À l’attention de celles et ceux qui se rendent en Sicile…

Nous approchons de la fin août. Beaucoup rentrent de vacances mais l’été n’a pas dit son dernier mot et réserve encore de belles journées. Les blogonautes qui lisent mes articles iront peut-être faire un tour dans les Îles Éoliennes qui ont beaucoup changé depuis l’époque où je les fréquentais assidûment, le plus souvent pour y faire des observations volcanologiques. Certains me demandent des informations sur les conditions d’accès aux sites volcaniques actifs.

Aujourd’hui, de nombreuses restrictions ont été mises en place pour faire face au tourisme de masse. Je dois dire que je n’apprécie guère les restrictions qui supposent des démarches parfois compliquées pour obtenir des autorisations et je préfère désormais fréquenter des contrées un peu moins contraignantes. Et puis, avec Internet, beaucoup d’instruments de mesure sont accessibles en ligne, sans oublier les webcams haute définition qui permettent de bonnes observations de la situation éruptive.

À l’attention de celles et ceux qui vont aller en Sicile, voici quelques informations sur les modalités d’accès à l’Etna, à Vulcano et au Stromboli.

S’agissant de l‘Etna, beaucoup de badauds se sont rendus sur le versant nord du volcan pour voir les coulées de lave émises lors de la dernière éruption. Je n’aime guère ces laves a’a grossières qui sont beaucoup moins esthétiques que les laves pahoehoe hawaïennes, mais pour quelqu’un qui n’a jamais vu de la lave rougeoyante, c’est une expérience intéressante.

Au moment où j’écris ces lignes, les coulées de lave de l’Etna ne sont plus alimentées et il n’y a plus d’explosions au sommet du volcan qui est entré dans une phase moins agitée.

L’Etna reste entièrement ouvert aux visiteurs mais est soumis à des restrictions d’accès. En période de calme relatif, l’accès est libre et gratuit jusqu’à une altitude comprise entre 2 500 et 2 750 mètres.

Sur le versant Sud, il existe deux options pour atteindre cette zone : emprunter le téléphérique (la Funivia dell’Etna) qui vous coûtera 50 euros et vous déposera sans effort à 2 500 mètres d’altitude.

Si vos jambes le permettent, nous pouvez aussi monter entièrement à pied depuis le parking du Rifugio Sapienza. Comptez entre 2h et 2h30 de grimpette sur un sentier au pourcentage soutenu. Au-delà de 2 750 mètres, la zone est interdite. Gare aux amendes salées si vous vous faites choper ! De toute façon, s’y aventurer devient très compliqué et particulièrement dangereux en cas de mauvais temps qui peut arriver très vite sur l’Etna.

Le versant Nord est beaucoup moins fréquenté et plus sauvage. Seuls les camions tout-terrain y circulent pour rejoindre l’observatoire des Pizzi Deneri. Mais là encore, pas question de vouloir accéder aux cratères sommitaux : Bocca Nuova, Voragine, Cratère Sud-Est, Cratère Nord-Est.

Si vous désirez vous en approcher, il faut obligatoirement vous insérer dans un groupe officiel. Ces groupes sont menés par des guides volcanologiques ou alpins assermentés. Attention ! Les départs sont contingentés et les groupes affichent souvent complet longtemps à l’avance. Il est prudent de réserver plusieurs semaines avant votre séjour auprès des bureaux des guides.

Front de lave pendant l’éruption de 1991-93 (Photo: C. Grandpey)

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L’île éolienne de Vulcano a beaucoup changé et est beaucoup moins sauvage que dans les années 1990. Le surtourisme est passé par là, avec ses nouvelles infrastructures, mais aussi ses restrictions.

Vulcano est souvent première escale dans l’archipel. L’île réunit à elle seule trois expériences emblématiques : le bain de boue sulfurée, la baignade dans une mer réchauffée par les remontées géothermiques et l’ascension du Gran Cratere.

La mare de boue (Pozza dei Fanghi) a été réaménagée – elle en avait besoin – mais est devenue payante : 5 € par adulte. L’accès est interdit aux moins de 8 ans. La Pozza dei Fanghi est un milieu hydrothermal actif.dans lequel du CO₂ et du H₂S remontent depuis le fond. Comme ailleurs dans le monde, cette boue a des vertus thérapeutiques que j’ai expliquées dans un mémoire écrit pour l’association L.A.V.E. où je développe ce sujet. Il faut éviter de rester trop longtemps dans cette mare de bous. Une vingtaine de minutes suffisent et une horloge installée près du bassin permet de surveiller le temps passé dans l’eau.

