Nouvelle éruption du Fuego (Guatemala) // New eruption of Fuego volcano (Guatemala)

drapeau-francaisDans un bulletin spécial émis à 11h50 (heure locale), l’INSIVUMEH indique que le Fuego connaît une nouvelle crise éruptive. Les explosions génèrent des ondes de choc perçues à plus de 20 km et projettent des matériaux à 400 mètres au-dessus du cratère. Des coulées pyroclastiques dévalent les ravines El Jute et Las Lajas. Les nuages de cendre s’étirent sur une distance de 25 km, avec les retombées de cendre habituelles sur plusieurs localités sous le vent.

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drapeau anglaisIn a special report released at 11:50 (local time), INSIVUMEH indicates that Fuego volcano is currently going through another eruptive episode. Explosions produce shock waves that are felt as far as 20 km away and eject materials up to 400 metres above the crater. Pyroclastic flows travel down the El Jute and Las Lajas drainages. The ash cloud extends as far as 25 km with the usual ashfall on several downwind municipalities.

Fuefo fev

Coulée pyroclastique dans la ravine Las Lajas – Image webcam INSIVUMEH

La tomographie muonique: de la Soufrière (Guadeloupe) au Puy de Dôme (Auvergne) // Muon tomography: from the Soufrière to the Puy de Dôme

drapeau-francaisIl y a quelques jours, j’ai assisté à une conférence intitulée « La tomographie muonique » et donnée à Limoges dans le cadre de Récréasciences par un jeune chercheur en poste au CEA de Saclay.

En mai 2007 et décembre 2010, et plus récemment le 21 novembre 2015, j’ai écrit des articles expliquant que les scientifiques japonais essayaient d’observer l’intérieur des volcans en utilisant une nouvelle technologie basée sur l’utilisation des muons. Lorsque le rayonnement cosmique produit par les explosions de supernovae et autres événements dans l’espace lointain atteint la Terre et entre en collision avec l’atmosphère, cela génère un grand nombre de muons. Ils représentent 70% des rayons cosmiques qui atteignent la surface de la Terre. Comme ils ont une masse très faible, les muons passent à travers tous les objets, mais certaines substances les bloquent plus que d’autres, de la même façon que les os interfèrent avec des particules des rayons X. Pour les volcanologues, la radiographie par les muons, ou tomographie muonique, est un outil relativement nouveau qui pourrait permettre de percer les mystères qui entourent l’activité volcanique.
La tomographie muonique a été utilisée par les Japonais pour visualiser la structure interne de volcans comme l’Asama, l’Iwate ou encore le volcan Satsuma-Iojima dans la préfecture de Kagoshima. Les scientifiques savaient que ce volcan dissimulait un réservoir magmatique, mais la nouvelle technologie a révélé que la quantité de magma était beaucoup plus grande que prévu.

Les scientifiques français ont eux aussi utilisé la tomographie muonique dans le cadre du projet DIAPHANE sur le volcan de la Soufrière à la Guadeloupe. Des équipes du CNRS ont installé un capteur de muons cosmiques sur le flanc du volcan. La technologie a permis de « suspecter la présence d’importantes cavités » à l’intérieur de l’édifice volcanique.

Une autre application de la tomographie muonique  a eu pour cadre le vénérable Puy de Dôme en Auvergne. Le but du projet TOMUVOL était « la connaissance de l’historique du volcan de par sa structure pour prédire le comportement futur – Preuve de la faisabilité de la muographie sur un grand volcan (~ 2 km à la base). »
La tomographie de ces deux volcans est très bien décrite à cette adresse :
http://www.cnrs.fr/mi/IMG/pdf/gibert_instrumlimites_07jan2014.pdf

Voici l’image obtenue pour la Soufrière de La Guadeloupe :

Muons Soufrière

  (Source : CNRS)

La conclusion des équipes scientifiques qui ont mené les observations à la Guadeloupe et en Auvergne est fort intéressante. Il ne fait aucun doute que la tomographie muonique  a de beaux jours devant elle en volcanologie. Cette technologie n’en est qu’à ses débuts et des améliorations devront être apportées pour pouvoir « radiographier des volcans en éruption ».
Son application devra aussi surmonter certains obstacles tel le coût, à une époque où il est demandé aux laboratoires de se serrer la ceinture. D’autre part, dans un domaine comme la volcanologie, elle suppose la présence de deux équipes, l’une spécialisée en physique des particules et l’autre experte en volcanologie.

