Observation en direct du processus d’accrétion // Real-time observation of the accretion process

Dans une étude publiée dans la revue Nature le 8 juillet 2026, des scientifiques ont documenté sans son intégralité le premier événement d’accrétion du plancher océanique jamais observé en temps réel. Ils ont pu observer comment le magma, les mouvements de failles, les séismes et l’activité volcanique se combinent pour créer une nouvelle croûte océanique dans les profondeurs de l’océan Indien. L’étude décrit un événement enregistré par un réseau d’instruments installés sur la dorsale sud-est indienne (South-East Indian Ridgr – SEIR). Il a généré en un peu plus de deux semaines une déformation qui suppose normalement près de 39 ans de mouvement continu des plaques tectoniques. Les chercheurs ont ainsi obtenu l’enregistrement direct le plus précis à ce jour de la formation d’une dorsale océanique.

Contexte tectonique du plancher océanique au centre de l’étude. L’événement décrit s’est produit le long du segment de la dorsale SEIR (dans le rectangle noir), situé sur le plateau Saint-Paul-Amsterdam, dans le sud de l’océan Indien.

Ces observations ont été effectuées dans le cadre du projet international OHA-GEODAMS, mené par des chercheurs du CNRS Terre & Univers pour surveiller la déformation le long de la dorsale sud-est indienne près de l’île Amsterdam. En février 2024, l’équipe scientifique a déployé des hydrophones, des transpondeurs géodésiques acoustiques, des enregistreurs de pression au fond de l’océan et a effectué des levés multifaisceaux le long d’un segment d’expansion actif, là où les plaques australienne et antarctique s’écartent d’environ 61 à 63 mm par an.
L’objectif était de saisir l’un des épisodes à la fois tectonique et magmatiques de courte durée au cours desquels se forme une nouvelle croûte océanique, même si personne ne savait exactement quand un tel événement se présenterait.
Le 26 avril 2024, quelques semaines seulement après leur déploiement, les instruments ont enregistré un essaim sismique intense sous l’axe de la dorsale, au moment où un dyke magmatique a percé la croûte.

Les chercheurs sont retournés sur le site en février 2025 lors d’une campagne de maintenance et ont réalisé qu’ils avaient enregistré un épisode d’accrétion dans sa totalité, du début à la fin.
L’intrusion magmatique s’est propagée le long de l’axe de la dorsale à une vitesse d’environ 2 à 3 m par seconde. À mesure que le magma migrait à travers la croûte, la dorsale s’est élargie de plus d’un mètre en quelques heures, tandis que la partie axiale de la vallée s’affaissait d’environ quatre mètres suite à la vidange d’un réservoir magmatique superficiel. Cette intrusion a finalement alimenté une éruption sous-marine qui a déversé environ 160 millions de mètres cubes de lave au cours des seize jours suivants, avec des coulées qui ont atteint par endroits près de 100 mètres d’épaisseur.
L’éruption a été détectée non seulement par des mesures de déformation, mais aussi acoustiquement grâce à des hydrophones. L’événement s’est accompagné d’une hausse de la température des eaux au fond de l’océan.
Toutes ces observations ont permis aux chercheurs de reconstituer la chronologie de la migration du magma, de l’éruption et du mouvement de la faille avec un niveau de détail jusqu’alors impossible à atteindre au niveau d’une dorsale médio-océanique.

D’un point de vue géodésique, lors de l’événement d’avril 2024, les chercheurs ont constaté que 76 % du glissement total de la faille s’est produit de manière asismique, tandis que seulement 24 % ont été donné lieu à des séismes. Ceci démontre que le mouvement lent de la faille, induit par l’intrusion magmatique, absorbe la majeure partie de l’extension lors de ce type d’épisode d’accrétion.
Au final, la déformation produite par cet événement correspond à environ 39 ans de divergence continue des plaques à cet endroit de la dorsale. Au lieu d’être libérées progressivement, des décennies de contraintes accumulées ont été absorbées lors d’un épisode à la fois tectonique et magmatique qui n’a duré que quelques jours.
Comme indiqué dans le communiqué du CNRS, ces résultats « résolvent l’énigme de longue date du déficit de séismes d’extension sur les dorsales médio-océaniques » en montrant que la majeure partie du déplacement de la faille se produit par un glissement asismique silencieux, déclenché par la mise en place du magma plutôt que par les seuls séismes. Bien que les dorsales médio-océaniques créent continuellement une nouvelle croûte océanique, l’observation directe de ces épisodes s’est avérée extrêmement difficile car ils se produisent à plusieurs kilomètres de profondeur, ne durent que quelques jours et se produisent rarement au même endroit.
Les résultats obtenus constituent un témoignage de terrain exceptionnel de l’un des processus fondamentaux à l’origine de la tectonique des plaques et offrent un point de référence pour les futurs observatoires sous-marins déployés le long du système des dorsales océaniques.

