Vers une baisse du niveau d’alerte de l’Agung (Bali / Indonésie)? // Toward a reduction of Mt Agung’s alert level?

On peut lire sur le site d’Antara News une interview intéressante du directeur du Centre de Volcanologie et de Gestion des Risques Géologiques (PVMBG). Le dimanche 10 décembre 2017, il a déclaré qu’il n’était pas impossible que l’activité volcanique de l’Agung soit en train de diminuer. Après avoir émis à 17 reprises des panaches de vapeur et de cendres jusqu’à 1500 mètres de hauteur, le volcan a produit des nuages de cendre grise qui se sont élevés jusqu’à 2000 mètres au-dessus du cratère samedi matin. À son avis, ce type d’activité révèle que l’arrivée de lave dans le cratère pourrait diminuer.
Lorsqu’on lui a demandé si le niveau d’alerte du Mont Agung serait abaissé, il a dit qu’il était susceptible d’être réduit une fois que l’on aurait observé la quantité de cendre vomie par le cratère, ainsi que le nombre d’événements enregistrés par les sismographes. « Avant d’abaisser le niveau d’alerte du Mont Agung, nous allons recueillir plus d’informations au cours de la semaine prochaine. » Il faut noter que le nombre d’événements sismiques basse fréquence a diminué ces derniers jours : 50 le 8/12, 40 le 9/12 et 35 le 10/12.
Le directeur du PVMBG a ajouté que l’activité tectonique locale sur le volcan restait faible. La plupart des séismes se produisent à la surface du cratère, et aucune nouvelle lave n’a été émise par la chambre magmatique. Selon lui, « la cendre volcanique libérée aujourd’hui (dimanche) provient d’une ancienne activité magmatique à cinq ou dix kilomètres sous le cratère. »
Le 30 novembre dernier, l’activité de l’Agung a diminué, mais elle s’est à nouveau intensifiée du 7 au 9 décembre, comme l’a confirmé la grande quantité de cendre émise par le cratère. Le directeur du PVMBG a fait remarquer que « par rapport à l’éruption du 25 au 29 novembre, la quantité de cendre a diminué […] Suite aux éruptions phréatiques, la déformation continue sur le volcan, mais l’activité volcanique a maintenant légèrement diminué par rapport à la période du 25 – 29 novembre. »
Source: Antara News.

——————————————-

One can read on the Antara News website an interesting interview of the head of the Volcanology and Geological Hazard Mitigation Center (PVMBG). On Sunday, December 10th, he said that the volcanic activity on Mount Agung might decrease. After emitting 17 times steam and ash plumes that rose up to 1,500 metres, the volcano erupted and released grey volcanic ash which rose up to 2,000 metres from the crater on Saturday morning. In his opinion, these activities indicated that the number of lava flowing to the crater may drop.
Asked if the alert level of Mt Agung would be lowered, he said that it could be degraded after observing the amount of ash spewed from the crater, as well as the number of tremors recorded by the seismographs. « Before lowering the alert status of Mount Agung, we will collect more information for the next one week, » he noted.
He added that the local tectonic activity on the volcano remained low. Judging from the seismographs, most tremors occur on the surface of the crater, and no new lava flow was seen released from the magma chamber. « The volcanic ash released today (Sunday) is generated from the old magma activity five to 10 kilometres beneath the crater, » he remarked.
On November 30th, the volcanic activity on Mount Agung had decreased, but it became active on December 7th – 9th, as indicated by the large amount of volcanic ash released from the crater. « Compared to the eruption on November 25th – 29th, the number of ash has decreased now. […] Following the phreatic eruptions, the deformation is still occurring on the volcano. However the volcanic activity now has slightly decreased compared to the records on November 25th – 29th, » he stressed.

Source : Antara News.

