Merapi (Indonésie) et Stromboli (Sicile)

Dans un bulletin émis le 5 janvier 2019, l’agence indonésienne de gestion des catastrophes indique que des retombées de cendre en provenance du Merapi ont été observées le 4 janvier dans les villages de Tegalmulyo and Tlogowoatu, dans la région de Yogyakarta. L’événement a duré une vingtaine de minutes. Quelque 5000 masques anti-poussière ont été distribués aux habitants.

Cela fait plusieurs mois que l’on observe un gonflement du dôme sommital du Merapi. Dans son dernier bulletin de la mi décembre, le GVN indiquait que son volume était estimé à environ 350 000 mètres cubes at une croissance moyenne de 2000 mètres cubes par jour

Même si le niveau d’alerte reste à 2 (Waspada), la situation mérite d’être surveillée étroitement car des effondrements sont susceptibles de se produire. .

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Une ordonnance émise par la municipalité de Lipari le 4 janvier 2019 interdit l’accès au Stromboli au-dessus de 400 mètres d’altitude. Le maire de Lipari indique que le niveau d’activité « élevé » du volcan à l’heure actuelle motive cette décision. Les guides accrédités – uniquement dans le cadre d’opérations de surveillance – ainsi que les scientifiques ne sont pas concernés par l’interdiction. Cela signifie que les touristes, même accompagnés par les guides, ne peuvent plus accéder, jusqu’à nouvel ordre, à la zone sommitale du volcan.

L’activité du Stromboli peut être observée en direct à cette adresse :

https://www.skylinewebcams.com/fr/webcam/italia/sicilia/messina/stromboli.html

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In a bulletin issued on January 5th, 2019, the Indonesian Disaster Management Agency reports that ashfall from Mt Merapi was observed on January 4th in the villages of Tegalmulyo and Tlogowoatu in the Yogyakarta region. The event lasted about twenty minutes. Some 5,000 masks were distributed to local residents.
The summit dome of Mt Merapi has been swelling for several months. In its last report of mid-December, GVN indicated that its volume was estimated at about 350,000 cubic metres with an average growth of 2,000 cubic metres per day
Even if the alert level remains at 2 (Waspada), the situation should be closely monitored as collapses are likely to occur.

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An ordinance issued by the Municipality of Lipari on January 4th, 2019 prohibits access to Stromboli above 400 metres above sea level. The Mayor of Lipari indicates that the « high » level of activity of the volcano at the moment motivates this decision. Authorised guides – only in the context of monitoring operations – as well as scientists are not affected by the interdiction. This means that tourists, even accompanied by guides, are not allowed to climb to the summit area of ​​the volcano until further notice..
The activity of Stromboli can be observed live at this address:
https://www.skylinewebcams.com/fr/webcam/italia/sicilia/messina/stromboli.html

Image webcam du Stromboli le 5 janvier 2019 au matin

La fonte du permafrost (1ère partie) // Permafrost thawing (Part one)

Le permafrost a longtemps été négligé en tant que cause potentielle du changement climatique. Aujourd’hui, avec le réchauffement rapide de l’Arctique, les scientifiques prennent conscience de son impact sur notre environnement.
Voici trois articles qui montreront 1) ce qu’est le permafrost 2) ce qui se passe lorsqu’il est en train de fondre et 3) ses impacts sur les structures, les écosystèmes et la santé humaine.

Le mot « permafrost » (aussi appelé «pergélisol») fait référence au sol qui reste gelé pendant deux années consécutives ou plus. Il est composé de roches, de terre, de sédiments et de quantités variables de glace qui lient les éléments. Une partie du permafrost est restée gelée depuis des dizaines, voire des centaines de milliers d’années.
Le permafrost peut avoir une épaisseur de deux à 1500 mètres. Il stocke les restes de plantes et d’animaux contenant du carbone qui ont gelé avant de se décomposer. Les scientifiques estiment que le permafrost dans le monde contient 1500 milliards de tonnes de carbone, soit près du double de la quantité de carbone actuellement dans l’atmosphère. Malheureusement, lorsque le permafrost se réchauffe et dégèle, il libère du dioxyde de carbone et du méthane dans l’atmosphère. En conséquence, il pourrait largement contribuer au réchauffement de la planète. Le permafrost est déjà en train de fondre dans certaines régions du globe et si le phénomène s’amplifie, les scientifiques craignent qu’il provoque un processus accéléré de réchauffement de la planète.
Le permafrost recouvre environ 24% de la surface continentale de l’hémisphère Nord, ce qui représente plus de 23 millions de kilomètres carrés. On le trouve sous les hautes latitudes et les hautes altitudes, principalement en Sibérie, sur le plateau tibétain, en Alaska, dans le nord du Canada, au Groenland, dans certaines parties de la Scandinavie et en Russie. Les plateaux continentaux situés sous les eaux de l’Océan Arctique, qui étaient exposés au cours de la dernière période glaciaire, contiennent également du permafrost.
Le problème, c’est que l’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète, avec une élévation de la température qui n’a jamais été observée depuis au moins 2 000 ans. En Alaska, la température du pergélisol s’est accrue jusqu’à 2°C au cours des dernières décennies. Une étude récente indique qu’à chaque augmentation de 1°C de la température, 3,8 millions de kilomètres carrés de permafrost disparaissent lors du dégel.

