La fournaise de la Vallée de la Mort…

On a récemment parlé des pics de chaleur dans le nord de la Sibérie où la température a atteint 38°C, du jamais vu dans cette région di globe. Malgré tout, on est très loin du coup de chaud subi par la Vallée de la Mort pendant le week-end des 11 et 12 juillet 2020. On a enregistré des températures de plus de 53°C  et flirté avec les records de chaleur dans ce lieu hors du commun. La dernière fois que le parc national a atteint une température aussi élevée, c’était en 2013, alors que je visitais pour le première fois ce lieu très particulier mais ô combien fascinant. J’y allais pour mourir moins bête …et j’y suis retourné à deux reprises !

Lors de ma visite de 2013, le thermomètre avoisinait les 50 degrés, ce qui demande de prendre certaines précautions. La première est d’avoir fait le plein de carburant avant de descendre dans la Vallée. Pas question de tomber en panne d’essence par une telle chaleur. La conduite d’un véhicule suppose d’avoir le pied léger sur l’accélérateur (ne pas oublier que l’on est avec une boîte de vitesse automatique). Il est conseillé de couper la climatisation dans les montées afin que le moteur ne prenne pas un coup de chaud et cesse de fonctionner, ce qui pourrait rapidement virer à la catastrophe. Il est indispensable de prévoir des bouteilles d’eau dans la glacière et de refaire provision de glaçons avant d’accéder à la Vallée, au cas où… La déshydratation est extrêmement rapide, d’autant plus que l’air est très, très sec. Je me souviens qu’il fallait que je mette mon appareil photo dans l’ombre de mon corps pour protéger les circuits électroniques. Dans les sanitaires, l’eau chaude coule de tous les robinets. Impossible de se rafraîchir le visage.

Des rangers sont présents dans le Parc, mais ils ne peuvent pas être partout à la fois. La plus grande prudence est donc de mise. Quand il fait une telle chaleur, il faut limiter ses déplacements à l’extérieur du véhicule. On sort le temps de prendre des photos et on revient dans l’habitacle climatisé. Les randonnées ne sont possibles que lorsque le thermomètre descend en dessous de 35°C, autrement dit en tout début de matinée. C’est ce que j’ai fait lors de mon deuxième séjour dans la Vallée. J’avais passé la nuit dans l’hôtel de Stovepipe Wells  et je me suis rendu sur les dunes de sable de Mesquite Flat en fin de nuit pour profiter des superbes couleurs de l’aube. Silence parfait. Une pure magie…

Plus d’informations sur la sécurité liée à la chaleur dans la Vallée de la Mort à cette adresse : https://www.nps.gov/deva/planyourvisit/safety.htm

Photos : C. Grandpey

Beautés cachées des profondeurs océaniques

Pendant que Christian Holveck  expose les beautés cachées des tunnels de lave de l’île de la Réunion, le biologiste marin Laurent Ballesta nous invite à admirer celles des profondeurs de nos océans, en particulier de l’Océan Austral avec sa banquise et ses icebergs.

Le numéro 64 de Reporters sans Frontières qui vient de paraître en ce mois de juillet 2020 nous offre un superbe échantillon des photos prises par Laurent. Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, nous connaissons mieux la surface de la planète Mars que le plancher de l’Océan Pacifique avec ses fosses démesurées où se déclenchent les séismes les plus puissants. Laurent s’efforce de combler cette lacune en s’enfonçant dans les profondeurs des océans, jusqu’aux limites du supportable pour un être humain. Sa moisson de clichés est époustouflante. Elle s’accompagne de réflexions de Nicolas Hulot, Vincent Munier, Luc Jacquet, Eric Orsenna et d’autres amoureux de la Nature.

Le magazine de 145 pages est disponible en kiosque au prix de 9,90 euros.

Laurent Ballesta est un homme charmant. J’ai souvenir d’une longue discussion avec lui et Jean-Louis Etienne un jour dans l’Aubrac, avec des points de vue concordants et malheureusement pessimistes sur le réchauffement du climat de notre belle planète.

