Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Au Kamtchatka, une nouvelle séquence éruptive sur le Karymsky le 21 octobre 2020 a incité KVERT à élever à l’Orange la couleur de l’alerte aérienne. Une anomalie thermique a été identifiée sur les images satellites. Les explosions ont produit des panaches de cendres qui s’élevaient jusqu’à 6 km au-dessus du niveau de la mer.

L’activité strombolienne se poursuit sur le Klyuchevskoy avec une coulée de lave qui descend dans la ravine Apakhonchich sur le flanc SE. La couleur de l’alerte aérienne était passée à l’Orange le 8 octobre 2020.

Une activité explosive sur le Bezymianny le 22 octobre a produit un panache de cendres qui s’est élevé jusqu’à 9 km au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge, puis abaissée à l’Orange et finalement au Jaune le 23 octobre 2020.

La couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange pour le Sheveluch et l’Ebeko.
Source: KVERT.

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En Sicile, l’activité de l’Etna se caractérise par des séquences stromboliennes dans le cratère nord-est (NEC), au niveau du cône dans le nouveau cratère sud-est (NSEC) et des émissions de gaz au niveau de  la Voragine (VOR) et de la Bocca Nuova (BN). La fréquence et l’intensité des explosions stromboliennes sont variables.

L’activité du Stromboli se caractérise par des explosions dans la zone cratèrique Nord (N) et la zone cratèrique centre-sud (CS). Les explosions de deux bouches dans le cratère N1 éjectent des lapilli et des bombes à 80 à 150 m de hauteur, avec aussi des émissions de cendres. Les explosions de deux bouches dans la cratère N2 éjectent des matériaux à une fréquence de 5 à 10 événements par heure. Les explosions provenant des bouches de la zone C-S éjectent également des matériaux à 250 m de hauteur, à une fréquence de 1 à 3 événements par heure.
Source: INGV.

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Suite à la détection récente par satellite d’émissions significatives de SO2 et d’une augmentation de la sismicité au-dessus de la normale, l’AVO a fait passer au Jaune la couleur de l’alerte aérienne et à « Advisory » (surveillance conseillée) le niveau d’alerte volcanique du Korovin (Aléoutiennes / Alaska). Des séismes discrets ont été détectés au cours des deux dernières semaines et un dégazage de SO2 a été détecté quatre fois dans les données satellitaires les 15, 20 et 26 octobre. Les images satellites ne montrent aucun autre signe d’activité pour le moment.
Source: AVO.

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En raison d’effondrements du dôme de lave sommital, le Sinabung (Indonésie) a déclenché deux coulées pyroclastiques le 25 octobre 2020. Les avalanches de cendre à haute température ont atteint des distances de 1,5 et 2,5 km, comme on peut le voir sur la vidéo amateur ci-dessous. Par mesure de précaution, les autorités ont évacué les habitants à proximité du volcan.
Le CVGHM indique que la première coulée a atteint une distance d’environ 1,5 km tandis que la seconde a parcouru jusqu’à 2,5 km. D’autres coulées sont probables car le dôme de lave continue de s’effondrer.
Avec les fortes pluies, les lahars sont un autre danger posé par ce volcan, donc les personnes vivant à proximité des ravines du Sinabung doivent être vigilantes.

Le niveau d’alerte volcanique reste à 3 (Siaga).
Source: CVGHM.

Petite vidéo amateur de l’événement du 25 octobre:
https://youtu.be/pivm7TZZ-gs

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Dans son bulletin mensuel, l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de la Martinique (OVSM) indique qu’au cours du mois de septembre 2020, 51 séismes de type volcano-tectonique et 88 séismes régionaux d’origine tectonique, ont été enregistrés, mais l’activité sismique reste globalement faible et ne présente pas d’inquiétude pour la population. D’ailleurs, le niveau d’alerte reste Vert.

Toutefois, bien que l’activité sismique reste globalement faible, elle est en augmentation depuis novembre 2019. La plupart de ces séismes sont localisés sous la Montagne Pelée entre 3 km de profondeur et la surface. Selon l’Observatoire, cette augmentation des séismes peut être la conséquence d’une plus forte circulation d’eau chaude chargée en minéraux, ou à la fracturation de l’édifice volcanique en lien avec l’activité tectonique dans la région. Durant la période historique, plusieurs séismes ont causé des dommages en Martinique : 1827, 1839, 1843, 1906, 1946, 1953 et 2007.
Source : OVSM, Martinique la 1ère.

