Sécheresse et manque d’eau en Alaska ! // Drought and water shortage in Alaska !

Comme je l’ai écrit précédemment (voir mes messages des 4 et 6 juillet 2019), l’Alaska a connu une vague de chaleur sévère cet été, une situation sans précédent. La conséquence est que plusieurs régions souffrent d’une sécheresse et d’un manque d’eau jamais observés auparavant. Dans un village, les autorités coupent12 heures par jour l’approvisionnement en eau destiné à la population. Dans un autre, les toilettes à chasse automatique sont basculées en mode et les restaurants servent des repas sur des assiettes en carton.
L’été chaud et sec en Alaska a entraîné des conditions extrêmes dans les communautés autochtones de Nanwalek et de Seldovia, dans la Péninsule de Kenai. Les autorités en charge de la région ont été contraintes de publier une déclaration de catastrophe naturelle.
Des conditions de sécheresse intense affectent de plus en plus l’État, exacerbées par les feux de forêt qui continuent de brûler. La ville d’Anchorage est envahie par la fumée en provenance d’un important incendie de forêt qui brûle depuis plusieurs semaines dans la Péninsule de Kenai. La ville dispose d’une bonne quantité d’eau dans ses réservoirs, contrairement à certaines petites communautés comme Nanwalek et Seldovia qui dépendent de la fonte des neiges et de la pluie pour remplir leurs réserves. La pénurie d’eau se fait durement sentir. En moyenne annuelle, la région reçoit près de 22 centimètres de pluie de juin à août; cet été, elle a reçu un peu moins de 8 centimètres.
Selon des chercheurs en climatologie de l’université d’Alaska à Fairbanks, de tels scénarios deviendront de plus en plus fréquents avec le réchauffement climatique, mais cela ne signifie pas pour autant qu’une telle sécheresse se produira chaque année.
Dans la Péninsule de Kenai, le réservoir d’eau de Nanwalek ne contient que 210 000 litres, autrement dit moins de deux jours d’approvisionnement en temps normal, lorsque le village consomme environ 115 000 litres par jour. Chaque jour, les autorités locales coupent l’eau la nuit, entre 21 heures et 9 heures. Comme l’eau stagne dans les citernes la nuit, il est conseillé aux habitants de faire bouillir leur eau pour éviter toute contamination.
Comme Nanwalek, Seldovia, à 15 kilomètres au nord-est, n’a reçu qu’une fraction de ses précipitations normales. De juin à août, le village de 220 habitants en temps normal a reçu un peu moins de 4 centimètres de précipitations, contre une moyenne d’environ 14 centimètres. Le 5 septembre 2019, Seldovia avait pour environ 16 jours et demi d’eau dans son réservoir. Pour l’économiser, les gens utilisent de l’eau non potable pour des usages non alimentaires comme la lessive. L’école a désactivé la chasse automatique dans les toilettes et a imité les restaurants en utilisant des assiettes et des couverts jetables.
Selon le National Weather Service, il devrait pleuvoir au cours de la fin de semaine sur les zones arides du centre-sud, notamment sur les deux villages, mais il ne devrait pas s’agir de précipitations abondantes. La semaine prochaine devrait revenir à des conditions plus sèches. Dans l’ensemble, il semblerait que la région commence à retrouver un peu d’humidité, mais le déficit en eau persistera cette année.
Source: Anchorage Daily News.

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As I put it before (see my posts of 4 and 6 July 2019), Alaska went through a severe heatwave this summer, a situation that had never been seen before. The consequence is that several regions are suffering from a drought and a lack of water. In one Alaska village, officials are shutting off the public water supply 12 hours each day. In another, automatic flush toilets have been switched to manual flushing, and restaurants are serving meals on paper plates.

Alaska’s hot, dry summer has led to extreme measures in the Native communities of Nanwalek and Seldovia in the Kenai Peninsula, prompting regional officials to issue a disaster declaration.

The arid conditions are more widespread in the State, exacerbated by wildfires still burning. Anchorage is still fielding smoke drifting from a major wildfire that has been burning for several weeks in the Kenai Peninsula. The city has plenty of water in its system, unlike a handful of small communities that rely on snow melt and rain like Nanwalek and Seldovia to fill their reserves. Their water shortages are acutely felt. In an average year, the area receives nearly 22 centimetres of rain from June to August; this summer, it received slightly less than 8 centimetres.

According to climate researchers at the University of Alaska Fairbanks, such scenarios could become more common with climate warming, but that doesn’t mean it will happen every year.

