Volcans du monde // Volcanoes of the world

L’activité volcanique de ces derniers jours a surtout été marquée par l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) entre les après midis des 25 et 27 octobre 2019. C’était le cinquième événement de ce type depuis le début de l’année. On assiste chaque fois à une émission de lave de quelques jours précédée d’une lente inflation du volcan.

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Une explosion extrêmement rare a été enregistrée sur le versant sud de l’Iztaccihuatl (Mexique) le 22 octobre 2019. Ce volcan est toujours considéré comme actif bien qu’il n’ait pas eu d’éruptions au cours de l’Holocène. Selon les autorités, l’explosion pourrait être due à une accumulation de gaz. Plus d’informations ainsi qu’une visite du site seront nécessaires pour analyser avec précision l’origine de cet événement.
L’événement explosif n’a duré que quelques secondes, mais il se pourrait qu’il soit d’origine volcanique et lié au système d’alimentation du volcan.
Vu depuis la Vallée du Mexique, l’Iztaccíhuatl, la « femme en blanc », présente le profil d’une femme endormie.
Source: INGEA, The Watchers.

Dernière minute : L’Iztaccíhuatl n’aurait pas connu d’activité volcanique. Selon le CENAPRED, il ne s’agirait pas du tout d’une activité explosive d’origine volcanique mais plutôt d’un effet d’optique :

“Lo observado sobre el volcán coincide en tiempo con el destello del lado izquierdo de la imagen, de una de las luces de la estación situada en el cerro de Altzomoni. Cabe señalar que la imagen de la cámara ubicada en la ciudad de Puebla no muestra ninguna emisión como la descrita. Esto indica que pudiera tratarse de un efecto óptico en la cámara de Paso de Cortés y no de actividad eruptiva.”

« La chose observée sur le volcan coïncide avec le flash du côté gauche de l’image, en provenance de l’une des lumières de la station située sur la colline d’Altzomoni. Il convient de noter que l’image de la caméra située dans la ville de Puebla ne montre aucune émission telle que décrite. Cela montre qu’il pourrait s’agir d’un effet optique au niveau de la caméra de Paso de Cortés et non d’une activité éruptive.»

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Kuchinoerabujima n’est pas la plus connue des îles japonaises. La Smithsonian Institution explique qu’un groupe de jeunes stratovolcans forme l’extrémité E de l’île, au nord des îles Ryukyu, à 15 km à l’ouest de Yakushima.

La dernière activité à Kuchinoerabujima a eu lieu sur deux volcans, le Shindake et le Furudake. Des explosions phréatiques et des éruptions vulcaniennes ont eu lieu sur le Shindake en décembre 2018 et janvier 2019.souvent accompagnées de coulées de boue et de coulées pyroclastiques. Des éruptions avec des coulées pyroclastiques se sont produites sur le Furudake il y a environ 200 ans.
L’Agence Météorologique Japonaise (JMA) a relevé le niveau d’alerte à Kuchinoerabujima de 2 à 3 le 27 octobre 2019. Selon l’Agence, une éruption pourrait déclencher des coulées pyroclastiques, comme cela s’est produit sur le Mont Shindake en janvier 2019. En 2015, des coulées pyroclastiques avaient déjà atteint la côte, obligeant les habitants à partir.
Source: JMA, Smithsonian Institution, The Watchers.

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En raison de l’émission de panaches de gaz et de vapeur et, plus tard, de nuages ​​de cendre, la couleur de l’alerte aérienne pour le Klyuchevskoy (Kamchatka) est d’abord passée au Jaune, puis à l’Orange le 24 octobre 2019. Les panaches de cendre ont atteint 5,5 km de hauteur. Une petite anomalie thermique a été identifiée sur le volcan les 18 et 24 octobre.
Source: KVERT.

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La lave continue d’avancer le long des flancs du Karangetang (Indonésie). Les coulées atteignent jusqu’à 1,8 km dans plusieurs ravines des flancs sud-ouest et ouest. L’incandescence est visible la nuit au-dessus des deux cratères sommitaux. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Source: CVGHM.

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Au Chili, le cratère Nicanor du Nevados de Chillán émet de la vapeur et des panaches de cendre s’élevant jusqu’à 1,3 km au-dessus de la lèvre. Les explosions projettent des matériaux incandescents sur les flancs du volcan. Une nouvelle coulée de lave avance lentement sur le flanc NE. Le niveau d’alerte reste à l’Orange.
Source: SERNAGEOMIN.

