Kilauea (Hawaii) : Eruption au point mort mais le Parc des Volcans reste fermé // Eruption at a standstill but Hawaii Volcanoes National Park remains closed

La sismicité et la déformation du sol sont négligeables au sommet du Kilauea. Sur la Lower East Rift Zone (LERZ), on n’aperçoit plus d’incandescence au fond de la Fracture n° 8. Seul un ruisselet de lave entre encore dans l’océan une bande de sable bloque toujours la rampe d’accès de Pohoiki. Les émissions de SO2 le long de la LERZ sont trop faibles pour être mesurées.
Bien qu’aucune activité ne soit actuellement observée sur le volcan, le Parc National reste fermé en raison des dégâts causés par l’éruption. Les responsables du parc ont fixé la réouverture partielle du parc au 22 septembre, à condition qu’aucune autre catastrophe naturelle ne se produise.
Onze personnes qui sont entrées illégalement dans le parc le 25 août ont été verbalisées par les rangers pour avoir enfreint la loi. Le groupe s’est aventuré au bord du cratère de l’Halema’uma’u, en dessous du musée Jaggar. Certains des contrevenants ont été surpris carrément sur la lèvre du cratère qui a maintenant environ 450 mètres de profondeur et est extrêmement instable.
Chaque personne, 10 hommes et une femme, a reçu une amende de 100 dollars pour ne pas avoir respecté la loi, plus 250 dollars pour conduite inappropriée, plus 30 dollars de frais de dossier.
Source: HVO et journaux locaux.

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Seismicity and ground deformation are negligible at the summit of Kilauea Volcano. On the Lower East Rift Zone, lava was no longer visible at the bottom of Fissure 8. A single small lava dribble is entering the ocean and a sand bar still blocks the Pohoiki boat ramp. SO2 emissions from the LERZ are too low to be measured.
Although no activity is currently observed on the volcano, Hawaii Volcanoes National Park remains closed because of the damage caused by the eruption. Park officials have set a target date of September 22nd to partially reopen after safety assessments are complete, provided no additional natural disasters occur.
Eleven people who illegally entered the park on August 25th were cited by rangers for disobeying a lawful closure and disorderly conduct.

The group ventured down to the rim of Halema‘uma‘u Crater below Jaggar Museum. Some of the offenders were spotted right at the sheer edge of the crater, which is now about 450 metres deep and extremely unstable.

Each person, 10 men and one woman, was cited $100 for violating a lawful closure and $250 for disorderly conduct. There is a $30 processing fee for each citation.

Source : HVO and local newspapers.

Le cratère de l’Halema’uma’u est fracturé en tous points et son approche est extrêmement dangereuse (Crédit photo: USGS / HVO)

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Parc National des Volcans d’Hawaii : Réouverture partielle le 22 septembre 2018 // Hawaii Volcanoes National Park : Partial reopening on September 22nd, 2018

Le Parc National des Volcans d’Hawaï a fixé la date de réouverture au 22 septembre 2018 pour certains sites les plus intéressants. Un ralentissement de l’activité sismique a permis au personnel du Parc d’évaluer les dégâts et de rétablir l’alimentation en eau.
Il est probable que le Visitor Center du Kilauea, près de l’entrée du Parc, rouvrira ses portes. Le bâtiment est à nouveau alimenté en eau. Les autorités essaient également de trouver une plateforme d’observation depuis laquelle le public pourra voir les changements spectaculaires qui se sont produits dans le cratère de l’Halemaumau. Le Kilauea Iki ou Keanakakoi sont des sites possibles, mais aucune décision n’a encore été prise. [NDLR : Il faut juste espérer que cette plateforme d’observation ne jouera pas l’Arlésienne comme ce fut le cas sur le site de l’éruption dans le District de Puna !]
Des scientifiques de l’USGS ont donné des informations sur l’impact des événements d’effondrement au sommet du Kilauea. Ils ont entraîné l’affaissement de certaines parties de la lèvre et des parois internes de la caldeira. Avec plus de 400 mètres de profondeur, le cratère est quatre fois plus profond qu’avant le début de l’éruption. Son diamètre a plus que doublé. Certaines parties de la Crater Rim Drive, qui était fermée depuis 2008, se sont effondrées dans le cratère lors des explosions, tout comme une partie de l’ancien parking de l’Halemaumau Overlook.
Le Musée Jaggar ne rouvrira pas en septembre en raison des dégâts importants subis par le bâtiment. Le célèbre Thurston Lava Tube, qui est toujours en cours d’examen, ne rouvrira pas non plus. Une équipe de géologues évaluera la solidité des falaises sous la Volcano House. Si elles sont jugées suffisamment stables, le bâtiment pourra rouvrir lui aussi.
Parmi les autres signes positifs, on peut citer la nene, ou oie hawaïenne, qui semble avoir survécu à l’éruption. Des koae kea, oiseaux des tropiques à queue blanche, ont également été aperçus en train de voler dans le cratère.
Le Parc a souffert de l’activité sismique constante qui l’a secoué au cours des trois derniers mois. Il y a une épaisse couche de cendre volcanique sur les tables de pique-nique, des éboulements, des affaissements de terrain et des fractures sur la terrasse du Jaggar Museum, sur les sentiers de randonnée, les parkings et les routes, en particulier la Highway 11.
Il n’y a pas eu d’effondrement au sommet du Kilauea depuis le 2 août 2018. L’USGS a abaissé le niveau d’alerte mais a indiqué que les séismes accompagnés d’effondrements pourraient se produire de nouveau à tout moment.
La réouverture partielle du parc est une bonne nouvelle du point de vue économique. Selon les estimations, environ 2 millions de visiteurs du Parc National en 2017 ont dépensé 166 millions de dollars dans des localités proches du parc et ont permis d’employer 2 020 personnes dans la région.
Source: Presse hawaienne.

