Nappes phréatiques et axe de la Terre // Aquifers and Earth’s axis

Il y a quelques semaines, en revenant d’Italie, j’ai fait une halte dans le parc national français de la Vanoise afin de faire un peu de randonnée en haute altitude, avant de rentrer en Limousin. J’ai rencontré un garde du parc et nous avons parlé de la fonte du glacier qui se trouvait devant nous. Le garde s’inquiétait beaucoup des conséquences qu’aura cette fonte sur l’approvisionnement en eau de notre pays et même du reste de la planète. Comme je l’ai écrit récemment dans une note, la fonte des glaciers himalayens entraînera de sérieux problèmes d’approvisionnement en eau en Asie du sud-est où la densité de population est très élevée.
Le 3 mai 2021, j’ai également écrit un article intitulé « La fonte des glaciers et des calottes glaciaires fait se déplacer l’axe de la Terre ». Cette information a été confirmée dans une autre note publiée le 29 mars 2023. Les causes de ce déplacement de l’axe de la Terre sont mal connues et plusieurs suggestions ont été formulées par les scientifiques, toutes en relation avec le réchauffement climatique. .
Une étude publiée en juin 2023 dans la revue Geophysical Research Letters propose une hypothèse différente. Elle nous apprend que les êtres humains pompent tellement d’eau dans le sol que cela fait se déplacer l’axe de la Terre. Entre 1993 et 2010, l’inclinaison de la Terre s’est décalée de 80 centimètres, ce qui correspond aux prélèvements d’eau souterraine effectués par les populations sur Terre.
Sur la base de recherches antérieures, l’étude révèle que les gens ont pompé environ 2 150 gigatonnes d’eau dans les nappes phréatiques au cours de la période mentionnée par les chercheurs. C’est suffisant pour remplir 860 millions de piscines olympiques. L’étude ajoute que cette quantité d’eau équivaut à une élévation globale du niveau de la mer d’environ un quart de pouce, soit 0,6 cm. Le déplacement de cette eau, dont une grande partie sert à l’irrigation avant de s’écouler vers les océans, s’est produit plus rapidement que la reconstitution des aquifères.
L’axe de la Terre, la ligne imaginaire inclinée autour de laquelle tourne notre monde, se déplace avec la redistribution des masses. Une partie du changement d’inclinaison de l’axe de la Terre est un processus naturel que les scientifiques ont déjà observé. Comme je l’ai écrit plus haut, ils ont attribué les écarts à des facteurs tels que la fonte des glaciers et des calottes glaciaires, et à l’eau retenue derrière les barrages.
Ce qui inquiète particulièrement les auteurs de l’étude, c’est que le déplacement des pôles montre que l’épuisement des eaux souterraines joue un rôle important dans le changement du niveau de la mer. L’un des auteurs a déclaré : « Notre étude montre que parmi les causes liées au climat, la redistribution des eaux souterraines a le plus grand impact sur la dérive de l’axe de rotation. En tant qu’habitant sur Terre et père de famille, je suis inquiet et surpris de constater que le pompage des eaux souterraines est une autre source d’élévation du niveau de la mer. »
Maintenir les réserves d’eau souterraines à un bon niveau est nécessaire non seulement pour éviter une oscillation supplémentaire de l’axe de la Terre, mais également pour empêcher le sol de s’enfoncer et garantir aux gens suffisamment d’eau pour boire et cultiver. De nombreuses organisations prodiguent des conseils pour protéger et économiser l’eau, notamment en choisissant des plantes qui absorbent l’eau, en réparant rapidement les fuites et en utilisant des produits économes en eau. Ces actions ont le double avantage d’économiser de l’argent et de venir en aide à la planète.
Source  : Yahoo Actualités.

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A few weeks ago, while returning from Italy, I made a stop in the French national park of La Vanoise in order to do some climbing before going back home. I met a park ranger and we talked about the melting of the glacier in front of us. The man worried a lot about the consequences of this melting on the water supply in our countrry and even around the world. As I put it in a recent post, the melting of Himalayan glaciers will lead to serious problems with the water supply in that part of the world where the populayion density is very high.

On May 3rd, 2021, I also wrote a post entitled «  The melting of glaciers and ice sheets shifts Earth’s axis ». This was confirmed by another post published on March 29th, 2023. The causes of the displacement of Earth’s axis are poorly known and several suggestions have been made, all in relation with global warming..

A study published in June 2023 in the journal Geophysical Research Letters, humans are pumping water from the ground quickly enough to move Earth’s axis.

