Effets du réchauffement climatique sur la faune des Rocheuses (Etats Unis) // Consequences of global warming on animals in the Rockies (United States)

J’ai expliqué dans des notes précédentes que le réchauffement climatique et la fonte des glaciers ont un impact sur la flore en montagne. Une étude récente réalisée dans les Montagnes Rocheuses montre qu’ils ont également modifié le comportement des animaux.
Dans des sites s’étalant sur une distance de 2 400 kilomètres, les scientifiques ont observé des situations conflictuelles entre les chèvres des Rocheuses et les mouflons d’Amérique pour s’approprier des zones de minéraux jusqu’à 4 200 m d’altitude.
Ces rivalités, jamais décrites en détail auparavant, montrent que deux des mammifères de montagne aux États-Unis sont impliqués dans une lutte qui est probablement accentuée par la crise climatique, avec la disparition de le neige et de la glace sur les montagnes. Selon les auteurs de l’étude, les conflits entre ces deux espèces « peuvent être le reflet de la dégradation du climat associée à la nature changeante des ressources convoitées ». Les querelles se multiplient entre les deux espèces d’ongulés, mais les chèvres des Rocheuses semblent avoir le dessus. Dans les batailles observées, les chèvres ont triomphé 98% du temps. Les chèvres et les mouflons évitent généralement les combats lorsqu’ils cohabitent sur les pentes des montagnes, mais lorsqu’un conflit survient autour d’une zone de minéraux, les chèvres chassent généralement les mouflons afin de profiter des nutriments.
Les mouflons d’Amérique ont à peu près la même taille que les chèvres des Rocheuses et arborent de longues cornes incurvées. Les chèvres sont toutefois de redoutables combattantes en raison de leur assurance et de leurs cornes acérées comme des rasoirs. Une chèvre de montagne a encorné un grizzli à mort au Canada en 2021 et, chose extrêmement rare, un randonneur a été tué par une chèvre dans l’Olympic National Park en 2010.
En raison de la hausse des températures, environ 300 glaciers ont disparu des Rocheuses au cours du siècle dernier. Les scientifiques expliquent qu’il est désormais inévitable que certains sites tels que le populaire Glacier National Park perdent toutes leurs principales formations de glace au cours des prochaines décennies.
La fonte des glaciers perturbe les écosystèmes et inquiète les populations de l’ouest des États-Unis qui dépendent des cours d’eau alimentés par les glaciers. La fonte découvre également des gisements de sel et de potassium. Ils sont recherchés par les chèvres et les mouflons qui lèchent ces minéraux riches en nutriments essentiels. Ces animaux, capables de se déplacer habilement sur des pentes rocheuses, peuvent maintenant s’aventurer plus haut dans les montagnes à mesure que la glace se retire. Une telle situation est susceptible de provoquer davantage de conflits entre les espèces, même si une telle augmentation reste à confirmer car aucune étude détaillée n’a encore été effectuée sur le sujet. Le conflit direct n’est certainement pas voulu par ces espèces ; c’est leur nouvel environnement qui le provoque.
Le réchauffement climatique augmente également le risque de conflit dans d’autres parties du monde, parmi des espèces telles que les rhinocéros et les éléphants qui tentent d’accéder à des réserves d’eau en diminution. Ces changements peuvent aussi être source de conflits chez les humains. Les États-Unis et la Russie considèrent la fonte de l’Arctique comme une menace militaire. Le réchauffement climatique change la donne dans de nombreux domaines.
Adapté d’un article publié dans The Guardian.

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I explained in previous posts that global warming and the mrlting of glaciers have an impact on the flora in the mountains. A recent study performed in the Rocky Mountains shows that they also have modified the behaviour of the animals.

In study sites across a 2,400-kilometer span of the Rockies, scientists have documented mountain goats and bighorn sheep competing over mineral deposits among the rocks, at elevations of up to 4,200 m.

