Le méthane du Svalbard (suite) // Svalbard methane (continued)

Concentrations de CO2 : 425,03 ppm (22 septembre 2026)              

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026)

Dans une note publiée le 6 janvier 2024, j’expliquais que les missions scientifiques effectuant des forages dans le sol gelé du Svalbard, à la recherche de combustibles fossiles, rencontraient souvent par accident des poches de gaz naturel, mais l’ampleur de ces réserves reste inconnue. Les auteurs d’une étude publiée en décembre 2023 dans la revue Frontiers in Earth Science ont utilisé des données historiques issues de forages commerciaux et scientifiques pour cartographier le pergélisol de l’archipel et localiser ces gisements de gaz naturel. Vous trouverez ma publication à cette adresse :
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/01/06/le-methane-du-svalbard-un-autre-danger-pour-la-planete-svalbard-methane-another-danger-for-the-planet/

Une nouvelle étude publiée en septembre 2026 dans Nature Communications révèle que la fonte des glaciers de l’archipel du Svalbard libère du méthane emprisonné depuis longtemps. Les auteurs démontrent que les cours d’eau issus de la fonte des glaciers libèrent du méthane auparavant piégé dans la roche sous-jacente. La fonte glaciaire peut faire apparaître et activer des voies jusqu’alors dissimulées, permettant à ce puissant gaz à effet de serre de s’échapper dans l’atmosphère. L’étude met en évidence une boucle de rétroaction : les émissions de gaz à effet de serre ont contribué à la fonte des glaciers, et cette fonte est susceptible d’accentuer la hausse des températures en libérant ce gaz.
Les scientifiques ont examiné 19 cours d’eau alimentés par des glaciers au Svalbard et ont prélevé 148 échantillons d’eau. Du méthane était présent dans tous les cours d’eau analysés ; certaines mesures révèlent des concentrations jusqu’à 425 fois supérieures à ce que le seul contact avec l’atmosphère aurait pu expliquer.
Les chercheurs ont déterminé que la majeure partie de ce méthane n’était pas produite par des microbes sous la glace, phénomène observé sous certains glaciers du Groenland. Une grande partie du gaz semble plutôt liée à la géologie du Svalbard, notamment à des couches de schiste riches en carbone organique ancien, capables de générer du méthane sur des millions d’années.
Le processus de libération de ce méthane semble s’amorcer lorsque l’eau de fonte de surface s’écoule par des ouvertures dans la glace jusqu’au soubassement du glacier. Comme indiqué plus haut, cette eau de fonte rejoint la base des glaciers en empruntant des crevasses et des orifices. Cela signifie qu’elle interagit avec les roches sous-jacentes ; lorsque ces roches contiennent du gaz ancien, l’eau peut entraîner le méthane vers les rivières.

Les eaux de rivière les plus riches en méthane proviennent de glaciers situés au-dessus de formations rocheuses riches en schiste, mais la nature du substrat rocheux ne suffit pas à expliquer le phénomène. L’état de la base du glacier joue également un rôle crucial. Les bases actives, humides et dégelées sont bien plus efficaces pour capter le méthane que les glaciers gelés en contact avec sol sous-jacent. Les rejets de méthane les plus importants se produisent lorsque la configuration géologique et les conditions glaciaires sont réunies de manière optimale.
Pour étudier ce processus au Svalbard, les chercheurs ont associé des analyses chimiques des eaux fluviales avec des relevés par géoradar ; ces derniers ont permis de déterminer l’état de la glace et d’estimer quelle proportion de la base de chaque glacier était suffisamment dégelée pour permettre la circulation de l’eau. Les chercheurs ont estimé que les glaciers du Svalbard se terminant sur terre peuvent transporter chaque année entre 182 et 368 tonnes de méthane via les eaux de fonte.
Ces résultats pourront aider les scientifiques à élaborer des modèles climatiques plus précis et à identifier les régions les plus vulnérables face aux transformations des environnements gelés induites par le réchauffement climatique. En effet, ce qui se passe au Svalbard s’inscrit dans un phénomène plus vaste touchant les régions polaires, où la fonte des glaces révèle diverses menaces climatiques. Ainsi, près du fleuve Mackenzie au Canada, les émissions de carbone s’intensifient à mesure que les eaux de ruissellement issues du pergélisol se déversent dans l’océan Arctique. Dans l’Arctique, d’anciens agents pathogènes refont surface au moment où le dégel des sols met à nu de la matière biologique ancienne. Sur les plateformes de glace de l’Antarctique, des algues assombrissent la surface et accentuent la fonte. Ces exemples illustrent l’importance des recherches sur les fuites de méthane liées à la fonte des glaciers. Les enjeux dépassent largement le cadre d’un seul archipel. À mesure que la glace recule et que le dégel pénètre plus profondément dans le sol, des problèmes autrefois invisibles peuvent se transformer en menaces climatiques d’ampleur mondiale.
Source : The Cool Down (TCD) via Yahoo News.

