Les Alpes continuent à s’effondrer // The Alps keep collapsing

Il ne fait aucun doute que c’est bien le réchauffement climatique qui est à l’origine de l’effondrement observé sur l’Arête des Cosmiques, à 3500 mètres d’altitude, dans le massif du Mont Blanc le 22 août 2018. 300 à 400 m3 de roches ont lâché prise et d’autres éboulements ne sont pas exclus d’ici l’automne. C’est l’une des courses les plus fréquentées dans le massif.

Une petite partie de la paroi, située 25 mètres en contrebas de l’arête, s’est effondrée à 11h06 le 22 août. Par bonheur, on ne déplore aucune victime, alors que des cordées d’alpinistes se trouvaient en amont et en aval de l’arête.

Très belle et relativement facile d’accès par le téléphérique de l’Aiguille du Midi, l’Arête des Cosmiques est l’une des courses les plus populaires dans le massif du Mont Blanc. On peut y croiser certains jours près une centaine d’alpinistes. Le refuge des Cosmiques n’est pas menacé, ni l’itinéraire qui mène au Mont Blanc, mais un itinéraire d’évitement de la zone dangereuse va être mis en place, pour éviter tout problème.
Suite à des canicules répétées en 2003, 2006, 2015, 2017 et 2018 mais aussi plusieurs autres étés très chauds, le permafrost de roche qui assure la stabilité des parois est en train de fondre et de provoquer de tels effondrements. Le « ciment de glace » qui assure depuis toujours la cohésion des blocs se dégrade, d’où des éboulements plus fréquents. Même si l’hiver dernier a été très enneigé, cette période plus froide n’a pas suffi pour recharger en glace.

Le réchauffement climatique est à l’origine de fréquents éboulements dans les Alpes depuis quelques années. On se souvient qu’en Suisse, il y a tout juste un an, le Piz Cengalo, à la frontière avec l’Italie, a déversé quelque 4 millions de mètres cubes de matériaux sur le petit village de Bondo. 8 randonneurs sont morts ensevelis. La montagne était connue pour son instabilité. Elle avait bougé de 30 centimètres au cours des 3 dernières années. Autre exemple : Pendant la nuit du 28 au 29 septembre 2017, près de 100 000 mètres cubes de roche se sont écroulés au pied de l’éperon Tournier, en Haute-Savoie.
Tous les glaciologues sont d’accord pour dire que ces épisodes de chutes de pierres vont se reproduire.  Ils seront peut-être moins fréquents mais potentiellement avec plus de volume. Le phénomène peut durer jusqu’à l’automne car la chaleur continue à pénétrer même s’il gèle en surface.Une variation infime de température peut avoir un impact très significatif sur la stabilité de parois rocheuses entières. L’alpinisme va devenir très compliqué dans certains couloirs ou certaines voies qui vont devenir impraticables à cause du danger.

 Source : Presse écrite régionale, France 3 Rhône-Alpes, site Haroun Tazieff

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There is no doubt that global warming that is the cause of the collapse observed on the Arête des Cosmiques, at 3500 metres above sea level, in the Mont Blanc Massif on August 22nd, 2018. 300 400 cubic metres of rock have been released and more landslides are not excluded until autumn.

A small part of the rock wall, 25 metres below the ridge, collapsed at 11:06 am on August 22nd. Fortunately, there are no casualties, although groups of mountaineers were upslope and downslope of the ridge.
Very beautiful and relatively easy to access by the cable car of the Aiguille du Midi, the Arête des Cosmiques is very popular in the Mont Blanc. On some days, one can see nearly a hundred mountaineers. The refuge of Cosmiques is not threatened, nor the route that leads to Mont Blanc, but an avoidance route of the dangerous zone will be set up, to avoid any problem.
Following repeated heat waves in 2003, 2006, 2015, 2017 and 2018 but also several other very hot summers, the permafrost that ensures the stability of the rock is melting and causing such collapses. The « ice cement » which has always ensured the cohesion of the blocks is degraded, resulting in more frequent landslides. Although last winter was very snowy, this colder period was not enough to reload the ice.
Global warming has led to frequent landslides in the Alps in recent years. We remember that in Switzerland, just a year ago, Piz Cengalo, on the border with Italy, dumped some 4 million cubic meters of materials on the small village of Bondo. 8 hikers died buried. The mountain was known for its instability. She had moved 30 centimeters in the last 3 years. Another example: During the night of September 28 to 29, 2017, nearly 100,000 cubic meters of rock collapsed at the foot of the spur Tournier, in Haute-Savoie.
All glaciologists agree that these episodes of falling rocks will happen again. They may be less frequent but potentially with more volume. The phenomenon can last until autumn because the heat continues to penetrate even if it freezes on the surface. A small variation of temperature can have a very significant impact on the stability of whole rock walls. Mountaineering will become very complicated in some corridors or pathways that will become impassable due to danger.

