Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Pétera ou pétera pas ? // Eruption…or no eruption ?

Une fois de plus, le Piton de la Fournaise est en train de jouer avec des nerfs des scientifiques en poste à l’Observatoire.

Dans un premier bulletin émis à 16 heures le 16 février 2019, on pouvait lire que « depuis 15h21 (heure locale), une crise sismique est enregistrée sur les instruments de l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise. Cette crise sismique est accompagnée de déformation rapide. Ceci indique que le magma est en train de quitter le réservoir magmatique et se propage vers la surface. Une éruption est probable à brève échéance, dans les prochaines minutes ou heures. »

A 19 heures, la musique avait changé de tonalité. Un nouveau bulletin indiquait que « suite à la crise sismique débutée le 16/02/2019 à 15h21 (heure locale),  le nombre de séismes a fortement diminué depuis 16h18 (heure locale). Les déformations de surface se sont arrêtées vers 16h30 signifiant l’arrêt de cette intrusion de magma en profondeur. En revanche une sismicité de 7 à 10 événements par heure localisée sous le cratère Dolomieu se poursuit signifiant que le toit du réservoir continue de se fragiliser. Aucune hypothèse n’est écartée pour l’instant quant à la suite des événements : 1) reprise de cette propagation de magma vers la surface, 2) nouvelle propagation de magma depuis le réservoir vers la surface, 3) arrêt de la propagation. »

Autrement dit, on ne sait pas ce qui va se passer ! Le volcan a été placé en Alerte 1, ce qui signifie que l’accès à l’Enclos est interdit aux randonneurs.

http://www.ipgp.fr/sites/default/files/dso_volcan.jpg

Malgré tous les instruments installés sur le Piton de la Fournaise, la prévision éruptive n’est pas évidente. On a déjà observé des ratés à plusieurs reprises. Je me garderai bien de critiquer les scientifiques qui surveillent le volcan. Il est capricieux et il faut juste accepter ce comportement. Il ne faudrait pas oublier que les volcanologues du HVO qui observaient la dernière éruption du Kilauea à Hawaii – autre volcan de point chaud – avaient prévu une éruption très longue…qui s’est terminée quelques jours plus tard ! Dans les années 1990, je me trouvais sur le Krafla en Islande. La sismicité était très forte, le sol s’était soulevé de plusieurs décimètres et tout le monde s’attendait à une éruption imminente. Elle n’a pas eu lieu. Quelques semaines plus tard, le regretté Maurice Krafft m’expliquait que l’éruption avait avorté car le magma avait emprunté un autre chemin dans les profondeurs de la Terre…

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Once again, Piton de la Fournaise is getting on the nerves of the scientists at the Observatory.
In a first bulletin issued at 16;00 on February 16th, 2019, one can read that « since 3:21 pm (local time), a seismic crisis has been recorded on the OVPF instruments. This seismic crisis is accompanied by rapid deformation. This indicates that the magma is leaving the deep reservoir and making its ascent toward the surface. An eruption is likely in the near future, in the next minutes or hours.  »
At 7 pm, a new, different, bulletin indicated that « following the seismic crisis that started on February 16th, 2019 at 15h21 (local time), the number of earthquakes has decreased sharply since 16h18 (local time). The surface deformations stopped at around 16:30, meaning that the magma intrusion had stopped in depth. However, a seismic episode including 7 to 10 events per hour located under the Dolomieu Crater continues, meaning that the roof of the reservoir continues to be weakened. No hypothesis is ruled out for the moment with regard to the current events: 1) new start of the magma ascent towards the surface, 2) new propagation of magma from the reservoir towards the surface, 3) end of the ascent.  »
In other words, we do not know what will happen! Alert 1 has been decided on the volcano, which means that access to the Enclos is prohibited for hikers.
http://www.ipgp.fr/sites/default/files/dso_volcan.jpg

Despite all the instruments installed on Piton de la Fournaise, eruptive prediction is not easy. We have already observed prediction errors several times. I will refrain from criticizing scientists who monitor the volcano. It is capricious and you just have to accept this behaviour. It should not be forgotten that HVO volcanologists who observed the last eruption of Kilauea in Hawaii – another hotspot volcano – had predicted a very long eruption … which ended a few days later! In the 1990s, I was on Krafla Volcano in Iceland. Seismicity was very high, the ground had risen several decimetres and everyone expected an imminent eruption. It did not happen. A few weeks later, the late Maurice Krafft explained to me that the eruption had aborted because magma had taken another path in the Earth’s depths…

