Feux d’artifice : Un danger pour l’environnement // Fireworks : A danger to the environment

Traditionnellement, les feux d’artifices animent les festivités du 14 juillet. Les foules les admirent et poussent des cris en voyant monter les fusées multicolores. Cependant, les feux d’artifices sont loin d’être inoffensifs, que ce soit pour les gens ou pour la Nature. Au début de l’année 2018, j’attirais l’attention – sur Facebook – sur les effets des feux d’artifice du Nouvel An sur la population de Reykjavik (Islande) où une quinzaine de personnes s’est retrouvée à l’hôpital suite à des problèmes respiratoires. C’est plus qu’après une éruption volcanique. La pollution à Reykjavik et sa banlieue a atteint 4500 microgrammes par mètre cube pour la Saint Sylvestre, suite aux nombreux feux d’artifice tirés de jour-là. C’est du jamais vu.

Il est vrai que l’on ne pense pas tellement aux conséquences sanitaires et environnementales de nos feux d’artifice lorsque l’on est ébloui par la beauté du travail des artificiers. Pourtant, il faut garder à l’esprit que ces prestations ne sont pas anodines. Elles représentent un vrai danger, en particulier dans les zones où elles sont répétées plusieurs fois par an.

Pour comprendre comment les feux d’artifice affectent l’environnement, il faut d’abord s’attarder sur leur fonctionnement. Les feux d’artifice sont essentiellement composés de poudre noire qui varie en composition en fonction des techniques utilisées et des couleurs que l’on veut obtenir, mais elle est toujours composée en grande partie de carbone, de soufre et de nitrate de potassium.

On ajoute à cette poudre différents éléments chimiques en fonction du résultat que l’on veut obtenir : du strontium et du lithium si l’on veut que les gerbes soient rouges, du baryum et du cuivre si on veut qu’elles soient vertes, ou encore du titane et de l’aluminium pour les explosions argentées. Au total, plus d’une douzaine de composants peuvent être utilisés (zinc, potassium, calcium, sodium, magnésium, fer, souffre, antimoine…).

Avec une telle composition, il n’est pas étonnant que les feux d’artifices soient polluants. Des études ont montré qu’1 kg de poudre noire utilisée pour un feu d’artifice projette dans l’atmosphère 480 grammes de CO2. Pour un feu d’artifice comme celui de Paris pour le 14 juillet, qui utilise environ 30 tonnes de poudre, cela représente donc 14.7 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Les Américains sont de grands amoureux de feux d’artifice. On estime que les feux tirés chaque année émettent 60 000 tonnes de CO2 supplémentaires, soit l’équivalent de la consommation de carburant de 12 000 voitures durant une année.

De plus, les feux d’artifice sont aussi responsables d’une forte pollution aux particules fines. Une étude menée à Montréal a montré que le niveau record de pollution aux particules fines jamais enregistré dans la ville a eu lieu juste après un feu d’artifice ! La très sérieuse NOAA, nous apprend qu’aux Etats-Unis, dans les 24 heures suivant les feux d’artifice du 4 juillet, la concentration moyenne en particules fines augmente de 42 à 370 %. Les taux dépassent largement ceux enregistrés lors des pics de pollution liés à la circulation automobile. Même à Beijing, où les taux de pollution aux particules fines sont généralement plus élevés, on observe une augmentation par 5 de la concentration en particules fines lors des feux d’artifice.

Un autre problème avec les feux d’artifice réside dans les substances qu’ils dégagent à l’explosion, avec la présence de dérivés des perchlorates, un minéral oxydant dont les effets sur la santé et l’environnement posent encore de nombreuses questions. Les recherches scientifiques sur cette substance montrent qu’elle pourrait être liée à des problèmes de thyroïde, des perturbations du système endocriniens et même certains cancers.

Tous les métaux utilisés pour donner de la couleur aux feux d’artifice ont également un impact sur l’environnement puisqu’ils se retrouvent dans l’air ou dans l’eau. Par exemple, les contaminations au cuivre sont susceptibles d’entraîner des taux élevés de dioxine et des problèmes de peau, les contaminations à l’aluminium sont suspectées d’augmenter la prévalence de la Maladie d’Azlheimer. L’exposition à des taux anormalement élevés de tous ces métaux peut poser des problèmes à long terme, suite à la répétition de ces spectacles

La pollution sonore engendrée par les feux d’artifice n’est pas négligeable et put sérieusement affecter la faune. Ainsi, en 2012 dans l’Arkansas, 5 000 carouges à épaulettes (une espèce d’oiseaux de la famille des passereaux) ont été tués à la suite d’un mouvement de panique causé par le bruit d’un feu d’artifice.