L’étude complète est disponible à l’adresse suivante : https://doi.org/10.1038/s41586-026-10785-0

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In a study published in Nature on July 8, 2026, scientists documented the first complete seafloor spreading event ever observed in real time. They could capture how magma, fault movement, earthquakes and volcanic activity combine to create new oceanic crust beneath the Indian Ocean. The study describes an event recorded by a dense network of instruments on the Southeast Indian Ridge (SEIR) that released in just over two weeks deformation equivalent to nearly 39 years of steady plate motion. As such, they obtained the clearest direct record yet of how an oceanic ridge grows.

The observations stem from the OHA-GEODAMS project, an international effort led by researchers from CNRS Terre & Univers to monitor deformation along the Southeast Indian Ridge near Amsterdam Island.

During February 2024, the scientific team deployed hydrophones, acoustic geodetic transponders, bottom-pressure recorders and repeated multibeam surveys across an active spreading segment where the Australian and Antarctic plates separate at approximately 61–63 mm per year.

The aim was to capture one of the short-lived tectono-magmatic episodes through which new oceanic crust forms, although no one knew how soon such an opportunity would arrive.

On April 26, 2024, just weeks after deployment, the instruments recorded an intense earthquake swarm beneath the ridge axis as a magma-filled dyke forced its way into the crust. The researchers revisited the sire during a maintenance cruise in February 2025 and realized they had recorded an entire spreading episode from beginning to end.

The intrusion propagated along the ridge axis at roughly 2–3 m per second. As magma migrated through the crust, the ridge widened by more than 1 meter within hours while the axial valley subsided by about 4 meters as a shallow magma reservoir deflated. The intrusion ultimately fed a submarine eruption that emplaced approximately 160 million cubic meters of lava over the following 16 days, with flows reaching nearly 100 meters thick in places.

The eruption was detected not only through deformation measurements but also acoustically with the hydrophones. The event was accompanied by a rise in bottom-water temperature.

Together, these observations allowed the researchers to reconstruct the timing of magma migration, eruption and fault movement with a level of detail that had not previously been possible beneath a mid-ocean ridge.

From a geodetic point of view, during the April 2024 event, the researchers found that 76% of the total fault slip occurred aseismically, while only 24% was released through earthquakes, demonstrating that slow fault motion driven by magma intrusion accommodates most of the extension during this type of spreading episode.

In total, the deformation released during the event corresponds to approximately 39 years of steady plate divergence at this section of the ridge. Rather than being released gradually, decades of accumulated strain were accommodated during a tectono-magmatic episode lasting only days.

As stated in the CNRS release, the results “resolve the long-standing enigma of the deficit of extensional earthquakes on mid-ocean ridges” by showing that most fault displacement occurs through silent, aseismic slip triggered by magma emplacement rather than by earthquakes alone.

Although mid-ocean ridges continuously create new oceanic crust, directly observing these episodes has proved exceptionally difficult because they occur beneath several kilometers of water, last only days, and recur infrequently at any given location.

The results provide a rare field record of one of the fundamental processes driving plate tectonics and offer a benchmark for future seafloor observatories deployed along the global ridge system.

The complete study can be found at this address : https://doi.org/10.1038/s41586-026-10785-0

Une seconde capitale en cas de catastrophe majeure à Tokyo (Japon) // A second capital in the event of a major disaster in Tokyo (Japan)

Un blogonaute , fidèle lecteur de mes notes, m’a alerté à propos d’un vote qui a eu lieu fin juillet 2026 au Parlement japonais. Les députés ont définitivement adopté le 24 juillet un projet de loi prévoyant la création d’une « seconde capitale ». Le projet de loi a été adopté à l’issue d’un affrontement de dernière minute entre la majorité et l’opposition, à la veille de la clôture de la session parlementaire.