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The Hawai‘i Volcanoes National Park has set a reopening date of September 22nd, 2018, for some of its main attractions. A lull in earthquake activity has allowed parks staff to assess damages and repair water lines.

Most likely, the Kilauea Visitor Center near the park entrance will reopen. Park officials have restored non-potable water to the visitor center. They are also trying to find a viewing area where the public can see firsthand the dramatic changes that have occurred at Halemaumau Crater. Some possibilities include the Kilauea Iki overlook or Keanakakoi, but no decision has been made yet.

U.S. Geological Survey scientists have documented the impact of collapse events at the Kilauea summit. They have led to the slumping of parts of the rim and inside walls. At a depth of more than 400 metres, the crater is four times deeper than it was before the eruption began. Its diameter has more then doubled. Parts of Crater Rim Drive, which had been closed since 2008, actually fell into the crater during a collapse explosion events, as did a portion of the Halemaumau Overlook parking lot.

The Jaggar Museum and overlook will not be reopening in September due to extensive damage. Nor will the popular Thurston lava tube, which is still being evaluated. A team will also evaluate the cliffs beneath Volcano House and if they are stable, then visitors can return.

Other positive signs include the nene, or Hawaiian goose, population that seems to have survived the eruption. Koae kea, or white-tailed tropic birds, have also been seen flying at the crater.

The Park suffered from constant, seismic activity over the past three months which resulted in layers of volcanic ash over its picnic tables, as well as rockfalls, sinkholes and fractures on the Jaggar Museum’s deck and on hiking trails, parking lots and roads, including Highway 11.

There has no been a collapse event at the Kilauea summit since August 2nd, 2018. USGS has lowered the alert level of Kilauea, but said earthquakes and collapse events could recur at any time.

The Park’s partial reopening is welcome news from an economic point of view. It has been estimated that about 2 million visitors to the National Park in 2017 spent 166 million dollars in communities near the park and supported 2,020 jobs in the area.

Source: Hawaiian newspapers.

Suite aux effondrements, le cratère de l’Halema’uma’u est méconnaissable (Crédit photo: USGS / HVO)

Kilauea (Hawaii) : Baisse du niveau d’alerte mais le Parc National reste fermé // The alert level has been lowered but the National Park remains closed

Dans une mise à jour publiée le 17 août 2018, la HVO indique que «compte tenu de la diminution de l’activité éruptive du Kilauea au cours des derniers jours, l’Observatoire a abaissé le niveau d’alerte concernant les dangers au sol. Le niveau d’alerte est passé de DA NGER à VIGILANCE. Ce changement signifie que les risques d’effondrement du cratère sommital du Kilauea et ceux posés par les coulées de lave dans la Lower East Rift Zone (LERZ) ont diminué. Cependant, cette situation ne signifie pas forcément que l’éruption dans la LERZ et les effondrements sommitaux sont terminés. Il est possible que l’activité reprenne. »
La lave a cessé de couler le 6 août 2018 et le sommet du volcan ne s’est plus effondré depuis le 2 août. Les émissions de SO2 sont les plus faibles jamais observées depuis 2007.
Source: HVO

