Nouvel avis de décès glaciaire

À cause du changement climatique, la disparition des glaciers est vouée à s’accélérer. Selon les scientifiques, elle pourrait atteindre son pic entre 2041 et 2055. D’ici au milieu du siècle, 2 000 à 4 000 glaciers devraient disparaître chaque année, en fonction de nos émissions de gaz à effet de serre.

Les régions dominées par de petits glaciers, telles que les Alpes, le Caucase, le nord de l’Asie et les Andes subtropicales, devraient connaître des pics de fonte précoces. La moitié de leurs glaciers sont susceptibles de disparaître au cours des deux prochaines décennies.

Les conséquences de cette extinction seraient sévères.Il ne faudrait pas oublier que les glaciers jouant un rôle crucial dans le cycle de l’eau et assurent un stock d’eau douce à de nombreuses populations. Leur fonte peut déclencher des inondations violentes. Les glaciers ont également une importance culturelle et spirituelle majeure pour de nombreux peuples.

L’été 2026 risque d’être terrible pour les petits glaciers des Alpes. Les plus fragiles n’ont plus la force de résister aux canicules à répétition et aux températures trop élevées. Le glacier de Bella Tola, situé à 3025 mètres d’altitude au-dessus de Saint-Luc dans le Valais suisse fait partie des victimes. Aujourd’hui, il ne reste que quelques névés voués eux aussi à une disparition rapide.

En 2021, le Bella Tola était déjà classé par les glaciologues parmi les six glaciers suisses menacés de disparition.

 Crédit photo: Romain Daniel / La Cote

Il faudra attendre encore quelques semaines pour avoir une vision plus précise des dégâts causés par l’été 2026 sur les glaciers suisses. En effet, les bilans glaciaires sont généralement établis fin septembre. Cependant, on sait d’ores et déjà que tous les glaciers, quelle que soit leur taille, ont été fortement impactés par le réchauffement climatique en 2026. Les plus petits, qui sont ‘suspendus’, sont bien sûr très sensibles, mais les plus grands comme le glacier d’Aletsch ont également beaucoup souffert.

Photo: C. Grandpey

Source: presse suisse

Énorme effondrement glaciaire en Suisse

Dans une note publiée le 20 mai 2025, j’expliquais que le village de Blatten, dans le Valais suisse, était sous la menace d’un effondrement majeur de la montagne. Le village (300 personnes) avait dû être entièrement évacué, y compris les animaux de ferme. La population avait eu 1h30 pour empaqueter l’essentiel et quitter les domiciles. Les habitants ont été relogés dans le village voisin, dans leur famille, ou chez des particuliers. Jusqu’à 5 millions de m3 de roches menaçaient de s’effondrer dans le secteur du Kleiner Nesthorn et du glacier du Birch

De profondes fissures étaient apparues sur le glacier du Birch

Un effondrement a effectivement eu lieu le lundi 19 mai 2025. Quelque 100 000 m3 de roches se sont décrochés du glacier Birch entre midi et 12h35. Puis, entre 150 000 et 200 000 m3 se sont détachés entre 17h et 18h. Au total, entre 350 000 et 400 000 m3 se sont détachés de la montagne et les autorités s’attendaient à un événement beaucoup plus spectaculaire à très court terme.

C’est ce qui vient de se produire ce 28 mai, avec un énorme effondrement du glacier du Birch. L’éboulement a recouvert le village et la rivière Lonza est obstruée. De nombreuses maisons ont été détruites, mais aucune victime humaine n’est à déplorer. Il ne reste presque rien du village haut-valaisan. Seuls une dizaine de bâtiments ont été épargnés. Le Conseil d’État valaisan avait décidé dans la matinée de déclarer la situation ‘particulière’, ce qui devait permettre de « réagir le plus rapidement possible, le cas échéant en mobilisant dès que cela sera nécessaire plusieurs moyens d’intervention d’envergure ». Voici une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux :

Crédit photo: presse suisse

Source : presse valaisane, RTS.

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La responsabilité du réchauffement climatique.

Selon les glaciologues suisses, l’effondrement du glacier du Birch et la destruction du village de Blatten était le pire scénario envisagé au vu de la situation sur la montagne. Personne ne s’attendait à un tel effondrement global.

