Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Une éruption à court terme? // An eruption in the short term?

Dans son dernier bulletin du 31 mai 2017, l’OVPF indique que l’on observe actuellement une mise en pression du réservoir superficiel (à environ 2  km de profondeur sous le cratère Dolomieu) par une recharge de magma profond. La recharge étant rapide et déjà importante, toute évolution et départ de magma vers la surface peut être rapide comme l’ont montré les dernières crises sismiques de 2016-2017.

Il faut toutefois faire preuve de prudence et que l’éruption annoncée dans la soirée du 17 mai a finalement avorté et n’a donné lieu à aucune sortie de magma. Malgré tout, des fractures se sont ouvertes, ce qui devrait faciliter l’ascension du magma si  un nouvel épisode éruptif devait se produire.

Pour le moment, la sismicité, qui avait progressivement diminué entre le 18 et le 29 mai, connaît en ce moment une nouvelle hausse, avec 8 événements volcano-tectoniques le 30 mai.

Par ailleurs, l’inflation de l’édifice volcanique a repris, à un taux nettement supérieur à ceux observés avant le 17 mai, ce qui confirme la mise en pression d’une source superficielle mais également d’une source profonde.

Du point de vue géochimique, on observe une baisse des concentrations de CO2.

Une éruption semble donc se profiler à l’horizon, mais avec le Piton, on ne sait jamais. Le niveau d’alerte actuel est « Sauvegarde ».

Source : OVPF.

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In its latest update of May 31st, 2017, OVPF indicates that pressure is currently increasing in the shallow magma storage system ( about 2 km beneath the Dolomieu Crater), through a reloading of the deep magma storage. Since the recharge is rapid and already isignificant, any evolution and ascent of magma towards the surface can be rapid, as shown by the last seismic crises of 2016-2017.
However, caution must be exercised and the eruption announced on the evening of May 17th was finally aborted as no magma was emitted. Nevertheless, fractures opened, which should facilitate the rise of magma if a new eruptive episode should occur.
For the time being, seismicity, which had gradually decreased between 18 and 29 May, is currently experiencing a further increase, with 8 volcano-tectonic events on 30 May.
Moreover, the inflation of the volcanic edifice has resumed, at a rate that is significantly higher than before May 17th, which confirms the pressure of a superficial source but also of a deep source.
From a geochemical point of view, CO2 concentrations are decreasing.
An eruption might happen in the short term, but with the Piton, one never knows. The current alert level is « Sauvegarde ».
Source: OVPF.

Crédit photo: Wikipedia.

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Taormine (Sicile) : Un échec climatique // Taormina (Sicily): A climatic failure

N’ayons pas peur des mots : Le sommet du G7 à Taormine s’est terminé sur un échec. Pour la première fois de son histoire, l’unité des sept pays participants s’est brisée sur la question cruciale du climat, face à un Donald Trump plus résolu que jamais à camper sur ses positions. En dépit des pressions répétées des Européens, du Canada et du Japon, Donald Trump est resté de marbre. « Les Etats-Unis d’Amérique sont en train de réévaluer leur politique sur le changement climatique et sur l’Accord de Paris et ne sont donc pas en mesure de rejoindre le consensus sur ce sujet », indique la déclaration finale.

Dans un de ces tweets dont il a le secret, le président américain a ajouté : « Je prendrai ma décision finale sur l’accord de Paris la semaine prochaine. »

Avant le sommet de Taormine, le Conseil de l’Arctique avait montré la frilosité de l’administration américaine en matière de réchauffement climatique. Le secrétaire d’Etat Rex Tillerson a expliqué devant le Conseil que Washington n’allait pas se «précipiter» pour réviser sa politique environnementale, le président Donald Trump ayant repoussé à fin mai sa décision sur son maintien au sein de l’accord multilatéral de Paris.

Le chef de la diplomatie américaine a rappelé aux sept autres pays de ce Conseil de l’Arctique (Canada, Russie, Norvège, Danemark, Islande, Suède et Finlande) et aux représentants de peuples amérindiens indigènes que les Etats-Unis «réexaminaient à l’heure actuelle nombre de politiques importantes, notamment l’approche de l’administration Trump sur le changement climatique». Il assuré que Washington «n’allait pas se précipiter pour prendre une décision», mais qu’il allait «travailler pour prendre la bonne décision pour les Etats-Unis».

Une solution politiquement habile pour l’administration Trump, divisée sur le sujet, pourrait être de rester dans l’accord tout en réexaminant les objectifs qu’avaient fixés l’administration Obama (réduction de 26% à 28% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2025 par rapport à 2005).

