Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

L’Observatoire Volcanologique de Yellowstone (YVO) a donné quelques détails supplémentaires sur l’explosion hydrothermale qui s’est produite dans le Biscuit Basin le 23 juillet 2024.
L’événement, provoqué par le passage rapide de l’eau à la vapeur dans le système hydrothermal peu profond sous le Black Diamond Pool, a entraîné une importante projection de matériaux, sans que l’événement soit lié à une quelconque activité volcanique. La sismicité, la déformation du sol ainsi que les émissions de gaz et la température restent à des niveaux normaux.
L’explosion a projeté de la vapeur et des débris à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Elle a détruit un sentier en caillebotis et projeté des blocs pouvant atteindre 90 centimètres à une distance considérable. La couleur sombre de la gerbe produite par l’explosion est due à la boue et aux débris mélangés à de la vapeur et de l’eau à haute température. Aucun blessé n’a été signalé malgré la présence de nombreux visiteurs.
Le Black Diamond Pool et le Black Opal Pool ont été affectés par l’explosion. La forme du Black Diamond Pool a été modifiée et l’eau des deux bassinsa pris une couleur marron à cause des débris. Le sol autour du site reste instable. Le matin du 24 juillet, les deux bassins débordaient dans la Firehole River, et aucune autre explosion hydrothermale n’a été observée.
Pour des raisons de sécurité, le Biscuit Basin a été fermé aux visiteurs pour le reste de la saison 2024.

Vue du Biscuit Basin avec le Black Diamond Pool (le plus grand) et le Black Opal Pool après l’explosion. On aperçoit aussi la Firehole River dans la partie supérieure de l’image (Source : YVO)

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J’ai souvent indiqué sur ce blog que l’activité éruptive du Sakurajima (Japon) se poursuivait au niveau du cratère Minamidake. L’Agence météorologique japonaise (JMA) a informé le public qu’une forte éruption explosive avait été enregistrée à 04h58 UTC le 20 juillet 2024. La colonne éruptive a atteint 4,8 km d’altitude
Il s’agissait du 24ème épisode éruptif sur le Sakurajima depuis le début de l’année. Voici une vidéo de cet événement :
https://twitter.com/i/status/1814531520276631832


Crédit photo: JMA

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Toujours au Japon, des images satellite diffusées le 19 juillet 2024 laissent supposer que le volcan Iwo-Jima, également connu sous le nom d’Ioto et d’Ogasawara-Iojima, est entré dans une nouvelle phase éruptive. Une activité explosive sous-marine a commencé à environ 600 m au large de la plage d’Okinahama, dans la partie sud de l’île, entre le 9 et le 19 juillet.
La dernière période d’activité à Iwo-Jima s’est déroulée du 18 octobre 2023 au 16 mars 2024, avec un VEI 1.
Source : The Watchers.

Image acquise par le satellite Copernicus EU/Sentinel-2 le 19 juillet 2024

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Le Merapi (Java / Indonésie) a connu un important épisode éruptif le 20 juillet 2024. On a recensé 19 coulées de lave qui ont parcouru jusqu’à 1,7 km.
Une vidéo enregistrée le 20 juillet à 19 h 46 (heure locale) montre l’événement :
https://twitter.com/i/status/1814806016867115448

Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à une distance de 3 à 7 km du sommet, selon les secteurs.
Source : Centre de recherche et de développement des technologies en cas de catastrophe géologique (BPPTKG).

Capture d’écran de la vidéo ci-dessus

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Situé sur l’arc volcanique des Aléoutiennes, le Great Sitkin (Alaska) forme une grande partie la partie nord de l’île du même nom. Dans ses dernières mises à jour, l’Observatoire des Volcans de l’Alaska (AVO) indique qu’une lente émission de lave « est probablement en cours »au niveau du cratère sommital. La sismicité est actuellement faible avec quelques petits événements quotidiens enregistrés par le réseau sismique. Les images de la webcam montrent de petites émissions de vapeur en provenance de la coulée de lave active. Des températures de surface élevées sont détectées par satellite. Le niveau d’alerte volcanique reste à Watch – Vigilance – (niveau 3 sur une échelle de quatre niveaux) et la couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange.
L’AVO a mis en ligne une vidéo accélérée montrant 3 années d’émission de lave sur le Great Sitkin. Le document est une animation d’images satellite de l’éruption entre le 9 mai 2021 et le 22 juillet 2024.
https://x.com/i/status/1815466182587412788

