La Soufrière de la Guadeloupe depuis 1976 : les progrès de la volcanologie

Alors que vient de se terminer à la Guadeloupe le colloque SOUFRIÈRE_50 organisé par l’IPGP et l’Observatoire volcanologique et sismologique (OVSG), un article publié sur le site Guadeloupe la 1ère montre l’évolution de la volcanologie au cours des 50 années qui se sont écoulées depuis l’éruption de La Soufrière en juillet 1976. On se souvient que cette éruption avait été marquée pat la relation conflictuelle entre Haroun Tazieff et Claude Allègre, ce dernier ayant décrété une évacuation qui n’était pas justifiée au vu des observations scientifiques effectuées par l’équipe Tazieff.

Source : Radio France, INA

Aujourd’hui, à la Guadeloupe comme ailleurs dans le monde, les moyens de surveillance volcanique n’ont plus grand-chose à voir avec ceux de 1976, mais force est tout de même de reconnaître que la prévision éruptive est toujours loin d’être parfaite. On l’a constaté lors d’éruptions récentes comme celle du Fuego (Guatemala) en 2018 qui a été particulièrement meurtrière.

L’OVSG installé à Gourbeyre, dans le sud de l’île, est depuis quelques années en état de « vigilance renforcée » face au volcan, qui domine l’archipel du haut de ses 1 467 mètres.

Crédit photo : Wikiprdia

La Soufrière est sous étroite surveillance car le volcan montre des signes de réveil. Le bulletin publié par l’Observatoire rappelle que depuis mai 2021, la zone active du sommet est devenue « plus dangereuse qu’auparavant », en raison des gaz toxiques, des projections de vapeur et de matière à haute température et des effondrements de sol. La directrice de l’Observatoire a toutefois fait remarquer en novembre 2025 que « la micro-sismicité est moins forte en ce moment. » Selon elle, le canal par lequel remonte la vapeur d’eau serait aujourd’hui bien ouvert. Cette vapeur ne fracture donc plus les entrailles du volcan, un phénomène qui provoque des séismes. Le risque d’une éruption phréatique semble donc écarté pour le moment.

Crédit photo : CNRS

En cas d’éruption, la première question qui se poserait serait celle des évacuations. En novembre, un exercice grandeur nature a simulé l’évacuation d’une partie de Saint-Claude, commune installée sur les flancs du volcan, vers des centres d’accueil du nord de l’île.

En 1976, Claude Allègre, alors directeur de l’IPGP, avait décrété une évacuation d’ampleur, faisant fi des résultats des observations de l’équipe Tazieff qui n’avait détecté aucun magma juvénile dans les matériaux éjectés par le volcan. Quelque 73 000 personnes avaient finalement été évacuées de l’île de Basse-Terre à la mi-août et la commune, chef-lieu de la Guadeloupe, ne s’en est jamais vraiment remise. L’éruption a précipité son déclin au profit de Pointe-à-Pitre, la capitale économique.

D’un point de vue scientifique, les chercheurs considèrent désormais la Soufrière comme un volcan similaire à la Montagne Pelée en Martinique, et à La Soufriere de Montserrat, capable de produire des éruptions phréatiques, mais aussi magmatiques. [NDLR : Il ne faudrait pas oublier que chacun de ces volcans a son propre dynamisme éruptif. La lecture du livre d’Alfred Lacroix sur les éruptions de la Montagne Pelée, comme l’a fait le professeur Brousse en 1976 au moment de la crise de la Soufrière n’était pas forcément le meilleur moyen de comprendre l’éruption à la Guadeloupe].

