Failles et activité sismique à Hawaii // Faults and seismic activity in Hawaii

drapeau-francaisLes séismes sont monnaie courante sur la Grande Ile d’Hawaii et, la plupart du temps, ils sont dus à des mouvements de failles, suite à l’activité volcanique du Kilauea. Le 12 février 2016 à 09h23 (heure locale), un nouveau séisme de M 4,1 a été enregistré sous le flanc sud du volcan, l’une des zones sismiques les plus actives des États-Unis. Toutefois, l’événement est survenu sur une faille qui a généré des événements destructeurs au cours des dernières années.
Les failles responsables de la majorité des séismes sur le flanc sud du Kilauea appartiennent au système Hilina. Ce système comprend les failles qui donnent naissance à des falaises (pali en hawaiien) le long de la côte sud-est d’Hawaï. Hilina Pali et Hōlei Pali en sont des exemples typiques. Sous ces failles, on en observe un autre type, plus rare, appelé faille de « décollement ». L’analyse du dernier séisme du 12 février indique qu’il a probablement eu lieu sur cette structure particulière.
Une faille de « décollement » – également appelée «faille de détachement» – fait référence à une faille quasiment horizontale qui est souvent complètement enterrée. S’agissant du Kilauea, une faille de « décollement » existe à l’interface entre le fond marin et le volcan sus-jacent. Le glissement qui se produit le long de cette faille est en partie provoqué par l’intrusion magmatique le long de l’East Rift Zone du Kilauea qui exerce une pression sur le flanc sud du volcan et le pousse vers la mer.
Les données fournies par le réseau GPS du HVO montrent que, la plupart du temps, les mouvements du flanc sud du Kilauea se produisent à un rythme régulier, à raison d’environ 6 cm par an. On a alors affaire à un glissement stable le long de la faille, ce qui ne provoque pas de séismes majeurs. .
Cependant, le « décollement » du flanc sud du Kilauea n’est pas toujours aussi régulier. Il peut également se produire par à-coups d’une durée de quelques secondes qui génèrent des séismes ressentis par la population.
Alors que les failles qui ont donné naissance à Hilina Pali, Hōlei Pali, et autres falaises le long de la côte sud de Big Island produisent la majorité des séismes (en général de faible intensité) dans cette région, la faille de « décollement » est responsable des séismes les plus puissants.
Ainsi, en 1989, un événement de ce type a déclenché un séisme de M 6,1 qui a blessé cinq personnes, détruit cinq maisons, et a été ressenti dans toute la Grande Ile. La secousse la plus forte a été localisée dans le Lower Puna District, secteur qui connaît depuis cette époque une croissance rapide de la population.
En 1975, un séisme de M 7,7 à Kalapana a été encore plus destructeur. À l’époque, il y avait peu d’habitations à proximité de l’épicentre, mais de fortes secousses ont eu lieu dans tout le district de Puna et à Hilo, qui a subi des dégâts importants. Le séisme a également entraîné un affaissement de la côte atteignant parfois 3,5 mètres, avec un tsunami qui a causé la mort de deux personnes.
Source: USGS / HVO.