These contests, never previously outlined in detail, show that two of the US’s heftiest native mammals are involved in a struggle that is probably influenced by the climate crisis, as the mountains’ snow and ice rapidly dwindles. According to tha authors of the study, conflict between such species “may be reflective of climate degradation coupled with the changing nature of coveted resources”. There are more and more skirmishes between the two ungulate species, with the mountain goats appearing to have the upper hand. Of the observed battles, the goats triumphed 98% of the time, clearly making them the superior mountain species. The goats and the sheep usually avoid battle when near each other but when conflict does arise around clumps of minerals, the goats typically chase off the sheep in order to enjoy the nutrients in peace.

Bighorn sheep are roughly the same size as the mountain goats and sport long, curved horns. But the goats are the more feared combatant due to their assertiveness and razor-sharp horns. A mountain goat gored a grizzly bear to death in Canada last year, while in an extremely rare incident a hiker was killed by a goat in Olympic national park in 2010.

Because of rising temperatures, about 300 glaciers have disappeared from the Rocky Mountains over the past century. Scientists explain that it is now inevitable that places such as the popular Glacier National Park will lose all of their major ice formations within the coming decades.

Glacier melting is disrupting ecosystems and raising concerns for communities in the US west that rely upon water that comes from rivers and streams fed by glaciers. The melt is also uncovering deposits of salt and potassium that are valued by the goats and sheep, who need to lick these mineral deposits in order to gain crucial nutrients. These animals, able to move deftly up rocky inclines, are now able to venture higher into the mountains for these resources as the ice retreats. This may be leading to more conflicts between species although it is not clear whether the conflicts are increasing in number as no previous work has been done on the topic. Direct conflict is not something any of these species want, but this is what happening.

Global warming is increasing the risk of conflict in various parts of the world, among creatures such as rhinoceroses and elephants as they try to access diminishing water supplies. Some humans, too, are reacting to these changes with adversity in mind, with the US and Russia viewing the melting away of the Arctic as a military threat. It is clear that climate change is reshaping all of our futures.

Adapted from an article published in The Guardian.

Vue du Glacier National Park

Chèvre des Rocheuses sur un névé dans le Parc

Des cornes bien acérées pour se défendre contre…

… les mouflons …

… et les moutons de Daal qui fréquentent, eux aussi, ces montagnes (Photos: C. Grandpey)

 

 

 

 

L’éruption du Hunga Tonga responsable de la vague de chaleur actuelle?

Après la « plume de chaleur » africaine de Météo France pour expliquer la vague de chaleur actuelle, voici l’éruption du volcan Hunga du journal L’Indépendant!

https://www.lindependant.fr/2022/10/28/meteo-une-eruption-volcanique-responsable-des-chaleurs-exceptionnellement-elevees-de-cette-annee-2022-10767105.php

On peut lire sur le site web du journal que « la France n’est pas la seule touchée [par la vague de chaleur]. Partout sur le globe, des anomalies brutales ont été enregistrées cette année. Des zones entières ont été frappées de températures dépassant les 50°C quand les valeurs des normales de saison ne sont pas, partout ailleurs, régulièrement explosées. » [NDLR: ces chaleurs record ont commencé à être enregistrées bien avant l’éruption aux Tonga.]

D’après le journal, « si le réchauffement climatique est bien entendu le premier responsable, un autre facteur peut expliquer ces changements très rapides, inédits. » L’auteur de l’article s’appuie sur les résultats d’une étude publiée en juillet 2022 dans Advancing Earth and Space Science (AGU). Selon l’interprétation des résultats de cette étude, l’éruption du volcan Hunga Tonga, en janvier 2022 pourrait avoir contribué à la chaleur effrénée et persistante de cette année.

Le journal précise que « c’est le service météo de Catalogne qui s’appuie sur cette étude pour rappeler que les éruptions volcaniques violentes ont toujours eu des conséquences sur le temps et le climat de la planète. » Certes, mais les éruptions cataclysmales comme celle du Pinatubo (1991) ou du Tambora (1815) ont eu un effet inverse puisqu’elles ont occasionné un refroidissement temporaire du climat.

