La situation sur l’Etna (Sicile) le 14 août 2026

L’aéroport de Comiso est resté fermé jusqu’à 18h00 aujourd’hui en raison des cendres volcaniques qui recouvraient la piste. Cette information a été communiquée par la SAC, société qui gère les aéroports de Comiso et de Catane. Pour Fontanarossa, l’interdiction de vol restera en vigueur jusqu’à 2h00 ce matin. L’aéroport de Comiso avait initialement été fermé jusqu’à 16h00, mais cette fermeture a été prolongée.
Les perturbations persistent pour les voyageurs, qui depuis plus d’une semaine doivent composer avec des fermetures, des réouvertures et des déviations vers d’autres aéroports, notamment Palerme et Trapani, tandis que Comiso reste aléatoire et dépendant des humeurs de l’Etna.

La situation est bien sûr liée à l’activité éruptive sur le volcan sicilien. L’INGV explique que trois facteurs doivent être pris en compte.pour expliquer le chaos actuel. 1) L’activité explosive soutenue de la Voragine, accompagnée d’émissions de cendres constantes, ce qui est plutôt inhabituel. 2) Les vents constants du nord au sud poussent les cendres juste au-dessus de Catane et de son aéroport, alors que généralement le vent vient de l’est. En conséquence, au lieu de retomber sur les versants orientaux et des localités comme Zafferana, Santa Venerina, Giarre et Acireale, la cendre s’est abattue sur les aéroports de Catane et parfois de Comiso. 3) Le tout en plein mois d’août, au cœur de la saison touristique. Toutes les conditions sont donc réunies pour créer une situation très compliquée.

Source : presse régionale.

Émission de cendre dans les années 2000 (Photo: C. Grandpey)

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S’agissant de l’éruption proprement dite, l’INGV indique ce soir que l’activité effusive se poursuit au niveau de la bouche éruptive située à 1 900 m d’altitude et d’une bouche éphémère à proximité. L’activité de la bouche située à 2 750 m d’altitude a cessé. Les fronts de lave actifs les plus avancés, alimentés par la bouche située à 1 900 m, ont été localisés vers 10 heures ce matin près de Rocca Musarra, à une altitude d’environ 1 600 m. La coulée de lave qui, hier, a franchi Rocca Capra (Valle del Bove) semble ne plus être alimentée.

L’activité explosive de la Voragine se poursuit avec une intensité variable. Elle produit une émission
de cendres qui s’étale dans le quadrant sud.
L’amplitude moyenne du trémor volcanique présente de fortes oscillations mais reste à des valeurs élevées. La source du trémor se situe dans la région de la Voragine, à une altitude d’environ 3 000 m au-dessus du niveau de la mer. L’activité infrasonore demeure à un niveau moyen.
Les signaux de déformation du sol ne montrent aucune variation significative.

Source : INGV.

Image webcam capturée le 13 août 2026

Éruption de l’Etna : nouvelles restrictions d’accès !

Le maire de Milo, par l’arrêté n° 41 du 13 août 2026, a ordonné la fermeture immédiate de la Via Mareneve, route départementale reliant Fornazzo au refuge Citelli. Cette mesure, valable jusqu’à nouvel ordre, a été prise afin de limiter l’accès aux zones affectées par l’activité éruptive de l’Etna. L’arrêté fait suite à l’ouverture, survenue le 8 août à 11h30, d’une nouvelle fissure éruptive dans la zone située entre le Monte Rittmann et le Monte Simone.
Une interdiction formelle de s’approcher de la coulée de lave à moins de 200 mètres a également été instaurée.
Cette décision a été rendue nécessaire par l’afflux de nombreux curieux et visiteurs, souvent sans préparation ni équipement adéquats. Cette situation pourrait mettre en danger la sécurité des personnes et des secouristes, et entraver le passage des véhicules d’urgence.

L’une des coulées vue par un drone

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Dernière minute : Des changements dans les restrictions mais toujours la pagaille !

Hier, deux nouvelles mesures ont été mises en place en relation avec l’éruption : l’interdiction de s’approcher à moins de 200 mètres de la coulée de lave et la fermeture de la route de Mareneve, qui mène au refuge Citelli et au sentier de Serracozzo, près du village de Fornazzo, 14 kilomètres en contrebas. Cette fermeture, intervenue du jour au lendemain, a perturbé la tranquillité habituelle du petit hameau de Milo, envahi par les voitures.

