Le pont : un serpent de mer dans le Détroit de Messine !

Dans son édition du 1er janvier 2021, le journal La Sicilia aborde un sujet qui, comme le monstre du Loch Ness en Ecosse, fait surface de temps en temps, avant de disparaître pendant plusieurs années.

L’origine de l’article du journal sicilien se trouve au Danemark où le creusement d’un tunnel entre ce pays et la Suède devrait commencer dans les prochaines semaines. Le tunnel, en passe de devenir le tunnel sous-marin le plus long du monde, reliera en 2029, date programmée de la fin des travaux, Puttgarden à Rødby en passant sous le Détroit de Fehmarn. Il faudra 10 minutes aux voitures et 7 minutes au trains pour effectuer le trajet. Actuellement, il faut emprunter le ferry qui met environ une heure pour relier les deux ports. A ce temps de trajet, il faut bien sûr ajouter le temps d’accostage des bateaux. Le journal La Sicilia fait remarquer que c’est la durée de traversée en bateau – si tout va bien – du Détroit de Messine entre Villa San Giovanni et Messine.

Le nouveau tunnel entre le Danemark et la Suède aura une longueur de 18 km. A l’intérieur, il intégrera une double voie ferrée et une autoroute à quatre voies. Le tunnel coûtera 7 milliards d’euros ; il sera financé en grande partie par le gouvernement danois et le reste par l’Union Européenne.

En observant ce prochain tunnel, le journal  La Sicilia voit rouge. En effet, le quotidien se bat depuis des années pour que soit remplacée par un pont la liaison entre la botte italienne et la Sicile, un projet qui refait surface de temps en temps avant d’être reporté sine die. Pourtant, la construction d’un tel pont aurait de nombreux avantages, à commencer par le travail dont pourraient profiter quelque quarante mille salariés pendant dix ans, dans deux régions où le chômage est particulièrement élevé. S’il était construit, le pont serait le plus long au monde et donnerait une belle image de l’Italie. Il ferait pénétrer un train à grande vitesse directement en Sicile, alors que le train doit actuellement s’arrêter à Reggio de Calabre.  .

A côté du pont, on parle aussi d’un tunnel ou d’une piste cyclable sur le Détroit de Messine. Ce sont des projets qui donnent lieu à des discussions inutiles qui n’aboutissent à rien. Résultat : le projet de pont reste au point mort pendant que les voisins européens construisent un tunnel ! Les Italiens et les touristes étrangers devront donc continuer à emprunter le bateau pour couvrir les trois kilomètres qui séparent les deux terres. Selon le trafic, cette traversée prend parfois trois heures, ce qui est tout à fait inacceptable à une époque où le monde voyage à grande vitesse !

Source : La Sicilia.

Source : La Sicilia

Ferroutage transalpin

Suite à ma dernière note à propos de la fonte annoncée de la Mer de Glace et le chapitre consacré au ferroutage, il est bon de rappeler qu’il existe un projet de liaison ferroviaire transalpine Lyon-Turin à travers les Alpes, entre la France et l’Italie. Le but de cette ligne est d’accélérer les transports par trains de voyageurs et de transférer le trafic de fret de la route vers le rail, avec des effets positifs pour l’environnement et une réduction substantielle de la pollution. .

Cette liaison est constituée de trois sections : une section française de 140 km entre l’agglomération lyonnaise et Saint-Jean-de-Maurienne ;  une section commune franco-italienne de 84,1 km entre Saint-Jean-de-Maurienne en Savoie (mais depuis Montmélian selon l’accord de 2012) et Chiusa di San Michele en Piémont italien ; une section italienne de 46,7 km entre Chiusa di San Michele et la ville de Turin en Italie. La longueur totale de la liaison mixte Lyon-Turin est donc d’environ 271 km, dont un peu plus des deux tiers en France.

Les promoteurs estiment que l’exploitation du corridor Lyon-Turin avec la nouvelle ligne permettra d’obtenir une capacité de trafic fret d’environ 40 millions de tonnes de marchandises à l’horizon 2035. Ils considèrent également que la nouvelle liaison permettra de réduire considérablement les temps de parcours entre de grandes métropoles européennes, de freiner le report du trafic de fret nord-alpin vers la liaison routière par Vintimille, tout en favorisant le développement du trafic régional sur la ligne existante.

Le 23 septembre 2019 a été une journée clé pour le projet Lyon-Turin avec le percement, entre Saint-Martin-la-Porte et La Praz en Savoie des derniers mètres des neuf premiers kilomètres du tunnel de 57,5 km au total. De nombreux élus aveint été conviés pour l’occasion, dont le secrétaire d’Etat en charge des transports. Il a fallu trois ans de travail et la collaboration de 450 ouvriers français et italiens pour construire cette première étape du tunnel, mais il reste beaucoup à faire. Les premiers trains ne circuleront pas avant 2030 !