Image webcam de l’Agung le 11 décembre 2017

Publicités

Agung (Bali / Indonésie)

L’Agung vient de retirer le capuchon de nuages qui recouvrait son sommet. La situation ne semble pas avoir beaucoup évolué au cours des derniers jours. Pas de panaches de cendre susceptibles de perturber le trafic aérien. Les tracés sismiques montraient de nombreuses petites explosions au niveau du cratère. Une libération de gaz sous pression vient d’avoir lieu (voir sismogramme ci-dessous). Le dernier événement de ce type avait été observé le 7 décembre vers 1h00. Il n’y a aucune régularité dans ces libérations de pression sur le volcan et il est impossible de dire comment évoluera la situation.

———————————–

Mt Agung has just removed the clouds that covered its summit. The situation does not seem to have changed much in recent days. No ash plumes that could disrupt air traffic. The seismic traces showed numerous small explosions at the crater. A release of pressurized gas has just taken place (see seismogram below). The last event of this type was observed on December 7th around 1:00 am. There is no regularity in these releases of pressure and it is impossible to say how the situation will evolve.

Indonésie: L’impact de l’éruption de l’Agung sur le tourisme // Indonesia: The impact of the Mt Agung eruption on tourism

Les autorités indonésiennes affirment que le tourisme subira des pertes d’environ 9 000 milliards de roupies en devises suite à l’éruption du Mont Agung à Bali depuis la fin du mois de novembre. L’estimation se base sur le calcul de 250 milliards de roupies en devises par jour, apportées par 15 000 touristes qui visitent Bali. Ainsi, pendant environ 36 jours depuis que l’éruption s’est produite, à raison de 250 milliards de roupies par jour, le chiffre atteint une perte d’environ 9 000 milliards de roupies.
En raison de l’éruption, l’objectif de 15 millions de touristes étrangers ne sera certainement pas atteint cette année. Jusqu’en septembre dernier, le gouvernement était optimiste et pensait atteindre ce chiffre. Cependant, depuis l’éruption de l’Agung, le gouvernement estime à environ 1 million le nombre de touristes en moins. Avec seulement 14 millions de touristes étrangers, l’Indonésie atteindra 93% de son objectif. Pour atteindre ce but, le gouvernement continue de mener des campagnes intenses en faveur des îles Riau, qui sont devenues l’une des principales portes d’entrée des touristes en Indonésie, après Jakarta et Bali.
Le Bureau Central des Statistiques a enregistré une baisse de 4,54% du nombre de touristes étrangers en Indonésie en octobre 2017, à cause de l’éruption du Mont Agung. La baisse du nombre de touristes entrant par l’aéroport international de Bali est estimée à 15,99%.
En octobre 2017, le nombre d’arrivées de touristes étrangers a été de 1,15 million, soit 964,800 voyageurs entrant par 19 points d’entrée principaux et 193,700 arrivant en dehors de ces points d’entrée. Les aéroports de Jakarta (1,70%) et de l’île de Batam (4,89%) sont les principaux points d’entrée qui ont vu le nombre de passagers diminuer en plus de l’aéroport Ngurah Rai à Bali.
Source: Antara News.
Personne ne sait comment se comportera le Mont Agung dans les jours et les semaines à venir. L’activité sismique reste élevée et montre que le magma est en mouvement sous le volcan. Si une éruption se produit, elle pourrait être une répétition de l’événement de 1963, mais personne ne le sait avec certitude.
On peut voir ci-dessous un exemple de la sismicité actuelle sur le Mont Agung.

