Eruption du Manam (Papouasie-Nouvelle-Guinée / Papua-New-Guinea)

De violentes éruptions sont observées de temps en temps sur le volcan Manam en Papouasie-Nouvelle-Guinée. La dernière en date a eu lieu dans la soirée du 7 janvier 2019. Selon le VAAC de Darwin, le nuage de cendres s’est élevé à 16,7 km au dessus du niveau de la mer. Cependant, la cendre a été difficile à observer en raison des conditions météorologiques. Il s’agissait du panache le plus élevé émis par le volcan depuis 2015, année où il a atteint 19,8 km d’altitude.
La dernière fois qu’une puissante éruption a eu lieu sur le Manam remonte au 8 décembre 2018, avec un panache de cendre qui, selon le VAAC de Darwin, est monté à 13,7 km au dessus du niveau de la mer. Cela a contraint les autorités à élever la couleur de l’alerte aérienne au Rouge, ce qui est également le cas suite à la dernière éruption.
Source: The Watchers.

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Powerful eruptions are observed from time to time at Manam Volcano in Papua-New-Guinea. The latest explosion occurred in the evening of January 7th, 2019. According to the Darwin VAAC, the ash cloud rose up to 16.7 km above sea level. However, the ash was difficult to discern due to weather conditions. This was the highest plume produced by the volcano since 2015 when ash rose to 19.8 km a.s.l.

The last time a powerful eruption took place at Manam volcano was on December 8th, 2018, with an ash plume rising up to 13.7 km above sea level, according to the Darwin VAAC. It forced authorities to raise the aviation colour code to Red, which also happened following the last eruption.

Source: The Watchers.

Le Manam en 2017 (Crédit photo: NASA)

Sabancaya (Pérou / Peru)

Le « shutdown » aux Etats-Unis empêche la Smithsonian Institution de diffuser son bulletin hebdomadaire sur l’activité volcanique dans le monde. On peut tout de même obtenir des informations par les différents observatoires.

Ainsi, l’Institut de Géophysique du Pérou indique que l’on enregistre actuellement une moyenne de 27 explosions quotidiennes sur le Sabancaya., avec une activité essentiellement liée à des mouvements de fluides sous l »édifice volcanique. Les événements sismiques associés à une ascension du magma présentent une faible intensité. Lors des explosions, les nuages de cendre s’élèvent jusqu’à environ 3700 mètres au-dessus du cratère avant de se disperser dans le ciel sur une trentaine de kilomètres. L’Observatoire n’a pas décelé de déformation significative de l’édifice volcanique. Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à la couleur Orange. .

Source : INGEMMET.

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The shutdown in the United States prevents the Smithsonian Institution from releasing its weekly report on volcanic activity around the world. However, we can still get information from the different observatories.
Thus, the Geophysics Institute of Peru indicates that an average of 27 daily explosions is recorded on Sabancaya. Activity is mainly related to movements of fluids under the volcanic edifice. Seismic events associated with the ascent of magma show a low intensity. During the explosions, the ash clouds rise up to about 3,700 metres above the crater before drifting in the sky for about thirty kilometres. The Observatory did not detect any significant deformation of the volcanic structure. The volcanic alert level is kept at Orange. .

Source : INGEMMET.

Source: IGP / INGEMMET

Fonte du permafrost et son effet sur le budget carbone // Permafrost melting and its effect on the carbon budget

Une nouvelle étude publiée dans Nature Geoscience  a évalué l’impact de la fonte du permafrost sur les budgets d’émission de CO2 alors que le monde semble se rapprocher plus vite que prévu du dépassement des objectifs de l’Accord de Paris sur le climat.

Le pergélisol, ou permafrost, occupe une grande partie du Groenland, de l’Alaska, du Canada et de la Russie. Au total, il couvre un cinquième des terres émergées de la planète. Le permafrost contient du carbone qui s’est accumulé dans le sol pendant des dizaines, voire des centaines de milliers d’années. Jusqu’à présent, le sol gelé en permanence avait retenu ce carbone qui représente trois à sept fois la quantité de carbone retenue dans les forêts tropicales. Le problème à l’heure actuelle, c’est que la couche supérieure du pergélisol dégèle périodiquement en été, avec une accélération du phénomène liée à l’augmentation des températures.

La dernière étude montre comment le réchauffement climatique, en favorisant le dégagement de carbone du pergélisol, diminue  la quantité de CO2 que l’humanité peut se permettre d’émettre. Bien que le rapport le plus récent du GIEC ait reconnu que le pergélisol se réchauffait, les modèles climatiques n’ont pas pris en compte ces émissions lors des projections climatiques.