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In a post released on January 6, 2024, I explained that missions that involve drilling into the frozen soil of Svalbard, in search of fossil fuels, often hit pockets of natural gas by accident, but the extent of these reserves was unknown. The authors of a study published in December 2023 in the journal Frontiers in Earth Science used historical data from commercial and scientific boreholes to map the permafrost throughout Svalbard and pinpoint these stores of natural gas. My post can be fou,d at this address :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/01/06/le-methane-du-svalbard-un-autre-danger-pour-la-planete-svalbard-methane-another-danger-for-the-planet/

A new study published in September 2026 in Nature Communications informs us that melting glaciers in the Svalbard archipelago are releasing long-trapped methane. Its authors show that rivers of meltwater flowing from the shrinking glaciers are releasing methane previously trapped in the bedrock beneath the ice. Glacier melt can uncover and activate once-concealed routes that let this potent greenhouse gas reach the atmosphere. The work points to a feedback loop, since greenhouse gas emissions have contributed to glacier melting and now glacier melting could contribute further to rising temperatures by releasing the gas.

Scientists described examining 19 glacier-fed rivers in Svalbard to collect 148 water samples. Methane was present in every river they tested, and some readings showed levels up to 425 times higher than could be explained by contact with the atmosphere alone.

The researchers determined that most of this methane was not being generated by microbes under the ice, a phenomenon observed beneath some Greenland glaciers. Instead, much of the gas appears to be associated with Svalbard’s geology, particularly shale layers rich in ancient organic carbon that can generate methane over millions of years.

The process by which this methane is being released seems to begin when surface meltwater drops through openings in the ice down to the glacier bed. This meltwater finds its way to the bottom of the glaciers through crevasses and holes. This means that it interacts with the rocks underneath, and where those rocks contain ancient gas, the water can flush methane out into rivers.

The methane-richest river water came from glaciers positioned above shale-heavy rock formations, but the bedrock itself did not tell the whole story. The state of the glacier bed was also important. Thawed, wet, active beds are much better at taking up methane than glaciers that were frozen solid to the ground beneath them. The biggest methane releases happen where the right rocks and the right glacier conditions come together.

To investigate the process in Norway, the researchers paired river-chemistry measurements with ground-penetrating radar surveys that revealed ice conditions and helped estimate how much of each glacier bed was thawed enough to carry water. The researchers estimated that land-terminating glaciers across Svalbard may move roughly182 to 368 tonnes of methane each year through meltwater.

The findings could help scientists build more accurate climate models and identify which regions may be most vulnerable as warming reshapes frozen environments. Indeed, what is happening in Svalbard is part of a wider pattern in polar regions, where thawing ice is revealing a range of climate threats. Near Canada’s Mackenzie River, carbon release is intensifying as permafrost runoff pours into the Arctic Ocean. In the Arctic, ancient pathogens are resurfacing as thawing grounds expose old biological material. On Antarctic ice shelves, snow algae is darkening the surface and reinforcing melt. These examples help to show why research into methane escaping through melting glaciers could matter well beyond one archipelago. As ice retreats and thaw reaches deeper into the ground, problems that were once hidden could become climate threats with global reach.