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Une hausse de l’activité sismique et de la déformation du sol dans l’Upper East Rift Zone du Kīlauea (Hawaï) a été observée par le HVO dans la matinée du 22 juillet 2024. Une quarantaine de séismes ont été détectés ; le plus important avait une magnitude de M3,1. L’Observatoire suit la situation attentivement et diffusera des messages supplémentaires si nécessaire. Actuellement, il n’y a aucun signe d’éruption imminente ; cependant, la situation peut évoluer rapidement. Le niveau d’alerte volcanique est brièvement passé à Watch (Vigilance) and la couleur de l’alerte aérienne à Orange, avant d’être ramené à Advisory et à la couleur Jaune quelques heures plus tard. Madame Pélé joue avec les nerfs des scientifiques du HVO !

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Entre le 22 et le 23 juillet 2024, l’Etna (Sicile) a été secoué par un nouveau paroxysme au niveau de la Voragine. Comme précédemment, l’événement a commencé par une intensification de l’activite strombolienne qui a atteint son paroxysme dans la matinée du 23 juillet avec de puissantes fontaines de lave et l’apparition d’une coulée qui a débordé de la lèvre ouest de la Bocca Nuova. Les panaches de cendre qui ont accompagné cet épisode éruptif ont provoqué la fermeture de l’aéroport de Catane pendant plusieurs heures. Voir mes notes à propos de cet événement.

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Selon les dernières données du Met Office, le magma continue de s’accumuler sous Svartsengi, sur la péninsule de Reykjanes (Islande). Les scientifiques islandais s’attendent à une intrusion magmatique ou une éruption dans les deux à trois prochaines semaines. Selon les calculs de probabilité, un volume approchant 16 millions de mètres cubes devrait être stocké dans la chambre magmatique dans les prochains jours. Par rapport aux éruptions précédentes, les scientifiques estiment qu’il faut 13 à 19 millions de mètres cubes pour déclencher une éruption ou une intrusion magmatique.
Le Met Office n’exclut pas la possibilité d’une éruption fissurale à l’intérieur de la ville de Grindavík. Cependant, il est davantage probable que des fissures s’ouvriront au nord de la ville plutôt qu’à l’intérieur de celle-ci.
Il n’est toutefois pas impossible que la lave en provenance d’une éruption au nord des digues de terre près de Grindavík pénètre dans des fissures, puis réapparaisse à travers d’autres fissures déjà ouvertes à l’intérieur de la ville.

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L’extrusion de lave au sommet du Bezymianny (Kamchatka) a considérablement augmenté le 21 juillet 2024, provoquant des effondrements de la partie orientale du dôme de lave et des avalanches de matériaux. Les panaches de cendres provenant des effondrements se sont élevés à 2-3 km au-dessus du niveau de la mer. Le 22 juillet, la couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange (niveau 3 sur une échelle de quatre couleurs). L’activité s’est poursuivie les jours suivants avec des panaches de cendres s’étirant sur 70 km en direction du sud-ouest.

Dans une nouvelle mise à jour, le KVERT indique qu’une forte éruption explosive a commencé sur le Bezymianny à 15h10 UTC le 24 juillet 2024, avec une colonne de cendres qui est montée jusqu’à 12 km au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge, pour la première fois depuis le 18 octobre 2023.

Exemple d’éruption du Bezymianny (Source: KVERT)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

The Yellowstone Volcano Observatory has given some more details about the hydrothermal explosion that occurred in Biscuit Basin on July 23rd, 2024.

The event, caused by the rapid transition of water to steam in the shallow hydrothermal system beneath the Black Diamond Pool, resulted in significant debris ejection but was not linked to volcanic activity. Seismicity, ground deformation, and gas and thermal emissions remain at normal levels.