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Des explosions d’intensité faible à moyenne sont toujours observées sur le Sabancaya (Pérou). Les panaches de gaz et de cendre s’élèvent en général à 2,5 km au-dessus du sommet. L’extrusion du dôme de lave dans le cratère sommital a ralenti depuis février et a rempli la partie N du cratère. Son volume estimé est de 4,6 millions de mètres cubes. Le niveau d’alerte reste à l’Orange et il est demandé à la population de rester en dehors d’un rayon de 12 km.
Source: IGP.

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Volcanic activity of these last days was especially marked by the eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) between the afternoons of October 25th and 27th, 2019. It was the fifth event of this type since the beginning of year. Each time, the eruption consists of a lava emission of a few days preceded by slow inflation of the volcano.

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A rare explosion occurred on the southern slope of Iztaccihuatl (Mexico) on October 22nd, 2019. This volcano is still considered active even though it has no known Holocene eruptions. According to authorities, the explosion might be due to an accumulation of gases. More information will be required to fully analyze the origin of this event, as well as a visit to the site..

The explosive event lasted only a few seconds, but it could still be considered of volcanic origin if its cause is to be discovered in the feeding system of the volcano.

Iztaccíhuatl, the « Woman in White, » presents the profile of a sleeping woman as seen from the Valley of Mexico.

Source: INGEA, The Watchers.

Last minute: Iztaccíhuatl probably did not have any volcanic activity. According to CENAPRED, an explosive activity of volcanic origin of the webcam image, but rather an optical effect:

“Lo observado sobre el volcán coincide en tiempo con el destello del lado izquierdo de la imagen, de una de las luces de la estación situada en el cerro de Altzomoni. Cabe señalar que la imagen de la cámara ubicada en la ciudad de Puebla no muestra ninguna emisión como la descrita. Esto indica que pudiera tratarse de un efecto óptico en la cámara de Paso de Cortés y no de actividad eruptiva.”

“The observed thing on the volcano coincides in time with the flash on the left side of the image, coming from one of the lights of the station located on the hill of Altzomoni. It should be noted that the image of the camera located in the city of Puebla does not show any emission as described. This indicates that it could be an optical effect in the Paso de Cortés camera and not eruptive activity. ”

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Kuchinoerabujima is not the best known of the Japanese volcanoes. The Smithsonian Institution explains that a group of young stratovolcanoes forms the eastern end of the island of Kuchinoerabujima in the northern Ryukyu Islands, 15 km west of Yakushima. The The latest activity at Kuchinoerabujima occurred on Furudake and Shindake volcanoes. Phreatic explosions and Vulcanian eruptions have occurred at Shindake , frequently accompanied with mudflows and pyroclastic flows. Eruptions with pyroclastic flows occurred at Furudake about 200 years ago.

The Japan Meteorological Agency (JMA) upgraded the alert level for the volcano from 2 to 3 on October 27th, 2019.  According to the Agency, the volcano might trigger pyroclastic flows, like Mount Shindake did in January 2019. In 2015, similar pyroclastic flows reached the coast, forcing residents to evacuate.

Source: JMA, Smithsonian Institution, The Watchers.

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Due to emissions of gas and steam, and later of ash clouds, the aviation colour code for Klyuchevskoy (Kamchatka) was first raised to Yellow, then to Orange on October 24th, 2019.  The ash plumes rose to 5.5 km. A weak thermal anomaly was identified over the volcano on October 18th and 24th.

Source: KVERT.

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Lava continues to travel along the flanks of Karangetang (Indonesia). The flows reach as far as 1.8 km down several drainages on the SW and W flanks. Incandescence can be seen at night above the two summit craters. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source : CVGHM.

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In Chile, Nevados de Chillán’s Nicanor Crater is emitting steam and ash plumes that rise as high as 1.3 km above the rim. Explosions eject incandescent material onto the flanks of the volcano. A new lava flow slowly advances on the NE flank.. The alert level remains at Orange.

Source: SERNAGEOMIN.

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Low-to-medium intensity explosions are still observed at Sabancaya (Peru). Gas-and-ash plumes usually rise as high as 2.5 km above the summit. The lava dome in the summit crater has been slowing extruding since February and filling in the N part of the crater. Its estimated volume is 4.6 million cubic metres. The alert level remains at Orange and the public is warned to stay outside a 12-km radius.

Source: IGP.

L’explosion de l’Iztaccihuatl vue par la webcam

Le permafrost est un puissant émetteur de carbone // Permafrost is a powerful carbon emitter

Quand je lis le titre d’un article publié sur le site web de la revue GEO, je me dis qu’il reste beaucoup à faire pour faire prendre conscience des effets du réchauffement climatique.