Des alternatives commencent à se mettre en place pour pallier les désagréments causés par les feux d’artifice. Certains fabricants, notamment en Chine, ont commencé à commercialiser des feux d’artifice sans sulfite, sans explosifs ; ils fonctionnent grâce à des technologies à air comprimé. Ils ne sont pas encore 100% inoffensifs pour la nature et coûtent 10 fois plus cher que les feux d’artifice classiques, ce qui rend leur commercialisation difficilE.

Sources : Plusieurs articles de presse, ainsi que le site E-RSE.

——————————————-

Traditionally, the fireworks animate the festivities of July 14th. Crowds admire them and scream as they see the colourful rockets rising in the sky.  However, fireworks are far from harmless, whether for people or for Nature.A few weeks ago, I drew attention – on Facebook – to the effects of the New Year’s fireworks on the population of Reykjavik (Iceland) where about fifteen people ended up in hospital fbrcause of respiratory problems. These are more patients than after a volcanic eruption. Pollution in Reykjavik and municipalities reached 4500 micrograms per cubic metre on New Year’s Eve due to the fireworks. This is a record for pollution on that day.
It is true that we do not think much about the health and environmental consequences of fireworks while being dazzled by their beauty. However, we should bear in mind that these events are not harmless. They represent a real danger, especially in areas where they are repeated several times a year.
To understand how fireworks affect the environment, we must first focus on how they work. Fireworks are mainly composed of black powder which varies in composition according to the techniques used and the colours that one wants to obtain, but it is always composed largely of carbon, sulfur and potassium nitrate.
Various chemical elements are added to this powder depending on the result that we want to obtain: strontium and lithium if we want the explosions to be red, barium and copper if we want them to be green, or more titanium and aluminum for the silver explosions. In total, more than a dozen components can be used (zinc, potassium, calcium, sodium, magnesium, iron, sulfur, antimony …).
With such a composition, it is not surprising that fireworks should be polluting. Studies have shown that 1 kg of black powder used for fireworks projects 480 grams of CO2 into the atmosphere. For fireworks like the one in Paris for July 14th, which uses about 30 tons of powder, this represents 14.7 tons of CO2 in the atmosphere. Americans are great lovers of fireworks. It is estimated that annual fireworks in the U.S. emit an additional 60,000 tonnes of CO2, equivalent to the fuel consumption of 12,000 cars in a year.
In addition, fireworks are also responsible for heavy pollution of fine particles. A study conducted in Montreal showed that the record level of fine particle pollution ever recorded in the city occurred right after a fireworks display! The very serious NOAA informs us that in the United States, in the 24 hours following the fireworks of July 4th, the average concentration of fine particles increases from 42 to 370%. The rates far exceed those recorded during pollution peaks related to car traffic. Even in Beijing, where fine particle pollution rates are generally higher, there is a 5-fold increase in the concentration of fine particles during fireworks.
Another problem with fireworks is the substances they emit on explosion, with the presence of perchlorate derivatives, an oxidizing mineral whose effects on health and the environment still pose many questions. Scientific research on this substance shows that it could be related to thyroid problems, endocrine disruption and even some cancers.
All the metals used to give fireworks their colours also have an impact on the environment since they are found in the air or in the water. For example, copper contamination is likely to cause elevated levels of dioxin and skin problems, and aluminum contamination is suspected to increase the prevalence of Azlheimer’s disease. Exposure to abnormally high levels of all these metals can cause long-term problems, following the repetition of these shows
The noise pollution caused by fireworks is not negligible and could seriously affect the wildlife. For example, in Arkansas in 2012, 5,000 red-winged passerines were killed as a result of panic caused by the nise made by fireworks.
Alternatives are beginning to be used to alleviate the inconvenience caused by fireworks. Some manufacturers, particularly in China, have begun to market fireworks without sulphites, without explosives; they operate thanks to compressed air technologies. They are not yet 100% harmless to nature and cost 10 times more than conventional fireworks, which makes their marketing difficult.
Sources: Several press articles, as well as the E-RSE website.