En fin de matinée, une réunion technique s’est tenue à la préfecture de Catane afin d’aborder la question de la sécurité sur le volcan. Il en a résulté un assouplissement de l’interdiction d’approcher les coulées de lave et un renforcement des fermetures de routes, notamment celles des versants de Linguaglossa et de Piano Provenzana, qui étaient restées ouvertes jusqu’à présent. Les véhicules seront arrêtés bien avant la bifurcation pour le refuge Citelli. Les barrières des deux côtés seront gardées 24h/24 et 7j/7.
Les nouvelles mesures ne semblent guère concluantes. Hier soir, premier soir d’application des nouvelles règles, le hameau de Fornazzo était saturé de voitures. Le barrage routier au début de la Mareneve a contraint de nombreux automobilistes à se garer sur le bas-côté de la route départementale Milo-Linguaglossa qui traverse le village. Au final, la Sicile sera toujours la Sicile !

La situation concernant l’interdiction d’approcher la coulée de lave a été modifiée elle aussi. La distance de 200 mètres mentionnée dans l’arrêté municipal de Milo semble être une erreur, héritée d’arrêtés antérieurs datant de janvier et non validée par des organismes scientifiques tels que l’INGV. Elle sera supprimée ou, plus probablement, revue à la baisse (on parle de 50 mètres) dans les prochaines heures.

Source : presse régionale.

Sicile : Au voleur !

Pas d’amélioration en vue à l’aéroport de Catane. La SAC qui gère les activités aéroportuaires vient d’indiquer que, « en raison de l’activité éruptive de l’Etna et des émissions de cendres volcaniques, la fermeture de l’espace aérien a été étendue au secteur B3 et que les vols entrants et sortants à l’aéroport de Catane sont suspendus jusqu’à 2 heures du matin le 14 août 2026 »

Cette situation cause de sérieux problèmes aux touristes qui, en plein mois d’août, avaient choisi l’aéroport Fontanarossa comme destination ou comme point de départ de leurs vacances. Une solution consiste à faire transférer son vol vers l’aéroport de Palerme, mais les requins ne sont pas que dans la mer. Certains chauffeurs de taxis peu scrupuleux demandent 500, 600 et parfois 800 euros pour effectuer le trajet !

Cette situation catastrophiques est l’objet de nombreuses critiques. Certains font resurgir le projet d’un grand aéroport international au centre de la Sicile., mais ces gens semblent oublier qu’une telle structure serait, elle aussi, exposée aux cendres de l’Etna. En fin de compte, c’est le volcan qu’il faudrait déplacer !

Sur le terrain, l’activité éruptive continue avec un trémor qui présente toujours des valeurs relativement élevées. Les caméras thermiques montrent que la lave continue de s’échapper des différentes bouches éruptives, sans toutefois représenter une menace pour les zones habitées.

La cendre volcanique, un poison pour le trafic aérien

Dernières nouvelles le 13 août 2026 – 20 heures :L’activité effusive se poursuit au niveau des bouches éruptives situées à 2 750 m et 1 900 m d’altitude, alors qu’elle a cessé à 2 090 m d’altitude. Les fronts de lave actifs les plus avancés, essentiellement en provenance de la bouche située à 1 900 m, se trouvaient à 1 340 m d’altitude ce matin, légèrement au-dessus de Rocca Capra dans la Valle del Bove.
L’activité explosive de la Voragine connaît une forte augmentation depuis 19 heures (heure locale), avec des émissions de cendres dispersées dans le quadrant sud.

D’un point de vue sismique, l’amplitude moyenne du trémor volcanique demeurée élevée, avec une forte hausse entre 14h00 et 17h00. La source du trémor se situe dans la zone de la Voragine et au nord de la Bocca Nuova, à une altitude d’environ 3 000 m.
Une hausse progressive de l’activité infrasonore est enregistrée depuis le 13 août au matin, avec une augmentation significative à partir de 12h00. Les événements infrasonores étaient principalement localisés dans la zone de la Voragine, avec des amplitudes qui sont devenues élevées.

Source : INGV.

Image webcam de l’Etna le 13 août 2026 au soir

Vue d’un front de coulée

L’éruption de l’Etna vue par l’INGV

Alors que l’activité éruptive se poursuit sur l’Etna avec un trémor qui montre des valeurs élevées, l’Istituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia (INGV) a dressé un bilan de la situation et tenté de prévoir son évolution.

Selon l’Institut, l’ouverture des bouches éruptives à des altitudes décroissantes constitue un signal géologique d’un intérêt majeur pour l’évaluation des risques. La morphologie de la zone, qui inclut la Valle del Leone et la Valle del Bove, forme, certes, un bassin de confinement naturel, mais l’évolution rapide du comportement des bouches éruptives exige une vigilance et une surveillance constantes.

Le 11 août 2026, on a observé une puissante émission de cendres de la Bocca Nuova qui a interagi avec des produits explosifs émis par la Voragine. Le phénomène a généré des coulées pyroclastiques modérées qui sont restées confinées à la zone sommitale. Cet événement souligne la rapidité avec laquelle la morphologie instable des cônes peut engendrer des phénomènes à haut risque.