Source : The Cool Down (TCD) via Yahoo News.

Les ours polaires en bonne santé ? Pas si sûr // Are polar bears in good health ? Not so sure

Une étude réalisée au Svalbard – archipel norvégien situé en mer du Groenland – par l’Institut polaire norvégien et parue dans la revue Scientific Reports aboutit à une constatation assez surprenante et qui va à l’encontre de nombreuses autres études effectuées ailleurs dans l’Arctique : les ours polaires du Svalbard ont augmenté leur corpulence et résistent mieux que prévu au réchauffement climatique qui frappe la région.

Photo: C. Grandpey

Les auteurs de l’étude ajoutent toutefois que cette adaptation pourrait être de courte durée. Selon eux, cette situation pourrait s’expliquer par une diversification de l’alimentation des ours. J’avais expliqué dans des notes précédentes que les ours polaires n’hésitent pas à venir sur terre se nourrir des carcasses de baleines ou piller les œufs des oies polaires.

Photo: C. Grandpey

Les scientifiques ont analysé la corpulence de centaines d’ours entre 1995 et 2019 dans l’archipel norvégien du Svalbard où le réchauffement climatique est jusqu’à quatre fois plus rapide que la moyenne mondiale. Certaines zones de la mer de Barents ont même connu un réchauffement de près de deux degrés par décennie ces 40 dernières années. Avec de telles températures, la glace de mer qui sert de terrain de chasse aux polaires – ils sont entre 1 900 et 3 600 dans la mer de Barents – ne cesse de reculer.

Photo: C. Grandpey

Les scientifiques s’attendaient à trouver des ours plus maigres, comme dans d’autres régions du monde touchées par un même recul de la banquise, mais le résultat s’est avéré étonnant. L’indice mesurant la condition corporelle des ours, après un déclin initial entre 1995 et 2000, a augmenté ensuite, durant une période de perte rapide de la glace de mer.

Ce résultat peut sembler surprenant car il est contraire aux résultats des études menées dans d’autres populations d’ours polaires, comme dans la baie d’Hudson, où la condition physique a fortement diminué à cause de la hausse des températures et la réduction de la superficie de glace. Les ours sont obligés de nager beaucoup plus longtemps pour chasser les phoques, souvent avec des échecs. Cela se solde par une faible accumulation de graisse et donc un un amaigrissement des plantigrades.

Photo: C. Grandpey

Les auteurs insistent sur l’importance de ne pas extrapoler les observations d’une région à une autre. Selon eux, la situation des ours du Svalbard obéit à une « relation complexe » entre leur habitat, l’écosystème, leurs gains et leurs dépenses énergétiques. Pour expliquer leur résilience, les auteurs suggèrent que les ours ont pu diversifier leur alimentation, jusqu’ici composée essentiellement de phoques. Il se peut que les ours chassent plus facilement les rennes et les morses dont les populations ont de nouveau prospéré après avoir été surexploitées par les humains. Il se peut aussi que la concentration d’une espèce particulière de phoques ait augmenté lorsque la glace de mer était plus rare, ce qui a demandé moins d’efforts aux ours pour les chasser. Une autre hypothèse plausible pourrait être que les ourses femelles arrivent à préserver leur condition physique, toutefois au prix de produire moins de descendants.

Photo: C. Grandpey

Malgré les résultats au demeurant encourageants de leur étude, les chercheurs se montrent moins optimistes pour la suite. Ils sont persuadés que les ours du Svalbard finiront probablement par être rattrapés par les effets du réchauffement climatique dans un futur proche.

Source : France Info, Institut polaire norvégien. Photos prises dans l’Arctique canadien.