Réunie en séance plénière, la Chambre des conseillers (chambre haute) a approuvé le texte par 123 voix contre 121. Le projet a été soutenu principalement par la coalition au pouvoir, composée du Parti libéral-démocrate (PLD) et du Parti de l’innovation du Japon (Nippon Ishin no Kai), tandis que les principaux partis d’opposition ont voté contre.

La loi prévoit la création d’une seconde capitale capable d’assurer les principales fonctions administratives de l’État si Tokyo, l’actuelle capitale, venait à être frappée par une catastrophe majeure. On sait que le Japon est exposé à des risques majeurs comme les éruptions volcaniques, les séismes, les tsunamis, les typhons et les inondations. Le pays concentre à lui seul presque 20 % des plus grands séismes au monde. Actuellement, la grande préoccupation des Japonais est d’anticiper le « Big One« , un séisme censé toucher Tokyo tous les 30 ans et dont la force pourrait être similaire à celui du Tohoku en 2011, avec les dégâts causés à la centrale de Fukushima.

Carte montrant la répartition des intensités sismiques maximales par préfecture lors du séisme de Tohoku le 11 mars 2011 (Source : JMA)

Déposé par les partis de la majorité, le texte avait déjà été adopté la semaine précédente par la Chambre des Représentants (chambre basse).

Source : presse japonaise.

Cette décision du parlement japonais de transférer la capitale en cas de catastrophe majeure rappelle une décision semblable en Indonésie où Jakarta, la capitale, a été transférée à Nusantara, sur l’île de Bornéo. Je vous invite à lire la note que j’avais écrite le 20 août 2024 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/08/20/adieu-jakarta-bienvenue-nusantara-goodbye-jakarta-welcome-nusantara/

 

Vue synthétisée du futur palais présidentiel de Nusantara (Source : presse indonésienne)

À Jakarta comme à Tokyo, on a affaire à un déplacement de l’administration centrale vers un autre lieu, avec tout de même une différence importante. Le transfert serait temporaire pour Tokyo, sauf en cas de destruction majeure de la capitale, alors que Nusantara est la capitale définitive de l’Indonésie.

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A blogger and loyal reader of my posts recently alerted me to a vote that took place in the Japanese Parliament in late July 2026. On July 24, the members of the Japanese parliament gave final approval to a bill providing for the creation of a « second capital. » The bill was passed following a last-minute clash between the ruling majority and the opposition, just before the parliamentary session ended.
Meeting in a plenary session, the House of Councillors (the upper house) approved the measure by a vote of 123 to 121. The project was primarily backed by the ruling coalition—comprising the Liberal Democratic Party (LDP) and the Japan Innovation Party (Nippon Ishin no Kai)—while the main opposition parties voted against it.
The law mandates the creation of a second capital capable of maintaining the state’s core administrative functions should Tokyo, the current capital, be struck by a major disaster. Japan is known to be exposed to significant risks such as volcanic eruptions, earthquakes, tsunamis, typhoons, and floods; the country alone accounts for nearly 20% of the world’s largest earthquakes. Currently, a major concern for the Japanese people is preparing for the « Big One », an earthquake expected to hit Tokyo every 30 years, potentially with a magnitude similar to the 2011 Tohoku earthquake, which caused the disaster at the Fukushima power plant.
Introduced by the ruling parties, the bill had already been passed the previous week by the House of Representatives (lower house).

Source : Japanese news media.

This decision by the Japanese parliament to relocate the capital in the event of a major disaster mirrors a similar move in Indonesia, where the capital was shifted from Jakarta to Nusantara on the island of Borneo. I invite you to read the post I wrote on August 20, 2024:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/08/20/adieu-jakarta-bienvenue-nusantara-goodbye-jakarta-welcome-nusantara/

In both Jakarta and Tokyo, we are dealing with the relocation of the central administration to a different site, though there is a difference: the move would be temporary for Tokyo – barring the major destruction of the capital – whereas Nusantara is Indonesia’s permanent capital.

L’Etna et la faille de Pernicana

Comme je l’ai indiqué précédemment, un séisme de magnitude M 3,9 a secoué la région de Linguaglossa (Sicile) le 15 août 2026 à 12h24, avec l’épicentre à 7 km de la localité et à 2.8 km au nord de Piano Pernicana, et l’hypocentre à une profondeur de 1.2 km ± 0.3 km.

