La fonte des glaciers d’Alaska (suite) // The melting of Alaskan glaciers (continued)

Dans une note rédigée le 16 août 2023, j’expliquais que le réchauffement climatique faisait fondre le glacier Mendenhall qui est un site touristique très populaire près de Juneau, la capitale de l’Alaska. Le glacier recule si rapidement que d’ici 2050, il pourrait ne plus être visible depuis le Visitor Center. Les autorités locales se demandent aujourd’hui ce qu’elles pourront faire si cela se produit.

Le glacier Mendenhall n’est qu’un exemple de la fonte accélérée du champ de glace de Juneau (Juneau Icefield) qui abrite plus de 1 000 glaciers. Selon une nouvelle étude publiée dans Nature Communications, la superficie couverte par la neige diminue aujourd’hui 4,6 fois plus vite que dans les années 1980. Les chercheurs ont scrupuleusement relevé les niveaux de neige dans le champ de glace de près de 4 000 kilomètres carrés depuis 1948, en ajoutant des données remontant au 18ème siècle. La surface du champ de glace de Juneau s’est lentement réduite depuis la fin du Petit Âge Glaciaire, vers 1850, époque où il atteignait sa taille maximale. Selon la nouvelle étude, la fonte s’est sérieusement accélérée il y a une dizaine d’années.

La raison est facile à comprendre. À mesure que le climat se réchauffe, les hivers raccourcissent et les étés rallongent, ce qui signifie une saison de fonte plus longue. Le champ de glace de Juneau fond si rapidement que le volume d’eau de fonte atteint désormais en moyenne environ 190 000 mètres cubes par seconde. Les glaciers de l’Alaska perdent plus de glace que leurs homologues ailleurs dans le monde.
Seuls quatre glaciers du champ de glace de Juneau avaient fondu entre 1948 et 2005, mais 64 d’entre eux ont disparu entre 2005 et 2019. De nombreux glaciers sont trop petits pour être baptisés, mais un plus grand, le glacier Antler, a totalement disparu.

Le glacier Mendenhall est le plus célèbre du champ de glace de Juneau, mais l’avenir du tourisme reste incertain. La plupart des gens apprécient la vue sur le glacier depuis les sentiers tracés à proximité du Visitor Center. Les grottes d’un bleu profond qui attiraient les foules il y a plusieurs années se sont effondrées et de grandes flaques d’eau s’étalent désormais là où l’on pouvait autrefois passer des rochers à la glace. De la même façon, dans les années 1980, il n’était pas trop difficile d’accéder aux autres glaciers. Aujourd’hui, il y a des pièces d’eau sur les bords à cause de la fonte de la neige et les crevasses qui s’ouvrent rendent difficile le ski ou même la marche sur les glaciers. De plus, si la blancheur de la neige et de la glace renvoient la chaleur du soleil, les roches sombres l’absorbent, rendant le sol plus chaud et faisant fondre davantage la neige dans une boucle de rétroaction qui amplifie et accélère la fonte déjà provoquée par le réchauffement climatique.

Photos: C. Grandpey

Un élément crucial à prendre en compte est l’altitude le la zone d’accumulation de la neige. Au-dessous de cette zone, la neige peut disparaître en été, mais au-dessus, la couverture neigeuse reste toute l’année et c’est là que commencent à se former les glaciers. Avec le réchauffement climatique, cette ligne de neige continue de s’élever. Le relief du champ de glace de Juneau, qui est plutôt plat, le rend vulnérable car une fois que la limite de la zone d’accumulation remonte, de vastes zones sont plus susceptibles de fondre.
Les auteurs de la dernière étude ont pu remonter dans le temps pour obtenir une image de la fonte du champ de glace de Juneau à partir d’images satellite, de survols et de documents historiques qu’ils ont assemblés comme un puzzle géant. En observant la situation globale du champ de glace de Juneau, ils craignent que les glaciers s’approchent d’un point de non-retour et qu’ils disparaissent ensuite rapidement.
Source  : Associated Press via Yahoo Actualités.

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In a post written on August 16th, 2023, I explained that global warming was melting the Mendenhall Glacier which is a popular tourist attraction close to Juneau, Alaska’s capital. The glacier is receding so quickly that by 2050, it might no longer be visible from the visitor center. Local authorities wonder today what they will do if this happens.