Il est vrai que l’éruption du Hunga Tonga a émis une grande quantité de gaz et de vapeur d’eau dans l’atmosphère,

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2022/08/07/la-vapeur-deau-de-leruption-du-hunga-tonga-hunga-haapai-water-vapour-from-the-hunga-tonga-hunga-haapai-eruption/

Dans cette note rédigée le 7 août 2022, j’écrivais au vu d’un rapport de la NASA : « Cette énorme quantité de vapeur a augmenté la quantité totale d’eau dans la stratosphère d’environ 10 %. C’est près de quatre fois la quantité de vapeur d’eau entrée dans la stratosphère au moment de l’éruption du Pinatubo en 1991 aux Philippines. Les scientifiques expliquent que le panache, qui a éclipsé la puissance de la bombe atomique d’Hiroshima, pourrait affecter temporairement la température sur Terre. […] On sait que de puissantes éruptions volcaniques peuvent refroidir la température à la surface de la Terre car les cendres réfléchissent la lumière du soleil. L’éruption des Tonga marque un contraste saisissant, car la vapeur d’eau qu’elle a libérée est capable de piéger la chaleur. Selon les chercheurs, il pourrait s’agir de la première éruption volcanique à avoir un impact sur le climat, non pas par le refroidissement causé par les aérosols, mais par le réchauffement de la surface causé par la vapeur d’eau. »

Affirmer que l’éruption du Hunga Tonga contribue à la vague de chaleur actuelle est aller un peu vite en besogne. Comme je l’ai indiqué plus haut, le réchauffement climatique a débuté bien avant l’éruption aux Tonga. Il suffit d’observer la sécheresse qui sévit depuis de très longs mois dans l’ouest des Etats Unis pour s’en rendre compte. Même en France, le manque d’eau dû au réchauffement climatique n’a pas attendu l’éruption du Hunga Tonga pour se manifester. A la limite, on pourrait penser que l’éruption du Hunga Tonga a intensifié la hausse des températures ces derniers mois, mais pour le reste, c’est bien le réchauffement climatique d’origine anthropique qui est la véritable cause du problème.

Image satellite de l’énorme panache généré par l’éruption du 15 janvier 2022 (Source: NASA

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Plusieurs événements ont été signalés depuis ma dernière note sur l’activité volcanique dans le monde.

En Islande, une grande fracture s’est ouverte il y a quelques jours dans la partie sud du Grímsfjall, près du volcan sous-glaciaire Grímsvötn. Les images montrent qu’il y a beaucoup d’activité hydrothermale dans cette fracture, mais il n’y a pas d’éruption pour le moment.
La fracture s’est ouverte entre les points de conduite A1 et A2, il est donc conseillé aux voyageurs de conduire un peu plus au sud de l’itinéraire traditionnel. La fracture est peut-être en train de s’agrandir et on observe des trous dans le glacier suffisamment grands pour engloutir de grosses voitures.
Il est intéressant de noter que la fracture s’est ouverte moins de deux semaines après le début d’une crue glaciaire du Grímsvötn, ce qui a conduit les autorités à relever la couleur de l’alerte aérienne au Jaune et le niveau d’alerte volcanique à « Uncertainty » (Incertitude).

 

Fissure sur le Grimsfjall (Crédit photo: Andri Gunnarsson / Facebook)

Toujours en Islande, un essaim sismique incluant environ 1 400 événements a été enregistré dans les environs du Herðubreið à partir du 22 octobre 2022. Hormis un séisme de M 4,1, deux ont présenté des magnitudes supérieures à M 3,0.
Selon le Met Office islandais, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Bien que le dernier essaim sismique ait été plus intense que d’habitude, les secousses sont fréquentes dans cette zone.

 Herðubreið et Odadahraun au premier plan (Photo: C. Grandpey)

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Le 24 octobre 2022, le satellite Copernicus Sentinel-2 a pris une superbe photo d’Alaid, le volcan le plus haut et le plus septentrional des îles Kouriles. On peut voir une coulée de lave descendre le versant sud du volcan.
L’Alaid est en éruption depuis plusieurs semaines. Une forte anomalie thermique a été détectée le 15 septembre 2022, indiquant le début d’une nouvelle éruption strombolienne, après plusieurs années de calme. La couleur de l’alerte aérienne est passée du Vert au Jaune le 15 septembre et du Jaune à l’Orange le 18 septembre, car les cendres peuvent causer des problèmes aux avions survolant la région. L’activité éruptive s’est intensifiée le 15 octobre, avec un panache de cendres s’élevant jusqu’à 5 km au-dessus du niveau de la mer
Source : Copernicus, KVERT.