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Let’s not be afraid of words: The G7 summit in Taormina ended in failure. For the first time in its history, the unity of the seven participating countries broke on the crucial issue of climate, confronted with Donald Trump who was more determined than ever to encamp on its positions. Despite repeated pressure from the Europeans, Canada and Japan, Donald Trump remained marble. « The United States of America is re-evaluating its policy on climate change and the Paris Agreement and is therefore not in a position to reach consensus on this issue, » the statement said.
In one of his tweets, the US president added: « I will make my final decision on the Paris agreement next week.  »

Prior to the Taormina summit, the Arctic Council had shown the US government’s reluctance to deal with global warming. Secretary of State Rex Tillerson told the Council that Washington was not going to « rush » to revise its environmental policy, as President Donald Trump postponed until the end of May his decision to remain in the Paris Climate Agreement.
The US diplomat reminded the other seven countries of the Arctic Council (Canada, Russia, Norway, Denmark, Iceland, Sweden and Finland) and representatives of indigenous peoples that the United States « was re-examining a number of important policies, including the Trump administration’s approach to climate change « . He assured Washington « would not rush to make a decision, » but that he would « work to make the right decision for the United States. »
A politically clever solution for the Trump administration, divided on the issue, could be to stay in the Paris Agreement while reviewing the Obama administration’s goals (reducing by 26% to 28% greenhouse emissions by 2025 compared to 2005).

Vue classique de Taormine: Le théâtre et l’Etna en toile de fond.

(Photo: C. Grandpey)

Quelques nouvelles d’Hawaii // A few pieces of news from Hawaii

Aucun changement significatif n’a été observé au cours de l’éruption du Kilauea qui continue dans les cratères de l’Halema’uma’u et du Pu’uO’o. Le lac de lave sommital, qui dont le niveau était monté jusqu’à 17 mètres en dessous de la lèvre de l’Overlook Crater au cours des derniers jours, se trouve maintenant à une trentaine de mètres de profondeur sous l’effet d’une nouvelle alternance d’inflation et de déflation du volcan.
Les images des webcams montrent l’incandescence habituelle dans le cratère du Pu’uO’o et au niveau du petit lac de lave dans la partie ouest du cratère.
La coulée de lave 61g reste active et entre dans l’océan à Kamokuna. Le nouveau delta de lave, apparu après l’effondrement du précédent le 3 mai dernier, continue à grandir, avec des fractures parallèlement à la côte. Les coulées actives s’étirent actuellement dans la partie ouest du champ de lave, à environ 500 mètres sous la base du pali et ne constituent donc pas une menace pour les zones habitées.

Mauvaise nouvelle pour les visiteurs des parcs nationaux à Hawaï. Les droits d’entrée au Parc des Volcans vont augmenter le 1er juin. Par véhicule, il faudra désormais débourser 25 dollars pour un pass de sept jours. L’entrée par personne, cycliste ou piéton, s’élèvera à 12 dollars. Les visiteurs âgés de moins de 16 ans continueront d’être admis gratuitement.
Le pass annuel pour les trois parcs (parc national des volcans, parc Pu’uhonua o Hōnaunau et Haleakalā passera de 25 à 30 dollars. Les pass peuvent être achetés sur place ou sur Internet.
Les frais d’entrée pour les agences de voyage augmenteront également le 1er juin. Les minibus transportant entre un et six passagers paieront une taxe de base de 25 dollars, ainsi qu’un droit d’entrée de 12 dollars par personne.

Sources : HVO & Big Island Now.

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No significant change has been observed at the eruption of Kilauea Volcano which continues to erupt at its summit in Halema’uma’u and at Pu’uO’o. The summit lava lake, which had risen up to 17 metres below the Overlook Crater rim in the past days is now lying about 30 metres deep in concert with an inflation and a deflation episode of the volcano.
Webcam images show glow at long-term sources within Pu’uO’o crater and from a small lava pond on the west side of the crater.

The episode 61g flow remains active and is entering the ocean at Kamokuna. Growth of a new lava delta continues following the May 3rd delta collapse, with narrow cracks observed on the delta running parallel to the coast. Webcam views show surface activity within the 61g flow field, on the western margin of the 61g flow. These flows extend slightly beyond the base of the pali and pose no threat to nearby communities at this time.

Bad news for visitors of the national parks at Hawaii. Entrance fees at Hawai‘i Volcanoes National Park will increase once again on June 1st.  Per vehicle, the fee will change from $20 to $25 for a seven-day pass. The per-person fee, required for bicyclists and pedestrians, will rise from $10 to $12. The motorcycle fee will increase to $20. Visitors who are under the age of 16 will continue to be admitted for free.