Le Parc National des Volcans d’Hawaï a été fermé pendant près de 100 jours en raison de la sismicité et des explosions au sommet du Kilauea. Rien ne permet de dire quand il rouvrira. Selon les responsables des parcs nationaux, cela va prendre beaucoup de temps et être très coûteux. Les médias locaux ont été invités à visiter les routes du parc, les bâtiments et le cratère de l’Halemaumau pour se rendre compte de la situation.
Les 130 agents du Parc ont conservé leur emploi ; certains travaillent au nettoyage et à la réfection sur l’île d’Hawaï, d’autres ont été transférés dans les parcs nationaux des îles voisines L’impact financier de l’éruption sur le Parc National a été estimé à 450 000 dollars par jour.
La réouverture du Parc suppose que les routes soient réparées et que les structures ne présentent plus de risques. L’éruption a compromis la sécurité du Musée Jagger. L’autre attraction populaire qui doit être sérieusement contrôlée est le Thurston Lava Tube.

Deux millions de personnes visitent le Parc sur Big Island chaque année, ce qui en fait la plus grande attraction touristique de l’État. En raison de l’éruption, le nombre de visiteurs sur l’île a diminué de 4,8% en juin par rapport à la même époque l’an dernier.
Source: Service des parcs nationaux

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In an update released on August 17th, 2018, HVO indicates that “in light of the reduced eruptive activity at Kilauea Volcano over the last several days, [tle Observatory] is lowering the alert level for ground based hazards from WARNING to WATCH. This change indicates that the hazards posed by crater collapse events (at the Kilauea summit) and lava flows (Lower East Rift Zone; LERZ) are diminished. However, the change does not mean with absolute certainty that the LERZ eruption or summit collapses are over. It remains possible that eruption and collapse activity could resume.”

Lava mostly stopped flowing on August 6th, 2018 and the volcano’s summit has not collapsed since August 2nd. SO2 emissions are the lowest ever observed since 2007.

Source: HVO

Hawaii Volcanoes National Park has been closed for nearly 100 days due to unsafe conditions from seismic and explosive activity from the summit of Kilauea but there’s no telling when the park will reopen. It’s going to be a long and most likely expensive one according to national park officials. They took local media to look at park roads, buildings and Halemaumau crater to show them why.

All 130 staff members at the park still have jobs, some are working on clean up and recovery at the Hawaii Island Park, others transferred to national parks on neighbouring islands.

The financial impact has been estimated at $450,000 per day.

Reopening would mean roads need repairing and structures need to be sound. The eruption compromised the security of the Jagger Museum. The other popular attraction that needs more attention is the Thurston tunnel.

Two million people visit the Big Island park each year, making it the state’s biggest tourist attraction. Because of the eruption, the number of travellers to the island dropped 4.8 percent in June from the same month last year.

Source: National Park Service.

La zone sommitale du Kilauea a subi de gros dégâts pendant l’éruption et il va falloir faire montre de patience avant de pouvoir à nouveau visiter le Parc National (Crédit photo: USGS / HVO)

La sismicité au sommet du Kilauea (Hawaii) // Seismicity in the summit area of Kilauea (Hawaii)

Comme je l’ai écrit à maintes reprises, l’éruption du Kilauea et la sismicité qui l’accompagne causent des dégâts considérables sur la zone sommitale du volcan. En s’agrandissant, le cratère de l’Halema’uma’u a fait disparaître le parking de l’ancienne plateforme d’observation et la sismicité pourrait rendre le Jaggar Museum inutilisable.
S’agissant du musée, le personnel a observé des fractures sur la terrasse ainsi qu’à l’intérieur du bâtiment. Par prudence, les artefacts ont été retirés et transférés vers un endroit plus sûr il y a quelques jours. On craint que le bâtiment, qui abrite également l’Observatoire des Volcans d’Hawaï (le HVO) disparaisse dans la caldeira si l’activité sismique continue avec la même intensité. Même si un tel événement ne se produit pas, il ne sera peut-être pas très prudent de réutiliser le musée quand le Parc National rouvrira, à cause de la proximité de la falaise devenue très instable.
Cependant, pour l’instant, les géologues affirment qu’il n’y a pas de signes que le site a commencé à bouger. Il y a certes quelques fissures sur le parking du HVO et à côté du bâtiment, mais elles ne présentent que quelques mètres de longueur. Quoi qu’il en soit, même s’il ne semble pas y avoir de danger imminent, les retombées de cendre intermittentes et les secousses sismiques, ainsi que les dégâts lents mais continus subis par les bâtiments du HVO, montrent qu’il faudra être vigilant tant que l’activité continuera. Il est encore trop tôt pour savoir ce qu’il adviendra des bâtiments à plus long terme.
Le Jaggar Museum a été construit en 1927 et il offrait jusqu’à présent une vue magnifique sur le lac de lave à l’intérieur de l’Halema’uma’u. Ce n’est plus le cas depuis que le lac a disparu après l’évacuation du magma vers la Lower East Rift Zone.
Selon l’USGS, le cratère a presque doublé en largeur et atteint 300 mètres de profondeur en certains endroits. Le Parc National est fermé depuis six semaines à cause du danger et le personnel de l’USGS a été transféré vers l’Université d’Hawaï sur le campus de Hilo.
Les séismes ont également ouvert des fissures sur la Highway 11 près de l’entrée du Parc. On ne connaît pas l’ampleur des dégâts à la Volcano House. Depuis la fermeture du Parc National, plus de 100 employés de la Volcano House se retrouvent momentanément au chômage.

