Baleines boréales et changement climatique // Bowhead whales and climate change

Les dernières observations montrent que les baleines boréales profitent pleinement des eaux arctiques libérées de leur glace par le réchauffement climatique. Ce bien-être des baleines contraste avec le sort d’autres espèces arctiques menacées, comme les ours polaires.  La température a augmenté plus vite dans l’Arctique qu’ailleurs sur la planète ; cela a donné naissance à des eaux dépourvues de glace et propices au développement du krill et d’autres crustacés dont se nourrissent les baleines boréales. Les observations sur le terrain montrent que les baleines sont aussi plus grosses qu’il y a une trentaine d’années, avec des estomacs bien pleins à l’automne et peu de maladies.
Dans les années 1980, pendant une décennie où la glace de mer était épaisse, les baleines boréales migraient généralement au-delà des côtes septentrionales de l’Alaska en septembre et en octobre après avoir quitté les eaux canadiennes. Aujourd’hui, la migration commence en août et se poursuit jusqu’à la fin du mois de novembre.
Les baleines boréales de l’Alaska, autrefois décimées par la chasse commerciale qui a pris fin il y a environ un siècle, atteignaient 17 000 individus lors du dernier dénombrement en 2011.
Avec moins de glace, davantage de soleil pénètre dans l’eau, et les rafales de vent plus fréquentes agitent l’océan, créant des conditions favorables à la prolifération de la nourriture de la baleine boréale. Les tempêtes qui balayent les eaux dépourvues de glace, une menace grandissante pour de nombreux villages de l’Alaska autrefois protégés par la glace de mer côtière, favorisent les accumulations d’éléments nutritifs. En 2016 et 2017, les observateurs ont vu d’impressionnants groupes de baleines se nourrir à l’embouchure des rivières de l’Alaska en été. Pendant quatre jours en août 2016, ils ont observé un troupeau de 600 baleines boréales venues se nourrir près de l’embouchure de la rivière Colville, ce qui dépasse de plusieurs fois les recensements antérieurs.
Il convient également de noter le grand nombre de baleineaux observé ces dernières années, en particulier en 2017, année où ils représentaient 12 pour cent du nombre total de baleines recensées.
Depuis la fin des années 1970, les observations satellitaires ont permis d’estimer à environ 10% la perte de glace de mer par décennie. Dans le même temps, le nombre de baleines boréales a augmenté de 3,7% par an jusqu’en 2011. Cette tendance significative à la hausse est peut-être due, au cours des dernières années, au nombre élevé de baleineaux. Le prochain comptage n’aura pas lieu avant 2021.
Le changement climatique a compliqué la vie des baleiniers et des chasseurs dont le mode de vie dépend des cétacés. Ils s’inquiètent de l’évolution des schémas de migration et des risques que comportent les déplacements sur de la glace moins épaisse.
Comment les choses vont-elles évoluer alors que la glace de mer continue de fondre? La population de cétacés de grandira pas éternellement. Leur croissance en taille semble s’être stabilisée ces dernières années, bien que l’analyse de ces données ne soit pas exhaustive.

De probables menaces dans les années à venir, avec l’augmentation du trafic maritime dans l’Arctique, de nouvelles maladies ou d’autres facteurs inattendus pourraient rapidement bouleverser la situation confortable des baleines boréales.
Source: Anchorage Daily News.

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Bowhead whales in Alaska’s Arctic waters appear to be thriving even as sea ice shrinks under the effect of climate change. This comes as a counterpoint to concerns that have prompted federal threatened status for some other northern animals such as polar bears.

Temperatures in the Arctic have risen faster than anywhere else in the world, creating more open water that is apparently improving conditions for the krill and other crustaceans the bowheads eat. Records show the whales are also fatter than they were about 30 years ago, with full stomachs in fall and low disease rates.

In the 1980s, a decade of heavy sea ice, bowheads generally migrated past Alaska’s northern coasts in September and October after leaving Canadian waters. Now, the migration starts in August and continues until the last few whales travel past in late November.

Alaska’s bowheads, once decimated by commercial whaling that ended about a century ago, reached 17,000 during the last population count in 2011.

With less ice, more sunlight is entering the water, and more wind is mixing up the ocean, creating conditions that appear to be boosting the bowhead’s food supply. Storms sweeping across open water, a growing threat for many Alaska villages once protected by coastal sea ice, may be helping swirl nutrients. Observers in 2016 and 2017 have seen huge groups of whales feeding off the mouths of Alaska rivers in summer. For four days in August 2016, surveyors detected a massive group of 600 bowheads feeding near the mouth of the Colville River, which is many times larger than any previous count.

Also noteworthy are the large number of calves spotted in some recent years, including an extremely high amount in 2017 when calves made up 12 percent of the overall number of whales detected.

Since the late 1970s, satellite records tracked sea-ice loss at about 10 percent a decade. Meantime, bowhead abundance grew at a 3.7 percent annual clip through 2011. That abundance trend may have risen in recent years, based on the strong calf-production rates and other data. The next population count doesn’t occur until 2021.

Climate change has complicated life for subsistence whalers and hunters, who worry about animals’ changing migration patterns and the deadly risks of travelling on thinner ice.

How things will play out as sea ice continues to melt is anyone’s guess. The population won’t keep rising forever. And the growth in girth may have levelled off in recent years, though a full analysis of that data is not complete.

Future threats from increased Arctic ship traffic, newly introduced diseases or other unexpected factors could suddenly alter the picture.

Source : Anchorage Daily News.

Vue éphémère d’une baleine boréale au large de Juneau (Alaska) [Photo : C. Grandpey]

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Une réflexion au sujet de « Baleines boréales et changement climatique // Bowhead whales and climate change »

  1. Bonjour Claude.
    Au moins (et pour l’instant) le réchauffement sert une partie de la faune.
    J’ai eu la chance de voir la remontée des baleines à bosses le long de Moreton Island (Australie) ainsi que le saut des baleines dans le canal des Saintes, et j’espère que cette embellie permettra à mes petits fils d’assister à ce spectacle fabuleux.

    Frédox

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