The Mendenhall Glacier is just an example of the melting of the Juneau Icefield, home to more than 1,000 glaciers, and which is accelerating. According to a new study published in Nature Communications, the snow covered area is now shrinking 4.6 times faster than it was in the 1980s. Researchers scrupulously tracked snow levels in the nearly 4,000-square kilometer icy expanse going back to 1948 with added data back to the 18th century. The Juneau Icefield slowly shriveled from its peak size at the end of the Little Ice Age around 1850, but then that melt rate sped up about 10 years ago, according to the new study.

The reason is easy to understand. As the climate is warming, winters are getting shorter and summers are getting longer, which means a longer melt season.

The Juneau Icefield is melting so fast that the flow of ice into water from now averages about 190,000 cubic meters every second, according to the new study. Alaskan glaciers are losing more ice than anywhere else in the world.

Only four Juneau Icefield glaciers melted out of existence between 1948 and 2005. But 64 of them disappeared between 2005 and 2019. Many of the glaciers were too small to name, but one larger one, Antler glacier, is totally gone.

The Mendenhall Glacier is the most famous glacier in the Juneau Icefield, but there are uncertainties for tourism in the future. Most people enjoy the glacier from trails near the visitor center. Caves of dizzying blues that drew crowds several years ago have collapsed and pools of water now stand where one could once step from the rocks onto the ice. In the same way, in the 1980s, it wasn’t too hard to get on and off the glaciers. But now they have got lakes on the edges from melted snow and crevasses opening up that makes it difficult to ski or even walk on them. Moreover, white snow and ice reflect the sun’s heat while the dark rocks absorb it, making the ground warmer, melting more snow in a feedback effect that amplifies and accelerates the warming-triggered melt. Key is the snow elevation line. Below the snow line, snow can disappear in the summer, but there is snow cover year-round above. With global warming, that snow line keeps moving upward. The shape of Juneau’s icefield, which is rather flat, makes it vulnerable because once the snow line moves up, large areas are suddenly more prone to melt.

The authors of the last study were able to get a long-term picture of the icefield’s melting from satellite images, airplane overflights, pictures stored away in drums in a warehouse and historical local measurements, stitching them all together like a giant jigsaw puzzle. Looking at the global situation of the Juneau Icefield, they fear it might be nearing a tipping point and then disappear rapidly.

Source : Associated Press via Yahoo News.

Réchauffement climatique : des rivières virent à l’orange en Alaska // Global warming : some rivers are turning orange in Alaska

Voici une autre conséquence inattendue du réchauffement climatique et du dégel du pergélisol dans l’Arctique. Une étude publiée dans la revue Communications: Earth & Environment explique que les rivières et les ruisseaux de l’Alaska changent de couleur, passant d’un beau bleu à un orange rouille, en raison des métaux toxiques libérés par le dégel du pergélisol.
La situation a surpris les chercheurs du National Park Service, de l’Université de Californie à Davis et de l’US Geological Survey (USGS), qui ont effectué des analyses dans 75 sites le long de cours d’eau de la chaîne de montagnes Brooks (Brooks Range) en Alaska. Au cours des cinq à dix dernières années, les rivières et ruisseaux de la région ont pris la couleur de la rouille, avec une eau devenue trouble.
À mesure que le pergélisol dégèle, la décoloration et la nébulosité de l’eau sont dues à des métaux tels que le fer, le zinc, le cuivre, le nickel et le plomb, dont certains sont toxiques pour les écosystèmes fluviaux. Le phénomène a déjà été observé dans certaines parties de la Californie et dans des secteurs des Appalaches qui ont un passé minier. Il s’agit d’un processus classique qui se produit dans les rivières qui connaissent des activités minières depuis les années 1850, mais il est très surprenant de le voir dans des régions sauvages éloignées de tout, sans activités minières à proximité.
Les chercheurs ont utilisé l’imagerie satellite pour déterminer à quel moment le changement de couleur s’est produit dans les rivières et les ruisseaux. À plusieurs endroits, la décoloration la plus significative a eu lieu entre 2017 et 2018 et a coïncidé avec les années les plus chaudes jamais enregistrées. Cette décoloration a provoqué un déclin spectaculaire de la vie aquatique, suscitant des inquiétudes quant à la façon dont le dégel continu du pergélisol affectera les localités qui dépendent de ces cours d’eau pour boire et pêcher.
L’Alaska n’est pas le seul État à connaître ce phénomène. Une étude publiée un mois avant celle concernant cet État, détaille comment les montagnes Rocheuses du Colorado subissent des effets identiques du réchauffement climatique. L’étude, publiée par Water Resources Research, note une augmentation des concentrations de métaux comme le sulfate, le zinc et le cuivre dans 22 ruisseaux de montagne du Colorado au cours des 30 dernières années. Les chercheurs ont découvert que la réduction du débit des cours d’eau représentait la moitié de cette augmentation, tandis que l’autre moitié provenait du dégel du sol, ce qui permet aux minéraux de s’échapper du substrat rocheux.
Des études similaires ont été réalisées par le passé en dehors des États-Unis. Des recherches sur l’augmentation des concentrations de métaux et d’éléments rares dans les rivières et ruisseaux de montagne ont été menées dans les Andes chiliennes, les Alpes européennes et les Pyrénées du nord de l’Espagne. Bien que certaines de ces zones aient été exposées à des sites miniers, avec des concentrations de métaux dans les rivières et les ruisseaux au fil des années, les augmentations constatées soulèvent des questions sur la manière dont le réchauffement climatique continuera à avoir un impact sur les sources d’eau des montagnes.
Source : CNN, Yahoo Actualités.