 Dans sa dernière mise à jour, le HVO indique que la sismicité reste très élevée dans la zone sommitale. Le 22 juin, après environ 25 heures de sismicité significative, une explosion s’est produite au sommet avec un panache de vapeur et de cendre qui s’est élevé à 150 mètres au-dessus du plancher du cratère. L’énergie libérée par l’événement était équivalente à un séisme de magnitude M 5.3. Quelques heures plus tard, la sismicité a diminué avant d’augmenter à nouveau, avec une trentaine de secousses par heure. Ce type d’évolution sismique est observé depuis le début de l’éruption au mois de mai. Dans le même temps, l’affaissement de la lèvre et des parois de l’Halema’uma’u continue.
Source: USGS, Parc National.

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As I put it several times before, the eruption of Kilauea and the accompanying seismicity are causing considerable damage over the summit area of the volcano. The ever-growing Halema‘uma‘u crater has already destroyed the Overlook parking lot and it might make the Jaggar Museum unusable.

As far as the museum is concerned, the staff has witnessed cracks across the viewing deck as well as inside the museum. As a caution, artifacts were being removed and taken to a safer place a few days ago. There is concern the building, which also houses USGS’s Hawaiian Volcano Observatory (HVO), could slide into the caldera if this activity continues. But even if it doesn’t, it might not be safe to reuse once the park can reopen because of the proximity to a very unstable cliff.

However, for the moment, geologists say there is no evidence yet the whole site is starting to slip.There are some ground cracks through the HVO parking lot and adjacent to the building, but these are small, a few metres long. Even though there does not seem to be an imminent danger, the intermittent ashfalls and the earthquake shaking, plus the slow but continuing damage to the HVO buildings means that it is not a viable place for as long as this activity continues. It is still too early to know the longer term status of the buildings.

The Jaggar Museum was built in 1927 and previously offered views of the lava lake inside Halema‘uma‘u. This is no longer the case since the lake disappeared as magma withdrew from the summit in response to the lower East Rift Zone eruption.

The crater has nearly doubled in width, according to USGS, and is 300 metres deep in some places. The National Park has been closed for six weeks because of the danger and USGS staff was relocated to the University of Hawaii at Hilo campus.

Earthquakes also have caused cracks on Highway 11 near the park entrance. It is not known how much damage, if any, the Volcano House has sustained after more than a month of repeated earthquakes. Since the National Park’s closure, Volcano House’s more than 100 employees have been designated “temporarily unemployed.”

In its latest update, HVO indicates that seismicity remains elevated in the summit area. On June 22nd, after approximately 25 hours of elevated seismicity, a collapse explosion occurred at the summit producing a steam and ash plume that rose 150 metres above the crater floor. The energy released by the event was equivalent to an M 5.3 earthquake. A few hours later, seismicity decreased before increasing again, reaching about 30 earthquakes per hour. This kind of seismic evolution has been observed since the beginning of the eruption in early May. Meantime, inward slumping of the rim and walls of Halema’uma’u continues.

Source; USGS, National Park.

Crédit photo: USGS

Kilauea (Hawaii): Vers une ouverture de points d’observation de l’éruption ? // Will viewing points of the eruption soon open?