Dernière minute : l’Indonésie vient de demander aux pays qui ont conseillé à leurs citoyens de ne pas voyager à Bali à cause de l’activité de l’Agung d’annuler ces mises en garde. L’autorité en charge de la gestion des catastrophes en Indonésie (BNPB) a déclaré le 5 décembre 2017 que l’on peut visiter Bali en toute sécurité, bien que de nouvelles éruptions de l’Agung restent possibles et imprévisibles. Selon des autorités indonésiennes, le plus important est que les touristes ne pénètrent pas à l’intérieur de la zone de sécurité de 10 km de rayon autour du volcan.
Source : Channel News Asia

——————————————

Indonesian authorities say that tourism will suffer losses worth around 9 trillion (1012) rupees in foreign exchange following the eruption of Mount Agung in Bali since the end of November. The estimate is based on the calculation of 250 billion rupees in foreign exchange per day, earned from 15,000 tourists visiting Bali. Hence, for about 36 days since the eruption occurred, multiplied by 250 billion rupees, the figure reaches a loss of about 9 trillion rupees in foreign exchange.
Due to the natural disaster, the target of 15 million foreign tourist visits will certainly also not be achieved this year. Until last September, the government was still optimistic of achieving the target. However, since Mount Agung erupted, the government has estimated a reduction of some 1 million foreign tourist arrivals. By only achieving 14 million foreign tourist visits, Indonesia will reach 93 percent of the total target. In order to meet the target, the government continues to conduct massive campaigns in the Riau Islands, which have become one of the main entry gates for foreign tourists to Indonesia after Jakarta and Bali.
The Central Bureau of Statistics has recorded a decline of 4.54 percent in the number of foreign tourists visiting Indonesia in October 2017, one of the main impacts of Mount Agung`s eruption. The decline in the number of foreign tourists entering through the international airport in Bali was recorded at 15.99 percent.

 In October 2017, the number of foreign tourist arrivals was recorded at 1.15 million comprising 964.8 thousand foreign travellers entering through 19 main gates and as many as 193.7 thousand arrivals from outside the main entry points. Some of the main entry points that witnessed a decline in the number of passengers in addition to the Ngurah Rai Airport is the Soekarno-Hatta Airport, at 1.70 percent, and Batam, at 4.89 percent.

Source: Antara News.

Nobody knows how Mt Agung will behave in the next days and weeks. Seismic activity remains high and shows that magma is moving beneath the volcano. Should an eruption occur, it might be a repeat of the 1963 event, but nobody knows for sure.

Here is an example of the current seismicity on Mt Agung:

Source: VSI

Latest news : Indonesia has urged countries warning its citizens not to travel to Bali due to Mount Agung’s volcanic activity to rescind their travel advisories. Indonesia’s National Disaster Management Authority (BNPB) on December 5th 2017 said that Bali is still safe to visit, even though further eruptions in Mount Agung remain unpredictable. According to Indonesian authorities, what is important is for tourists not to be inside the 10km radius within the danger zone.

Source: Channel News Asia.

Eruption de l’Agung (Bali (Indonésie)

Plusieurs notes sont à lire en ce moment sur mon blog à propos de l’éruption de l’Agung (Bali / Indonésie) :

Mt Agung : Vers une répétition de l’éruption de 1963 ?

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/11/30/mt-agung-vers-une-repetition-de-leruption-de-1963-toward-a-repeat-of-the-1963-eruption/

Humeur volcanique !

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/11/30/humeur-volcanique/

Dernières nouvelles du Mt Agung :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/12/01/dernieres-nouvelles-du-mt-agung-bali-indonesie-mt-agung-bali-indonesia-latest-news/

Bali : Des volcans et des dieux :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/12/02/bali-des-volcans-et-des-dieux-bali-volcanoes-and-gods/

Webcam VSI

Bali: Des volcans et des dieux // Bali: Volcanoes and gods

Avec le niveau d’alerte à son maximum et une zone d’évacuation de 10 km autour du cratère, quelque 150 000 personnes sont actuellement affectées par l’éruption du Mont Agung.
Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, de nombreux habitants sur les pentes du volcan refusent de quitter leurs fermes. Ils disent généralement qu’ils se sentent en sécurité, mais surtout qu’ils veulent rester proches de leurs terres et de leur bétail, de peur qu’ils ne soient volés pendant qu’ils seront dans les camps.
Il y a une autre raison pour laquelle ils restent. Ils sont bien conscients du danger, mais le Mt Agung symbolise aussi l’élévation spirituelle et la puissance divine. Le volcan est l’incarnation d’un dieu et ses grondements sont le signe du mécontentement divin. Alors que les Balinais sont essentiellement hindous, leurs relations spirituelles les plus intimes sont avec leurs ancêtres et une foule d’autres êtres invisibles liés au paysage et aux forces de la nature.

