La Chine lorgne vers l’Arctique // China eyes the Arctic

Le président chinois Xi Jinping a fait une halte inopinée  en Alaska le 7 avril. Il a rencontré et dîné avec le gouverneur Bill Walker. L’étape de Xi à Anchorage se trouvait sur le chemin du retour à Beijing, suite à sa rencontre avec Donald Trump en Floride et une visite antérieure en Finlande.
Les arrêts en Finlande et en Alaska soulignent l’importance de l’Arctique pour les intérêts économiques à long terme de la Chine. Pour les Alaskiens, le commerce et un projet d’exportation de gaz naturel liquéfié destiné aux marchés asiatiques font partie des projets pour les années à venir.

Comme les États-Unis, la Chine a tout intérêt à posséder des ressources naturelles pour alimenter son économie. Ces dernières années, elle a éclipsé son voisin japonais en tant que principal partenaire commercial de l’Alaska. Cet Etat a exporté vers la Chine en 2016 des produits de la mer, des minéraux, du pétrole et d’autres produits pour une valeur de 1,2 milliard de dollars.
Le gouvernement chinois n’a pas expliqué le but de l’étape en Alaska, mais le pays n’a jamais caché son intérêt pour l’Arctique et la promesse économique de la région. En effet, la fonte de la glace de mer ouvre de nouvelles voies de navigation, des zones de pêche ainsi que de riches gisements de pétrole, de gaz et de minéraux. La Chine est une nation observatrice au Conseil de l’Arctique, un corps diplomatique présidé par les États-Unis jusqu’au mois prochain, lorsque la Finlande prendra à son tour la présidence.
En Finlande, Xi a promis de renforcer la coopération entre les deux pays à propos de l’Arctique et a participé à une « Diplomatie Panda », en acceptant d’envoyer deux de ces animaux en Finlande.
La dernière visite d’un chef d’Etat en Alaska a été celle du président Barack Obama en août 2015. Le but était d’attirer l’attention sur le changement climatique, l’un des chevaux de bataille de son administration. Le gouvernement chinois avait également collaboré avec l’administration Obama pour réduire les émissions de gaz à effet de serre attribuées au changement climatique.
L’étape à Anchorage répond à d’autres objectifs dans l’agenda politique national de Xi. A l’approche du Congrès du Parti,  l’arrêt en Alaska donne à Xi l’opportunité de marquer des points et de montrer qu’il est un leader prospectif et économiquement innovant, et de souligner l’omniprésence de la Chine dans les affaires mondiales.
Source: Alaska Dispatch News.

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Chinese President Xi Jinping made an unannounced visit to Alaska on April 7th and had dinner and a meeting with Governor Bill Walker. Xi’s rest stop in Anchorage broke up his return trip to Beijing following meetings with President Donald Trump in Florida and an earlier visit to Finland.

The Finnish and Alaska stops underscore the significance of the Arctic to China’s long-term economic interests. For the Alaskans, trade and a liquefied natural gas export project aimed at Asian markets will be at the top of the agenda.

Like the United States, China is aggressive about securing natural resources to fuel its economy. In recent years, it has eclipsed neighbor Japan as Alaska’s largest trading partner. The state exported seafood, minerals, oil and other products valued at just under $1.2 billion to China in 2016.

The Chinese government released no explanation for the stop in Alaska, but the country has been frank about its interest in Arctic affairs and the region’s economic promise as melting sea ice exposes new shipping routes, fishing grounds and rich deposits of oil, gas and minerals. China is an observer nation to the Arctic Council, a diplomatic body chaired by the United States until next month, when Finland takes over the rotating chairmanship.

In Finland, Xi vowed to enhance the two countries’ cooperation in Arctic affairs and engaged in some « Panda Diplomacy, » agreeing to send a pair of the country’s pandas to Finland.

The last prominent head of state to visit Alaska was President Barack Obama in August 2015. His administration sought to use Alaska as a backdrop to draw attention to climate change, one of his administration’s signature issues. The Chinese government had also been partnering with the Obama administration on curbing emissions of greenhouse gases blamed for climate change.

The Alaska stop fulfills other goals for Xi’s domestic political agenda. As he faces a Party Congress, where his political faction of the Chinese Community Party faces challenges, the stop gives Xi an opportunity to burnish his credentials as a forward-looking, economically innovative leader and highlight China’s omnipresence in world affairs.

