En attendant la fin très officielle de l’éruption islandaise… // Waiting for the very official end of the Icelandic eruption…

Comme je l’ai déjà écrit, il n’y a plus d’activité éruptive dans la Meradalir. Les webcams ne montrent que des émissions de gaz ici et là sur le champ de lave, mais les coulées de lave ont disparu. Cependant, le Met Office islandais n’a pas encore officiellement déclaré la fin de l’éruption, même si le tremor éruptif a montré que l’événement venait de prendre fin aux premières heures du 21 août 2022. L’éruption s’est arrêtée après plusieurs jours d’activité en baisse. Selon les scientifiques de l’Université d’Islande, la tendance montrée par la fin de cette éruption est très différente de celle observée à la fin de l’éruption de 2021 qui s’est terminée très brusquement. Ils ajoutent qu' »il est probable que ce déclin lent et progressif de l’activité est le signe de la fin [de] l’éruption dans la Meradalir en 2022″.
L’éruption dans la Meradalir a commencé le 3 août 2022, non loin de celle dans la Geldingadalir l’an dernier, toujours sur la péninsule de Reykjanes. Le 13 août, les coulées de lave avaient considérablement diminué, avec un débit éruptif qui était environ le tiers du débit d’origine. Maintenant, le tremor a cessé et la bouche éruptive principale semble s’être fermée. Pour déclarer que l’éruption est officiellement terminée, il ne doit y avoir aucune activité visible sur le site pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines.
Alors que certains visiteurs qui ont raté l’éruption peuvent être déçus, les habitants de la péninsule de Reykjanes sont probablement soulagés de voir que la lave n’a pas débordé de la vallée de Meradalir et n’a pas menacé les routes ou les infrastructures à proximité. Les équipes de secouristes qui ont surveillé le site et ses dizaines de milliers de visiteurs doivent être ravies de pouvoir se reposer.
Les volcanologues islandais ont déclaré que les éruptions dans la Meradalir et la Geldingadalir marquent le début d’une nouvelle période d’activité volcanique qui pourrait durer des décennies voire des siècles sur la péninsule de Reykjanes. En fait, on n’en sait rien!. Rappelez-vous : lors de l’éruption de 2021, ces mêmes scientifiques ont crié haut et fort qu’elle pourrait durer des mois voire des années et édifier un énorme volcan bouclier au beau milieu de la péninsule de Reykjanes. Malheureusement pour ces prévisions, le volcan en a décidé autrement…!!
Source : Revue islandaise.

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As I put it before, there is no more eruptive activity in Meradalir. The webcams only show gas emissions here and there on the lava field, but the lava flows have disapperated. However, the Icelandic Met Office has not yet officially declared the Meradalir eruption was over, even though the dwindling volcanic tremor finally came to a stop in the early hours of August 21st, 2022. The eruption stopped after several days of declining activity. Scientists at the University of Iceland say that this trend in the current eruptive behaviour is very different from that observed at the end of the 2021 eruption which ended very abruptly. They add that « it is likely that this rather slow and gradual decline in activity is signifying the demise [of] the 2022 Meradalir eruption.”

The Meradalir eruption began on August 3rd, 2022, not far from last year’s Geldingadalir eruption, on the Reykjanes peninsula. By August 13th, the lava flows had decreased significantly, to about one third of the original rate. Now all volcanic tremor has ceased, and the main vent appears to be closed. In order to formally declare the eruption over, however, there must be no activity at the site for several days or weeks.

While some visitors who missed the eruption may be disappointed, residents of the Reykjanes peninsula are likely relieved to see that the lava flow was contained to Meradalir valley and did not threaten nearby roads or infrastructure. Rescue crews who have been monitoring the site and its tens of thousands of visitors are also likely looking forward to some time off.

Icelandic volcanologists have stated that the Meradalir and Geldingadalir eruptions mark the beginning of a new active volcanic period on the Reykjanes peninsula that could last decades or even centuries. Actually, nobody knows what will happen next. Remember that during the 2021 eruption, these scientists said that it might last for months or even years and build a huge shield volcano in the middle of the Reykjanes peninsula. Unfortunately for these predictions, the volcano decided differently…!!