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La préfecture de Mayotte vient d’indiquer que, selon les données de la dernière campagne océanographique menée du 1er au 26 octobre 2020, le volcan sous-marin découvert en mai 2019 au large de Mayotte est toujours actif. Cette dernière campagne a permis d’identifier au nord-ouest du volcan de nouvelles coulées de lave pouvant atteindre 60 m mètres d’épaisseur sur le fond marin. Elles confirment la persistance d’une activité éruptive, toujours en cours au moment de la campagne..
Les relevés du fond marin ont permis de constater que la morphologie du volcan n’a pas évolué depuis août 2019. Selon les études déjà menées sur le volcan, ce dernier présente une hauteur de 800 mètres et il a provoqué des séismes qui ont fait s’affaisser Mayotte de 15 centimètres.
Source : Mayotte la 1ère.

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Le récent essaim sismique – avec un événement de M 5,6 – sur la Péninsule de Reykjanes (Islande), entre Fagradalsfjall et Kleifarvatn, a provoqué une déformation du sol associée à un mouvement sur des failles pendant la période du 16 au 22 octobre 2020. Sur le document ci-dessous, le signal le plus significatif, à proximité de Skolahraun représente un mouvement allant jusqu’à 5 cm (dans la ligne de visée du satellite) associé au séisme M 5,6. D’autres déformations sont observées à proximité de Driffell et à l’est de Keilir ; elles sont liées au mouvement sur les failles dans cette région. De nombreuses fractures, liées à ces séismes, ont été observées au sol dans cette zone.
Ces séismes sont liés à la réactivation volcano-tectonique de la Péninsule de Reykjanes depuis décembre 2019. Cette activité sismique n’est pas terminée et d’autres secousses sont probables.
Source: OMI.

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Here is some news of volcanic activity around the world :

In Kamchatka, a new eruption at Karymsky on October 21st, 2020 prompted KVERT to raise the Aviation Colour Code to Orange. A thermal anomaly was identified in satellite images. Explosions produced ash plumes that rose as high as 6 km above sea level.

Strombolian activity continues at Klyuchevskoy with a lava flow travelling down the Apakhonchich drainage on the SE flank. The Aviation Colour Code had been raised to Orange on October 8th, 2020.

An explosive eruption at Bezymianny on October 22nd produced an ash plume that rose as high as 9 km above sea level. The Aviation Colour Code was raised to Red, then lowered to Orange and finally to Yellow on October 23rd, 2020.

The Aviation Colour Code remains at Orange for Sheveluch and  Ebeko.

Source: KVERT.

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In Sicily, activity at Mt Etna is characterized by strombolian activity at the Northeast Crater (NEC), the New Southeast Crater (NSEC) cone, and gas emissions at the Voragine (VOR) and Bocca Nuova (BN) craters. Both the frequency and intensity of the strombolian explosions is variable.

Activity at Stromboli is characterized by ongoing explosive activity from Area N (north crater area) and in Area C-S (south-central crater area). Explosions from two vents at the N1 vent (Area N) eject lapilli and bombs 80-150 m high, and produced ash emissions. Explosions at two N2 vents eject material at a frequency of 5-10 events per hour. Explosions from vents in Area C-S also eject material 250 m high at a frequency of 1-3 events per hour.

Source: INGV.

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Based on recent satellite detections of significant SO2 emissions and an increase in seismicity above background level, AVO has raised the Aviation Colour Code and Alert Level at Korovin (Aleutians / Alaska) ro Yellow and Advisory, respectively.  Discrete earthquakes have been detected over the past two weeks and SO2 degassing has been detected four times in satellite data on October 15th, 20th and 26th. Satellite views show no other signs of activity at this time.

Source: AVO.

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Due to collapses of the summit lava dome, Mt Sinabung (Indonesia) unleashed two pyroclastic flows on October 25th, 2020. The hot clouds reached distances of 1.5 and 2.5 km, as can be seen on the amateur video below. As a precautions, authorities evacuated nearby residents.

CVGHM indicates that the first flow reached a distance of some 1.5 km while the second travelled as far as 2.5 km. More flows are expected as the lava dome keeps collapsing.

With the heavy rains, lahars are another danger posed by this volcano, so people living near Sinabung’s drainages should be aware of that danger, too.

The alert level remains at 3 (Siaga).

Source : CVGHM.