Le volcan et le dieu qu’il incarne figurent dans la plupart des histoires sur les origines de la culture balinaise, de la religion et de l’ordre politique. Bien que peu de gens se souviennent de la dernière éruption du Mont Agung, il y a des histoires et des traces physiques sous forme de champs fertilisés par la lave qui donné naissance à quelques-unes des rizières les plus productives au monde.
Gunung Agung signifie « grande montagne ». C’est le plus haut sommet d’une chaîne de volcans qui traverse l’île de Bali et se prolonge vers Java à l’ouest et Lombok à l’est. Des milliers de personnes vivent sur les pentes de l’Agung, des dizaines de milliers d’autres au pied du volcan et des centaines de milliers dans la zone recouverte par des coulées de lave et des chutes de cendre dans le passé.
Le bilan officiel de l’éruption de 1963 est d’environ 1500 morts, mais la réalité s’approche davantage de 2000. La plupart ont été tués par des coulées pyroclastiques qui ont enseveli des vallées entières et des villages. Certaines personnes ont fui mais d’autres ont vu dans l’éruption la volonté des dieux ; elles sont restées et ont prié pendant que la lave avançait. Certaines ont survécu, la plupart ont péri.
Il existe un livre peu connu d’Anna Mathew, intitulé La Nuit de Purnama, dans lequel la dernière éruption est observée et décrite depuis un village sur les hautes pentes du volcan. L’auteur raconte une série d’événements étrangement semblables à ce qui se passe aujourd’hui, et qui a culminé avec de puissantes éruptions et des conséquences catastrophiques. Les retombées de cendre ont détruit les cultures dans la moitié est de l’île. Il s’en est suivi une période de famine. Les gens mangeaient les troncs de bananiers pour survivre et les jeunes hommes ont parcouru les routes à la recherche de travail et de nourriture.