Selon l’INGV, l’événement correspond à une réactivation de la faille de Pernicana qui, on le sait, est l’une des plus actives sur le versant est de l’Etna. L’Institut a ajouté que la faille est « une structure volcano-tectonique qui absorbe les mouvements du flanc nord-est de l’Etna. Elle se réactive souvent lorsque la masse magmatique se retire par les conduits. » Un séisme identique à celui du 15 août s’est produit en 2015, lorsque la Voragine et le Cratère sud-est ont cessé leur activité.

Longue de 18 à 20 kilomètres, la faille de Pernicana constitue la limite structurelle septentrionale du flanc oriental du volcan, qui glisse continuellement vers la mer Ionienne. Elle présente un risque majeur de séismes superficiels fréquents et de déstabilisation du flanc du volcan, menaçant les infrastructures locales et provoquant des déplacements de terrain continus.

Source: INGV

Contrairement aux volcans de la Grande Ile d’Hawaï qui – comme le Mauna Loa – reposent sur une croûte océanique rigide*, l’Etna est construit sur un substratum sédimentaire fragile. Sous le poids colossal de l’édifice (plus de 500 milliards de tonnes de roche), ce substratum argileux se déforme et flue. L’Etna s’étale donc sous son propre poids, mais cet étalement n’est pas symétrique.

À l’ouest et au nord, le volcan vient butter contre les Monti Nebrodi et Peloritani. À l’est, en revanche, il n’y a rien pour le retenir et il bascule librement vers la mer Ionienne, avec un glissement de l’ordre de plusieurs centimètres par an.

Ce glissement est accommodé par deux systèmes de failles majeurs. D’une part, la Faille de Pernicana délimite le flanc nord mobile. C’est une faille très active, siège de séismes fréquents et superficiels, comme le dernier dont l’hypocentre se situait à environ 1,5 km de profondeur seulement.

D’autre part, il y a le Système des Timpe, situé sur le flanc est. Il se compose d’une série de failles en échelons (Timpa di Acireale, Timpa di Moscarello) qui découpe le versant. Ces failles sont les cicatrices de l’extension gravitationnelle et tectonique. Elles facilitent l’intrusion de dykes magmatiques qui, à leur tour, poussent le flanc est vers la mer. Lors d’éruptions comme celles de 2001 et 2002-2003, les dykes ont agi comme des coins mécaniques, écartelant le volcan et déclenchant des glissements sur les failles du flanc est.

L’histoire de la Valle del Bove nous rappelle que ce processus peut aboutir à des catastrophes. La dépression actuelle est le résultat de l’effondrement de flancs entiers de l’ancien volcan Trifoglietto et des premiers stades de l’Ellittico.

Source : Etna 3340.

Bien que le risque d’un effondrement total immédiat soit faible, l’instabilité du flanc reste le principal risque géologique à long terme pour la côte ionienne densément peuplée. En traversant en voiture des localités comme Giarre ou Riposto sur les basses pentes orientales de l’Etna, je me suis souvent dit que je n’y habiterais jamais !

* Aussi rigide qu’elle soit, la croûe océanique à Hawai ‘travaille’ sous le poids du Mauna Loa qui a tendance à la faire basculer vers le sud en générant des séismes, souvent d’une magnitude autour de M 4,0. Plus globalement, le poids considérable des îles volcaniques fait ployer la croûte terrestre.

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S’agissant de l’activité volcanique de l’Etna, le dernier bulletin émis par l’INGV dans la soirée du 16 août 2026 indique que l’activité effusive se poursuit au niveau des bouches éruptives situés à 2 750 m et 1 990 m d’altitude. Le front le plus avancé des coulées de lave se trouve à une altitude de 1 395 m, entre Rocca delle Palombe et Rocca Musarra.
Le cratère Nord-Est a connu une série d’explosions dans la matinée du 16 août, avec un panache de cendres qui s’est dispersé en direction du sud-est. Vers 18 h 20, l’activité strombolienne a repris au niveau de la Voragine. Par la suite, les émissions de cendres se sont intensifiées au niveau du cratère Nord-Est.

D’un point de vue sismique, l’amplitude du trémor éruptif montre des variations, mais une tendance à la hausse. Au cours des dernières heures, elle est passée d’un valeur moyenne à élevée. La source reste localisée dans la même zone, entre 2 800 et 3 000 m d’altitude.