L’article est intitulé : « A cause du changement climatique, le sol gelé de l’Arctique serait devenu un émetteur de carbone. » Je suis désolé, mais l’utilisation du conditionnel est une grave erreur. Cela fait longtemps que j’attire l’attention sur les émissions de gaz à effet de serre (gaz carbonique et méthane) par le sol de la toundra, que ce soit en Sibérie, au Canada ou en Alaska.

L’auteur de l’article prend des précautions bien inutiles. Il écrit qu’« une nouvelle étude suggère qu’à cause de la hausse de températures, le sol gelé de l’Arctique serait devenu un émetteur de dioxyde de carbone. En hiver, il libèrerait désormais plus de gaz que les plantes de la région ne peuvent en absorber durant l’été. » Pas de doute possible, GEO est très en retard sur la réalité !

En lisant l’article, j’ai l’impression de lire un condensé des notes diffusées de puis des mois sur mon blog à propos de la fonte du permafrost, ou pergélisol. On nous rappelle que le sol arctique gelé en permanence constitue 24% des terres émergées de l’hémisphère nord et recouvre plus de 20 millions de kilomètres carrés. Depuis des dizaines de milliers d’années, les régions arctiques capturent le gaz carbonique pour le piéger en profondeur. D’après une étude parue en 2015, le pergélisol recèle quelque 1.700 milliards de tonnes de CO2, soit deux fois plus que la quantité présente dans l’atmosphère. A cause du changement climatique et de l’augmentation des températures, le pergélisol est maintenant devenu un émetteur de carbone. Il libère plus de CO2 en hiver que les plantes de la région ne peuvent en absorber durant l’été.

Jusqu’à ces dernières années, on pensait que la libération de carbone s’interrompait en hiver parce que les sols restaient gelés et que les bactéries n’étaient pas actives, mais des études récentes ont prouvé le contraire.

Comme je l’ai indiqué dans une note précédente, les scientifiques ont placé des capteurs de dioxyde de carbone au niveau de plus de 100 sites répartis à travers l’Arctique. D’octobre à avril, ces dispositifs ont collecté plus de 1.000 mesures qui ont permis d’évaluer les émissions de CO2 au niveau du pergélisol et d’établir des modèles. Les chercheurs ont constaté que la libération de CO2 varie selon le type de végétation mais est deux fois plus importante qu’évaluée par de précédentes études.

Pour calculer l’évolution du phénomène au fil des décennies, les scientifiques ont étendu les prédictions de leur modèle en considérant les conditions plus chaudes établies pour 2100 par différents scénarios du GIEC. Dans un scénario modéré où des efforts seraient mis en place, les émissions du pergélisol pourraient augmenter de 17%. En revanche, si aucun effort n’est mené, le phénomène pourrait croître de 41%.

L’article de GEO fait toutefois remarquer que cette étude n’est pas la première à dénoncer les conséquences de la fonte du pergélisol pour le climat. Les sols gelés de l’Arctique sont déjà qualifiés par certains de « bombe à retardement climatique », en raison de la quantité de méthane (CH4) qu’ils recèlent et peuvent libérer. Les cratères creusés dans la toundra sibérienne par les explosions de méthane sont la preuve de la puissance explosive de ce gaz dont le potentiel de réchauffement est environ 30 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone.

Pour terminer, l’article oublie de mentionner les conséquences que la fonte du permafrost pourrait avoir pour la santé. En fondant, le sol gelé risque de libérer des bactéries restées prisonnières pendant des décennies, voire des siècles. L’épidémie d’anthrax qui a touché des éleveurs de rennes en Sibérie il y a quelque mois n’est peut-être pas étrangère à ce phénomène.

Source : GEO.