Ce n’était pas le grand bonheur en Indonésie en 1963. Après 16 années d’indépendance, le pays connaissait de graves problèmes économiques et une instabilité politique. Sukarno, le premier président, était menacé par la force grandissante du puissant parti communiste. L’année précédente, les rats avait décimé la récolte de riz, preuve que les dieux étaient offensés et que de nouveaux désastres allaient se produire. Les chefs religieux et les universitaires se sont réunis afin de savoir si le moment était propice pour organiser l’Eka Dasa Rudra, le plus grand rituel de purification et de rétablissement de l’ordre. Le président Sukarno avait décidé de promouvoir le tourisme, en s’appuyant sur la culture religieuse et artistique de Bali. Il avait invité la Pacific Asia Travel Association à tenir son congrès à Bali et l’avait fait coïncider avec l’Eka Dasa Rudra.
La cérémonie devait avoir lieu à Besakih, le temple le plus célèbre de l’île de Bali, perché sur le versant sud du Mont Agung. Pendant les préparatifs de la cérémonie, le volcan s’est manifesté comme il le fait aujourd’hui. L’éruption précédente avait eu lieu 120 ans auparavant et il n’y avait donc personne pour s’en souvenir. Les autorités religieuses balinaises ont interprété le comportement du volcan comme un avertissement des dieux. Elles ont demandé le report de la cérémonie mais n’ont pas été écoutées.
La cérémonie a commencé au milieu de la fumée et de la cendre. Peu à peu, l’éruption proprement dite a débuté, avec des projections de blocs incandescents et des coulées de lave sur les pentes du volcan. Le temple de Besakih a survécu, mais le portail édifié pour honorer Sukarno a été la première victime du mécontentement des dieux. Le bilan catastrophique a été considéré comme un désaveu des dieux à l’égard de Sukarno. Il a été déposé deux années plus tard.
Depuis 1963, la population et sa densité en Indonésie ont plus que doublé. Encore plus de gens vivent sur les pentes du Mont Agung. En revanche, la population dépend moins des cultures locales pour ses besoins en nourriture. Les routes d’évacuation en cas d’éruption se sont également améliorées énormément, ce qui devrait réduire l’impact immédiat sur la vie et la santé.
Si l’éruption de 2017 continue à suivre l’évolution de celle de 1963, les conséquences pour le tourisme, l’agriculture et la vie en général seront probablement plus grandes que celles des attaques terroristes de 2002 et 2005. La plupart des Balinais affirmeront que c’est la volonté des dieux, mais il y aura aussi différentes interprétations des causes du courroux divin, telles que des violations de la montagne sacrée par les touristes et l’exploitation du sable, avec des réflexions plus larges sur l’évolution de l’économie et ses conséquences sociales et environnementales. Pourtant, le remède sera la même qu’après les attentats de 2002 et 2005: il reposera sur un rituel, plus grand et plus efficace que jamais, qui s’attaquera aux causes surnaturelles tout en attirant les touristes.
Si la grosse éruption prévue actuellement ne se produit pas, les nuages ​​de cendre se disperseront, les avions décolleront à nouveau et tout le monde retrouvera ses habitudes. Tout sera oublié, nuages de cendre et évacuations, jusqu’à la prochaine fois….
Source: Adapté de plusieurs articles parus dans la presse indonésienne.

——————————————–

With the alert level at its highest and a 10km evacuation zone around the crater, 150,000 people are effected by the current eruption of Mt Agung.

As I put it in previous posts, many residents on the slopes of the volcano refuse to leave their farms. They usually say they feel safe, but above all they want to stay close to their lands and cattle, for fear they might be robbed while they are in the camps.

There is another reason why they are staying. While they are well aware of the physical danger, for them, Mt Agung represents spiritual elevation and power. It embodies a god and its rumbles are a sign of the god’s displeasure. While Balinese are nominally Hindu, their most immediate spiritual relationships are with their ancestors and a host of other invisible beings related to the landscape and forces of nature.

The volcano and the god it embodies feature in most stories about the origins of Balinese culture, religion and political order. While not many people remember Mt Agung’s last eruption, there are stories and physical traces in the form of fields fertilised by lava that have maintained some of the most productive rice fields in the world.

Gunung Agung means “great mountain”. It is the tallest of a cluster of volcanoes across the island, part of a much longer chain that extends through Java to the west and Lombok to the east. Thousands of people live on its slopes, tens of thousands around the foot of the volcano and hundreds of thousands within the zone of previous lava flows and ash falls.

The official death toll of the1963 eruption was around 1500, but the reality was more like 2000. Most were killed by pyroclastic flows, which buried whole valleys and villages. Some people fled but others saw the eruption as the work of the gods and stayed and prayed as the lava advanced. Some survived, most did not.

There is a little-known book by Anna Mathew, entitled The Night of Purnama, in which the last eruption is observed and written from a village high on the slopes. It tells of a build-up eerily similar to what is happening now, culminating in a series of massive eruptions with a catastrophic aftermath. The falling ash destroyed crops across the eastern half of the island. Widespread hunger followed. People ate the trunks of banana trees to survive and young men took to the roads in search of work and food.

Indonesia in 1963 was not a happy place. After 16 years of independence, it had serious economic problems and growing political instability. Sukarno, the first president, was threatened by the growing strength of a huge communist party.The previous year, a plague of rats had decimated the rice crop, proving that the gods were offended and more disasters would follow. Religious leaders and scholars debated whether the time had come for the Eka Dasa Rudra, the greatest ritual of purification and re-establishment of order. Sukarno decided to promote tourism, with the religious and artistic culture of Bali as its centrepiece. He invited the Pacific Asia Travel Association to hold their convention in Bali and timed it to coincide with the Eka Dasa Rudra.