L’activité infrasonore est en hausse elle aussi.

Dans une note précédente, j’invitais à la prudence avant de parler de déclin de l’éruption car des reprises d’activité sont toujours possibles.

Voici une image webcam de l’Etna hier soir, avec une activité soutenue de la Voragine :

Source : INGV.

La réduction de l’activité explosive de la Voragine ces dernières heures a pour conséquence un retour très progressif à la normale à l’aéroport Fontanarossa de Catane. De nombreux vols sont malgré tout encore annulés ou déroutés vers d’autres aéroports siciliens. Il faut espérer que la nouvelle hausse de l’activité sommitale ne viendra pas tout gâcher.

Comme je l’ai indiqué dans ma note du 15 août, le séisme a provoqué des fissures sur la route de Mareneve, reliant Linguaglossa à Piano Provenzana.

Crédit photo: presse régionale

Ces derniers jours, des arrêtés municipaux de Milo et Sant’Alfio avaient bloqué la circulation sur la Mareneve, côté Fornazzo, ainsi qu’aux abords de la petite église de Magazzeni. Ces restrictions étaient dues à l’afflux massif de véhicules. Leurs passagers se rendaient svoulaient observer les coulées de lave dans la Valle del Bove.

Suite à la fermeture côté Linguaglossa, toutes les routes d’accès à l’Etna Nord ont été fermées à la circulation automobile. Seuls les véhicules autorisés peuvent y circuler.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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Dans son bulletin mensuel, l’OVPF indique qu’en juillet 2026, le mise en pression du réservoir superficiel au Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) a cessé comme le montre l’arrêt de l’inflation sommitale, suivi d’une légère déflation de l’édifice.

La sismicité superficielle sous le sommet est restée faible en juillet. En revanche une activité sismique profonde a persisté pouvant suggérer des mouvements de fluides en profondeur.

Photo : C. Grandpey

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Le HVO signale qu’un séisme de magnitude M5,2 s’est produit le 11 août 2026 sous le volcan sous-marin Kamaʻehuakanaloa (anciennement Lōʻihi), à 42 km au large, à l’est-sud-est de l’île d’Hawaï, à une profondeur de 11 km sous le niveau de la mer. Ce séisme s’inscrit dans une séquence sismique en cours liée à l’activité du Kamaʻehuakanaloa, débutée le 9 août. Ces séismes n’ont aucune incidence apparente sur les volcans Mauna Loa ou Kīlauea.

En langue hawaïenne, le nom Kamaʻehuakanaloa signifie « l’enfant incandescent de Kanaloa », en référence à Kanaloa, le dieu de l’océan, et à la naissance ardente du volcan depuis le fond marin. Lōʻihi signifie « long » « étendu », comme dans l’image ci-dessous.

Source: USGS

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Toujours à Hawaï, l’Épisode 53 de l’éruption du Kilauea (Hawa¨) a débuté vers 11 h 20 (heure locale) le 12 août 2026 après une brève activité préliminaire de faible intensité, ponctuée de jaillissements intermittents et des débordements de lave depuis la bouche nord. Par lasuite, les fontaines de lave ont atteint 25 à 30 mètres de hauteur avant de culminer à 150 mètres au-dessus du sol. Le panache éruptif s’est élévé à plus de 5 400 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Image webcam de l’Épisode 53

L’Épisode 53 a pris fin brutalement le 13 août 2026 à 01 h 23 (heure locale), après plus de neuf heures et demie d’activité de fontaines de lave qui ont jailli de la bouche éruptive nord nord. Le débit effusif a culminé à environ 230 mètres cubes par seconde, avec une moyenne de 135 mètres cubes par seconde sur l’ensemble de l’épisode. On estime à 4,6 millions de mètres cubes le volume de lave émis. Cette lave a couvert environ 40 à 50 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu. Le passage soudain d’une phase de déflation sommitale à une phase d’inflation à la fin de l’Épisode 53 laisse présager un nouvel épisode de fontaines de lave dans les jours à venir.
Source : HVO.

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L’activité strombolienne observée sur l’Etna (Sicile) au niveau de la Voragine s’est intensifiée à partir du 7 août 2026 pour évoluer en fontaines de lave. Le trémor éruptif a atteint des niveaux élevés, avec une source localisée sous la Voragine, à une altitude d’environ 2 900 à 3 000 mètres. Les fontaines de lave ont ensuite été remplacées par une activité strombolienne accompagnée de panaches de cendre orientés vers le sud-sud-ouest et de fortes perturbations depuis cette date à l’aéroport de Catane. .

