore d’environ 80 mètres pour devenir visible depuis les points d’observation.

En supposant que le débit éruptif reste stable à 10 mètres cubes par seconde, il faudrait environ 45 jours pour que la lave remplisse l’Halema’uma’u jusqu’à un peu plus de 770 mètres au-dessus du niveau de la mer. A ce moment-là, le lac sera visible depuis le Kilauea Overlook. En extrapolant, on peut imaginer que quelques jours plus tard, la lave commencerait à déborder sur la terrasse inférieure de l’Halema’uma’u, à un peu moins de 788 mètres au-dessus du niveau de la mer. Cependant, cela prendrait probablement plus de temps car le débit éruptif montre des fluctuations et une tendance à la baisse. Si la lave débordait de l’Halema’uma’u, elle commencerait alors à remplir une vaste zone de blocs d’effondrement avant de déborder sur le plancher proprement dit de la caldeira. Mais nous n’en sommes pas encore là…. !

Source: USGS / HVO.

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Here is some more information about the Kilauea eruption that began on the evening of December 20th, 2020. Activity remains confined within Halema’uma’u Crater. Most importantly, for the time being, monitoring data show no signs of activity migrating from the summit into the rift zones.

The primary hazard from this eruption at this time is vog (volcanic fog) produced by the SO2 emissions at the summit. The latest measurements reveal 4500-5500 tonnes per day. See my post of December 25th, 2020 about the health risks.

At the beginning of the eruption, lava erupted from two vents on the west and north sides of Halema’uma’u Crater. On Christmas Day, the output was measured at approximately 30 cubic metres per second.

By Christmas night, the lava lake had risen slightly above the level of the north vent, since the start of the eruption, was the dominant source of lava. Lava fountaining from the north vent drove circulation in the lava lake. This was apparent in the motion of the crust.

Early in the morning on December 26th, activity at the west vent increased dramatically as the fountaining at the north vent died out. HVO scientists could see lava draining back into the north vent and the lake level dropped by about 8 metres over the next few hours. This drop left a black ring around the edge of the lake, marking the lake’s highest point. This chnage in activity also led to a decrease in SO2 emissions which decreased from 16,000–20,000 tonnes per day on December 25th to 3,800 tons per day on December 30th.

The lava lake level has been rising slowly again since December 27th. The latest measurements indicate it is 186 metres deep. Its surface lies 399 metres beneath the crater’s south rim. The erupted volume to this point is more than 23 million cubic metres. The eruption rate has decreased to approximately 10 cubic metres per second. On January 1st, 2021, the lake measured 800 metres east-west and 530 metres north-south, covering an area of 33 hectares. Today, lava continues to erupt from the west vent.

The problem for the National Park visitors is that the lava lake cannot be seen from the observation points like the terrace of the Jaggar Museum. It’s the reason why some persons walk beyond the safety ropes and barriers, put their lives at risk, and get fined by the rangers.

After the eruption first started, the lava lake rose rapidly both due to the shape of the base of the crater (an inverted cone) and the initially high rates of lava being erupted.  According to HVO, the lava lake should be visible from Kilauea Overlook once it reaches an elevation just over 770 metres above sea level, then another 5 metres of rise will have it overflowing the lowermost rim of Halema’uma’u on the northeast side. Since the lava lake is currently at about 690 metres above sea level, it has about 80 metres to rise before it reaches the level of visibility.

Assuming a constant eruption rate of 10 cubic metres per second, it would take approximately 45 days for lava to fill Halema’uma’u to just over 770 metres above sea level, therefore becoming visible from Kilauea Overlook. Several days later lava would start overflowing the lowermost rim of Halema’uma’u at just below 788 metres above sea level. However, it would likely take longer as the eruption rate has been fluctuating and generally decreasing. If lava did overflow Halema’uma’u, it would then need to fill the extensive down-dropped block area before overflowing onto the main caldera floor. But it is still a very long way…!

 Source : USGS / HVO.

Vue du lac de lave le 30 décembre 2020 depuis la lèvre sud de l’Halema’uma’u (Source : HVO)

Une sordide affaire de fric // A sordid matter of money

J’ai expliqué dans plusieurs notes que WorkSafe – le principal organisme de réglementation de la santé et de la sécurité au travail en Nouvelle-Zélande – a engagé des poursuites contre 13 parties suite à l’éruption de White Island en 2019. Royal Caribbean, la plus grande compagnie de croisières au monde, fait partie des parties tenues pour responsables de la mort de 22 touristes et des blessures graves de 25 autres visiteurs de l’île. En effet, la plupart des victimes voyageaient à bord du navire de croisière Ovation of the Seas qui appartient à la compagnie.

