Eruption du Kilauea (Hawaii): Des changements sur le chenal de lave // Changes along the lava channel

La dernière mise à jour du HVO est un peu différente des précédentes qui indiquaient qu’aucun changement majeur n’avait eu lieu sur le site de l’éruption du Kilauea. Dans le dernier rapport, les observateurs signalent de nombreux débordements de part et d’autre du chenal de lave principal, dans une zone s’étendant du carrefour en « Y » de Pohoiki Road vers l’est jusqu’à une zone juste à l’ouest de Kapoho Crater. Dans ce secteur, les débordements le long de la partie supérieure du chenal ne vont pas au-delà des zones précédemment recouvertes par la lave. En revanche, plus en aval, les débordements dépassent le champ de lave existant ; en particulier, un bras de lave avance vers le nord-est du chenal principal en direction de Cinder Road.. Les habitants de ce secteur sont invités à tenir compte des recommandations de la Protection Civile.
Les observations au sol et des survols effectués le 9 juillet 2018 ont montré que la partie inférieure du chenal de lave principal a subi de profonds changements. En particulier, le chenal qui s’était à ciel ouvert près du carrefour de Four Corners est maintenant en grande partie recouvert d’une croûte et les panaches de gaz et de vapeur provenant de l’entrée océanique se sont considérablement réduits. Cela est probablement dû à un blocage qui s’est formé quelques heures auparavant dans le chenal principal en amont de Kapoho Crater. Le débit de la lave émise par la Fracture n° 8 reste important. Il faut donc s’attendre à ce que des changements continuent de se produire au niveau du chenal d’écoulement de la lave dans les prochains jours.
De faibles projections sont toujours observées au niveau de la Fracture n° 22.
Des explosions provoquées par des effondrements  se produisent encore au sommet du Kilauea. La plupart d’entre elles libèrent une énergie équivalente à un séisme de magnitude M 5.3. L’affaissement de Halema’uma’u continue en parallèle avec l’affaissement de toute la zone sommitale.

Le dernier bilan officiel communiqué par la Protection Civile fait état de 700 maisons détruites par la lave. Depuis le début de l’éruption le 3 mai 2018.
Source: HVO, Protection Civile.

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HVO’s latest update is a bit different from the previous ones which indicated no major changes had occurred on the site of the Kilauea eruption. The latest report reveals that observers reported multiple overflows along both sides of the main lava channel, in an area extending from near the « Y » intersection at Pohoiki Road eastwards to an area just west of Kapoho Crater. Overflows on the upper part of the channel did not extend beyond areas previously covered in lava. Overflows further down the channel have reached beyond the flow field, including one flow lobe that is moving northeast from the main channel towards Cinder Road. Residents are urged to heed warnings and notices from the Civil Defense.
Based on information from ground observers and morning and afternoon overflights, the lower part of the main lava channel has undergone a significant reorganization. In particular, the channel that had been open near Four Corners is now mostly crusted over, and plumes from ocean entry are significantly reduced. It is likely this is due to a blockage that formed in the early morning in the main channel upstream of Kapoho Crater. Flow volumes coming out of Fissure 8 remain significant, and it is possible that changes in flow channels will continue to occur in the coming days.
Fissure 22 continues to exhibit weak spattering.
Collapse/explosion events are still occurring at the summit of Kilauea Volcano. Most of them release an energy equivalent to an M 5.3 earthquake. Inward slumping of the rim and walls of Halema’uma’u continues in response to the ongoing subsidence at the summit.

The official tally of homes destroyed by lava from the eruption of Kilauea volcano that started May 3rd is now 700.

Source: HVO, Civil Defense.

Vue de la partie du chenal de lave maintenant recouverte d’une croûte

(Crédit photo : USGS / HVO)

Source: USGS

Des icebergs pour lutter contre la pénurie d’eau // Icebergs to fight against water shortage

Avec le changement climatique, un problème majeur sur Terre dans les prochaines décennies sera probablement le manque d’eau. Les pays situés dans les régions les plus sèches de la planète seront les premiers à en souffrir. L’Afrique du Sud en fait partie et les autorités tentent de trouver des solutions. L’un des projets consisterait à remorquer un iceberg depuis l’Antarctique jusqu’au Cap pour fournir de l’eau douce à la ville qui est sous la menace d’une pénurie d’eau. En 2017, Le Cap était sur le point de fermer tous ses robinets et d’obliger la population à faire la queue pour obtenir des rations d’eau à des bornes fontaines publiques.
L’idée de remorquer un iceberg de 90 à 100 millions de tonnes depuis l’Antarctique n’est pas nouvelle. L’idée a déjà été proposée par l’Arabie Saoudite il y a quelques années, mais le projet a finalement été abandonné parce qu’il était trop coûteux et comportait trop de difficultés techniques.