Source: Copernicus EU/Sentinel-2

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Comme cela se produit de temps en temps, une forte éruption explosive a eu lieu sur le Bezymianny (Kamtchatka) le 23 octobre 2022. Le panache de cendres s’est élevé jusqu’à 10 km au-dessus du niveau de la mer. L’éruption s’est accompagnée de coulées pyroclastiques sur le versant sud-est du volcan. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge pendant l’événement, puis a été abaissée à l’Orange.

En ce qui concerne les autres volcans de la région, la couleur de l’alerte aérienne pour l’Alaid, l’Ebeko et le Sheveluch est également Orange. Elle est Jaune pour le Karymsky.

Source : KVERT.

 

Evénement explosif sur le Bezymianny (Crédit photo: KVERT)

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A la Martinique, l’OVSM a enregistré 31 séismes de type volcano-tectonique d’une magnitude inférieur à M 0.3 sous la Montagne Pelée entre le 14 et le 21 octobre 2022, soit 22 de plus que la semaine précédente. Selon l’Observatoire, ces séismes se produisent à l’intérieur de l’édifice volcanique, à environ 1 km de profondeur sous le sommet. Ils sont liés à la formation de micro-fractures dans l’édifice volcanique.

Aucun de ces séismes n’a été ressenti par la population. Le niveau d’alerte reste JAUNE : Vigilance.

 

Photo: C. Grandpey

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Une activité éruptive mineure est observée sur le Cotopaxi (Equateur) avec des émissions de gaz et de cendres. De petites retombées de cendres et une odeur de soufre ont été signalées par des randonneurs. Le VAAC de Washington a indiqué que les 21 et 22 octobre 2022, les panaches de cendres ont atteint 7,6 à 8,5 km au-dessus du niveau de la mer. Le niveau d’alerte a été élevé au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs) le 22 octobre.
Les données sismiques et des rapports des médias montrent que de petits lahars secondaires générés par la fonte de la glace sous les dépôts de cendres ont parcouru de courtes distances sur les flancs du volcan.
Source: Instituto Geofísico.

Emission de cendre sur le Cotopaxi en août 2015 (Source: IG)

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Des panaches de vapeur et de cendres du Kerinci (Sumatra / Indonésie) se sont élevés jusqu’à 750 m au-dessus du sommet entre le 18 et le 24 octobre 2022. La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.
Source : CVGHM.

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Le Popocatepetl (Mexique) montre ses émissions habituelles de vapeur et de gaz, contenant parfois de petites quantités de cendres. Le réseau sismique enregistre quotidiennement des épisodes de tremor. Une petite explosion a été observée le 25 octobre 2022. Selon un article de presse, un nouveau dôme de lave, d’environ 60 m de diamètre, serait apparu au fond du cratère depuis le 7 octobre. Le niveau d’alerte reste à Jaune, Phase 2.
Source : CENAPRED.

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L’activité du Villarrica (Chili) est en hausse régulière depuis quelques jours. Le nombre et l’amplitude des séismes longue période ont augmenté en octobre 2022. Le 14 octobre, des images satellites ont montré que le lac de lave actif couvrait une superficie de 36 mètres carrés dans la partie E du fond du cratère. Des fontaines de lave et des explosions stromboliennes étaient visibles sur les images de la webcam le 18 octobre. L’anomalie thermique la plus intense au-dessus du cratère depuis septembre 2019 a été détectée sur les images satellites le 23 octobre et l’incandescence du cratère était visible sur les images de la webcam. Ce même jour, des touristes ont décrit des projections de lave émises depuis une profondeur de 80 m et ils ont entendu de forts bruits de dégazage. Des dépôts de tephra éjecté étaient visibles sur la lèvre du cratère et sur les flancs supérieurs le 24 octobre. Une intense incandescence au niveau du cratère était visible sur les images le 25 octobre. Le niveau d’alerte reste toutefois au Vert, le plus bas.
Source : SERNAGEOMIN.