L’article paru sur le site Guadeloupe le 1ère explique qu’en un demi-siècle, la connaissance du passé éruptif de La Soufrière et la densification d’instruments toujours plus précis ont changé la façon de voir le volcan. Depuis fin 2024, les scientifiques disposent en outre de l’imagerie matricielle qui permet d’obtenir une sorte d’échographie du volcan. Cette nouvelle méthode repose sur la disposition d’un réseau de géophones qui captent non seulement les fortes secousses sismiques, mais aussi le bruit sismique induit par le vent, l’océan et l’activité humaine.  Les ondes émises par le volcan ont permis de représenter son sous-sol en image, jusqu’à 10 km de profondeur et environ 6 km de large. C’est ainsi qu’est apparu un conduit hélicoïdal sur les cinq premiers kilomètres de profondeur, qui se connecte à des réservoirs de magma plus en profondeur, un peu comme une éponge alvéolée. [NDLR : Une image semblable de l’intérieur de La Soufriàre avait été obtenue grâce à la tomographie muonique dans le cadre du projet Diaphane. Voir ma note du 9 mai 2016]

Selon un scientifique de l’arc antillais, cette technique permet de mieux comprendre le fonctionnement du volcan et pourrait aider à mieux anticiper les éruptions, en révélant à l’image d’éventuels changements du régime magmatique ou gazeux du volcan.

Source » : Guadeloupe la 1ère.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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Une éruption modérément explosive s’est produite au niveau du cratère sommital du Kanlaon (Philippines) dans la matinée du 9 juillet 2026. L’événement a duré environ trois minutes, générant un panache de cendres qui s’est élevé entre 2 000 et 3 000 mètres au-dessus du sommet. Des coulées pyroclastiques, difficilement visibles, ont dévalé les pentes sud-est où elles ont parcouru probablement une distance inférieure à un kilomètre depuis le cratère sommital.
Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités. Au moins huit vols intérieurs ont été annulés à l’aéroport international de Mactan-Cebu en raison de l’éruption. Les autorités locales ont commencé à distribuer des masques aux habitants afin de réduire l’exposition aux cendres volcaniques, susceptibles de provoquer des problèmes respiratoires.
Le niveau d’alerte 2 reste en vigueur pour le Kanlaon. L’accès à la zone de danger permanent (PDZ), définie par un rayon de 4 kilomètres autour du volcan, demeure interdit.
Source : PHIVOLCS.

Activité explosive sur le Kanlaon en décembre 2025 (Crédit photo: PHIVOLCS)

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Une puissante éruption explosive sur le Sheveluch (Kamtchatka) le 5 juillet 2026 a propulsé un panache de cendres jusqu’à 12,2 km d’altitude et a conduit les autorités à relever au Rouge la couleur de l’alerte aérienne. L’explosion a duré une dizaine de minutes. Aucune nouvelle explosion n’a été observée par la suite et la couleur de l’alerte aérienne a été ramenée à l’Orange. Toutefois, la survenue d’autres épisodes explosifs ne peut être exclue.
Cet événement faisait suite à une hausse d’activité le 3 juillet, date à laquelle la couleur de l’alerte aérienne avait déjà été portée au Rouge avant d’être abaissée à l’Orange.
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

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L’éruption sommitale du Kīlauea (Hawaï) est en pause. La nuit, les images des webcams montrent une lueur au niveau des bouches éruptives nord et sud, tandis que l’inflation sommitale se poursuit. Les modèles de prévision laissent supposer que l’Épisode 51 et ses fontaines de lave se produira entre le 11 et le 15 juillet 2026.

Source: HVO.

Image webcam de l’Épisode 50

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Vers la fin du mois de juin 2026, l’INGV a signalé le début d’une activité effusive sur l’Etna (Sicile) dans la partie supérieure de la Valle del Leone et de la Valle del Bove, à une altitude d’environ 3 000 mètres, Cette activité produisait une petite coulée de lave faiblement alimentée. Au cours de la nuit du 25 au 26 juin 2026, une faible activité strombolienne était également observée à partir de la bouche située sur le versant supérieur de la Voragine. L’alerte aérienne VONA émise par l’INGV restait alors à l’Orange, mais l’activité éruptive de l’Etna n’avait pas d’impact sur le fonctionnement de l’aéroport de Catane.