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Permafrost has long been neglected as a potential source of climate change. Today, with the rapid warming of the Arctic, scientists are becoming aware of its impact on our environment.

Here are three posts that will show 1) what permafrost is 2) what happens when it is thawing and 3) its impacts on structures, ecosystems and human health.

The word “permafrost” refers to ground that remains frozen for two or more consecutive years. It is composed of rock, soil, sediments, and varying amounts of ice that bind the elements together. Some permafrost has been frozen for tens or hundreds of thousands of years.

Found under a layer of soil, permafrost can be from two to 1,500 metres thick. It stores the carbon-based remains of plants and animals that froze before they could decompose. Scientists estimate that the world’s permafrost holds 1,500 billion tons of carbon, almost double the amount of carbon that is currently in the atmosphere. Unfortunately, when permafrost warms and thaws, it releases carbon dioxide and methane into the atmosphere. As a consequence, it could become a significant source of planet-heating emissions. Permafrost is already thawing in some places, and if the problem spreads, scientists worry it could initiate a runaway process of global warming.

Permafrost covers about 24 percent of the exposed landmass of the Northern Hemisphere, which means more than 23 million square kilometres. It is found at high latitudes and high altitudes, mainly in Siberia, the Tibetan Plateau, Alaska, Northern Canada, Greenland, parts of Scandinavia and Russia. The continental shelves below the Arctic Ocean, which were exposed during the last ice age, also contain permafrost.

The problem is that the Arctic is warming twice as fast as the rest of the planet, at a rate of temperature change that has not been observed in at least the last 2,000 years. In Alaska, permafrost temperatures have warmed as much as 2˚C in the last few decades. A recent study indicates that with every 1˚C increase in temperature, 3.8 million square kilometres of permafrost could be lost through thawing.

Le sol de la toundra en Alaska et au Canada reste gelé en permanence (Photos: C. Grandpey)

Nouvelles de Martinique et de Guadeloupe

Avec le réchauffement climatique et la hausse de la température des océans, on assiste à une prolifération d’algues qui viennent s’échouer sur les rivages. Le problème est particulièrement sérieux en Guadeloupe et en Martinique qui sont envahies régulièrement par des bancs de sargasses. Lorsque ces algues se décomposent sur les rivages, elles dégagent de l’hydrogène sulfuré (H2S) qui présente des menaces sanitaires pour la population qui habite sur et à proximité des côtes. J’ai écrit deux articles sur ce blog le 12 juillet et le 28 août 2018 visant à attirer l’attention sur ce problème. Des mesures timides ont été prises par les autorités pour essayer de faire face à l’invasion de sargasses, mais sans grand succès jusqu’à présent.

A la Martinique, la municipalité du Robert, l’une des communes les plus affectées par l’odeur nauséabonde de la décomposition des sargasses, vient de faire l’acquisition d’une nouvelle arme contre ces algues. Il s’agit du Sargator, un navire collecteur d’algues brunes, commercialisé par une entreprise guadeloupéenne. Ce bateau au nom évocateur est équipé pour collecter les algues encore en mer. Les premiers tests (sans la présence de sargasses) de ce nouveau bateau se sont déroulés le 2 janvier 2019 sur le front de mer de la commune.

Le Sargator  présente une longueur d’une douzaine de mètres ; il est doté d’un moteur hors bord qui permettra, grâce à un tapis roulant, de collecter jusqu’à 10 tonnes d’algues, très près des côtes à moins d’1,80 m de profondeur, avant leur échouage. Cet outil a coûté près de 300 000 euros. Si les tests s’avèrent concluants, il sera piloté par trois agents ayant reçu une formation adéquate. A voir maintenant si les tests sont concluants et si le Sargator réussira a rendre la vie agréable aux Martiniquais. Si la phase d’essai est positive, les autorités locales envisagent déjà l’achat d’une deuxième machine.

Source : France Antilles.