Au cours des premiers jours de l’éruption, les autorités hawaiiennes ont redoublé d’efforts pour évacuer les habitants de Lower Puna qui étaient sous la menace de la lave. C’est maintenant au tour des responsables du tourisme de redoubler d’efforts pour essayer d’obtenir l’ouverture de zones d’observation où les touristes pourraient observer l’éruption spectaculaire et les coulées de lave. Même si la lave a détruit des centaines de maisons, elle offre aussi une rare chance de voir la Nature en furie. Comme je l’ai expliqué dans des notes précédentes, certains touristes ont essayé d’entrer dans la zone interdite et ils ont été arrêtés. On ne badine pas avec la loi aux Etats Unis.
Les autorités parlent d’ouvrir la zone de fractures au public car cela permettrait de limiter les arrestations et stimulerait le tourisme qui marque le pas, surtout depuis que le Parc National des Volcans d’Hawaï a été fermé aux deux tiers. Aucune zone d’accès autorisé n’a encore été décidée, mais on parle d’utiliser comme modèle les mesures de restriction d’accès au sommet du Mauna Kea. L’accès à la lave pourrait se faire à partir de parcelles appartenant au comté, à l’État ou sur une propriété privée, sans toutefois empiéter sur les quartiers affectés par la lave. Certaines parties des quartiers délaissés par leurs habitants pourraient éventuellement devenir des zones d’observation, tout en veillant à ce que les visiteurs ne puissent pas voir des maisons en train de brûler, par respect pour la vie privée et pour des raisons de sécurité.
[Remarque personnelle: Il ne fait guère de doute que ces postes d’observation seront rapidement surpeuplés et n’offriront que des vues limitées de l’éruption. Toutes les autres routes d’accès resteront fermées et sévèrement contrôlées. Idem pour le Parc des Volcans. Est-ce que cela vaut la peine d’entreprendre un voyage de 20 heures depuis la France pour juste jeter un coup d’œil ponctuel à l’éruption ? A chacun de juger ! Une autre solution consiste à survoler l’éruption en hélicoptère. Il vous en coûtera 324 dollars par personne avec la compagnie Paradise Helicopters pour un vol de 45 minutes, portes de l’appareil retirées.]
Le business et l’argent joueront un rôle non négligeable dans la décision d’ouvrir ou non des zones d’observation. Alors que les arrivées dans la Grande Ile de touristes en provenance des États-Unis et du Japon étaient en hausse en mai et en juin, elles ont chuté de 10 à 20% à partir du mois de juillet. Même si les voyageurs japonais ne sont pas particulièrement sensibles à l’activité volcanique – ils ont des volcans au Japon – certains commencent à changer leurs plans de voyage parce qu’ils ne veulent pas venir à Hawaii s’ils ne peuvent pas visiter le Parc National des Volcans ou voir de la lave. La fermeture du Parc et d’autres activités liées à la lave a également pesé dans l’annulation temporaire des escales du navire de croisière Pride of America à Kona et Hilo.
Les voyageurs américains semblent s’intéresser davantage aux coulées de lave que les Japonais. Une enquête auprès des 40 000 voyagistes américains a révélé que près de 70% des personnes interrogées dans les agences avaient reçu des appels et des demandes de renseignements concernant l’activité volcanique. Alors que seulement environ 10% des participants à l’enquête ont noté des annulations, environ 35% ont remarqué un ralentissement des réservations futures, principalement sur l’île d’Hawaï et à un degré moindre sur Oahu, Kauai et Maui.
Il faut espérer que lorsque les autorités décideront finalement d’ouvrir au public des zones d’observation, l’éruption ne sera pas terminée!
Source: Médias d’information américains.

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While Hawaiian officials have stepped up efforts to get residents out of Lower Puna’s lava-ridden neighbourhoods, tourism officials are pushing them to create viewing areas where tourists can watch the dramatic eruption and the lava flows.While the lava has been destructive, it has also provided a rare chance to see nature’s fury. As I explained in previous posts, some tourists have tried to enter the forbidden eruption area and they got arrested.

Officials are discussing opening fissure areas to public viewing to help curb lava- related tourist arrests and to stimulate tourism, which seems to be down mainly because Hawai‘i Volcanoes National Park is two-thirds closed. An access location or model has not been determined, but planners might use Mauna Kea summit’s restrictive visitation policies as a guide. Lava-viewing access could start from county, state or private property that will not infringe on affected neighbourhoods. Portions of vacated neighbourhoods could eventually become viewing areas but officials will make sure that visitors cannot watch residents’ houses burning, out of respect for privacy and safety concerns.