Pas très loin de la mare de boue, se trouve la plage des Acque Calde. Comme le nom l’indique, des remontées de gaz à plus ou moins haute température réchauffent l’eau de mer. C’est un peu comme un jacuzzi naturel. C’est une autre manière de découvrir la géothermie de Vulcano. Des fluides chauds et des gaz remontent à travers le fond marin. Le CO₂ domine largement ces émissions, accompagné notamment de H₂S.

Depuis Porto di Levante où arrivent ferries et alyscaphes, il faut une dizaine de minutes pour rejoindre le sentier qui permet d’accéder au Gran Cratere ou Cratere della Fossa di Vulcano. Les périodes d’accès vont du 1er avril au 20 octobre de 6 h 30 à 10 h 30, puis de 16 h à 19 h 30 ; et du 21 octobre au 31 mars : de 7 h 30 à 16 h 30.

Depuis quelques années, il existe une attraction spectaculaire et qui me fait sourire. Un système de feu rouge / vert a été installé à l’entrée du sentier. Vert, le sentier est ouvert. Rouge ou éteint, la montée est interdite. Le système tient notamment compte de la direction du vent qui détermine les conditions d’exposition aux gaz fumerolliens dans la zone sommitale. Comme sur l’Etna, gare aux contrôles et aux amendes si vous ne respectez pas la réglementation mise en place. Je déconseille l’approche du cratère aux personnes asthmatiques.

 Arche de soufre éphémère sur le lèvre du cratère (Photo: C. Grandpey)

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Le Stromboli présente en ce moment son activité strombolienne habituelle, ponctuée parfois de débordements de lave au niveau de la zone cratèrique nord. Une coulée de lave descend alors la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. L’intensité des explosions varie d’un jour à l’autre, mais vous ne devriez pas rentrer bredouille cette année.

Attention ! Le Stromboli est soumis à des restrictions d’accès. Il n’est plus question de bivouaquer dans des nids de pierres au sommet comme je le faisais encore en 2010. Le volcan a parfois de violentes crises de mauvaises humeur et est capable de tuer les gens qui s’aventureraient dans la zone sommitale.

En conséquence, vous avez deux solutions : 1) monter jusqu’à 290 mètres d’altitude sans guide ; 2) poursuivre de 290 à 400 m avec un guide agréé, ce que je conseille car la vue est beaucoup plus dégagée sur le volcan. Comptez une trentaine d’euros par personne. Vous pouvez réserver en ligne ou auprès des agences présentes sur l’île. Le départ de l’excursion se fait en fin d’après-midi, généralement entre 15 h et 18 h selon la saison. Le groupe reste sur la plateforme d’observation à 400 m d’altitude de 45 minutes à 1 heure avant d’entamer la descente de nuit.

Je le répète, au-delà de 400 m, l’accès est interdit au public. Cette réglementation peut se modifier en cas d’intensification de l’activité éruptive.

Photo: C. Grandpey

Bon voyage en Sicile ! Au moment où je diffuse ces informations, l’aéroport de Catane n’est pas perturbé par les nuages de cendres de l’Etna.

Voici un site très intéressant pour obtenir des informations sur l’Italie et plus particulièrement la Sicile :

https://www.natureetsourcechaude.com/blog/

2026, l’année des éboulements dans les Alpes

La France adore les records en tous genres : températures extrêmes, nombres de jours de canicules, nombre d’hectares brûlés, nombre de noyés, nombre de morts en EHPAD, etc. Aujourd’hui, c’est le massif du Mont Blanc qui décroche le pompon en matière d’éboulements. L’année 2026 est en effet un record , tant dans la fréquence des éboulements que dans la quantité de roches qui se sont détachées des montagnes. 450 écroulements ont été recensés jusqu’à présent dans le massif du Mont-Blanc, contre 300 en 2022, année du précédent record. C’est à la fois impressionnant et très inquiétant. Il y a 10 ou 20 ans, quelques dizaines d’éboulements seulement étaient enregistrés.