Source: Iceland Review.

En souvenir de l’éruption… Capture d’écran de l’une des webcams judicieusement installées dans la Meradalir et qui ont permis de suivre l’événement à distance…

Quand la presse s’amuse à nous faire peur….

Après la COVID-19 et le réchauffement climatique, voici l’éruption susceptible de nous anéantir! On peut lire sur le site Futura Sciences un article dont le titre a de quoi donner des frissons: « Il y a une chance sur six pour qu’une éruption majeure se produise d’ici 100 ans, et nous sommes loin d’être prêts ! »

C’est vrai que la Terre n’est pas à l’abri d’une éruption de grande ampleur qui affecterait notre planète tout entière, mais affirmer qu’il existe une chance sur six qu’une telle catastrophe se produise est aller un peu vite en besogne. A l’heure où nous ne sommes pas fichus de prévoir une éruption à court – voire très court – terme, il est bien évident que nous sommes totalement incapables de faire une telle affirmation.

Il est toutefois indéniable que le risque existe. Il suffit de se pencher sur le passé de la Terre pour s’en rendre compte. Certaines éruptions ont atteint l’indice d’explosivité (VEI) 8, le maximum. Parmi les plus violentes figurent celles du Yellowstone il y a 640.000 ans, ou celle du Taupo il y a 26.500 ans, sans oublier celle du Toba (Indonésie) il y a quelque 74 000 ans. Plus près de nous, l’éruption du Tambora (Indonésie) en 1815 aurait causé la mort de 100.000 personnes et aurait influencé le climat terrestre de manière globale, impactant l’agriculture et causant une série de famines. Elle a été dotée d’un VEI 7.

La dernière éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai début 2022, celles du mont St Helens en 1980, ou encore celle du Pinatubo en 1991 – aussi puissantes soient elles – ne supportent pas la comparaison avec les super éruptions que je viens de mentionner. Pourtant, la récente éruption du Hunga Tonga a été catégorisée parmi les plus puissantes de la période moderne. Son indice d’explosivité volcanique (VEI) est évalué entre 5 et 6, sur l’échelle de 8 niveaux.

Sommes-nous prêts à endurer de telles catastrophes? La question est intéressante. Nous avons plus ou moins réussi à faire face à la pandémie de COVID-19. Nous devons aussi faire face au réchauffement climatique qui est en train de devenir une réelle menace, peut-être encore plus forte qu’une éruption volcanique majeure. Des chercheurs mettent en garde sur notre grande vulnérabilité face à ce type d’événements. Des scientifiques de l’Université de Cambridge estiment que, si une éruption de VEI 7 ou 8 avait lieu aujourd’hui, les répercussions sur l’humanité seraient réellement catastrophiques car nos systèmes économiques et nos modes de vie ont considérablement évolué. C’est un fait que nous n’avons que peu d’idée du risque que représente une éruption d’une telle puissance.

Il est utile de rappeler que le risque induit par une super éruption est bien réel et que la menace plane. On sait d’ores et déjà que la cendre d’une éruption du Yellowstone, portée par les vents dominants, anéantirait l’agriculture dans le Corn Belt, le grenier à céréales des Etats Unis, sans parler des conséquences pour l’Europe.

Certains chercheurs expliquent que les archives glaciaires permettent d’estimer la fréquence des éruptions volcaniques majeures. D’après eux, il y aurait ainsi une chance sur six qu’une explosion de magnitude 7 se produise dans les 100 prochaines années. Affirmer cela, c’est vraiment parler pour ne rien dire car nous n’en savons rien! Il n’est pas du tout évident que les super éruptions répondent à un cycle. Pour preuve, il se dit que le Yellowstone est en retard dans son rythme éruptif. De toute façon, il y a de fortes chances pour que ceux qui font de telles affirmations ne soient plus de ce monde quand la catastrophe se produira et on ne pourra donc pas les accuser de s’être trompés!

Dans la dernière partie de l’article de Futura Sciences, on peut lire que le risque d’une catastrophe volcanique majeure serait plusieurs centaines de fois plus important que le risque d’une collision avec un astéroïde de 1 km de diamètre et que nous serions mieux préparés à ce deuxième type de catastrophe. Pas si sûr! Là encore, il s’agit d’une affirmation gratuite car nous n’en savons rien.

