Soputan (Indonésie): Nouveaux épisodes éruptifs // New eruptions

drapeau-francaisLes jours se ressemblent sur le Soputan qui a de nouveau été secoué par plusieurs éruptions ce dimanche, avec des panaches de cendre jusqu’à 2,5 km de hauteur.
Plusieurs zones proches du volcan ont reçu des pluies de cendre, ce qui a incité les autorités locales à distribuer des masques de protection à la population. Ces mêmes autorités ont interdit l’approche du Soputan à moins de 4 km du cratère, en sachant que dans le secteur situé au SO la zone d’évacuation a un rayon de 6,5 km.
Source: Xinhua

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drapeau anglaisDays look like one another at Mount Soputan with several new eruptions today Sunday, and an ash column up to 2.5 km high
Several areas close to the volcano were affected by ashfall and the local authorities distributed masks to protect local residents from the impact. They have also banned villagers or visitors from entering an area of 4 km from the crater, but at the southwest of the crater the evacuation zone is at 6. 5 km.
Source: Xinhua

Soputan-blog

Vue du Soputan (Crédit photo: Wikipedia)

Islande, terre des elfes // Iceland, land of the elves

drapeau-francaisL’Islande est souvent associée au monde des elfes, comme c’est le cas avec d’autres régions de Scandinavie. Cependant, en Islande, la croyance au huldufólk, ou «peuple caché », est beaucoup plus forte. On peut trouver de nombreux exemples à travers le pays
Dans la petite ville de Kopavogur, au sud de Reykjavik, on remarque une rue qui fait une boucle et se rétrécit brusquement pour éviter une petite colline parsemée de rochers. L’écart de trajectoire semble stupide, mais les gens qui habitent ici vous diront que c’est parce que les elfes ont élu domicile dans ces rochers. Dans les années 1970, une entreprise de travaux publics a voulu déplacer la colline pour faire place à la rue, mais les équipements sont constamment tombés en panne. Certains habitants ont fait remarquer aux ouvriers que des elfes vivaient dans les rochers et étaient la cause des problèmes. La situation a fait la une des médias de l’époque. Des équipes de télévision sont venues sur place, mais leurs caméras ont cessé de fonctionner! Le travail a finalement été abandonné et la rue fait aujourd’hui une boucle autour de la colline.
Il y a beaucoup de cas semblables en Islande – des maisons avec des murs déformés, des allées rétrécies ou des routes qui soudain se partagent en deux – à cause de la présence du huldufólk. Des scènes comme celle de Kopavogur ne sont pas exceptionnelles. L’année dernière, la Cour Suprême islandaise a bloqué un projet routier, en partie afin de déterminer son impact sur les elfes. A cause du huldufólk, des constructions d’usines, de barrages et de centres commerciaux ont été modifiées pour protéger les elfes, ou différées pour leur donner le temps de se déplacer.
La controverse la plus récente a eu lieu lorsque des défenseurs des elfes et des écologistes ont décidé de bloquer un projet de route qui devait traverser un champ de lave dans la péninsule d’Alftanes. Les défenseurs des elfes prétendaient que la construction perturberait un rocher de 30 tonnes qui était censé être une église elfe. Les écologistes affirmaient que la route détruirait un champ de lave qui était un repère culturel important. La Cour Suprême est intervenue et a finalement ordonné aux entrepreneurs de déplacer le rocher-église avant que le travail puisse reprendre.
D’autres exemples pourraient être cités. Ainsi, un hôpital de Selfossi a annulé une expansion du bâtiment lorsqu’il a fallu déplacer un rocher. La procédure a entraîné des problèmes de communication dans tout l’hôpital. Des ouvriers qui ont tenté d’aplanir un monticule de terre qui posait un problème de visibilité sur une route près de Sjagafjordi en 1978 ont finalement renoncé après que les équipes de voirie aient constaté qu’il se passait « des choses étranges » dans leur l’équipement. L’année dernière, sur l’île de Heimaey, un médecin a essayé d’ajouter une terrasse à sa maison, mais son outillage n’a cessé de tomber en passe et il a annulé le projet.
Un jour, lors d’un voyage en bus à travers l’Islande, je fus surpris de voir le chauffeur s’arrêter pour aller déposer une pierre sur un cairn près de la route. Il m’a expliqué qu’il le faisait chaque fois qu’il passait à cet endroit afin d’obtenir la protection des elfes qui y vivent.
En Islande, le huldufólk n’est pas composé de ces minuscules êtres verts aux oreilles pointues qui apparaissent dans certaines cultures. Ici, ils sont en général décrits comme des êtres magnifiques, de taille similaire à l’homme, vêtus de vêtements à la fois démodés et colorés. La seule différence, c’est qu’ils restent invisibles à la plupart des gens. Une enquête menée en 2007 a révélé que 3% des Islandais affirmaient avoir rencontré des elfes personnellement, 8% indiquaient qu’ils croyaient aux elfes, et 54% ne niaient pas leur existence.
Pour de nombreux Islandais, la question n’est pas de savoir si les elfes existent. Ils font partie d’une histoire culturelle commune, et donc ils existent, que l’on croit ou non en eux.
Adapté de plusieurs articles parus dans des revues islandaises.