Source: Local written press, France 3 Rhône-Alpes, Haroun Tazieff website.

Aiguille du Midi et Eperon des Cosmiques (Crédit photo: Wikipedia)

Parc National des Volcans d’Hawaii : Réouverture partielle le 22 septembre 2018 // Hawaii Volcanoes National Park : Partial reopening on September 22nd, 2018

Le Parc National des Volcans d’Hawaï a fixé la date de réouverture au 22 septembre 2018 pour certains sites les plus intéressants. Un ralentissement de l’activité sismique a permis au personnel du Parc d’évaluer les dégâts et de rétablir l’alimentation en eau.
Il est probable que le Visitor Center du Kilauea, près de l’entrée du Parc, rouvrira ses portes. Le bâtiment est à nouveau alimenté en eau. Les autorités essaient également de trouver une plateforme d’observation depuis laquelle le public pourra voir les changements spectaculaires qui se sont produits dans le cratère de l’Halemaumau. Le Kilauea Iki ou Keanakakoi sont des sites possibles, mais aucune décision n’a encore été prise. [NDLR : Il faut juste espérer que cette plateforme d’observation ne jouera pas l’Arlésienne comme ce fut le cas sur le site de l’éruption dans le District de Puna !]
Des scientifiques de l’USGS ont donné des informations sur l’impact des événements d’effondrement au sommet du Kilauea. Ils ont entraîné l’affaissement de certaines parties de la lèvre et des parois internes de la caldeira. Avec plus de 400 mètres de profondeur, le cratère est quatre fois plus profond qu’avant le début de l’éruption. Son diamètre a plus que doublé. Certaines parties de la Crater Rim Drive, qui était fermée depuis 2008, se sont effondrées dans le cratère lors des explosions, tout comme une partie de l’ancien parking de l’Halemaumau Overlook.
Le Musée Jaggar ne rouvrira pas en septembre en raison des dégâts importants subis par le bâtiment. Le célèbre Thurston Lava Tube, qui est toujours en cours d’examen, ne rouvrira pas non plus. Une équipe de géologues évaluera la solidité des falaises sous la Volcano House. Si elles sont jugées suffisamment stables, le bâtiment pourra rouvrir lui aussi.
Parmi les autres signes positifs, on peut citer la nene, ou oie hawaïenne, qui semble avoir survécu à l’éruption. Des koae kea, oiseaux des tropiques à queue blanche, ont également été aperçus en train de voler dans le cratère.
Le Parc a souffert de l’activité sismique constante qui l’a secoué au cours des trois derniers mois. Il y a une épaisse couche de cendre volcanique sur les tables de pique-nique, des éboulements, des affaissements de terrain et des fractures sur la terrasse du Jaggar Museum, sur les sentiers de randonnée, les parkings et les routes, en particulier la Highway 11.
Il n’y a pas eu d’effondrement au sommet du Kilauea depuis le 2 août 2018. L’USGS a abaissé le niveau d’alerte mais a indiqué que les séismes accompagnés d’effondrements pourraient se produire de nouveau à tout moment.
La réouverture partielle du parc est une bonne nouvelle du point de vue économique. Selon les estimations, environ 2 millions de visiteurs du Parc National en 2017 ont dépensé 166 millions de dollars dans des localités proches du parc et ont permis d’employer 2 020 personnes dans la région.
Source: Presse hawaienne.

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The Hawai‘i Volcanoes National Park has set a reopening date of September 22nd, 2018, for some of its main attractions. A lull in earthquake activity has allowed parks staff to assess damages and repair water lines.

Most likely, the Kilauea Visitor Center near the park entrance will reopen. Park officials have restored non-potable water to the visitor center. They are also trying to find a viewing area where the public can see firsthand the dramatic changes that have occurred at Halemaumau Crater. Some possibilities include the Kilauea Iki overlook or Keanakakoi, but no decision has been made yet.