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When I read the title of an article published on the website of the GEO magazine, I tell myself that much remains to be done to raise awareness of the effects of global warming.
The article is entitled: “Because of climate change, frozen ground in the Arctic may have become a carbon emitter.” I’m sorry, but using “may” is a big mistake. It has been a long time since I brought attention to greenhouse gas (carbon dioxide and methane) emissions from tundra soils, whether in Siberia, Canada or Alaska.
The author of the article takes useless precautions. He writes that « a new study suggests that because of rising temperatures, the frozen ground of the Arctic may have become a carbon dioxide emitter. In winter, it is likely to release more gas than plants in the region can absorb during the summer. No doubt, GEO is way behind reality!
While reading the article, I have the impression to read a summary of the posts released for months on my blog about the melting of permafrost. We are reminded that the permanently frozen Arctic soil constitutes 24% of the northern hemisphere’s land surface and covers more than 20 million square kilometres. For tens of thousands of years, Arctic regions have captured carbon dioxide to trap it at depth. According to a study published in 2015, permafrost contains some 1,700 billion tonnes of CO2, twice as much as the amount in the atmosphere. Due to climate change and increasing temperatures, permafrost has now become a carbon emitter. It releases more CO2 in winter than plants in the region can absorb during the summer.
Until recently, it was thought that carbon release stopped in the winter because soils remained frozen and bacteria were not active, but recent studies have shown the opposite.
As I mentioned in a previous posts, scientists have placed carbon dioxide sensors at more than 100 sites across the Arctic. From October to April, these devices collected more than 1,000 measurements that made it possible to evaluate CO2 emissions at the level of permafrost and to establish models. The researchers found that CO2 release varies by vegetation type, but is twice as large as assessed by previous studies.
To calculate the evolution of the phenomenon over decades, scientists have extended the predictions of their model by considering the warmer conditions set for 2100 by different IPCC scenarios. In a moderate scenario where efforts would be put in place, permafrost emissions could increase by 17%. On the other hand, if no effort is made, the phenomenon could grow by 41%.
However, the GEO article notes that this study is not the first to denounce the consequences of melting permafrost for the climate. The frozen soils of the Arctic are already qualified by some of the « climate time bomb » because of the amount of methane (CH4) they contain and can release. The craters dug in the Siberian tundra by methane explosions are proof of the explosive power of this gas whose potential for warming is about 30 times higher than that of carbon dioxide.
Finally, the article fails to mention the consequences that the melting of permafrost could have for health. By melting, frozen soil may release bacteria that have been trapped for decades or even centuries. The anthrax epidemic that affected reindeer herders in Siberia a few months ago may be linked to this phenomenon.
Source: GEO.

Photo: C. Grandpey

Source: The Siberian Times

Stromboli, Terra di Dio, Terra d’Amore…

Sur l’île de Stromboli, quelques mètres en contrebas de l’église San Vincenzo, une maison rouge aux volets fermés affiche une plaque discrète: «In questa casa dimorò Ingrid Bergman che con Roberto Rossellini girò il film Stromboli nella primavera del 1949.»

La presse sicilienne nous apprend que la maison qui a abrité l’histoire d’amour entre Roberto Rossellini et Ingrid Bergman sera vendue aux enchères. Le tribunal de Messine a fixé l’audience au 20 novembre. Il s’agit d’une maison d’environ 220 mètres carrés. Le bien a été évalué à 700 000 euros. Les habitants de Stromboli ont demandé à plusieurs reprises de créer un musée dédié au film « Stromboli, terra di Dio », mais aussi où serait racontée l’histoire de l’île.

Le tournage de « Stromboli, terre de Dieu » est une légende moderne encore vivace en Italie. Elle commence en mai 1948 quand Rossellini reçoit une lettre d’une actrice suédoise le complimentant sur ses films et lui proposant ses services. L’actrice en question a pour nom Ingrid Bergman. Rosselini lui répond pour la remercier et ils échangent une correspondance dans laquelle s’ébauche un projet. Ils conviennent d’une première rencontre à Paris. Ils s’entendent sur un titre, Terra di Dio, et sur une trame, mais Rossellini reste vague sur le scénario précis du film.

Lorsque Bergman retourne à Hollywood, elle s’informe sur les possibilités concrètes de produire ce film qui devient pour elle prioritaire. Rossellini la rejoint bientôt en Californie. Ingrid Bergman a convaincu Samuel Goldwyn, très désireux de faire un film avec elle, de produire Terra di Dio. Mais la rencontre entre Goldwyn et Rossellini tourne court. Vient ensuite Howard Hugues, propriétaire de la RKO, qui accepte de financer le film et de le distribuer aux États-Unis. Le tournage doit commencer le 1er avril…

Lorsque, le 4 avril, l’équipe débarque à Stromboli, la presse sicilienne relate à pleines pages l’idylle naissante entre Ingrid et Roberto. Le problème, c’est que le beau Roberto était jusqu’alors l’amant célèbre d’une actrice non moins célèbre, Anna Magnani, une femme au tempérament aussi chaud que la lave d’un volcan. Elle tente de recoller les morceaux avec Rossellini, mais en vain.

Furieuse et bien décidée à se venger, Magnani décide de mettre sur pied un projet qui fera concurrence à Stromboli, terra di Dio et que William Dieterle mettra en scène pratiquement aux mêmes dates, dans une autre des îles éoliennes, la toute proche Vulcano, qui donnera également son nom au film.