Des relevés satellitaires effectués le 11 août 2026 ont confirmé la formation de tunnels de lave au Monte Simone. Ces tunnels assurent une circulation efficace de la lave, même à faible débit d’effusion .Ce processus d’isolation thermique permet à la lave de conserver sa fluidité et d’atteindre des altitudes inférieures. Actuellement, les fronts ont dépassé la Rocca delle Palombe et se stabilisent entre 1 370 m et 1 380 m près de la Rocca Capra.

Au vu de la situation actuelle, l’INGV envisage trois scénarios possibles :
1) Poursuite de l’activité explosive sommitale et de l’activité effusive avec des coulées de lave qui restent confinées dans la Valle del Leone et la Valle del Bove.
2) Possibilité d’une évolution rapide avec des colonnes éruptives plus puissantes ou de nouvelles coulées pyroclastiques générées par l’effondrement des cônes, comme lors de l’événement du 11 août.
3) Menace d’une intensification de l’activité effusive. Même si le débit d’émission au niveau du cratère diminue, la présence de tunnels de lave sur le Monte Simone maintient un risque élevé d’un déplacement de la lave vers les basses altitudes.

Dans sa conclusion, l’INGV explique que l’activation simultanée des conduits explosifs au sommet et des systèmes effusifs latéraux est la preuve d’une forte énergie de activité éruptive. La remontée persistante de nouveau magma et le développement d’un système de transport efficace avec les tunnels de lave demandent la plus grande attention en matière de protection civile.

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Mise à jour du 12 août 2026 à 18 heures (heure locale) : Au vu du dernier bulletin diffusé par l’INGV le 12 août 2026 en fin de journée, la situation sur l’Etna ne semble pas avoir montré de changements profonds depuis la veille.
L’activité effusive se poursuit au niveau des bouches éruptives situées à 2 750 m, 2 090 m et 1 900 m. Les fronts des coulées de lave alimentées par la bouche située à 2 360 m semblent se refroidir. À 13h00 (heure locale), les fronts actifs les plus avancés, liés à la bouche située à 1 900 m, se trouvaient à une altitude de 1 365 m, près de Rocca Capra dans la Valle del Bove.

L’activité explosive de la Voragine continue avec des intensités variables. Les émissions de cendres se dirigeaient aujourd’hui vers le sud, avec un fort impact sur le trafic aérien (voir ci-dessous).

D’un point de vue sismique, l’amplitude moyenne du trémor volcanique ne présente pas de changements significatifs et demeure élevée, avec une nette et progressive tendance à la hausse. La source du trémor se situe dans la zone de la Voragine, à une altitude d’environ 3 000 m au-dessus du
niveau de la mer.

Les signaux de déformations du sol ne montrent pas de changements particulièrement significatifs par rapport aux données précédentes.

Image satellite de l’Etna le 11 août 2026 (Copernicus : Sentinel-2)

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Les nuages de cendres émis par la Voragine et parfois la Bocca Nuova continent d’envahir les couloirs d’approche des aéroports de Catane-Fontanarossa et de Comiso et ont entraîné leur fermeture. Ce 12 août 2026, l’aéroport de Catane était fermé au minimum jusqu’à 18 heures, mais sa fermeture  – ainsi que celle de l’aéroport de Comiso – vient d’être prolongée jusqu’au 13 août à 16 heures. Cette situation illustre une nouvelle fois la vulnérabilité d’un système qui, en pleine saison touristique, est exposé aux aléas climatiques.

Les cendres volcaniques ne constituent pas un simple désagrément ; elles représentent une menace réelle pour la sécurité aérienne. L’Aviation Civile rappelle que les particules abrasives en suspension peuvent réduire considérablement la visibilité, endommager les surfaces extérieures et, surtout, causer des dégâts aux moteurs et aux systèmes embarqués des avions, avec des conséquences faciles à imaginer. . C’est pourquoi la SAC, société gestionnaire de l’aéroport de Catane, en coordination avec les autorités aéronautiques, met en œuvre des protocoles stricts prévoyant la fermeture temporaire de l’espace aérien ou de l’aéroport concerné.
Les répercussions pour les voyageurs sont immédiates avec des retards en cascade, des annulations préventives et de nombreux détournements vers d’autres aéroports. La situation s’est compliquée avec la fermeture de celui de Comiso qui sert habituellement de soupape de sécurité à Fontanarossa. Cette situation relance le débat sur les lacunes des transports en Sicile.

Le journal La Sicilia a diffusé un dessin qui résume bien la situation :