Volcans du monde // Volcanoes of the world

  Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde depuis le dernier bulletin :

Il n’y a pas d’éruption en ce moment sur la péninsule de Reykjanes (Islande), mais un intense essaim sismique s’est produit ces derniers jours et une activité volcano-tectonique complexe affecte actuellement la région.

La dernière image InSAR, acquise le 31 octobre 2023, révèle 5 à 6 cm de mouvements de sol sur les 12 jours précédents, avec une inflation centrée juste au nord-ouest du mont Þorbjörn. Le même signal de mouvement du sol a été détecté par les stations GPS de la région à partir du 27 octobre. Les données GPS du 1er novembre indiquent que le mouvement du sol se poursuit dans la région. En analysant à la fois les observations sismiques, géodésiques et satellitaires, les scientifiques islandais ont conclu qu’une intrusion magmatique a lieu à environ 4 km de profondeur, juste au nord-ouest du mont Þorbjörn. À l’heure actuelle, rien n’indique que l’intrusion se rapproche de la surface.

Dans une mise à jour publiée le 2 novembre au soir, le Met Office indique que les données GPS des dernières 24 heures montrent que le soulèvement du sol se poursuit au même rythme dans la zone au nord-ouest du mont Þorbjörn. La sismicité reste soutenue; l’événement le plus significatif avait une magnitude de M3.7 à une profondeur d’environ 5 km. Une analyse plus détaillée des données GPS confirme qu’une intrusion magmatique est en formation à une profondeur de 4 à 5 km sous la zone au nord-ouest du Mt Þorbjörn. D’autres séismes sont à prévoir dans les prochains jours car l’intrusion magmatique génère des contraintes dans la région.

Source : Met Office.

 

Image InSAR de la péninsule de Reykjanes, du 19 au 31 octobre 2023. Le signal de déformation du sol le plus important est centré au nord-ouest du mont Þorbjörn.

Un nouvel essaim sismique est en cours ce matin du 3 novembre 2023, avec des événements atteid M 4,2, M 4,1 et M 3,5 avec des hypocentres à 3-4 km de profondeur dans la région de Grindavik. Le magma joue avec les nerfs des islandais. Tout le monde redoute une éruption dans le secteur du mont Þorbjörn, ç proximité de la centrale électrique de Svartensgi et du Lagon Bleu.

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Le Service géologique colombien (SGC) indique que le 25 octobre 2023, le volcan Puracé a connu une augmentation significative de l’activité sismique, avec des événements atteignant M 1,0 à des profondeurs comprises entre 1 et 4 km. Ces séismes ont coïncidé avec une augmentation du dégazage et des valeurs de CO2 toujours élevées. La plupart ont été détectés au sud-est du cratère.
La dernière éruption du Puracé a eu lieu le 29 mars 2022 avec un VEI 1.

 

Crédit photo : Wikipedia

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Le 29 octobre 2023, le KVERT indiquait que l’éruption explosive-effusive se poursuivait sur le Klyuchevskoi (Kamchatka), avec des nuages de cendres qui montaient jusqu’à 10 km au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne était maintenue à l’Orange. Le volcan présentai une activité explosive de type strombolien. Les fontaines de lave pouvaient atteindre 500 m de hauteur et alimentaient les coulées de lave dans les ravines Apakhonchichsky et Kozyrevsky sur le versant sud du volcan.

L’activité a considérablement augmenté le 31 octobre,. La couleur de l’alerte aérienne est passée de l’Orange au Rouge. La colonne de cendres atteignait jusqu’à 14 km d’altitude. Cette hausse d’activité s’est accompagnée de puissantes fontaines de lave atteignant parfois plus de 500 m de hauteur. Elles ont fait s’édifier un cône de scories au sein du cratère principal.

Aucun blessé n’est à déploré, mais les écoles ont été fermées par précaution à Ust-Kamchatsk et à Klyuchy.

 

Crédit photo: KVERT

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Le PVMBG informe le public que l’activité sismique de l’Anak Krakatau (Indonésie) a augmenté le 28 octobre 2023, incitant les autorités indonésiennes à établir une zone d’exclusion de 5 km autour du cratère principal. Une hausse du tremor a également été enregistrée, ce qui correspond aux mouvements du magma et à l’évacuation des gaz volcaniques. De telles conditions pourraient conduire à des éruptions explosives, effusives ou les deux à la fois.
L’édifice volcanique connaît une phase d’inflation atteignant entre 15 et 50 microradians, ce qui indique une forte pression interne et confirme les données sismiques.
L’Anak Krakatau reste un sujet de préoccupation en raison de son activité continue depuis l’éruption de 2018 qui a radicalement modifié sa morphologie et déclenché un tsunami en décembre de la même année. Le niveau d’alerte est maintenu à 2.