Une première bouche éruptive s’est ouverte le 7 août dans la Valle del Leone à une altitude d’environ 2 750 m et a alimenté des coulées de lave dont les fronts ont dépassé le mont Simone dans la Valle del Bove, situé à environ 2 000 m d’altitude.

Une nouvelle fissure éruptive s’est ouverte le 10 août vers 23h30 dans la Valle del Bove, à environ 1900 m d’altitude, près du mont Simone.

Dans un nouveau bulletin, l’INGV indiquait quelques heures plus tard qu’une quatrième bouche s’était ouverte vers 11h30 (heure locale) le 11 août 2026 à la base de la paroi nord de la Valle del Bove, au-dessus du Monte Simone, à une altitude d’environ 2 090 m.

Par ailleurs, le 11 août 2026, on a observé une puissante émission de cendres de la Bocca Nuova qui a interagi avec des produits explosifs émis par la Voragine. Le phénomène a généré des coulées pyroclastiques modérées qui sont restées confinées à la zone sommitale.

Le 13 août, les différents fronts de lave avaient dépassé la Rocca delle Palombe et se stabilisaient entre 1 370 m et 1 340 m d’altitude, près de la Rocca Capra.

Source: INGV. 

Image webcam de l’Etna le 13 août 2026 au soir

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La hausse d’activité observée sur le Fuego (Guatemala), et qui avait débuté le 3 août 2026, a pris fin le 5 août après 50 heures d’activité. Des coulées pyroclastiques ont provoqué une érosion qui a modifié la morphologie du cratère ; des éboulements et des accumulations de matériaux ont été signalés dans les ravines Seca et Ceniza. Les retombées de cendres ont surtout affecté plusieurs localités situées sur les flancs ouest et sud-ouest.
Une activité éruptive de moindre intensité a été observée les jours suivants Des explosions ont généré des panaches de gaz et de cendres s’élevant jusqu’à environ 1 km au-dessus du sommet. Des retombées de cendres ont été observées dans les zones situées sous le vent. Les explosions ont projeté des matériaux incandescents jusqu’à 400 m au-dessus du cratère, avec de petites avalanches de blocs incandescents qui ont dévalé plusieurs ravines, atteignant parfois des zones couvertes de végétation. Le Fuego a donc retrouvé son activité habituelle.

Source: INSIVUMEH.

Vue du Fuego le 4 août 2026 (Crédit photo: Conred)

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Le 9 août 2026, vers 20 h 00, une éruption effusive a débuté au niveau du cratère Nord du Karangetang (Indonésie). La lave s’est écoulée depuis le cratère sur environ 700 m vers le sud,où elle a atteint la dépression entre les cratères Nord et Sud, puis a progressé vers l’ouest sur quelque 400 m et vers le nord-nord-ouest sur environ 1 km, provoquant des incendies de végétation. Le 10 août, des avalanches de lave incandescente ont parfois dévalé les flancs ouest à nord-ouest. À la suite de l’éruption du 9 août, le PVMBG a redéfini la zone de danger afin d’en restreindre l’accès dans un rayon de 2,5 km autour des secteurs nord, ouest et sud-ouest du cratère Nord. Une éruption survenue le 11 août a généré un panache de gaz et de cendres qui s’est élevé à 350 m au-dessus du sommet.
Le niveau d’alerte est maintenu à 2 (sur une échelle de 1 à 4) ; il est demandé au public de se tenir à une distance d’au moins 1,5 km du cratère Nord et fu cratère principal, ainsi qu’à l’extérieur de la zone de danger qui a été redéfinie.
Source : PVMBG.

Source: PVMBG

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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In its monthly bulletin, the OVPF reports that the pressurization of the shallow reservoir at Piton de la Fournaise (Réunion Island) ceased in July 2026, as evidenced by the cessation of summit inflation followed by slight deflation of the volcanic edifice.
Shallow seismicity beneath the summit remained low during July. However, deep seismic activity persisted, potentially suggesting deep-seated fluid movements.