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A study conducted in Svalbard – a Norwegian archipelago in the Greenland Sea – by the Norwegian Polar Institute and published in the journal Scientific Reports has reached a rather surprising conclusion that contradicts many other studies carried out elsewhere in the Arctic: polar bears in Svalbard have increased in size and are more resistant than expected to the global warming affecting the region. The study’s authors add, however, that this adaptation could be short-lived. According to them, this situation could be explained by a diversification of the bears’ diet. I explained in previous posts that polar bears do not hesitate to come ashore to feed on whale carcasses or on the eggs laid by polar geese. The scientists analyzed the body size of hundreds of bears between 1995 and 2019 in the Norwegian archipelago of Svalbard, where global warming is occurring up to four times faster than the global average. Some areas of the Barents Sea have even experienced warming of nearly two degrees Celsius per decade over the past 40 years. With such temperatures, the sea ice that serves as the hunting ground for polar bears – they are between 1,900 and 3,600 in the Barents Sea – is constantly receding.
Scientists expected to find thinner bears, as in other regions of the world affected by similar sea ice retreat, but the result was surprising. The body condition index of the bears, after an initial decline between 1995 and 2000, subsequently increased during a period of rapid sea ice loss. This result may seem surprising because it contradicts the findings of studies conducted on other polar bear populations, such as in Hudson Bay, where body condition has declined sharply due to rising temperatures and reduced ice cover. The bears are forced to swim much longer to hunt seals, often with unsuccessful attempts. This results in poor fat accumulation and therefore weight loss.
The authors emphasize the importance of not extrapolating observations from one region to another. According to them, the situation of the Svalbard bears is governed by a « complex relationship » between their habitat, the ecosystem, and their energy gains and expenditures. To explain their resilience, the authors suggest that the bears have been able to diversify their diet, which until now has consisted primarily of seals. It is possible that the bears more easily hunt reindeer and walruses, whose populations have rebounded after being overexploited by humans. It is also possible that the concentration of a particular seal species increased when sea ice was less abundant, making it less strenuous for the bears to hunt them. Another plausible hypothesis is that the female bears manage to maintain their physical condition, albeit at the cost of producing fewer offspring.
Despite the encouraging results of their study, the researchers are less optimistic about the future. They are convinced that the Svalbard polar bears will likely be affected by the effects of global warming in the near future.
Source: France Info, Norwegian Polar Institute.

La fonte de la Norvège // Norway is melting

Comme je l’ai déjà écrit sur ce blog, les glaciers de Suède et de Norvège fondent à un rythme de plus en plus rapide, en raison du réchauffement climatique. En 2024, année officiellement enregistrée par le programme Copernicus comme la plus chaude de l’histoire de l’Europe, les glaciers de ces pays nordiques ont connu une fonte moyenne d’environ 1,8 mètre, ce qui est largement supérieur aux moyennes historiques.

 

Source : NASA

Cette perte spectaculaire de glace suscite de vives inquiétudes parmi les scientifiques et les écologistes. Les glaciologues préviennent que si cette tendance se poursuit, nombre de ces glaciers pourraient disparaître complètement au cours des prochaines décennies. Cela constituerait rapidement un problème, car les glaciers sont extrêmement importants pour l’énergie, l’agriculture et l’approvisionnement en eau.
En 2024, de fortes chutes de neige ont permis aux glaciers norvégiens de se reconstituer légèrement, au moins en apparence, mais cela n’a fait que créer un faux sentiment de sécurité, car avec les vagues de chaleur successives, les glaciers ont perdu plus de glace qu’ils en ont gagné.
Source : EuroNews.

Une nouvelle étude révèle que l’été 2024 a été une saison de fonte record au Svalbard. Anciennement connu sous le nom de Spitzberg, l’archipel norvégien se situe à la convergence de l’océan Arctique et de l’océan Atlantique. Au nord de l’Europe continentale, il se situe à mi-chemin entre la côte nord de la Norvège et le pôle Nord.