Crédit photo: Wikipedia

Sismicité et lithosphère à Hawaii // Seismicity and lithosphere in Hawaii

Comme il le fait régulièrement, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii, le célèbre HVO géré par l’USGS, vient de publier un article très intéressant sur la sismicité à Hawaii et sa relation plus ou moins étroite avec les volcans.
L’auteur de l’article explique que la plupart des séismes à Hawaii sont intimement liés aux volcans, mais il arrive aussi qu’ils se produisent à cause d’un effet de courbure de la Terre sous le poids de la chaîne volcanique.
L’article rappelle que les plaques tectoniques sont constituées de la lithosphère, une couche essentiellement rigide qui s’étend de la croûte au manteau supérieur. Les îles hawaïennes étant situées à la surface de la plaque Pacifique, leur poids énorme pèse sur la lithosphère et la fait fléchir. Cela génère des contraintes susceptibles de provoquer des séismes baptisés séismes de flexion par les sismologues.

L’île d’Hawaii, du fait de sa grande taille et de son âge relativement jeune, exerce une grande pression sur la lithosphère. La zone de contrainte et de flexion maximale liée à cette masse s’étend sur une centaine de kilomètres au large de l’île. Lorsque la plaque se réajuste pour retrouver une position neutre, cela provoque un renflement significatif au niveau de la lithosphère autour d’Oahu à environ 300 km de là. C’est pourquoi les séismes se produisent parfois loin de la principale zone d’activité sismique et volcanique de l’île d’Hawaï.
Il existe deux exemples de séismes de flexion enregistrés au large des côtes au cours des dernières semaines : 1) un événement de M 3.7 le 21 janvier 2019 à environ 240 km à l’est de l’île d’Hawaï et 2) un événement de M 4.6 le 7 février à environ 84 km au sud-ouest de l’île. L’événement de janvier avait une magnitude trop faible pour pouvoir êtreressenti par la population. En revanche, l’événement de février a été plus intense et a été signalé par 115 personnes à Hawaï, Maui et Oahu, à une distance de 370 km de l’épicentre. C’est le séisme le plus significatif ressenti à Hawaii depuis un événement de M 4,4 le 9 août 2018.
Les séismes de flexion sont parfois appelés «séismes du manteau», ce qui reflète le fait qu’ils se produisent souvent au niveau du manteau supérieur plutôt que dans la croûte terrestre. Les ondes sismiques se déplacent plus facilement à travers le manteau qu’à travers à la croûte. C’est l’une des raisons pour lesquelles les séismes d’origine mantellique peuvent provoquer davantage de dégâts, d’autant plus que leur magnitude peut dépasser M 6,0.
La flexion lithosphérique produit des séismes à Hawaii, mais ils sont moins fréquents que ceux liés directement à l’activité volcanique. Chaque année, le HVO enregistre des dizaines de milliers de secousses sur et à proximité des volcans actifs de Big Island, et seulement quelques centaines d’événements de flexion au large des côtes.

Source : HVO.

Cet article me rappelle ce qui se passe actuellement en Islande où la lithosphère rebondit car les glaciers, du fait du réchauffement climatique, perdent de leur masse et exercent une pression moindre sur la croûte terrestre. Ce phénomène appelé « rebond isostatique » peut engendrer des problèmes. Ainsi, le petit port de Hofn sur la côte sud de l’île est moins profond qu’auparavant, ce qui, à terme, risque de poser des problèmes à certains navires pour entrer dans le port.

Certains géologues pensent que ce rebond isostatique est susceptible de favoriser la remontée du magma à l’intérieur des volcans islandais sous-glaciaires. Toutefois, on ne dispose pas d’un recul suffisant pour affirmer qu’un tel phénomène se produit. Les dernières éruptions en Islande ont eu lieu en 2010 (Eyjafjajjajökul) et 2014 (Holuhraun).

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As it does regularly, the USGS Hawaiian Volcano Observatory (HVO) has released a very interesting article about seismicity in Hawaii and its link with volcanoes.

The author of the article explains that earthquakes in Hawaii are intimately related to the volcanoes. However, they sometimes happen simply because the Earth under the island chain gets too much bent.