[Personal remark: A problem might be that these observations posts will rapidly be overcrowded and offer limited views of the eruption. All other access roads will still be closed and severely controlled. Same situation for the National Park. Starting a 20-hour journey from France for just taking a glimpse of the eruption does not seem worth the money! Another solution is to book a helicopter flight. It will cost you 324 dollars for a 45-minute flight with Paradise Helicopters].

Business and money would contribute to the opening of the viewing areas. While arrivals from the U.S. and Japan to the Big Island were up in May and June, business is projected to drop about 10 to 20 percent from July forward. While Japanese travellers are not particularly sensitive to volcanic activity, since they have volcanoes in Japan, some are beginning to change their travel plans because they don’t want to visit if they can’t see Hawai‘i Volcanoes National Park or lava. Closures of the Park and other lava-related activities also played a role in the decision to temporarily cancel cruise ship Pride of America’s port calls in Kona and Hilo.

U.S. travellers seem to be more cautious about the fiery flows. A survey of the 40,000 U.S. travel sellers found that nearly 70 percent of respondents had got calls and inquiries from clients about the volcanic activity. While only about 10 percent of respondents noted cancellations, approximately 35 percent were concerned about a slowdown in future bookings, mostly on Hawaii Island with some lesser losses on Oahu, Kauai and Maui.

It has to be hoped that when authorities finally decide to open viewing areas the eruption will not have come to an end!

Source : U.S. news media.

Crédit photo: USGS

Eruption du Kilauea (Hawaii): Un coup dur porté au tourisme // A hard blow to tourism

L’éruption actuelle du Kilauea est un très mauvais coup porté au tourisme sur la Grande Ile d’Hawaii. Le spectacle fantastique de l’éruption est interdit aux visiteurs pour des raisons évidentes de sécurité. En outre, les touristes n’ont rien à faire dans les zones où beaucoup de maisons ont été détruites. Cela équivaudrait à du voyeurisme.
Au cours des 10 dernières années, les gens ont pu voir un volcan en éruption sous leurs yeux, qu’ils soient en fauteuil roulant ou en poussette. Il n’y avait pas à marcher longtemps pour atteindre le site d’observation. Il suffisait de garer sa voiture au parking du Jaggar Museum, faire quelques pas, et on se trouvait juste au bord de l’un des volcans les plus actifs au monde. Aujourd’hui, les touristes ne peuvent plus regarder l’éruption depuis la terrasse du musée car la lave a disparu le 6 mai de la bouche active qui illuminait le cratère de l’Halema’uma’u. Elle a chuté de 220 mètres sous la lèvre de l’Overlook Crater et est devenue invisible. Cinq jours plus tard, le Parc fermait pour une durée indéterminée. Au cours des dernières années, il a attiré plus de visiteurs que le Pacific National Monument à Pearl Harbor sur l’île d’Oahu. .
Tandis que le spectacle à la fois fascinant et destructeur proposé par Madame Pele fait rage pour quelques uns – quelques habitants, des scientifiques et des équipes d’intervention d’urgence – la situation est très douloureuse pour la Parc National d’un point de vue touristique et économique. A ce jour, le National Park Service estime l’impact de l’éruption sur le tourisme à 13 millions de dollars. Les entreprises qui tirent des revenus des visiteurs du parc, comme les restaurants et les voyagistes, souffrent beaucoup. Certains ont licencié des employés. Le National Park Service a indiqué qu’il contribue annuellement pour 166 millions de dollars à l’économie locale en aidant à remplir des hôtels, des restaurants, des agences de voyage, etc. Cela équivaut à 455 000 dollars par jour. L’an dernier, le Parc National a attiré environ 2 160 000 visiteurs, contre 1 890 000 l’année précédente.
Pour beaucoup de touristes, ne pas être en mesure de voir le volcan et sa lave est une grande déception, même s’ils réalisent que cette déception est bien peu de chose comparé à ce qui est enduré par les habitants, en particulier plusieurs centaines de personnes qui ont perdu leur maison, et plus de 2000 qui vivent dans des centres d’hébergement, avec leurs  familles ou chez des amis ou même loin de l’île.
D’autres personnes ne comprennent pas ou sont en désaccord sur le fait que le Parc National soit fermé. Un employé du centre commercial de Hilo a déclaré: « Il y a 10 000 emplois dans l’industrie du tourisme qui sont menacés en ce moment. Notre plus grande attraction touristique est fermée. Je vais écrire à mes députés en leur demandant de faire ouvrir le Parc. Il n’y a pas de danger si l’on ne se trouve pas sous le vent. »Ces paroles ont été prononcées avant qu’un séisme enregistré le 3 juin fissure la terrasse d’observation du Jaggar Miseum et endommage trois bâtiments, dont le centre d’opérations d’urgence du Parc. D’autres dégâts concernent des routes fracturées, des conduites d’eau rompues et une couche de cendre volcanique qui recouvre certaines parties du Parc.
Dans le but de satisfaire l’intérêt des visiteurs et pour leur donner des informations sur le volcan, le National Park Service a installé des rangers à Hilo et ailleurs tout en gardant ouverte une petite partie du Parc, loin du sommet. Les rangers répondent aux questions des touristes sur la situation dans le Parc et l’évolution de l’éruption. C’est tout ce qui peut être fait, en attendant la fin de l’éruption.
Source. Médias d’information hawaïens.