Photo: C. Grandpey

 

Kilauea (Hawaii): Nouvelles photos de l’éruption // New photos of the eruption

On peut voir sur le site Big Island Now (http://bigislandnow.com/2018/07/13/lava-island-emerges/) plusieurs photos illustrant l’éruption dans la Lower East Rift Zone.
La Fracture n° 8 continue d’être la principale source de l’éruption, bien que plusieurs autres fractures continuent à émettre des gaz et de la vapeur
La lave a formé une petite île à quelques mètres du rivage dans la partie la plus septentrionale de l’entrée dans l’océan. Elle a entre 6 et 10 mètres de diamètre. L’île laisse échapper de la lave de la même façon que cela sur produit ailleurs sur le front de coulée le long de la côte L’île a très probablement été édifiée par la lave en provenance de la Fracture n° 8. On peut raisonnablement penser qu’il s’agit d’un tumulus sous-marin qui s’est formé sous l’eau et a émergé au-dessus du niveau de la mer.

Crédit photo: HVO

Une vue panoramique montre le Kapoho Crater avec la branche la plus active du chenal de lave issu de la Fracture n° 8. Cette branche se dirige maintenant vers l’ouest du cône et alimente une entrée océanique très active. On peut voir à l’est du cratère (au bas de la photo) la trajectoire empruntée auparavant par le chenal de lave. Même si cette ancienne coulée ne semble plus alimentée, une vaste entrée océanique demeure, avec un panache diffus de vapeur et de gaz.

Crédit photo: Hawaii County Fire Department

Une photo aérienne montrant l’Halema’uma’u et une partie de la caldera du Kilauea a été prise lors d’un survol en hélicoptère le 13 juillet 2018. Dans le tiers inférieur de l’image, on peut voir les bâtiments qui abritaient le HVO et le musée Jaggar. , le parking du musée et une partie de la Crater Rim Drive. La couleur grise du paysage est due aux multiples couches de cendres qui recouvrent la zone sommitale quand se produisent les explosions.

Crédit photo: USGS

——————————————————

One can see on the website Big Island Now (http://bigislandnow.com/2018/07/13/lava-island-emerges/) several photos illustrating the current eruption in the Lower East Rift Zone.

Fissure 8 continues to be the primary erupting vent, although several other fissures are observed steaming.

A tiny new island of lava has formed a few metres offshore on the northernmost part of the ocean entry. It is between 6 and ten metres in diameter. The island is oozing lava similar to the lava oozing from the broad flow front along the coastline. The island is most likely part of the Fissure 8 flow and possibly a submarine tumulus that built up underwater and emerged above sea level.

An aerial image shows Kapoho Crater with the most active branch of the Fissure 8 lava channel now diverted to the west of the cone and feeding a robust ocean entry. The path of the channel prior to being diverted can be seen east of the crater (bottom of the photo); despite no visible surface connection between this branch and the sea, lava continues to feed a broad ocean entry, forming a diffuse steam and gas plume.

An aerial photo showing Halema‘uma‘u and part of the Kīlauea caldera floor was taken during a helicopter overflight on Friday, July 13th, 2018. In the lower third of the image, one can see the buildings that housed HVO and the Jaggar Museum, the museum parking area, and a section of the Crater Rim Drive. The gray landscape is a result of multiple thin layers of ash that have blanketed the summit area during the ongoing explosions.

Kilauea (Hawaii): Mauvaises nouvelles // Bad news

Dans ses dernières mises à jour, le HVO indique que la Fracture n° 8 continue d’envoyer de la lave en grande quantité dans le chenal surélevé qui la conduit en direction du nord-est vers Kapoho. Une fois arrivée dans ce secteur, la majeure partie de la lave prend la direction du sud vers Pohoiki.
Comme je l’ai écrit précédemment, la lave a envahi Ahalanui Beach Park dans la soirée du 11 juillet, détruisant une autre destination très populaire du district de Puna. Le parc, plus connu sous le nom de «Warm Ponds», a été recouvert par la lave peu de temps avant que l’école Kua O Ka La, sur la Highway 137, subisse le même sort.
La destruction du parc fait suite à celle des Tide Pools de Kapoho et des « Champagne Ponds», deux destinations populaires au bord de l’océan qui ont été détruites lorsque la lave a envahi Kapoho Bay au début du mois de juin.
Isaac Hale Beach Park est également sous la menace de la lave. Le parc se trouve entre la coulée de lave émise par la Fracture n° 8 et un ancien bras de coulée qui a atteint l’océan au sud de Pohoiki Road à la fin du mois de mai. Le parc est donc réellement menacé de destruction lui aussi, même si la direction emprunté par la coulée peut changer à tout moment. Les géologues du HVO indiquent que la lave ne constitue pas une menace immédiate pour Isaac Hale Beach Park car il lui faudrait pour cela se déplacer latéralement le long de la côte pour l’atteindre (voir carte ci-dessous). Le problème est que c’est l’avancée de la lave vers le sud, entre Kapoho et Ahalanui, qui a détruit les Warm Ponds, et Isaac Hale est en plein sur cette trajectoire.
Le HVO confirme que l’entrée de la lave dans l’océan à Ahalanui est « vigoureuse » et produit un panache dense de vapeur et de gaz. Le front d’écoulement présente maintenant une largeur de 6 kilomètres et l’entrée de lave la plus fournie se trouve dans le secteur d’Ahalanui.
Au sommet du Kilauea, l’activité sismique reste inchangée, avec explosions correspondant à des effondrements. Elles libèrent une énergie équivalente à des séismes de M 5,0 qui sont précédés chaque jour par des centaines de petites secousses. Il est vivement conseillé aux habitants de la zone sommitale du Kilauea de bien contrôler leurs maisons pour s’assurer qu’il n’y a pas de signes de dégâts causés par l’activité sismique. Ces signes comprennent des fissures dans les murs, des portes qui  ferment mal, des débris inexpliqués près des joints de murs et de sols, ou des fissures dans les fondations ou les piliers;
Source: HVO, journaux hawaïens.

