Le CO2 du Kilauea (Hawaii) // Kilauea’s CO2 (Hawaii)

Avec la fin de l’éruption du Kilauea, les habitants de Big Island peuvent respirer plus facilement, sans être importunés par le vog, ce brouillard volcanique provoqué par les émissions de dioxyde de soufre (SO2).
Malgré tout, en raison de l’activité volcanique récente, on perçoit encore parfois des odeurs de soufre sur l’île, mais c’est le gaz carbonique, ou dioxyde de carbone (CO2) qui intéresse à présent les géochimistes du HVO.
Le CO2 est émis en abondance au cours d’une éruption, en même temps que les gaz sulfureux, la vapeur d’eau et des quantités infimes d’autres gaz tels que le chlorure d’hydrogène, le fluorure d’hydrogène et l’hélium. Ce qui est intéressant avec le CO2, c’est qu’il peut donner des indications précieuses sur la profondeur à laquelle se trouve le magma.
Pour expliquer comment se comporte le CO2, les géologues font souvent une comparaison avec une bouteille de boisson gazeuse dans laquelle un seul gaz (le CO2) est dissous. Ce CO2 reste dissous tant que la bouteille est fermée car elle crée suffisamment de pression pour maintenir le gaz dans le liquide. Dès que la bouteille est ouverte, la pression diminue et le CO2 crée des bulles qui s’échappent dans l’atmosphère.
Contrairement à l’eau gazeuse, le magma contient de nombreux gaz différents les uns des autres et qui ne se comportent pas tous de la même manière. Avec la boisson gazeuse, une diminution de la pression suffit à libérer tout le gaz, mais avec le magma, des degrés de diminution de pression différents entraînent la libération de gaz différents.
Dans la mesure où la pression exercée sur le magma est créée par le poids de la terre qui se trouve au-dessus, plus le magma est profond, plus il est soumis à une pression élevée. À mesure que le magma s’élève à des profondeurs moindres, il est soumis à une moindre pression et différents gaz peuvent alors s’échapper en cours de route.
Lorsque le magma est peu profond ou atteint la surface, la pression exercée est assez faible de sorte que le SO2 peut facilement s’échapper, ce qui explique la formation du vog mentionné précédemment. Lorsque le magma est plus profond, comme c’est le cas actuellement sur le Kilauea, la pression est suffisante pour maintenir le SO2 dissous. Cependant, comme le CO2 est moins soluble que le SO2 dans le magma, il peut s’échapper même lorsque le magma est profond et que la pression est élevée. C’est pourquoi, même sans coulées de lave à la surface, le Kilauea émet actuellement du CO2. Il est important de noter que ces quantités sont très faibles à côté des émissions anthropiques. C’est ce CO2 qui, associé aux faibles quantités de gaz sulfureux encore émises, peut fournir des indications sur la profondeur du magma sous le Kilauea.
Comme le CO2 peut s’échapper même lorsque le magma est profond alors que le SO2 reste dissous jusqu’à ce qu’il s’approche de la surface, le magma plus profond produit un rapport CO2 / SO2 plus élevé.. C’est ce rapport CO2 / SO2 que les géochimistes utilisent généralement comme indication de la profondeur du magma.
Le magma profond peut commencer avec un rapport CO2 / SO2 élevé, mais ce rapport va diminuer eu fur et à mesure que le magma va se déplacer vers la surface et que de plus en plus de SO2 commencera à s’échapper. En conséquence, si les scientifiques sont capables de mesurer le rapport CO2 / SO2 du Kilauea au fil du temps, toute variation dans ce rapport peut leur indiquer si le magma est en train de remonter dans le système d’alimentation du volcan.
La mesure précise du rapport CO2 / SO2 dans le panache de gaz volcanique n’est pas chose aisée à cause de la quantité importante et variable de CO2 qui existe déjà dans l’atmosphère. Sur le Kilauea, la situation est encore plus complexe à cause des événements d’effondrement qui ont remodelé la caldeira sommitale et endommagé les routes et autres moyens d’accès aux zones de dégazage.
Tant que durera la phase d’inactivité du Kilauea, les géochimistes du HVO exploreront de nouvelles techniques de mesure du rapport CO2 / SO2, notamment grâce à l’installation de capteurs multi-gaz au sommet du volcan et à l’utilisation de capteurs de gaz montés sur des drones. Le but de cette collecte de données est de mieux comprendre les changements susceptibles d’indiquer une reprise d’activité du volcan.
Source: USGS / HVO.