Vue aérienne de la Kutuk, dans le nord de l’Alaska, où la belle couleur bleue de la rivière doit cohabiter avec l’eau orange due au dégel du pergélisol (Crédit photo : National Park Service)

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Here is another unexpected consequence of global warming ansd the ensuing thawing of the permafrost in the Arctic. A study published in the journal Communications: Earth & Environment explains that rivers and streams in Alaska are changing color, from a clean, clear blue to a rusty orange, because of the toxic metals released by thawing permafrost.

The situation comes as a surprise for researchers from the National Park Service, the University of California at Davis and the US Geological Survey, who conducted tests at 75 locations in the waterways of Alaska’s Brooks Range. The rivers and streams in the range appeared to rust and became cloudy and orange over the past five to 10 years.

As permafrost thaws, the discoloration and cloudiness are being caused by metals such as iron, zinc, copper, nickel and lead, some of which are toxic to the river and stream ecosystems. The phenomenon was observed in parts of California, parts of Appalachia which have a mining history. This is a classic process that happens in rivers that have been impacted for over 100 years since some of the mining rushes in the 1850s, but it is very startling to see it on some of the most remote wilderness, far from a mine source.

Researchers used satellite imagery to determine when the change in color happened at different rivers and streams. At several locations, the most drastic increases were between 2017 and 2018 and they coincided with the warmest years on record at that point. This discoloration has caused dramatic declines in aquatic life, raising concerns about how the continued thawing of permafrost will affect communities that rely on those waterways for drinking and fishing.

Alaska is not the only state experiencing this phenomenon. Another study, published just a month before researchers in Alaska made their findings public, details how Colorado’s Rocky Mountains are seeing similar effects a warming climate.The study, published by Water Resources Research, notes an increase of metal concentrations – namely sulfate, zinc and copper – across 22 of Colorado’s mountain streams in the past 30 years. Researchers found that a reduced streamflow accounted for half of the increase, while the other half is from the thawing of frozen ground that allows for minerals to leach out of the bedrock.

Similar studies have been made beyond the US in the past. Research on increases in metal and rare earth element concentrations in mountain rivers and streams has been done in the Chilean Andes, the European Alps and the Pyrenees in northern Spain. Although some of these areas have been exposed to mining sites and thus have seen metal concentrations in rivers and streams over the years, the noted increases raise questions about how global warming will continue to impact mountain water sources.

Source : CNN, Yahoo News.