Des drones sur le Santiaguito (Guatemala)

En avril, mai et août 2017, en mars 2018 et 2019, et en juillet 2019, j’ai écrit plusieurs notes sur l’utilisation des drones en volcanologie, que ce soit sur le Kilauea ou l’Etna. Ces aéronefs sans pilote  peuvent être utilisés pour surveiller l’activité volcanique, mais aussi pour mesurer les gaz.
L’utilisation des drones en volcanologie vient d’être confirmée par des scientifiques du Centre de recherche allemand pour les géosciences (GFZ Potsdam). Ils ont présenté les résultats d’une série de vols effectués avec des drones dotés de caméras d’imagerie visuelle et thermique au-dessus du Santiaguito au Guatemala. Le volcan est né en 1922 dans la caldeira du Santa Maria, volcan qui est entré en éruption en octobre 1902, la même année que Montagne Pelée en Martinique, tuant environ 6 000 personnes.
Le Santiaguito est actif en quasi permanence depuis 1922. Son complexe de dômes de lave est instable avec des effondrements fréquents générant des coulées pyroclastiques destructrices et des lahars. C’est la raison pour laquelle les chercheurs allemands ont voulu observer le comportement du Dome Caliente qui est actuellement le plus actif. Ce dôme montre deux types de mouvements: d’une part une expansion et une croissance radiales lentes, et d’autre part une extrusion rapide de lave visqueuse. Les deux processus produisent également des systèmes de fractures détectables par les mouvements de surface, et des zones de déformation associées à des anomalies thermiques.
Les scientifiques ont équipé leur drone de différentes caméras et l’ont envoyé au-dessus du cratère à différents intervalles. Ils ont pu ainsi analyser le comportement de la coulée de lave et du dôme en utilisant un type particulier de photographie stéréo avec une précision jamais vue auparavant.
En comparant les données fournies par le drone, les chercheurs ont pu déterminer la vitesse d’écoulement de la lave, modéliser les mouvements du dôme et la température de surface du volcan.
Ces facteurs sont importants dans la prévision des volcans explosifs. Les scientifiques allemands pensent que, grâce aux progrès de la technologie, une observation régulière et systématique des volcans dangereux est aujourd’hui tout à fait réalisable à l’aide des drones.
Deux caméras à bord du drone utilisé sur le Santiaguito ont pris des photos haute définition du dôme, mais aussi réalisé des images thermiques. Elles ont permis d’élaborer des modèles 3D très précis du volcan à l’aide d’un algorithme informatique spécial. Il a également été possible d’acquérir une topographie 3D et un modèle de température du volcan, avec une résolution de quelques centimètres seulement.
Les missions de drones sont très intéressantes d’un point de vue humain et sécuritaire. Ces aéronefs sans pilote réduisent le risque pour les volcanologues car les caméras peuvent être dirigées directement vers les zones dangereuses sans que les scientifiques se trouvent à proximité.
Cependant, le travail à l’aide de drones n’est pas facile. Les modèles 3D obtenus lors des différents vols doivent être positionnés de manière très précise pour pouvoir être comparés. Cela nécessite un travail minutieux mais le jeu en vaut la chandelle car même des mouvements ou des déformations infimes peuvent être immédiatement détectés.
Source: The Watchers, GFZ German Research Centre for Geosciences.

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In April, May and August 2017, in March 2018 and 2019, and in July 2019, I wrote several posts about the use of drones in volcanology, whether on Kilauea or Mt Etna. These Unmanned Aicraft Systems (UAS) can be oused to monitor volcanic activity, but also to measure volcanic gases.

This use of drones in volcanology is confirmed by researchers from the German Research Centre for Geosciences (GFZ Potsdam) who presented results of a series of repeated flights with visual and thermal imaging cameras of Santiaguito volcano in Guatemala. The volcano was born in1922 in the caldera of Santa Maria which erupted in October 1902, the same year as Montagne Pelée in Martinique, killing about 6,000 people.

Santiaguito has been permanently active since 1922. Its lava dome complex is instable with frequent collapses generating destructive pyroclastic flows and lahars. This is the reason why the German researchers wanted to observe the behaviour of the Caliente Dome which is currently the most active. This dome shows two kinds of movements: slow radial expansion and growth, and fast-moving extrusion of viscous lava. Both processes also produce distinctive fracture sets detectable with surface motion, and high strain zones associated with thermal anomalies.

The scientists equipped a drone with different cameras. They flew it over the crater at various intervals, measuring the movements of the lava flow and a lava dome using a specific type of stereo photography with a precision never seen before.

By comparing the data provided by the drone, the scientists were able to determine the flow velocity, movement patterns, and surface temperature of the volcano.