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With the end of the Kilauea eruption, Big Island residents can breathe more freely and are no loger disturbed by the vog, or volcanic smog, produced by voluminous sulphur dioxide (SO2) emissions.

Because of the recent volcanic activity, sulphur smells are still sometimes detected around the island, but carbon dioxide (CO2) is the other gas that is interesting HVO geochemists these days.

CO2 is a significant volcanic emission, along with sulphur gases, water vapour, and trace amounts of other gases, such as hydrogen chloride, hydrogen fluoride, and helium. What is interesting about CO2 is that it can give clues about the depth of magma.

To explain the behaviour of CO2, geologits often make a comparison with a bottle of soda, which has only one gas (CO2) dissolved in it. This CO2 stays dissolved as long as the bottle is sealed, because the bottle creates enough pressure to keep the CO2 in the liquid. As soon as the bottle is opened, pressure on the liquid decreases and the CO2 creates bubbles that escape to the atmosphere.

Unlike soda, magma has many different gases dissolved in it, and they do not all behave the same way. With soda, one pressure decrease is enough to release all the gas from it, but with magma, different degrees of pressure decrease result in the release of different gases.

Since pressure on magma is created by the weight of the earth above it, the deeper magma is, the higher the pressure it feels. As magma rises to shallower depths, it feels lesser amounts of pressure and different gases are able to escape along the way.

When magma is shallow or actually reaches the surface, the pressure on it is quite low, so SO2 can easily escape, leading to the above menyioned vog. When magma is deeper, as is the case now, there is enough pressure to keep the SO2 dissolved. However, CO2 is less soluble than SO2 in magma and can escape even when magma is deep and the pressure is high. This is why, even with no lava erupting at the surface, Kilauea is currently producing CO2. It is important to note that these amounts are very small compared to anthropogenic CO2 emissions. It is this CO2, in conjunction with the small amounts of sulphur gases still being emitted, that can provide clues to how deep Kilauea’s magma is.

Because CO2 can escape even when magma is deep but SO2 mostly stays dissolved until the magma is shallow, deeper magma produces a high ratio of CO2 to SO2. Geochemists typically use this CO2/SO2 ratio as an indication of magma depth.

Deep magma may begin with a high CO2/SO2 ratio, but that ratio will drop as magma moves to shallower depths and more SO2 begins to escape. Therefore, if scientists can measure Kilauea’s CO2/SO2 ratio over time, any changes in it can tell them whether magma is once again rising through the system.

The difficulty lies with the measurement of the CO2/SO2 ratio. Accurately measuring the CO2/SO2 ratio in volcanic gas is tricky because of the large and variable amount of CO2 that already exists in the atmosphere. At Kilauea, the situation is further complicated by collapse events that rearranged the summit caldera and damaged roads and other means of access to degassing areas.

As the current phase of inactivity at Kilauea continues, gas geochemistry scientists at HVO will explore new techniques for measuring the CO2/SO2 ratio, including the installation of multi-gas sensors at the volcano’s summit and the use of gas sensors mounted on unmanned aerial systems (UAS). The goal in collecting such gas data is to document changes that could eventually indicate an increased likelihood of renewed activity at Kilauea.

Source: USGS / HVO.

Pendant de longs mois, le vog a perturbé la vie des Hawaiiens.

Différents gaz sont émis pendant l’éruption du Kilauea…

(Photos: C. Grandpey)

Les détecteurs multi-gaz font partie des instruments utilisés sur les volcans.