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Kilauea Volcano’s current eruption is striking a very hard blow to tourism on Hawaii Big Island. The fantastic show of the eruption is off limits to tourists for safety reasons which are very easy to understand. Besides, visitors have nothing to do in areas where lots of houses have been destroyed. This would amount to voyeurism.

For the last 10 years, people could see an erupting volcano right before their eyes whether they were in a wheelchair or a stroller. There was no hiking to get to it. It was just park your car at the Jaggar Museum parking lot, walk a few steps and you were right on the edge of one of the world’s most active volcanoes. Today, tourists can no longer watch the eruption from the terrace of the Jaggar Museum as lava disappeared on May 6th from Hawaii’s most visited tourist attraction. It dropped 220 metres below the Overlook Crater’s rim and became out of sight. Five days later the Park closed indefinitely. In recent years it had attracted more visitors than the Pacific National Monument at Pearl Harbor on Oahu Island. .

While Madame Pele’s spectacular and destructive show is raging on in view of only a relative few, including some residents, scientists and disaster response teams, the situation for the National Park from a tourism and economic point of view is very painful. The National Park Service estimates the impact to date at 13 million dollars. Businesses that closely derive income from park visitors, such as nearby restaurants and tour companies, are suffering. Some have laid off employees. The National Park Service said it contributes 166 million dollars to the local economy annually by helping fill hotels, restaurants, tours, etc. That amounts to 455,000 dollars a day. Last year the National Park attracted about 2.16 million visitors, up from 1.89 million the year before.

For many tourists, not being able to see the volcano and lava has been a great disappointment, though they know this is trivial compared with what is being endured by residents, including several hundred who lost their homes and more than 2,000 who were forced to move into shelters, with family, with friends or even away from the island.

Other persons don’t understand, or they disagree about the park being closed. Someone at Hilo Shopping Center said: “(We’ve) got 10,000 jobs in the tourism industry that are at risk right now. We have our largest tourist attraction closed. I’m writing my Congress people saying let’s get (the park) open. It can be safe if we stay upwind.” The comment was made before a June 3rd earthquake cracked the Jaggar Museum’s observation deck and damaged three buildings, including the park’s visitor emergency operations centre. Other conditions include fractured roads, severed water pipes and layers of acidic volcanic ash covering parts of the park.

In an effort to satisfy visitor interest in the volcano, NPS redeployed interpretive rangers in Hilo and other places while keeping open a small piece of the giant park far from the summit. Park rangers and volcano displays can also be visited in different places of Hilo. Rangers answer questions about the park and current eruption conditions. This is all that can be done, waiting for the end of the eruption.

Source. Hawaiian news media.

Il y a encore quelques semaines, la lueur de la lave illuminait tout le cratère de l’Halema’uma’u (Photo: C. Grandpey)

Aujourd’hui c’est une bouche vide soumise à des effondrements qui occupe le cratère de l’Halema’uma’u (Crédit photo: USGS)

2017: Centenaire du Parc National du Denali (Alaska) // 100th anniversary of Denali National Park (Alaska)