The explosion sent steam and debris several tens of meters into the air, destroying a nearby boardwalk and projecting rocks, some as large as 90 centimeters, considerable distances. The explosion’s dark color stemmed from mud and debris mixed with steam and boiling water. No injuries were reported despite the presence of visitors.

Black Diamond Pool and Black Opal Pool were affected, with Black Diamond Pool’s shape altered and both pools murky from debris. The ground around their edges remains unstable. By the morning of July 24th, both pools were overflowing into the Firehole River, with no further water bursts observed from the Black Diamond Pool.

Biscuit Basin has been closed for the remainder of the 2024 season for visitor safety.

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I have often indicated on this blog that Sakurajima‘s eruptive activity (Japan) was continuing at the Minamidake Crater. The Japan Meteorological Agency (JMA) informed the public that a strong explosive eruption was registered at 04:58 UTC on July 20th, 2024. The eruptive column reached 4.8 km above sea level.

This event was Sakurajima’s 24th eruption since the start of the year. Here is a video of the event :

https://twitter.com/i/status/1814531520276631832

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Still in Japan, satellite images released on July 19th, 2024, suggest that Iwo-Jima volcano, also known as Ioto and Ogasawara-Iojima, has entered a new eruptive period. New submarine explosive activity started roughly 600 m off the coast of Okinahama beach in the island’s southern portion between July 9th and 19th.

The last eruptive period at Iwo-Jima took place from October 18th, 2023, to March 16th, 2024 (VEI 1).

Source : The Watchers.

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Mount Merapi (Java / Indonesia) went through a significant eruptive episode on July 20th, 2024, The volcano triggered 19 lava flows that travelled as far as 1.7 km.

A video recorded on July 20th, at 19:46 (local time) captured the event :

https://twitter.com/i/status/1814806016867115448

The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1 – 4), and the public is asked to stay 3 – 7 km away from the summit, based on location.

Source : Center for Geological Disaster Technology Research and Development (BPPTKG).

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Located on the Aleutian volcanic arc, the Great Sitkin volcano (Alaska) forms much of the northern side of Great Sitkin Island. In its last updates, the Alaska Volcano Observatory (AVO) reported that slow lava effusion « likely continued » from the summit crater. Seismicity is currently low with few daily small earthquakes recorded by the seismic network. Daily clear webcam views show minor steaming from the active lava flow. Elevated surface temperatures are detected by satellite. The Volcano Alert Level remains at Watch (level 3 on a four-level scale) and the Aviation Color Code remains at Orange.

AVO has released a timelapse video showing 3 years of lava effusion at Great Sitkin. The document is an animation of satellite radar imagery of the eruption between 9 May 2021 and 22 July 2024.

https://x.com/i/status/1815466182587412788

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Increased seismic activity and rates of ground deformation at Kīlauea’s upper East Rift Zone (Hawaii) were observed by HVO on the morning of July 22nd, 2024. About 40 earthquakes have been detected, the largest of which was a magnitude M3.1. The Observatory is watching the situation closely and will issue additional messages as needed.  Currently, there are no signs of an imminent eruption; however, conditions could change quickly. The volcano alert level was raised to Watch and the aviation color codeto Orange, before being lowered to Advisory and Yellow a few hours later. The volcano is playing with the nerves of HVO scientists !

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Between July 22nd and 23, 2024, Mt Etna (Sicily) was shaken by a new paroxysm at the Voragine. As before, the event began with an intensification of Strombolian activity which reached its peak on the morning of July 23rd with powerful lava fountains and the appearance of a lava flow which overflowed from the western rim of the Bocca Nuova. The ash plumes that accompanied this eruptive episode caused the closure of Catania airport for several hours. See my previous post about this event.

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According to the latest Met Office data, magma continues to accumulate beneath Svartsengi on the Reykjanes Peninsula (Iceland). A magma intrusion or a volcanic eruption is expected in the next two to three weeks. According to the probability calculations, the total amount added since the last eruption is most likely to approach 16 million cubic meters in the coming days. Compared to previous eruptions, it takes 13 to 19 million cubic metres to start an eruption or a magma intrusion.