Le risque volcanique en Califormie // Volcanic Hazards in California

Selon une un nouveau rapport de l’US Geological Survey (USGS), une éruption volcanique est possible en Californie dans un proche avenir et des centaines de milliers de personnes seraient alors en danger.
Le rapport de 50 pages, intitulé L’exposition de la Californie aux risques volcaniques, attribue un niveau de risque à huit volcans californiens: modéré, élevé et très élevé. La plupart de ces volcans sont situés dans la partie nord et centrale de l’Etat.
Selon le rapport, près de 200 000 personnes vivent, travaillent ou fréquentent quotidiennement les zones de risque volcanique en Californie, et il y a 16% de probabilité qu’une éruption se produise dans les 30 prochaines années. Les scientifiques basent leurs prévisions sur l’activité volcanique au cours des 3 000 dernières années.
On peut lire dans le rapport que parmi les huit zones volcaniques en Californie, il y a du magma sous au moins sept d’entre elles: Medicine Lake, le Mont Shasta, Lassen Peak, Clear Lake, Long Valley, Coso et Salton Buttes. Ces zones sont considérées comme des volcans actifs avec risque de séismes d’origine volcanique, d’émissions de gaz toxiques, des sources chaudes, des systèmes géothermaux et (ou) des mouvements du sol.
C’est autour du Mont Shasta, que le risque volcanique est le plus important pour la population car quelque 100 000 personnes fréquentent le secteur quotidiennement. Le niveau de menace est donc très élevé. Le rapport indique qu' »en moyenne 199 235 personnes vivent, travaillent ou traversent quotidiennement une zone de risque volcanique en Californie ».
La plupart des volcans actifs se trouvent dans le nord de la Californie. Le rapport avertit qu’une éruption dans un proche avenir aurait des effets négatifs considérables sur les ressources naturelles et les infrastructures vitales comme l’alimentation en eau, l’électricité, le gaz naturel, le transport terrestre et aérien et les réseaux de télécommunications. L’impact ne se limiterait pas à la population ; les cultures, le bétail et les animaux seraient également affectés. Les dégâts causés aux cultures telles que le foin et la luzerne auraient des conséquences sur l’industrie laitière. De plus, les retombées de cendre sur le fourrage entraînent souvent des problèmes du tube digestif chez le bétail. Une éruption en Nouvelle-Zélande a tué plus de 2 000 animaux qui paissaient dans des pâturages recouverts de cendre.

Voici une liste des zones volcaniques mentionnées dans le rapport, ainsi que les dernières éruptions, les villes à proximité et le niveau de risque :

Medicine Lake: L’éruption la plus récente a eu lieu il y a 950 ans. Villes à proximité: Malin, Merrill, Tulelake, Klamath Falls (Oregon). Niveau de risque: Elevé.

Mont Shasta: La plus récente éruption remonte à 200-300 ans. Villes à proximité: Weed, Mount Shasta, Edgewood, Dunsmuir. Niveau de risque: Très élevé.

Lassen Peak: La dernière éruption a eu lieu entre 1914 et 1917. Villes à proximité: Mineral, Viola. Niveau de risque: Très élevé.

Clear Lake: La plus récente éruption a eu lieu il y a environ 10 000 ans. Villes à proximité : Clearlake, Kelseyville, Lakeport, Lucerne. Niveau de risque: Elevé.

Coso: La plus récente éruption a eu lieu il y a 40 000 ans. Villes à proximité: Olancha, Pearsonville. Niveau de risque: Modéré.

Long Valley: La plus récente éruption remonte à 16 000-17 000 ans. Villes à proximité: Mammoth Lakes. Niveau de risque: Très élevé.

Salton Buttes: Dernière éruption: il y a environ 1 800 ans. Villes à proximité: Westmorland, Calipatrica, Niland, Brawley. Niveau de risque: Elevé.
 
L’USGS conclut le rapport avec un avertissement à la population la plus exposée. Les habitants doivent se tenir informés des itinéraires d’évacuation, disposer de provisions suffisantes pour deux semaines et mettre au point un plan permettant aux familles de se réunir en cas de séparation.
Source: Presse californienne.

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According to a new study from the The U.S. Geological Survey (USGS), a volcanic eruption might occur in California in the near future and hundreds of thousands of people are in harm’s way.