U.S. Geological Survey scientists have documented the impact of collapse events at the Kilauea summit. They have led to the slumping of parts of the rim and inside walls. At a depth of more than 400 metres, the crater is four times deeper than it was before the eruption began. Its diameter has more then doubled. Parts of Crater Rim Drive, which had been closed since 2008, actually fell into the crater during a collapse explosion events, as did a portion of the Halemaumau Overlook parking lot.

The Jaggar Museum and overlook will not be reopening in September due to extensive damage. Nor will the popular Thurston lava tube, which is still being evaluated. A team will also evaluate the cliffs beneath Volcano House and if they are stable, then visitors can return.

Other positive signs include the nene, or Hawaiian goose, population that seems to have survived the eruption. Koae kea, or white-tailed tropic birds, have also been seen flying at the crater.

The Park suffered from constant, seismic activity over the past three months which resulted in layers of volcanic ash over its picnic tables, as well as rockfalls, sinkholes and fractures on the Jaggar Museum’s deck and on hiking trails, parking lots and roads, including Highway 11.

There has no been a collapse event at the Kilauea summit since August 2nd, 2018. USGS has lowered the alert level of Kilauea, but said earthquakes and collapse events could recur at any time.

The Park’s partial reopening is welcome news from an economic point of view. It has been estimated that about 2 million visitors to the National Park in 2017 spent 166 million dollars in communities near the park and supported 2,020 jobs in the area.

Source: Hawaiian newspapers.

Suite aux effondrements, le cratère de l’Halema’uma’u est méconnaissable (Crédit photo: USGS / HVO)

Nouvelles du Merapi, du Fuego, du Sabancaya, et du Sierra Negra

La sismicité a connu une hausse sur le Merapi (Indonésie) le 18 juillet et le 19 juillet 2018. Le 11 août, un puissant séisme a été détecté, accompagné de grondements entendus par les habitants de Deles. Le 12 août, des photos prises par un drone montraient un nouveau dôme de lave dans la fracture du dôme de 2010. Le 18 août, le nouveau dôme mesurait 55 mètres de longueur et 25 mètres de largeur et se trouvait à environ 5 mètres sous la surface du dôme de 2010. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.

L’INSIVUMEH indique que, du 18 au 21 août, des explosions sur le Fuego (Guatemala) généraient des panaches de cendre qui montaient jusqu’à 850 mètres au-dessus du cratère. Des matériaux incandescents étaient éjectés à 150 mètres au-dessus de la lèvre du cratère, avec des avalanches à l’intérieur du cratère et des écoulements pyroclastiques sur les flancs du volcan. Selon le CONRED, le 22 août 2018, le nombre de personnes décédées à cause des coulées pyroclastiques du 3 juin était de 169 et 256 étaient toujours portées disparues.

Selon IGP, les explosions à Sabancaya (Pérou) atteignaient en moyenne 27 événements par jour entre le 13 et le 19 août. La sismicité était globalement faible. Les panaches de gaz et de cendre montaient jusqu’à 3,7 km au-dessus de la lèvre du cratère. Neuf anomalies thermiques ont été détectées. Le 19 août, les émissions de SO2 atteignaient 3100 tonnes par jour. Il est demandé à la population de ne pas approcher le cratère dans un rayon de 12 km.

L’Instituto Geofisico indique que des coulées de lave sont toujours observées sur le Sierra Negra (Galapagos / Equateur), avec des intensités variables. Les émissions les plus intenses, enregistrées les 4 et 9 août, ont été accompagnées d’épisodes significatifs de tremor. L’activité a légèrement diminué après le 9 août. Le 15 août, des images satellites ont montré que la lave en provenance de la Fracture n° 4 continuait à pénétrer dans l’océan

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Seismicity at Merapi (Indonesia) increased on July 18th, and again on July 19th, 2018. On August 11th, a large earthquake was detected, together with rumbling heard by Deles residents. Drone photos on August 12th showed a new lava dome growing within the fracture of the 2010 dome. By August 18th, the new dome was 55 metres long and 25 metres wide, and about 5 metres below the 2010 dome surface. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and resident are warned to remain outside of the 3-km exclusion zone.

INSIVUMEH indicates that during 18-21 August explosions at Fuego (Guatemala) generated ash plumes that rose as high as 850 metres above the crater. Incandescent material was ejected 150 metres above the crater rim, and caused avalanches of material within the crater area and down drainages on the flanks. According to CONRED, as of August 22nd, 2018, the number of people confirmed to have died due to the 3 June pyroclastic flows was 169, and 256 remained missing.