Fonte des glaciers : 2023 a encore été une mauvaise année // Glacier melting : 2023 was another bad year

Le 22 avril 2024, l’agence européenne Copernicus a publié son rapport annuel sur le climat, avec un chapitre consacré aux glaciers. L’agence annonce la couleur dès le préambule de son rapport : les glaciers dans le monde ont connu en 2023 une perte de masse annuelle record de 1,1 m d’épaisseur de glace, avec, à l’échelon local, des pertes d’épaisseur de 0,5 à 3,0 m.
En 2023, les glaciers ont aussi perdu 600 Gt d’eau. Il s’agit de la perte de masse annuelle la plus importante depuis 1976, et supérieure d’environ 100 Gt à toute autre année enregistrée. Cela équivaut à près de cinq fois la quantité de glace contenue dans tous les glaciers d’Europe centrale.
Les estimations indiquent que cette perte de masse a contribué à hauteur de 1,7 mm à l’élévation du niveau moyen de la mer à l’échelle de la planète. Il s’agit de la plus grande contribution annuelle depuis le début des relevés satellitaires en 1976.
Les quatre années au cours desquelles la perte de masse des glaciers dans le monde a été la plus importante sont toutes depuis 2019. 2022 et 2023 ont été les premières années enregistrées au cours desquelles toutes les régions glaciaires ont signalé une perte de glace.Les glaciers de l’ouest de l’Amérique du Nord ont connu une perte record d’épaisseur de glace d’environ 3 m. Une perte de glace bien supérieure à la moyenne a également été signalée en Alaska, en Europe centrale, dans les Andes du Sud, sur la chaîne de l’Himalaya en Asie, et en Nouvelle-Zélande.

Sans surprise, on peut lire que le réchauffement climatique a eu d’importantes conséquences sur les glaciers alpins en 2023. En deux ans, ils ont perdu environ 10 % de leur volume.

Après une année 2022 record, l’état des glaciers les Alpes s’est de nouveau détérioré. Au cours de l’année hydrologique 2022/2023, les glaciers de toutes les régions européennes ont connu une perte de glace. On peut lire dans le rapport de Copernicus que « les Alpes sont l’une des régions du monde où les glaciers reculent le plus rapidement, aux côtés de l’Islande, du sud des Andes, de l’Alaska, de l’ouest du Canada et de l’ouest des États-Unis. Dans les Alpes, 2023 a été une nouvelle année exceptionnelle en termes de perte de glace à cause d’une accumulation de neige hivernale inférieure à la moyenne et à une forte fonte estivale. »

Cette fonte s’explique notamment par des mois d’août et de septembre « exceptionnellement chauds ». Le rapport ajoute : « En Suisse, les glaciers ont perdu 4 % de leur volume de glace en 2023, après une perte de 6 % en 2022. Cela signifie qu’au cours des deux dernières années, les glaciers des Alpes ont perdu environ 10 % de leur volume. » En 2022, les glaciers suisses n’avaient jamais perdu autant de leur volume : 3 kilomètres cubes ont fondu, soit 6 % de la glace restante. L’année 2022 redéfinit donc la donne car jusqu’alors une perte de 2 % était déjà considérée comme extrême.

Selon le rapport Copernicus, l’année 2023 a également été marquée par des chutes de neige de plus en plus rares en Europe, avec toutefois quelques exceptions, comme en Scandinavie. Le reste du continent européen a globalement connu sur la période 1991-2020 un nombre bien inférieur à la moyenne de jours de neige en hiver. Les climatologues ont déjà prévenu que les conséquences peuvent être lourdes pour l’environnement. Le manque de neige peut contribuer à des conditions de sécheresse. De plus, la fonte de la neige au printemps et en été constitue une source d’eau importante pour de nombreux fleuves européens.

 

Perte de masse des glaciers en gigatonnes au fil des ans… Terrible !

Sources: C3S/ECMWF/WGMS

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On April 22nd, 2024, the European agency Copernicus published its annual climate report, with a chapter dedicated to glaciers. The agency des not mince words from the start of its report : glaciers around the world have experienced a record annual mass loss of 1.1 m of ice thickness in 2023, with, at the local level, losses of thickness of 0.5 to 3.0 m.
In 2023, glaciers also lost 600 Gt of water. This is the largest annual mass loss since 1976, and approximately 100 Gt greater than any other year on record. This is equivalent to almost five times the amount of ice contained in all the glaciers of Central Europe.
Estimates indicate that this loss of mass contributed 1.7 mm to the rise in average sea level globally. This is the largest annual contribution since satellite records began in 1976.
The four years in which glacier mass loss worldwide has been the greatest are all since 2019. 2022 and 2023 were the first years on record in which all glacial regions reported ice loss. Glaciers of western North America experienced a record loss of ice thickness of approximately 3 meters. Well-above-average ice loss was also reported in Alaska, central Europe, the Southern Andes, the Himalayan range in Asia, and New Zealand.