The 50-page report, entitled California’s Exposure to Volcanic Hazards, assigns threat levels to eight volcanoes in California — moderate, high, and very high. Most of them are located in the northern and central part of the state.

According to the report, nearly 200,000 people live, work or pass through California’s volcanic hazard zones on a daily basis, and there is a 16 percent probability of an eruption in the next 30 years. The scientists base the prediction on the amount of volcanism over the last 3,000 years.

One can read in the report that “of the eight volcanic areas that exist in California, molten rock resides beneath at least seven of these: Medicine Lake volcano, Mount Shasta, Lassen Volcanic Center, Clear Lake volcanic field, the Long Valley volcanic region, Coso volcanic field, and Salton Buttes.” These areas are therefore considered active volcanoes producing volcanic earthquakes, toxic gas emissions, hot springs, geothermal systems, and (or) ground movement.

Mount Shasta has the largest population in harm’s way, with a daily population of more than 100,000. The threat level there is very high. The report indicates that “an average of 199,235 people live, work, or pass through a California volcanic hazard zone on a daily basis.”  .

Most of the active volcanoes lie in Northern California. The report warns a future eruption would have far-reaching adverse impacts on natural resources and infrastructure vital to the state’s water, power, natural gas, ground and air transportation and telecommunication systems. The impact would be not only on humans, but crops, livestock and animals, as well. Damage to crops such as hay and alfalfa would impact the state’s dairy industry. Ash fall on forage most commonly results in digestive tract problems in livestock. An eruption in New Zealand killed more than 2,000 animals that grazed on pastures covered by ash.

Here is a list of the areas in the report, along with the most recent eruption, nearby towns and threat potential, according to the USGS.

Medicine Lake Volcano: The most recent eruption was 950 years ago. Nearby towns: Malin, Merrill, Tulelake, Klamath Falls (OR).Threat Potential: High

Mount Shasta: Its most recent eruption was 200-300 years ago. Nearby towns: Weed, Mount Shasta, Edgewood, Dunsmuir. Threat Potential: Very High

Lassen Volcanic Center: The most recent eruption occurred between 1914 and 1917. Nearby towns: Mineral, Viola. Threat Potential: Very High

Clear Lake volcanic field:  The most recent eruption took place about 10,000 years ago. Nearby towns: Clearlake, Kelseyville, Lakeport, Lucerne. Threat Potential: High

Coso volcanic field: The most recent eruption occurred 40,000 years ago. Nearby towns: Olancha, Pearsonville. Threat Potential: Moderate

Long Valley Caldera volcanic region: The most recent eruption was 16,000-17,000 years ago. Nearby towns: Mammoth Lakes. Threat Potential: Very High

Salton Buttes: Most recent eruption: about 1,800 years ago. Nearby towns: Westmorland, Calipatrica, Niland, Brawley. Threat Potential: High

USGS concludes the report with a warning to residents who are exposed to the greatest risk. They should be aware of evacuation routes, have emergency provisions on hand sufficient for 2 weeks, and devise a plan for families to reunite in the event they are separated.

Source: Californian newspapers.

Dernière éruption de Lassen Peak (Source: USGS)

Lassen Peak aujourd’hui (Photo: C. Grandpey)

Mont Shasta (Photo: C. Grandpey)

 

Il faut qu’on m’explique… ! // Can somebody explain me… ?

L’éruption qui a redémarré le 19 février 2019 se poursuit mais, comme lors de chaque éruption, l’Enclos Fouqué est interdit d’accès et le spectacle n’est visible que depuis la route nationale, vers le Piton Cascades (là où est implantée la webcam qui permet d’observer l’événement) ou vers le Grand Brûlé. La route nationale est encore à plusieurs kilomètres de distance des fronts de coulée et il est peu probable que la lave ait la force d’arriver jusque là.

Touristes et locaux se pressent le long de la route pour tenter d’apercevoir l’éruption, avec le même sentiment d’amertume, voire de colère, et de frustration. Beaucoup de gens ne comprennent pas pourquoi les éruptions du Piton de la Fournaise sont interdites d’accès et pourquoi les autorités refusent obstinément d’organiser des visites guidées sur le site éruptif.