Source : Alaska Dispatch News.

Vue de Turnagain Arm, où le leader chinois est venu faire une visite rapide (Photo : C. Grandpey)

Un géochimiste de terrain // A field geochemist

Le personnel de l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) vient d’honorer Jeff Sutton, un géochimiste qui a pris sa retraite après 38 ans de travail pour l’USGS. Jeff Sutton est le contraire de ces scientifiques qui passent leur temps dans un laboratoire. Tout au long de sa carrière, il s’est efforcé d’améliorer les méthodes d’échantillonnage des gaz volcaniques et notre compréhension de ce que les gaz peuvent révéler sur les processus éruptifs.

Le travail de Jeff va bien au-delà de la Grande Ile d’Hawaï car il a travaillé sur d’autres volcans actifs dans l’ouest des États-Unis et dans le monde entier. Jeff a compris que l’instrumentation sur le terrain présente plusieurs avantages par rapport aux mesures intermittentes et aux analyses des gaz volcaniques en laboratoire. Tout d’abord, cela réduit le nombre de visites à risques sur un site volcanique. De plus, les mesures en continu fournissent une vue plus détaillée que les échantillons occasionnels de l’évolution des concentrations de gaz avec l’activité volcanique. Enfin, en envoyant des données à l’observatoire en temps réel, on obtient dans les meilleurs délais une indication de toute modification des émissions de gaz pouvant signaler un changement d’activité éruptive.
Le projet d’échantillonnage des gaz volcaniques en continu a permis à Jeff Sutton de travailler pour le compte de l’Observatoire Volcanologique des Cascades. En 1993, il a été affecté pour 2 ou 3 ans au HVO, mais y a travaillé au final pendant 24 ans! Jeff envisage de continuer à travailler au HVO de manière intermittente en tant que « scientifique émérite » car il a l’intention de mener à leur terme des projets de recherche importants.
Jeff Sutton appartient à cette catégorie de scientifiques de terrain que j’apprécie le plus. Il me rappelle le regretté François Le Guern qui a passé son temps à inventer de nouvelles méthodes d’échantillonnage de gaz volcaniques à la source, avant qu’ils soient pollués par l’air ambiant. En travaillant pour Haroun Tazieff, il a compris très tôt que les gaz étaient le moteur d’une éruption et que leur étude et leur analyse devraient être prioritaires.
Source: USGS / HVO.

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Hawaiian Volcano Observatory (HVO) staff has just honoured Jeff Sutton, a gas geochemmist who retired after 38 years of work for USGS. .

Jeff Sutton is the contrary of those scientists who spend their time in a laboratory. Throughout his career, Jeff strived to improve methods of sampling volcanic gasses and our understanding of what the gasses can tell us about eruptive processes.

Jeff’s impact extends far beyond Hawaii, as he has worked at active volcanic systems throughout the western U.S. and around the world. Jeff realized that field-based instrumentation has several advantages over intermittent measurements and laboratory analyses of volcanic gasses. First, it alleviates the need for hazardous visits to a volcanic site. Secondly, continuous measurements provide a more detailed view of how gas concentrations and compositions change with changing volcanic activity than occasional samples. Finally, by sending data to the observatory in real-time, we can get the earliest possible indication of any change in gas emissions that could signal a change in eruptive activity.

The continuous sampling project led to Jeff’s appointment to a position at the Cascades Volcano Observatory. In 1993, he was assigned to a 2-3 year tour at HVO. Fortunately for his colleagues at HVO, that “temporary” tour lasted 24 years! Jeff plans to continue working at HVO intermittently as a “scientist emeritus”—meaning that he will volunteer his time to continue the work he loves and to finish important projects.

Jeff  Sutton belongs to the category of on-the-field scientists I appreciate most. He reminds me of the late François Le Guern who spent his time inventing new methods of sampling volcanic gases at the source, before being polluted by the ambient air. Working for Haroun Tazieff, he understood very early that gases were the motor of an eruption and that their study and analysis should be given priority.

Source: USGS / HVO.

Mesure des émissions gazeuses pendant l’éruption fissurale de Kamoamoa en 2011. (Crédit photo : USGS / HVO)