Poás et Turrialba (Costa Rica): Dernières nouvelles // Latest news

L’OVSICORI a enregistré une nouvelle éruption du Poás à 8h10 le 15 avril 2017. Elle a duré 10 minutes, mais la hauteur de la colonne éruptive n’a pu être indiquée en raison des mauvaises conditions de visibilité.
Les premiers événements explosifs (voir mes notes précédentes) ont été les plus importants observés depuis 1953-1955. Des blocs avec jusqu’à 30 centimètres de diamètre ont été expulsées par le volcan ; ils ont atteint les infrastructures du Parc National qui a été fermé aux visiteurs. Le volcan est resté actif tout au long de la journée du 14 avril, avec de petites éruptions toutes les 30 à 40 minutes. L’activité sismique reste intense, même si elle est inférieure aux jours précédents.
Pendant ce temps, le Turrialba est resté relativement calme, avec une colonne de gaz s’élevant à environ 300 mètres au-dessus du cratère actif, accompagnée d’une activité sismique basse fréquence.
Les autorités sont inquiètes quand elles voient des groupes de «touristes à risque» qui essayent d’atteindre le Parc National du Poás sans tenir compte du danger. Ces groupes paient même des guides locaux pour être accompagnés dans les zones de Bajos del Toro et Bosque del Niño pour accéder au volcan. Cette situation existe également sur le Turrialba où les visiteurs ignorent les panneaux de sécurité et tentent d’accéder au cratère principal.
Source: The Costa Rica Star.

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Another eruption by Poás Volcano was registered  by OVSICORI at 8:10 on April 15th in the morning. It lasted 10 minutes, but the altitude reached by the column of gas is unknown due to poor visibility conditions.

The first explosive events (see my previous notes) were the biggest since 1953-1955. Large size rocks, up to 30 centimetres in diameter) were expelled by the volcano as far as infrastructure at the National Park which has been closed to visitors. The volcano continued to show activity all through the day on April 14th, with minor eruptions every 30-40 minutes. Seismic activity continues, although it is lower than on previous days.

Meanwhile, the Turrialba Volcano has remained relatively calm, with a column of gas rising about 300 metres above the active crater, with low frequency seismic activity.

Authorities have shown their concern about groups of tourists known as “risk tourists” that have been trying to reach the National Park disregarding the danger this represents. Reports state that these groups even pay local guides to take them through the areas of Bajos del Toro and Bosque del Niño to gain access to the Volcano. This situation has also happened at the Turrialba Volcano where visitors disregard the security warnings and try to make their way to the main crater.

Source: The Costa Rica Star.

Exemple de séquence éruptive sur le Turrialba (Source: OVSICORI)

Bogoslof (Alaska): Vers une reprise de l’activité éruptive? // New eruptive activity in the short term?

L’Alaska Volcano Observatory vient de m’envoyer un message indiquant qu’ »une augmentation de l’activité sismique du Bogoslof est détectée depuis 15 avril vers 15h01 (heure locale) à partir des stations situées sur les îles voisines. À l’heure actuelle, il n’y a aucun signe d’une reprise de l’activité éruptive au vu des données infrasoniques ou satellitaires. Des séquences sismiques similaires ont précédé certains événements explosifs. Dans la mesure où cette hausse de la sismicité augmente la probabilité d’une activité explosive future, l’AVO a fait passer la couleur de l’alerte aérienne à l’ORANGE et le niveau d’alerte volcanique à VIGILANCE.
Le Bogoslof n’est pas surveillé par un réseau sismique en temps réel, de sorte que l’AVO est dans l’incapacité de détecter les signes avant-coureurs d’une éruption explosive. La détection rapide d’une éruption avec émission de cendre n’est possible qu’en utilisant les données provenant de réseaux sismiques et infrasoniques sur les îles voisines, ainsi que les données satellitaires et de détection des éclairs « .

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AVO has just sent me a message indicating that “an increase in earthquake activity from Bogoslof was detected from stations on nearby islands starting April 15th around 15:01 (local time). At this time there has been no evidence of renewed eruptive activity from infrasound, lightning, or satellite data. Similar sequences of earthquakes have preceded some of the explosive events. Because this increase in seismicity which increases the likelihood of future explosive activity, AVO is raising the Aviation Colour Code for Bogoslof to ORANGE and the Volcano Alert Level to WATCH.
Bogoslof is not monitored by a real-time seismic network and this inhibits AVO’s ability to detect unrest that may lead to an explosive eruption. Rapid detection of an ash-producing eruption may be possible using a combination of data from seismic and infrasound networks on neighbouring islands and satellite and lightning detection data”.

Crédit photo: AVO.