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drapeau anglaisA few days ago, I attended a conference entitled « The muon tomography » and given in Limoges by a young researcher at the CEA of Saclay.

In May 2007 and December 2010, most recently on November 21st, 2015, I wrote articles explaining that Japanese scientists had tried to observe the inside of volcanoes using a new technology based on the use of muons. When the cosmic radiation produced by supernova explosions and other events in deep space reaches the Earth and collides with the atmosphere, it generates a large number of muons. They represent 70% of the cosmic rays that reach the surface of the Earth. As they have a very low mass, muons pass through all objects, but some substances block them more than others, in the same way as bone particles interfere with X rays. For volcanologists, radiography by means of muons, or muon tomography, is a relatively new tool that could help unravel the mysteries surrounding volcanic activity.
Muon tomographywas used by the Japanese to visualize the internal structure of volcanoes like Asama, Iwate or Satsuma-Iojima in Kagoshima Prefecture. Scientists knew that this last volcano concealed a magma chamber, but the new technology revealed that the amount of magma was much larger than expected.

French scientists have also used muon tomography  in the DIAPHANE project on the Soufriere volcano in Guadeloupe. CNRS teams have installed a cosmic muon sensor on the flanks of the volcano. The technology has « revealed the presence of large cavities » within the volcanic edifice.

Another application of muon tomography was performed on the venerable Puy de Dome in Auvergne. The goal of the TOMUVOL project was the « knowledge of the history of the volcano through its structure to predict future behaviour – Proof of the feasibility of muography on a large volcano (~ 2 km at the base). »
The tomography of the two volcanoes is well described at:
http://www.cnrs.fr/mi/IMG/pdf/gibert_instrumlimites_07jan2014.pdf

The image for the Soufriere of Guadeloupe can be seen above.

The conclusion of the scientific teams who conducted the observations in Guadeloupe and in Auvergne is very interesting. There is no doubt that muon tomography has a bright future in volcanology. This technology is still in its infancy and improvements are needed in order to « radiograph erupting volcanoes. »
Its application must also overcome obstacles such as the cost, at a time when laboratories are requested to tighten their belts. On the other hand, in a field such as volcanology, it assumes the presence of two teams, one specialized in particle physics and another one expert in volcanology.

L’Islande en drone

La société française DRONEART – dont le but est de montrer « l’univers comme vous ne l’avez jamais vu » – a réalisé un survol de l’Islande en drone, ce qui donne une approche originale de l’île nordique. Le résultat est assez réussi, même si on note un certain désordre dans les images. Les prises de vue sont de bonne qualité. On pourra toutefois regretter un aspect global souvent terne, probablement dû aux conditions météorologiques qui n’étaient pas optimales la plupart du temps. Plusieurs sites sont facilement reconnaissables, comme la région du Krafla, le Jokulsarlon, ou encore la chute de Dettifoss. Personnellement, j’ai bien aimé le survol d’une partie de la fracture qui cisaille l’Islande su sud-ouest au nord-est.
Le lien pour voir la vidéo est : https://youtu.be/v0o8aS3OoXg
Elle mérite le plein écran. Vous pouvez également mettre le son qui vous fera pénétrer encore davantage dans le monde islandais.

Glissements de terrain et le séisme de 1964 en Alaska // Landslides and the 1964 earthquake in Alaska