Dans un article paru en août  2017, l’excellent Journal de l’Ile avait consacré un long article à ce sujet. Je vous invite à lire attentivement le dernier paragraphe qui résume parfaitement la situation et pose les bonnes questions:

https://www.clicanoo.re/Une-eruption-pour-le-14-juillet/Societe/Article/2017/08/01/Volcan-ferme_482798

L’interdiction d’accès à un site éruptif n’est pas propre à la Réunion. Aujourd’hui, les autorités s’appuient sur le sacro-saint principe de précaution pour justifier leurs décisions.

A Hawaii, personne – hormis le personnel du HVO et de la Protection Civile – n’a pu s’approcher des coulées de lave pendant la dernière éruption du Kilauea. La plateforme d’observation promise par les autorités a joué l’arlésienne et n’a jamais vu le jour. Comme je l’ai écrit à l’époque, j’accuse fort les autorités hawaiiennes d’avoir traîné les pieds pour ne pas faire de tort aux compagnies d’hélicoptères qui organisaient les survols de l’éruption et engrangeaient beaucoup d’argent. Aux Etats-Unis, business is business !

Sur l’Etna (Sicile), les municipalités concernées mettent immédiatement en rouge, avec accès autorisé uniquement aux scientifiques, la zone sommitale du volcan. Il est loin le temps où l’on pouvait passer des nuits entières à se réchauffer le long des coulées ou à observer les colères de la Voragine et de la Bocca Nuova.

Même punition sur le Stromboli (Sicile) où l’on ne peut plus passer la nuit dans les nids de pierre édifiés le long de la Sciara del Fuoco. Seules les excursions encadrées par les guides locaux sont autorisées.

Par contre, dans le même  temps, on peut pratiquer librement le ski hors piste dans les Alpes. Certains skieurs se font emporter par des avalanches et perdent la vie. Ils mettent parfois en péril les sauveteurs, mais personne ne trouve à redire. Il faudra que l’on m’explique…

Détestant la fraude, je me suis toujours débrouillé pour obtenir des autorisations pour aller effectuer mes observations en toute légalité, que ce soit à Hawaii, sur l’Etna ou à Stromboli quand l’accès était limité. Aujourd’hui, devant cette pluie d’interdictions et parce que les volcans m’ont beaucoup gâté, j’ai quelque peu délaissé les zones chaudes pour arpenter les régions glaciaires. Personne ne vient me gronder ou me verbaliser dans je parcours des vallées où les éboulements sont de plus en plus nombreux suite à la fonte des glaciers. Personne ne m’interdit de longer les profondes crevasses au fond desquelles je ne pourrais pas être secouru en cas de chute. A mon avis, cet univers glaciaire est au moins aussi dangereux que la lèvre du Cratère Nord-Est de l’Etna. Là encore, il faudra que l’on m’explique… !

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The eruption that started again on February 19th, 2019 continues but, as during each eruption, the Enclos Fouqué is closed to the public and the show can only be seen from the national road, the Piton Cascades (where the webcam is located to observe the event) or the Grand Brûlé. The national road is still several kilometres away from the fronts of the flows and it is unlikely that lava will get there.
Tourists and locals gather along the road to try to discern the eruption, with the same feeling of bitterness, even anger, and frustration. Many people do not understand why access to the eruptions of Piton de la Fournaise is always forbidden and why the authorities stubbornly refuse to organize guided visits to the eruptive site.
In an article published in August 2017, the excellent Journal de l’Ile devoted a long article to this subject. I invite you to read carefully the last paragraph which perfectly summarizes the situation and asks the right questions:
https://www.clicanoo.re/Une-eruption-pour-le-14-juillet/Societe/Article/2017/08/01/Volcan-ferme_482798