Source : France Bleu Savoie.

Source : La Transalpine

Le Spirit Lake 37 ans après l’éruption du Mt St Helens // Spirit Lake 37 years after the Mt St Helens eruption

Aussi étrange que cela puisse paraître, les effets de l’éruption de 1980 du Mt St Helens se font encore sentir aujourd’hui. L’un des problèmes les plus sérieux concerne le Spirit Lake où l’on observe une quantité impressionnante de troncs d’arbres et autres matériaux expulsés par le volcan et qui obstruent l’exutoire du lac. Dans une note publiée le 17 octobre 2017, j’ai expliqué les différents risques liés au Spirit Lake.
L’éruption de 1980 a élevé le niveau de l’eau de 63 mètres et bloqué son exutoire naturel avec un mélange de cendres, de terre, de roche et d’autres matériaux. Sans solution pour le vidanger, le lac pourrait monter encore plus haut. Cela augmenterait le risque d’une rupture du barrage de matériaux, un événement potentiellement cataclysmique qui pourrait envoyer d’énormes volumes d’eau et de sédiments dans les rivières Toutle, Cowlitz et Columbia. Quelque 50 000 habitants du sud-ouest de l’Etat Washington seraient sérieusement menacés.
En 1982, une station de pompage temporaire a été installée pour abaisser le niveau du lac. Cela a été suivi en 1985 par la construction d’un tunnel pour envoyer l’eau dans la South Coldwater Creek.
Depuis cette date, le tunnel de près de 2,5 km de longueur a connu des réparations à répétition. Le chantier le plus récent, achevé en mars 2016, a permis de consolider une section de 9 mètres qui s’était rétrécie considérablement en raison des pressions du sol.
Le tunnel de drainage achevé en 1985 réduit les risques de rupture du barrage de matériaux, mais la structure vieillissante, malgré des réparations répétées, ne fonctionne pas de manière optimale et nécessite toujours une maintenance coûteuse.
Les scientifiques proposent des solutions pour l’avenir, telles que la construction d’un second tunnel, l’ouverture d’un déversoir à travers le barrage de matériaux, ou la recherche d’une solution pour drainer le lac. Ils proposent un travail collaboratif qui rassemblerait les organismes fédéraux et d’État, le district de Cowlitz et les communautés en aval.
Pendant ce temps, l’Army Corps of Engineers travaille sur un plan à long terme pour limiter la quantité de sédiments qui se jettent dans les rivières Toutle, Cowlitz et Columbia. Les ingénieurs ont déjà construit un bassin de rétention de sédiments, qui ressemble à un barrage, au niveau de la North Fork (branche septentrionale) de la Toutle River. En 2012, le déversoir du bassin a été relevé de 2 mètres, et il pourrait être rehaussé davantage à l’avenir.
Les scientifiques font remarquer que les nouveaux projets d’ingénierie auront un effet domino tout au long de la zone d’évacuation des eaux du Spirit Lake. Bien que la sécurité publique demeure une préoccupation majeure, ils indiquent que d’autres facteurs devraient être pris en considération, comme les fermes d’élevage de poissons, mais aussi la loi qui demande de «permettre aux forces géologiques et à la suite écologique de continuer leurs activités sans entrave» à l’intérieur du Mount St Helens Volcanic National Monument. .
Dans le même temps, le travail du Service des Eaux et Forêts au Spirit Lake consiste à installer une structure pour éloigner les troncs d’arbres de la sortie du tunnel ainsi que des capteurs pour surveiller le débit d’évacuation de l’eau du lac. Le Service envisage également d’ouvrir une voie d’accès pour que les véhicules tout-terrain puissent atteindre le Spirit Lake afin d’assurer son entretien. Cette proposition a suscité l’inquiétude de certains chercheurs qui disent que cela pourrait perturber leurs travaux dans une zone sensible connue sous le nom de Pumice Plain.
Source: The Bellingham Herald.

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Strange as it may sound, the effects of the 1980 eruption of Mt St Helens are still felt today. The most serious threat is at Spirit Lake, which the volcano left plugged by an unstable mass of debris that, if it gave way, would threaten some 50,000 Southwest Washington residents who live downstream. In a note released on October 17th, I explained the risks linked to Spirit Lake.

The 1980 eruption raised the water level by 63 metres and blocked its natural outlet with a mix of ash, earth, rock and other materials. With no way to drain, the water level could climb still higher. This would increase the chance of a breach of the debris dam, a potentially cataclysmic event that could send huge volumes of water and sediment surging down the Toutle, Cowlitz and Columbia rivers.

In 1982, a temporary pumping station was installed to lower water levels. This was followed in 1985 by the construction of a tunnel to divert water into South Coldwater Creek.