According to IGP, explosions at Sabancaya (Peru) averaged 27 per day between August 13th and 19th. Seismicity was globally low. Gas-and-ash plumes rose as high as 3.7 km above the crater rim. Nine thermal anomalies were detected, and on August 19th, the SO2 emissions reached 3,100 tons/day. The public should not approach the crater within a 12-km radius.

The Instituto Geofisico indicates that lava effusion at Sierra Negra (Galapagos / Ecuador) continue at variable intensities. The most intense pulses, recorded on August 4th and 9th, were accompanied by major episodes of seismic tremor. Activity slightly declined after August 9th. On August 15th, satellite images showed lava from Fissure 4 continuing to enter the ocean.

Vue du Merapi (Crédit photo: Wikipedia)

La fonte du Groenland: De plus en plus inquiétante // Greenland melting: More and more worrying

La glace de mer la plus ancienne et la plus épaisse de l’Arctique a commencé à se rompre, libérant les eaux au nord du Groenland, là où elles sont normalement gelées, même en été.
Ce phénomène, qui n’a jamais été observé auparavant, s’est produit deux fois en 2018 en raison de vents chauds et d’une vague de chaleur provoquée par le changement climatique dans l’hémisphère nord.
Un météorologue a qualifié cette perte de glace d’ »effrayante ». La situation pourrait s’avérer catastrophique pour les ours polaires et les phoques, allant jusqu’à menacer leur survie. De plus, cela obligera probablement les scientifiques à revoir leurs théories concernant la partie de l’Arctique qui résistera le plus longtemps au réchauffement climatique
La mer au large de la côte nord du Groenland est normalement recouverte par la glace. Elle était appelée jusqu’à récemment « la dernière zone de glace » car on pensait qu’elle serait le dernier rempart nordique aux effets de la fonte provoquée par le réchauffement climatique. Contre toute attente, les pics de température anormaux observés en février et au début du mois d’août 2018 l’ont rendue vulnérable aux vents qui ont éloigné la glace de la côte comme cela ne s’était jamais produit depuis le début des relevés satellitaires dans les années 1970.
La glace au nord du Groenland est généralement très compacte en raison du courant de dérive transpolaire, l’un des deux principaux phénomènes météorologiques qui poussent la glace de la Sibérie à travers l’Arctique jusqu’à la côte où elle s’accumule. En moyenne, elle présente une épaisseur de plus de quatre mètres, mais peut s’entasser pour former des crêtes de 20 mètres de hauteur ou plus. Cette glace compacte et épaisse n’est généralement pas facile à déplacer, mais elle a fini par être poussée par les vents au cours de l’hiver dernier (surtout en février et mars) et au cours de l’été 2018.
La glace est plus facile à déplacer en raison de la tendance au réchauffement qui s’est accélérée au cours des 15 dernières années. L’épaisseur de la glace a diminué, même dans la partie la plus froide de l’Arctique où elle est habituellement la plus épaisse. On a là un parfait exemple de la transformation de la banquise arctique et du climat arctique.
Les scientifiques ne peuvent pas dire pendant combien de temps cette étendue d’eau restera à l’air libre, mais même si elle se referme dans quelques jours, le mal sera fait: la vieille glace de mer épaisse aura été repoussée de la côte vers une zone où elle pourra fondre plus facilement.
Les ouvertures de zones sans glace observées cette année sont davantage dues au vent qu’à la fonte, mais elles se sont produites lors de deux pics de température. En février, la station météorologique Kap Morris Jesup installée dans la région montre en général des températures inférieures à -20°C, mais au début de l’année, on a enregistré 10 jours avec des températures au-dessus de zéro accompagnées de vents chauds, ce qui a débloqué la glace qui se trouvait le long de la côte.
Au milieu du mois d’août 2018, la glace s’est à nouveau ouverte lorsque la station Kap Morris Jesup a brièvement enregistré un record de 17°C, avec de forts vents du sud dont la vitesse atteignait 11 nœuds (plus de 20 km/h). Les scientifiques pensent que la mer le long des côtes gèlera à nouveau mais probablement plus tard que la normale.
Les derniers rapports du Norwegian Ice Service montrent que la couverture de glace arctique dans la région du Svalbard est inférieure de 40% à la moyenne pour cette période de l’année depuis 1981. Au cours du mois de juillet, on a enregistré pendant au moins 14 jours un déficit de glace dans cette région. Même si une glace moins épaisse ailleurs dans l’Arctique ne signifie pas forcément qu’il en sera ainsi toute l’année, cette situation confirme les prévisions selon lesquelles il n’y aura plus de glace pendant l’été dans l’Océan Arctique entre 2030 et 2050.