Short amateur video of the 25 October event :

https://youtu.be/pivm7TZZ-gs

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In its monthly bulletin, the Observatoire Volcanologique et Sismologique de la Martinique (OVSM) indicates that during the month of September 2020, 51 volcano-tectonic earthquakes and 88 regional earthquakes of tectonic origin were recorded, but the seismic activity remains low and is not of concern to the population. The volcanic alert level remains Green.
However, although seismic activity remains low, it has been increasing since November 2019. Most of these earthquakes are located under Montagne Pelée between a depth of 3 km  and the surface. According to the Observatory, this increase in seismicity may be the consequence of a stronger circulation of hot water loaded with minerals, or the fracturing of the volcanic edifice in connection with tectonic activity in the region. During the historic period, several earthquakes caused damage in Martinique: 1827, 1839, 1843, 1906, 1946, 1953 and 2007.
Source: OVSM, Martinique la 1ère.

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The Mayotte prefecture has just indicated that, according to data from the last oceanographic campaign conducted from October 1st to 26th, 2020, the submarine volcano discovered in May 2019 off Mayotte is still active. This campaign identified new lava flows up to 60 m thick on the seabed to the northwest of the volcano. They confirm the persistence of an eruptive activity, still in progress at the time of the campaign.
Surveys of the seabed have shown that the morphology of the volcano has not changed since August 2019. According to studies already carried out on the volcano, the latter has a height of 800 metres and it triggered earthquakes that caused Mayotte to subside by 15 centimetres.
Source: Mayotte la 1ère.

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The recent seismic swarm – with a maximum magnitude of M 5.6 – on the Reykjanes Peninsula (Iceland), between Fagradalsfjall and Kleifarvatn, caused ground deformation associated with movement on faults during the period October.16th – 22nd, 2020. On the document below, the large signal shown in the vicinity of Skolahraun represents movement of up to 5 cm (in the satellite’s line-of-sight) associated with the M 5.6 earthquake. Additional deformation is observed in the vicinity of Driffell and east of Keilir, related to movement on faults in this region. Multiple fractures, related to these earthquakes, have been observed on the ground in this area.

These earthquakes are related to the volcano-tectonic reactivation of the Reykjanes Peninsula which commenced in December 2019. The unrest is ongoing and the occurrence of additional future earthquakes is considered likely.

Source: IMO.

Source: IMO

Nuages de particules et sargasses envahissent la Caraïbe

Il était annoncé par différentes agences météorologiques de la planète et il est arrivé. Connu sous l’appellation Saharan Air Layer (SAL), un épais nuage de particules fines en provenance du Sahara s’est étiré sur plus de 8 000 kilomètres au-dessus de l’Atlantique avant d’envelopper de son voile toute la Caraïbe. Il a atteint Porto Rico le 22 juin, avec une visibilité de seulement 5 km, et le continent nord-américain le 26 juin. On estime à environ 1500 mètres l’épaisseur du nuage.

Ce n’est pas la première fois que le phénomène est observé. La population locale explique qu’il se produit depuis trois décennies, mais cette année, c’est probablement le nuage le plus dense de tous les temps. Inutile de dire qu’à la Martinique la Montagne Pelée est invisible et on distingue à peine le rocher de Diamant au sud de l’île.

Le problème, c’est que ces nuages, composés de sable à l’origine, se nourrissent aussi de poussières en suspension venant d’Europe après avoir traversé la Méditerranée. En conséquence, les particules contiennent également des produits polluants qui provoquent des troubles respiratoires et toutes sortes de gênes, même chez les personnes ne souffrant pas forcément de tels problèmes. Le niveau de qualité de l’air à la Martinique n’a jamais été aussi bas.

Ce nuage de particules fines est à mettre en relation avec un autre phénomène naturel : la prolifération des bancs de sargasses qui a fait l’objet de plusieurs notes sur ce blog. Ces radeaux constitués d’algues brunes s’échouent sur les littoraux des îles situées entre Barbade et Guadeloupe. En se décomposant sur le rivage, les sargasses émettent de l’hydrogène sulfuré (H2S) qui pose des problèmes sanitaires à la population locale.

Les scientifiques s’accordent pour dire que les nuages de particules et les bancs de sargasses sont provoqués par les activités humaines. Les particules fines contenues dans la brume de sable contiennent des nutriments issus de l’agriculture intensive. Ces nutriments tombent dans la mer et deviennent une denrée précieuse pour les sargasses. Elles se reproduisent alors à grande vitesse et envahissent l’archipel caraïbe.

Source : Presse locale.