drapeau-francais52 ans après le très violent séisme de M 9,2 qui a frappé l’Alaska le 27 mars 1964, les scientifiques ont mis en évidence le glissement de terrain sous-marin qui a déclenché certaines des vagues les plus meurtrières. Grâce à des techniques modernes permettant de cartographier le plancher marin dans le Prince William Sound, les scientifiques de l’USGS ont découvert pourquoi un glissement de terrain avait provoqué les vagues de tsunami. Des localités comme Valdez ou Chenega ont été les plus durement touchées. Elles ont été pratiquement rayées de la carte et reconstruites plus tard sur des sites différents.
Peu de temps après le séisme, les scientifiques ont évoqué la possibilité de glissements sous-marins pour expliquer le tsunami qui a suivi les secousses. Un rapport technique de l’USGS publié en 1969 fait état de «vagues localisées d’origine inconnue» pour expliquer la plupart des destructions. Cependant, la technologie bathymétrique de l’époque ne permettait d’atteindre qu’une profondeur d’environ 180 mètres. Les études modernes conduites avec la technologie sonar multifaisceaux ont révélé un vaste complexe de glissements de terrain sous-marins qui ont eu lieu à des profondeurs beaucoup plus grandes. Les conclusions des travaux de l’USGS ont été publiées dans la revue Earth and Planetary Science Letters.
Selon le rapport, le caractère exceptionnel du glissement de terrain est dû à sa grande profondeur, entre 250 à 350 mètres. Les fonds marins dans cette partie du Prince William Sound sont complexes, avec la présence d’une imposante moraine laissée par un glacier qui se trouvait autrefois dans ce secteur. L’analyse des dernières données a révélé que le séisme a déstabilisé des sédiments glaciaires qui se sont déversés sur cette moraine en recouvrant une zone située à environ 465 mètres de profondeur avec une couche de matériaux d’une épaisseur de 11 mètres. Ce volume de matériaux, violemment projeté à une telle profondeur, ne pouvait que générer l’énorme vague qui a atteint le rivage quatre minutes après le déclenchement du séisme.
Les résultats de l’étude de l’USGS confirment les théories avancées dans les années 1960 sur la cause du tsunami. Ils fournissent également des indications utiles sur de futurs glissements sous-marins provoqués par des séismes. Au vu de la topographie de certains fonds marins, on se rend compte qu’un séisme n’a pas forcément besoin d’être très violent pour provoquer un tsunami dévastateur en certains points de la côte.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglais52 years after the M 9.2 earthquake hit Alaska on March 27th 1964, scientists have pinpointed the underwater slide that triggered some of the deadliest tsunami waves. Using modern technology to map the floor of Prince William Sound, USGS scientists have found the landslide behind the tsunamis. Communities like Valdez or Chenega were the hardest hit by the event. They were nearly leveled and later rebuilt at a different site.
In the days that followed the earthquake, scientists speculated that underwater landslides produced the tsunami. A USGS technical report published in 1969 cited “localized waves of unknown origin” as the source of the most destruction. However, the bathymetric technology of the time allowed for study of the seafloor only to the depth of about 180 metres. Modern surveys conducted with multibeam sonar technology revealed a big complex of underwater slides that had occurred at much lower depths. The findings of the USGS-led project were published online in the journal Earth and Planetary Science Letters.
What made this slide unusual was that much of the material that slid was at a water depth of 250 to 350 metres. The seafloor in that part of Prince William Sound was complex, with a big underwater moraine left as the remnant of a past glacier. Analysis of the new data showed the earthquake triggered glacial sediment to pour over that underwater moraine and blanket an area about 465 metres deep with a layer of debris that was, on average, 11 metres thick. That volume of debris dumped on such a deep area was able to send a huge wave to the shore four minutes after the shaking began.
The findings confirm scientists’ theories from the 1960s about the cause of the tsunamis. They also provide warnings about future quake-triggered underwater landslides. Given certain seafloor conditions and contours, an earthquake need not be high in magnitude to cause a devastating localized tsunami.
Source : Alaska Dispatch News.

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drapeau-francaisVoici des photos montrant l’ancien emplacement de Valdez. Le village portuaire a été reconstruit à quelques kilomètres di site de la catastrophe. De nombreux panneaux indiquent la voie à suivre en cas d’évacuation mais, comme en 1964, il faudra faire vite, très vite pour échapper à un nouveau tsunami !

drapeau anglaisHere are some photos showing the site of Old Valdez. The port was rebuilt a few miles away. Today, numerous panels show people the way to follow in case of an evacuation. However, like in 1964, they will have to run fast, very fast, to escape another tsunami!

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Emplacement de Valdez au moment de la catastrophe de 1964

(Photos: C. Grandpey)