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drapeau anglaisIceland is often associated with the world of elves, as this is the case with other countries in Scandinavia. However, in Iceland, the belief in the the huldufolk, or « hidden people, » is much stronger. One can find many examples throughout the country
In the small city of Kopavogur, just south of Reykjavik, one notices a street that abruptly loops and narrows to avoid a small hill dotted with rocks. The diversion seems stupid, but anyone here will tell you that it is because elves live in those rocks. In the 1970s, road builders wanted to move the hill to make way for the street, but they had permanent equipment breakdowns. Some local people told them elves lived in the rock and were responsible for the problems. The mishaps became big news in the media. Television crews came to the place but their cameras wouldn’t work! Finally, the work was abandoned and the street looped around the hill.
There are many such spots in Iceland – houses with distorted walls, narrowed driveways, and roads suddenly split in two – all to accommodate the huldufolk. Scenes like the one in Kopavogur are by no means exceptional. Last year, the Iceland Supreme Court blocked a major highway project, partly to determine its impact on elves. Because of the huldufolk, construction of factories, dams, and shopping malls has been modified to protect elves or delayed to give them time to move.
The most recent controversy occurred when elf believers and environmentalists decided to block a highway project through a picturesque lava field in the Alftanes peninsula. Elf advocates claimed the construction would disturb a 30-ton boulder that was an elf church. Environmentalists said the work would destroy a lava field that was a culturally significant landmark. The Supreme Court intervened and ordered contractors to move the boulder-church away from the road before work could continue.
More examples could be mentioned. Thus, a hospital in Selfossi canceled an expansion when attempts to move a rock caused communications problems throughout the hospital. Workers who tried to flatten hill that was a blind spot on a road near Sjagafjordi in 1978 gave up after road crews reported strange things happening to the equipment. Last year on the island of Heimaey, a doctor tried to add a patio to his house, but the equipment kept malfunctioning and he cancelled the project.
One day, while travelling by bus across Iceland, I was surprised to see the driver stop to go and lay a stone on a cairn close to the road. He explained me he did it each time he was driving along the road so as to get the protection of the elves that live in the place.
Iceland’s huldufolk are not the tiny, green and pointy-eared figures that most cultures associate with the word “elf”. Rather, they are usually described as beautiful beings, similar in size to humans, clad in colourful, old-fashioned clothes. The only difference is that they are invisible to most of us. A 2007 survey found that 3% of Icelanders claimed to have had personal encounters with elves, 8% said they believed in elves, and 54% would not deny elves existed.
For many Icelanders, the question is not to know whether elves exist. They are a part of a shared cultural history, and therefore they exist, whether or not anyone believes in them.
Adapted from several articles in Icelandic magazines.

Cairn

Cairn signalant un lieu habité par les elfes le long de la piste F 35

(Photo: C. Grandpey)

Quand la presse se déchaîne… // When the press gets mad…

drapeau-francaisComme je l’ai indiqué en temps utile, le Sakurajima a connu une séquence éruptive spectaculaire le 5 février, avec un panache de cendre zébré d’éclairs et des retombées de matériaux pyroclastiques sur le sommet du cratère Showa qui a été le siège de l’événement.
La presse s’est emparée de l’éruption avec des titres plus impressionnants les uns que les autres. En fait, elle n’a duré que quelques dizaines de secondes comme l’a montré la vidéo largement diffusée sur Internet. Le niveau d’alerte du volcan a été élevé de 2 à 3, mais l’événement a été qualifié de «modérément fort» par les volcanologues japonais.
On a beaucoup lu sur le fait que le volcan se trouve à quelques dizaines de kilomètres de la centrale nucléaire de Sendai (voir carte ci-dessous). En fait, une éruption comme celle du 5 février ne présente pas de risque réel pour la centrale. Il faut tout de même savoir que le Sakurajima est capable de beaucoup mieux faire, comme ce fut le cas en janvier 1914. L’éruption a alors tué plusieurs dizaines de personnes et provoqué des évacuations. Le volcan a cessé d’être une île car les matériaux émis on comblé le bras de mer qui le séparait du reste de Kyushu.
D’agissant des centrales nucléaires, je suis beaucoup plus inquiet en constatant que le Japon est un pays régulièrement soumis à de puissants séismes et qui comptait 54 réacteurs nucléaires au moment de la catastrophe de Fukushima !

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drapeau anglaisAs I indicated in due time, Sakurajima went through a dramatic eruptive sequence on February 5th, with an ash plume streaked with lightning and incandescent pyroclastic material that fell on the top of the Showa crater that was the seat of the event.
The press told about the eruption with impressive headlines. In fact, it lasted only a few tens of seconds as shown on the video released on the Internet. The volcanic alert level was raised from 2 to 3 but the event was said to be « moderately strong » by Japanese volcanologists.
A lot has been said about the fact that the volcano is a few dozen kilometres from the nuclear plant in Sendai (see map below). In fact, an eruption like that of February 5th presents no real risk to the plant. Sakurajima is capable of much better, as was the case in January 1914. By that time, the eruption killed dozens of people and caused evacuations. The volcano ceased to be an island because the materials it ejected filled the sea that separated it from the rest of Kyushu.
As far as nuclear power plants are concerned, I am much more concerned when seeing that Japan is a country regularly shaken by strong earthquakes, with 54 nuclear reactors on the eve of the Fukushima disaster!

Sendai 2