Histoire de météotsunamis… // About meteotsunamis…

Jusqu’à présent, je savais ce qu’était un tsunami, mais je n’avais jamais entendu parler de tsunami météorologique ou météosunami. J’ai lu dans la presse internationale aujourd’hui qu’un météosunami s’était formé en Mer Méditerranée près de la côte espagnole au petit matin du 16 juillet 2018 et avait inondé les côtes de Majorque et de Minorque dans les îles Baléares. La vague atteignait 1,5 mètre au moment où elle a frappé ces îles. Elle a inondé des plages, des routes, des bars et des terrasses, emportant chaises et parasols. Heureusement, aucun blessé n’est à déplorer car les plages étaient encore relativement vides au moment de l’événement.
Un météosunami ou tsunami météorologique est une vague d’origine météorologique semblable à un tsunami classique. Les météotsunamis sont générés lorsque des changements rapides de pression barométrique provoquent le déplacement d’une masse d’eau. Une perturbation atmosphérique interagit avec l’océan sur une période de temps limitée (de plusieurs minutes à plusieurs heures). Les tsunamis et les météosunamis sont similaires et il est parfois difficile de les distinguer l’un de l’autre, comme dans le cas où apparaît une vague de tsunami sans qu’il y ait la présence d’un séisme.
On estime que 3% des tsunamis historiques ont des origines météorologiques connues, bien que leur prévalence réelle soit peut-être beaucoup plus élevée car 10% des tsunamis historiques ont des origines inconnues. Les tsunamis du passé sont souvent difficiles à valider ; ils ont pu être à tort interprétés comme des ondes de seiche.

La plupart des supposés tsunamis observés dans les zones à faible risque sismique sont des météo-tsunamis. Exceptionnellement, deux phénomènes peuvent s’additionner, un météotsunami pouvant aggraver les effets d’un  tsunami classique (ou inversement), comme ce fut le cas lors de l’éruption du Krakatoa en 1883, qui a généré des tsunamis volcano-météorologiques également liés à la puissance de l’explosion volcanique.

Les météotsunamis n’ont que des effets locaux car n’ont pas l’énergie suffisante pour provoquer un tsunami au sens où on l’entend habituellement. Cependant, lorsqu’ils sont amplifiés par résonance, ils peuvent devenir dangereux. Le météonunami qui a frappé la baie de Nagasaki le 31 mars 1979 a atteint une hauteur maximale de 5 mètres et trois personnes ont été tuées. La vague de trois mètres qui a frappé la rive du Lac Michigan à Chicago en 1954 a noyé sept personnes.

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Up to now, I knew what a tsunami was, but I had never heard about meteotsunamis. I could read in the newspapers today that a meteotsunami formed in the Mediterranean Sea near the coast of Spain in the early morning of July 16th, 2018, and flooded the coasts of Mallorca and Menorca in the Balearic Islands. The wave was as high as 1.5 metres when it struck the shores of these islands. It flooded beaches, roads, bars and terraces, sweeping away chairs and parasols. Fortunately, there are no reports of injuries as the beaches were still relatively empty when the event took place.

A meteotsunami or meteorological tsunami is a tsunami-like wave of meteorological origin. Meteotsunamis are generated when rapid changes in barometric pressure cause the displacement of a body of water. A travelling atmospheric disturbance normally interacts with the ocean over a limited period of time (from several minutes to several hours). Tsunamis and meteotsunamis are otherwise similar enough that it can be difficult to distinguish one from the other, as in cases where there is a tsunami wave but there are no seismic records of an earthquake.

Only about 3% of historical tsunami events are known to have meteorological origins, although their true prevalence may be considerably higher than this because 10% of historical tsunamis have unknown origins; Tsunami events in the past are often difficult to validate, and meteotsunamis may have previously been misclassified as seiche waves.

Most of the so-called tsunamis observed in areas of low seismic risk are meteotsunamis.  Exceptionally, two phenomena can add up, a meteotsunami aggravating the effects of a real tsunami in progress (or conversely), as was the case for example during the eruption of Krakatoa in 1883, which generated volcano-meteorological tsunamis, also related to the power of the volcanic explosion.

Meteotsunamis are restricted to local effects because they lack the energy available to significant seismic tsunami. However, when they are amplified by resonance they can be hazardous. A meteotsunami that struck Nagasaki Bay on March 31st, 1979 achieved a maximum wave height of 5 metres andthree people died. A three-metre wave that hit the Chicago waterfront in 1954 swept people off of piers, drowning seven.

Vue des dégâts provoqués par un météotsunami au cours de l’ouragan Ike à Gilchrist (Texas) en 2008. (Crédit photo: Wikipedia)

Hawaii : Une bombe volcanique s’abat sur un bateau pour touristes // A lava bomb hurls onto a tour boat

Comme je l’ai déjà écrit, la lave en provenance de la Fracture n° 8 pénètre dans l’océan sur un front de 6 km. Dans ses dernières mises à jour, le HVO indique que des explosions se produisent le long de ce front. L’une de ces explosions a projeté des bombes incandescentes sur le toit d’un bateau pour touristes le 16 juillet 2018. Au moins 23 personnes ont été blessées ; dix d’entre elles ont été soignées pour des blessures superficielles. Quatre autres ont été conduites par ambulance à l’hôpital de Hilo une fois que le le bateau a été amarré dans le port de Wailoa. Une femme d’une vingtaine d’années était dans un état grave avec ue fracture du fémur. Trois autres touristes étaient dans un état stable à l’hôpital avec des blessures qui n’ont pas été précisées. Le reste des passagers a subi des brûlures et des blessures superficielles sans gravité.