Vue satellitaire du nuage de particules

Sargasses à la Martinique (Photo : C. Grandpey)

Soirées Volcans

Ce soir 3 mai 2020 sur France Ô :

Montserrat, la Pompéi des Caraïbes

Disponible en replay jusqu’au 10.05.20

Montserrat est une île anglaise de la Caraïbe. En 1995, son volcan, la Soufrière Hills, est entré en éruption pendant plusieurs mois et a dévasté la capitale, Plymouth. Depuis, l’île a été coupée en deux avec, au sud, une zone dont l’accès est réglementé et un Nord qui se développe pour accueillir les nouvelles habitations et les administrations. Les habitants de la région où s’est produite la catastrophe ont presque tous quitté l’île. Le volcan est toujours en activité. Une équipe d’une vingtaine de scientifiques le surveille en permanence. Près de vingt-cinq ans plus tard, la capitale est toujours recouverte de cendres. Le tourisme a repris depuis peu.

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Martinique, sur les traces de la baie de Saint-Pierre

Disponible en replay jusqu’au 10.05.20

Le matin du 8 mai 1902, l’éruption du volcan de la montagne Pelée, en Martinique fait 30 000 victimes. Pourtant, des signes avant-coureurs avaient pu être observés : des lueurs rouges sur le cratère, une odeur de souffre de plus en plus prenante, la destruction d’une distillerie. Les ruines observables aujourd’hui sont les stigmates de la catastrophe. Mais, en 1974, c’est dans les eaux de la baie que Michel Météry, plongeur émérite et ancien de l’équipage du commandant Cousteau sur la Calypso, découvre un cimetière maritime à l’étendue encore indéterminée et qui n’a pour l’instant livré qu’une infime partie de ses secrets.

Photo : C. Grandpey

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Demain 4 mai 2020 sur Ushuaia TV :

Haroun Tazieff, le poète du feu.

 Il y a vingt ans disparaissait Haroun Tazieff, l’un des pères de la volcanologie contemporaine. Personnage hors du commun, sa vie extraordinaire est pourtant aujourd’hui largement tombée dans l’oubli. En s’appuyant sur les archives spectaculaires de ses missions à travers le monde, grâce aux témoignages sur des lieux symboliques de ceux qui ont partagé ses aventures ou qui partagent la même passion, ce film retrace la vie de ce « poète du feu ».

https://www.ushuaiatv.fr/programmes/haroun-tazieff-le-po%C3%A8te-du-feu-78964

Crédit photo : Centre Haroun Tazieff

Quelques brèves… // Some more news…

Le Canal de la Dominique a été secoué  le 8 janvier 2020 au matin par un séisme d’une magnitude de M 5,1, à une profondeur de 144 km, avec l’épicentre localisé au nord-nord-ouest de Macouba dans le Nord-Atlantique de Martinique. L’événement a été ressenti en Martinique et Guadeloupe, sans faire de dégâts.

 Il ne faut pas oublier que l’arc antillais où se trouvent les deux îles fait partie de la zone de subduction des Caraïbes où la plaque Amérique s’enfonce vers l’ouest sud-ouest sous la plaque Caraïbes à une vitesse d’environ 2 centimètres par an. Des séismes et éruptions se produisent ponctuellement le long de cette ligne de subduction.

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Ce n’est pas exceptionnel, mais c’est toujours spectaculaire. Une forte explosion a secoué le Popocatepetl (Mexique) le 9 janvier 2020 et envoyé des panaches de cendre qui se sont élevés à 9-11 kilomètres au-dessus du niveau de la mer. Malgré ces événements, le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune, Phase 2.
Source: CENAPRED.

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Je n’en ai pas parlé dans ma page hebdomadaire faisant état de l’activité éruptive dans le monde, mais le Fuego (Guatemala) reste bien actif. L’INSIVUMEH indique qu’entre 12 et 16 explosions stromboliennes faibles à modérées se produisent chaque heure, avec des colonnes de cendre s’élevant à 4400-4700 mètres d’altitude. Des avalanches de matériaux sont toujours observées dans plusieurs ravines, ainsi qu’une incandescence au-dessus du cratère. Une coulée de lave avance toujours sur 150 mètres dans la ravine Seca.

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Toujours pas d’éruption à la Réunion. La sismicité était en baisse sur le Piton de la Fournaise le 8 janvier, après les 40 secousses enregistrées la veille. Selon l’OVPF, cette diminution est couramment observée suite aux crises sismiques ; il y a pour un temps un relâchement de l’état de contrainte du milieu. L’inflation de l’édifice a tendance à se poursuivre. On attend… !