 

La fonte des glaciers au Svalbard aura inévitablement des conséquences importantes sur l’environnement local et mondial. Elle peut entraîner une élévation du niveau de la mer et des changements dans les courants océaniques.
Le Svalbard a connu des températures exceptionnellement élevées durant l’été 2024. Les chercheurs ont constaté que la température de surface des mers de Barents et de Norvège était de 3,5 à 5 °C supérieure aux valeurs de référence de 1991-2020. L’été 2024 au Svalbard a permis d’avoir une idée de la fonte des glaciers arctiques dans un avenir plus chaud. L’analyse montre que la fonte des glaciers au Svalbard pendant l’été 2024 a entraîné la fonte d’environ 61,7 gigatonnes de glace, soit 1% de la masse de glace totale du Svalbard. Cette perte a contribué à une élévation du niveau de la mer d’environ 0,16 mm. Si l’on prend également en compte la fonte des zones avoisinantes, ce chiffre grimpe à 0,27 mm. De plus, l’injection d’eau douce et le ruissellement des eaux de fonte vers l’océan ont des répercussions considérables sur la circulation océanique.
Le Svalbard abrite 6 % de la superficie des glaciers de la planète, hors Groenland et Antarctique. Si tous les glaciers du Svalbard fondaient, les scientifiques prévoient une élévation du niveau de la mer de 1,7 cm.

 

Source : ESA

Une grande partie de la fonte au Svalbard s’est produite sur une période de six semaines. Durant cette période, les conditions atmosphériques ont été plus chaudes que d’habitude et la région a subi une vague de chaleur marine. Certains modèles climatiques montrent que ces événements pourraient devenir plus fréquents d’ici la fin du 21ème siècle. Cela signifie que l’été 2024 pourrait représenter la situation normale en 2100, et la perte de masse des glaciers observée en 2024 laisse entrevoir une future fonte des glaciers au Svalbard et probablement dans d’autres régions de l’Arctique.

Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), cinq des six dernières années ont connu le recul le plus important des glaciers jamais enregistré par l’humanité. La période 2022-2024 a enregistré la plus forte perte de masse glaciaire sur trois ans de l’histoire récente. L’OMM précise qu’environ 70 % de l’eau douce de la planète provient des glaciers et de la neige, et qu’elle alimente l’agriculture, l’industrie, la production d’énergie et l’approvisionnement en eau potable. Présents sur tous les continents, les 275 000 glaciers de la planète s’étendent sur environ 700 000 kilomètres carrés et contiennent environ 170 000 kilomètres cubes de glace.
Au-delà de leur rôle dans le cycle de l’eau, les glaciers sont des capsules temporelles de l’histoire de notre planète. Leur glace contient des témoignages inestimables des climats passés, des changements au sein de l’environnement et même de l’activité humaine.
Source : Cosmos Magazine.

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As I put it before, glaciers in Sweden and Norway have been melting at an increasingly rapid pace, because of the ongoing global warming. In 2024, which was officially recorded by the EU’s Copernicus as the warmest year in Europe’s history, the glaciers in these Nordic countries experienced an average melt of approximately 1.8 metres, which exceeds historical averages.

This dramatic loss of glacial ice is raising serious concerns among scientists and environmentalists. Glaciologists warn that if this trend continues, many of these glaciers could vanish entirely within the coming decades. This would rapidly be a problem as glaciers are incredibly important for energy, agriculture and water supply.

In 2024, heavy snowfall has helped the glaciers recover slightly, but this has just created a false sense of security because with the repeating heatwaves glaciers are losing ice more than they are gaining.

Source : EuroNews.

New research shows the summer of 2024 was a “record-breaking” melt season in Svalbard. Previously known as Spitzbergen, the Norwegian archipelago lies at the convergence of the Arctic Ocean with the Atlantic Ocean. North of mainland Europe, it lies about midway between the northern coast of Norway and the North Pole.