The prohibition of access to an eruptive site is not specific to Reunion Island. Today, authorities rely on the sacrosanct precautionary principle to justify their decisions.
In Hawaii, no one – except HVO and Civil Protection staff – was allowed to get close to the lava flows during the last Kilauea eruption. The viewing platform promised by the authorities was never seen. As I wrote at the time, I strongly accuse the Hawaiian authorities of dragging their feet so as not to harm the helicopter companies that organized the overflights of the eruption and raked in a lot of money. In the United States, business is business!
On Mt Etna (Sicily), the municipalities immediately set up a red zone over the summit area of the volcano, with access authorized only to scientists. I can remember the time when one could spend whole nights warming up along the lava flows or watching eruptive activity of the Voragine and the Bocca Nuova.
Tourists have to face the same punishment on Stromboli (Sicily) where you can no longer spend the night in the stone nests built along the Sciara del Fuoco. Only excursions supervised by local guides are allowed.
On the other hand, at the same time, you can practice off-piste skiing in the Alps. Some skiers are carried away by avalanches and lose their lives. They sometimes endanger the rescuers, but no one complains. Somebody will have to explain me …
Because of all these interdictions and because the volcanoes allowed me to observe incredible shows, I have left hot areas to visit glacial regions. Nobody comes to scold me or give me a fine in valleys where rockfalls are more and more numerous due to the melting of glaciers. No one forbids me to walk along deep crevasses at the bottom of which I could not be rescued if I happened to fall. In my opinion, this glacial universe is at least as dangerous as the rim of Mount Etna’s Northeast Crater. Again, someone will have to explain me …!

Photos: C. Grandpey

Hawaii: Carte des coulées de lave dans l’East Rift Zone du Kilauea // Map of the lava flows in Kilauea’s East Rift Zone

L’éruption du Kilauea est terminée depuis près de sept mois maintenant. Les coulées de lave émises par les fractures 1 à 24 en 2018 ont recouvert une superficie d’environ 35 kilomètres carrés et ajouté environ 360 hectares de nouvelles terres à la Grande Ile d’Hawaii. L’épaisseur de la lave varie selon les zones. La plus grande épaisseur sur la terre ferme, au niveau de la Fracture 22, est d’environ 54 mètres et la plus grande épaisseur dans le delta de lave qui s’est formé sur la côte est de 275 mètres. Les géologues de l’USGS sont en train d’élaborer une carte avec différentes couleurs en fonction de l’épaisseur de la lave. Une première ébauche de la carte est visible ci-dessous. Vous obtiendrez une carte en meilleure résolution avec ce lien :

http://bigislandnow.com/wp-content/uploads/2019/02/usgsmap221.jpg

Une carte définitive sera publiée lorsque toutes les données auront été collectées et analysées.

Les bouches éruptives le long de la ligne de fractures dans et à proximité des Leilani Estates émettent encore un peu de vapeur, mais il n’y a plus de lave active dans le secteur. En conséquence, la vie reprend progressivement. Il y a un mois, une nouvelle route a été ouverte à partir du «Y» de la Highway132 et à travers la coulée de lave jusqu’à la centrale géothermique PGV. À présent, certains propriétaires de terrains et de maisons situées à proximité du champ de lave commencent à ouvrir des voies d’accès.
Source: Big Island Now.

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The eruption of Kilauea has been over for nearly seven months now. Lava flows erupted from fissures 1-24 in 2018 buried an area of about 35 square kilometres and added about 360 hectares of new land to the island. The thickness of the lava varies across the flow field. The greatest thickness on land, at fissure 22, is approximately 54 metres, and the greatest thickness in the lava delta is 275 metres. A preliminary map with different colours according to the thickness of the lava flows is being worked out by USGS geologists. You will get a higher resolution map by clicking on this link:

http://bigislandnow.com/wp-content/uploads/2019/02/usgsmap221.jpg

A final map will be released when all remote sensing data have been collected and processed.

Vents along the line of fissures in and near Leilani Estates are still lightly steaming today, but there is no active lava anywhere. As a consequence, life is starting again progressively in the area. A month ago, a new road was been completed from the “Y” on Highway 132 across the new lava channel to the PGV Geothermal Plant. Now, some property and home owners in and near the flow field have begun bulldozing their own access roads.

Source:Big Island Now.