L’année 2016 a marqué le 100ème anniversaire de la création du service des parcs nationaux aux États-Unis, avec des millions de visiteurs venus participer à des festivités. En cette année 2017, l’Alaska célèbre un autre anniversaire, celui du Denali National Park and Preserve qui a eu 100 ans au mois de février. Moins connu parce que plus loin que Yellowstone, par exemple, le Parc National du Denali est l’une de mes destinations préférées aux États-Unis, bien que les montagnes qui s’y trouvent ne soient pas des volcans.
Le Denali – « celui qui est haut », en langue athapascane – porte ce nom depuis 2015, suite à la décision du Président Obama d’abandonner l’ancienne appellation McKinley. Il avait fasciné en 1908 le conservationniste Charles Sheldon qui avait décidé de plaider la cause de ce «Yellowstone de l’Alaska». D’une superficies de 23 310 kilomètres carrés et reconnu pour sa splendeur sauvage quand le président Woodrow Wilson l’a élevé au rang de Park National en 1917, le territoire du Mont McKinley avait déjà attiré des milliers de personnes désireuses de pénétrer dans un lieu protégé, loin de l’influence humaine. Il symbolisait la faune, les montagnes, et la nature sauvage, contrairement à certains autres parcs populaires situés dans des parties plus accessibles des États-Unis.
Il est vrai que le Parc National du Denali est l’un des endroits les plus accessibles avec son entrée principale le long de la Parks Highway. On trouve tout autour de nombreux terrains de camping et des possibilités d’hébergement. 599 822 personnes ont visité le Parc du Denali en 2016 (j’étais parmi elles!), soit environ 10 000 de plus que l’année précédente et une forte augmentation par rapport aux 388 433 en 2012.
Le Parc est réputé pour sa faune, et les visiteurs espèrent voir le plus grand nombre possible d’espèces animales avant de repartir. Comme en Afrique, la plupart viennent voir les «Big Five» : élan, mouton de Dall, loup, caribou et grizzly. La plupart des animaux sauvages qui vivent dans le parc disposent de 23 000 km2 et ne sont pas dérangés par les humains.
J’ai visité le Parc National du Denali à deux reprises et chaque fois, j’ai éprouvé un grand plaisir à voyager au sein de la toundra, avec des rencontres avec un grizzly ou un élan, et les 6190 mètres du Denali en toile de fond. Les deux visites étaient en septembre, lorsque la toundra vire au rouge et les bouleaux deviennent des îles jaunes dans l’immensité du Parc. J’ai encore à l’esprit les vues sur le Denali et de ses glaciers quelques minutes avant l’atterrissage à l’aéroport d’Anchorage. Il est difficile de comparer le Parc du Denali à celui de Yellowstone. Bien que tous deux soient facilement accessibles, ils sont totalement différents, essentiellement parce qu’il n’y a pas de sources chaudes et de geysers dans le Parc National du Denali. En outre, bien qu’ils soient tous les deux situés dans des zones montagneuses, les paysages sont très différents. La meilleure façon de comparer ces deux parcs nationaux est … de leur rendre visite!

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Last year marked the 100th anniversary of the National Park Service in the United States, with millions of visitors attending festivities to celebrate. But this year is Alaska’s opportunity for a centennial milestone. Denali National Park and Preserve turned 100 in February 2017. Less known and a farther destination than Yellowstone, Denali is one of my favourite destinations in the U.S., although the mountains are not volcanoes.

Encompassing more than 9,000 square miles of alpine tundra, taiga forest, and mountains including North America’s highest peak, Denali has attracted attention since conservationist Charles Sheldon first raised field glasses to his eyes in 1908 and decided to advocate for this « Yellowstone of Alaska. » Defined almost immediately by its wildness when designated by President Woodrow Wilson in 1917, what was then called Mount McKinley National Park attracted thousands of people wanting to experience a place shielded from much human influence. Denali meant wildlife, mountains, and wilderness, unlike popular parks in more accessible parts of the United States.

Denali is one of the most accessible places for Alaska families with an easy-to-reach entrance along the Parks Highway and plenty of campgrounds and lodging options for overnight stays. 2016 brought 599,822 visitors (I was among them!), about 10,000 more than the previous year and a big increase from the 388,433 in 2012.

Denali National Park and Preserve is famous for its wildlife, and visitors want to see as many species as possible before leaving. Like in Africa, the bulk of Denali’s visitors come to see the ‘Big Five:’ moose, Dall sheep, wolves, caribou, and grizzly bear. Most of the wild animals that live in the Park have 6 million acres to roam and explore undisturbed by humans.

I visited Denali National Park and Preserve twice and each time, I felt a great pleasure while travelling across the tundra, with some unexpected encounters with a grizzly or a moose and Denali peak in the background. Both visits were in September when the tundra gets red and the birch trees are yellow islands in the immensity of the Park. I can also remember the views on the mountains and its glaciers a few minutes before landing in Anchorage Ted Stevens Airport. It is difficult to compare Denali with Yellowstone. Although they are both easily accessible, they are quite different, essentially because there are no hot springs and geysers in Denali National Park. Besides, although they are both located in mountainous areas, the landscapes are very different. The best way to compare these two national parks is…to pay them a visit!

Photos: C. Grandpey