Between 1993 and 2010, the tilt of the Earth shifted by 80 centimeters, corresponding with people’s worldwide withdrawals of underground water.

Based on prior research, people pumped an estimated 2,150 gigatons of water from the aquifers during the study’s time frame. That’s enough to fill 860 million Olympic pools. The study added that this amount of water equates to a global sea-level rise of about a quarter-inchor .6 cm. Displacement of this water, much of which serves irrigation purposes and ultimately flows to oceans, has happened faster than aquifer replenishment.

Earth’s axis, the imaginary tilted “pole” around which the world spins, shifts with weight redistribution. Some of the change in tilt relative to the Earth’s surface is a natural process, and scientists have already observed divergence from this. As I put it above, they previously linked discrepancies to factors including melting glaciers, ice sheets, and water held behind dams.

What especially concerns the study’s authors is that the pole shift suggests groundwater depletion’s role in sea level change is significant. One of the authors declared : “Our study shows that among climate-related causes, the redistribution of groundwater actually has the largest impact on the drift of the rotational pole. As a resident of Earth and a father, I’m concerned and surprised to see that pumping groundwater is another source of sea-level rise.”

Maintaining healthy groundwater supplies is helpful not just to avoid extra Earth wobble but also to keep ground from sinking and ensure people have enough for drinking and farming. Many organizations have tips to protect and save water, including choosing water-sipping plantings, making prompt leak repairs, and using water-saving products. These actions usually have the added benefit of saving you money while helping the planet.

La Terre, une belle mais fragile planète (Source : NASA)

Quelques nouvelles d’Islande // Some news from Iceland

En regardant la page web du Met Office dédiée à la sismicité, on constate que l’activité sismique a été réduite le 21 novembre 2023. Cela peut être dû à un réel déclin sur le terrain, mais le Met Office explique que les conditions météorologiques actuelles en Islande mettent à l’épreuve les instruments de surveillance. Les vents violents et les précipitations sont susceptibles de réduire la sensibilité des systèmes de surveillance sismique et les GPS en temps réel. De plus, la houle affecte les mesures basse fréquence et les vagues deviennent des éléments perturbateurs. Il faudra donc attendre un peu pour s’assurer qu’il s’agit bien d’un déclin de l’activité au niveau de l’intrusion magmatique.

Les travaux d’édification des remparts de protection contre la lave autour de Svartsengi ont dû être interrompus en raison des mauvaises conditions météorologiques et aussi parce que le Met Office a indiqué il ne pouvait pas surveiller convenablement la qualité de l’air de la zone.
L’édification des digues s’effectue de jour comme de nuit, avec des équipes qui se relaient toutes les 12 heures. Plus de 50 personnes font leur maximum pour terminer le travail rapidement et efficacement. Il convient de rappeler que les digues de terre n’ont pas pour but d’arrêter la lave, mais de la détourner si elle venait à menacer les infrastructures.

Si de la lave perçait la surface, une autre idée, outre les digues de terre, serait d’utiliser de puissantes pompes qui pourraient éventuellement refroidir la lave afin de la ralentir et de la détourner des zones habitées et des infrastructures. Une stratégie similaire a été utilisée lors de l’éruption de 1973 à Heimaey (îles Vestmann) et s’est avérée efficace pour protéger le port. Un groupe d’experts devrait arriver en Islande pour voir si l’équipement de pompage disponible sur l’île est adapté à une telle situation. .

Sources : Met Office, Iceland Monitor.

NDLR : S’agissant de l’intrusion magmatique, il est très utile d’avoir les données sismiques et de déformation du sol. En revanche rien, ou très peu, n’est dit, sur la température et sur la chimie des émissions de surface. On a appris que du SO2 avait été détecté dans un puits de forage, donc en profondeur à proximité d’une langue de l’intrusion magmatique, peut-être en cours de refroidissement, ce qui n’est pas très significatif, et cela reste une mesure isolée. Apparemment aucune anomalie thermique n’a été détectée par les satellites. Je suppose que le Met Office en aurait fait état.

La sismicité et le tremor ont nettement faibli ces derniers jours. Attendons la suite…

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Looking at the Met Office’s web page dedicated to seismicity, one can see that earthquake activity was reduced on November 21st, 2023. This may be due to a real decline on the ground, but the Met Office warns that the current weather conditions in Iceland are presenting challenges to the monitoring efforts. Heavy winds and precipitation are expected to reduce the sensitivity of seismic and real-time GPS monitoring systems. Additionally, sea swells are affecting low-frequency measurements where waves appear as disturbances. We’ll need to wait some time to make sure that activity has really declined at the magma intrusion.