The annual tri-park pass, which includes Hawai‘i Volcanoes National Park, Pu‘uhonua o Hōnaunau National Historical Park, and Haleakalā National Park, will increase from $25 to $30. All visitors are eligible to purchase the annual pass, which grants unlimited entry to all three parks for one year. They may be purchased in-person at the parks, or online.

Park entrance fees for commercial tour companies will also increase on June 1st. Road-based tour vans carrying between one and six passengers will pay a $25 base fee, as well as a $12 per-person rate to enter the park.

Sources: HVO & Big Island Now.

Delta de lave de Kamokuna le 23 mai 2017 (Crédit photo: HVO)

Ubehebe Crater – Vallée de la Mort (Californie) // Death Valley (California)

En Californie, la Vallée de la Mort est la région la plus basse, la plus sèche et la plus chaude d’Amérique du Nord. Son nom lui a été nommé en 1849 par des chercheurs d’or confrontés à cette contrée impitoyable. Ils étaient persuadés que la Vallée serait leur dernière demeure. Dans la partie septentrionale de ce parc national que j’ai parcouru une nouvelle fois le mois dernier, on rencontre une douzaine de petits cratères concentrés dans une zone de trois kilomètres carrés. Le plus spectaculaire de ces volcans est le Ubehebe Crater, maar volcanique de huit cents mètres de diamètre et de deux cent trente cinq mètres de profondeur.

Tout proche, le Little Ubehebe Crater est un petit cône de tuf d’une centaine de mètres de largeur recouvert de dépôts pyroclastiques.

Une route en parfait état atteint un petit parking d’où part un sentier qui permet de faire le tour de ces volcans. Le site se trouve à 750 mètres d’altitude. Une légère brise soufflait au moment de ma visite tandis que le thermomètre n’affichait que 25°C.

On pense que ce volcanisme de la Vallée de la Mort a été causé par une injection de magma qui, rencontrant  des poches d’eau souterraine, a généré des explosions et donné naissance à des maars. Jusqu’à présent, la datation de ce site géologique n’était pas très claire. On pensait que l’Ubehebe, avec ses 800 mètres de diamètre et ses 240 mètres de profondeur, était né environ 4000 ans avant notre ère, ce qui n’est pas si lointain à l’échelle géologique. C’est à peu près l’âge du lac Pavin en Auvergne. Cette hypothèse a été mise à mal en 2012 par des chercheurs du Lamont-Doherty Earth Observatory (Columbia University) qui pensent que l’éruption a été beaucoup plus récente et aurait secoué la Vallée de la Mort il y a seulement 800 ans. Il va de soi qu’à l’échelle géologique c’était hier. Dire que la région est encore active d’un point de vue volcanique serait toutefois aller un peu vite en besogne car il n’existe aucun indice pour le prouver.
Cette nouvelle datation de l’Ubehebe a été effectuée à partir de signatures chimiques qui étaient restée emprisonnées à l’intérieur de petits fragments de roches prélevés à proximité du cratère. Les analyses ont révélé que les roches en question provenaient d’éruptions qui avaient eu lieu environ une fois tous les 1000 ans et que la dernière d’entre elles s’était produite autour de l’année 1300.
Les chercheurs pensent que, si une éruption devait se produire de nos jours, elle serait précédée, plusieurs mois auparavant, par un accroissement de la sismicité et des émissions de vapeur.
Source : Live Science.com.

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In California, Death Valley is the lowest, dryest and warmest region in North America. It was named in 1849 by gold diggers faced with this pitiless land. They were convinced that the Valley would be their last home. In the northern part of this national park that I visited once again last month, there are a dozen small craters concentrated in an area of ​​three square kilometers. The most spectacular of these volcanoes is Ubehebe Crater, a volcanic maar eight hundred meters in diameter and two hundred and thirty five meters deep.
Nearby, Little Ubehebe Crater is a small tuff cone a hundred meters in width covered with pyroclastic deposits.
A road in perfect condition reaches a small parking lot from where a trail allows to make the tour of these volcanoes. The site is 750 meters above sea level. A slight breeze was blowing at the time of my visit while the temperature was only 25°C.
It is believed that this Death Valley volcanism was caused by an injection of magma that, meeting pockets of groundwater, generated explosions and gave rise to maars. Until now, the dating of this geological site was not very clear. It was thought that Ubehebe, with its 800 meters in diameter and its depth of 240 meters, was born about 4000 years before our era, which is not so far on a geological scale. This is about the age of Lake Pavin in Auvergne. This hypothesis was undermined in 2012 by researchers at the Lamont-Doherty Earth Observatory (Columbia University) who believe that the eruption was much more recent and would have shaken Death Valley only 800 years ago. It goes without saying that on a geological scale it was yesterday. To say that the region is still active from a volcanic point of view would however go a little fast in the work because there is no clue to prove it.
This new dating of Ubehebe was made from chemical signatures that had remained trapped inside small fragments of rocks collected near the crater. The analyses revealed that the rocks originated from eruptions that occurred approximately once every 1,000 years and that the latter occurred around the year 1300.
The researchers believe that if an eruption were to occur today, it would be preceded several months before by an increase in seismicity and steam emissions.
Source: Live Science.com.

