Poás (Costa Rica): Le Parc National reste fermé // The National Park remains closed

Pas de chance pour ceux qui ont profité des vacances de Pâques pour visiter le Costa Rica: En raison de l’activité persistante, le Parc National du Poás restera fermé au public jusqu’à nouvel ordre. Le personnel doit évaluer les dégâts causés aux infrastructures et s’assurer que les visiteurs seront en sécurité visiteurs avant de rouvrir le Parc.
Le volcan a continué à montrer une forte activité le dimanche 16 avril. De petites éruptions phréatiques sont signalées toutes les heures, mais les plus fortes ont eu lieu à 13h46 et à 14h55 (heure locale). La deuxième explosion a de nouveau expulsé de gros blocs. L’un d’eux, de 2 mètres de diamètre, est tombé à seulement 30 mètres de l’un des sentiers utilisés par les touristes et a brisé un tuyau d’eau dans le Parc National. Les ouvriers qui ont effectué la réparation portaient des équipements de protection. Malgré cela, ils se sont plaints d’irritation des yeux et de la gorge en raison des émissions de gaz du cratère.
Le tourisme dans la région proche du volcan souffre des conséquences de l’éruption, d’autant plus qu’elle s’est produite pendant une période de forte affluence.
Source: The Costa Rica Star.

Vidéo de l’éruption du 16 avril 2017 à 13h46:

https://www.facebook.com/RSN.CR/?hc_ref=NEWSFEED&fref=nf

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Hard luck for those who took advantage of the Easter holidays to visit Cost Rica : Due to the continuous activity, the Poás National Park will remain closed to the public until further notice. Staff at the park still needs to evaluate the damage to the infrastructure and consider the security of the visitors before it reopens.

The volcano continued with high activity this Sunday, small phreatic eruptions are reported every hour, but the biggest eruptions took place at 1:46 p.m. and a larger one at 1:55 p.m. (local time). The second blast once again expelled large rocks. One of them, 2 metres in diameter, fell just 30 meters from one of the trails used by tourists, and broke a water-pipe in the National Park. The damage was repaired and even though the workers went in with protective gear they still suffered irritation of their eyes and throat due to the effect of the gas emissions from the crater.

The tourism industry in the area close to the volcano is suffering from the consequences of the eruption, especially since it occurred during a time of high visitation.

Source: The Costa Rica Star.

Video of the eruption of April 16th 2017 at 13:46: https://www.facebook.com/RSN.CR/?hc_ref=NEWSFEED&fref=nf

Source: RSN Costa Rica.

Des nouvelles inquiétantes du Groenland // Disturbing news of Greenland

Selon une nouvelle étude, le plus grand glacier du Groenland, le Jakobshavn également connu sous le nom d’Ilulissat ou Sermeq Kujalleq, est plus exposé à la perte de glace qu’on le pensait jusqu’à présent. Le glacier, qui vient vêler dans le fjord d’Ilulissat, est l’un des points de sortie de la grande calotte de glace du Groenland, qui contient elle-même suffisamment de glace pour élever le niveau des mers de plus de 6 mètres. De toute cette glace, plus de 6 pour cent s’écoule vers l’océan par l’intermédiaire du Jakobshavn, qui recule vers l’intérieur des terres depuis les années 1990. Le glacier déverse de plus en plus d’icebergs, un changement très probablement lié à la hausse de la température de l’océan. Si toute la glace de cette région du Groenland devait fondre, elle ferait monter le niveau de la mer sur la planète de près de 60 centimètres. Entre 2000 et 2011, le Jakobshavn à lui seul a provoqué une hausse de 1 millimètre.
Jusqu’à présent, les chercheurs n’étaient pas certains de l’étendue du Jakobshavn sous la mer, ni de son épaisseur à l’intérieur des terres. Une étude récente a révélé que le glacier a près de 1100 mètres d’épaisseur au point où il entre réellement dans l’océan. Cependant, à une dizaine de kilomètres vers l’intérieur du Groenland, le glacier s’épaissit considérablement et plonge carrément au-dessous du niveau de la mer pour atteindre plus de 1600 mètres d’épaisseur, avec la majeure partie de cette masse sous le niveau de la mer. Sur toute cette zone, la glace devient de plus en plus profonde et plus épaisse, ce qui favorise un recul plus rapide du glacier qui est estimé actuellement à environ 500 mètres par an.
L’épaisseur du Jakobshavn doit être prise en compte pour au moins deux raisons. Au fur et à mesure de son recul, le glacier offre un front de glace plus épais à l’océan plus chaud, ce qui entraîne son accélération et une perte de glace plus importante. Dans le même temps, l’épaisseur sous-marine du glacier favorise l’accélération de la perte de glace ; en effet, avec les pressions extrêmes subies par la glace, son point de congélation se modifie et la rend plus susceptible de fondre dans une eau de mer relativement chaude dans la partie la plus profonde du fjord.
Quelques calculs simples permettent de montrer pourquoi l’accélération du recul du glacier Jakobshavn deviendrait vite un réel problème. Selon la NASA, le Groenland est le plus grand contributeur mondial à l’élévation du niveau de la mer, avec chaque année 281 milliards de tonnes de glace déversées dans l’océan, ce qui est suffisant pour provoquer 1 millimètre d’élévation du niveau de la mer chaque année. Cela suppose la prise en compte de tous les glaciers du Groenland et de la fonte générale de la surface de glace qui entre dans l’océan, mais le Jakobshavn est celui qui perd le plus de glace. La contribution estimée d’un millimètre de l’élévation du niveau de la mer sur 11 ans équivaut à une perte d’environ 32 milliards de tonnes de glace par an. Cependant, la nouvelle étude indique que la perte de glace du Jakobshavn pourrait augmenter de 50% lorsqu’il atteindra son point le plus profond. Cela le mettrait à égalité avec les plus grands glaciers de l’Antarctique – Pine Island et Thwaites – et le Groenland contribuerait alors à lui seul à plus d’un millimètre par an de hausse des océans. Cela ne ferait qu’augmenter leur niveau global qui est également conditionné par l’Antarctique, les plus petits glaciers terrestres et les océans qui se dilatent à mesure qu’ils se réchauffent.
Source: The Washington Post & Alaska Dispatch News.