Work on the defense walls around Svartsengi had to be stopped because of the poor weather conditions and also because the Met Office issued a statement that it couldn’t monitor the area safely with air quality meters.

The construction is carried out day and night, with continious 12-hour shifts. The group, which numbers over 50 people, is working hard to finish the project quickly and efficiently. It should be remermerred that the earthern barriers are not meant to stop the lava, but divert it if it happened to threaten infrastructure.

Should lava pierce the surface, aother idea beside the earthern barriers would be to use powerful pumps that could possibly cool the lava inorder to slow it down and divert it from the settlements and infrastructure. A similar strategy was used during the 1973 eruption in Heimaey (Vestmann Islands) and proved successful to protect the harbour. A group of experts is expected to arrive in Iceland to evaluate whether the pump equipment is useful.

Sources : Met Office, Iceland Monitor.

Editor’s note : Regarding the magma intrusion, it is very useful to have seismic and ground deformation data. On the other hand, nothing, or very little, is said about the temperature and chemistry of surface emissions. We were told that SO2 had been detected in a borehole, therefore at depth, probably near a tongue of the intrusion in the process of cooling, which is not very significant, and it remains an isolated measurement. Apparently no thermal anomaly was detected by the satellites. I suppose the Met Office would have reported this.

Effondrement d’un glacier et crue glaciaire au Canada // Glacier collapse and GLOF in Canada

Afin d’illustrer les conséquences du réchauffement climatique sur les glaciers de montagne, le Parc national Jasper dans l’Etat d’Alberta au Canada, rappelle au public un événement survenu en 2012 au niveau du mont Edith Cavell lorsque le Ghost Glacier, un glacier suspendu, s’est effondré et a fini sa course dans le lac glaciaire en contrebas. Heureusement, cette crue glaciaire s’est produite de nuit. Elle aurait pu causer une catastrophe de jour car le site est fréquenté par des milliers de touristes en été.

C’est entre le 9 et le 10 août 2012 que quelque 125 000 mètres cubes de glace ont lâché prise sur la face nord du mont Edith Cavell. La masse de matériaux est tombée dans le lac glaciaire en contrebas. Le lac débordait déjà à cause des récentes pluies et de la fonte de la neige.

Des morceaux de glace de plus de quatre mètres de hauteur, pesant jusqu’à 80 tonnes, ont été projetés hors du lac et transportés en aval en même temps qu’un énorme volume d’eau et de boue. Près du parking, des marques laissées par la boue sur les arbres indiquaient que la vague avait une hauteur d’au moins 1,60 mètre. Le goudron de la route a carrément été arraché par l’eau du déversoir du lac. Une cabine renfermant des toilettes a été emportée et une aire de pique-nique a été recouverte de gravats. Des rochers ont atteint la route menant au parking et des arbres ont été déracinés. A cause de l’érosion produite par la déferlante, la profondeur du lac glaciaire, qui atteignait près de 40 mètres de profondeur avant la crue dévastatrice, a été réduite de 11,80 mètres. On a également découvert des preuves de dégâts causés par le souffle qui a accompagné l’événement. Heureusement, il n’y avait personne sur le site à ce moment-là.

Une crue glaciaire d’une telle ampleur est exceptionnelle au Canada, mais toutes les études montrent qu’à mesure que la fonte des glaciers s’accélère en raison du réchauffement climatique, le risque de crue glaciaire augmente dans le monde entier. Une étude a révélé que 15 millions de personnes sont à risque dans le monde. Le danger le plus élevé se situe au Pakistan, en Chine, en Inde et au Pérou. En effet, c’est là que se trouvent de fortes concentrations de lacs glaciaires avec des concentrations de population en aval et à proximité de ces épées de Damoclès. Le rapport révèle également que des localités canadiennes comme Banff, Squamish, Victoria et la région de Bulkley River courent un certain risque d’être touchées par les crues en raison de la proximité des lacs glaciaires.

(Photos : C. Grandpey)

Le rapport de Parcs Canada sur la crue glaciaire du Ghost Glacier conclut que « le développement futur d’infrastructures bénéficiera des connaissances et des avertissements selon lesquels ce type d’événement pourrait s’accentuer avec le réchauffement climatique ». Depuis le mois d’août 2012, le parking, les sentiers et les installations adjacentes ont été déplacés hors de la zone située directement en aval du lac glaciaire.
Source : Parc national de Jasper.