The article reminds us that Earth’s tectonic plates are made of the lithosphere, which is a mostly rigid layer extending from the crust into the upper mantle. As the Hawaiian Islands are located on top of the Pacific Plate, their huge weight flexes the lithosphere. This results in stresses that can lead to earthquakes.

Seismologists call these events “flexural earthquakes” to reflect their cause. The massive Island of Hawaii produces the largest force on the lithosphere due to its relatively young age, which results in forces on the underlying lithosphere. The zone of maximum bending stress from this load extends about 100 km offshore from the island. As the plate re-adjusts back to a neutral position, it results in a raised bulge in the lithosphere that extends around Oahu about 300 km away. This is why earthquakes occasionally happen so far from the main area of seismic and volcanic activity on the Island of Hawaii.

There have been two examples of offshore flexural earthquakes in the past weeks. They include an M 3.7 event on January 21st, 2019 which occurred about 240 km east of the Island of Hawaii, and an M 4.6 event on February 7th about 84 km southwest of the island. The January event was too small and distant for anyone to feel. But the February earthquake produced significant shaking and was reported by 115 citizens from Hawaii, Maui, and Oahu, up to 370 km from the epicentre. It was the largest earthquake felt in Hawaii since an M 4.4 on August 9th, 2018.

Flexural earthquakes are sometimes called “mantle earthquakes,” reflecting the fact that they often occur at depths within the Earth’s upper mantle rather than within the crust. Seismic waves travel more efficiently through the mantle compared with the crust. This is one reason why mantle earthquakes can have widespread and sometimes damaging effects, especially as their sizes can exceed the M 6.0 range.

Lithospheric flexure produces earthquakes in Hawaii less frequently than those directly related to active volcanism. Each year, HVO records tens of thousands of earthquakes on and near Big Island’s active volcanoes, compared with only a few hundred offshore flexural events.

Source : HVO.

This article reminds me of what is happening in Iceland where the lithosphere is rebounding because glaciers, due to global warming, lose their mass and exert less pressure on the Earth’s crust. This phenomenon called « isostatic rebound » can cause problems. Thus, the small port of Hofn on the south coast of the island is shallower than before, which, in the long run, may cause problems for some ships to enter the port.
Some geologists believe that this isostatic rebound is likely to favour the rise of magma inside subglacial Icelandic volcanoes. However, there is not enough evidence to say that such a phenomenon has occurred. The last eruptions in Iceland took place in 2010 (Eyjafjajjajökul) and 2014 (Holuhraun).

Schémas montrant les séismes volcaniques et non-volcaniques à Hawaii, ainsi que l’effet de flexion de la Grande Ile sur la lithosphère (Source : USGS / HVO)

Neige noire en Sibérie // Black snow in Siberia

En regardant les photos d’un article dans le Siberian Times, on comprend mieux les ravages causés par les combustibles fossiles et leur impact sur le réchauffement de la planète. Les photos ont été prises dans la région charbonnière de Kemerovo, dans le sud de la Sibérie, où trois villes – Prokopyevsk, Kiselyovsk et Leninsk-Kuznetsky – sont recouvertes de neige noire. La cause officielle de la pollution est un filtre défectueux, mais le problème est beaucoup plus profond.
La presse locale explique que les usines de traitement du charbon sont responsables de ce paysage peu idyllique. Sur les réseaux sociaux, les habitants pointent également le doigt d’autres usines, affirmant qu’il existe un manque de protection de l’environnement sur le long terme dans une région où le charbon est roi. Les chaudières au charbon, les gaz d’échappement des voitures et d’autres centrales au charbon sont également à blâmer. Les gens se plaignent de l’absence de systèmes de filtrage et de nettoyage dans les usines, de sorte que tous les rejets, la poussière et la crasse envahissent la région. Le gouvernement interdit de fumer dans les lieux publics mais laisse la population inhaler la poussière de charbon qui colle aux poumons.
Beaucoup de médias sociaux s’inquiètent de la pollution. Selon eux, la région « est juste un lieu d’extraction de ressources minières et les autorités ne se préoccupent pas des conditions de vie et de la culture ».
Vous verrez une impressionnante galerie de photos dans le Siberian Times.
http://siberiantimes.com/other/others/news/eerie-black-snow-falls-over-siberian-region-triggering-acute-pollution-concerns-from-locals/

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Looking at the photos of an article released by the Siberian Times, one can understand the damage caused by fossil fuels and their impact on global warming. The photos were taken in the Kemerovo coalmining region in southern Siberia where three cities – Prokopyevsk, Kiselyovsk and Leninsk-Kuznetsky – have been covered with black snow. The official cause of the pollution is a filter that stopped working a plant but the problem is much broader.