Selon les scientifiques, le réchauffement climatique a probablement joué un rôle. Ils expliquent que le glacier du Birch est très particulier : alors que la quasi-totalité des glaciers alpins sont en fort retrait, celui-ci était un des seuls qui avançait de plusieurs mètres par année, depuis une dizaine d’années. En effet, il se trouve sous une haute paroi rocheuse prise dans un permafrost qui s’est dégradé sous l’effet du réchauffement climatique ces 10-15 dernières années. Cela a affecté la stabilité des parois, avec une forte augmentation des éboulements de blocs rocheux sur le glacier. C’est cette masse accumulée sur la glace qui a accentué l’instabilité du glacier et provoqué son décrochement.

Un autre risque menace maintenant la vallée: la formation d’un lac car les matériaux qui se sont accumulés ont obstrué la rivière Lonza. Un énorme barrage, long de 2 km et large de 50 à 200 mètres, s’est formé après l’éboulement. Avec la chaleur à venir et la fonte de la neige sur la montagne, la situation va vite devenir problématique. Il va vite falloir imaginer un système pour évacuer cette eau, pour éviter que le lac grandisse trop. Si rien n’est fait, on va avoir le risque de lave torrentielle, même s’il n’y a pas beaucoup d’eau dans la rivière.

Source : Presse helvétique.

Blatten avant et après la catastrophe ((Source: presse suisse)

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Dernières informations (29 mai 2025 à 17 heures): Les millions de tonnes de glace et de roche qui ont détruit le village de Blatten – avec une personne disparue – ont donné naissance à un lac artificiel qui ne cesse de gonfler et qui risque d’inonder une partie de la vallée en contrebas. Le lac artificiel qui s’est créé après la destruction du glacier du Birch tend à grossir heure par heure et le blocage de la rivière Lonza, qui passe au fond de la vallée du Lötschental, fait craindre des inondations en aval. Selon le quotidien Le Temps, le niveau du lac augmente de 80 centimètres par heure. Par précaution, seize personnes ont été évacuées dès mercredi soir dans deux villages situés en aval de la zone sinistrée. Un barrage artificiel a été préventivement vidé pour recevoir l’eau refoulée par le mur de glace, de terre et de gravats. Si l’eau devait déborder de ce barrage artificiel, il faudrait alors songer à évacuer la vallée, mais ce scénario du pire n’a qu’une faible probabilité de se réaliser car la Lonza a un débit relativement limité.

Les conditions très instables de la montagne et le risque de nouveaux éboulements et coulées de boue empêchent les équipes d’intervenir sur le site, et les ont obligées à suspendre les recherches qui avaient été lancées pour la personne portée disparue. Une cellule psychologique a été mise en place pour venir en aide aux habitants après qu’ils ont pu se rendre compte de l’ampleur des destructions.

Vue du lac en formation en amont de l’éboulement (Crédit photo: presse suisse)

Nouveaux effondrements dans les Alpes

Il y a quelques jours, la presse suisse faisait état de la menace d’un effondrement majeur de la montagne à Blatten, dans le Valais suisse. Le village (300 personnes) avait dû être entièrement évacué, y compris les animaux de ferme. La population avait 1h30 pour empaqueter l’essentiel et quitter les domiciles. Les habitants ont été relogés dans le village voisin, Wiler, dans leur famille, ou chez des particuliers. Jusqu’à 5 millions de m3 de roches menaçaient de s’effondrer dans le secteur du Kleiner Nesthorn et du glacier Birch.

L’effondrement a effectivement eu lieu le lundi 19 mai 2025. Quelque 100 000 m3 de roches se sont décrochés du glacier Birch entre midi et 12h35. Puis, entre 150 000 et 200 000 m3 se sont détachés entre 17h et 18h. Au total, entre 350 000 et 400 000 m3 se sont détachés de la montagne et les autorités s’attendent à un événement beaucoup plus spectaculaire à très court terme. Des fissures continuent d’être observées et le risque d’un éboulement en dessous du Bietschhorn est imminent. Selon un ingénieur au service des risques naturels du canton, entre 2 et 5 millions de mètres cubes de roches pourraient dévaler en direction du village de Blatten.