The Met Office does not exclude the possibility of a fissure opening within Grindavík. However, it is most likely that such a fissure would open up north of the town before it would open up within the town limits.

It is suggested that lava flowing from a volcanic eruption north of the defense walls near Grindavík may flow into fissures and then they could re-emerge through open fissures within the town limits.

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Lava extrusion at Bezymianny (Kamchatka) significantly increased on July 21st, 2024, causing collapses of the eastern part of the lava dome and hot avalanches of material. Ash plumes from the collapses rose 2-3 km above sea level. On July 22nd, the Aviation Color Code was raised to Orange (level 3 on a four-color scale). Activity continued the following days with ash plumes drifting 70 km SW.

In a new update, KVERT indicated that a strong explosive eruption began at Bezymianny at 15:10 UTC on July 24th, 2024, ejecting ash up to 12 km above sea level. The Aviation Color Code was raised to Red, for the first time since October 18th, 2023.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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De plus en plus de feux de forêts dans l’Arctique // More and more wildfires in the Arctic

Avec l’accélération du réchauffement climatique, on assiste à une intensification des incendies de végétation. Les médias font état régulièrement de zones dévastées par les flammes en Turquie, en Californie ou encore en Grèce. Le plus inquiétant, c’est que les forêts arctiques partent, elles aussi, en fumée. L’Alaska, le Canada et la Russie sont exposées à des incendies particulièrement intenses.

En Russie, le nombre d’incendies ne cesse d’augmenter, particulièrement en Sibérie, ce qui est confirmé par les images satellites de la NASA. Comme le précise l’agence spatiale, ces incendies se déclenchent dans des zones riches en tourbe, une matière organique fossile qui a une forte propension à brûler. J’ai attiré l’attention à plusieurs reprises sur ce blog sur les incendies zombies qui ont tendance à se multiplier dans l’Arctique, en particulier en Sibérie. Vous pourrez lire l’une de ces notes (30 mai 2021) en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/05/30/incendies-zombies-en-siberie-zombie-wildfires-in-siberia/

Image satellite montrant le réveil d’un incendie qui avait couvé dans le sous-sol arctique pendant tout l’hiver (Source : Copernicus)

Dans l’Extrême-Orient russe, les outils à bord du satellite Sentinel-2 de Copernicus ont mesuré des épaisseurs anormalement élevées de fumées et des concentrations de particules fines plusieurs fois supérieures au seuil d’exposition moyen recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

La situation est tout aussi inquiétante en Alaska où près de 250 000 hectares ont déjà brûlé en 2024. Le dernier incendie le plus spectaculaire a eu lieu dans le Parc National du Denali dans les premiers jours de juillet 2024.

 

Photo: C. Grandpey

Il a entraîné la fermeture du Parc aux visiteurs pendant plusieurs jours. Le Service des parcs nationaux d’Alaska explique que la saison de feux de forêt en Alaska débute fin mai pour se terminer à la fin du mois de juillet. En moyenne, un million d’hectares brûlent dans tout l’Etat chaque année. Il faut ajouter que les forêts arctiques sont fragilisées par le dégel du permafrost, avec des racines qui ne sont plus maintenues solidement dans le sol.

 

« Forêt ivre » dans le Yukon (Photo: C. Grandpey)

Plus à l’est, au Canada, après une année 2023 où le nombre d’hectares brûlé a battu des records, les incendies se sont intensifiés depuis le début du mois de juillet 2024, notamment dans les provinces de l’ouest. Fin juin – début juillet en Alberta, l’intensité des feux était très élevée par rapport à la moyenne 2003-2023. Les autorités locales indiquent que 129 feux actifs avaient été recensés le 16 juillet. On estime que ces incendies ont ravagé 1,5 million d’hectares de forêts depuis le début de l’année. La plupart sont causés par la foudre, comme ailleurs sur l’ensemble du continent nord-américain. Ils font partie du cycle naturel des forêts boréales, denses et difficiles d’accès. Le Service des parcs nationaux d’Alaska indique que les incendies contribuent aussi à la régénérescence des forêts.