The loss of glacial ice in Svalbard will inevitably have significant impacts on the local and global environment possibly leading to rising sea levels and impacting the ocean currents.

Svalbard experienced extraordinarily high temperatures in the summer 2024. The researchers found that the sea surface temperatures in the Barents and Norwegian Seas were 3.5 to 5°C above the 1991–2020 baseline. The summer of 2024 on Svalbard has provided a window into Arctic glacier meltdown in a warmer future.

The analysis shows that the summer glacial melt in Svalbard in 2024 resulted in around 61.7 gigatons of ice melting. This is 1% of Svalbard total ice mass. This loss contributed to approximately 0.16mm of water to global sea level rise although, when considering the melting of nearby areas too, this figure jumps to 0.27mm. Even more important, injecting freshwater, meltwater runoff from land to the ocean has far-reaching implications for ocean circulation .

Svalbard is home to 6% of the world’s glacier area outside of Greenland and Antarctica. If the all the glaciers on Svalbard were to melt, scientists predict this would account for a 1.7cm sea level rise.

Much of the melting in Svalbard occurred within a 6-week period. Across this time, the atmospheric conditions were warmer than usual, and the area was experiencing a marine heatwave. Some climate models suggest that these levels may become more common by the end of the 21st century. This suggests that the summer of 2024 may represent the normal situation in 2100, and the observed mass loss of glaciers in 2024 provides a view into future glacier meltdown in Svalbard and probably other parts of the Arctic.

According to the World Meteorological Organisation (WMO), 5 of the past 6 years have seen the most glacier retreat in human record, with 2022–2024 claiming the largest 3-year loss of glacier mass in recent history.The WMO specifies that around 70% of the planet’s freshwater comes from glaciers and snow, supporting agriculture, industry, energy production, and drinking water supplies. Found on every continent, the world’s more than 275,000 glaciers span roughly 700,000 square kilometres and contain an estimated 170,000 cubic kilometres of ice.

Beyond their role in the water cycle, glaciers are time capsules of our planet’s history. Their ice contains invaluable records of past climates, environmental changes, and even human activity.

Source : Cosmos Magazine.

L’Arctique, une région de plus en plus stratégique // The Arctic, an increasingly strategic region

Avec la fonte des glaces dans l’Arctique, les tensions s’intensifient entre les superpuissances qui se disputent la région, et la Chine est l’une des plus agressives. Bien que la Chine n’ait aucune ouverture sur l’océan Arctique, le pays est déterminé à devenir un acteur majeur dans l’Arctique. Il cherche à acquérir des biens immobiliers, à participer à des projets d’infrastructures et à établir une présence permanente dans la région. La Chine se décrit déjà comme un « État quasi-arctique », même si Harbin, sa capitale régionale la plus septentrionale, se trouve à peu près à la même latitude que Venise en Italie.
L’Arctique est en passe de devenir l’une des régions les plus convoitées au monde. Pékin fait face à une concurrence féroce de la part de la Russie, de l’Europe, de l’Inde et des États-Unis. L’Arctique couvre seulement 4 % du globe terrestre, mais les puissances mondiales y voient un monde d’opportunités nouvelles grâce aux changements environnementaux. La fonte des glaces de l’Arctique facilite l’accès aux ressources naturelles de la région, telles que les minéraux, le pétrole et le gaz. Environ 30 % du gaz naturel inexploité se trouverait dans l’Arctique. De plus, l’Arctique ouvre la voie à de nouvelles routes commerciales maritimes, réduisant considérablement les temps de trajet entre l’Asie et l’Europe.
À l’intérieur du cercle polaire arctique, à l’extrême nord de la Norvège continentale, l’ancienne ville minière de Kirkenes ressemble aujourd’hui à une ville fantôme. Elle pourrait pourtant devenir le premier port d’escale européen pour un nombre important de porte-conteneurs en provenance d’Asie, en fonction de la vitesse de fonte des glaces polaires. La Chine est bien sûr intéressée, mais les autorités norvégiennes affirment vouloir nouer des relations avec la Chine, sans pour autant en dépendre.
L’approche agressive de la Chine commence à ne pas être appréciée dans l’Arctique européen. Les récentes tentatives de Pékin d’acquérir des ports maritimes en Norvège et en Suède, ainsi qu’un aéroport au Groenland, ont été repoussées.