Sur le plan personnel, Magnani-Vulcano était peut-être vengée de Rossellini-Stromboli; sur celui des finances, ils resteront quittes: l’un et l’autre films ont été de sévères échecs.

Le scénario du film « Stromboli, Terra di Dio » de Roberto Rossellini avec Ingrid Bergman, Mario Vitale et Renzo Cesana est assez simple. Dans un camp italien après-guerre, une Lettonne épouse un jeune homme originaire de Stromboli. Ils s’établissent sur l’île aride, où le mari pêche le thon. Elle essaie de s’adapter à sa nouvelle existence, entre suspicion du voisinage, solitude et éruption. Dans sa fuite finale, elle gravit le volcan…

Voici deux extraits du film que le journal Le Monde a eu la bonne idée d’offrir à ses lecteurs il y a quelques années…

 https://www.youtube.com/watch?v=nAsxCpklYeQ

 https://www.youtube.com/watch?v=zEb9NyztOV0

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Sull’isola di Stromboli, a pochi metri sotto la chiesa di San Vincenzo, una casa rossa con persiane chiuse mostra una discreta targa: « In questa casa dimorò Ingrid Bergman che con Roberto Rossellini girò il film Stromboli nella primavera del 1949. »

La stampa siciliana dice che la casa che ha ospitato la storia d’amore tra Roberto Rossellini e Ingrid Bergman sarà venduta all’asta. Il tribunale di Messina ha fissato l’udienza il 20 novembre. È una casa di circa 220 metri quadrati. La proprietà è stata valutata in 700.000 euro. Gli abitanti di Stromboli hanno ripetutamente chiesto di creare un museo dedicato al film « Stromboli, terra di Dio« , ma anche dove si racconta la storia dell’isola.

Le riprese di « Stromboli, terra di Dio » sono una leggenda moderna ancora viva in Italia. Inizia nel Maggio del 1948 quando Rossellini riceve una lettera da un’attrice svedese che lo complimenta per i suoi film e gli offre i suoi servizi. L’attrice in questione è Ingrid Bergman. Rosselini risponde per ringraziarla e si scambiano una corrispondenza in cui viene avviato un progetto. Sono d’accordo su un primo incontro a Parigi. Sono anche d’accordo su un titolo, Terra di Dio, ma Rossellini rimane vago sullo scenario specifico del film.

Quando Bergman torna a Hollywood, si informa sulle possibilità concrete di produrre questo film, che diventa una priorità per lei. Rossellini presto si unisce a lei in California. Ingrid Bergman ha convinto Samuel Goldwyn, desideroso di girare un film con lei, per produrre Terra di Dio. Ma l’incontro tra Goldwyn e Rossellini è un fallimento. Il prossimo è Howard Hughes, proprietario della RKO, che accetta di finanziare il film e distribuirlo negli Stati Uniti. Le riprese devono iniziare il 1 Aprile …

Quando, il 4 Aprile, la squadra arriva a Stromboli, la stampa siciliana racconta in pieno il nascente idillio tra Ingrid e Roberto. Il problema è che fino ad allora il bello e famoso Roberto era l’amante di un’attrice non meno famosa, Anna Magnani, una donna con un temperamento caldo come la lava di un vulcano. Ha cercato di raccogliere i pezzi con Rossellini, ma invano.

Furioso e determinato a vendicarsi, Magnani decide di avviare un progetto che competerà con Stromboli, terra di Dio e che William Dieterle andrà in scena nelle stesse date, in un’altra delle isole Eolie, Vulcano, che darà anche il suo nome al film.

A livello personale, Magnani-Vulcano potrebbe essere stato vendicato su Rossellini-Stromboli; per quanto riguarda le finanze, rimarranno tranquilli: l’uno e l’altro film hanno subito gravi fallimenti.

La sceneggiatura del film « Stromboli, Terra di Dio » di Roberto Rossellini con Ingrid Bergman, Mario Vitale e Renzo Cesana è abbastanza semplice. In un campo italiano del dopoguerra, una Lettone sposa un giovane di Stromboli. Si stabiliscono sull’isola arida, dove il marito pesca il tonno. Lei cerca di adattarsi alla sua nuova esistenza, tra sospetto di vicinato, solitudine ed eruzione. Nella sua ultima fuga, si arrampica sul vulcano …

Ecco due estratti del film che il quotidiano francese Le Monde ha avuto la buona idea di offrire ai suoi lettori qualche anno fa …

https://www.youtube.com/watch?v=nAsxCpklYeQ

https://www.youtube.com/watch?v=zEb9NyztOV0

Photo: C. Grandpey

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Belles photos de l’éruption

L’éruption du Piton de la Fournaise est terminée, mais je continue à recevoir des photos des coulées de lave. Voici celles que vient de me faire parvenir l’ami Thierry Sluys, très belles comme d’habitude.