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According to a new study, the largest glacier in Greenland is even more vulnerable to sustained ice losses than previously thought. Jakobshavn glacier, responsible for feeding flotillas of icebergs into the Ilulissat icefjord, is an enormous outlet for the larger Greenland ice sheet, which itself contains enough ice to raise seas by more 6 metres. Of that ice, more than 6 percent flows toward the ocean through Jakobshavn, which has raced inland since the 1990s, pouring ever more of its mass into the seas, a change that scientists believe has been caused by warming ocean temperatures. If all of the ice that flows through this region were to melt, it would raise global sea levels by nearly 60 centimetres. Just from 2000 to 2011, the ice loss through Jakobshavn alone caused the global sea level to rise by a millimetre.

Until now, researchers were not sure how far Jakobshavn’s ice extended below sea level, or how much deeper it gets further inland. A recent study found that Jakobshavn is close to 1100 metres thick where it currently touches the ocean. However, only about 8 to 16 km inland towards the centre of Greenland, the glacier grows considerably thicker and plunges deeper below sea level, eventually becoming over 1600 metres thick, with the major part of that mass extending below the sea surface. Moreover, the glacier is deep over a vast area. Along most of that distance, the ice will get steadily deeper and thicker, favoring faster retreat. The glacier front is currently moving backwards at about 500 metres per year.

The greater depth of Jakobshavn matters for at least two reasons. As it retreats, Jakobshavn will present a thicker ice front to the warm ocean, leading to even greater ice flow and loss. Meanwhile, the depth itself favours increased ice loss because at the extreme pressures involved, the freezing point of ice itself actually changes, making it more susceptible to melting by relatively warm seawater in the deepest part of the fjord.

A few simple calculations help underscore why a further retreat – and accompanying thickening – of Jakobshavn glacier could be such a problem. Greenland is the world’s largest contributor to sea level rise – according to NASA, it is contributing 281 billion tons of ice to the ocean every year, nearly enough to cause 1 millimetre of sea level rise annually. That’s from all of the various Greenland glaciers and from general melting of the ice sheet that then runs off into the ocean, but Jakobshavn is the single biggest ice loser. Its estimated contribution of a millimetre of sea level rise over 11 years equates to a loss of about 32 billion tons of ice per year, but the new study says the glacier’s loss could increase by 50 percent as it reaches its deepest point. That would put Jakobshavn on par with the biggest ice losers in Antarctica – the enormous Pine Island and Thwaites glaciers – and would help push Greenland to the point where it is contributing over a millimetre per year to rising seas all on its own, further increasing the rate of global sea level rise which is also driven by Antarctica, smaller glaciers worldwide, and oceans that expand as they warm.

Source: The Washington Post & Alaska Dispatch News.