Le volcan et les manchots // The volcano and the penguins

Selon une nouvelle étude réalisée par le British Antarctic Survey et publiée dans Nature Communications, l’une des plus grandes colonies de manchots papous sur l’Ile Ardley, près de la Péninsule Antarctique, a été décimée à plusieurs reprises par des éruptions volcaniques au cours des 7000 dernières années. Les chercheurs ont étudié le guano déposé autrefois par les manchots et ont constaté que la colonie avait plusieurs fois frôlé l’extinction à cause des retombées de cendre d’un volcan sur l’Ile de la Déception située à environ 120 km au sud-ouest d’Ardley.
L’Ile Ardley héberge actuellement une colonie d’environ 5000 couples de manchots papous. Grâce à l’analyse chimique du guano extrait des carottes de sédiments provenant d’un lac de l’île, les chercheurs ont découvert l’histoire de la colonie. Les conditions climatiques sur l’Ile Ardley ont généralement été favorables aux manchots au cours des 7000 dernières années et l’équipe scientifique s’attendait à ce que la colonie affiche des fluctuations mineures suite au changement climatique et aux variations de la glace de mer qui l’accompagnent. Au final, ils ont constaté que le volcan sur l’Ile de la Déception a eu un impact beaucoup plus important que prévu.
Lorsque les chercheurs ont commencé à examiner les carottes de sédiments, ils ont été frappés par la forte odeur du guano dans certaines strates et ils ont pu voir parfaitement les couches de cendre volcanique en provenance de l’Ile de la Déception. En procédant à l’analyse chimique des sédiments, ils ont pu estimer le nombre de manchots sur l’Ile Ardley tout au long de la période et voir dans quelle mesure les oiseaux ont été affectés par les éruptions. Au moins trois fois au cours des 7000 dernières années, la population de manchots a été d’un ordre de grandeur semblable à aujourd’hui, mais elle a presque totalement disparu après chacune des trois grandes éruptions volcaniques. Il a fallu, en moyenne, entre 400 et 800 ans pour que la colonie se reconstitue durablement.
L’étude révèle l’impact sévère que les éruptions volcaniques peuvent avoir sur les manchots et à quel point il est difficile pour une colonie de se reconstituer complètement. Une éruption peut enfouir les poussins sous de la cendre ; alors que les adultes peuvent nager, les poussins sont trop jeunes pour survivre dans les eaux très froides. Les sites de nidification peuvent également être recouverts par la cendre et rester inhabités pendant plusieurs siècles.
Les techniques mises en pratique dans cette étude permettront aux scientifiques de modéliser les changements intervenus dans le passé dans la taille des colonies et prévoir comment d’autres colonies de manchots pourraient être affectées ailleurs, comme les manchots à jugulaire sur l’île de Zavodovski, menacés par les éruptions du volcan Mt Curry en 2016.
Jusqu’à présent, les changements intervenus dans les populations de manchots de la Péninsule Antarctique avaient été attribués à la variabilité climatique et aux fluctuations de la glace de mer, mais l’impact potentiellement dévastateur sur le long terme de l’activité volcanique n’avait jamais été pris en compte.
Source: British Antarctic Survey.

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According to a new study by the British Antarctic Survey published in Nature Communications, one of the largest colonies of gentoo penguins on Ardley Island, near the Antarctic Peninsula, was decimated by volcanic eruptions several times during the last 7,000 years. The researchers studied ancient penguin guano and found the colony came close to extinction several times due to ash fall from Deception Island volcano, situated roughly 120km to the southwest of Ardley.

Ardley Island is currently home to a population of around 5,000 pairs of gentoo penguins. Using new chemical analyses of penguin guano extracted in sediment cores from a lake on the island, the researchers could discover the history of the penguin colony. Climate conditions around Ardley Island have been generally favourable for penguins over the last 7,000 years and the team had expected the local population to show minor fluctuations in response to changes in climate or sea ice. The surprising result was that the nearby Deception Island volcano had a far greater impact than originally anticipated.

When the researchers first examined the sediment cores, they were struck by the intense smell of the guano in some layers and they could also clearly see the volcanic ash layers from nearby Deception Island. By measuring the sediment chemistry, they were able to estimate the population numbers throughout the period and see how penguins were affected by the eruptions. On at least three occasions during the past 7,000 years, the penguin population was similar in magnitude to today, but was almost completely wiped out locally after each of three large volcanic eruptions. It took, on average, between 400 and 800 years for it to re-establish itself sustainably.

The study reveals the severe impact volcanic eruptions can have on penguins, and just how difficult it can be for a colony to fully recover. An eruption can bury penguin chicks in toxic ash, and while the adults can swim away, the chicks may be too young to survive in the freezing waters. The nesting sites can also be buried, and may remain uninhabitable for hundreds of years.

The techniques developed in this study will help scientists to reconstruct past changes in colony size and potentially predict how other penguin populations may be affected elsewhere, like the chinstrap penguins on Zavodovski Island, which were disturbed by eruptions from the Mt Curry volcano in 2016.

Changes in penguin populations on the Antarctic Peninsula have been linked to climate variability and sea-ice changes, but the potentially devastating long-term impact of volcanic activity has not previously been considered.

Source: British Antarctic Survey.

Source: British Antarctic Survey

Manchot papou (Crédit photo: Wikipedia)

Manchot à jugulaire (Crédit photo: Wikipedia)