Ces personnes étaient à bord d’un bateau de la compagnie Lava Ocean Tours qui conduit les touristes devant les coulées, avec la lave qui plonge dans l’océan.

La bombe a perforé le toit du bateau, laissant un trou béant. Le propriétaire de la compagnie, qui pilotait l’embarcation, explique qu’il n’avait encore jamais vu une explosion projeter des matériaux jusque sur son bateau. Le groupe de touristes était sur le site de l’explosion depuis une vingtaine de minutes et le bateau faisait des allers et retours à environ 500 mètres de la côte. Le pilote du bateau n’ayant pas observé d’explosions majeures, il s’est approché à environ 250 mètres des coulées lave. C’est à ce moment que s’est produite une très violente explosion. Il n’y avait eu aucun signe annonciateur. A noter qu’une deuxième explosion, encore plus puissante, s’est produite quelques minutes plus tard.
L’USGS et la Protection Civile déconseillent constamment de s’approcher de la lave qui pénètre dans l’océan car l’interaction entre l’eau et cette lave peut créer des nuages ​​d’acide et de fines particules de verre volcanique. Malgré le danger, plusieurs compagnies organisent de telles excursions. La Garde côtière américaine a mis en place en mai 2018 une zone de sécurité en mer là où la lave entre dans l’océan. Il est interdit aux embarcations de s’approcher à moins de 300 mètres des points d’entrée. Toutefois, la Garde côtière permet aux pilotes expérimentés de demander une licence spéciale pour s’approcher à 50 mètres des points où la lave entre dans la mer. Reste à savoir quelles mesures seront prises après cet accident.
Source: Différents médias d’information.

Voici une vidéo comportant différents témoignages à propos de cet accident: https://youtu.be/jNm_7zECVeI

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As I put it before, lava from Fissure 8 is entering the ocean over a 6-km-wide front. In its latest updates, HVO indicated that explosions were occurring along this front. One of these explosions sent red hot material crashing through the roof of a sightseeing boat on July 16th, 2018. At least 23 people in total were injured, 10 of whom were treated for superficial injuries at the harbour. Four were taken to Hilo Medical Center via ambulance once the boat docked back in Wailoa Harbor in Hilo. A woman in her 20s was in serious condition with a broken thigh bone. Three others were in stable condition at a hospital with unspecified injuries. The rest of the passengers suffered burns, scrapes and other superficial injuries. They were aboard a Lava Ocean Tours boat  that takes visitors to see lava plunging into the ocean. The lava punctured the boat’s roof, leaving a gaping hole. The owner and captain of the vessel that was hit said he never saw the explosion that rained molten rocks down on top of his boat. He and his tour group had been in the area for about 20 minutes making passes of the ocean entry about 500 metres offshore. As he did not observe any major explosions, he navigated his vessel closer, to about 250 metres away from the lava. This was the moment when, all of a sudden, everything around the boat exploded. There were no warning signs. Another stronger explosion occurred a few minutes later.

USGS and Civil Defense constantly warn of the danger of getting close to lava entering the ocean, saying the interaction can create clouds of acid and fine glass. Despite the hazards, several companies operate such tours. The U.S. Coast Guard in May instituted a safety zone where lava flows into the ocean off the Big Island. It prohibits vessels from getting closer than 300 metres from ocean-entry points. The agency allows experienced boat operators to apply for a special license to get up to 50 metres from where lava sizzles into the sea. New measures will probably be taken after this accident.

Source : Different news media.

Here is a video with several witnesses about the accident: https://youtu.be/jNm_7zECVeI

La lave peut entrer paisiblement dans la mer…

…mais le mariage de la lave et de l’eau peut être beaucoup plus brutal

(Photos: C. Grandpey)

 

C’est sûr: L’Öræfajökull (Islande) montre des signes de réveil // Öræfajökull (Iceland) is showing sure signs of unrest