The ceremony is held at Besakih, a major temple of the island of Bali, perched high on the southern slope of Mt Agung. During the preparations, the mountain began doing what it is doing now. The previous eruption had been 120 years earlier, so there were no living memories to go by. Balinese leaders interpreted this as a warning from the gods that something was wrong. They called for postponement, but were overruled.

The ceremony began amid smoke and falling ash. As it proceeded, the real eruption began, blasting molten rock high into the air and pouring lava down its sides. Besakih survived, but the ceremonial gateway built to honour Sukarno was the first casualty of the gods’ displeasure. The catastrophic outcome and aftermath were seen as clear evidence of Sukarno’s loss of favour with the gods. He was deposed two years later.

Since 1963, population and density in Indonesia have more than doubled. More people live on the slopes of Mt Agung. On the other hand, most people are less dependent on local subsistence crops. Escape roads have also improved enormously, which should reduce the immediate impact on life and health.

If this eruption continues to follow the pattern of 1963, the consequences for tourism, agriculture and livelihoods in general are likely to be greater than those of the terrorist bombs in 2002 and 2005. Most Balinese will agree that it is the doing of the gods, but there will be different interpretations of their reasons, ranging from violations of the sacred mountain by tourists and sand mining, to broader reflections on the direction of development and its social and environmental consequences. But the solution will be the same as after the bombs:  ritual, bigger and better than ever, which will address the supernatural causes and attract the tourists back at the same time.

If the big eruption doesn’t happen, the ash clouds will drift away, the planes will fly again, everyone will return to business as usual. It will all be forgotten, along with the evacuees, until next time.

Source: Adapted from several articles in the Indonesian press.

 Rizière sur les pentes de l’Agung (Photo : C. Grandpey)

L’Agung le 29 novembre 2017 // Mt Agung on November 29th 2017

L’aéroport de Denpasar à Bali a rouvert mercredi après que le Mont Agung ait contraint à sa fermeture il y a deux jours. Le Président indonésien a toutefois déclaré que le danger n’était pas passé et a demandé à toutes les personnes qui s’y trouvent encore de quitter la zone d’exclusion autour du volcan. Les panaches de cendre qui atteignent jusqu’à 7600 mètres d’altitude ont commencé à se diriger vers le sud et le sud-est du Mont Agung, ce qui a laissé un espace propre au-dessus de l’aéroport pour que les avions atterrissent et décollent.
L’aéroport avait fermé lundi, ce qui a causé des problèmes à des dizaines de milliers de personnes. Malgré cette réouverture, il est peu probable que les vols reviennent rapidement à la normale et un changement de direction des nuages cendre ou une nouvelle éruption plus puissante pourraient entraîner une nouvelle fermeture de l’aéroport.
Les autorités ont demandé à 100 000 personnes de quitter une zone s’étendant jusqu’à 10 kilomètres du volcan. Près de 40 000 personnes séjournent dans 225 centres d’hébergement. Cependant, des dizaines de milliers d’autres sont restés chez elles parce qu’elles se sentent en sécurité ou ne veulent pas abandonner leur terre et leur bétail. Dans le village de Tulamben, à l’intérieur de la zone d’exclusion, les agriculteurs labouraient leurs champs avec du bétail mercredi, apparemment sans se préoccuper de la montagne qui fumait derrière eux. Dans le village de Sukadana, à environ 8 kilomètres du cratère, quelques habitants encore présents ont dit que les lahars (coulées de boue volcanique) avaient traversé la zone pendant quelques jours avant de se solidifier.
Certains touristes bloqués ont réussi à quitter l’île avant la réouverture de l’aéroport, mais ils ont dû faire face à un voyage difficile impliquant des routes encombrées, des bus, des ferries et parfois des attentes dans un autre aéroport de Surabaya sur l’île de Java.
Source: The Jakarta Globe.