Cependant, ces incendies sont alimentés par des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents et de plus en plus intenses qui sont la conséquence du réchauffement climatique d’origine anthropique. Il est utile de rappeler (information Copernicus) que le mois de juin 2024 a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré, effaçant le record déjà battu en 2023.

Suivant la tendance de réchauffement de l’Arctique où la hausse des températures est plus rapide qu’ailleurs sur la planète, le nombre et l’intensité des incendies sont en augmentation significative depuis deux décennies dans cette région. Fin juin 2024, des scientifiques de l’université australienne de Tasmanie ont publié une étude dans le journal Nature Ecology and Evolution. Il en ressort que la fréquence des feux de forêt dans le monde a été multipliée par 2,2 entre 2003 et 2023. Ce sont notamment les forêts tempérées de conifères, dans l’ouest des Etats-Unis, et les forêts boréales qui couvrent l’Alaska, le nord du Canada et de la Russie, qui sont les plus touchées, avec une fréquence d’incendies multipliée respectivement par onze et par sept.

Source : médias internationaux, comme France Info dans notre pays.

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With the acceleration of global warming, we are witnessing an intensification of wildfires. The media regularly report areas devastated by the flames in Turkey, California and Greece. Most worrying, the Arctic forests are also going up in smoke. Alaska, Canada and Russia are exposed to intense wildfires.
In Russia, the number of fires continues to increase, particularly in Siberia, which is confirmed by NASA satellite images. As specified by the space agency, these fires start in areas rich in peat, a fossil organic material that has a high propensity to burn. I have drawn attention several times on this blog to the zombie fires that tend to develop in the Arctic, particularly in Siberia. You can read one of these posts (May 30th, 2021) by clicking on this link:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/05/30/feus-zombies-en-siberie-zombie-wildfires-in-siberia/

In the Russian Far East, tools aboard the Copernicus Sentinel-2 satellite measured abnormally high smoke thickness and concentration of fine particles several times higher than the average exposure threshold recommended by the World Health Organization. Health (WHO).
The situation is just as worrying in Alaska where nearly 250,000 hectares have already burned in 2024. The last, most spectacular wildfire took place in Denali National Park in the first days of July 2024. It led to the closure of the Park to visitors for several days. The Alaska National Park Service explains that Alaska’s wildfire season begins in late May and ends at the end of July. On average, one million acres burn across the State each year. It should be added that Arctic forests are weakened by the thawing of permafrost, with roots that are no longer held securely in the soil.
Further east, in Canada, after a year 2023 when the number of hectares burned broke records, fires have intensified since the beginning of July 2024, particularly in the western provinces. At the end of June – beginning of July in Alberta, the intensity of fires was very high compared to the 2003-2023 average. Local authorities indicate that 129 active fires had been recorded on July 16th. It is estimated that these fires have ravaged 1.5 million hectares of forests since the start of the year. Most are caused by lightning, as elsewhere across the North American continent. They are part of the natural cycle of boreal forests which are dense and difficult to access. The Alaska National Park Service says the wildfires also contribute to forest regeneration.
However, these fires are fueled by increasingly frequent and increasingly intense episodes of drought which are the consequence of anthropogenic global warming. It is useful to remember (Copernicus information) that the month of June 2024 was the hottest June on record, erasing the record already broken in 2023.
Following the warming trend in the Arctic where the rise in temperatures is faster than elsewhere on the planet, the number and intensity of fires have been increasing significantly for two decades in this region. At the end of June 2024, scientists from the Australian University of Tasmania published a study in the journal Nature Ecology and Evolution. It appears that the frequency of forest fires in the world increased by 2.2 between 2003 and 2023. The temperate coniferous forests, in the west of the United States, and the boreal forests which cover the Alaska, northern Canada and Russia, are the most affected, with a frequency of fires multiplied by eleven and seven respectively.
Source: international news media, such as France Info in our country.