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Une hausse de l’activité éruptive a été observée sur l’Anak Krakatau (Indonésie) ces derniers jours. 7 explosions ont été enregistrées du 24 au 26 octobre 2022, portant à 78 le nombre total d’événements depuis le début de l’année.
Lors des éruptions, les panaches de cendres sont montés jusqu’à environ 150 – 300 m au-dessus du cratère
Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), et le public est invité à rester à au moins 5 km du cratère.
Source : PVMBG.
Vous verrez une galerie d’images de la webcam sur cette page :

https://watchers.news/2022/10/26/renewed-activity-at-anak-krakatau-volcano-indonesia/

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L’éruption sommitale du Kilauea (Hawaii) se poursuit dans le cratère de l’Halema’uma’u. Aucun changement significatif n’a été observé au sommet ou dans les zones de rift.
La lave est émise par une bouche dans la partie ouest du cratère. Elle de déverse ensuite dans le lac de lave actif et se répand aussi sur le plancher du cratère. Les mesures effectuées lors d’un survol le 5 octobre 2022 ont révélé que le fond du cratère s’était élevé d’environ 143 mètres et que 111 millions de mètres cubes de lave avaient été émis depuis le début de l’éruption actuelle le 29 septembre 2021. Les émissions de SO2 atteignaient environ 700 tonnes par jour le 22 octobre 2022.
Source : HVO.

En lisant le dernier livre de Dominique Decobecq et Claude Grandpey, « Histoires de Volcans – Chroniques d’éruptions » (Editions Omniscience), vous rencontrerez Jules Tavernier, le peintre du Kilauea….

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Several events have been reported since my previous post about volcanic activity around the world.

In Iceland, a large fissure opened up a few days ago in the southern part of Grímsfjall, near Grímsvötn subglacial volcano. Pictures show that there is a lot of hydrothermal activity in this fissure, but there is no eruption at this moment.

The fissure opened between driving points that are often called A1 and A2, so it is advisable for travellers to drive a little south of the traditional route. The fissure is possibly growing and has made holes in the glacier large enough to swallow large cars.

It is interesting to notice that the fissure formed less than two weeks after a glacial flood started at Grímsvötn, prompting authorities to raise the Aviation Color Code to Yellow and the Volcanic Alert Level to Uncertainty.

Still in Iceland, a seismic swarm with about 1,400 events occurred in the vicinity of Herðubreið since October 22nd, 2022. Apart from the largest M 4.1 earthquake, two have registered magnitudes greater than M 3.0.

According to the Icelandic Met Office, there is no need to worry. lthough the latest seismic swarm was more intense than usual, earthquakes are frequent in this area.

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On October 24th, 2022, the Copernicus Sentinel-2 satellite took a great photo of Alaid, the highest and northernmost volcano of the Kuril Islands. One can see a lava flow travelling down the southern slope of the volcano.

Alaid has been erupting for several weeks. An intense thermal anomaly was detected on September 15th, 2022, signaling the beginning of a new Strombolian eruption after several years of quiescence. The Aviation Color Code was raised from Green to Yellow on September 15th and from Yellow to Orange on September 18th, as the ash can cause problems to aircraft flying over the region. Eruptive activity increased on October 15th, with an ash plume rising up to 5 km above sea level

Source: Copernicus, KVERT.

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As this happens from time to time, a strong explosive eruption took place at Bezymianny (Kamchatka) on October 23rd, 2022. The ash plume rose up to 10 km above sea level. The eruption was accompanied by pyroclastic flows along the southeastern slope of the volcano. Thé Aviation Color Code was raised to Red during the event and later lowered back to Orange.

As far as the other volcanoes of the region are concerned, the aviation colour code for Alaid, Ebeko and Sheveluch is Orange too. It is Yellow for Karymsky. 

Source: KVERT.

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In Martinique, OVSM recorded 31 volcano-tectonic earthquakes with a magnitude of less than M 0.3 under Mount Pelee between October 14th and 21st, 2022, This means 22 more events than the previous week. According to the Observatory, these earthquakes occur inside the volcanic edifice, about 1 km deep beneath the summit. They are linked to the formation of micro-fractures in the volcanic edifice.
None of these earthquakes were felt by the population. The alert level remains YELLOW: Watch.