Voici quelques images de cet ensemble volcanique:

Photos: C. Grandpey

 

Nouvelle éruption du Bogoslof (Alaska)

Une nouvelle éruption de type explosif s’est produite à 14h16 (heure locale) le 28 mai sur le Bogoslof. Elle a duré environ 50 minutes et est maintenant terminée. Les images satellites et les rapports de pilotes indiquent que le nuage éruptif a atteint au moins 10000-13 000 mètres d’altitude. Un observateur sur l’île d’Unalaska a déclaré avoir vu un grand nuage en forme de champignons au-dessus du Bogoslof, avec des retombées de cendres à l’ouest de l’île.
Après avoir fait passer le niveau d’alerte au Rouge au moment de l’éruption, l’AVO l’a abaissé à Orange. Cependant, le Bogoslof reste actif et la situation est imprévisible. De nouvelles explosions produisant des nuages de cendre à haute altitude peuvent se produire à tout moment.
Source: AVO.

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A new explosive eruption occurred at 14:16 (local time) on May 28th at Bogoslof Volcano. It lasted about 50 minutes and has now ended. Satellite images and pilot reports indicate that the eruptive cloud reached at least 10,000 -13,000 metres a.s.l. An observer on Unalaska Island reported seeing a large white-gray mushroom cloud form over Bogoslof, with ash fallout to the west.

After raising the alert level to Red at the moment of the eruption, AVO has now lowered it to Orange. However, Bogoslof volcano remains at a heightened state of unrest and in an unpredictable condition. Additional explosions producing high-altitude volcanic clouds could occur at any time.

Source: AVO.

Le sang de l’Antarctique // Antarctica’s blood

La Nature peut offrir des mystères étonnants. En Antarctique, Blood Falls est une résurgence d’eau salée teintée de rouge par un oxyde de fer, qui s’échappe du front du Taylor Glacier, dans la vallée du même nom.  Cette eau hyper saturée en sel et riche en fer émerge sporadiquement du glacier à partir de petites fissures. Sa source est un bassin sous-glaciaire de taille inconnue qui se cache sous quelque 400 mètres de glace à plusieurs kilomètres en amont de Blood Falls. Le site a été découvert en 1911 par le géologue australien Griffith Taylor, qui a été le premier à explorer la vallée qui porte son nom.
La cause de la couleur rouge de Blood Falls est restée un mystère pendant des années. Différentes hypothèses chimiques ou microbiennes ont été avancées. Certains scientifiques pensaient que c’étaient les algues présentes dans l’eau qui lui donnaient l’étrange couleur rouge.
L’explication officielle vient d’être révélée par des chercheurs de l’Université de Alaska à Fairbanks. Le liquide qui sort du Taylor Glacier est une saumure riche en fer qui s’oxyde lorsqu’elle entre en contact avec l’air, de la même façon que le fer rouille. Les scientifiques expliquent que l’eau rouge provient d’un petit lac d’eau salée piégé sous le glacier, et qui s’y trouve probablement depuis un million d’années. Ils ajoutent que le lac présente une telle salinité qu’il ne peut pas geler à des températures normales, de sorte que l’eau arrache le fer au substrat rocheux au moment où elle s’infiltre dans la glace avant de déboucher à Blood Falls.
Les chercheurs de Fairbanks ont utilisé un certain type de radar pour suivre la saumure qui alimente Blood Falls. Ils ont parcouru le glacier avec les antennes en suivant des modèles en forme de grille afin de «voir» sous la glace, un peu comme une chauve-souris utilise l’écholocation pour «voir» les choses autour d’elle. Ils ont constaté que l’eau restait liquide malgré l’environnement extrêmement froid du glacier, ce que les scientifiques pensaient impossible jusqu’alors. Bien que cela semble contradictoire, l’eau libère de la chaleur en gelant, et c’est cette chaleur qui réchauffe la glace environnante. Le Taylor Glacier est actuellement le glacier le plus froid au monde connu pour laisser échapper de l’eau en permanence.