Episode éruptif sur le Krakatau (Photo: C. Grandpey)

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Il n’y a toujours pas d’éruption sur le Kilauea (Hawaii). L’activité persiste au sud-sud-ouest du sommet, avec une légère diminution de la sismicité, en relation avec un événement intrusif qui a commencé début octobre. Le HVO indique que l’activité observée actuellement pourrait continuer à montrer des variations en fonction des changements dans l’arrivée de magma dans la zone. Le sommet du Kilauea montre toujours une forte inflation de sorte qu’une activité éruptive est possible dans les semaines ou mois à venir. Aucune activité particulière n’est observée le long de la zone de Rift Est et de la zone de Rift Sud-Ouest.

 

Carte montrant l’activité au sommet du Kīlauea. Les cercles jaunes indiquent les emplacements des séismes enregistrés par le HVO du 4 au 24 octobre 2023. Les franges colorées indiquent les zones de déformation du sol mesurées par satellite (InSAR) du 24 septembre au 10 octobre. Une dizaine de centimètres de soulèvement du sol ont été détectés au cours de cette période. Chaque cycle de couleur représente 1,5 cm de soulèvement du sol vers le satellite, en relation avec une intrusion magmatique. (Source : USGS)

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Au Pérou, la situation est globalement stable sur l’Ubinas et le Sabancaya. Le niveau d’alerte est maintenu à l’Orange pour les deux volcans.

Source : IGP.

Crédit photo: IGP

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Une hausse de l’activité sismique est observée sur le Mont St. Helens (État de Washington / USA) depuis le 15 juillet 2023, avec plus de 400 événements. Il s’agit de la plus forte augmentation de l’activité sismique depuis la fin de la dernière éruption en 2008. Aucun changement significatif n’a été observé dans les autres paramètres de surveillance et il n’y a aucun signe d’éruption imminente.
Le séisme le plus important avait une magnitude de M 2,4 le 27 août. La profondeur de ces événements sismiques variait entre 4 et 8 km sous le plancher du cratère. Cependant, aucune variation n’a été observée dans la déformation du sol, les gaz volcaniques ou leur température.
Le niveau d’alerte volcanique reste à Normal et la couleur de l’alerte aérienne reste au Vert.
Source : USGS.

Le dôme de lave du St Helens en septembre 2008 (Photo : C. Grandpey)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world since the last bulletin :

There is no eruption at the moment on the Reykjanes Peninsula (Iceland) bu there has been a significant seismic swarm in the past days and an episode of complex volcano-tectonic unrest is currently affecting the area.

The latest satellite radar image, acquired late on 31 October 2023, reveals 5 to 6 cm of ground movements over 12 days, centered just northwest of Mt. Þorbjörn. The same displacement signal is seen by GPS stations in the region, beginning on 27 October. The GPS results from 1 November indicated that ground displacements continue in the region. Combining seismic, geodetic, and satellite-based observations, Icelandic scientists infer that a volcanic intrusion is located at about 4 km depth just northwest of Mt. Þorbjörn. Presently, there are no indications that the volcanic intrusion is becoming shallower.

In an update released on November 2nd in the evening, the Met Office indicates that GPS data from the last 24 hours show that uplift continues at a similar rate in the area northwest of Mt. Þorbjörn. Seismicity is still sustaines; the largest event was M3.7 at a depth of about 5 km. More detailed analysis of recent GPS data confirms that a magma intrusion is forming at a depth of 4-5 km under the area northwest of Þorbjörn. More earthquakes are expected in the coming days because the magma intrusion causes increased tension in the area.

A new seismic swarm is underway this morning of November 3rd, 2023, with events reaching M 4.2, M 4.1 and M 3.5 with hypocenters at 3-4 km depth in the Grindavik region. The magma plays with the nerves of the Icelanders. Everyone fears an eruption in the area of Mount Þorbjörn, near the Svartensgi power station and the Blue Lagoon.