Cette situation a évolué le 5 juillet vers 7h45 (heure locale) quand de volumineux panaches de cendres sont apparus sur l’Etna au niveau de la bouche située dans la partie supérieure du flanc est de la Voragine. Ces émissions se sont intensifiées vers 8 h 45, générant un nuage éruptif à environ 1,5 km au-dessus du sommet du volcan et dirigé vers les secteurs sud et sud-sud-est. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée de l’Orange au Rouge.

Image webcam du panache de cendres le 5 juillet 2026

La SAC qui gère l’aéroport a mis en œuvre une série de restrictions progressives : d’abord, la fermeture de l’espace aérien en direction du nuage de cendres, avec une limitation à cinq vols par heure ; puis l’arrêt total de tout trafic aérien à l’arrivée. L’activité de l’aéroport de Catane a ensuite été totalement interrompue jusqu’au 7 juillet à midi. Les émissions de cendres de l’Etna ayant décliné de manière significative, les avions ont pu à nouveau décoller et atterrir.

À noter que pendant ces fortes émissions de cendres, la lave de la Voragine se déversait dans le Cratère Nord-Est.

Source: réseaux sociaux

L’INGV a indiqué le 7 juillet que l’épisode éruptif était terminé.

Source : INGV, journal La Sicilia.

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Rien de nouveau en Islande. L’accumulation de magma et le soulèvement du sol se poursuivent dans le secteur de Svartsengi. La vitesse moyenne d’accumulation magmatique est restée stable au cours des dernières semaines. Selon le Met Office, le scénario le plus probable demeure une accumulation lente et continue de magma, conduisant à terme à une nouvelle intrusion de dyke et éventuellement à une éruption. Toutefois, le Met Office ne fait plus de prévision quant au moment où une éruption pourrait se produire !
L’activité sismique le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur et près de Grindavík reste relativement faible et comparable à celle des semaines précédentes. Aucune variation significative de l’activité sismique n’a été observés ces dernières semaines.
Source : Met Office.

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La plateforme littorale qui s’est formée lors de l’éruption dr Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) en février-avril 2026 subit les assauts des vagues et s’érode.

Entre le 16 et le 24 mars 2026, l’île de La Réunion avait gagné 8,7 hectares grâce à l’arrivée de la lave à l’océan.

Source : OVPF

10 campagnes de cartographie par drones ont été menées en 3 mois et demi par l’OVPF, l’Université de La Réunion et la CIREST pour suivre l’érosion de la plateforme qui se réduit comme peau de chagrin. Entre le 24 mars et le 7 avril, elle a perdu 871 m² par jour. Depuis le 7 avril, elle perd-151 m²/jour et son recul est constant. L’OVPF précise que les vagues creusent la base de la pré-falaise, provoquant sa fragilisation et puis des effondrements. Les blocs, réduits en taille, sont emportés par les vagues et accélèrent l’érosion.

Source : OVPF.

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Un demi-siècle après l’éruption de la Soufrière (8 juillet 1976) qui a profondément marqué l’histoire de la Guadeloupe et de la volcanologie mondiale, l’archipel est devenu, durant une semaine, le centre d’échanges internationaux sur les volcans actifs et la gestion des risques naturels.

Le colloque SOUFRIÈRE_50, organisé par l’IPGP et l’Observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe (OVSG) s’est déroulé du 6 au 10 juillet 2026 sur le campus de Saint-Claude. L’événement a réuni des chercheurs de neuf nationalités Le but de ce colloque était pour les chercheurs, experts, autorités publiques et acteurs du territoire de partager leurs connaissances afin de tirer les leçons de la crise de 1976 et de renforcer la préparation face aux futurs phénomènes volcaniques.

La directrice de l’OVSG a rappelé l’importance historique de l’éruption de 1976. Il ne faudrait pas oublier que la Soufrière est un volcan actif, en phase de réactivation depuis 1992. La directrice a également déclaré : « L’objectif est de revenir sur tout ce que nous avons appris depuis 1976. Cette éruption a permis de mieux comprendre les volcans du type Soufrière, d’améliorer les réseaux de surveillance et de mieux anticiper les futures éruptions. » [NDLR : On peut ajouter ajouter qu’à l’avenir, il faudrait éviter les erreurs d’interprétation commises par certains en 1976 et tenir compte honnêtement des observations scientifiques avant de prendre une décision d’évacuation de la population.]