Local news media blame the gloomy landscape on local plants processing coal. On social media residents also point the finger at other plants too, alleging there is a long-term lack of environmental protection in a region whose lifeblood is coal. Coal boilers, car exhausts and other coal-burning plants are also to blame. Residents complain there are no cleansing systems in the plants so that all the waste, dust and dirt, coal lay in the area. They say the government bans smoking in public places, but lets the population inhale the coal dust that sticks to the lungs.

Many on social media worry about the pollution. They say the region ‘is just a place for extracting resources’ with the authorities not caring about ‘living conditions (and) culture.’

You will see an impressive gallery of photos in The Siberian Times.

http://siberiantimes.com/other/others/news/eerie-black-snow-falls-over-siberian-region-triggering-acute-pollution-concerns-from-locals/

Crédit photo: The Siberian Times

Etat d’urgence face à une invasion d’ours polaires // State of emergency after polar bear invasion

C’est une situation très particulière à laquelle sont confrontés les 3 000 habitants de l’archipel de Nouvelle-Zemble, dans le nord de la Russie. Ils font face à une invasion d’ours polaires. La situation a pris une tournure tellement importante que des experts ont été envoyés à la rescousse de la population.

Une cinquantaine de plantigrades sont arrivés sur les îles et ont montré un comportement particulièrement agressif. Les habitants n’ont jamais assisté à une telle invasion d’ours polaires qui se sont littéralement mis à les chasser. Les gens ont peur de quitter leurs maisons. Les parents ne veulent pas laisser leurs enfants aller à l’école. On peut voir sur des vidéos les animaux se nourrir dans les poubelles ou encore tenter de pénétrer dans les maisons. Utiliser des klaxons ou des chiens pour les éloigner s’est révélé sans effet. L’état d’urgence a été déclaré et des spécialistes de la faune arctique sont arrivés pour s’occuper des animaux. L’ours polaire étant une espèce protégée en Russie, la seule solution est d’endormir ceux qui ont envahi l’archipel.

Le réchauffement climatique explique cette invasion. Comme je l’indiquais encore vendredi dans ma conférence à Verneuil sur Vienne, la réduction de la banquise, là où les ours vivent et chassent, oblige les mammifères à un exode. Plusieurs d’entre eux ont été repérés en train de plonger pendant plus de trois minutes, ce qui est beaucoup plus longtemps que d’habitude. Normalement les ours remontent à la surface pour reprendre leur souffle et ils utilisent la banquise pour se reposer et se dissimuler quand ils chassent les phoques. Avec la disparition de la glace, ils poursuivent les phoques plus longtemps sous l’eau, la plupart du temps en ratant leurs cibles. Il s’ensuit un risque évident d’épuisement, puis de famine, d’où leur agressivité quand ils atteignent des zones susceptibles de leur fournir de la nourriture. Cette situation dramatique ne concerne pas que les ours polaires. Les morses sont confrontés aux même problèmes. La hausse des températures a fait fondre la glace sous laquelle les morses avaient l’habitude de plonger et sur laquelle ils venaient se reposer. Ils ont migré vers des espaces situés plus au nord.

Ce n’est pas la première fois que des ours polaires font parler d’eux dans la région. En 2016, cinq scientifiques russes avaient été assiégés dans une station météorologique par plusieurs animaux. À noter que le phénomène n’est pas exclusivement russe. Au Canada, les ours polaires, forcés de quitter la banquise à cause du réchauffement climatique, pénètrent dans la ville de Churchill au Manitoba. Là-bas, les autorités ont fait le choix de les isoler et de les confiner. En 2016, 53 animaux se sont ainsi retrouvés derrière les barreaux.

Source : Presse internationale.