Unsurprisingly, we can read that global warming had significant consequences on Alpine glaciers in 2023. In two years, they have lost around 10% of their volume.
After a record year in 2022, the state of the glaciers in the Alps has deteriorated again. In the water year 2022/2023, glaciers in all European regions experienced ice loss. One can read in the Copernicus report that « the Alps are one of the regions in the world where glaciers are retreating most rapidly, alongside Iceland, the southern Andes, Alaska, the west of Canada and the western United States In the Alps, 2023 was another exceptional year for ice loss due to below-average winter snow accumulation and heavy summer melt.
This melting can be explained in particular by the “exceptionally hot” months of August and September. The report adds: “In Switzerland, glaciers lost 4% of their ice volume in 2023, following a loss of 6% in 2022. This means that over the past two years, glaciers in the Alps have lost around 10 % of their volume. » In 2022, Swiss glaciers never lost so much of their volume: 3 cubic kilometers have melted, or 6% of the remaining ice. The year 2022 therefore redefines the situation because until then a loss of 2% was already considered extreme.
According to the Copernicus report, the year 2023 was also marked by increasingly rare snowfall in Europe, although with a few exceptions, such as Scandinavia. The rest of the European continent generally experienced a much lower than average number of days of swowin winter over the period 1991-2020. Climatologists have already warned that the consequences could be serious for the environment. Lack of snow can contribute to drought conditions. Additionally, melting snow in spring and summer provides an important source of water for many European rivers.

En Alaska, le Columbia est l’un des glaciers dont la fonte est la plus rapide dans le monde (Source: NASA)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Dans son dernier rapport (10 avril 2024), le Met Office indique que l’éruption sur la péninsule de Reykjanes (Islande) se poursuit de manière relativement stable. Il n’y a aucun signe d’une diminution du débit magmatique. Il est difficile de prédire quand cette éruption prendra fin ; il se peut qu’elle se poursuive encore longtemps, ou bien qu’elle cesse soudainement.
Selon les données recueillies lors d’un survol, il apparaît que le débit d’émission de la lave a diminué. Il est passé d’environ 6,6 mètres cubes par seconde entre le 27 mars et la 3 avril à environ 3,6 mètres cubes par seconde du 3 au 8 avril. Le champ de lave actuel couvre une superficie de 6,14 kilomètres carrés. Il est donc plus étendu que lors des six éruptions précédentes sur la péninsule de Reykjanes. Ces derniers temps, la lave s’est écoulée principalement vers le sud depuis la bouche éruptive, mais elle s’est temporairement écoulée vers le nord lorsque la paroi du cratère s’est effondrée il y a quelques jours. Rien n’indique que la lave se déplace le long des digues de terre au nord de Grindavík.
L’inflation du sol se poursuit dans le secteur de Svartsengi et s’est accélérée au cours de la semaine dernière, alors que l’intensité de l’éruption diminuait. Cela signifie que la plus grande partie du magma qui circule sous la région de Svartsengi s’y accumule, provoquant une augmentation de la pression et donc de l’inflation.
Il existe un risque de pollution par les gaz dans toutes les zones proches de l’éruption. Le Blue Lagoon est resté fermé le 11 avril à cause de cette pollution.

Image webcam de la bouche active sur la fracture éruptive

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Ces derniers jours, l’activité sur l’Etna (Sicile) a été marquée par l’émission de nombreux anneaux de fumée à partir d’une petite bouche dans le Cratère sud-est. Le 2 avril 2024, l’INGV a fait passer la couleur de l’alerte aérienne au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs) en raison d’une hausse de l’activité. La couleur est ensuite passée à l’Orange dans la soirée car une activité explosive était visible au niveau des cratères sommitaux sur les images des webcams.
Une série de six événements explosifs a été enregistrée par le réseau sismique le 7 avril. Pendant quatre minutes, des émissions de cendres provenant de la Bocca Nuova sont montées à environ 1,6 km au-dessus du sommet avant de se disperser vers le sud.
Source : INGV.