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The Colombian Geological Service (SGC) indicates that on October 25th, 2023, Puracé Volcano experienced a significant increase in seismic activity, with events up to M 1.0 at depths between 1 and 4 km. These quakes coincided with higher degassing levels and persistent high CO2 values.

The earthquakes were detected to the southeast of the crater.

The last eruption of Puracé Volcano was recorded on March 29th, 2022 with a VEI 1.

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On October 29th, 2023, KVERT indicated that the explosive-effusive eruption was continuing at Klyuchevskoi (Kamchatka), with ash clouds up to10 km above sea level. The Aviation Color Code remained at Orange. The volcano displayed explosive activity of the Strombolian type. Lava fountains could be as high as 500 m, feeding lava flows along the Apakhonchichsky and Kozyrevsky drainages on the southern slopes of the volcano.

Activity increased significantly on October 31st, prompting KVERT to raise the Aviation Color Code from Orange to Red. The ash column reached up to 14 km above sea level. This increased activity was characterized by violent lava fountaining at the summit, with jets of lava sometimes higher than 500 m, contributing to the construction of a growing cinder cone within the main crater.

There were no reports of injuries, but officials ordered schools in Ust-Kamchatsk and Klyuchy to close as a precaution.

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PVMBG informs the public that seismic activity at Anak Krakatau (Indonesia) increased on October 28th, 2023, prompting Indonesian authorities to set up a 5 km exclusion zone around the main crater. An increase in tremor signals has been recorded, showing the movement of magma and the exsolution of volcanic gases. Such conditions could lead to explosive, effusive, or combined forms of éruptions.

The volcano’s edifice is inflating, registering a range between 15 – 50 microradians. indicates an increased internal pressure, corroborating the seismic data.

Anak Krakatau remains a point of concern due to its continuous eruptive activity since its 2018 eruption, which dramatically altered its morphology and triggered a tsunami in December the same year. The alert level is kept at 2.

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There is still no eruption at Kilauea (Hawaii). Unrest is continuing to the south-southwest of the summit, with a slight decrease in seismicity, in association with an intrusive event that began in early October. HVO indicates that this unrest may continue to wax and wane with changes to the input of magma into the area. The summit of Kilauea remains at a high level of inflation and eruptive activity is possible in the coming weeks or months. No unusual activity has been noted along the East Rift Zone or the Southwest Rift Zone.

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In Peru, the situation is stable at Ubinas and Sabancaya volcanoes. The alert level is kept at Orange for both volcanoes.
Source: IGP.

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An increase in seismic activity has been observed at Mount St. Helens (Washington State / USA) since July 15th, 2023, with more than 400 earthquakes. It is the largest increase in earthquake rates since the last eruption ended in 2008. No significant changes have been observed in other monitoring parameters and there are no signs of an imminent eruption.

The most significant event had a magnitude of M 2.4 on August 27th. The depth of these seismic events ranged between 4 to 8 km below the crater floor. However, no alterations have been observed in ground deformation, volcanic gas, or thermal emissions.

The volcano Alert Level remains at Normal and the Aviation Color Code is still Green.

Source : USGS.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Effets d’un environnement volcanique sur la santé // Health effects of a volcanic environment

La mission scientifique sur le Mont Michael (île Sanders) a permis aux scientifiques de faire des observations intéressantes sur l’environnement volcanique. Ils avaient établi leur camp de base sur un champ de neige au pied du volcan et ils pensaient pouvoir faire fondre cette neige pour leurs besoins en eau. Malheureusement, les tests d’acidité ont révélé que l’eau n’était pas potable car la neige avait été polluée par les gaz volcaniques. Ils ont dû utiliser l’eau produite par le désalinisateur à bord du voilier qui leur avait permis d’atteindre l’île.

Cette situation vécue par l’expédition doit nous rappeler qu’environ un dixième de l’humanité vit dans un rayon de moins de 100 km d’un volcan actif, avec les risques que cela comporte. La vapeur d’eau, à laquelle se mêlent le CO2 et le SO2, constitue plus de 90% d’un panache volcanique, en sachant que la lave émet également du fluor, du chlore et du brome en s’approchant de la surface, autrement dit d’autres éléments acides.