In the Kenai peninsula, Nanwalek’s water tank has only 55,000 gallons in it, less than a two-day supply in normal times when the village goes through about 30,000 gallons a day. So local leaders are shutting off the water system between 9 p.m. and 9 a.m. daily. Because the tanked reserve is standing still at night, residents must boil their water to ward off possible contamination.

Seldovia, 15 kilometres to the northeast, also received a fraction of its normal rainfall. From June to August, the community of about 220 fulltime residents received slightly about 4 centimetres, compared with the average of about 14 centimetres. Seldovia has about 16½ days of water left in its reservoir, as of September 5th. To conserve, people are using non-potable water for nonfood uses like laundry. The school has turned off the automatic flushing in toilets and joined restaurants by using disposable plates and utensils.

Over the weekend, some rain is forecast for parched south-central areas, including the two villages, but it is not expected to be a super wet storm, according to the National Weather Service.

Next week is expected to return to drier conditions. Overall, however, the area is expected to begin a wetter pattern, but it won’t be as wet as expected this time of year.

Source : Anchorage Daily News.

Vue de la Péninsule de Kenai, durement touchée par la sécheresse et les incendies de forêt cet été (Source: Google Maps)

Des jours sombres pour la planète // Dark days for the planet

Selon la première ébauche d’un rapport des Nations Unies, les océans qui ont permis de nourrir l’espèce humaine à l’échelle de la planète vont la plonger dans la misère s’il n’y a pas de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le rapport scientifique de 900 pages est le quatrième ouvrage de ce type publié par l’ONU en moins d’un an. Les autres tomes  se basaient sur un plafond de 1,5°C du réchauffement climatique, l’état de la biodiversité et la gestion des forêts et le système alimentaire mondial.
Les quatre tomes du rapport en arrivent à la conclusion que l’humanité doit repenser sa façon de produire et de consommer pour éviter les pires ravages du changement climatique et de la dégradation de l’environnement.
Les recommandations faites aux décideurs politiques seront publiées officiellement le 25 septembre 2019, donc trop tard pour être examinées par les principaux dirigeants qui se réunissent deux jours plus tôt dans le cadre d’un sommet convoqué par le Secrétaire général de l’ONU pour obtenir des engagements plus fermes face à la crise climatique.
Les quatre grands pays (Chine, États-Unis, Union Européenne et Inde), qui représentent près de 60% des émissions mondiales des combustibles fossiles, subissent tous des effets dévastateurs sur les océans et les glaces, mais aucun ne semble prêt à annoncer davantage des objectifs ambitieux pour éliminer le carbone de leurs économies. Donald Trump veut que les États-Unis quittent l’Accord de Paris et s’est toujours efforcé de réduire à néant les mesures climatiques prises par Barack Obama. L’Inde fait de gros efforts pour développer rapidement l’énergie solaire, mais continue d’accroître sa production de charbon. L’Union Européenne se rapproche de l’objectif «zéro net» prévu pour le milieu du siècle, mais plusieurs États membres traînent les pieds. La Chine, qui émet presque autant de CO2 que les États-Unis, l’Union Européenne et l’Inde réunis, envoie également des signaux contradictoires.
Pourtant, toutes ces nations font face à de nombreuses menaces décrites dans le rapport du GIEC.
Shanghai et une demi-douzaine de grandes villes côtières chinoises sont fortement exposées à la future élévation du niveau de la mer qui devrait augmenter d’un mètre d’ici 2100 par rapport au filigrane mondial de la fin du 20ème siècle, si les émissions de CO2 continuent de progresser. Mumbai et d’autres villes indiennes côtières sont également en danger. Même aux États-Unis, New York, Miami et d’autres villes sont sous la menace de l’océan. Selon la conclusion du rapport de l’ONU, d’ici à 2050, de nombreuses mégalopoles proches du niveau de la mer et de petits pays insulaires connaîtront des « événements extrêmes » chaque année, même dans les scénarios de réduction des émissions des gaz à effet de serre les plus optimistes. Même si le monde parvient à limiter le réchauffement planétaire à deux degrés Celsius, la surface des océans dans le monde s’élèvera suffisamment pour déplacer plus de 250 millions de personnes d’ici 2100.
La température moyenne à la surface de la Terre a augmenté de 1°C depuis la fin du 19ème siècle et, au train où vont les choses, elle est en passe d’augmenter de deux ou trois degrés d’ici la fin du siècle. Pour mémoire, l’Accord de Paris prévoyait de limiter le réchauffement climatique à « bien en dessous de » 2°C.
Selon le rapport de l’ONU, l’élévation du niveau de la mer va s’accélérer rapidement au 22èmesiècle et « pourrait dépasser plusieurs centimètres par an », environ 100 fois plus qu’aujourd’hui.
Les océans non seulement absorbent un quart du CO2 que nous émettons, mais ils absorbent aussi plus de 90% de la chaleur supplémentaire générée par les émissions de gaz à effet de serre depuis 1970. Sans cette éponge marine, le réchauffement climatique aurait déjà rendu la surface de la Terre intolérablement chaude pour notre espèce. D’autre part, l’acidification perturbe la chaîne alimentaire de base de l’océan et les vagues de chaleur en mer, qui sont devenues deux fois plus fréquentes depuis les années 1980, créent de vastes zones mortes dépourvues d’oxygène.