Pendant ce temps, la Russie contrôle la moitié du littoral arctique et attire les investisseurs chinois. Les deux pays coopèrent également militairement dans l’Arctique. Les garde-côtes chinois sont entrés dans l’Arctique pour la première fois en octobre 2024, lors de manœuvres conjointes avec les forces russes. C’est comme si Pékin et Moscou observaient l’OTAN, qui a intensifié ses exercices dans l’Arctique. Tous les pays riverains de l’Arctique sont membres de l’OTAN, à l’exception de la Russie. La Finlande et la Suède ont adhéré à l’OTAN après l’invasion de l’Ukraine. Il faut noter que la Chine tient à ne pas s’aligner trop étroitement sur la Russie. Elle souhaite éviter les sanctions occidentales et continuer à commercer avec les puissances occidentales, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Arctique.
De son côté, Moscou dépend fortement de ses ressources naturelles dans la région, et la Russie courtise également d’autres investisseurs dans l’Arctique, dont les États-Unis. Le pays compte également sur son Arctique pour stocker des armes stratégiques, principalement sur la péninsule de Kola, qui regorge de capacités nucléaires et abrite sa légendaire Flotte du Nord. La Norvège et ses alliés de l’OTAN sont en alerte face à la présence de sous-marins espions et d’autres navires russes dans l’Arctique.
La Norvège est un important fournisseur de gaz naturel pour l’Europe, y compris le Royaume-Uni, notamment depuis l’imposition de sanctions sur les exportations russes suite à l’invasion de l’Ukraine. Moscou modernise ses capacités militaires dans l’Arctique. La Russie dispose d’une importante flotte de sous-marins espions et nucléaires. Passant inaperçus, ils pourraient potentiellement viser des capitales européennes avec leurs missiles et menacer les États-Unis.

Situé entre la Norvège continentale et le pôle Nord, l’archipel du Svalbard est au cœur de la lutte des puissances mondiales pour les ressources de l’Arctique. Le Svalbard est régi par un traité permettant aux ressortissants de tous les pays signataires d’y travailler sans visa. La plupart des bénéficiaires travaillent dans les mines, le tourisme et la recherche scientifique. Cela peut paraître une situation harmonieuse mais depuis l’invasion de l’Ukraine, on observe une montée du nationalisme dans certaines communautés. La montée de ces rivalités nationales dans l’Arctique n’est pas sans conséquences. Les communautés autochtones de la région, dont un peu plus de la moitié vivent dans l’Arctique russe, ont souvent le sentiment que les dirigeants ne reconnaissent pas les droits des peuples qui y vivent depuis longtemps. Elles accusent les pays européens d’utiliser la crise climatique » comme prétexte pour procéder à des extractions et envahir les terres autochtones. Il n’y a pas si longtemps, on entendait parler d’exceptionnalisme arctique, où les huit pays riverains de la région – le Canada, la Russie, les États-Unis, la Finlande, la Suède, la Norvège, le Danemark et l’Islande – ainsi que les représentants de six communautés autochtones arctiques et d’autres pays observateurs, dont la Chine et le Royaume-Uni, mettaient de côté leurs divergences politiques pour œuvrer ensemble à la protection et à la gouvernance de cette région du monde. Aujourd’hui, c’est différent. Les pays agissent de plus en plus égoïstement, dans leur propre intérêt.
Source : La BBC.