These factors are important for predicting the danger of explosive volcanoes. The German researchers believe that, thanks to the progress of the drone technology, a regular and systematic survey of hazardous volcanoes is quite feasible today.

Two cameras of the drone used on Santiaguito took both high definition and thermal photos. They allowed to work out complete and detailed 3D models using a special computer algorithm. It was also possible to acquire a 3D topography and temperature model of the volcano, with a resolution of only a few centimetres.

Drone missions are very interesting from a human and security point of view. They lessen the risk for volcanologists, as cameras can be flown directly to the dangerous areas without scientists having to be near them.

However, the job is not easy. The 3D models of the various flights must be positioned exactly so that they can be compared. This requires painstaking detail work, but the effort is worth it because even minimal movements become immediately visible.

Source : The Watchers, GFZ German Research Centre for Geosciences.

Photos : C. Grandpey

Eruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Nouvelles photos!

Voici de nouvelles superbes photos de l’éruption du Piton de la Fournaise prises le 13 février 2020 par Christian Holveck qui m’explique qu’un cône s’est maintenant édifié avec deux ou trois bouches actives. Même si le débit éruptif n’est pas très élevé, les coulées sont bien alimentées. Le relief et la pente donnent beaucoup d’énergie à la lave et les débordements épisodiques sont magnifiques.

Photos: Christian Holveck

Piton de la Fournaise : Photos de l’éruption !

Voici quelques superbes photos de l’éruption en cours sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Elles ont été prises par mon ami Christian Holveck qui me confirme les mauvaises conditions météo et la difficulté d’accès au site éruptif.

Vous pourrez visiter le site de Christian Holveck, avec des images également très belles, à cette adresse :

http://www.christianholveck.com/

Photos: Christian Holveck

La nouvelle île de l’archipel des Tonga (suite) // The new island of the Tonga archipelago (continued)

Comme je l’ai écrit dans une note précédente, une nouvelle éruption sous-marine a été détectée sur le volcan Metis Shoal (Iles Tonga), également connu sous le nom de Lateiki. Elle a donné naissance au banc de ponce observé à la surface de la mer en août 2019 L’éruption a finalement donné naissance à une nouvelle île à la fin du mois d’octobre. Elle se trouve à environ 120 mètres à l’ouest d’une ancienne île, aujourd’hui disparue. La nouvelle île mesure environ 400 mètres de long sur 100 mètres de large. Pour le moment, elle est trois fois plus grande que la précédente, mais comme elle est faite de pierre ponce, elle subira probablement les assauts de l’océan avant de disparaître elle aussi.

Le site Web The Watchers a publié de bonnes images de l’éruption et de la nouvelle île prises par le satellite Sentinel-2 de l’ESA. L’éruption a émis de volumineux panaches de vapeur, mais aucune trace de cendre n’a été identifiée par le VAAC de Wellington. .
Source: The Watchers.

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As I put it in a previous post, a new underwater eruption at Tongan Metis Shoal volcano, also known as Lateiki, the source of a massive amount of pumice detected in August 2019, resulted in the creation of a new island by the end of October. It was created about 120 metres west of a previous island which is now gone. The new island is about 400 metres long by 100 metres wide at the moment. As such, it is three times bigger than the previous one. As it is made of pumice, it will probably be washed away, just like the preceding ones.

The website The Watchers has released good images of the eruption and the new island taken by ESA’s Sentinel-2 satellite. The eruption emitted voluminous steam plumes and no ash was identified by the Wellington VAAC. .

Source : The Watchers.

L’éruption observée par le satellite SEntinel-2 le 30 octobre 2019

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Belles photos de l’éruption

L’éruption du Piton de la Fournaise est terminée, mais je continue à recevoir des photos des coulées de lave. Voici celles que vient de me faire parvenir l’ami Thierry Sluys, très belles comme d’habitude.

A noter que Thierry, son épouse et sa fille tiennent à votre disposition un merveilleux gîte – Leu Bleu Austral – sur les hauteurs de St Leu, avec une superbe vue sur l’océan. Si vous prévoyez un séjour à la Réunion, n’hésitez pas à les contacter

Vous trouverez toutes les indications utiles à cette adresse :

https://www.leubleuaustral.fr/

Images de la progression de la lave:

Dans le Grand Brûlé…

Lava a’a…

Photos: Thierry Sluys