Since then, the nearly 2.5-km-long tunnel has been subjected to repeated spot repairs. The most recent effort completed in March 2016 shored up a 9-metre section that had narrowed significantly due to ground pressures.

The drainage tunnel completed in 1985 reduces the chance that the makeshift dam could fail. But the aging structure, despite repeated repairs, is not operating optimally, and is still in need of expensive maintenance.

Scientists suggest future engineering options, such as building a second tunnel, cutting a spillway through the debris dam or finding a way to drain the lake. They propose a collaborative effort that brings together federal and state agencies, the Cowlitz Tribe, downstream communities and others.

Meanwhile, the Army Corps of Engineers has worked on a long-term plan to limit sediments flowing into the Toutle, Cowlitz and Columbia. It built the sediment retention structure, which resembles a dam, across the North Fork of the Toutle. In 2012 the spillway of the structure was raised by 2 metres, and it could be raised again in the future.

The scientists note that new engineering projects have ripple effects throughout the drainage. While public safety remains a key concern, they say that other things should be considered, such as fisheries restoration and the intent of congressional legislation « to allow geologic forces and ecological succession to continue substantially unimpeded » in the Mount St. Helens Volcanic National Monument.

In the meantime, the Forest Service’s work at Spirit Lake includes the installation of a structure to keep floating logs away from the tunnel outlet as well as sensors to help monitor flows. The Forest Service also is considering opening up a route for all-terrain vehicles to reach Spirit Lake to assist with maintenance. That proposal has drawn concern from some research scientists who say it could disturb their studies within a sensitive area known as the Pumice Plain.

Source : The Bellingham Herald.

Photos: C. Grandpey

 

La magie des volcans // The magic of volcanoes

drapeau-francaisEn ces temps perturbés, voici une histoire personnelle qui restera à jamais gravée dans ma mémoire. Elle prend aujourd’hui des allures de conte de Noël.

Nous sommes le 20 avril 1992. Ce jour-là, Antonio Nicoloso, le très regretté chef des guides de l’Etna, m’a invité à le suivre jusqu’au pied du Cratère Sud-Est de l’Etna, à la source de l’éruption. Un apprenti guide, un scientifique français et le responsable de la Protection Civile italienne nous accompagnent.
Depuis la mi-décembre de l’année précédente, le volcan ne cesse de vomir ses entrailles. Les coulées ont parcouru plusieurs kilomètres dans la Valle del Bove ; elles ont allègrement franchi le Salto della Giumenta pour se précipiter dans le Val Calanna, et elles sont maintenant aux portes de Zafferana Etnea où la population implore la Madonne pour que la lave n’engloutisse pas cette charmante bourgade.
Quand je suis arrivé la veille à Nicolosi, Antonio m’a dit qu’il me réservait une surprise, mais sa discrétion toute sicilienne lui interdisait de m’en dire davantage. Une fois sur le site de l’éruption, après avoir observé la lave qui continuait à s’écouler dans un chenal aux parois joliment teintées par les gaz, notre petit groupe se dirigea vers un endroit où Antonio déplaça une plaque de basalte qui recouvrait une ouverture dans le sol et il nous invita à pénétrer à l’intérieur.
Au prix de quelques contorsions, mon corps se glissa dans l’orifice et je sentis bientôt mes pieds reposer sur le sol. L’appel d’air était constant. Après avoir extirpé une torche de son sac, Antonio parcourut avec le jet de lumière ce lieu insolite où s’écoulait probablement la lave au tout début de l ‘éruption. Le plafond de la grotte était constellé de stalactites de re-fusion, témoins évidents de la forte chaleur qui régnait dans ce lieu. Maintenant accoutumés à l’obscurité, nous avançâmes prudemment dans le tunnel. Au bout de quelques pas, la galerie amorçait un virage en angle droit et là, ô surprise, tout s’illumina brusquement ! Une rivière d’or s’écoulait rapidement devant nous, à quelques mètres seulement. La sinuosité du tunnel la rendait invisible de l’extérieur et seule la persévérance d’Antonio avait pu lui accorder cette récompense.
Bien qu’habitué aux caprices des volcans, à la beauté des fontaines de lave, je restai subjugué par la beauté du spectacle que l’Etna était en train de nous offrir. Personne n’osa prononcer le moindre mot. Nous restâmes un long moment à regarder passer devant nous le sang de la Terre. Je comprenais maintenant pourquoi l’appel d’air était si puissant à l’entrée de la grotte. La rivière de lave créait un effet Venturi et la pénétration de l’air extérieur rendait la température très supportable, même à proximité de la rivière de lave. Seul son rayonnement fixait le point au-delà duquel la chaleur devient intolérable.
Ce moment de fascination terminé, Antonio décida qu’il fallait remonter à la surface. Nous étions encore seuls. Les militaires italiens chargés d’obstruer les tunnels de lave à l’aide de blocs de béton enchaînés les uns aux autres n’étaient pas encore arrivés. La vue de leur matériel fit sourire Antonio qui, dans son for intérieur, avait toujours pensé qu’une telle opération s’avérerait inefficace. Avant de repartir, il glissa soigneusement une plaque de basalte sur l’ouverture de la grotte et la recouvrit d’une couche de cendres qui la rendrait définitivement invisible.
Seuls quelques privilégiés furent invités par Antonio à venir visiter ce lieu à la fois unique et éphémère. J’avais eu l’occasion d’observer des rivières de lave à Hawaii, au travers de lucarnes qui percent les tunnels sur les pentes du Kilauea, mais il était impensable de pénétrer dans l’un d’entre eux. Pour moi, cela restait le privilège des personnages du Voyage au Centre de la Terre de Jules Verne. Cette expérience restera l’un des grands moments de mes pérégrinations volcaniques. Pouvoir pénétrer l’intimité d’un volcan actif est une occasion extrêmement rare. L’émotion que l’on ressent à quelques mètres de cette rivière couleur d’or est particulièrement forte. La gorge se serre. La fascination est à son comble. Les nombreuses photos que j’ai prises ne pourront jamais rendre compte de l’ambiance qui régnait dans la grotte : l’odeur de la lave et des gaz ; le bruit feutré, à peine audible, du magma glissant contre les parois de son chenal ; la douceur de la température…. On a du mal à se convaincre qu’il faut ressortir à la surface. C’est tout simplement magique.