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On January 8th, 2020 in the morning, the Dominica Channel was shaken by an earthquake with a magnitude of M 5.1, at a depth of 144 km, with the epicenter located north-northwest of Macouba in the North -Atlantic of Martinique. The event was felt in Martinique and Guadeloupe, without causing any damage.
It should not be forgotten that the Antillean arc where the two islands are located is part of the Caribbean subduction zone where the America plate sinks west and southwest under the Caribbean plate at a speed of about 2 centimeters per year. Earthquakes and eruptions occur punctually along this subduction line.

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It is not exceptional, but it is always dramatic. A strong explosion at Mexico’s Popocatepetl on January 9th, 2020 sent ash clouds that rose up to 9-11 kilometres above sea level. Despite these events, the alert level remains at Yellow, Phase Two.

Source: CENAPRED.

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I did not mention it in my weekly page reporting eruptive activity in the world, but Fuego (Guatemala) remains very active. INSIVUMEH reports that between 12 and 16 weak to moderate Strombolian explosions occur every hour, with ash columns rising to 4,400-4,700 meters above sea level. Avalanches of materials are still observed in several drainages, as well as an incandescence above the crater. A lava flow is still advancing 150 meters in the Seca ravine.

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No eruption has been observed yet on Reunion Island. Seismicity decreased on Piton de la Fournaise on January 8th, after the 40 tremors recorded the day before. According to OVPF, this decrease is commonly observed after seismic criseswith the relaxation of the stress undergone by the environment. Inflation of the volcanic edifice is continuing. Everybody is waiting for the eruption… !

Localistaion du séisme du 8 janvier  2020 (Source : France Séisme)

Inauguration du nouvel observatoire à la Martinique!

Les volcanophiles qui se sont rendus à la Martinique connaissent certainement l’observatoire volcanologique et sismologique du Morne des Cadets qui pendant 85 ans a fourni de bons et loyaux services à la communauté scientifique.

Après cette longue période de travail, il est maintenant à la retraite après avoir appartenu, il est vrai, à un régime un peu spécial ! Il sera désormais remplacé par un nouvel observatoire à la forme futuriste situé à 2 kilomètres en contrebas et qui a été inauguré sous la pluie le 13 décembre 2019.
Le nouveau site bénéficie lui aussi d’une vue directe sur la Montagne Pelée. Il sera doté d’outils de surveillance à la pointe du progrès. En concertation avec l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) pour la définition des contraintes techniques et scientifiques, la Collectivité Territoriale de la Martinique (CTM) a inscrit sa construction au Contrat de Plan Etat Région.

Le nouvel observatoire est doté d’une meilleure capacité d’accueil des chercheurs régionaux et internationaux. Il disposera, entre autres, de nouveaux laboratoires d’analyses ainsi que de caves d’expérimentation pour l’instrumentation géophysique.

Cet équipement entend démontrer la volonté de la CTM d’intégrer la prévention du risque dans sa politique, en se dotant d’outils ultra performants pour mieux appréhender les phénomènes naturels.

Source : Martinique La Première.

Comme son prédécesseur, le nouvel observatoire bénéficie d’une superbe vue sur la Vieille Dame (Photos: C. Grandpey)

A l’attention de mes amis antillais : Une solution au problème des sargasses ?

Plusieurs séjours à la Martinique m’ont permis de me rendre compte des nuisances, sanitaires en particulier, causées par l’arrivée des bancs de sargasses sur les côtes. J’ai rédigé plusieurs notes à ce sujet, en expliquant que ce phénomène nouveau était en grande partie causé par le réchauffement des océans. Une fois échouées sur le littoral, les sargasses se décomposent en émettant de l’hydrogène sulfuré, un gaz qui peut être extrêmement nocif. Les municipalités victimes de ces échouages sont confrontées au problème du nettoyage des plages et ne savent pas trop comment de se débarrasser des algues

Le site web de la radio France Info nous apprend qu’un architecte français a eu l’idée de transformer les sargasses en matériau de construction. L’idée lui est venue en observant l’été dernier leur arrivée sur des plages normandes, notamment vers Barfleur. Il ne s’agit pas tout à fait des mêmes algues qu’aux Antilles mais elles sont de la même famille et posent le même problème.