La fonte des glaciers d’Alaska (suite) // The melting of Alaskan glaciers (continued)

Dans une note rédigée le 16 août 2023, j’expliquais que le réchauffement climatique faisait fondre le glacier Mendenhall qui est un site touristique très populaire près de Juneau, la capitale de l’Alaska. Le glacier recule si rapidement que d’ici 2050, il pourrait ne plus être visible depuis le Visitor Center. Les autorités locales se demandent aujourd’hui ce qu’elles pourront faire si cela se produit.

Le glacier Mendenhall n’est qu’un exemple de la fonte accélérée du champ de glace de Juneau (Juneau Icefield) qui abrite plus de 1 000 glaciers. Selon une nouvelle étude publiée dans Nature Communications, la superficie couverte par la neige diminue aujourd’hui 4,6 fois plus vite que dans les années 1980. Les chercheurs ont scrupuleusement relevé les niveaux de neige dans le champ de glace de près de 4 000 kilomètres carrés depuis 1948, en ajoutant des données remontant au 18ème siècle. La surface du champ de glace de Juneau s’est lentement réduite depuis la fin du Petit Âge Glaciaire, vers 1850, époque où il atteignait sa taille maximale. Selon la nouvelle étude, la fonte s’est sérieusement accélérée il y a une dizaine d’années.

La raison est facile à comprendre. À mesure que le climat se réchauffe, les hivers raccourcissent et les étés rallongent, ce qui signifie une saison de fonte plus longue. Le champ de glace de Juneau fond si rapidement que le volume d’eau de fonte atteint désormais en moyenne environ 190 000 mètres cubes par seconde. Les glaciers de l’Alaska perdent plus de glace que leurs homologues ailleurs dans le monde.
Seuls quatre glaciers du champ de glace de Juneau avaient fondu entre 1948 et 2005, mais 64 d’entre eux ont disparu entre 2005 et 2019. De nombreux glaciers sont trop petits pour être baptisés, mais un plus grand, le glacier Antler, a totalement disparu.

Le glacier Mendenhall est le plus célèbre du champ de glace de Juneau, mais l’avenir du tourisme reste incertain. La plupart des gens apprécient la vue sur le glacier depuis les sentiers tracés à proximité du Visitor Center. Les grottes d’un bleu profond qui attiraient les foules il y a plusieurs années se sont effondrées et de grandes flaques d’eau s’étalent désormais là où l’on pouvait autrefois passer des rochers à la glace. De la même façon, dans les années 1980, il n’était pas trop difficile d’accéder aux autres glaciers. Aujourd’hui, il y a des pièces d’eau sur les bords à cause de la fonte de la neige et les crevasses qui s’ouvrent rendent difficile le ski ou même la marche sur les glaciers. De plus, si la blancheur de la neige et de la glace renvoient la chaleur du soleil, les roches sombres l’absorbent, rendant le sol plus chaud et faisant fondre davantage la neige dans une boucle de rétroaction qui amplifie et accélère la fonte déjà provoquée par le réchauffement climatique.

Photos: C. Grandpey

Un élément crucial à prendre en compte est l’altitude le la zone d’accumulation de la neige. Au-dessous de cette zone, la neige peut disparaître en été, mais au-dessus, la couverture neigeuse reste toute l’année et c’est là que commencent à se former les glaciers. Avec le réchauffement climatique, cette ligne de neige continue de s’élever. Le relief du champ de glace de Juneau, qui est plutôt plat, le rend vulnérable car une fois que la limite de la zone d’accumulation remonte, de vastes zones sont plus susceptibles de fondre.
Les auteurs de la dernière étude ont pu remonter dans le temps pour obtenir une image de la fonte du champ de glace de Juneau à partir d’images satellite, de survols et de documents historiques qu’ils ont assemblés comme un puzzle géant. En observant la situation globale du champ de glace de Juneau, ils craignent que les glaciers s’approchent d’un point de non-retour et qu’ils disparaissent ensuite rapidement.
Source  : Associated Press via Yahoo Actualités.

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In a post written on August 16th, 2023, I explained that global warming was melting the Mendenhall Glacier which is a popular tourist attraction close to Juneau, Alaska’s capital. The glacier is receding so quickly that by 2050, it might no longer be visible from the visitor center. Local authorities wonder today what they will do if this happens.

