Stromboli (Sicile)

Comme je l’ai écrit dans une note précédente, l’activité du Stromboli s’est intensifiée au cours des derniers jours, en particulier dans le secteur nord-est où un nouveau cône de matériaux est en cours d’édification (voir l’image de la webcam ci-dessous). Je viens d’observer le Stromboli ce matin (7 janvier 2019) et le volcan présentait son activité strombolienne habituelle, sans événement significatif.
Selon le rapport quotidien publié par le Laboratorio Geofisica Sperimentale (LGS) dans la matinée du 6 janvier 2019, le nombre d’événements sismiques VLP (Very Long Period) était élevé, avec une moyenne de 16 événements par heure. L’amplitude des événements VLP était moyenne, tandis que l’amplitude du tremor était élevée. Cependant, l’analyse des inclinomètres ne montre aucune déformation significative de l’édifice volcanique. Certains observateurs pensent que cette activité plus intense pourrait se solder par des débordements de lave. Le niveau d’alerte est à la couleur Jaune depuis le 24 décembre 2018.

Suite à cette augmentation de l’activité éruptive, une ordonnance émise par la municipalité de Lipari le 4 janvier 2019 interdit l’accès au Stromboli au-dessus de 400 mètres d’altitude. Le maire de Lipari indique que le niveau d’activité « élevé » du volcan à l’heure actuelle motive cette décision. Les guides accrédités – uniquement dans le cadre d’opérations de surveillance – ainsi que les scientifiques ne sont pas concernés par l’interdiction. Cela signifie que les touristes, même accompagnés par les guides, ne peuvent plus accéder, jusqu’à nouvel ordre, à la zone sommitale du volcan.

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As I put it in a previous post, activity at Stromboli volcano intensified during the past days, especially in its northeastern vents where a new cinder cone is growing (see webcam image below). I have just observed this activity this morning (January 7th, 2019) and the volcano had its usual strombolian activity, with no significant events.

According to the Stromboli Daily Report published by the Laboratorio Geofisica Sperimentale (LGS) in the morning of January 6th, 2019, the number of VLP seismic events was high, with an average of 16 events per hour. The amplitude of VLP events was medium while the amplitude of seismic tremor was high. However, tiltmeters analysis shows no significant deformation of the volcanic edifice. Some observers think that this increased activity might lead to lava overflows. The alert level was raised from Green to Yellow on December 24th, 2018.

Due to this increased activity, an ordinance issued by the Municipality of Lipari on January 4th, 2019 prohibits access to Stromboli above 400 metres above sea level. The Mayor of Lipari indicates that the « high » level of activity of the volcano at the moment motivates this decision. Authorised guides – only in the context of monitoring operations – as well as scientists are not affected by the interdiction. This means that tourists, even accompanied by guides, are not allowed to climb to the summit area of ​​the volcano until further notice..

Vue du Stromboli vers 9 heures le 7 janvier 2019, avec un événement explosif d’intensité moyenne. Au premier plan, on distingue dans la partie NE du cratère le petit cône de matériaux en cours d’édification.

Activité sismique sur le Stromboli le 7 janviers 2019 (Source: INGV)

La fonte du permafrost (3ème partie) // Permafrost thawing (Part three)