Tout au long de l’année 2026, d’autres manifestations seront proposées avec les communes de Saint-Claude, Basse-Terre et Pointe-à-Pitre afin de transmettre la mémoire de l’éruption de 1976 et de rappeler l’importance de la prévention face aux risques volcaniques.

Source : Guadeloupe la 1ère.

Crédit photo: Wikipedia

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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A moderately explosive eruption occurred at the summit crater of Kanlaon (Philippines) on the morning of July 9, 2026. The event lasted approximately three minutes, generating an ash plume that rose 2 000 to 3 000 m above the summit. Poorly visible pyroclastic flows descended the southeastern slopes, possibly travelling less than 1 km from the summit crater.

Ashfall was reported in several municipalities. At least eight domestic flights were canceled at Mactan-Cebu International Airport due to the eruption. The local government has begun distributing face masks to residents to minimize exposure to volcanic ash, which may cause respiratory problems.

Alert Level 2 remains in effect dor Kanlaon. Entry into the 4 km-radius Permanent Danger Zone (PDZ) remains prohibited.

Source : PHIVOLCS.

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A powerful explosive eruption at Sheveluch (Kamchatka) on July 5, 2026, sent an ash plume as high as 12.2 km and prompted authorities to raise the Aviation Color Code to Red after video observations confirmed an approximately 10-minute explosion. No new ash explosions has been observed and the aviation color code was lowered to Orange. However, more explosive events cannot be excluded..

The event followed elevated activity beginning on July 3 when the aviation color code was already raised to Red, then lowered to Orange.

Source : KVERT.

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The summit eruption of Kīlauea (Hawaii) is paused. At night, webcam views show glow at both the north and south eruptive vents, while summit inflation continues. Current forecast models suggest that lava fountaining Episode 51 will occur sometime between July 11 and 15, 2026.

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Towards the end of June 2026, the INGV reported the onset of effusive activity on Mt Etna (Sicily), in the upper part of the Valle del Leone and Valle del Bove, at an elevation of approximately 3,000 meters; this activity produced a small, poorly-fed lava flow. During the night of June 25–26, 2026, weak Strombolian activity was also observed from the vent located on the upper slope of the Voragine. The VONA aviation color code issued by the INGV remained at « Orange, » and Etna’s eruptive activity did not impact operations at Catania Airport.
The situation changed on July 5 at approximately 7:45 a.m. (local time) when large ash plumes appeared at Mt Etna, originating from the vent on the upper eastern flank of the Voragine crater. These emissions intensified around 8:45 a.m., generating an eruption cloud that rose to about 1.5 km above the volcano’s summit and drifted toward the south and south-southeast. Consequently, the aviation color code was raised from Orange to Red. SAC, the airport operator, implemented a series of progressive restrictions: initially closing airspace in the direction of the ash cloud and limiting traffic to five flights per hour, followed by a complete halt to all incoming air traffic. Operations at Catania Airport were subsequently suspended entirely until noon on July 7. As Etna’s ash emissions subsided significantly, aircraft were able to resume takeoffs and landings.

Notably, during this period of intense ash emission, lava from the Voragine crater was spilling into the Northeast Crater.

INGV indicated on 7 July that the eruptive episode was over.

Source: INGV, La Sicilia.

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Nothing new in Iceland. Magma accumulation and ground uplift continue beneath Svartsengi. The average rate of magma accumulation over the past few weeks has remained steady. According to the Met Office, the most likely scenario remains continued slow magma accumulation, eventually leading to a new dike intrusion and possibly a volcanic eruption. However, no more prediction is made about the moment when an eruption might occur.