Ce n’est pas la premières fois que des événements naturels majeurs se produisent dans les Alpes suisses. J’ai décrit dans ce blog la lave torrentielle qui a emporté 3 millions de m3 de roches et dévasté le petit village de Bondo, dans les Grisons, le 23 août 2017. L’événement avait fait huit morts pour ce qui demeure aujourd’hui le pire événement du genre en Suisse.

À Blatten, un éboulement dans la région du «Petit Nesthorn», avait également entraîné une partie du glacier de Birch. Il avait déclenché une lave torrentielle la semaine précédente. Elle s’était arrêtée à environ 500 mètres en amont de la rivière Lonza, en dehors du village. Le glacier de Birch est sous surveillance depuis les années 1990. La commune pense que la fonte de la neige à partir de 2500 mètres d’altitude pourrait être à l’origine de la situation de danger actuelle.

Début mai 2025, une grosse chute de sérac a été observée au mont Blanc du Tacul dans les Alpes françaises. Quelque 60 000 m3 de glace se sont détachés vers 3750 m d’altitude. Le sérac avait déjà montré des signes de faiblesse le 26 avril. Selon le géomorphologue Ludovic Ravanel, l’événement est certes spectaculaire, mais normal, car phénomène mécanique classique d’un glacier suspendu.

Image du décrochement de la montagne au-dessus de Blatten (Source : État-major de conduite régional du Lötschental)

Réchauffement climatique : les glaciers libèrent leurs secrets // Global warming: glaciers unlock their secrets

Avec la chaleur, les glaciers fondent et libèrent leurs secrets. Un nouveau squelette humain a été retrouvé le 3 août 2022 en Valais suisse sur le glacier Chessjen, dans la région de Saas Fee. Le 26 juillet, un premier corps avait été découvert sur le glacier du Stockji, près de Zermatt. Aucun autre détail ne sera donné car le dossier est désormais en main de la médecine légale.

La police suisse explique qu’elle fait face à ce grosses difficultés pour essayer d’identifier les corps. La première consiste à avoir suffisamment d’informations pour se limiter à une ou deux identités présumées; la seconde est de trouver du matériel de comparaison génétique. Plus les ossements sont anciens, plus cela devient compliqué.

A la réception d’ossements ou de corps momifiés, les enquêteurs commencent par analyser sa localisation ou encore les effets personnels retrouvés sur place, s’il y en a, afin de donner un ordre d’idée de l’époque de la disparition. En parallèle, la médecine légale appuyée par des anthropologues examine le corps et fournit d’autres indications pour affiner les recherches.

Dès qu’une identité présumée peut être établie, la police essaye de trouver du matériel de comparaison pour l’identification. Très souvent, il s’agit d’un échantillon d’ADN d’un proche, mais cela peut aussi être un dossier dentaire.

La police valaisanne dispose d’une liste de quelque 300 personnes disparues depuis 1925, dont la grande majorité a disparu avant l’utilisation de l’ADN. Les policiers ne disposent donc pas d’échantillons de comparaison pour tous les disparus, mais ils essayent de compléter les dossiers de la manière la plus exhaustive.

Source: Radio Télévision Suisse.

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With the heat, the glaciers melt and release their secrets. A new human skeleton was found on August 3rd, 2022 in Swiss Valais on the Chessjen glacier, in the Saas Fee region. On July 26th, a first body had been discovered on the Stockji glacier, near Zermatt. No other details will be given because the file is now in the hands of forensic medicine.
The Swiss police explain that it is confronted with great difficulties while trying to identify the bodies. The first is to have enough information to narrow down to one or two presumed identities; the second is to find genetic comparison material. The older the bones, the more complicated it becomes.
Upon receipt of bones or mummified bodies, the investigators begin by analyzing its location or the personal effects found on the spot, if any, in order to give an idea of ​​the time of the disappearance. In parallel, forensic medicine supported by anthropologists examines the body and provides other indications to refine the research.
As soon as a presumed identity can be established, the police tries to find matching material for identification. Very often it is a DNA sample from a loved one, but it can also be a dental record.
The Valais police has a list of some 300 people missing since 1925, the vast majority of whom disappeared before DNA was used. The police therefore does not have comparison samples for all the missing persons, but they try to complete the files as comprehensively as possible.
Source: Radio Télévision Suisse.

Photo: C. Grandpey