A noter que Thierry, son épouse et sa fille tiennent à votre disposition un merveilleux gîte – Leu Bleu Austral – sur les hauteurs de St Leu, avec une superbe vue sur l’océan. Si vous prévoyez un séjour à la Réunion, n’hésitez pas à les contacter

Vous trouverez toutes les indications utiles à cette adresse :

https://www.leubleuaustral.fr/

Images de la progression de la lave:

Dans le Grand Brûlé…

Lava a’a…

Photos: Thierry Sluys

 

Du “vog” sur l’île de la Réunion

L’éruption du Piton de la Fournaise est terminée, mais elle a laissé derrière elle une enveloppe de brouillard volcanique que les Hawaiiens ont baptisé « vog », le condensé de « volcanic fog », autrement dit brouillard volcanique. A Hawaii, avant que se termine l’éruption du Kilauea en août 2018, ce brouillard a posé des problèmes aux horticulteurs  car le gaz qu’il véhicule est en grande partie de dioxyde de soufre (SO2). Se mêlant à la pluie, il devient de l’acide sulfurique et donne naissance à des pluies acides qui abîment les récoltes. S’il persiste, le vog peut également devenir un problème pour les personnes souffrant de problèmes respiratoires.

A la Réunion, le vog n’a pas vraiment d’impact sur la vie de l’île. Les météorologues n’enregistrent rien de significatif. De plus, le phénomène ne devrait persister que quelques dizaines d’heures. Pour le moment, le gaz émanant de l’éruption reste piégé sous un couvercle nuageux qui persiste sur toute la zone sud de l’île. Le vog se dispersera avec le retour de la pluie et du vent qui nettoiera l’atmosphère.

Côté circulation, la réouverture totale de la RN2 s’est effectuée dans les deux sens le 27 octobre dans la soirée. Les gendarmes ont toutefois maintenu une surveillance de la route au niveau de la coulée en raison de la forte affluence.

Source de vog à Hawaii (Photo: C. Grandpey)

L’incroyable recul du glacier Columbia en Alaska // The amazing retreat of the Columbia Glacier in Alaska

Voici une note qui confirme le recul très spectaculaire du glacier Columbia en Alaska. Il y était fait allusion dans un article paru dans Le Populaire du Centre le dimanche 15 septembre 2019.