Ce qui est observé à petite échelle sur l’île Saunders se retrouve dans des régions volcaniques plus vastes comme la Grande Ile d’Hawaii où les gaz émis par le Kilauea en période éruptive génèrent un brouillard volcanique baptisé vog – contraction de volcanic smog – qui présente des risque pour la santé. Il est recommandé aux personnes souffrant de troubles respiratoires d’éviter de sortir et de s’adonner à une activité physique. Les horticulteurs situés sous le panache de vog constatent des dégâts sur leur s plantations à cause des pluies acides.

S’agissant de l’eau en milieu volcanique, elle peut avoir des effets sur la santé si elle n’est pas traitée. Une étude très sérieuse réalisée par des chercheurs américains a montré que la population d’Ambrym au Vanuatu est exposée à la fluorose qui, comme son nom l’indique est due à un excès de fluor dans l’organisme. Cette pathologie se manifeste particulièrement au niveau des dents qui prennent une couleur marron. Selon les scientifiques, la fluorose dentaire à Ambrym est liée au dégazage du volcan dont les composés fluorés contaminent l’eau de pluie consommée par les habitants de la région. Des observations similaires ont été faites dans d’autres régions volcaniques comme celle du Kawah Ijen en Indonésie où le trop-plein du lac devient une petite rivière qui irrigue ensuite les cultures, de riz et de canne à sucre. Cette eau d’un pH de 3 à 4,5 et trop riche en fluorure est nocive pour la santé. On a remarqué que les populations autour du Kawah Ijen avaient les dents plus noires qu’ailleurs en Indonésie à cause de l’eau rejetée par le volcan.

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The scientific mission to Mount Michael on Sanders Island allowed scientists to make interesting observations on the volcanic environment. They had established their base camp on a snowfield at the base of the volcano and they believed they could melt this snow for their water needs. Unfortunately, acidity tests revealed that the water was not drinkable because the snow had been polluted by volcanic gases. They had to use the water produced by the desalinator on board the sailboat that allowed them to reach the island.
This situation experienced by the expedition should remind us that around a tenth of humanity lives within a radius of less than 100 km from an active volcano, with the risks that this entails. Water vapor, mixed with CO2 and SO2, constitutes more than 90% of a volcanic plume, without forgetting that lava also emits fluorine, chlorine and bromine, other acidic elements, as it approaches the surface.
What is observed on a small scale on Saunders Island is found in larger volcanic regions such as Hawaii Big Island where the gases emitted by Kilauea during an eruptive period generate a volcanic fog called vog which presents health risks. It is recommended that people suffering from respiratory problems avoid going out and engaging in physical activity. Horticulturists located under the vog plume observe damage to their plantations, due to acid rain.
Regarding water in a volcanic environment, it can have health effects if it is not treated. A very serious study carried out by American researchers has shown that the Ambrym population in Vanuatu is exposed to fluorosis which, as its name suggests, is due to excess fluoride in the body. This pathology particularly affects the teeth which take on a brown color. According to scientists, dental fluorosis in Ambrym is linked to degassing from the volcano, whose fluorinated compounds contaminate the rainwater consumed by residents. Similar observations have been made in other volcanic regions such as Kawah Ijen in Indonesia where the overflow from the lake becomes a small river which then irrigates crops of rice and sugar cane. This water with a pH of 3 to 4.5 and too rich in fluoride is harmful to health. It was noticed that the populations around Kawah Ijen had blacker teeth than elsewhere in Indonesia because of the water released by the volcano.

Panaches de vapeur et de gaz du Kilauea (Photos: C. Grandpey)

Hawaii : l’éruption attendue qui n’arrive pas // Hawaii : the expected eruption that doesn’t happen

Bien que le Kilauea soit équipé d’une batterie d’instruments, les scientifiques du HVO ont du mal à prévoir l’activité volcanique, sans parler des éruptions. La dernière a été courte, elle a duré six jours du 10 au 16 septembre 2023 et a cessé sans crier gare. Depuis cette date, le volcan a montré des signes d’activité, avec une forte sismicité et une déformation importante, mais aucune éruption n’a encore eu lieu !