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The 3,000 inhabitants of the Novaya Zemlya archipelago, in northern Russia are confronted with a very peculiar situation. They are facing an invasion of polar bears. The situation has taken such an important turn that experts have been sent to the rescue of the population.
About fifty plantigrades arrived on the islands and showed a very aggressive behaviour. The locals have never witnessed such an invasion of polar bears that literally started chasing them. People are afraid to leave their homes. Parents do not want to let their children go to school. One can see on video animals feed in garbage cans or try to enter homes. Using horns or dogs to keep them away has not worked. The state of emergency was declared and Arctic wildlife specialists arrived to study the animals. As the polar bear is a protected species in Russia, the only solution is to set to sleep those that have invaded the archipelago. .
Global warming is the cause of this invasion. As I explained again Friday during my conference in Verneuil sur Vienne, the reduction of the ice sheet, where the bears live and hunt, forces the mammals to an exodus. Several of them have been spotted diving for more than three minutes, which is much longer than usual. Normally, bears come to the surface to catch their breath and they use the ice slabs to rest and hide when they hunt seals. With the disappearance of ice, they pursue seals longer underwater, mostly missing their targets. The result is a clear risk of burnout and famine, hence their aggression when they reach areas likely to provide food. This tragic situation is not just about polar bears. Walruses have to face the same problems. Rising temperatures have melted the ice under which walruses used to dive and on which they came to rest. They migrated to areas further north.
This is not the first time that polar bears have been talked about in the area. In 2016, five Russian scientists were besieged in a meteorological station by several animals. Note that the phenomenon is not exclusively Russian. In Canada, polar bears, forced to leave the ice sheet because of global warming, enter the city of Churchill, Manitoba. There, the authorities have chosen to isolate them and confine them. In 2016, 53 animals ended up behind bars.
Source: International press.

Photo: C. Grandpey

L’activité volcanique dans le monde // Volcanic activity around the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Comme je l’ai écrit précédemment, le Poás (Costa Rica) a connu un épisode éruptif mineur qui a débuté le 7 février 2019. Cet événement a conduit à la fermeture du parc national. Une odeur de SO2 a été signalée dans les zones sous le vent. L’incandescence dans le cratère a commencé à être visible le 11 février. Des nuages de cendre sont montés jusqu’à 200 mètres au-dessus du cratère avant de s’étirer vers le sud-ouest.
Source: OVSICORI.

Le 8 février 2019, la lave du Karangetang (Indonésie) continuait d’avancer sur 3,5 km dans la ravine de la rivière Malebuhe sur le flanc nord-ouest du volcan, avant d’atteindre l’océan. Des levées se sont édifiées en bordure de coulée et canalisent la lave. Des avalanches se produisent en bordure de coulée et génèrent des panaches marron et gris. Un delta de lave s’est formé dans l’océan et génère un volumineux panache de vapeur. La coulée de lave présente une largeur d’environ 160 mètres au moment où elle coupe une route située à 210 mètres de la côte où elle mesure environ 140 mètres de large. La sismicité est restée élevée. Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 4). Il est demandé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 2,5 km autour des cratères N et S et de ne pas pénétrer à moins de 3 km à l’ONO et 4 km au NO.
Source: PVMBG.

On observe de l’incandescence dans le cratère Minamidake du Sakurajima (Japon). Le 7 février 2019, une explosion a généré un panache qui s’est élevé à 1,3 km au-dessus du cratère et a éjecté des matériaux à environ 1,5 km de ce dernier. Des explosions de moindre intensité ont été enregistrées les jours suivants. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5).
Source: JMA.

Comme je l’ai déjà indiqué, plusieurs émissions de cendre ont été observées sur l’Etna (Italie), pour la plupart à partir du Cratère NE. On a observé des retombées à Nicolosi et Pedara. L’aéroport de Catane n’a pas été fermé mais est maintenu en niveau de pré-alerte
Source: INGV.

Au cours de la deuxième semaine de février, des explosions stromboliennes ont été observées dans le cratère Mackenney du Pacaya (Guatemala). Elles ont éjecté des matériaux jusqu’à 25 mètres au-dessus du cratère. Plusieurs coulées de lave parcouraient entre 10 à 250 mètres le long des flancs nord-ouest et est du volcan. De petites avalanches de matériaux ont également été observées sur les fronts des coulées de lave.
Sorce: INSIVUMEH.

L’activité éruptive est stable sur le Sabancaya (Pérou), avec une moyenne de 26 explosions par jour. Les panaches de gaz et de cendre s’élèvent jusqu’à 3 km au-dessus du cratère. Il est demandé à la population de ne pas s’approcher du cratère dans un rayon de 12 km.
Source: INGEMMET, IGP.

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Here are a few pieces of news about volcanic activity around the world.