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Si vous avez des doutes sur les effets du réchauffement climatique sur les glaciers, je vous invite à visionner une vidéo en accéléré mise en ligne par la NASA. Elle montre l’évolution du glacier Columbia en Alaska entre 1986 et 2019.
Le glacier Columbia prend sa source dans un champ de glace situé à 3 050 mètres d’altitude sur les flancs des Chugach Mountains. Il avance ensuite dans un chenal étroit qui le conduit vers la Baie du Prince William, dans le sud-est de l’Alaska.
Le Columbia est un glacier qui s’écoule directement dans la mer (‘tidewater glacier’ en anglais). Lorsque les explorateurs britanniques l’ont approché pour la première fois en 1794, son front s’étendait vers le sud jusqu’à la rive nord de Heather Island, près de l’ouverture de là où s’ouvre Columbia Bay. Le glacier a maintenu cette position jusqu’en 1980, date à laquelle il a entamé un recul rapide qui se poursuit aujourd’hui.
Les images en fausses couleurs sur la vidéo en accéléré ont été capturées par les satellites Landsat. Elles montrent l’évolution du glacier et du paysage environnant depuis 1986. La neige et la glace apparaissent en couleur cyan vif, la végétation est verte, les nuages ​​ont une couleur blanche ou orange pâle et les eaux de l’océan présentent une teinte bleu foncé. Le substrat rocheux à découvert est marron, tandis que les débris rocheux à la surface du glacier sont gris.
Depuis les années 1980, le front du glacier a reculé de plus de 20 kilomètres. Certaines années, il a reculé de plus d’un kilomètre, bien que la vitesse de recul soit irrégulière. Le front a ralenti son recul entre 2000 et 2006, car les Great Nunatak Peak et Kadin Peak (directement à l’ouest) ont ralenti la progression du glacier.
En même temps qu’il reculait, le Columbia s’est considérablement réduit en épaisseur, comme le montre l’étendue des zones de substrat rocheux de couleur marron de la vidéo. Depuis les années 1980, le glacier a perdu plus de la moitié de son épaisseur et de son volume.
Immédiatement au sud du front du glacier, on peut voir une couche de glace en train de flotter et parsemée d’icebergs qui se sont détachés de son front. La superficie et l’épaisseur de cette couche varient en fonction de l’importance des derniers vêlages et des conditions océaniques.
Le recul du glacier a également eu une influence sur sa morphologie. Dans les années 1980, il présentait trois bras principaux. En 1986, il y avait un bras à l’ouest de la moraine médiane (bras ouest), un bras à l’est de cette dernière (bras principal) et un bras plus petit qui se dirigeait vers l’est du Great Nunatak Peak.
Lorsque le Columbia a perdu de la masse et s’est aminci, la progression du bras le plus petit a stagné, s’est inversée et a finalement commencé à avancer à l’ouest du Great Nunatak Peak. En 2011, le recul du front du glacier a fait se diviser le Columbia en deux glaciers distincts, de sorte que le vêlage avait désormais lieu sur deux fronts séparés. En 2011, on pensait que le bras le plus à l’ouest s’était stabilisé, mais il a surpris les scientifiques avec un recul inattendu parfaitement visible sur la séquence vidéo de 2013. En 2019, les scientifiques pensaient à nouveau que ce bras allait cesser de reculer ; il faudra attendre la nouvelle visite au glacier en pour s’en assurer avec certitude.
En 2014, des chercheurs ont constaté que le bras principal s’était tellement aminci qu’il n’était plus retenu par le substrat rocheux. En conséquence, l’effet des marées océaniques pouvait se faire sentir sur le glacier jusqu’à 12 kilomètres en amont, provoquant ainsi une nouvelle instabilité du bras principal. Ce bras a repris son recul et en 2019, elle a produit de nombreux icebergs pendant l’été anormalement chaud.
Le recul du glacier Columbia contribue à l’élévation du niveau de la mer à l’échelle de la planète, principalement par l’intermédiaire du vêlage d’icebergs. Lorsque le front du Columbia atteindra la terre ferme, son recul va probablement ralentir. La surface plus stable provoquera une réduction du vêlage, ce qui permettra au glacier de commencer à reconstruire une moraine et de progresser une nouvelle fois.
Vous pourrez voir la vidéo en cliquant sur ce lien:
https://earthobservatory.nasa.gov/world-of-change/ColumbiaGlacier

 Source: NASA.

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If you have doubts about the effects of climate change and global warming on glaciers, I invite you to have a look at a NASA time lapse video showing the evolution of the Columbia Glacier in Alaska between 1986 and 2019.

The Columbia Glacier descends from an icefield 3,050 metres above sea level, down the flanks of the Chugach Mountains, and into a narrow inlet that leads into Prince William Sound in southeastern Alaska.

The Columbia is a tidewater glacier, flowing directly into the sea. When British explorers first surveyed it in 1794, its front extended south to the northern edge of Heather Island, near the mouth of Columbia Bay. The glacier held that position until 1980, when it began a rapid retreat that continues today.

The false-colour images, captured by Landsat satellites, show how the glacier and the surrounding landscape have changed since 1986. The snow and ice appear bright cyan, vegetation is green, clouds are white or light orange, and open water is dark blue. Exposed bedrock is brown, while rocky debris on the glacier’s surface is gray.

Since the 1980s, the terminus has retreated more than 20 kilometres to the north. In some years, the front retreated more than a kilometre, though the pace has been uneven. The movement of the glacier’s front stalled between 2000 and 2006 because the Great Nunatak Peak and Kadin Peak (directly to the west) constricted the glacier’s movement and held the ice in place.

As the glacier terminus has retreated, the Columbia has thinned substantially, as shown by the expansion of brown bedrock areas in the Landsat images. Since the 1980s, the glacier has lost more than half of its total thickness and volume.

Just south of the terminus, a layer of floating ice is dimpled with chunks of icebergs that have calved from the glacier and rafted together. The area and thickness of this layer varies depending on recent calving rates and ocean conditions.

The retreat has changed the way the glacier flows. In the 1980s, there were three main branches. In 1986, there was a branch to the west of the medial moraine (West Branch), a large branch that flowed to the east of it (Main Branch), and a smaller branch that flowed around the eastern side of Great Nunatak Peak.

