Eruption du Fuego (Guatemala) : Le bilan s’alourdit // The death toll is increasing

Les autorités guatémaltèques viennent d’augmenter de plus de 130 le nombre de personnes officiellement portées disparues lors de l’éruption meurtrière du Fuego le mois dernier.
La CONRED, l’agence nationale qui gère les catastrophes, a déclaré que le nouveau chiffre de 332, contre 197 précédemment, a été établi suite à la vérification des listes de personnes vivant dans des abris. On peut remarquer que ce nombre de 332 ressemble à celui des victimes de l’éruption du Merapi (Indonésie) en 2010.
La CONRED a confirmé le chiffre d’au moins 113 morts lors de l’éruption du 3 juin 2018, avec des coulées pyroclastiques qui ont recouvert de nombreux petits villages. 85 de ces corps ont été identifiés.
Antigua to the Rescue, un groupe indépendant, a déclaré lors d’une conférence de presse que le nombre de morts pourrait atteindre 2 900. Ce chiffre a été obtenu suite aux recherches effectuées par le groupe auprès de personnes vivant dans les centres d’hébergement, en particulier les habitants du village dévasté de San Miguel Los Lotes. Cependant, les responsables de la CONRED ont déclaré qu’ils s’en tiendraient à leur bilan officiel.
Plus de 3 600 personnes vivent dans des centres d’hébergement provisoires gérés par les autorités locales et des associations caritatives. Près de 200 localités autour de Fuego ont été déclarées inhabitables ou à haut risque en raison de la menace d’une nouvelle éruption.
Source: Médias d’information internationaux.

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Authorities in Guatemala have just raised by more than 130 the number of people officially missing from last month’s deadly eruption of Fuego Volcano.

Guatemala’s CONRED, the national disaster agency, said the new figure of 332, up from 197 previously, came following the review of lists of people living in shelters. One can notice that this number resembles the death toll following the eruption of Mt Merapi (Indonesia) in 2010.

CONRED has confirmed at least 113 deaths from the June 3rd eruption, which sent pyroclastic flows through small villages. 85 of those bodies have been identified.

Antigua to the Rescue, an independent group, said at a news conference that the death toll could be as high as 2,900. Its figure was compiled through its own investigations and interviews with people in shelters, especially the inhabitants of the devastated village of San Miguel Los Lotes. However, CONRED officials said they would stand by their official count.

More than 3,600 people remain in shelters run by local authorities and charities. Almost 200 communities surrounding Fuego have been declared uninhabitable or at high risk due to the threat of another eruption.

Source : International news media.

San Miguel los Lotes après l’éruption (Crédit photo: CONRED)

White Island (Nouvelle Zélande): Le lac grandit // The lake is growing

Dans une note publiée le 3 juin 2018, j’indiquais qu’un lac était en train de se reformer dans le cratère de White Island. L’information est maintenant confirmée par le site web de GeoNet qui explique que le lac continue de grandir, ce qui est susceptible de faire naître une activité hydrothermale à sa surface. Cependant, la situation n’est pas préoccupante et le niveau d’alerte volcanique reste à 1.
Une chose intéressante, c’est que au fur et à mesure que le niveau du lac s’élève, l’eau empiète sur les bouches émettrices de gaz sur la zone du dôme de lave de 2012 et elle va bientôt commencer à les noyer. Cette situation ne serait pas nouvelle. En effet, les lacs précédents ont submergé des bouches actives et des fumerolles à plus grande échelle. L’envahissement de ces bouches par l’eau du lac a généralement conduit à une activité hydrothermale localisée, avec parfois de petites éruptions phréatiques. Certaines ont formé de petits cônes de débris autour des zones actives pendant les périodes d’activité hydrothermale les plus violentes.
Si le lac continue à se remplir au rythme actuel, les volcanologues néo-zélandais pensent que les bouches sur le flanc du dôme seront recouvertes entre le 1er et le 15 août et le dôme sera complètement immergé dans 3 ou  4 mois. Le niveau du lac se trouve actuellement à 17 mètres sous son seuil de débordement et il se remplit à raison d’environ 2 000 m3 par jour. C’est plus ou moins le même rythme qu’en 2003 et 2004, 2007 et 2008 et 2013.
Une récente visite sur White Island a permis de constater que l’activité volcanique reste stable et faible. La température maximale au niveau des bouches actives sur le flanc du dôme est de 244°C, ce qui représente une légère augmentation (Cette température était de 220°C quand j’ai visité le volcan en janvier 2009). La température de la Fumerolle Zero continue de baisser ; elle est actuellement de 138°C. L’activité sismique et acoustique reste généralement faible, ainsi que les émissions de SO2. La température du lac est de 30,4°C. L’étude de la déformation du sol confirme la poursuite de l’affaissement du plancher du cratère en direction des bouches actives.
Source: GeoNet, The Watchers.