Plus inquiétant pour ceux qui attendent une éruption avec impatience, les dernières mises à jour du HVO indiquent que « la sismicité et la déformation du sol sous la partie sud de la caldeira sommitale du Kīlauea en direction du sud-ouest ont considérablement diminué au cours des dernières 48 heures, ce qui laisse supposer que l’intrusion magmatique qui a commencé la semaine dernière touche à sa fin. » Autrement dit, l’éruption tant attendue ne devrait pas se produire dans le court terme… sauf si Madame Pelé décide autrement !
Une baisse spectaculaire de l’activité sismique a été observée ces derniers temps. On est passé d’un pic de plus de 250 événements par jour la semaine dernière à seulement 27 au cours des dernières 24 heures. Ces séismes se sont produits à des profondeurs de 1 à 4 km sous la surface.
S’agissant de la déformation, « les inclinomètres au sommet ont enregistré un changement brusque de l’amplitude et de l’orientation du tilt au cours des dernières 48 heures, ce qui signalait la fin de la déformation du sol associée à l’intrusion magmatique. Cela signifie probablement que l’arrivée de nouveau magma dans l’intrusion sous la surface au sud de la caldeira sommitale du Kīlauea a considérablement ralenti, voire cessé. Cependant, l’inflation sommitale du Kīlauea reste significative et a presque retrouvé le niveau observé juste avant la dernière éruption du 10 septembre. »

 

Déformation du sommet Kilauea au cours des derniers jours avec une tendance à la déflation (image du haut), mais la tendance sur le long terme reste inflationniste (image du bas)  [Source : HVO]

Aucune activité particulière n’est observée le long de la zone du Rift Est ou de la zone du Rift Sud-Ouest. Le niveau de déformation du sol et la sismicité restent stables le long des deux zones de rift.
Les émissions de SO2 sous le vent, à proximité du Pu’uO’o dans la Middle East Rift Zone, restent inférieures aux limites de détection. Elles sont donc négligeables.
Source : HVO.

C’est avec beaucoup de tristesse que je viens d’apprendre le décès de Jim Kauahikaua, ancien directeur du HVO. Je l’avais rencontré en 2006 et il m’avait apporté une aide précieuse .

https://www.hawaiinewsnow.com/2023/10/13/first-native-hawaiian-lead-hawaii-volcano-observatory-dies-age-72/?fbclid=IwAR2Uquu6r6MLUWreceyT8_XYw1WKJKhKgwWFQ9-JAXmtuAHaOJpGADfaTK4

Caldeira du Kilauea le 12 octiobre 2023 : pas d’éruption en vue (Webcam HVO)

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Even though Kilauea is covered with a battery of instruments, HVO scientists find it difficult to predict volcanic activity, let alone eruptions. The last one was short, lasting six days from September 10th to 16th, 2023, and stopped without warning. Since that date, the volcano has shown signs of unrest, with elevated seismicity and significant deformation, but no eruption has occurred yet !

What is more, HVO’s latest updates indicate that « earthquake and ground deformation rates beneath the southern part of Kīlauea’s summit caldera and extending to the southwest have decreased dramatically over the past 48 hours, suggesting the intrusive event that began last week is coming to an end. » In other words, the eruption that was expected will not happen in the short term…unless Madame Pele decides differently !

A dramatic drop in seismic activity has been observed lately, from a peak of over 250 per day last week, to only 27 recorded in the past 24 hours.  These events were at depths of 1-4 km beneath the surface.

As far as deformation is concerned, « summit tiltmeters recorded an abrupt change in tilt magnitude and direction, in the last 48 hours, thus signaling ground deformation associated with the intrusive event ceased. These observations suggest that new magma supply to the intrusion below the surface south of Kīlauea’s summit caldera has slowed greatly or stopped. However, inflation at the summit of Kīlauea remains high and has nearly returned to the level seen just before the last eruption on September 10th. »

No unusual activity has been noted along the East Rift Zone or Southwest Rift Zone. Steady rates of ground deformation and seismicity continue along both.

Gas emissions downwind of Puʻuʻōʻō in the Middle East Rift Zone remain below detection limits for SO2, indicating that SO2 emissions from Puʻuʻōʻō are negligible.

Source : HVO.

It is with great sadness that I have just learned of the death of Jim Kauahikaua, former scientist-in-charge of HVO. I met him in 2006 and he gave me valuable help.

https://www.hawaiinewsnow.com/2023/10/13/first-native-hawaiian-lead-hawaii-volcano-observatory-dies-age-72/?fbclid=IwAR2Uquu6r6MLUWreceyT8_XYw1WKJKhKgwWFQ9-JAXmtuAHaOJpGADfaTK4

Parcs nationaux et volcans : Europe / Etats Unis // National parks and volcanoes : Europe vs. United States