———————————-

drapeau anglaisEarthquakes are quite frequent on Hawaii Big Island and are mostly caused by fault movements generated by volcanic activity on Kilauea. On February 12th at 9:23 a.m.(local time), an M 4.1 earthquake occurred beneath Kilauea Volcano’s south flank which is one of the most seismically active areas in the United States. However, the event occurred on a fault that has also produced large and damaging events in past years.
The faults responsible for the majority of Kilauea south flank earthquakes belong to the Hilina Fault System. This system includes steep faults that form the cliffs lining Hawaii’s southeast coast, of which the Hilina Pali and Hōlei Pali are spectacular examples. Underneath these faults is another, and more uncommon, type of fault called “a décollement”. Analysis of the last earthquake indicates that it likely occurred on this unique structure.
“Décollement” or “detachment fault” refers to a nearly flat-lying fault that is often completely buried underground. At Kilauea, a décollement exists at the interface between the original seafloor and the overlying volcano. Sliding along this fault is driven partly by magma intruding into Kilauea’s East Rift Zone, which puts pressure on the south flank of the volcano and pushes it seaward.
Data from HVO’s GPS monitoring network shows that most of the time Kilauea south flank motion occurs at a steady rate of 6 cm per year. This indicates stable sliding on the fault, without the shaking that accompanies earthquakes.
However, Kilauea’s south flank décollement doesn’t only creep. It can also suddenly lurch forward in a matter of seconds, producing felt earthquakes.
While the faults responsible for Hilina, Hōlei, and other pali produce the majority of (usually low intensity) earthquakes on Kilauea’s south flank, the « décollement » is responsible for the strongest quakes.
In 1989, such an event produced an M 6.1 earthquake, which injured five people, destroyed five houses, and was felt throughout the Big Island. The strongest shaking was centered in the island’s Lower Puna District, an area that has since seen rapid population growth.
The 1975 M 7.7 Kalapana earthquake was even more destructive. At the time, there were few structures near the epicenter, but severe shaking occurred throughout the Puna District and in Hilo, which experienced heavy damage. The earthquake also caused the coastline to suddenly drop by up to 3.5 metres, generating a tsunami that resulted in the two fatalities associated with this event.
Source: USGS / HVO.

Séisme

Séisme du 12 février 2016 (Source: USGS / HVO)

Hilina Pali

Vue de l’Hilina Pali (Photo: C. Grandpey)

Quelques nouvelles volcaniques // A few volcanic pieces of news

drapeau-francaisDans son rapport pour la période du 10 au 16 février 2016, le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution mentionne quatre volcans qui ont été particulièrement actifs :
Des explosions sont encore observées sur le Sakurajima (Japon) avec des émissions de cendre jusqu’à 2 km d’altitude. Le niveau d’alerte reste à 3, sur une échelle de 5 niveaux.
Les panaches de cendre du Semeru (Indonésie) atteignent généralement des altitudes de 7-8 km. Un effondrement du dôme le 13 février a généré des coulées pyroclastiques qui ont dévalé les flancs S et SE sur 4 ou 5 km.
Les émissions de gaz et de vapeur du Soputan (Indonésie) montent jusqu’à environ 200 mètres au-dessus du cratère. La sismicité est dominée par des signaux indiquant des avalanches et des émissions de gaz. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1-4). Il est demandé aux habitants et aux touristes de ne pas approcher les cratères à moins de 6,5 km.
Les explosions du Zhupanovsky (Kamchatka) continuent, avec des panaches de cendre jusqu’à 7 km d’altitude. Une forte explosion le 13 février a généré un panache de cendre qui est monté jusqu’à 10 km d’altitude. L’alerte aérienne a été portée à la couleur Rouge, avant d’être ramenée à l’Orange.

———————————

drapeau anglaisIn its report for the period between February 10th and 16th, the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Program mentions four volcanoes that have been quite active.
Explosions are still observed on Sakurajima (Japan) with ash emissions up to 2 km a.s.l. The alert level remains at 3, on a 5-level scale.
Ash plumes from Semeru (Indonesia) usually rise to altitudes of 7-8 km. A lava-dome collapse on February 13th generated pyroclastic flows that travelled 4-5 km down the S and SE flanks.
White plumes from Soputan (Indonesia) rise as high as 200 metres above the crater. Seismicity is dominated by signals indicating avalanches and emissions. The alert level remains at 3 (on a scale of 1-4). Residents and tourists are advised not to approach the craters within a radius of 6.5 km.
Explosions at Zhupanovsky (Kamchatka) continue, generating ash plumes up to 7 km a.s.l. A larger explosion on February 13th generated an ash plume that rose up to10 km a.s.l. The aviation colour code was then raised to Red and later lowered to Orange.