Source: Futura Sciences.

Yellowstone, Taupo, Toba, Tambora : des super éruptions ont secoué la Terre (Photos: C. Grandpey, Wikipedia)

Réchauffement climatique : les glaciers libèrent leurs secrets // Global warming: glaciers unlock their secrets

Avec la chaleur, les glaciers fondent et libèrent leurs secrets. Un nouveau squelette humain a été retrouvé le 3 août 2022 en Valais suisse sur le glacier Chessjen, dans la région de Saas Fee. Le 26 juillet, un premier corps avait été découvert sur le glacier du Stockji, près de Zermatt. Aucun autre détail ne sera donné car le dossier est désormais en main de la médecine légale.

La police suisse explique qu’elle fait face à ce grosses difficultés pour essayer d’identifier les corps. La première consiste à avoir suffisamment d’informations pour se limiter à une ou deux identités présumées; la seconde est de trouver du matériel de comparaison génétique. Plus les ossements sont anciens, plus cela devient compliqué.

A la réception d’ossements ou de corps momifiés, les enquêteurs commencent par analyser sa localisation ou encore les effets personnels retrouvés sur place, s’il y en a, afin de donner un ordre d’idée de l’époque de la disparition. En parallèle, la médecine légale appuyée par des anthropologues examine le corps et fournit d’autres indications pour affiner les recherches.

Dès qu’une identité présumée peut être établie, la police essaye de trouver du matériel de comparaison pour l’identification. Très souvent, il s’agit d’un échantillon d’ADN d’un proche, mais cela peut aussi être un dossier dentaire.

La police valaisanne dispose d’une liste de quelque 300 personnes disparues depuis 1925, dont la grande majorité a disparu avant l’utilisation de l’ADN. Les policiers ne disposent donc pas d’échantillons de comparaison pour tous les disparus, mais ils essayent de compléter les dossiers de la manière la plus exhaustive.

Source: Radio Télévision Suisse.

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With the heat, the glaciers melt and release their secrets. A new human skeleton was found on August 3rd, 2022 in Swiss Valais on the Chessjen glacier, in the Saas Fee region. On July 26th, a first body had been discovered on the Stockji glacier, near Zermatt. No other details will be given because the file is now in the hands of forensic medicine.
The Swiss police explain that it is confronted with great difficulties while trying to identify the bodies. The first is to have enough information to narrow down to one or two presumed identities; the second is to find genetic comparison material. The older the bones, the more complicated it becomes.
Upon receipt of bones or mummified bodies, the investigators begin by analyzing its location or the personal effects found on the spot, if any, in order to give an idea of ​​the time of the disappearance. In parallel, forensic medicine supported by anthropologists examines the body and provides other indications to refine the research.
As soon as a presumed identity can be established, the police tries to find matching material for identification. Very often it is a DNA sample from a loved one, but it can also be a dental record.
The Valais police has a list of some 300 people missing since 1925, the vast majority of whom disappeared before DNA was used. The police therefore does not have comparison samples for all the missing persons, but they try to complete the files as comprehensively as possible.
Source: Radio Télévision Suisse.

Photo: C. Grandpey

Islande : l’éruption est officiellement terminée! // Iceland : the eruption is officially over!

L’éruption dans la Meradalir, sur la péninsule de Reykjanes, a pris fin officiellement à 4h30 le matin du 21 août 2022. Cela faisait plusieurs jours que l’on observait un déclin de l’activité qui s’accompagnait également d’une chute du tremor éruptif. Il ne devrait pas y avoir – du moins dans le court terme – d’une reprise de l’éruption. La sismicité n’indique pas la présence d’une nouvelle intrusion magmatique.

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The eruption in Meradalir, on the Reykjanes peninsula, officially ended at 4:30 am on the morning of August 21st, 2022. A decline in activity had been observed for several days. It was also accompanied by a drop in the eruptive tremor. There should not be – at least in the short term – a resumption of the eruption. Seismicity does not indicate the presence of a new magmatic intrusion.

Source: Met Office islandais