Aujourd’hui, Royal Caribbean tente d’empêcher les victimes de l’éruption d’engager des poursuites en justice aux États-Unis. Les familles américaines et australiennes qui ont perdu de leurs membres à cause de l’éruption ont intenté des procès contre Royal Caribbean, affirmant que la compagnie n’avait pas correctement expliqué les dangers de la visite de White Island. Leurs avocats affirment que la Royal Caribbean aurait dû savoir que le volcan pouvait entrer en éruption avant de permettre à ses passagers de visiter White Island. Ces mêmes avocats expliquent «qu’un certain nombre d’organisations géologiques et scientifiques avaient alerté sur l’activité volcanique sur l’île. […] En conséquence, la Royal Caribbean savait ou aurait dû savoir que le volcan était dangereux, mais a quand même vendu des billets pour l’excursion d’une journée afin de réaliser le maximum de profit.» Les avocats ont ajouté que leurs clients souffraient de «détresse émotionnelle grave, d’angoisse mentale, de douleur physique, de perte de jouissance de la vie, de stress post-traumatique et d’autres troubles mentaux».

Faisant fi de ces déclarations, la Royal Caribbean Cruises a demandé la semaine dernière à la Cour fédérale australienne de bloquer les poursuites. Entre autres arguments, la société a affirmé que les procédures relèvent uniquement des tribunaux locaux de Nouvelle-Galles du Sud en vertu d’une clause figurant dans les billets de croisière. L’avocat australien a déclaré que la famille «n’avait pas reçu de contrat précisant le lieu  où les poursuites devaient être engagées».

À suivre.

Source: The Telegraph, The New Zealand Herald.

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 I have explained in several posts that WorkSafe – New Zealand’s primary work health and safety regulator – has filed charges against 13 parties following the eruption on White Island in 2019. Royal Caribbean, the world’s largest cruise company, is among the parties held responsible for the deaths of 22 tourists and the severe injuries of 25 other visitors of the island. Indeed, most of the victims were travelling on board the company’scruise ship Ovation of the Seas

Today, Royal Caribbean is trying to prevent victims of the eruption from suing in the US.

US and Australian families who lost members because of the eruption, filed separate lawsuits against Royal Caribbean claiming that the cruise line did not properly explain the dangers of visiting White Island. Their lawyers explained that Royal Caribbean should have known that the volcano could erupt before allowing its passengers to visit White Island. They said “there were a number of geological and scientific organisations that were ringing alarm bells about volcanic activity on the island. […] Royal Caribbean either knew or ought to have known that the volcano was dangerous but went ahead and sold tickets to the day trip anyway in order to maximise its profit.” The lawyers also alleged that their clients suffered “severe emotional distress, mental anguish, physical pain, loss of enjoyment of life, post-traumatic stress and other mental disorders.”

However, the Royal Caribbean Cruises last week applied to the Australian Federal Court to seek a ruling to block the lawsuits concerning the Australian victims. Among other arguments, the company claimed that proceedings can only be heard in local New South Wales courts due to a clause in their cruise ticket contract. The Australian lawyer said the family « didn’t get a contract that said anything about where suits should be litigated ».

To be continued.

Source: The Telegraph, The New Zealand Herald.

Photo : C. Grandpey

Le pont : un serpent de mer dans le Détroit de Messine !

Dans son édition du 1er janvier 2021, le journal La Sicilia aborde un sujet qui, comme le monstre du Loch Ness en Ecosse, fait surface de temps en temps, avant de disparaître pendant plusieurs années.

L’origine de l’article du journal sicilien se trouve au Danemark où le creusement d’un tunnel entre ce pays et la Suède devrait commencer dans les prochaines semaines. Le tunnel, en passe de devenir le tunnel sous-marin le plus long du monde, reliera en 2029, date programmée de la fin des travaux, Puttgarden à Rødby en passant sous le Détroit de Fehmarn. Il faudra 10 minutes aux voitures et 7 minutes au trains pour effectuer le trajet. Actuellement, il faut emprunter le ferry qui met environ une heure pour relier les deux ports. A ce temps de trajet, il faut bien sûr ajouter le temps d’accostage des bateaux. Le journal La Sicilia fait remarquer que c’est la durée de traversée en bateau – si tout va bien – du Détroit de Messine entre Villa San Giovanni et Messine.

Le nouveau tunnel entre le Danemark et la Suède aura une longueur de 18 km. A l’intérieur, il intégrera une double voie ferrée et une autoroute à quatre voies. Le tunnel coûtera 7 milliards d’euros ; il sera financé en grande partie par le gouvernement danois et le reste par l’Union Européenne.