En ce qui concerne l’activité volcanique, on observe de temps en temps une forte augmentation du signal sismique qui semble réapparaître toutes les quelques heures. C’est comme si la pression s’accumulait sous le volcan avant de se libérer soudainement. Il faudra voir avec quelle fréquence ce genre de situation se produit à l’avenir. Plus la pression s’évacue, plus la probabilité d’un événement majeur s’amoindrit… Peut-être…. Personne ne sait!

En cliquant sur ce lien, vous verrez les concentrations de SO2 dans le nuage éruptif du Mt Agung:

https://www.nnvl.noaa.gov/MediaDetail2.php?MediaID=2154&MediaTypeID=1

————————————–

Denpasar Airport in Bali reopened Wednesday after Mt Agung forced its closure two days ago, but the country’s president said the danger had not passed and urged anyone within the mountain’s exclusion zone to get out for the sake of their safety. The ash plumes that reached up to 7,600 metres in the air began drifting south and southeast of Mount Agung, leaving clean space above the airport for planes to land and take off.

The airport had closed Monday, disrupting travel for tens of thousands of people. Despite the all-clear from authorities, flights are unlikely to rapidly return to normal levels and a change in the direction of the ash or a new more powerful eruption could force the airport’s closure again.

Authorities have told 100,000 people to leave an area extending up to 10 kilometres in places from the volcano. Nearly 40,000 people are now staying in 225 shelters. However, tens of thousands more have remained in their homes because they feel safe or don’t want to abandon their land and livestock. In the village of Tulamben inside the exclusion zone, farmers were plowing their fields with cattle Wednesday, seemingly unbothered by the smoking mountain behind them. In Sukadana village, about 8 kilometres from the crater, a few remaining residents said lahars had passed through the area for a couple of days before solidifying.

Some stranded tourists managed to get off the island before the airport reopened, but they faced an arduous journey involving crowded roads, buses, ferries and sometimes overnight waits in yet another airport in Surabaya on the island of Java.

Source : The Jakarta Globe.

As far as volcanic activity is concerned, one can see from time to time a strong increase of the seismic signal which seems to reappear every few hours. It is as if pressure is accumulating and then released suddenly. Let’s see how often this kind of situation occurs in the future. The more pressure is released, the lower the probability of a major event. Maybe. Nobody knows!

By clicking on this link, you will see SO2 concentrations in Mt Agung’s eruptive plume:

https://www.nnvl.noaa.gov/MediaDetail2.php?MediaID=2154&MediaTypeID=1

L’éruption de l’Agung: un coup dur pour l’économie indonésienne // The eruption of Mt Agung : a serious hit on the Indonesian economy