Lorsque la glace à l’intérieur du permafrost fond, le sol devient instable et peut s’affaisser, provoquant des éboulements de roches, des affaissements et des glissements de terrain, des inondations et l’érosion des côtes. Le sol s’est affaissé de 85 mètres dans certaines parties de la Sibérie. Ce phénomène peut causer des dégâts aux bâtiments, aux routes, aux lignes électriques et autres infrastructures. Cela peut aussi nuire aux écosystèmes naturels. La fonte du permafrost peut affecter la vie végétale à la base de la chaîne alimentaire et potentiellement toutes les créatures qui en dépendent. Les changements dans le paysage peuvent modifier la reproduction et la migration des caribous. De la même façon, à mesure que l’Arctique se réchauffe, les castors se déplacent vers le nord ; leurs barrages inondent de nouvelles zones, créant des zones marécageuses où l’eau plus chaude accélère la fonte du permafrost.
Le dégel du permafrost peut libérer autre chose que le carbone ou le méthane. Sa fonte peut devenir une menace pour la santé humaine. Comme je l’expliquais dans un article de ce blog, en 2016, un jeune garçon est décédé et des dizaines de personnes ont été hospitalisées après avoir contracté l’anthrax dans la péninsule de Yamal en Sibérie. Une carcasse de renne infectée par l’anthrax et qui avait gelé 75 ans auparavant s’est décomposée lors de la fonte du permafrost. Les spores de l’anthrax ont pénétré dans le sol et l’eau, puis dans les réserves de nourriture, infectant ainsi les êtres humains.
Les hommes, les animaux et leurs maladies sont maintenus à l’état de gel dans le permafrost depuis des siècles, mais les bactéries et les virus peuvent survivre dans le sol gelé pendant des centaines de milliers d’années. Les scientifiques ont récemment redonné vie à un virus âgé de 30 000 ans qui infecte les amibes. Des maladies comme la grippe espagnole, la variole ou la peste qui ont été éliminées pourraient réapparaître avec le dégel du permafrost. Au fur et à mesure que l’Arctique se réchauffe, l’exploitation de minéraux ou de métaux précieux pourrait potentiellement nous mettre à nouveau en contact avec ces microbes et virus.
Construire sur du pergélisol est problématique, non seulement parce que le sol est instable, mais aussi parce que la chaleur des bâtiments et des canalisations peut réchauffer le permafrost. Les structures doivent être construites sur des pieux en bois ou sur des socles de gravier épais. Les conduites d’eau et d’égout doivent être placées au dessus du sol. J’ai expliqué qu’en Alaska, certaines routes et les pistes d’atterrissage de la petite ville de Bethel sont équipées de tuyaux remplis de liquide qui évacuent la chaleur du permafrost et que l’hôpital a installé des machines permettant de garder le sol constamment à très basse température, évitant ainsi son affaissement.

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When the ice in permafrost melts, the ground becomes unstable and can slump, causing rock and landslides, floods and coastal erosion. The ground has collapsed 85 metres deep in some parts of Siberia. This phenomenon can damage buildings, roads, power lines and other infrastructure. It can also harm natural ecosystems. It can affect plant life at the base of the food chain and potentially all the creatures that depend on it. Changes in the landscape can alter caribou breeding and migration patterns. And as the Arctic warms, beavers are moving northward. Their dams flood new areas, creating boggy stretches that allow for more warm water to thaw permafrost further.

Thawing permafrost can release more than carbon emissions. It can become a danger to human health. As I explained in a post on this blog, in 2016, a young boy died and dozens were hospitalized after contracting anthrax on the Yamal Peninsula in Siberia. An anthrax-infected reindeer carcass that froze 75 years earlier became exposed when the permafrost thawed. Anthrax spores entered the soil and water, and eventually the food supply, infecting the humans.

People and animals and their diseases have been frozen in the permafrost for hundreds of years, but bacteria and viruses can survive in permafrost for hundreds of thousands of years. Scientists recently revived a 30,000-year-old virus that infects amoebas. Diseases like the Spanish flu, smallpox or the plague that have been wiped out might be frozen in the permafrost. As the Arctic warms, more activity, like mining for rare earth or precious metals, could potentially put us in contact with them again.

Building on permafrost is problematic, not only because the ground is unstable, but because the heat of buildings and pipes themselves can warm permafrost. Structures must be built on wood piles or based on thick gravel pads. Water and sewer pipes must be placed above ground. I explaines that in Alaska, some roads and airport runways in Bethel are outfitted with liquid-filled pipes that transfer heat away from the permafrost, and the hospital has installed machines that keep the ground constantly refrigerated.

La fonte du permafrost affecte les routes et les structures (Photos: C. Grandpey)