Seismic activity along the Sundhnúkur crater row and near Grindavík remains relatively low and is similar to previous weeks. No significant changes in seismic activity have been observed in recent weeks.

Source : Met Office.

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The coastal platform formed during the Piton de la Fournaise eruption (Réunion Island) between February and April 2026 is being battered by the waves and is eroding.
Between March 16 and March 24, 2026, Réunion Island gained 8.7 hectares as lava reached the ocean.
Over a period of three and a half months, the OVPF, the University of Réunion, and CIREST conducted ten drone-based mapping campaigns to monitor the erosion of the platform, which is rapidly shrinking. Between March 24 and April 7, it lost 871 m² per day. Since April 7, it has been losing 151 m² per day, and its retreat is constant.
The OVPF notes that waves are undercutting the base of the incipient cliff, causing it to weaken and eventually collapse. The resulting smaller blocks are swept away by the waves, further accelerating erosion.
Source: OVPF.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Réchauffement climatique et érosion littorale à la Guadeloupe

Concentrations de CO2 : 432,38 ppm (12 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,46 ppb (février 2026)

Dans des notes publiées le 22 janvier 2021 et le 28 avril 2024, j’attirais l’attention sur l’érosion littorale à la Martinique et à la Guadeloupe. Selon les modélisations du BRGM, le niveau de la mer en Guadeloupe pourrait monter jusqu’à 1,4 m d’ici à 2100, avec des risques de submersions marines et des conséquences sur l’habitat privé et l’activité économique. À Petit-Bourg, par exemple, face à l’avancée de la mer, une trentaine de familles ont déjà dû être relogées.

Avis de démolition à la Guadeloupe (Source : Agence des 50 Pas Géométriques)

En mai 2026, la terre qui bordait la RD6, le long du quartier de Grand’Anse, à Trois-Rivières, s’est effondrée le long de la falaise. Le site est très fragilisé. Au fil du temps, des voûtes se sont formées jusque sous des habitations. Les riverains sont très inquiets. L’image de drone ci-dessous permet de comprendre l’ampleur des dégâts et de mesurer le risque d’une aggravation de la situation.

Source : RTVBT

Le littoral de la Guadeloupe est particulièrement exposé à l’aléa recul du trait de côte et en lien avec le transport des sédiments dans la zone côtière et le passage des cyclones qui peuvent provoquer des reculs brutaux. Les études réalisées par l’Observatoire du Littoral des Îles de Guadeloupe (OLIG) indiquent qu’environ 1/3 des côtes basses sableuses du littoral de l’île présentent une tendance à l’érosion depuis les années 1950.

Parmi les facteurs intervenants dans l’érosion des côtes basses sableuses on peut citer la fréquence et intensité des évènements extrêmes, l’évolution des conditions climatiques à l’échelle saisonnière ou interannuelle, ou encore l’élévation du niveau de la mer en lien avec le réchauffement climatique. Il faudrait aussi ajouter les prélèvements de sédiments dans la zone côtière pour la construction ou la collecte des algues sargasses échouées sur les plages.

Photo: C. Grandpey

Les écosystèmes côtiers de récif corallien, les herbiers marins, les mangroves, les cordons littoraux et la végétation littorale associée, jouent un rôle de protection important en Guadeloupe. Les pressions humaines (urbanisation, par exemple) ou naturelles (cyclone et effets du réchauffement climatique) contribuent à fragiliser et dégrader ces écosystèmes, avec une aggravation de l’érosion dans certains secteurs et une augmentation du risque de submersion en conditions extrêmes.

Photo: C. Grandpey

Une étude réalisée par la DEAL en 2021 estime qu’environ 42 500 personnes sont exposées au risque de submersion marine en Guadeloupe, soit 10% de la population. Les zones les plus exposées au risque de submersion se situent dans l’agglomération du Pointe-à-Pitre, le sud de la Grande-Terre et la côte sous le vent de la Basse-Terre.