Source: USGS

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

L’éruption du Piton de la Fournaise poursuit son petit bonhomme de chemin. La stabilité du tremor montre qu’elle devrait se poursuivre encore quelque temps, même si l’activité éruptive n’est pas très intense. Sur les dernières 36 heures, les débits de surface fluctuaient entre seulement 2,5 et 13 mètres cubes par seconde. En conséquence, le front de coulée ne progresse pas ou très peu depuis le 21 février. L’édifice volcanique ne se déforme plus.

Source : OVPF.

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The eruption of Piton de la Fournaise continues in a stable way. The stability of the tremor shows that it is likely to continue for some time, even if eruptive activity is not very intense. Over the last 36 hours, the lava output fluctuated between only 2.5 and 13 cubic metres per second. As a result, the lava flow front has no longer moved forward, or very little, since February 21st. No deformation of the volcanic edifice has been observed.
Source: OVPF.

Source: OVPF

Quand la mer monte… // When the sea rises

Je viens d’effectuer un bref séjour sur la côte atlantique, histoire de profiter du temps exceptionnellement beau et chaud qui règne actuellement sur la région. J’adore l’océan en dehors des périodes touristiques quand on peut faire une halte où l’on veut, sans rencontrer la famille braillard à chaque coin de sentier de randonnée.

Février, c’est aussi l’époque où les mimosas sont en fleur et embaument le paysage. J’avais choisi de me rendre sur le littoral ces derniers jours car le coefficient de marée se situait autour de 115, ce qui permettait de voir jusqu’où montait la mer par temps calme – il n’y avait pas de vent – et imaginer quel effet érosif elle peut avoir sur les plages au moment des tempêtes.

La situation est inquiétante et, comme je l’ai indiqué dans une note précédente, le Préfet de la région Nouvelle-Aquitaine a été contraint de promukguer des décrets d’interdiction d’accès à certaines portions du littoral, en particulier au Cap Ferret, entre « Chez Hortense » et la Plage de la Pointe.

En parcourant la côte, on comprend facilement ce qui va se passe dans les prochaines années avec la hausse prévue du niveau de l’océan. Les photos que j’ai eu l’occasion de prendre ne laissent pas le moindre doute. En plus, cette partie du littoral atlantique est soumise à de très forts courants, ce qui n’arrange rien. Il suffit de voir à quelle distance de la côte se trouvent les blockhaus datant de la Sonde Guerre mondiale.

Les employés de l’Office National des Forêts font tout leur possible pour protéger les dunes , en particulier en plantant des oyas et en demandant aux visiteurs de respecter la forêt, mais on sait parfaitement qu’à la fin, c’est l’océan qui aura le dernier mot…

Dans son rapport de 2016, l’Observatoire de la Côte Aquitaine prévoit un recul de la côte sableuse de respectivement 20 et 50 mètres en 2025 et 2050. Le précédent rapport de 2011 avançait un taux d’érosion du trait de côte de 1 à 3 mètres par an sur la côte sableuse. Aujourd’hui, la dernière actualisation conclut à une hausse globale de ces valeurs et fait état de reculs moyens de 2,5 mètres par an en Gironde et de 1,70 m par an dans les Landes. Sur la côte sableuse (de la Pointe du Médoc à l’embouchure de l’Adour), l’érosion chronique ainsi estimée est de l’ordre d’en moyenne 20 et 50 mètres respectivement pour les horizons 2025 et 2050. Il faut ajouter à cela un recul lié à un événement majeur en général de l’ordre de 20 mètres.

A l’horizon 2025, la superficie du littoral sableux exposé à l’aléa érosion s’élève à 10,9 km2, soit près de 991 terrains de football. En 2050, 20,6 km2 de littoral sableux seraient concernés, soit l’équivalent de 1873 terrains de football.