Le projet consiste à envelopper l’iceberg dans une jupe textile isolante pour stopper la fonte de la glace et d’utiliser un supertanker et deux remorqueurs pour le tirer sur 1900 kilomètres vers Le Cap en utilisant les courants océaniques. L’iceberg, soigneusement sélectionné par des drones et des radiographies, aurait une longueur d’environ 800 mètres, une largeur de 500 mètres et une épaisseur de 250 mètres, avec une structure tabulaire.
L’eau provenant de la fonte de la glace pourrait être recueillie chaque jour en utilisant des canaux de collecte tandis qu’une machine dotée d’une fraise broierait la glace. Ce système produirait 150 millions de litres d’eau utilisable chaque jour pendant un an.
On estime qu’il faudrait débourser 100 millions de dollars pour transporter un iceberg depuis l’Antarctique, voyage qui pourrait prendre jusqu’à trois mois, sans oublier 50 à 60 millions de dollars pour récolter l’eau de fonte pendant un an.
Pour faire face à la sécheresse, Le Cap a déjà pris des mesures allant de la construction d’usines de dessalement d’eau de mer à la publication d’instructions strictes demandant à la population de n’utiliser les toilettes que lorsque cela est nécessaire.

On ne sait pas si les autorités du Cap seront séduites par le projet d’iceberg antarctique. Un problème sera de savoir comment transférer l’eau de l’iceberg vers le réseau de distribution de la ville. On ne sait pas non plus si, une fois arrivé au cap, l’iceberg sera toujours en mesure de produire les volumes d’eau espérés. Les scientifiques indiquent qu’il pourrait perdre près de 30% de sa masse lors de son voyage vers le nord.
De nombreux scientifiques sont persuadés que le projet est fou. C’est l’opinion d’un glaciologue norvégien qui a travaillé en Arabie Saoudite sur le projet similaire mentionné précédemment.
Le projet sud-africain impliquant le remorquage d’un iceberg n’a jamais été réalisé et on ne sait pas s’il résisterait aux courants océaniques. On ne sait pas non plus si le bloc de glace ne se  fracturera pas au cours du voyage. Selon ses initiateurs, c’est certes un projet à haut risque, mais qui peut, au bout du compte, présenter de sérieux avantages.
Source: Presse internationale.

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With climate change, a major problem on Earth in the next decades will probably be the lack of water. Countries located in the driest parts of the world will be the first to suffer from this problem. South Africa is one of them and authorities are trying to find solutions. One of the projects would consist in towing an iceberg from Antarctica to Cape Town to supply fresh water to the city which is under the threat of a shortage of water. In 2018, Cape Town was very close to shutting off all its taps and forcing residents to queue for water rations at public standpipes.  .

The idea of towing a a 90-100 million-ton iceberg from Antarctica is not new. It was already imagines by Saudi Arabia a few years ago, but the project was finally abandoned because it was too costly and involves too many technical difficulties. It would consist in wrapping the iceberg in a textile insulation skirt to stop its melting and using a supertanker and two tugboats to drag it 1,900 kilometres towards Cape Town using prevailing ocean currents. The iceberg, carefully selected by drones and radiography scans, would be about 800 metres long, 500 metres wide and up to 250 metres thick, with a flat surface.

Melted water could be gathered each day using collection channels while a milling machine would create ice slurry. This system would produce 150 million litres of usable water every day for a year.

It has been estimated it would cost 100 million dollars to haul an iceberg on a journey that could take up to three months, and another 50-60 million dollars to harvest the water for one year as it melts.

To tackle the drought, Cape Town has already taken measures ranging from building seawater desalination plants to issuing strict instructions to only flush toilets when necessary. However, whether Cape Town authorities will be persuaded to embrace the iceberg project is unclear. One problem would be how to channel the water from the iceberg into the city’s distribution system. Another problem is that there is no guarantee that by the time the iceberg is hauled to Cape Town, it will still be able to produce the promised volumes of water. Scientists say it is likely to shrink by almost 30 per cent on its journey northwards.

Many experts are convinced the project is crazy. This is the opinion of a Norwegian glaciologist who worked on the Arabian project I mentioned above.

Such a project involving the towing of an iceberg has never been done before and it is unknown if it would withstand ocean currents or simply fracture in transit. According to its initiators, it is a high risk project, but also one which may have a very high reward at the end.

Source : Presse internationale.

Exemple d’iceberg tabulaire (Crédit photo: Wikipedia)