As the Columbia lost mass and thinned, the flow in the smallest branch stalled, reversed, and eventually began flowing to the west of Great Nunatak Peak. By 2011, the retreating front split the Columbia into two separate glaciers, with calving now occurring on two distinct fronts. The West Branch was thought to have stabilized by 2011, but it surprised scientists with an unexpected retreat that shows up in the 2013 image. By 2019, scientists again thought the branch could be at the limit of its retreat. But until the glacier can be visited in person, they cannot say for sure.

In 2014, researchers found that the Main Branch had thinned so much that it no longer had traction against the bed. With less traction, the glacier can be affected by tidal motion as far as 12 kilometres upstream, leaving the Main Branch unstable again. The branch resumed retreat, and in 2019 shed ample icebergs during an anomalously warm summer.

The retreat of the Columbia Glacier contributes to global sea-level rise, mostly through iceberg calving. When the Columbia reaches the shoreline, its retreat will likely slow down. The more stable surface will cause the rate of calving to decline, making it possible for the glacier to start rebuilding a moraine and advancing once again.

You will see the video by clicking on this link:

https://earthobservatory.nasa.gov/world-of-change/ColumbiaGlacier

 Source : NASA.

Je me suis rendu en bateau au chevet du glacier Columbia en 2009 et 2013. J’ai réalisé à quelle vitesse le glacier avait reculé. J’ai remarqué le même phénomène lorsque je suis allé observer le glacier Sawyer au sud de Juneau en 2017.

Le Columbia en 2009

Le Columbia en 2013

Le Sawyer en 2017

(Photos: C. Grandpey)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Fin the l’éruption // End of the eruption

17 heures. Il fallait s’y attendre; c’était la conclusion de ma dernière note : L’activité éruptive débutée le 25 octobre 2019 à 14h40 (heure locale) s’est arrêtée ce 27 octobre 2019 à 16h30 (heure locale), après une phase d’activité de « gaz piston » d’environ une heure.

Comme il le fait à l’issue de chaque éruption, l’OVPF écrit qu’aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation à venir.

Source : OVPF.

On connaît le tempérament fantasque du volcan qui pourrait très bien recommencer à émettre brièvement de la lave, histoire de finir de vider la poche superficielle de magma. Personnellement, je n’y crois pas trop. Cette 5ème éruption se retrouve dans le contexte des événements précédents : Très lente inflation du volcan, activité sismique sporadique et, au final, une éruption de quelques heures ou, au maximum, quelques dizaines d’heures. On a vraiment l’impression que le magma n’a pas la force d’atteindre le sommet di volcan, ce qui explique les émissions de lave à basse altitude, quand un réseau de fractures permet l’évacuation de la lave.

Je remarque aussi que ces cinq éruptions ont lieu au moment où est en train de naître au large de l’île de Mayotte un nouveau volcan sous-marin. Tout se passe comme si se nouveau volcan « pompait » le magma de la Fournaise et empêchait le volcan réunionnais de s’exprimer puissamment, comme autrefois. Etant donné la position géographique de la Réunion et de Mayotte et l’obstacle malgache entre les deux îles, je ne pense pas qu’il y ait de corrélation, mais rien ne dit que les profondeurs du manteau terrestre ne réservent pas des surprises. Le problème, c’est que l’analyse des laves émises à Mayotte et à la Réunion ne permettra pas vraiment de savoir si leur origine a des points communs.

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17:00: It was to be expected: The eruptive activity started on October 25th, 2019 at 14:40 (local time) stopped on October 27th, 2019 at 16:30 (local time), after a phase of gas pistoning activity which lasted about one hour.
As it does at the end of each eruption, OVPF writes that no hypothesis can be discarded as to the evolution of the future situation.
Source: OVPF.
We know the whimsical mood of the volcano that could very well begin to emit lava briefly, just to finish emptying the sshallow pocket of magma. Personally, I do not believe in this hypothesis. This fifth eruption is similar to the previous events: Very slow inflation of the volcano, sporadic seismic activity and, finally, an eruption of a few hours or, at most, a few dozen hours. One really feels that magma does not have the strength to reach the summit of volcano, which explains low-altitude lava emissions, when a network of fissures allows the evacuation of the lava.
I also notice that these five eruptions are taking place just as a new submarine volcano is appearing off the island of Mayotte. Everything happens as if the new volcano « pumped » the magma of La Fournaise and prevented the Reunion volcano from expressing powerfully, as before. Given the geographical position of Reunion and Mayotte and the Malagasy obstacle between the two islands, I do not think there is a correlation, but the depths of the Earth’s mantle may hold surprises. The problem is that the analysis of lava emitted in Mayotte and Reunion will not really allow to know if their origin has common points.

 

En souvenir de la cinquième éruption…

Crédit photo: Fabrice Juignier