Source: Wikipedia

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With the melting of the ice in the Arctic, tensions rise among superpowers to scrap for a piece of the region, and China is one of the most aggressive. Although China has no open door onto the Arctic Ocean, the country is determined to be a big Arctic player. It’s been vying to buy real estate, get involved in infrastructure projects and hopes to establish a permanent regional presence. China already describes itself as a « near-Arctic state », even though its northernmost regional capital Harbin is on roughly the same latitude as Venice, Italy.

The Arctic is fast becoming one of the most hotly-contested parts of the world. Beijing faces stiff competition from Russia, Europe, India and the US.

The Arctic encompasses 4% of the globe, but global powers see a new world of opportunities opening up in the Arctic on the back of environmental changes. The melting ice in the Arctic makes it easier to access the region’s incredible natural resources – critical minerals, oil, and gas. Around 30% of untapped natural gas is said to be found in the Arctic. What’s more, the Arctic is opening up possibilities for new maritime trade routes, drastically reducing travel time between Asia and Europe.

Inside the Arctic Circle, at the northernmost point of mainland Norway, the former mining town of Kirkenes currently rather looks like a ghost town, but one can imagine the appeal of the possibility of becoming the first European port of call for masses of container ships from Asia, depending on how fast the polar ice continues to melt. China is of course interested but Norwegian authorities say that they want a relationship with China, but don’t want to be dependent on China.

China’s aggressive approach is beginning to be rejected across the European Arctic. Recent attempts by Beijing to buy into seaports in Norway and Sweden and an airport in Greenland, for example, were rebuffed.

Meantime, Russia controls half of the Arctic shoreline and it has been hoovering up Chinese investments. The two countries cooperate militarily in the Arctic too. China’s coastguard entered the Arctic for the first time in October 2024, in a joint patrol with Russian forces. It’s as if Beijing and Moscow are looking over at NATO, which has stepped up its exercises in the Arctic.Every country bordering the Arctic is a member of NATO except Russia. Finland and Sweden joined after the full-scale invasion of Ukraine. However, China is keen not to align itself too closely with Russia. It wants to avoid Western sanctions and to continue doing business with Western powers, inside and outside the Arctic.

On its side, Moscow relies heavily on its natural resources there. And it’s courting other Arctic investors too, including the US. Russia also relies on its Arctic to store strategic weapons – mainly on its Kola peninsula, which bristles with nuclear capabilities and is home to its legendary Northern Fleet. Norway and its NATO allies are on the alert for Russian spy submarines and other vessels in the Arctic.

Norway is a major supplier of natural gas to Europe, including the UK, especially since sanctions were imposed on Russian exports following its full-scale invasion of Ukraine. Moscow has been modernising its military capabilities in the Arctic. It has a serious fleet of spy and nuclear submarines. If they pass undetected, they could potentially target missiles at capitals across Europe and also threaten the US.

Located between mainland Norway and the North Pole, the Svalbard archipelago is at the heart of the scramble between global powers for Arctic resources. Svalbard is governed by a treaty allowing people from all countries that signed it to work there visa-free. Most are employed in mines, tourism and scientific research. That may sound harmonious, but since the full-scale invasion of Ukraine there has been a noticeable flexing of nationalist muscles in some communities here. The rising mood of national rivalries in the Arctic is not without consequences. Indigenous communities in the region, just over half of whom live in the Russian Arctic, often feel that there is a failure on the part of those in power to acknowledge the rights of the peoples who have long called the region home. They accuse European countries of using the climate crisis as an excuse to extract and invade indigenous lands.

Not long ago, one used to hear talk of Arctic exceptionalism, where the eight countries bordering the Arctic – Canada, Russia, the US, Finland, Sweden, Norway, Denmark and Iceland – along with representatives of six Arctic indigenous communities and other observer countries, including China and the UK, would put aside political differences to work together to protect and govern this incredible part of the world. Today is different. Countries increasingly act in their own interests.

Source : The BBC.