Lorsque le tourisme est bien géré et ne se résume pas à des interdictions d’accès aux sites volcaniques actifs, les visiteurs viennent en nombre et contribuent à l’économie locale. C’est ce qui se passe dans les parcs nationaux américains et notamment à Hawaii. Certains sites volcaniques en Europe et outre-mer feraient bien de s’inspirer de la politique hawaiienne.
Une analyse effectuée par des économistes du National Park Service a révélé que 1,6 million de visiteurs ont fréquenté le Parc national des volcans d’Hawaii en 2022, et dépensé également 149 millions de dollars dans les localités proches du parc. Ces rentrées d’argent ont permis de créer 1500 emplois dans la région et apporté 195 millions de dollars à l’économie locale
Rhonda Loh, surintendante du Parc national des volcans d’Hawaii (que je salue ici), a déclaré : « Le tourisme est un moteur essentiel de l’économie locale. Les gens visitent le parc national pour découvrir les éruptions volcaniques, la riche biodiversité insulaire et profiter des paysages culturels. »
Le rapport montre également qu’à l’échelle nationale près de 312 millions de visiteurs ont dépensé 23,9 milliards de dollars dans un rayon de 100 km autour d’un parc national. Ces dépenses ont permis de créer 378 400 emplois. Le bénéfice cumulé pour l’économie américaine s’élève à 50,3 milliards de dollars.

En matière de parcs nationaux, la politique américaine n’a rien à voir avec celle pratiquée sur le vieux continent. En France par exemple, les parcs nationaux sont gratuits et les infrastructures touristiques sont beaucoup plus modestes. Il est vrai que nous ne nous trouvons pas à la même échelle. Les parcs nationaux outre-Atlantique sont beaucoup plus vastes que les nôtres.

S’agissant des sites volcaniques, à Hawaii les secteurs les plus dangereux sont certes interdits au public, mais tout est fait dans le Parc national des volcans pour que les visiteurs profitent des paysages. Lors de la dernière éruption du Kilauea, plusieurs belvédères ont été aménagés pour pouvoir admirer le lac de lave au fond de l’Halema’uma’u.

En Europe, que ce soit en Sicile ou dans le département français de l’île de la Réunion, les interdictions d’accès pleuvent dès qu’un volcan se manifeste et rien n’est vraiment fait pour attirer les touristes. Seule l’Islande tire son épingle du jeu et encourage les visiteurs à aller admirer les éruptions. Au final, des dizaines de milliers de personnes visitent l’île nordique et contribuent à la prospérité de l’économie du pays. Un exemple à suivre !

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When tourism is well managed and not only made of interdictions to active volcanic sites, visitors come in numbers ond contribute to the local economy. This is what is happening in American national parks and especially in Hawaii. Some volcanic sites in Europe and overseas should have a look at the Hawaiian policy and follow this example.

A new spending analysis conducted by economists at the National Park Service revealed 1.6 million visitors flooded the Hawaiian Volcanoes National Park in 2022, spending 149 million dollars in communities near the park. That spending supported 1,500 jobs in the area and 195 million dollars in economic output in local gateway economies surrounding the park.

Hawaiʻi Volcanoes National Park Superintendent Rhonda Loh.(that I greet here) said “We recognize that tourism is a critical driver to the local economy. People come to the national park to experience volcanic eruptions, the rich island biodiversity, and cherish cultural landscapes.”

The report also showed 23.9 billion dollars of direct spending nationwide by nearly 312 million park visitors in communities within 100 km of a national park. This spending supported 378,400 jobs nationally. The cumulative benefit to the U.S. economy was 50.3 billion dollars.

As far as national parks are concerned, theAmerican policy has nothing to do with the one practiced on the old continent. In France, for example, national parks are free and tourist infrastructures are much more modest. It is true that we are not on the same scale. The national parks across the Atlantic are much larger than ours.
With regard to volcanic sites, in Hawaii the most dangerous areas are closed to the public, but everything is done in the Volcanoes National Park so that visitors can enjoy the landscapes. During Kilauea’s last eruption, several lookouts were built to view the lava lake at the bottom of Halema’uma’u.
In Europe, whether in Sicily or in the French department of Reunion, access bans rain down as soon as a volcano is erupting and nothing is really done to attract tourists. Only Iceland holds its own and encourages visitors to go and admire the eruptions. In the end, tens of thousands of people visit the northern island and contribute to the prosperity of the country’s economy. An example to follow !

Photo: C. Grandpey