As I put it previously, Poás Volcano (Costa Rica) went through a minor eruptive episode which started on February 7th, 2019. The event led to the closure of the National Park. An SO2 odour was reported in downwind areas. Incandescence in the crater began to be visible on February 11th. Ash emissions rose 200 metres above the crater and drifted SW.

Source: OVSICORI.

On February 8th, 2019, lava from Karangetang (Indonesia) continued to advance over 3.5 km down the Malebuhe River drainage on the NW flank of the volcano and reached the ocean. Levees had formed at the margins, channeling the lava. Avalanches from the edges of the flow generated brown and gray plumes. A lava delta was building out into the ocean and generating a dense steam plume. The lava flow was about 160 metres wide where it crossed a road 210 metres from the coast, and about 140 metres wide at the coast. Seismicity remained high. The Alert Level remained at 3 (on a scale of 1-4), and residents were warned to remain outside the 2.5-km exclusion zone around the N and S craters, and not enter within 3 km WNW and 4 km NW.

Source: PVMBG.

Incandescence can be seen in the Minamidake crater of Sakurajima (Japan). On February 7th, 2019, an explosion generated a plume that rose 1.3 km above the crater rim and ejected material about 1.5 km from the crater. More minor explosive events were recorded in the following days. The Alert Level remains at 3 (on a 1-5 scale).

Source: Japan Meteorological Agency.

As I put it before, several ash emissions have been observed on Mt Etna (Italy), mostly originating from the NE Crater. as the ash fell in Nicolosi and Pedara. Catania airport was not closed, but maintained in a pre-alert level

Source : INGV.

During the second week of February, strombolian explosions were observed at Pacaya’s Mackenney Crater (Guatemala). They ejected material as high as 25 metres above the crater. Multiple lava flows travelled 10-250 metres down the NW and E flanks. Minor avalanches of material also occurred at the lava-flow fronts.

Sorce : INSIVUMEH.

Eruptive activity is stable at Sabancaya (Peru), with an average of 26 explosions per day. Gas and ash plumes are rising up to3 km above the crater. The public should not approach the crater within a 12-km radius.

Source : INGEMMET, IGP.

Le 14 février sur le coup de midi, le Cratère NE de l’Etna émettait encore des panaches de cendre.

La lave du Karangetang arrive dans la mer (Source: PVMBG)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion / Reunion Island)

Dans son dernier bulletin du 13 février 2019, l’OVPF indique que depuis la fin du mois de janvier 2019, on observe une inflation de la base et du sommet de l’édifice du Piton de la Fournaise. Cela signifie que l’on assiste à une pressurisation du réservoir magmatique superficiel. Cette reprise de l’inflation s’accompagne d’une augmentation des concentrations en CO2 dans le sol en champ lointain (Plaine des Cafres et Plaine des Palmistes). Les concentrations en CO2 en champ proche dans le secteur du Gîte du Volcan sont également en augmentation depuis décembre 2018. Ces concentrations en CO2 correspondent également à une remontée profonde de magma vers le réservoir superficiel.

S’agissant de la sismicité, depuis le 1er février 2019, 19 séismes volcano-tectoniques superficiels sont enregistrés sous le sommet, ainsi que 3 séismes profonds sous le flanc est.

J’aime beaucoup la conclusion du bulletin de l’OVPF : « Ce processus de recharge du réservoir superficiel peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant que le toit du réservoir se fragilise et se rompe, donnant ainsi lieu à une injection de magma vers la surface et à une éruption, et peut également s’arrêter sans donner lieu à brève échéance à une éruption. » Autrement dit, tout est possible !

Cela confirme que la prévision éruptive est encore à un niveau très faible, même sur un volcan truffé d’instruments comme le Piton de la Fournaise. A la Réunion, ce n’est pas très grave car il y a de fortes chances pour que la prochaine éruption ait lieu dans l’Enclos, sans menace pour la population. Sur un volcan explosif de la Ceinture de Feu, la prévision prend une autre dimension….