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The HVO indicated that on August 11, 2026, an M 5.2 earthquake occurred beneath Kamaʻehuakanaloa (formerly Lōʻihi) Seamount, 42 km east-southeast offshore of the Island of Hawaiʻi, at a depth of 11 km below sea level. The earthquake is part of an ongoing sequence of earthquakes associated with unrest of Kamaʻehuakanaloa that started on August 9th.. These earthquakes have no apparent impact on either Mauna Loa or Kīlauea volcanoes.

In Hawaiian language, the name Kamaʻehuakanaloa translates to the « glowing child of Kanaloa, » referencing Kanaloa, the god of the ocean, and the fiery birth of the volcano from the sea floor.

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Still in Hawaii, Episode 53 of the Kilauea eruption (Hawaii) began around 11:20 a.m. (local time) on August 12, 2026 after a quick precursory low-level activity, with the onset of intermittent lava dome fountaining and overflows from the north vent, Next, the lava fountains reached 25-30 meters high before culminating at 150 m above ground level. The plume from this eruption reached over 5,400 meters above sea level.

Episode 53 ended abruptly at 1:23 a.m. (local time) on August 13, 2026 after more than 9 and a half hours of continuous lava fountaining from the north vent. The effusion rate peaked at about 230 cubic meters per second, with an average effusion rate of 135 cubic meters per second for the entire fountaining episode. An estimated 4.6 million cubic meters of lava erupted and covered about 40-50% of the Halemaʻumaʻu crater floor. The abrupt switch from summit deflation to inflation at the end of Episode 53 indicates that another lava fountaining episode is likely in the coming days.

Source : HVO.

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Strombolian activity at Mt Etna‘s Voragine (Sicily) intensified starting August 7, 2026, evolving into lava fountaining. Eruptive tremor levels rose significantly, with the source located beneath the Voragine at an elevation of approximately 2,900 to 3,000 meters. The lava fountaining subsequently gave way to Strombolian activity accompanied by ash plumes drifting south-southwest, causing major disruptions at Catania Airport from that date onwards.
An initial eruptive vent opened on August 7 in the Valle del Leone at an elevation of about 2,750 m, feeding lava flows whose fronts advanced beyond Monte Simone in the Valle del Bove, located at an elevation of approximately 2,000 m.
A new eruptive fissure opened on August 10 around 11:30 PM in the Valle del Bove, at an elevation of about 1,900 m, near Monte Simone.
In a subsequent bulletin issued a few hours later, the INGV reported that a fourth vent had opened around 11:30 AM (local time) on August 11, 2026, at the base of the Valle del Bove’s north wall, above Monte Simone, at an elevation of approximately 2,090 m.
Additionally, on August 11, 2026, a powerful ash emission from the Bocca Nuova was observed interacting with explosive material ejected from the Voragine. This phenomenon generated moderate pyroclastic flows that remained confined to the summit area.
By August 13, the various lava fronts had moved past Rocca delle Palombe and were stabilizing at elevations between 1,340 m and 1,380 m, near Rocca Capra.

Source: INGV.

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A period of stronger activity at Fuego (Guatemala) that had begun on 3 August 2026 ended on 5 August, after 50 hours of activity. Pyroclastic flows, causing erosion that altered the crater morphology; rockfalls and accumulations of erupted material were reported in the Seca and Ceniza ravines. Ashfall primarily affected severalcommunities on the W and SW flanks.
Lower-level eruptive activity continued through 12 August. Explosions generated gas-and-ash plumes that rose as high as about 1 km above the summit. Ashfall was reported in downwind areas. Explosions ejected incandescent material as high as 400 m above the crater accompanied by weak avalanches; incandescent block avalanches descended several ravines and sometimes reached vegetated areas.

Source : INSIVUMEH.

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At around 2000 on 9 August 2026, an effusive eruption began from Karangetang‘s North Crater (Indonesia). Lava advanced from the crater and traveled about 700 m S into the saddle between the North and South craters, then advanced W for about 400 m and NNW for about 1 km, igniting vegetation fires. Incandescent lava avalanches occasionally descended the W to NW flanks on 10 August. PVMBG revised the hazard zone after the 9 August eruption to restrict access within 2.5 km on the N to W, and SW, sides of the North Crater. An eruption on 11 August produced a moderately dense gas and ash plume that rose 350 m above the summit.

The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay at least 1.5 km away from the North and Main craters and outside the revised hazard zone.

Source : PVMBG.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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