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En cliquant sue ce lien, vous verrez une vidéo exceptionnelle montrant un vêlage extrêmement spectaculaire du glacier Jakobshavn. C’est le plus important vêlage jamais filmé. La hauteur de glace est estimée à 900 mètres, dont une centaine de mètres émergés. L’événement a duré environ 75 minutes. La vidéo est extraite du superbe documentaire « Chasing Ice » réalisé par James Balog que j’ai eu l’occasion de rencontrer il y a quelques mois et que je salue ici.

https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

Photos: C. Grandpey

 

Poás et Turrialba (Costa Rica): Dernières nouvelles // Latest news

L’OVSICORI a enregistré une nouvelle éruption du Poás à 8h10 le 15 avril 2017. Elle a duré 10 minutes, mais la hauteur de la colonne éruptive n’a pu être indiquée en raison des mauvaises conditions de visibilité.
Les premiers événements explosifs (voir mes notes précédentes) ont été les plus importants observés depuis 1953-1955. Des blocs avec jusqu’à 30 centimètres de diamètre ont été expulsées par le volcan ; ils ont atteint les infrastructures du Parc National qui a été fermé aux visiteurs. Le volcan est resté actif tout au long de la journée du 14 avril, avec de petites éruptions toutes les 30 à 40 minutes. L’activité sismique reste intense, même si elle est inférieure aux jours précédents.
Pendant ce temps, le Turrialba est resté relativement calme, avec une colonne de gaz s’élevant à environ 300 mètres au-dessus du cratère actif, accompagnée d’une activité sismique basse fréquence.
Les autorités sont inquiètes quand elles voient des groupes de «touristes à risque» qui essayent d’atteindre le Parc National du Poás sans tenir compte du danger. Ces groupes paient même des guides locaux pour être accompagnés dans les zones de Bajos del Toro et Bosque del Niño pour accéder au volcan. Cette situation existe également sur le Turrialba où les visiteurs ignorent les panneaux de sécurité et tentent d’accéder au cratère principal.
Source: The Costa Rica Star.

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Another eruption by Poás Volcano was registered  by OVSICORI at 8:10 on April 15th in the morning. It lasted 10 minutes, but the altitude reached by the column of gas is unknown due to poor visibility conditions.

The first explosive events (see my previous notes) were the biggest since 1953-1955. Large size rocks, up to 30 centimetres in diameter) were expelled by the volcano as far as infrastructure at the National Park which has been closed to visitors. The volcano continued to show activity all through the day on April 14th, with minor eruptions every 30-40 minutes. Seismic activity continues, although it is lower than on previous days.

Meanwhile, the Turrialba Volcano has remained relatively calm, with a column of gas rising about 300 metres above the active crater, with low frequency seismic activity.

Authorities have shown their concern about groups of tourists known as “risk tourists” that have been trying to reach the National Park disregarding the danger this represents. Reports state that these groups even pay local guides to take them through the areas of Bajos del Toro and Bosque del Niño to gain access to the Volcano. This situation has also happened at the Turrialba Volcano where visitors disregard the security warnings and try to make their way to the main crater.

Source: The Costa Rica Star.

Exemple de séquence éruptive sur le Turrialba (Source: OVSICORI)

Bogoslof (Alaska): Vers une reprise de l’activité éruptive? // New eruptive activity in the short term?

L’Alaska Volcano Observatory vient de m’envoyer un message indiquant qu’ »une augmentation de l’activité sismique du Bogoslof est détectée depuis 15 avril vers 15h01 (heure locale) à partir des stations situées sur les îles voisines. À l’heure actuelle, il n’y a aucun signe d’une reprise de l’activité éruptive au vu des données infrasoniques ou satellitaires. Des séquences sismiques similaires ont précédé certains événements explosifs. Dans la mesure où cette hausse de la sismicité augmente la probabilité d’une activité explosive future, l’AVO a fait passer la couleur de l’alerte aérienne à l’ORANGE et le niveau d’alerte volcanique à VIGILANCE.
Le Bogoslof n’est pas surveillé par un réseau sismique en temps réel, de sorte que l’AVO est dans l’incapacité de détecter les signes avant-coureurs d’une éruption explosive. La détection rapide d’une éruption avec émission de cendre n’est possible qu’en utilisant les données provenant de réseaux sismiques et infrasoniques sur les îles voisines, ainsi que les données satellitaires et de détection des éclairs « .

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AVO has just sent me a message indicating that “an increase in earthquake activity from Bogoslof was detected from stations on nearby islands starting April 15th around 15:01 (local time). At this time there has been no evidence of renewed eruptive activity from infrasound, lightning, or satellite data. Similar sequences of earthquakes have preceded some of the explosive events. Because this increase in seismicity which increases the likelihood of future explosive activity, AVO is raising the Aviation Colour Code for Bogoslof to ORANGE and the Volcano Alert Level to WATCH.
Bogoslof is not monitored by a real-time seismic network and this inhibits AVO’s ability to detect unrest that may lead to an explosive eruption. Rapid detection of an ash-producing eruption may be possible using a combination of data from seismic and infrasound networks on neighbouring islands and satellite and lightning detection data”.

Crédit photo: AVO.