Les très hautes températures dans l’Arctique inquiètent les climatologues depuis le début de l’année. Pendant l’hiver et son absence de soleil, une vague de chaleur a fait craindre une érosion du vortex polaire. Cette situation inclut le Gulf Stream qui est à son plus bas niveau depuis 1600 ans en raison de la fonte des glaces du Groenland et du réchauffement des océans. Avec une circulation plus faible de l’eau et de l’air, les systèmes météorologiques ont tendance à durer plus longtemps.
La stabilité du front chaud a été attribuée à des températures record en Laponie et à des incendies de forêt en Sibérie, dans une grande partie de la Scandinavie et ailleurs dans la région du Cercle Arctique.
Source: Norwegian Ice Service

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The oldest and thickest sea ice in the Arctic has started to break up, opening waters north of Greenland that are normally frozen, even in summer.

This phenomenon, which has never been recorded before, has occurred twice this year due to warm winds and a climate-change driven heatwave in the northern hemisphere.

One meteorologist described the loss of ice as “scary”. Scientists said it could prove catastrophic for polar bears and seals, threatening their survival and it could force them to revise their theories about which part of the Arctic will withstand warming the longest.

The sea off the north coast of Greenland is normally so frozen that it was referred to, until recently, as “the last ice area” because it was assumed that this would be the final northern holdout against the melting effects of global warming. But abnormal temperature spikes in February and in early August have left it vulnerable to winds, which have pushed the ice further away from the coast than at any time since satellite records began in the 1970s.

Ice to the north of Greenland is usually particularly compacted due to the Transpolar Drift Stream, one of two major weather patterns that push ice from Siberia across the Arctic to the coastline, where it packs. On average, it is over four metres thick and can be piled up into ridges 20 metres thick or more. This thick, compacted ice is generally not easily moved around. However, that was not the case this past winter (especially in February and March) and this summer. The ice is being pushed away from the coast by the winds.

Ice is easier to blow around as a result of a warming trend, which has accelerated over the past 15 years. The thinning is reaching even the coldest part of the Arctic with the thickest ice. So it is a pretty dramatic indication of the transformation of the Arctic sea ice and Arctic climate.

Scientists cannot tell how long this open water patch will remain open, but even if it closes in few days from now, the harm will be done: the thick old sea ice will have been pushed away from the coast, to an area where it will melt more easily.

This year’s openings are driven more by wind than melting but they have occurred during two temperature spikes. In February, the Kap Morris Jesup weather station in the region is usually below -20C, but earlier this year there were 10 days above freezing and warm winds, which unlocked the ice from the coast.

In mid Auguqt 2018, the crack opened again after Kap Morris Jesup briefly registered a record high of 17°C and strong southerly winds picked up to 11 knots. Experts predict that coastal seas will freeze again but probably later than normal.

The latest readings by the Norwegian Ice Service show that Arctic ice cover in the Svalbard area this week is 40% below the average for this time of year since 1981. In the past month, at least 14 days have hit record lows in this region. Although thinner ice elsewhere in the Arctic means this is unlikely to be a record low year overall, they are in line with predictions that there will be no summer ice in the Arctic Ocean at some point between 2030 and 2050.

As well as reducing ice cover, the ocean intrusion raises concerns of feedbacks, which could tip the Earth towards a hothouse state.

Freakish Arctic temperatures have alarmed climate scientists since the beginning of the year. During the sunless winter, a heatwave raised concerns that the polar vortex may be eroding. This includes the Gulf Stream, which is at its weakest level in 1,600 years due to melting Greenland ice and ocean warming. With lower circulation of water and air, weather systems tend to linger longer.

A dormant hot front has been blamed for record temperatures in Lapland and forest fires in Siberia, much of Scandinavia and elsewhere in the Arctic Circle.

Source: Norwegian Ice Service

Le 15 août 2018, la glace de mer arctique couvrait une surface de 5,7 millions de kilomètres carrés. La ligne orange montre la moyenne de cette même étendue le 15 août entre 1981 et 2010. Source :  NSIDC.