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Minor eruptive activity is observed at Cotopaxi (Ecuador) with gas-and-ash emissions. Minor ashfall and a sulfur odour were reported by mountaineers. The Washington VAAC reported that on October 21st and 22nd, 2022 ash plumes rose to 7.6-8.5 km a.s.l. The Alert Level was raised to Yellow (the second level on a four-color scale) on October 22nd.
Based on seismic data and media reports, small secondary lahars generated from the melted glacier beneath the ash deposit and traveled short distances down the flanks.

Sources: Instituto Geofísico.

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Steam and ash plumes from Kerinci (Sumatra / Indonesia) rose as high as 750 m above the summit between October 18th and 24th, 2022. The Aviation Color Code was raised to Orange. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to remain outside the 3-km exclusion zone.

Source: CVGHM.

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Popocatepetl (Mexico) is showing its usual steam-and-gas emissions, sometimes containing minor amounts of ash, The seismic network records daily periods of tremor. A small explosion was recorded on October 25th, 2022. According to a news article a small new lava dome, about 60 m in diameter, had been growing on the crater floor since October 7th. The Alert Level remains at Yellow, Phase Two.

Source: CENAPRED.

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Activity at Villarrica (Chile) has been gradually increasing in the past few days. Both the number and amplitude of long-period earthquakes increased during October 2022. On October 14th, satellite images showed the active lava lake covering an area of 36 square meters in the E part of the crater floor. Lava fountaining and Strombolian explosions were visible in webcam images on October 18th. The most intense thermal anomaly over the crater since September 2019 was detected in satellite images on October 23rd and crater incandescence was visible in webcam images. That same day tourists described seeing splashes of lava ejected from a depth of 80 m and hearing loud degassing sounds. Deposits of ejected tephra were visible around the crater rim and on the upper flanks on October 24th, and intense crater incandescence was visible in images on October 25th. The Alert Level remains at Green.

Source: SERNAGEOMIN.

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An increase in eruptive activity has been observed at Anak Krakatau (Indonesia) in the past few days. 7 explosions were recorded from October 24th to October 26th, 2022, bringing the total number of eruptions since the start of the year to 78.

During the eruptive events, the ash plumes rose up to about 150 – 300 m above the crater

The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1 – 4), and the public is asked to stay at least 5 km away from the crater.

Source: PVMBG.

You will see a gallery of webcam images on this page:

https://watchers.news/2022/10/26/renewed-activity-at-anak-krakatau-volcano-indonesia/

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The summit eruption of Kilauea (Hawaii) continues within Halemaʻumaʻu crater. No significant changes have been observed at the summit or in the rift zones.

Lava is erupting from the western vent into the active lava lake and onto the crater floor. Overflight measurements from October 5th, 2022, indicated that the crater floor had seen a total rise of about 143 meters, and that 111 million cubic meters of lava had been effused since the beginning of this eruption on September 29th, 2021. SO2 emissions were measured at about 700 tonnes per day on October 22nd, 2022.

Source: HVO.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Nouvelles données sur le volcanisme lunaire // New data on lunar volcanism

Une analyse d’échantillons lunaires fournis par la mission lunaire chinoise Chang’e 5 apporte peut-être une nouvelle réponse au volcanisme récent sur la Lune.
Les échantillons obtenus grâce aux missions Apollo et Luna ont tous été datés à environ 3 milliards d’années, mais les échantillons rapportés par la mission Chang’e 5 fin 2020 montrent que les roches de la région où le vaisseau spatial s’est posé étaient relativement jeunes, âgées de seulement 2 milliards d’années.
La mission Chang’e 5 a permis de collecter 1,73 kilogrammes de poussière et de roches lunaires dans une région appelée Oceanus Procellarum sur la face la plus proche de la lune en décembre 2020. Les scientifiques chinois avaient ciblé cette zone d’alunissage en raison de la densité apparente plus faible de cratères. Cela laissait supposer que la zone était nettement plus jeune que les zones échantillonnées par les missions Apollo américaine et Luna soviétique.

Voir vidéo de l’alunissage de Chang’e 5:

https://youtu.be/VS9zr6MrCiM

Image agrandie d’un échantillon de roche lunaire collecté lors de la mission chinoise Chang’e 5 en décembre 2020. (Source : CNSA/GRAS/NAOC)

Plusieurs équipes scientifiques ont essayé de savoir ce que les roches peuvent nous apprendre sur la Lune et l’histoire de notre système solaire.