L’intérêt de la nouvelle étude est d’affirmer que le risque sera encore plus important si les objectifs d’émissions sont dépassés, même ponctuellement. L’Accord de Paris reconnaît explicitement une trajectoire de dépassement, culminant d’abord sous les 2°C, et avec des efforts par la suite pour revenir à 1,5°C. Le problème avec cette stratégie, c’est que, pendant la période de dépassement, la hausse des températures provoquera un dégel du pergélisol. Cela entraînera la libération d’un surplus de carbone qui devra être éliminé de l’atmosphère pour que la température mondiale diminue.

Les budgets d’émission sont définis comme la quantité cumulée d’émissions anthropiques de CO2 compatibles avec une cible de changement de température globale, en l’occurrence 1,5 et 2°C. Inclure les émissions du dioxyde de carbone (CO2) et de méthane (CH4) sur les budgets d’émission par dégel du pergélisol change la donne.

Il est difficile pour les scientifiques de déterminer les proportions relatives des émissions de dioxyde de carbone et de méthane qui pourraient résulter du dégel du pergélisol à grande échelle. La contribution spécifique des émissions de CH4 représente 5 à 35% de l’effet total du pergélisol en fonction de la température cible et du parcours pour atteindre l’objectif. Dans les scénarios de dépassement, le CH4 joue un rôle moins important, car la cible est atteinte plus tard et le CH4 est un gaz à effet de serre à durée de vie relativement courte.

Le rythme actuel d’émissions est de 10 GtC par an ou 40 GtC02. Une libération de 150 GtCO2 due au permafrost reviendrait à réduire le budget de 4 années. Le pergélisol dégèle déjà à certains endroits et si le problème se propage, les scientifiques craignent que le réchauffement climatique ne s’emballe, davantage de dégel favorisant encore plus de hausse des températures…

Il y a aussi de grandes incertitudes quand à l’effet à long terme du permafrost, c’est à dire pour les siècles à venir. Au final, le réchauffement de la planète dû au dégel du pergélisol dépendra de la quantité de carbone libérée, de sa rapidité et de sa forme sous forme de CO2 ou de méthane. L’impact pourrait être beaucoup plus important après 2100 en fonction des scénarios d’émissions.

Source : Nature Geoscience.

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A new study published in Nature Geoscience has assessed the impact of permafrost melting on CO2 emission budgets. The world seems to be moving faster than expected to exceed the objectives of the Paris Agreement on Climate Change.
Permafrost covers a large part of Greenland, Alaska, Canada and Russia. In total, it spreads over one-fifth of the earth’s land surface. The permafrost contains carbon that has accumulated in the soil for tens or even hundreds of thousands of years. So far, the permanently frozen ground has avoided the release of this carbon which is three to seven times the amount of carbon retained in tropical forests. The problem at present is that the upper permafrost layer thaws periodically in summer, with an acceleration of the phenomenon related to the increase in temperatures.
The latest study shows how global warming, by promoting the release of carbon from the permafrost, reduces the amount of CO2 that humans can afford to emit. Although the most recent IPCC report acknowledged that permafrost was melting, its climate models did not take these emissions into account in climate projections.
The interest of the new study is to show that the risk will be even greater if the emission targets are exceeded, even punctually. The Paris Agreement explicitly admitted an excess path, culminating first below 2°C and then continuing efforts to return to 1.5°C. The problem with this strategy is that, during the exceedance period, rising temperatures will cause the thawing of permafrost carbon. This will result in the release of a surplus of carbon that will have to be removed from the atmosphere in order to reduce the global temperature.
Emission budgets are defined as the cumulative amount of anthropogenic CO2 emissions that are compatible with an overall temperature change target of 1.5 and 2°C. Including emissions of carbon dioxide (CO2) and methane (CH4) caused by the thawing of permafrost in emission budgets is a game changer.
It is difficult for scientists to determine the relative proportions of carbon dioxide and methane emissions that could result from large-scale permafrost thaw. The specific contribution of CH4 emissions accounts for 5 to 35% of the total effect of permafrost depending on the target temperature and route to achieve the goal. In exceedance scenarios, CH4 plays a less important role because the target is reached later and CH4 is a relatively short-lived greenhouse gas.
The current rate of emissions is 10 GtC per year, or 40 GtCO2. A release of 150 GtCO2 due to permafrost would reduce the budget by 4 years. Permafrost is already thawing in some places and if the problem is spreading, scientists are worried that global warming will get worse, with more thaw to further increase temperatures …
There is also a great uncertainty about the long-term effect of permafrost, ie for centuries to come. This is because in the end, global warming due to permafrost thaw will depend on the amount of carbon released, its speed and its form in the form of CO2 or methane. The impact could be much larger after 2100 depending on the emissions scenarios.
Source: Nature Geoscience.

Carte montrant l’étendue du permafrost dans l’Arctique

(Source: National Snow and Ice data Center)

 

J’ai attiré l’attention sur les conséquences de la fonte du permafrost dans un chapitre de mon dernier livre « Glaciers en péril » que l’on peut se procurer en me contactant directement par mail: grandpeyc@club-internet.fr