—————————————-

In its latest updates, HVO reported that Fissure 8 continues to erupt lava into the perched channel heading northeast from the vent toward Kapoho. The majority of the flow is now heading south toward Pohoiki.

As I put it before, lava consumed Ahalanui Beach Park on Juky 11th in the evening, destroying yet another very popular Puna destination. The park, commonly known as “Warm Pond,” was buried by lava shortly before Kua O Ka La Public Charter School on Highway 137 likewise was destroyed.

The park’s destruction follows the loss of the Kapoho tide pools and “Champagne Ponds,” both popular oceanside destinations that were lost when lava filled Kapoho Bay in early June.

One more beach park — Isaac Hale Beach Park — remains between the ongoing fissure 8 lava flow from Kilauea and an earlier branch of the flow that reached the ocean south of Pohoiki Road in late May. The fate of the park is concerning, although the direction of the flow could change at any time. HVO geologists indicate that the lava does not pose an imminent threat to Isaac Hale Park because it would have to travel laterally along the coast to reach it. The problem is that it was the flow’s southward advance that destroyed the Warm Ponds when it moved from Kapoho to Ahalanui, and Isaac Hale is down the line.

HVO confirm that the lava entry into Ahalanui is “vigorous” and producing a dense laze plume. The flow front is now 6 kilometres wide, with the majority of the flow directed toward the Ahalanui ocean entry.

At Kilauea summit, seismic activity continues in much the same way it has for the past several weeks, with collapse-explosion events releasing energy equivalent to M 5.0 earthquakes, and preceded by hundreds of smaller quakes each day. Residents living in Kilauea’s summit area are strongly advised to closely examine their property for signs of earthquake damage, which might not be immediately obvious. Possible signs of quake damage include cracks in walls, doors that no longer close easily, unexplained debris near wall and floor joints, or cracks in foundations or pillars ;

Source: HVO, Hawaiian newspapers.

Panache de gaz et de vapeur s’élevant du site d’Ahalanui Beach Park qui nient d’être envahi par la lave (Crédit photo : USGS / HVO)

Source: USGS

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Fin de l’éruption !

Comme cela était prévisible au vu des images proposées par les webcams, l’éruption débutée le 13 juillet 2018 entre 03h30 et 04h30 (heure locale) s’est arrêtée ce même jour à 22h00, après une phase de déclin continu du tremor et environ 3 heures de gaz piston (bouffées de gaz typiques des fins d’éruption du Piton de la Fournaise). Plus aucune lueur n’est visible sur les webcams au niveau des fissures éruptives. Seuls quelques rougeoiements restent perceptibles au niveau du front de coulée.

L’OVPF indique qu’aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation à venir (reprise de l’activité sur le même site, reprise de l’activité ailleurs, arrêt définitif).

Il ne fallait donc pas acheter un billet d’avion en métropole pour aller assister au spectacle ! Pendant ce temps, la lave continue à couler à flot à Hawaii….

——————————————–

As could be predicted in view of the images offered by the webcams, the eruption which started on July 13th, 2018 between 03:30 and 04:30 (local time) stopped at 22:00, after a continuous decline of the tremor and about 3 hours of gas pistoning (gas puffs typical of the ends of eruptions of Piton de la Fournaise). No more glow can be seen at the eruptive fissures.
OVPF indicates that no prediction can be made about the evolution of the future situation (resumption of activity on the same site, resumption of activity elsewhere, definitive end of the eruption).
So it would have been a bad idea to buy a plane ticket to go and attend the show! Meanwhile, lava continues to flow profusely in Hawaii ….

Crédit photo: OVPF