Le littoral de la Guadeloupe est également exposé au phénomène de tsunami d’origine sismique, volcanique ou de mouvements de terrain. Toutefois, les connaissances historiques des évènements ayant pu affecter les Antilles restent encore très rares et le recours à la modélisation est indispensable pour caractériser l’aléa.

Aujourd’hui, les effets potentiels du réchauffement climatique sur les risques côtiers sont multiples. L’OLIG explique que l’augmentation du niveau moyen de la mer est un des éléments qui aura le plus d’impacts sur les zones côtières. Il y a un risque de submersion chronique et permanente des zones basses situées sous le niveau de la mer. Ce type de phénomène de submersion par la marée, hors perturbations atmosphériques, est déjà observé dans certains quartiers de Pointe-à-Pitre.

Les effets de l’élévation du niveau de la mer sur le trait de côte sont encore difficilement quantifiables, mais le phénomène aura un effet sur l’adaptation des cordons littoraux et des écosystèmes côtiers sur le long terme. La hausse du niveau de l’océan provoquera inévitablement des intrusions salines dans les eaux souterraines côtières.

Cartographie de l’aléa recul du trait de côte à échéance 100 ans sur la commune de Sainte-Anne (Source: BRGM)

Il est également reconnu que le réchauffement climatique induira probablement des cyclones plus intenses dans le bassin de l’Atlantique nord. Ces évènements seront associés à des phénomènes de submersion marine et d’érosion côtière plus intenses et plus fréquents en lien avec l’élévation du niveau de la mer.

Enfin, l’OLIG prévient que certains changements dans les conditions environnementales pourront affecter les écosystèmes côtiers, tels que les récifs coralliens, en lien avec l’augmentation de la température de surface de la mer et l’acidification des océans.

Source : OLIG.

Pour mieux analyser l’activité volcanique…

La plupart (pour ne pas dire tous) les volcanologues aimeraient avoir à leur disposition un tomographe géant capable de voir les entrailles d’un volcan, un peu comme les services des douanes peuvent examiner l’intérieur des bagages dans les grands aéroports. Malheureusement, nous sommes encore loin d’avoir à notre disposition une telle technologie qui nous permettrait de mieux prévoir les éruptions, domaine pour lequel nous sommes encore démunis. Malgré tout, les recherches vont bon train et plusieurs approches intéressantes ont été testées sur les volcans.

C’est ainsi que des scientifiques de l’Institut Langevin et de l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP) ont mis au point en 2024 une méthode d’imagerie innovante capable de sonder les entrailles d’un volcan à une résolution et une profondeur inégalées jusqu’ici. Parus dans la revue Communications, Earth & Environment, ces travaux offrent une nouvelle approche de la volcanologie et pourraient permettre de mieux anticiper les éruptions.

La publication de l’IPGP explique que, de nos jours, la tomographie sismique exploite les séismes pour sonder leurs propriétés mécaniques mais elle demande une activité sismique importante et la résolution des images obtenues est seulement de l’ordre de quelques kilomètres. Les scientifiques de l’Institut Langevin et de l’IPGP ont mis au point une nouvelle méthode d’imagerie, dite matricielle passive, qui plonge dans les entrailles du volcan jusqu’à dix kilomètres de profondeur et résout sa plomberie interne avec une précision de l’ordre de la centaine de mètres à partir du seul bruit sismique.

Ces résultats ont été obtenus sur La Soufrière de la Guadeloupe. Ils révèlent la forme tortueuse de la cheminée du volcan dans sa partie supérieure. Ils confirment aussi l’existence d’une large zone de stockage de magma en profondeur. Il s’agit d’un réseau de lentilles de magma horizontales connectées entre elles.

Pour parvenir à ce résultat, les scientifiques, en collaboration avec l’Observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe, ont déployé un réseau de géophones qui captent non seulement les secousses sismiques, mais aussi le bruit sismique induit par le vent, l’océan et l’activité humaine. Ce bruit sismique mesuré pendant deux mois a servi à construire une matrice de réflexion, inspirée de travaux précédents de la même équipe sur l’échographie ultrasonore et la microscopie optique. Cette matrice est exploitée pour compenser finement les distorsions que les ondes sismiques subissent en traversant les différentes structures géologiques et poches de magma du volcan. Ces hétérogénéités ne sont alors plus un obstacle et une image de la structure interne du volcan est obtenue comme si ce dernier était devenu transparent.