Source : Nations Unies.

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According to a draft UN report, the same oceans that nourished human evolution are poised to unleash misery on a global scale if nothing is done to reduce the emissions of greenhouse gases. The 900-page scientific assessment is the fourth such tome from the UN in less than a year, with others focused on a 1.5-Celsius cap on global warming, the state of biodiversity, and how to manage forests and the global food system.

All four tomes of the report conclude that humanity must overhaul the way it produces and consumes almost everything to avoid the worst ravages of climate change and environmental degradation.

The final advice to policymakers will be released on September 25th, 2019, too late to be considered by world leaders gathering two days earlier for a summit convened by UN Secretary-General to extract stronger national commitments in confronting the climate crisis.

The Big Four (China, the United States, the European Union and India), accounting for nearly 60 percent of global fossil fuel-based emissions, all face devastating ocean- and ice-related impacts, but none seem prepared just yet to announce more ambitious goals for purging carbon from their economies. Donald Trump wants the US to exit the Paris Agreement and has taken a chainsaw to predecessor Barack Obama’s climate policies. India is rapidly developing solar power, but continues to build up coal-fired capacity at the same time. The European Union is inching toward a mid-century « net zero » emissions goal, but several member states are dragging their feet. China, which emits nearly as much CO2 as the US, EU and India combined, is also sending mixed signals.

Yet, all of these nations face many of the threats outlined in the IPCC report.

Shanghai and another half-dozen major coastal cities in China are highly vulnerable to future sea level rise, which is projected to add a metre by 2100 compared to the late 20th century global watermark, if CO2 emissions continue unabated. Mumbai and other coastal Indian cities are in harm’s way as well. Even in the United States, New York, Miami and other exposed cities are under the threat of the ocean. According to the UN report’s conclusion, by 2050, many low-lying megacities and small island nations will experience « extreme sea level events » every year, even under the most optimistic emissions reduction scenarios. Even if the world manages to cap global warming at two degrees Celsius, the global ocean waterline will rise enough to displace more than a quarter of a billion people as soon as 2100.

Earth’s average surface temperature has gone up 1°C since the late 19th century, and is on track – at current rates of CO2 emissions – to warm another two or three degrees by century’s end. The Paris Agreement called for capping global warming at « well below » 2°C.

Sea level rise will accelerate rapidly moving into the 22nd century, and « could exceed rates of several centimetres per year, » about 100 times more than today, according to the report.

Oceans not only absorb a quarter of the CO2 we emit, they have also soaked up more than 90 percent of the additional heat generated by greenhouse gas emissions since 1970. Without this marine sponge, in other words, global warming would already have made Earth’s surface intolerably hot for our species. On the other hand, acidification is disrupting the ocean’s basic food chain, and marine heatwaves, which have become twice as frequent since the 1980s and which are creating vast oxygen-depleted dead zones.

Source: United Nations.

Lorsque la hausse des températures atteindra 4°C, Shangai sera sous les eaux (Source: Climate Central)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Aucune nouvelle activité volcanique majeure n’a été observée ces derniers jours.

Plusieurs explosions sont toujours enregistrées chaque heure sur le Fuego (Guatemala). Les panaches de cendre atteignent 1,1 km au-dessus du cratère. Les explosions produisent parfois des ondes de choc qui font vibrer les maisons des localités proches du volcan. Des matériaux incandescents sont éjectés à une hauteur de 200 à 300 mètres et génèrent des avalanches qui parcourent parfois de longues distances dans les ravines sur les pentes du volcan. Des retombées de cendre ont été signalées dans plusieurs zones sous le vent.
Source: INSIVUMEH.

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Le volume du dôme de lave du Merapi (Indonésie) n’a pas changé au cours des dernières semaines. Il est estimé à 461 000 mètres cubes. La lave extrudée continue de dévaler dans la partie supérieure du flanc SE en générant des avalanches de cendre et de blocs qui s’engouffrent dans la ravine de la Gendol River
Source: CVGHM.