De tels effondrements sont bien sûr dus au réchauffement climatique et aux fortes températures enregistrées sur le massif alpin. Je ne parlerai pas de « large majorité » comme le fait le CNRS, mais de « quasi totalité » pour désigner le nombre d’effondrements causés par la hausse des températures. À plusieurs reprises cet été, l’isotherme 0°C est monté à plus de 5000 mètres d’altitude. Dans de telles conditions, le permafrost de roche qui assure la stabilité des parois dégèle et tout s’écroule.

Le 5 août 2026, un important éboulement a été observé sur la face sud du Cervin, côté italien, générant une impressionnante avalanche de poussière.

Crédit photo : presse régionale

Le 12 août, un événement semblable a été observé sur le versant de l’Aiguille du Midi à Chamonix. Le téléphérique que l’on aperçoit sur les images de l’événement diffusées sur les réseaux sociaux, n’a, heureusement, pas été impacté par l’effondrement.

Source: réseaux sociaux

Les glaciers contribuent eux aussi à ce phénomène. Dans un état normal, ils exercent des pressions stabilisatrices sur leur encaissant, mais lorsqu’ils fondent et perdent de l’épaisseur, les parois se décompriment, ce qui peut causer des éboulements.

Il y a quelques années, en Nouvelle Zélande, les éboulements dans l’encaissant du glacier Fox, l’un des plus imposants du pays, ont entraîné une interdiction des randonnées dans la vallée glaciaire.

La perte rapide d’épaisseur de tels glaciers est visible car la nature n’a pas le temps de reprendre ces droits, comme ci-dessous sur la glacier d’Aletsch en Suisse.

Photos: C. Grandpey

Les scientifiques avertissent que les éboulements vont se poursuivre dans les prochaines semaines et même en automne. En effet, l’énorme quantité de chaleur qui s’est accumulée à l’intérieur de la roche pendant l’été 2026 va continuer à y pénétrer jusqu’en novembre, décembre, voire jusqu’en janvier. Le géomorphologue Ludovic Ravanel explique que les plus gros éboulements auront lieu cet automne, mais ils devraient être moins fréquents.

Il est bien évident que la déstabilisation des parois rocheuses est un risque pour les alpinistes. Plusieurs d’entre eux ont péri dans les Alpes depuis le début de la saison estivale. J’ai signalé plusieurs accidents sur ce blog. Ainsi, le 13 juin, deux alpinistes d’une trentaine d’années ont été emportés sur près de 300 mètres par une chute de pierres sur l’arête Kuffner du Mont Maudit. Le même jour, côté italien du massif, un skieur-alpiniste de 56 ans a trouvé la mort après le déclenchement d’une plaque de neige sur l’éperon de la Brenva, vers 4 100 mètres d’altitude.

J’ai aussi expliqué (voir ma note du 12 août) que les refuges de Tête Rousse et du Goûter avaient été fermés afin de dissuader les alpinistes d’emprunter ces voies d’accès au sommet du Mont Blanc car elles étaient jugées trop dangereuses à cause des éboulements. Ce n’est pas pour rien que le couloir du Goûter a été surnommé le « couloir de la mort ».

Couloir du Goûter (Crédit photo: presse régionale)

Le réchauffement climatique en montagne est également un problème pour les infrastructures, les refuges et les remontées mécaniques. Plusieurs refuges ont été fermés par sécurité ces dernières années.

Comme je l’ai écrit précédemment, plusieurs courses en haute montagne décrites en 1973 par le guide Gaston Rébuffat sont aujourd’hui impossibles.

La foudre sur l’Etna : danger mortel !

Dans ma note du 17 août 2026 à propos de l’éruption de l’Etna, j’écrivais que « la zone sommitale de l’Etna est actuellement interdite d’accès. Cette fermeture comprend les cratères sommitaux, la haute Valle del Bove jusqu’à environ 1 700 mètres d’altitude, et les zones situées approximativement au-dessus de 2 500 mètres sur les versants sud, ouest et nord. Cette zone inclut toutes les bouches éruptives, y compris celle qui s’est ouverte le 17 août, mais pas les fronts de lave inférieurs, situés à environ 1 350 mètres d’altitude, qui restent donc accessibles. »

Tout le monde ne prend visiblement pas en compte les restrictions d’accès que j’ai mentionnées dans ma note du 14 août 2026. La presse locale et internationale nous apprend qu’un Américain d’une trentaine d’année, originaire du Texas, gravissait les pentes du volcan le 16 août dans une zone interdite lorsqu’il a été pris dans un orage. Frappé par la foudre, il a été pris en charge et évacué par hélicoptère vers l’hôpital de Catane, mais sa mort a été constatée à son arrivée.