Des chercheurs avaient précédemment émis l’hypothèse qu’une teneur en eau relativement élevée ou la présence d’éléments radioactifs producteurs de chaleur à l’intérieur de la Lune était susceptible de provoquer du volcanisme à un stade avancé de la vie de la Lune, dans certaines régions. Cependant, de nouvelles données fournies par la mission Chang’e-5 et publiées dans la revue Nature semblent écarter cette hypothèse.
Des chercheurs de l’Institut de géologie et de géophysique de l’Académie chinoise des sciences ont découvert qu’un point de fusion plus bas de certaines parties du manteau lunaire pourrait être dû à la présence de composants fusibles donnant naissance à un jeune volcanisme lunaire. L’étude a été publiée dans la revue
Science Advances le 21 octobre 2022.
Un des scientifiques auteurs de l’étude a expliqué que « la fusion récente du manteau lunaire peut être obtenue soit en augmentant la température, soit en abaissant le point de fusion. Pour mieux comprendre ce problème, nous devons évaluer la température et la pression dans lesquelles le jeune volcanisme a été créé ».
Les chercheurs ont mené une série de simulations de cristallisation fractionnée et de fusion du manteau lunaire afin de comparer 27 échantillons de clastes de basalte issus de la mission Chang’e 5 avec des basaltes fournis par les missions Apollo. Ils ont découvert que le jeune magma collecté par Chang’e 5 avait des teneurs en oxyde de calcium et en dioxyde de titane plus élevées que les magmas Apollo plus anciens. Ce sont des cumulats océaniques de magma lunaire de stade tardif, riches en calcium et en titane, qui fondent plus facilement que les cumulats plus anciens.
L’étude présente des preuves du premier mécanisme viable susceptible d’expliquer le jeune volcanisme sur la Lune, compatible avec les derniers échantillons rapportés par la mission Chang’e 5. Cela pourrait aider à comprendre l’évolution thermique et magmatique de la Lune.
Source : space.com.

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An analysis of lunar samples returned by China’s Chang’e 5 moon mission has produced a new possible answer for recent volcanism in the moon’s history.

Lunar samples returned by the Apollo and Luna missions are all older than about 3 billion years, but samples returned by Chang’e 5 in late 2020 showed that rocks in the area were relatively young, at only 2 billion years old.

China’s Chang’e 5 spacecraft collected 1.73 kilograms of lunar dust and rocks (see sample above) from a region called Oceanus Procellarum on the near side of the moon in December 2020. The mission team targeted this landing area because of its apparent lower density of craters, suggesting it was significantly younger than areas sampled by the Apollo and Soviet Luna missions.

See video of Chang’e 5’s landing:

https://youtu.be/VS9zr6MrCiM

Various teams of scientists have been working to learn what the rocks can tell us about the moon and the history of our solar system. The researchers previously speculated that either a relatively high water content or the presence of radioactive, heat-producing elements in the lunar interior might have driven volcanism in a late stage of the moon’s life in some areas. However, new Chang’e-5 data published in the journal Nature appears to have ruled out these hypotheses.

Researchers from the Institute of Geology and Geophysics at the Chinese Academy of Sciences found that a lower melting point for portions of the lunar mantle could be due to the presence of fusible components, leading to young lunar volcanism. The study was published in the journal Science Advances on October 21st, 2022.

One of the sientists explained that « recent melting of the lunar mantle can be achieved by either raising the temperature or lowering the melting point. To better understand this problem, we should estimate the temperature and pressure in which the young volcanism was created. »

The researchers conducted a series of fractional crystallization and lunar mantle melting simulations to compare 27 samples of Chang’e 5 basalt clasts with Apollo basalts. They found that the young magma collected by Chang’e 5 had higher calcium oxide and titanium dioxide contents than older Apollo magmas. These are calcium-titanium-rich late-stage lunar magma ocean cumulates are more easily melted than early cumulates.

The research presents evidence for the first viable mechanism to account for young volcanism on the Moon that is compatible with the newly returned Chang’e 5 samples and could help understand the Moon’s thermal and magmatic evolution.

Source : space.com.