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Des explosions sont encore observées sur le Nevados de Chillán (Chili), associées à des séismes longue période. Les émissions de cendre et de gaz montent jusqu’à 600 mètres au-dessus du cratère. Des matériaux incandescents sont visibles la nuit. Le niveau d’alerte reste à Orange.
Source : SERNAGEOMIN.

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Des tests d’alerte au moyen de sirènes auront lieu le lundi 9 septembre à Stromboli (Sicile). Le système fonctionnera automatiquement en cas de risque de tsunami et d’éruption du volcan. Pour cela, il y aura d’une part une alerte automatique grâce à une connexion directe avec des balises situées à proximité de la Sciara del Fuoco, et d’autre part  une alerte manuelle pour signaler une activité explosive imminente du volcan.
Ces systèmes d’alerte sont mis en place par l’Université de Florence, avec la surveillance de l’activité volcanique assurée par l’INGV. Dans le même temps, la coordination est en cours au Centro Operativo (COA) de Stromboli entre la Protection Civile sicilienne et nationale et l’administration locale pour définir les procédures d’information de la population. Il a été possible d’activer le nouveau système d’alerte grâce à l’amélioration des lignes téléphoniques et à la connexion Wi-Fi avec l’île de Stromboli.

Source : La Sicilia.

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Bonne nouvelle pour ceux qui se trouvent en ce moment sur l’Ile de la Réunion. Suite à une mission de reconnaissance sur le terrain effectuée par l’OVPF et les autres organismes concernés, le préfet de La Réunion a décidé de rétablir la phase Vigilance du niveau d’alerte du Piton de la Fournaise à compter du mercredi 4 septembre 2019.

Le public est donc autorisé à accéder à la partie haute de l’Enclos, mais l’accès est strictement limité aux deux sentiers balisés suivants :

– Pas de Bellecombe – Formica Léo – sentier Rivals – Cratère Caubet ; Pas de Bellecombe – Formica Léo – sentier d’accès au site d’observation du cratère Dolomieu (accès par le nord du cratère).

En revanche, les sentiers Kapor jusqu’à Piton Kapor et du cratère Caubet au Belvédère sur Château Fort restent interdits d’accès.

Source : Journal de l’Ile.

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La première édition du Salon international des vins volcaniques (Vinora) aura lieu le 30 janvier 2020 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Imaginé par Pierre Desprat et par une équipe de vignerons passionnés il y a deux ans, ce Salon est réservé aux professionnels, avec un espace dégustation ouvert au public dans l’enceinte du salon Vinidôme, à Clermont-Ferrand,  du 30 janvier au 3 février 2020. Plus d’informations en cliquant sur ce lien :

https://www.mon-viti.com/agenda/salon-international-des-vins-volcaniques

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No new major volcanic activity has been observed in the past days.

Multiple explosions per hour were recorded at Fuego (Guatemala) in the last days, with ash plumes that rose as high as 1.1 km above the crater. The explosions sometimes produced shock waves that rattled houses in nearby communities. Incandescent material was ejected 200-300 metres high and caused avalanches of material that occasionally travelled long distances in the drainages on the volcano’s slopes. Ashfall was reported in several downwind areas.

Source: INSIVUMEH.

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The volume of Merapi’s lava dome (Indonesia) has not changed in the past weeks. It is estimared 461,000 cubic metres. Extruded lava keeps falling into the upper parts of the SE flank, generating avalanches of ash and blocks that travel down the Gendol drainage.

Source: CVGHM.

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Explosions are still observed at Nevados de Chillán (Chile), associated with long-period earthquakes. Ash and gas emissions are rising up to 600 metres above the crater. Incandescent material can be seen at night. The Alert Level remains at Orange.

Source: SERNAGEOMIN.

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Siren warning tests will be held on Monday 9 September on the island of Stromboli (Sicily). The system will work automatically if there is a risk of tsunami and volcano eruption. On the one hand, there will be an automatic alert through a direct connection with beacons located near the Sciara del Fuoco, and on the other hand a manual alert to report an imminent explosive activity of the volcano.
These warning systems are being set up by the University of Florence, with the monitoring of volcanic activity by INGV. At the same time, coordination is underway at the Centro Operativo (COA) of Stromboli between the Sicilian and National Civil Protection and the local administration to define the information procedures of the population. It has been possible to activate the new warning system thanks to the improvement of the telephone lines and the Wi-Fi connection with the island of Stromboli.
Source: La Sicilia.