En observant ce prochain tunnel, le journal  La Sicilia voit rouge. En effet, le quotidien se bat depuis des années pour que soit remplacée par un pont la liaison entre la botte italienne et la Sicile, un projet qui refait surface de temps en temps avant d’être reporté sine die. Pourtant, la construction d’un tel pont aurait de nombreux avantages, à commencer par le travail dont pourraient profiter quelque quarante mille salariés pendant dix ans, dans deux régions où le chômage est particulièrement élevé. S’il était construit, le pont serait le plus long au monde et donnerait une belle image de l’Italie. Il ferait pénétrer un train à grande vitesse directement en Sicile, alors que le train doit actuellement s’arrêter à Reggio de Calabre.  .

A côté du pont, on parle aussi d’un tunnel ou d’une piste cyclable sur le Détroit de Messine. Ce sont des projets qui donnent lieu à des discussions inutiles qui n’aboutissent à rien. Résultat : le projet de pont reste au point mort pendant que les voisins européens construisent un tunnel ! Les Italiens et les touristes étrangers devront donc continuer à emprunter le bateau pour couvrir les trois kilomètres qui séparent les deux terres. Selon le trafic, cette traversée prend parfois trois heures, ce qui est tout à fait inacceptable à une époque où le monde voyage à grande vitesse !

Source : La Sicilia.

Source : La Sicilia

Soufrière St Vincent : croissance du dôme mais pas d’évacuation // Dome growth but no evacuation

Selon un article publié dans la presse locale le 1er janvier 2021, l’éruption de la Soufrière St Vincent se poursuit, mais aucune évacuation n’a été ordonnée. Une équipe du Centre de recherche sismique de l’Université des Antilles (UWI-SRC) a effectué une reconnaissance aérienne du volcan et a répété qu’aucun ordre d’évacuation n’avait été émis.

L’équipe scientifique a indiqué que deux reconnaissances aériennes avaient été effectuées le 1er janvier. Une forte couverture nuageuse a empêché les scientifiques d’avoir une bonne vue du cratère lors du premier vol. Lors du deuxième vol, il a été possible de photographier le cratère. Les clichés montrent que le nouveau dôme continue de croître.

Il est rappelé au public que lorsque le magma interagit avec la température de surface, surtout le matin lorsque l’air est frais, de la vapeur peut être vue au-dessus du cratère. Cette situation peut durer des semaines ou des mois.

Le niveau d’alerte reste à la couleur Orange. Cela signifie:

– Niveau très élevé de sismicité ou d’activité fumerollienne ou les deux, ou autres phénomènes volcaniques anormaux. Des éruptions peuvent survenir dans moins de 24 heures.

– Le système de surveillance fonctionne en permanence. Il y a une inspection visuelle régulière des zones de couches actives éventuelles. La déformation du sol et l’activité hydrothermale sont également surveillées.

– Les personnes vivant dans des zones proches du volcan, ce qui inclut les localités de Fancy à Georgetown et de Belle Isle à Richmond sont priées de rester vigilantes et d’écouter tous les conseils de la NEMO (‘Organisation nationale de gestion des catastrophes).

La NEMO a également demandé au public de ne pas visiter le volcan de La Soufrière jusqu’à ce que les scientifiques donnent le feu vert.

Source: Loop News Caribbean.

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According to an article published in the local press on January 1st, 2021, the eruption of La Soufrière continues, but no evacuation has been ordered. A team from the University of the West Indies Seismic Research Centre (UWI-SRC) has conducted aerial reconnaissance of the volcano and reiterated that no evacuation order has been issued.

The team reported two aerial reconnaissance were performed on January 1st. However, heavy cloud cover prevented the scientists from getting a good view of the crater during the first flight. During the second flight, the photographer was able to capture photos of the crater, which show that the new dome continues to increase in size.

The public is reminded that when the magma interacts with the surface temperature, especially in the morning when the air is cool, steam may be seen above the crater. This situation may continue for weeks or months.

The alert level remains at Orange. This means:

– Highly elevated level of seismicity or fumarolic activity or both, or other unusual symptoms. Eruptions may occur with less than 24 hours’ notice.

– The monitoring system is continuously in operation. There is a regular visual inspection of potential vent areas. Continuous ground deformation and hydrothermal activity are also monitored.

– People living in areas close to the volcano which include communities from Fancy to Georgetown and Belle Isle to Richmond are asked to remain alert and listen to all advisories from the National Emergency Management Organisation (NEMO).

NEMO also asked the public to refrain from visiting the La Soufriѐre Volcano until the scientists advise that it is safe to do so.

Source: Loop News Caribbean.

Source : University of the Wesr Indies