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In order to illustrate the consequences of global warming on mountain glaciers, the Jasper National Park in Alberta, Canada, reminds the public of an event that occurred in 2012 in the park at Mount Edith Cavell when the hanging Ghost Glacier fell into the glacial lake below. Luckily, in this part of the park thatis often filled with thousands of visitors on an average summer day, this glacial lake outburst flood (GLOF) happened at night.

Sometime between August 9th and 10th, 2012, about 125,000 cubic metres of ice fell from the north face of Mount Edith Cavell. Eventually, the mass of materials tumbled into the glacial lake below that was full to overflowing because of recent rain and snowmelt.

Chunks of ice over four metres high, weighing as much as 80 tonnes, were lifted out of the lake and carried downstream as a massive volume of water was displaced. Close to a parking lot downstream, surge marks on trees indicated the water was at least 1.6 meters deep. Asphalt was lifted from the ground as the water made its way down the drainage channel. An outhouse was swept away by the rush, while a picnic area was left hidden under rock and gravel. Boulders were found on the road leading up to the parking lot and trees were uprooted. Because of the erosion caused by the devastating wave, the depth of the glacial lake, which is believed to have been nearly 40 metres deep before the outburst flood occurred, was reduced by as much as 11.8 metres. Evidence of damage from a wind blast was discovered as well. Fortunately, a search and rescue team was able to determine the next morning that nobody had been affected by the event.

While this historic incident is unique to Canada, research suggests that as rates of glacial melt accelerate due to global warming, the risk of GLOFs is increasing worldwide. One study found 15 million people are at risk around the globe, with the highest danger in Pakistan, China, India, and Peru where there are high concentrations of glacial lakes and population concentrations along drainage channels nearby. The report also found Canadian communities like Banff, Squamish, Victoria, and the Bulkley River region are at some risk of being impacted by GLOFs due to the proximity of nearby glacial lakes.

The Parks Canada report on the Ghost Glacier GLOF concludes that “future infrastructure development will benefit from the knowledge and the warning that this type of event is possible and may be on the increase with predictions of climate change.” Since the event, the parking lot, trails, and adjacent facilities have been relocated out of the runoff zone of the glacial lake.

Source : Jasper National Park.

Islande : nouvelle carte de risques // Iceland : new hazard map

Le Met Office islandais a mis à jour la carte de risques pour la zone autour de Grindavík et de Svartsengi. La nouvelle carte élargit la zone de danger de la carte précédente.
La nouvelle carte s’appuie sur de nouvelles images satellite de Svartsengi et de l’intrusion magmatique, ainsi que sur des données discutées avec la Protection civile, des scientifiques du Met Office et de l’Université d’Islande.
Il existe trois zones de danger, comme le montre la carte ci-dessous :
Orange : Zone de danger A : Danger dû à l’activité sismique.
Rouge : Zone de danger B : Danger dû à une éventuelle éruption.
Violet : Zone de danger C : Risque accru d’éruption comme dans la zone B, avec encore plus de risque d’ouverture soudaine de fractures et de pollution gazeuse. Dans cette zone, les voies d’évacuation doivent être dégagées, des détecteurs de gaz sont nécessaires ainsi que des masques à gaz si l’on pénètredans la zone.
Source : Met Office.

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21 novembre – 7 heures : Alors que la sismicité et le tremor étaient globalement stables ces derniers jours, une secousse de M 3,8 a été enregistrée le 21 novembre à 5h14 dans le secteur de Grindavik avec un hypocentre à 1,1 km de profondeur. Le reste du temps, la sismicité dans cette zone se situe généralement entre 2 et 5 km de profondeur. A surveiller.

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The Icelandic Met Office has updated the hazard assessment map for the area around Grindavík and Svartsengi. The new map expands the hazard area from the previous map.

The map is based on new satellite images of Svartsengi and the magma intrusion, as well as data that was discussed with the Civil Protection, experts from the Icelandic Met Office and the University of Iceland.

There are three danger areas as can be seen on the map below :

Orange: Danger zone A: Danger due to seismic activity.

Red: Danger zone B: Danger due to possible eruption.

Purple: Danger zone C: Increased danger of eruption like in zone B, and even more danger of earth opening suddenly and dangerous gas pollution. In this zone escape routes need to be clear, gas monitors are needed and gasmasks if you go into the area.

Source : Met Office.

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November 21st – 7 a.m.: While seismicity and the tremor were generally stable in recent days, an earthquake with a magnitude M 3.8 was recorded on November 21st at 5:14 a.m. in the Grindavik area with a hypocenter at 1.1 km depth. Seismicity in this area is generally between 2 and 5 km depth.