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Good news for those who are currently on Reunion Insland. Following a field reconnaissance mission carried out by OVPF, the Prefect of La Réunion has decided to reinstate the ‘Vigilance’ phase for Piton de la Fournaise as of Wednesday, September 4th, 2019.
The public is therefore authorized to access the upper part of the Enclos, but access is strictly limited to the following two marked trails:
– Pas de Bellecombe – Formica Leo – Rivals-Caubet Crater trail; Pas de Bellecombe – Formica Léo – access path to the Dolomieu crater observation site (access from the north of the crater).
On the other hand, Kapor trails to Piton Kapor and crater Caubet Belvedere on Château Fort remain inaccessible.
Source: Journal de l’Ile.

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The first edition of the International Salon of Volcanic Wines (Vinora) will take place on January 30th; 2020 in Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Designed by Pierre Desprat and a team of passionate winemakers two years ago, this show is reserved for professionals, with a tasting area open to the public in the Vinidôme exhibition, in Clermont-Ferrand, from January 30th to February 3rd; 2020. More information by clicking on this link:
https://www.mon-viti.com/agenda/salon-international-des-vins-volcaniques

N’importe quoi sur le Mont Blanc…

Un fait divers a fait la une de nombreux journaux ces derniers jours et a agacé de nombreuses personnes – dont je fais partie – qui refusent que les Alpes, le Mont Blanc en particulier, soient souillées par des imbéciles.

Epuisé par l’effort et l’altitude, contraint par la météo, un membre de l’armée britannique a abandonné son rameur à 4.362 mètres au Refuge Vallot, un abri de détresse inutilisé en temps normal. Quelques 26 kg de ferraille ont ainsi été laissés au beau milieu d’un site classé.

En apprenant cette nouvelle indélicatesse sur le massif du Mont Blanc, le maire de Saint Gervais a vu rouge. En juin, deux touristes suisses s’étaient déjà posés en avion à 4.450 mètres pour finir à pied vers le sommet, avant d’être interceptés par les gendarmes français et s’acquitter d’une amende de seulement 38 euros. Au même moment, un alpiniste allemand a monté «de force» et en pleine nuit son chien. L’animal est redescendu en vie mais les «pattes ensanglantées. A tout cela s’ajoutent les nombreux alpinistes qui escaladent chaque année le plus haut sommet d’Europe occidentale dans de mauvaises conditions de sécurité ou de préservation de l’environnement.

Le premier magistrat de St Gervais a fustigé ces délits successifs. Il a décidé de rendre publiques ces marques «d’irrespect» avec une lettre ouverte à Emmanuel Macron, dans laquelle il demande de «faire écrire et voter sans délai la réglementation qui permette dès 2020 de sanctionner sévèrement tous les hurluberlus qui y contreviendraient et restaurer ainsi la paix au Mont-Blanc». Si rien n’est fait, ce joyau des Alpes, déjà menacé par le réchauffement climatique, est en passe de devenir un «parc d’attraction national où chacun pourra admirer des otaries jonglant avec des ballons ou y tirer de beaux feux d’artifice», ce qui entraînerait le «déclassement de ce site classé». Il suffirait que Marcel Campion vienne installer sa Grande Roue au sommet du Mont Blanc pour que le spectacle soit complet !

Pour améliorer la situation, limiter la sur-fréquentation et les incivilités, les autorités locales ont pris fin mai un arrêté obligeant toutes les personnes entreprenant l’ascension par la voie dite «normale» à être en possession d’une réservation en bonne et due forme dans l’un des trois refuges officiels du parcours. C’est moins pire qu’avant, mais il reste beaucoup à faire pour que le Mont Blanc retrouve sa sérénité…

S’agissant du membre de l’armée britannique, il a essayé de se justifier et expliqué qu’il réalise ce type d’ « exploit » pour lever des fonds pour des associations de soutien aux vétérans. La fenêtre de beau temps semblant se refermer, il a pris la décision de « déposer le rameur dans l’abri » Vallot pour finir l’ascension et redescendre en sécurité. Il comptait bien remonter pour finir son projet et récupérer le rameur quand la polémique a commencé à prendre de l’ampleur. Il a démenti toute mauvaise intention et espérait encore pouvoir terminer son projet avant la fin de la saison. A ce stade, il a récolté près de 12.200 livres (environ 13.500 euros) pour ses associations partenaires.

Evaluant le coût de la descente du rameur à 1800 euros, la mairie de Saint Gervais promet d’envoyer la facture à l’Ambassade de Grande Bretagne.

Source : Synthèse d’articles parus dans la presse française.

Photo: C. Grandpey