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I have just had a short stay on the Atlantic coast, enough to enjoy the exceptionally fine and warm weather that currently prevails in the region. I love the ocean outside tourist periods when you can make a stop where you want, without meeting boisterous families at every corner of a hiking trail.
February is also the time when mimosas are in bloom and perfume the landscape. I had chosen to go to the coast in recent days because the tidal coefficient was around 115, which made it possible to see how far the sea rises in calm weather – there was no wind – and imagine what erosive effect it can have on beaches during storms.
The situation is worrying and, as I indicated in a previous note, the Prefect of Nouvelle Aquitaine was forced to promote decrees prohibiting access to certain parts of the coast, in particular at Cap Ferret, between « Chez Hortense » and Plage de la Pointe.
While walking along the coast, it is easy to understand what will happen in the coming years with the expected rise in the level of the ocean. The photos I had the opportunity to take leave no doubt. In addition, this part of the Atlantic coastline is subject to very strong currents, which does not help. It suffices to see how far from the coast are the blockhouses dating from World War II.
National Forestry Office employees do their utmost to protect the dunes, especially by planting oyas and asking visitors to respect the forest, but we know perfectly well that in the end, the ocean will have the last word…
In its 2016 report, the Observatoire de la Côte d’Aquitaine predicts that the sandy coast will shrink by 20 and 50 metres respectively in 2025 and 2050. The previous report of 2011 predicted an erosion rate of the coastline between 1 and 3 metres per year on the sandy coast. Today, the latest update concludes with an overall increase in these values ​​and reports average retreats of 2.5 metres per year in the Gironde and 1.70 metres per year in the Landes. On the sandy coast (from the Pointe du Médoc to the mouthestuary of the Adour), the estimated chronic erosion is of the order of 20 and 50 metres on the 2025 and 2050 horizons, respectively. One should add another retreat related to a major event, in general of the order of 20 metres.
By 2025, the area of ​​the sandy coast exposed to erosion hazard is likely to amount to 10.9 square kilometres, or nearly 991 football fields. In 2050, 20.6 square kilometres of sandy coastline will be involved, the equivalent of 1873 football fields.

La côte souffre….

Les oyas essayent de retarder l’échéance…

Les blockhaus ont quitté leurs ancrages…

Les interdictions sont de plus en plus nombreuses…

Photos: C. Grandpey

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Photos et nouvelles de l’éruption

Christian Holveck vient de m’envoyer de nouvelles superbes photos de l’éruption depuis sa reprise le 19 février 2019. Avec tous mes remerciements.

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L’éruption se poursuit avec un tremor relativement stable. On n’enregistre pas de déformation de l’édifice volcanique. Le débit de lave en surface est compris entre 2,5 et 15 mètres cube par seconde. Le volume de lave émis depuis la reprise de l’activité le 19 février est comprise entre 1 et 3 millions de mètres cubes. Comme on peut le voir sur la carte ci-dessous, le contour de la coulée a légèrement évolué même si sa propagation est lente. Le cône éruptif continue à s’édifier et il est occupé par un lac de lave d’où s’échappent des éjectas lors de l’explosion de bulles arrivant en surface. Une coulée, bien canalisée s’échappe du cône. Après 1 kilomètre de long et 200 mètres de dénivelé, la coulée de scinde en deux bras. Le premier, le plus au sud, s’arrête à 1350 m d’altitude, le second vers 1300 m. Le bras le plus long a parcouru une distance de 1900 mètres depuis la bouche éruptive et est encore à 4,3 km de la route et 5,3 km de l’Océan.

Source : OVPF.

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The eruption continues with a relatively stable tremor. No deformation of the volcanic structure has been recorded. The output of the surface lava flow is between 2.5 and 15 cubic metres per second. The volume of lava emitted since the resumption of activity on February 19th is between 1 and 3 million cubic metres. As can be seen on the map below, the contour of the flow has slightly changed even if its propagation is slow. The eruptive cone continues to grow, with a lava lake ejecting material when bubbles come to the surface. A well channelled flow is coming out of the cone. After a length of one kilometre and 200 metres of vertical drop, the lava splits in two branches. The former and more southerly branch stops at 1350 m a.s.l., the second at 1300 m. The longest branch has travelled a distance of 1900 metres from the eruptive vent and is still 4.3 km from the road and 5.3 km from the ocean.
Source: OVPF.

Vue de la trajectoire empruntée par les coulées depuis le 18 février 2019 (Source: OVPF)