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In a post released on June 3rd, 2018, I indicated that a lake had reappeared inside White Island’s crater. The piece of news is now confirmed by the GeoNet website which explains that the lake continues to grow, which may cause hydrothermal surface activity. However, the situation is not preoccupying and the alert level remains at 1.

One interesting thing is that as the water level rises it is encroaching on the gas vents on the 2012 lava dome area and will soon start to drown them. This situation would not be new. Indeed, previous lakes have flooded active gas vents and larger scale fumaroles. Drowning of these vents has usually led to localized steam driven activity with occasional small hydrothermal eruptions. Some have formed small debris-tuff cones around the active areas during the more violent hydrothermal activity.

If the lake continues to fill at the current rate, New Zealand volcanologists expected the features on the side of the dome to be drowned early to mid-August and the dome will be totally drowned in 3 to 4 months’ time. The lake is now 17 metres below overflow and is filling at about 2 000 m3 per day. It is about the same rate as in 2003 and 2004, 2007 and 2008 and 2013.

Observations during a recent visit to the Island confirmed volcanic activity remains at a steady and low level. The maximum temperature at the vents on the dome is 244°C, representing a slight rise. The temperature of Fumarole Zero continues to decline, now measuring 138°C. Seismic and acoustic activity generally remains low, and the SO2 gas flux is also low. The lake temperature is 30.4°C. The ground deformation survey confirms the subsidence pattern towards the active vents continues.

Source : GeoNet, The Watchers.

Photos: C. Grandpey

Pour la protection des coraux… // For coral protection…

En ce 4 juillet 2018, jour de la Fête Nationale aux États-Unis, le gouverneur de l’État d’Hawaii a signé une loi interdisant la vente d’écrans solaires contenant deux produits chimiques susceptibles de nuire aux récifs coralliens. Cette décision fait d’Hawaï le premier État américain à interdire l’oxybenzone et l’octinoxate.
La loi entrera en vigueur en 2021.
Le Gouverneur a déclaré que l’Etat devra également poursuivre ses efforts pour protéger les coraux, avec en particulier la lutte contre les espèces invasives, la pollution due aux eaux de ruissellement, et le changement climatique.
Les écrans solaires contenant de l’oxybenzone et de l’octinoxate ne seront tolérés que pour les personnes en possession d’une ordonnance médicale. Les autres devront acheter des écrans solaires sans ces produits chimiques ou venir à Hawaii avec leur propre crème solaire. Les scientifiques ont découvert que les deux substances peuvent être toxiques pour les récifs coralliens qui constituent une partie vitale de l’écosystème océanique et attirent les touristes.
Les critiques affirment qu’il n’y a pas assez d’études scientifiques indépendantes démontrant que les produits chimiques nuisent aux récifs coralliens. Le groupe Retail Merchants of Hawaii a déclaré qu’il était préoccupé par l’interdiction qui allait décourager les gens d’acheter de la crème solaire dans les magasins locaux.
Lorsque l’idée de l’interdiction a été émise, la Hawaii Medical Association s’est inquiétée de l’impact sur la santé publique de l’interdiction de certains types de crème solaire. Cela irait à l’encontre de plusieurs décennies de politique publique mettant en garde sur le cancer de la peau et les risques d’une exposition prolongée au soleil.
Source: Presse hawaïenne.

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On July 4th, 2018, Independence Day in the United States, the Governor of the State of Hawaii has signed legislation that will ban the sale of sunscreens containing two chemicals thought to harm coral reefs. The move makes Hawaii the first U.S. state to enact a ban on oxybenzone and octinoxate.

The legislation will take effect in 2021.

The Governor said the State will also need to continue other efforts to protect coral, including fighting invasive species, pollution from land runoff and climate change.

Sunscreen containing oxybenzone and octinoxate will only be available to those with a prescription from a physician. Others will have to buy sunscreens without these chemicals or bring their own sunscreen with them to Hawaii. Scientists have found the two substances can be toxic to coral reefs, which are a vital part of the ocean ecosystem and a popular draw for tourists.

Critics say there are not enough independent scientific studies supporting the assertion that the chemicals harm coral reefs. The group Retail Merchants of Hawaii has said it is concerned the ban will discourage people from buying sunscreen at brick and mortar stores.

When the idea of the ban was put forward, the Hawaii Medical Association raised concerns over the public health impact of banning certain types of sun lotion on the islands. The ban would go against several decades of public policy and public health concerns about skin cancer and sun exposures.