Cette technique d’imagerie matricielle passive peut être appliquée à n’importe quel volcan pourvu qu’il y soit déployé un réseau dense de géophones. Elle ouvre ainsi un vaste champ d’applications en volcanologie, pour mieux comprendre la structure interne des volcans et les mouvements du magma en profondeur. Cela pourrait permettre d’anticiper de manière plus efficace les éruptions volcaniques.

Source : IPGP.

Référence: E. Giraudat, A. Burtin, A. Le Ber, M. Fink, J-C. Komorowski & A. Aubry. Matrix imaging as a tool for high-resolution monitoring of deep volcanic plumbing systems with seismic noise. Commun Earth Environ 5, 509 (2024). DOI : 10.1038/s43247-024-01659-2.

a) Vue tri-dimensionnelle du volcan obtenue par une migration confocale de la matrice de réflexion. L’image est totalement brouillée par les distorsions des ondes sismiques induites par les hétérogénéités du volcan. b) Image matricielle du volcan obtenue par apprentissage des lois de focalisation compensant les hétérogénéités de ce dernier. Jusqu’à 5 km, l’image révèle le conduit tortueux de la Soufrière. Au-delà, une zone de stockage du magma est mise en lumière avers un arrangement complexe de lentilles de magma horizontales connectées les unes aux autres. © Elsa Giraudat

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Il y a quelques années, La Soufrière de la Guadeloupe a déjà servi de banc d’essai à une étude sur l’utilisation des muons en volcanologie. J’ai publié plusieurs notes à ce sujet sur ce blog. Cette nouvelle technologie est basée sur l’utilisation des particules en provenance des couches supérieures de l’atmosphère. J’ai décrit cette technologie plus en détail dans des notes parues le 21 novembre 2015 et le 10 février 2016 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/11/21/muons-et-volcans-muons-and-volcanoes/

Les scientifiques français ont utilisé la tomographie muonique dans le cadre du projet DIAPHANE sur le volcan de la Soufrière à la Guadeloupe. Des équipes du CNRS ont installé des capteurs de muons cosmiques sur les flancs du volcan. La technologie a permis de «suspecter la présence d’importantes cavités» à l’intérieur de l’édifice volcanique.

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez visionner un excellent document (en anglais) montrant la mise en place du projet DIAPHANE sur la Soufrière en avril-mai 2015 :

https://www.bo.infn.it/sminiato/iprd16/01_Lunedi/Mattina/04_Marteau.pdf

Selon les chercheurs en charge du projet DIAPHANE, son but est d’augmenter la couverture tomographique du dôme de La Soufrière de la Guadeloupe. Il s’agit aussi de fournir des données uniques, non seulement d’imagerie structurelle, mais surtout du suivi dynamique du système hydrothermal du volcan. Le rapport entre le niveau d’eau liquide et gazeuse est en effet un des points essentiels dans la compréhension du fonctionnement d’un volcan de ce type, constamment arrosé par les pluies tropicales (8 à 10 mètres de précipitations annuelles !), et siège de fréquentes éruptions phréatiques.

Voici des images de l’intérieur de la zone sommitale de La Soufrière et du Stromboli obtenues grâce à la muographie.

 (Sources: IPGP, JMA)

Il faut toutefois ajouter que si ces images muoniques permettent d’avoir une idée de l’intérieur du volcan, elle n’apportent rien, ou pas grand-chose, en matière de prévision éruptive. Elles fournissent une image statique, longue à obtenir, à un moment donné. La nouvelle méthode d’imagerie matricielle passive semble un peu plus dynamique mais ne prend pas en compte tous les paramètres liés à l’activité volcanique.

Source : CNRS.