Boris Behncke (INGV Catane) corrige cette information au cours d’un entretien accordé au journal La Sicilia. Il explique que « le cas du touriste américain récemment décédé après avoir été foudroyé ne peut être attribué à une violation présumée d’une zone interdite : l’homme se trouvait à environ 1 300 mètres d’altitude, où l’accès à pied était autorisé. »

Les visiteurs doivent garder à l’esprit que l’accès au volcan est autorisé sans accompagnement jusqu’à environ 2.400 mètres d’altitude, mais un guide est obligatoire pour aller plus haut. L’activité récente du volcan attire de nombreux curieux, venus notamment observer les coulées de lave. Certains visiteurs prennent le risque de s’approcher des zones dangereuses pour obtenir des images spectaculaires, sans avoir conscience des dangers que présente un volcan en éruption.

Qu’il se trouvent dans une zone autorisée ou non, les visiteurs ne doivent pas oublier que les orages peuvent naître très rapidement et être particulièrement violents sur l’Etna dont la lave est parfois riche en fer. Dans les années 2000, j’avais remarqué les impacts de foudre au sommet de la Montagnola. C’est aussi à cette époque que j’avais de justesse réussi à me protéger d’un orage dans la zone sommitale en me réfugiant à l’intérieur d’un engin de chantier. Un jeune couple de randonneurs que j’avais rencontré peu de temps auparavant n’a pas eu ma chance et a perdu la vie sur le volcan, frappé par la foudre.

Au cours du même entretien accordé au journal local, Boris Behncke confirme que « la science ne peut prédire avec exactitude si une éruption se produira avant ou après un événement donné, malgré l’existence de systèmes de surveillance et d’alerte capables d’apporter une contribution essentielle à la Protection civile, aux autorités et à la population. Comprendre l’Etna, c’est donc aussi accepter son imprévisibilité. »

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18 août 2026 – 8 heures : La zone sommitale de l’Etna est dans les nuages le 18 août 2026 au matin, mais l’image thermique proposée par l’INGV montre que le champ de lave reste actif dans la Valle del Bove.

En parallèle, le trémor éruptif a chuté au cours des dernières heures et a retrouvé des valeurs normales. Une inversion de la tendance ne sautait être exclue, comme on l’a vu précédemment.

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15 heures : Dans son dernier bulletin publié dans l’après-midi du 18 août 2026, l’INGV indique que le front de la coulée de lave alimentée par la bouche située à 1 900 mètres, a atteint une altitude de 1 330 mètres dans la zone de Rocca Capra (Valle del Bove).

À l’aube, une autre fissure éruptive s’est ouverte à environ 3 100 mètres d’altitude, dans la partie supérieure de la Valle del Bove. Elle a généré une coulée de lave dont le front est actuellement invisible en raison des nuages.
L’activité explosive de la Voragine s’est bien calmée, ce qui est une bonne nouvelle pour l’aéroport de Catane qui est de nouveau opérationnel, d’autant plus que l’alerte aérienne a été abaissée du Rouge à l’Orange.

L’INGV confirme la baisse du trémor éruptif qui a retrouvé un niveau bas. La source se situe à une altitude comprise entre 1 900 et 2 500 m.

Cendre de l’Etna et trafic aérien

Au cours du mois d’août 2026, en pleine saison touristique, la cendre de l’Etna cause de gros problèmes au trafic aérien dans les aéroports siciliens, en particulier l’aéroport Fontanarossa de Catane. La cendre émise par le volcan a perturbé le trafic aérien jusqu’en Libye et à Malte où l’aéroport se trouve à environ 220 kilomètres de l’Etna. Les compagnies aériennes ont dû annuler 19 vols le 11 août à destination de l’île méditerranéenne en pleine saison touristique, et plusieurs autres vols ont subi d’importants retards.