The Mendenhall Glacier is just an example of the melting of the Juneau Icefield, home to more than 1,000 glaciers, and which is accelerating. According to a new study published in Nature Communications, the snow covered area is now shrinking 4.6 times faster than it was in the 1980s. Researchers scrupulously tracked snow levels in the nearly 4,000-square kilometer icy expanse going back to 1948 with added data back to the 18th century. The Juneau Icefield slowly shriveled from its peak size at the end of the Little Ice Age around 1850, but then that melt rate sped up about 10 years ago, according to the new study.

The reason is easy to understand. As the climate is warming, winters are getting shorter and summers are getting longer, which means a longer melt season.

The Juneau Icefield is melting so fast that the flow of ice into water from now averages about 190,000 cubic meters every second, according to the new study. Alaskan glaciers are losing more ice than anywhere else in the world.

Only four Juneau Icefield glaciers melted out of existence between 1948 and 2005. But 64 of them disappeared between 2005 and 2019. Many of the glaciers were too small to name, but one larger one, Antler glacier, is totally gone.

The Mendenhall Glacier is the most famous glacier in the Juneau Icefield, but there are uncertainties for tourism in the future. Most people enjoy the glacier from trails near the visitor center. Caves of dizzying blues that drew crowds several years ago have collapsed and pools of water now stand where one could once step from the rocks onto the ice. In the same way, in the 1980s, it wasn’t too hard to get on and off the glaciers. But now they have got lakes on the edges from melted snow and crevasses opening up that makes it difficult to ski or even walk on them. Moreover, white snow and ice reflect the sun’s heat while the dark rocks absorb it, making the ground warmer, melting more snow in a feedback effect that amplifies and accelerates the warming-triggered melt. Key is the snow elevation line. Below the snow line, snow can disappear in the summer, but there is snow cover year-round above. With global warming, that snow line keeps moving upward. The shape of Juneau’s icefield, which is rather flat, makes it vulnerable because once the snow line moves up, large areas are suddenly more prone to melt.

The authors of the last study were able to get a long-term picture of the icefield’s melting from satellite images, airplane overflights, pictures stored away in drums in a warehouse and historical local measurements, stitching them all together like a giant jigsaw puzzle. Looking at the global situation of the Juneau Icefield, they fear it might be nearing a tipping point and then disappear rapidly.

Source : Associated Press via Yahoo News.

Réchauffement climatique : des rivières virent à l’orange en Alaska // Global warming : some rivers are turning orange in Alaska