Selon l’architecte, on pourrait utiliser les algues avec de l’argile et fabriquer des briques avec le mélange obtenu. Une fois séchées, les membranes de la plante aquatique fixent la terre et elle a un très bon pouvoir isolant, du chaud comme du froid. L’architecte explique qu’elle est même plus efficace que le béton. Ce processus de fabrication est d’ailleurs développé à Puerto Morelos au Mexique. Dans cette station balnéaire de la péninsule du Yucatan, les plages de sable fin ont été envahies d’algues brunâtres. La première maison en brique de sargasses a pu être construite en 15 jours mais les sargasses sont aussi regardées pour leurs propriétés cosmétiques et de compost. La brique en sargasses devait être présentée le 22 octobre dernier au salon Biomim’expo à la Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris. Ce salon met en valeur le bio mimétisme : je copie la nature, ou je m’en inspire. C’est ainsi qu’une entreprise française a créé à partir d’un ver marin une hémoglobine purifiée qui permet de conserver plus longtemps des organes avant une greffe.

Source : France Info.

Photos: C. Grandpey

Réchauffement climatique: Les Antilles ont peur

Selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), de nombreuses mégapoles et petites îles devraient être frappées d’ici 2050 au moins une fois par an par un événement extrême qui ne se produisait jusqu’alors que tous les 100 ans. Selon les scientifiques, il n’y a qu’une solution pour éviter la catastrophe à venir : réduire les émissions de gaz à effet de serre, en particulier de CO2.

Certains des impacts dévastateurs du changement climatique sont déjà « irréversibles », a noté le groupe d’experts climat de l’ONU. Les modifications de l’océan ne s’arrêteront pas soudainement en baissant les émissions, mais leur rythme devrait être ralenti. Cela permettrait de gagner du temps pour, par exemple, se préparer à la montée des eaux et aux événements météo extrêmes qui lui sont liés (vagues de submersion, tempêtes): en construisant des digues autour des grandes mégapoles côtières comme New York ou en anticipant le déplacement inéluctable de certaines populations, notamment celles de petits Etats insulaires qui pourraient devenir inhabitables d’ici la fin du siècle.

Le niveau des océans s’accroît aujourd’hui 2,5 fois plus vite qu’au 20ème siècle où il avait pris 15 cm, et cette hausse va encore s’accélérer. Selon le rapport du GIEC, on pourrait réduire de 100 à 1.000 fois les risques d’inondations sur les côtes du monde entier en construisant des protections. Cela suppose d’investir « des dizaines à des centaines de milliards de dollars par an ». Comme je l’indiquais à l’issue de ma visite à la Martinique au mois d’août, l’île a déjà mis en place des enrochements sur certaines côtes pour faire face aux assauts de la mer. Le tout est maintenant de savoir si ces protections continueront à résister à la hausse du niveau de l’océan. Selon le rapport, plus d’un milliard de personnes vivront d’ici le milieu du 21ème siècle dans des zones côtières peu élevées particulièrement vulnérables. Même dans un monde à +2°C, de nombreuses mégapoles et petites îles devraient être frappées d’ici 2050 au moins une fois par an par un événement extrême qui ne se produisait jusqu’alors que tous les cent ans.

Le monde s’est engagé en 2015 dans l’Accord de Paris à limiter le réchauffement à +2°C, voire +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines. Les océans, qui couvrent plus de 70% de la surface du globe, ont absorbé environ un quart de ces émissions et 90% de la chaleur supplémentaire générée par le CO2 produit par l’Homme. Les conséquences sont déjà palpables avec la hausse de la température de la mer, l’acidification et la perte d’oxygène des océans. Le GIEC prévoit que les océans aspireront 2 à 4 fois plus chaleur d’ici 2100, dans un scénario optimiste. A cause de cette chaleur emmagasinée, nous ne pouvons plus revenir en arrière, quoi que nous fassions avec nos émissions ; le changement climatique est irréversible. Cela entraînera aussi des effets en cascade sur les écosystèmes dont dépend l’Homme, des récifs coralliens aux régions de montagne.

Avec ce rapport, c’est la quatrième fois que les scientifiques tirent la sonnette d’alarme sur les impacts du dérèglement climatique et pointent des pistes vers les façons d’y remédier ou au moins les limiter. Jusqu’à présent, les dirigeants mondiaux n’ont pas été à la hauteur des engagements nécessaires. Comme le fait remarquer un membre du WWF, « avec ces faibles promesses des Etats, nous avons probablement plus de chance de faire sauter la banque au casino de Monte-Carlo que de limiter le réchauffement à +1,5°C. » Les engagements internationaux actuels, s’ils étaient respectés, conduiraient à un monde à +3°C.

Source : France Antilles.

Enrochements à la Martinique (Photo: C. Grandpey)