Photo: C. Grandpey

C’est à Catane que les perturbations les plus sérieuses ont été enregistrées et l’aéroport a connu en véritable chaos avec les annulations de vols à répétition.

La grande question est de savoir ce qu’il faudrait faire pour éviter de tels désagréments. À l’origine, en 1912, lorsque l’aviateur Ignazio Lanza di Trabia a envisagé la construction d’une piste d’atterrissage à usage militaire, il ne se souciait guère du volcan, et encore moins des cendres. Il choisit la zone de Fontanarossa car c’était la seule étendue plane suffisamment vaste à proximité de la ville.
Jusqu’aux années 1980, les cendres produites par les éruptions volcaniques n’étaient guère préoccupantes car la plupart des avions étaient équipés de moteurs à hélices. C’est avec la généralisation des moteurs à réaction que les risques sont apparus pour les aéronefs. Cendres et moteurs à réaction ne font pas bon ménage. Lorsque les cendres pénètrent dans ces moteurs, elles fondent sous l’effet de la chaleur de la combustion et se déposent sur les pales des turbines, qui peuvent s’immobiliser en vol.

Pilotes et compagnies aériennes ont été informés des catastrophes évitées de justesse dans les années 1980. En 1982, les quatre réacteurs d’un avion de la British Airways ont cessé de fonctionner en traversant un nuage de cendres provenant du volcan indonésien Galunggung. L’avion a néanmoins réussi à sortir des nuages, à redémarrer ses moteurs et à atterrir. De la même façon, une catastrophe a été évitée de justesse lors de l’éruption du Mont Redoubt (Alaska) le 15 décembre 1989. Un Boeing 747 sze la KLM qui volait vers Anchorage a traversé un nuage de cendres émis par une éruption du volcan. Les quatre moteurs se sont arrêtés. L’avion a décroché pendant 8 minutes et perdu 4 000 mètres avant que les pilotes réussissent à redémarrer les réacteurs. Ces incidents ont permis d’étudier les protocoles et les systèmes d’alerte afin de réduire les risques.

Schéma proposé par l’École des Mines à l’occasion de l’éruption islandaisede l’Eyjafjallajökull en 2010

Aujourd’hui, dès que des cendres atteignent la plaine au sud de Catane, l’aéroport Fontanarossa est fermé. Les éruptions et la trajectoire des cendres sont surveillées par l’Observatoire de l’Etna (Etna Osservatorio) de l’INGV, qui collecte et transmet les données fournies par plusieurs dizaines de stations. Lorsque les paramètres surveillés évoluent de manière significative, les scientifiques de l’Observatoire de l’Etna alertent la Protection civile qui, à son tour, transmet à la SAC, la société aéroportuaire, des mises à jour sur l’activité volcanique et, surtout, des simulations de la dispersion des cendres. Ce système d’alerte aide la société aéroportuaire à décider de l’immobilisation des avions.

Pendant des décennies, la Région Sicile a envisagé de déplacer l’aéroport, mais sans succès. En 2003, une étude a été lancée pour la construction d’un « aéroport intercontinental méditerranéen » dans le centre-est de la Sicile, entre les provinces d’Enna et de Catane, mais le projet n’a jamais vu le jour.
L’attention s’est portée sur l’ancien aéroport militaire de Comiso, dans la province de Raguse en mai 2011, après la nouvelle fermeture de Catane en raison des cendres de l’Etna. Finalement, l »aéroport de Comiso a ouvert ses portes au trafic civil en 2013, mais sans résoudre les problèmes, car sa capacité est insuffisante pour constituer une véritable alternative à Catane. Sans oublier que Comiso est également exposé aux cendres volcaniques, ce qui a entraîné l’immobilisation de plusieurs vols en août 2026.
Le Plan aéroportuaire national 2026-2035 constate que les projets d’extension de Catane et de Comiso « ne semblent pas suffisants pour répondre à la demande de trafic d’ici 2035. » Le Plan propose la construction d’un nouvel aéroport dans la région d’Agrigente. Il s’agirait d’un aéroport plus petit, plus adapté au sud de la Sicile qu’à la gestion d’une situation d’urgence comme celle que nous connaissons actuellement. Il pourrait permettre de soulager celui de Catane en cas de crise éruptive de l’Etna
Pour le moment, aucune solution satisfaisante n’existe pour éviter les perturbations occasionnées au trafic aérien.