Source: Université d’Alaska à Fairbanks.

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Nature may offer surprising mysteries. In Antarctica, Blood Falls is an outflow of an iron oxide-tainted plume of saltwater, flowing from the tongue of Taylor Glacier in the Taylor Valley. Iron-rich hypersaline water sporadically emerges from small fissures in the glacier. The saltwater source is a subglacial pool of unknown size overlain by about 400 metres of ice several kilometres from its tiny outlet at Blood Falls. The reddish deposit was found in 1911 by the Australian geologist Griffith Taylor who first explored the valley that bears his name.

The cause of the red colour of the outflow has remained a mystery for years. Different chemical or microbial hypotheses have been suggested. Some experts assumed that algae in the water were behind the strange red colour.

The definite explanation has just been given by researchers from the University of Alaska Fairbanks. What is coming out of the Taylor Glacier is iron-rich brine which oxidises when it comes in contact with air, in the same way that iron rusts. The scientists say that the red water comes from a small saltwater lake trapped beneath a glacier, which may have been there for a million years. They say the lake is so salty it can’t freeze at normal temperatures and scrapes irons from the bedrock as it seeps through the ice to Blood Falls.

The researchers used a type of radar to detect the brine feeding Blood Falls. They moved the antennae around the glacier in grid-like patterns so that they could ‘see’ what was underneath them inside the ice, just like a bat uses echolocation to ‘see’ things around it. They found that the liquid water actually persisted inside an extremely cold glacier, something that scientists previously thought was impossible. While it sounds counterintuitive, water releases heat as it freezes, and that heat warms the surrounding colder ice. Taylor Glacier is now the coldest known glacier to have persistently flowing water.

Source: University of Alaska at Fairbanks.

Crédit photo: US National Science Foundation.

Résultats de l’analyse de Blood Falls par la National Science Foundation en 2009

(Source : US National Science Foundation)

Petrified Forest (Arizona)

Mon périple dans l’ouest américain m’a conduit à Petrified Forest, un extraordinaire parc national situé dans la partie nord-est de l’Arizona.

Il y a 3,4 millions d’années, le Mont Helena (rien à voir avec le Mont St Helens dans l’Etat de Washington !), un volcan dominant la région à environ 11 km au nord-est du site, est entré en éruption. Celle-ci fut particulièrement violente et le souffle fut tel que des séquoias géants furent arrachés et couchés au sol où leurs troncs gisent dans une direction SO-NE, conforme au souffle de l’éruption. Ils ont ensuite été recouverts d’une énorme épaisseur de cendre, ce qui a créé un milieu anaérobie interdisant la présence de bactéries susceptibles de décomposer la matière organique..

Par la suite, de l’eau chargée en minéraux, silice en particulier, s’est infiltrée dans la cendre et dans les troncs en décomposition. Avec le temps, au cours des millénaires, la silice a remplacé le bois ; elle s’est cristallisée jusqu’à ce que les arbres deviennent de la pierre au cours du processus de perminéralisation.

Ce n’est qu’en 1870 qu’un fermier suédois qui travaillait dans ses champs découvrit par hasard l’un de ces troncs fossilisés. Sa découverte attira nombre de scientifiques désireux d’en savoir plus sur ce site exceptionnel qui est devenu parc national le 9 décembre 1962.

Le Parc National de Petrified Forest propose un circuit passionnant au long duquel le visiteur peut voyager 3 millions d’années en arrière. Voici quelques images rapportées de cette visite.

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My journey across the American West took me to Petrified Forest, an amazing national park in the northeastern part of Arizona.
3.4 million years ago, Mount Helena (nothing to do with Mount St Helens in Washington State!), a volcano dominating the area about 11 km northeast of the site, went through a particularly violent eruption. The blast was such that giant sequoias were torn off and thrown onto the ground where they lay in a  SW-NE direction, corresponding to the blast of the eruption. They were then covered with an enormous thickness of ash, which created an anaerobic environment discouraging the presence of bacteria capable of decomposing organic material.
Subsequently, mineral-rich water, heavy with silica, percolated through the ashy deposits and decaying trunks. Over time, over the millennia, silica replaced wood; It crystallized until the trees became stone during the process of permineralization.
It was not until 1870 that a Swedish farmer who worked in his fields accidentally discovered one of these fossilized trunks. Its discovery attracted many scientists who wanted to know more about this exceptional site which became a national park on December 9th, 1962.
Petrified Forest National Park offers an exciting tour through which the visitor can travel 3 million years back. Here are some photos of this visit.

Photos: C. Grandpey