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Pendant que les Martiniquais s’attaquaient aux sargasses, les Guadeloupéens – eux aussi concernés par ce problème – s’inquiétaient car le volcan de la Soufrière montrait une hausse de la sismicité  Les sismographes mis en place par l’Observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe ont enregistré plusieurs essaims sismiques de très faible magnitude. Ces événements ont été localisés à une profondeur inférieure à 2,5 km, sous le sommet du dôme de la Vieille Dame.

Le dernier communiqué de l’Observatoire, émis le 24 décembre 2018 à 19 heures, se veut rassurant. On peut lire que « la séquence de séismes volcaniques qui avait débuté dans la zone du volcan de La Soufrière le 21 décembre à 21h25, heure locale a pris fin le dimanche 23 décembre. Lors de cette séquence, 88 séismes ont été enregistrés. Les séismes ont été de très faible magnitude (M < 1). Les événements sont localisés à une profondeur inférieure à 2.5 km sous le sommet du dôme de La Soufrière. Aucun séisme n’a été ressenti par la population. »

Le dernier bulletin global d’activité a été émis au mois de novembre 2018. Il nous explique que depuis 1992, l’activité sismique, fumerollienne, thermique, et de déformations superficielles poursuit un régime fluctuant mais globalement en augmentation, qui se traduit par une forte activité du système hydrothermal. La sismicité observée ces derniers mois n’est donc guère surprenante, avec un séisme de magnitude M 4.1 le 27 avril 2018, le plus fort enregistré depuis 1976.

L’Observatoire conclut son bulletin du mois de novembre en indiquant que « si ces phénomènes incitent l’Observatoire à la vigilance instrumentale, ils ne sont pour l’instant pas clairement associés à une anomalie des autres paramètres de surveillance qui pourrait indiquer une éventuelle remontée de magma. »

Les émanations gazeuses au niveau des fumerolles principales du sommet (Cratère Sud, Tarissan, Gouffre 1956) présentent depuis 1998 des risques avérés d’irritation et de brûlures (yeux, peau, voies respiratoires) et de projection de boue brûlante et acide. En raison de la présence de ces gaz toxiques, l’accès à certaines zones du sommet est interdit au public.

Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à la couleur Jaune (Vigilance).

Source : OVSG).

Les sargasses: un poison pour la Martinique (Photo: C. Grandpey)

Vue de La Soufrière (Crédit photo: Wikipedia)

La Sicile continue de trembler // Sicily keeps trembling

L’INGV a enregistré plusieurs nouvelles secousses ces dernières heures dans l’est de la Sicile, en particulier dans la région de Catane. Cinq événements ont été détectés par les instruments dans la soirée du 3 janvier 2019 entre 22 h et 00 h 20, avec une magnitude comprise entre M 2,3 et M 3,0. Une nouvelle secousse de M 3,0 a ensuite été enregistrée à 4h54 le 4 janvier. Les épicentres ont été localisés dans les secteurs de Ragalna, Biancavilla et Adrano. Un autre séisme de magnitude M 3,5 a été enregistré à 5h10 dans cette même région..
Parallèlement, le nombre de personnes déplacées suite à cette sismicité dans la région de Catane a augmenté. 1115 ont été contraintes d’abandonner leur domicile. Selon les informations communiquées par la Protection Civile sicilienne, 319 personnes ont eu recours à un hébergement indépendant et 794 dans des hôtels affiliés à la région sicilienne. Deux personnes sont hébergées dans des installations publiques.
En ce qui concerne la vérification des bâtiments, 551 maisons ont été déclarées inutilisables et 589 partiellement accessibles. S’agissant des bâtiments scolaires 60 des 90 écoles ont été contrôlées. 42 ont été déclarées accessibles, 14 partiellement inhabitables 4 non accessibles.

Source : La Sicilia.

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INGV has recorded several new earthquakes in recent hours in eastern Sicily, particularly in the Catania region. Five events were detected by the instruments on the evening of January 3rd, 2019 between 22:00 and 00:20, with magnitudes between M 2.3 and M 3.0. A new M 3.0 quake was recorded at 4:54 am on January 4th. The epicentres were located in the areas of Ragalna, Biancavilla and Adrano. Another M 3.5 earthquake was recorded at 5:10 am in the same region.
At the same time, the number of people displaced by this seismicity in the Catania region has increased. 1115 were forced to leave their homes. According to the information provided by the Sicilian Civil Protection, 319 people resorted to independent accommodation and 794 to hotels affiliated to the Sicilian region. Two people are housed in public facilities.
With regard to the verification of the buildings, 551 houses were declared unusable and 589 partially accessible. With regard to school buildings 60 out of the 90 schools were controlled. 42 were declared accessible, 14 partly inaccessible and 4 not accessible.
Source: La Sicilia.

Source: INGV