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In its latest update of February 13th, 2019, OVPF indicates that since the end of January 2019, there has been an inflation of the base and the summit of Piton de la Fournaise. This means that there is a pressurization of the shallow magma reservoir. This new inflation is accompanied by an increase in CO2 concentrations in the far-field soil (Plaine des Cafres and Plaine des Palmistes). Near-field CO2 concentrations in the Gîte du Volcan area have also been increasing since December 2018. These CO2 concentrations also correspond to a deep rise of magma towards the shallow reservoir.
As regards seismicity, since February 1st 2019, 19 shallow volcano-tectonic earthquakes have been recorded under the summit, as well as 3 deep earthquakes under the eastern flank.
I really like the conclusion of the OVPF bulletin: « This process of recharge of the shallow reservoir can last several days to several weeks before the roof of the reservoir breaks open, with an injection of magma towards the surface and the start of an eruption, and can also stop without an eruption in the short term. In other words, everything is possible!
This confirms that eruptive prediction is still at a very low level, even on a volcano equipped with plenty of instruments like Piton de la Fournaise. On Reunion Island, it is not a real problem because the next eruption is likely to take place in the Enclos, without any threat to the population. On an explosive volcano of the Ring of Fire, prediction takes another dimension ….

Crédit photo: Wikipedia.

Le Cap Ferret face à l’érosion littorale

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, l’érosion littorale provoquée par la hausse du niveau des océans suite au réchauffement climatique se produit au moment des tempêtes et est encore accentuée si ces événements extrêmes ont lieu quand les coefficients des marées sont élevés.

En France, les effets de l’érosion littorale sont parfaitement visibles le long de la côte atlantique. J’ai déjà mentionné la résidence Le Signal à Soulac-sur-Mer (Gironde) qui a dû être évacuée car elle était menacée par les assauts de l’océan. A Lacanau (Gironde), des enrochements ont été mis en place pour essayer de freiner les ardeurs des vagues.

Depuis le 15 janvier, la plage de la pointe du Cap Ferret (Gironde), qui fait face à la dune du Pilat, était fermée en raison de l’accélération de l’érosion observée lors des tempêtes d’hiver. Sa réouverture programmée au 30 avril n’aura pas lieu pour des raisons de sécurité.

Le Cap Ferret est une flèche sableuse se situant à l’extrémité sud de la presqu’île de Lège-Cap-Ferret. Il sépare l’Océan Atlantique du Bassin d’Arcachon. (voir la carte ci-dessous) Il reçoit chaque année plusieurs milliers de touristes. La pointe du cap a toujours été soumise à une forte érosion. Des travaux de restauration du cordon dunaire ont été entamés dès les années 1980, notamment par la végétalisation des dunes.

Dans un communiqué, le Préfet de la région Nouvelle-Aquitaine estime que « l’accélération du phénomène d’érosion de la pointe du Cap Ferret est une réalité que personne ne peut désormais contester ». L’État entend agir pour accélérer en la matière la prise de conscience et minimiser, autant que possible, les conséquences inéluctables.

En conséquence, le 6 février 2019, le préfet a demandé au maire de Lège-Cap-Ferret de mettre en œuvre des décisions extrêmement fortes et lourdes de conséquences suite aux phénomènes d’érosion observés sur le littoral atlantique.

Voici une liste des décisions préfectorales :

– Tout cheminement du public est strictement interdit sur les ouvrages (de protection contre la mer) depuis « chez Hortense » jusqu’à la pointe et il a été demandé au maire de procéder à la fermeture au public des différents accès à ces ouvrages.

– Sous trois mois, la ville de Lège-Cap-Ferret devra intégrer dans son plan communal de sauvegarde, un plan de gestion de crise pour la pointe et la zone des 44 hectares permettant d’anticiper les risques de brèche et d’effondrement brutal des ouvrages. Ce plan devra notamment prévoir les procédures d’évacuation d’urgence des populations.

– La ville devra également actualiser sous trois mois, sa stratégie de rechargement de la plage et de la dune pour tenir compte de l’accélération de l’érosion dunaire et des départs répétés des sédiments apportés en urgence cet hiver.

– Lège-Cap-Ferret devra produire avant l’automne prochain, l’évaluation environnementale prescrite par l’arrêté préfectoral du 29 décembre 2017 concernant le plan pluriannuel de rechargement.

– Enfin, la ville doit lancer, dans les six mois, l’étude de recomposition spatiale prévue dans sa stratégie locale, afin d’actualiser cette stratégie d’ici fin 2020, considérant que la lutte active contre l’érosion ne pourra être que temporaire, au vu de l’évolution du site et de sa configuration.

Source: Presse régionale.

A gauche de la carte, la pointe du Cap Ferret s’étirer entre l’Océan Atlantique et le Bassin d’Arcachon (Source: Google Maps)