Source: Presse hawaiienne.

Photo: C. Grandpey

Kilauea (Hawaii): L’éruption reste intense // The eruption is still intense

En ce jour de Fête nationale aux Etats Unis, l’éruption se poursuit sans relâche dans la Lower East Rift Zone. La lave a détruit sept autres maisons le 2 juillet à Kapoho. Selon la Protection Civile, trois ou quatre autres devaient disparaître le 3 juillet. Le nombre officiel de maisons détruites reste à 668, mais le nombre réel est plus élevé. Le décompte officiel est en cours de mise à jour. .
La Fracture n° 8 reste active. La lave avance en grande quantité et à grande vitesse dans le chenal, tandis que le front de coulée s’étale sur une grande largeur le long du littoral. La Fracture n° 22 reste également active mais la coulée qui s’en échappe ne présente pas de risque.
Les services météorologiques ont indiqué qu’il y avait eu environ 1 200 impacts de foudre entre 7 h et 14 h. au cours d’un orage survenu le 2 juillet. Selon le National Weather Service, le phénomène a été provoqué par «la combinaison d’absence de vent, l’humidité des panaches de brume volcanique, un système de basse pression en altitude et la source de chaleur créée par la lave.» Les impacts étaient concentrés presque directement sur la Fracture n°8 et ils ont ensuite suivi l’écoulement de la lave jusqu’à. Kapoho. C’est un phénomène encore jamais observé. »
Il y a une contradiction dans les informations données par USGS et celles communiquées par le HVO à propos des émissions de SO2 au sommet du Kilauea. D’une part, l’USGS indique que «les concentrations de SO2 semblent augmenter [avec] des émissions de 35 000 à 40 000 tonnes, soit dix fois plus qu’en avril. Les émissions dans la Lower East Rift Zone sont également très élevées. [On pense] que l’augmentation de SO2 est directement proportionnelle à l’intensité de l’éruption et à la vitesse d’affaissement du sommet. » De son côté, le HVO indique dans sa dernière mise à jour (4 juillet 2018) que « les émissions de dioxyde de soufre au sommet du volcan ont chuté à des niveaux qui sont environ la moitié de ceux mesurés avant le début de l’éruption actuelle. » Attendons les prochains bulletins pour voir qui a raison. Les concentrations de SO2 sont très importantes car elles sont liées à l’intensité de l’activité éruptive et au débit de la lave.
Source : Protection Civile, USGS, HVO.

NB: Une correction a été apportée par l’USGS qui précise que les concentrations de 35 000 à 40 000 tonnes de SO2 concernent l’East Rift Zone, pas le sommet. L’USGS s’excuse pour cette confusion.

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It is Independence Day in the U.S. today, but the eruption is going on unabatedly in the Lower East Rift Zone and lava destroyed seven homes on July 2nd in Kapoho. According to Civil Defense, three or four more were expected to be lost to the flow on July 3rd. The official tally of homes destroyed by lava remains at 668. The actual number of homes lost is higher, and the official count is being updates. .

Fissure No. 8 remains quite active. Lava is profusely and rapidly travelling in the channel and the flow front is producing a broad entry along the shoreline. Fissure No. 22 also remains active with a very small and harmless flow.

The National Weather Service (NWS) has indicated there were about 1,200 lightning strikes between 7 a.m. and 2 p.m. during a thunderstorm that occurred on July 2nd. According to NWS, it was caused by “a combination of no wind, moisture from laze plumes, low pressure aloft and a heat source from the lava.” The lighting strikes were focused almost directly over fissure 8 and they followed the lava track down to Kapoho. It was a phenomenon never observed before.”

There is a contradiction in the information given by USGS and HVO about the SO2 emissions at the summit. On the one hand, USGS indicates that “the rates of SO2 seem to be increasing [with] emissions of 35,000 to 40,000 tons, which is 10 times what it was in April. Emissions in the Lower East Rift Zone are at a quite high level, as well. [It is believed] that the increase of SO2 is directly proportional to the eruption level and to the subsidence rates at the summit.” On the other hand, HVO indicates in its latest update (July 4th, 2018) that “sulfur dioxide emissions from the volcano’s summit have dropped to levels that are about half those measured prior to the onset of the current episode of eruptive activity.”  Let’s wait for the next bulletins to see who is right. SO2 rates are very important as they are linked to the intensity of eruptive activity and the lava output.

Source: Civil Defense, USGS, HVO.

N.B.: USGS has apologized for its error. The very high SO2 concentrations concern the East Rift Zone, not the summit. HVO figures are right. .

Crédit photo: USGS