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drapeau-anglaisOn Christmas Eve, here is a personal story that will forever remain etched in my memory. It now looks like a fairy tale to me.

The story took place on April 20th, 1992. On that day, Antonio Nicoloso, the head of the Etna guides, invited me to follow him to the base of Mt Etna’s Southeast Crater, at the source of the eruption. A guide apprentice, a French scientist and the head of the Italian Civil Protection were with us.
The volcano had been erupting since mid-December of the previous year. The lava flows had travelled several kilometers into the Valle del Bove, passed the Salto della Giumenta, rushed into Val Calanna, and were now on the outskirts of Zafferana Etnea where people implored the Madonna so that lava could not destroy this charming town.
The day before in Nicolosi, Antonio had told me he had a surprise for me, but his Sicilian discretion forbade him to tell me more. Once on the site of the eruption, after observing the lava that continued to flow in a channel whose walls were beautifully tinted by the gases, our small group walked toward a place where Antonio moved a basalt slab which covered an opening in the ground and he invited us to get inside.
With some contortions, my body slid into the hole and I soon felt my feet rest on the ground. The intake of air was constant. Having pulled a torchlight from his bag, Antonio lit this unusual place where lava was probably flowing at the beginning of the eruption. The ceiling of the cave was studded with stalactites, the witnesses of the heat that prevailed in this place. Now accustomed to the darkness, we advanced cautiously into the tunnel. After a few steps, the gallery was beginning a turn in right angle and there, lo and behold, everything suddenly lit up! A river of gold was flowing rapidly, just a few metres in front of us. The sinuous tunnel made it invisible from the outside and only the persistence of Antonio could give him this reward.
Although I was used to the whims of volcanoes, to the beauty of lava fountains, I remained overwhelmed by the beauty of the show that Etna was offering us. No one dared utter a word. We stayed a long time watching the blood of the Earth. I now understood why the draught was so powerful at the entrance of the cave. The river of lava was creating a Venturi effect and the influx of outside air made the temperature quite bearable, even near the lava river. Only its radiation determined the point beyond which the heat became intolerable.
After this moment of complete fascination, Antonio decided we had to go back to the surface. We were still alone. The Italian military in charge of clogging the lava tunnels with concrete blocks chained to each other had not yet arrived. The sight of their equipment made Antonio smile as he had always thought that such an operation would prove ineffective. Before leaving, he carefully slipped the basalt slab on the opening of the cave and covered it with a layer of ash that would make it definitively invisible.
Only a select few were invited by Antonio to visit this unique and fleeting place. I had had the opportunity to watch rivers of lava at Hawaii through skylights in the tunnels on the slopes of Kilauea, but it was unthinkable to enter one of them. To me, this remained the privilege of the characters of Jules Verne’s Journey to the Center of the Earth. This experience will remain one of the highlights of my volcanic peregrinations. Penetrating the intimacy of an active volcano is an extremely rare opportunity. The emotion that one feels a few meters from the gold colored river is particularly strong. The throat tightens. The fascination is at its height. The many photos I took will never convey the atmosphere in the cave: the smell of lava and gases; the muffled sound, barely audible, of magma sliding against the walls of the channel; the pleasant temperature …. It was just magical.

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La lave menaçait Zafferana Etnea

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Des tunnels et des blocs de béton pour freiner la lave

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Descente aux enfers?

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Le sang de la Terre…