Voici une autre conséquence inattendue du réchauffement climatique et du dégel du pergélisol dans l’Arctique. Une étude publiée dans la revue Communications: Earth & Environment explique que les rivières et les ruisseaux de l’Alaska changent de couleur, passant d’un beau bleu à un orange rouille, en raison des métaux toxiques libérés par le dégel du pergélisol.
La situation a surpris les chercheurs du National Park Service, de l’Université de Californie à Davis et de l’US Geological Survey (USGS), qui ont effectué des analyses dans 75 sites le long de cours d’eau de la chaîne de montagnes Brooks (Brooks Range) en Alaska. Au cours des cinq à dix dernières années, les rivières et ruisseaux de la région ont pris la couleur de la rouille, avec une eau devenue trouble.
À mesure que le pergélisol dégèle, la décoloration et la nébulosité de l’eau sont dues à des métaux tels que le fer, le zinc, le cuivre, le nickel et le plomb, dont certains sont toxiques pour les écosystèmes fluviaux. Le phénomène a déjà été observé dans certaines parties de la Californie et dans des secteurs des Appalaches qui ont un passé minier. Il s’agit d’un processus classique qui se produit dans les rivières qui connaissent des activités minières depuis les années 1850, mais il est très surprenant de le voir dans des régions sauvages éloignées de tout, sans activités minières à proximité.
Les chercheurs ont utilisé l’imagerie satellite pour déterminer à quel moment le changement de couleur s’est produit dans les rivières et les ruisseaux. À plusieurs endroits, la décoloration la plus significative a eu lieu entre 2017 et 2018 et a coïncidé avec les années les plus chaudes jamais enregistrées. Cette décoloration a provoqué un déclin spectaculaire de la vie aquatique, suscitant des inquiétudes quant à la façon dont le dégel continu du pergélisol affectera les localités qui dépendent de ces cours d’eau pour boire et pêcher.
L’Alaska n’est pas le seul État à connaître ce phénomène. Une étude publiée un mois avant celle concernant cet État, détaille comment les montagnes Rocheuses du Colorado subissent des effets identiques du réchauffement climatique. L’étude, publiée par Water Resources Research, note une augmentation des concentrations de métaux comme le sulfate, le zinc et le cuivre dans 22 ruisseaux de montagne du Colorado au cours des 30 dernières années. Les chercheurs ont découvert que la réduction du débit des cours d’eau représentait la moitié de cette augmentation, tandis que l’autre moitié provenait du dégel du sol, ce qui permet aux minéraux de s’échapper du substrat rocheux.
Des études similaires ont été réalisées par le passé en dehors des États-Unis. Des recherches sur l’augmentation des concentrations de métaux et d’éléments rares dans les rivières et ruisseaux de montagne ont été menées dans les Andes chiliennes, les Alpes européennes et les Pyrénées du nord de l’Espagne. Bien que certaines de ces zones aient été exposées à des sites miniers, avec des concentrations de métaux dans les rivières et les ruisseaux au fil des années, les augmentations constatées soulèvent des questions sur la manière dont le réchauffement climatique continuera à avoir un impact sur les sources d’eau des montagnes.
Source : CNN, Yahoo Actualités.

Vue aérienne de la Kutuk, dans le nord de l’Alaska, où la belle couleur bleue de la rivière doit cohabiter avec l’eau orange due au dégel du pergélisol (Crédit photo : National Park Service)

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Here is another unexpected consequence of global warming ansd the ensuing thawing of the permafrost in the Arctic. A study published in the journal Communications: Earth & Environment explains that rivers and streams in Alaska are changing color, from a clean, clear blue to a rusty orange, because of the toxic metals released by thawing permafrost.

The situation comes as a surprise for researchers from the National Park Service, the University of California at Davis and the US Geological Survey, who conducted tests at 75 locations in the waterways of Alaska’s Brooks Range. The rivers and streams in the range appeared to rust and became cloudy and orange over the past five to 10 years.

As permafrost thaws, the discoloration and cloudiness are being caused by metals such as iron, zinc, copper, nickel and lead, some of which are toxic to the river and stream ecosystems. The phenomenon was observed in parts of California, parts of Appalachia which have a mining history. This is a classic process that happens in rivers that have been impacted for over 100 years since some of the mining rushes in the 1850s, but it is very startling to see it on some of the most remote wilderness, far from a mine source.

Researchers used satellite imagery to determine when the change in color happened at different rivers and streams. At several locations, the most drastic increases were between 2017 and 2018 and they coincided with the warmest years on record at that point. This discoloration has caused dramatic declines in aquatic life, raising concerns about how the continued thawing of permafrost will affect communities that rely on those waterways for drinking and fishing.

Alaska is not the only state experiencing this phenomenon. Another study, published just a month before researchers in Alaska made their findings public, details how Colorado’s Rocky Mountains are seeing similar effects a warming climate.The study, published by Water Resources Research, notes an increase of metal concentrations – namely sulfate, zinc and copper – across 22 of Colorado’s mountain streams in the past 30 years. Researchers found that a reduced streamflow accounted for half of the increase, while the other half is from the thawing of frozen ground that allows for minerals to leach out of the bedrock.

Similar studies have been made beyond the US in the past. Research on increases in metal and rare earth element concentrations in mountain rivers and streams has been done in the Chilean Andes, the European Alps and the Pyrenees in northern Spain. Although some of these areas have been exposed to mining sites and thus have seen metal concentrations in rivers and streams over the years, the noted increases raise questions about how global warming will continue to impact mountain water sources.

Source : CNN, Yahoo News.