L’éruption du Mont Agung risque d’affecter sérieusement l’économie de Bali, largement basée sur le tourisme. L’île a accueilli près de 5 millions de visiteurs étrangers l’année dernière.
Les éruptions de ces derniers jours avec les panaches de cendre vomis par le volcan ont provoqué la fermeture de l’aéroport international de Bali et bloqué plus de 50 000 voyageurs. La situation est un sale coup pour toutes les entreprises, que ce soit les compagnies aériennes ou les vendeurs de rue. .
Les autorités locales estiment que jusqu’à 15 000 touristes ont déjà annulé leurs vacances à Bali en raison des perturbations causées par le volcan au cours des trois derniers jours.
Chaque jour, la fermeture de l’aéroport international de Bali coûte à l’économie locale environ 18 millions de dollars. Chaque année, l’économie balinaise connaît traditionnellement un grand succès par pendant la période des vacances de Noël et du Nouvel An. En 2017, les touristes pourraient bien revoir leurs projets de voyage.
Le tourisme à Bali a déjà souffert dans le passé. Il a considérablement diminué après les attentats terroristes meurtriers de 2002 et 2005.
L’éruption actuelle du Mont Agung pourrait nuire à l’objectif du gouvernement indonésien d’attirer 20 millions de touristes par an d’ici 2019, en sachant que Bali représente plus de 40% des arrivées de touristes dans le pays.
L’Indonésie a essayé de développer des destinations touristiques alternatives comme Labuan Bajo. Mais ces destinations pourraient également être affectés par les nuages ​​de cendre du Mont Agung et par une fermeture prolongée de l’aéroport international de Denpasar qui est une plaque tournante pour d’autres parties du pays.
La crise affecte déjà les profits des compagnies aériennes dans la région. Garuda, la compagnie nationale, est la plus exposée. Elle représente à elle seule une part de trafic de 30% à Denpasar et perd 300 000 dollars pendant chaque journée de fermeture. Les actions de la compagnie ont chuté de 1,8% le 28 novembre. Les perturbations causées par l’éruption coûtent environ 250 000 dollars par jour à AirAsia, la compagnie aérienne à bas coût basée à Kuala Lumpur. Le pire serait si le Mont Agung continuait à vomir de la cendre par intermittence pendant plusieurs mois. Cela entraînerait des fermetures répétées de l’aéroport et un nombre important d’annulations de vols.
Cependant, le chaos causé par le volcan n’aura pas forcément de conséquences majeures pour l’économie indonésienne dans son ensemble. Bali ne représente que 1,5% du produit intérieur brut du pays. Pourtant, le président indonésien souhaiterait que le tourisme représente 8% de l’économie indonésienne d’ici la fin de 2019, contre 4% l’année dernière.
Source: Presse indonésienne.

——————————————

The current eruption of Mt Agung is likely to seriously affect Bali’s economy which is largely based on tourism. The island welcomed almost 5 million foreign visitors last year.

The last eruptions have prompted the closure of Bali’s main airport, leaving more than 50,000 travellers stranded. The disruption is hurting businesses ranging from international airlines to street vendors.  .

Local authorities estimate that as many as 15,000 tourists have already cancelled their vacations to Bali as a result of the disruption caused by the volcano over the past three days.

Every day, the closure of Bali’s international airport costs the local economy about $18 million. The island’s economy is expected to take a major hit over the traditionally busy Christmas and New Year period as tourists may rethink their travel plans.

Tourism in Bali has suffered in the past. It declined significantly after the deadly terrorist attacks in 2002 and 2005.

The current eruption of Mt Agung could hamper the Indonesian government’s goal of attracting 20 million tourists annually by 2019 as Bali makes up more than 40% of all tourist arrivals into the country.

Indonesia has been trying to cultivate alternative tourist destinations like nearby Labuan Bajo. But these could also be affected by Mount Agung’s ash clouds and by a prolonged closure of Bali’s main airport which is a hub for other parts of the country.

The crisis is already eating into the profits of airlines across the region. Indonesia’s flag carrier Garuda is the most heavily exposed. Garuda has a 30% share of traffic at Bali’s main airport and stands to lose $300,000 for each day that it is closed. The company’s shares sank 1.8% on Tuesday. The disruption is costing AirAsia, the Kuala Lumpur-based budget airline, around $250,000 per day. The worst outcome would be if Mount Agung continued to spew ash intermittently for many months. That would result in repeated closures of the airport and significant numbers of flight cancellations.

However, the chaos caused by the volcano may not have any major implications for the Indonesian economy as a whole. Bali only accounts for 1.5% of the country’s total gross domestic product. Still, the Indonesian President would like tourism to account for 8% of the Indonesian economy by the end of 2019, up from 4% last year.

Source : Indonesian press.

Le temple de Besakih, un haut lieu du tourisme balinais se trouve dans la zone menacée par l’éruption de l’Agung (Photo: C. Grandpey)