Anneau de fumée sur l’Etna (Photo: C. Grandpey)

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L’Instituto Geofisico indique qu’entre le 2 mars et le 1er avril 2024, environ 44 millions de mètres cubes de lave ont été émis sur l’île Fernandina (Galapagos). L’éruption actuelle est donc la plus importante des 15 dernières années. La Fracture 13, située juste en dessous de la lèvre du cratère sur le flanc supérieur SE, est toujours active en avril, avec un débit d’environ cinq mètres cubes par seconde. Les coulées de lave ont atteint l’océan le 7 avril, comme on peut le voir sur plusieurs photos et vidéos sur les réseaux sociaux.

Image extraite d’une vidéo parue sur Twitter

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L’activité éruptive se poursuit sur le Poás (Costa Rica) avec des panaches de gaz et de vapeur qui s’élèvent à quelques centaines de mètres au-dessus du cratère. L’incandescence était visible au niveau de la Boca A et de la Boca C les 3 et 4 avril, et dans la Boca A les 4 et 5 avril. Une odeur de soufre a été signalée dans plusieurs localités. Les conditions météorologiques ont parfois empêché de faire de bonnes observations.
Source : OVSICORI.

Cratère du Poás (Crédit photo: OVSICORI)

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L’éruption du Dukono (Halmahera / Indonésie) se poursuit. Les panaches de cendres s’élèvent jusqu’à 1,6 km au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.

Toujours en Indonésie, l’activité éruptive se poursuit sur le Marapi (Sumatra) avec des panaches de cendres qui s’élèvent de 250 à 1 500 m au-dessus du sommet.
Des lahars générés par des pluies intenses ont été détectés par le réseau sismique le 5 avril 2024. Ils ont dévalé plusieurs ravines et ont endommagé des maisons et des infrastructures dans plusieurs villages. Une route a également été endommagée et est devenue impraticable pendant plusieurs heures. Les lahars ont envahi quelque 65 hectares de rizières, endommagé 72 maisons et affecté 38 entreprises. Dans certaines zones, des voitures ont été bloquées et des automobilistes ont été coincés à l’intérieur ; des stations-service ont été touchées et des animaux ont été emportés dans des fermes. Certains habitants ont été transportés à l’hôpital, mais aucun décès n’a été signalé. Des travaux sont en cours pour éliminer les dépôts de lahars tels que les troncs d’arbres et les branches. Le niveau d’alerte volcanique reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à 4,5 km du cratère actif.
Source : PVMBG.

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L’activité éruptive est toujours intense sur le Sangay (Equateur). Le réseau sismique a enregistré 1 106 explosions les 2 et 3 avril 2024. Les panaches de gaz et de cendres s’élèvent de 300 à 1 000 m au-dessus du sommet. Des matériaux incandescents dévalent le flanc SE jusqu’à 600 m de distance. Le niveau d’alerte reste au Jaune (niveau 2 sur une échelle à quatre couleurs).
Source : Instituto Geofisico.

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Une lente émission de lave se poursuit dans le cratère sommital du Great Sitkin (Aléoutiennes / Alaska). Des températures de surface légèrement élevées sont visibles sur l’imagerie satellite. La sismicité est faible. Le niveau d’alerte volcanique reste à Watch [Vigilance] (niveau 3 sur une échelle de quatre niveaux) et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange.
Source : AVO.

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Dernière minute : Une éruption phréatique s’est produite sur le Taal (Philippines) dans la soirée du 11 avril 2024 avec un panache de vapeur de 2,4 km de haut. L’éruption a probablement été déclenchée par la libération continue de gaz volcaniques à haute température au niveau du Main Crater, avec le risque qu’une activité phréatique similaire se reproduise.

Malgré cette intensification de l’activité, le niveau d’alerte volcanique reste à 1, ce qui signifie qu’il existe un risque de possibles explosions phréatiques soudaines, de séismes d’origine volcanique, de retombées de cendres mineures et d’émissions de gaz nocifs. Le PHIVOLCS déconseille fortement d’entrer dans la Zone de Danger Permanente (PDZ), notamment dans le secteur du Main Crater.

Crédit photo: Wikipedia

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

In its latest report (April 10th, 2024), the Met Office indicates that the eruption on the Reykjanes Peninsula (Iceland) is continuing in a fairly stable way. There are no signs of a decrease in the magma flow from the depths. It is difficult to predict when this eruption will end, it could continue for a longer period with stable flow or stop shortly.