Le 20 juin 2018, j’ai écrit une note intitulée «Si Öræfajökull (Islande) entrait en éruption». J’expliquais que si une éruption majeure devait se produire, elle pourrait paralyser tout le trafic aérien en Europe pendant des jours.
La Protection Civile islandaise vient de publier une nouvelle mise à jour concernant le statut du volcan. Le rapport précise qu’il montre des signes évidents d’activité, avec une phase d’inflation qui dure depuis au moins un an et demi.
La Protection Civile ajoute que l’inflation se poursuit encore aujourd’hui et s’accompagne d’une hausse significative de la sismicité. Ces deux paramètres ne montrent aucun répit, malgré un déclin de l’activité géothermale depuis le mois de décembre 2017.
Les scientifiques pensent que la cause probable de l’inflation est une injection de magma juvénile. Le volume de l’édifice volcanique depuis la reprise de l’activité s’est accru d’environ 10 millions de mètres cubes, ce qui est semblable à l’intrusion  magmatique observée sur l’Eyjafjallajökull quelques années avant l’éruption de 2010.
De plus, de nouvelles mesures de résistivité indiquent la présence de roches altérées par l’activité géothermale à de faibles profondeurs à l’intérieur de la caldeira. Cela correspond à l’activité géothermale à haute température observée par intermittence sur de nombreux autres volcans.
En se référant à des scénarios éruptifs possibles, les scientifiques pensent que l’Öræfajökull se trouve dans une phase pré-éruptive typique dont l’évolution temporelle et le résultat sont inconnus, nouvelle preuve que notre aptitude à prévoir les éruptions est très limitée. Selon eux, une augmentation de l’activité géothermale provoquant des inondations et des émissions de gaz fait partie des scénarios possibles.
En cas d’éruption soudaine de l’Öræfajökull, la Protection Civile a élaboré un plan d’évacuation d’urgence. Le nombre d’instruments de surveillance a été augmenté sur et autour du volcan. Les efforts de recherche ont également été intensifiés pour essayer de mieux comprendre l’augmentation de l’activité sismique et de l’inflation du volcan ainsi que les changements dans l’activité géothermale sous-glaciaire. Les opérateurs de télécommunications ont amélioré la couverture des téléphones cellulaires dans la région.
Le dernier épisode éruptif de l’Öræfajökull a commencé en août 1727 et a pris fin en mai 1728. Il avait un indice d’explosivité volcanique (VEI) de 4 et a causé la mort de trois personnes. Avant cela, le volcan s’est manifesté en 1362. Cet événement avait un VEI de 5 ; c’est la plus grande éruption explosive jamais observée Islande. Le volcan a rejeté d’énormes quantités de téphra et a détruit la région de Litla-Hérað par les inondations et les retombées de téphra. Plus de 40 années se sont écoulées avant que les gens reviennent s’installer dans la région connue sous le nom d’Öræfi.
Les documents historiques de l’éruption de 1727 indiquent qu’une intense activité sismique s’est produite quelques jours avant cet événement. Les fouilles archéologiques des fermes détruites par l’éruption de1362 confirment ces observations.
Le Met Office islandais et la Protection Civile ont fait passer la couleur de l’alerte aérienne du vert au jaune le 17 novembre 2017, mais cette alerte a été ramenée au VERT le 4 mai 2018.
Sources: Revue islandaise, Icelandic Met Office, The Watchers

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On June 20th, 2018, I wrote a post entitled « If Öræfajökull erupted in Iceland”. I explained that if a major eruption were to occur, it could paralyse all air traffic across Europe for days on end.

The Department of Civil and Emergency Management in Iceland has just issued a new status for the volcano saying that it is showing clear signs of unrest, with an inflation phase for at least a year and a half.

The Icelandic Department of Civil Protection has indicated that inflation is ongoing and is reflected by increased seismicity. Both parameters show no signs of decrease despite a decline of geothermal activity since last December.

Scientists think the likely cause of the inflation an injection of new magma. The volume change since the start of the unrest is of the order of magnitude of 10 million cubic metres, comparable to the intrusion activity in Eyjafjallajökull some years before the eruption in 2010.

New resistivity measurements indicate the presence of geothermally altered rocks at shallow levels inside the caldera consistent with intermittent high-temperature geothermal activity as seen in many other volcanoes.

Referring to possible scenarios and hazards, scientists said that Öræfajökull is in a typical preparation stage before an eruption but the temporal evolution and the outcome is unknown. Increase in the geothermal activity with associated floods and gas release is a possible scenario.

Should a sudden eruption of Öræfajökull occur, Civil Protection has devised an emergency evacuation plan. The number of instruments for volcano monitoring has been increased on and around the volcano. Rresearch efforts have aso been developed to deepen the understanding of increased seismic activity, increased inflation of the volcano as well as changes in subglacial geothermal activity. Telecommunications operators have improved cell phone coverage in the area.

The last eruptive episode of this volcano started in August 1727 and ended in May 1728. It had a Volcanic Explosivity Index (VEI) of 4 and was responsible for deaths of three people. Before that, the volcano erupted in 1362. This event had a VEI of 5 and was Iceland’s largest historical explosive eruption. The volcano ejected huge amounts of tephra and destroyed the district of Litla-Hérað by floods and tephra fall. More than 40 years passed before people again settled the area, which became known as Öræfi.

Historical records from the eruption in 1727 indicate that an intense earthquake activity occurred some days before the eruption. Archaeological excavation of farms ruined by the eruption in 1362 further supports these records.

The Icelandic Met Office and Civil Protection raised the aviation colour code from Green to Yellow on November 17th, 2017. But the alert was lowered back to Green on May 4th, 2018.

Sources: Iceland Review, Icelandic Met Office, The Watchers.

Vue du sommet de l’Öræfajökull (Crédit photo: Wikipedia)