According to data collected during an overflight, it appears that the average lava effusion rate has decreased from about 6.6 cubic meters per second during 27 March-3 April to about 3.6 cubic meters per second during 3-8 April. The lava field covers an area of 6,14 square kilometers. The current eruption has therefore become more extensive than the previous six eruptions on the Reykjanes peninsula. Recently, lava has flowed mostly to the south from the crater, but temporarily it flowed to the north when the crater’s wall collapsed a few days ago. There are no clear signs of lava flowing along the defensive walls north of Grindavík.

Inflation in Svartsengi continues and has increased in speed in the past week, while the intensity of the eruption has decreased. This indicates that the majority of magma flowing under the Svartsengi area is accumulating there, causing increased pressure and inflation.

There is a risk of gas pollution in all areas close to the eruption. The Blue Lagoon remained closed on April 11th because of this pollution.

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Activity at Mt Etna (Sicily) was characterised by the emission of numerous smoke rings from a small vent in the Southeast Crater. On April 2nd, 2024, INGV raised the Aviation Color Code to Yellow (tlevel 2 on a four-color scale) due to increased signs of unrest. The Aviation Color Code was next raised to Orange in the vening because explosive activity at the summit craters was visible in webcam images.
A series of six explosive events was recorded by the seismic network on 7 April. A four-minute-long ash emission from Bocca Nuova rose to about 1.6 km above the summit, and quickly dispersed to the south.
Source : INGV.

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The Instituto Geofisico has reported that between March 2nd and April 1st, 2024, an estimated 44 million cubic meters of lava had erupted at Fernandina (Galapagos) , making the current eruption the largest in the last 15 years. Fissure 13, located just below the crater rim on the upper SE flank, continued to be active in April; the rate of lava effusion is about five cubic meters per second. The lava flows reached the ocean on April 7th, as can be seen on several videos on the social networks.

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Eruptive activity continues at Poás (Costa Rica) with vigorous emissions of gas and steam plumes rising a few hundred meters above the crater rim. Incandescence was visible from Boca A and Boca C during 3-4 April, and at Boca A during 4-5 April. A sulfur odor was reported in several communities. Weather conditions sometimes prevented visual observations.

Source : OVSICORI.

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The eruption of Dukono (Halmahera / Indonesia) continues. Ash plumes rise as high as 1.6 km above the summit. The Alert Level remains 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to remain outside of the 3-km exclusion zone.

Still in Indonesia, eruptive activity continues at Marapi (Sumatra) with ash plumes that rise 250-1,500 m above the summit.
Lahars generated by intense rainfall were detected by the seismic network on April 5th, 2024. They travelled in multiple drainages on Marapi and damaged homes and infrastructure in severalvillages. A highway was also damaged and became impassible for several hours. The lahars infiltrated about 65 hectares of rice fields, damaged 72 houses, and affected 38 businesses. In some areas, cars were stranded and some motorists were trapped, smaller roads were blocked, gas stations were impacted, and a few farm animals were swept away. Some residents were taken to the hospital, but no fatalities were reported. Efforts are underway to remove the debris deposits such as tree trunks and branches. The Volcano Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 4.5 km away from the active crater

Source : PVMBG.

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Eruptive activity is still high at Sangay (Ecuador). The seismic network recorded 1,106 explosions during 2-3 April 2024. Gas-and-ash plumes rise 300-1,000 m above the summit. Incandescent material descend the SE flank as far as 600 m. The Alert Level remains at Yellow (level 2 on a four-color scale).

Source : Instituto Geofisico.

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Slow lava effusion continues in Great Sitkin’s summit crater (Aleutians / Alaska). Slightly elevated surface temperatures are identified in satellite imagery. Seismicity is low. The Volcano Alert Level remains at Watch (level 3 on a four-level scale) and the Aviation Color Code is kept at Orange.

Source : AVO.

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Last minute : A phreatic eruption occurred at Taal Volcano (Philippines)in the vening of April 11th, 2024 with a 2.4 km tall steam plume. The eruption is believed to have been triggered by the ongoing release of hot volcanic gases from the Taal Main Crater, indicating that further similar phreatic activity could follow.

Despite this activity, the Volcano Alert level remains at 1, which warns of the potential for sudden phreatic explosions, volcanic earthquakes, minor ashfall, and hazardous gas emissions. PHIVOLCS strongly advises against entering the Permanent Danger Zone (PDZ), especially near the Main Crater.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». .

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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