Séisme d’Anchorage (Alaska): Encore de nombreuses répliques // Anchorage earthquake: Numerous aftershocks

Comme cela se produit souvent après des séismes majeurs, des dizaines de répliques ont été enregistrées après la secousse de M 6,7 qui a frappé l’Alaska le 1er décembre 2018. Aucun décès ni blessé grave n’a été signalé, mais la région d’Anchorage a été sérieusement ébranlée, avec des routes fracturées, des coupures de courant et bâtiments endommagés.
Les compagnies d’électricité d’Anchorage s’efforcent de rétablir l’alimentation d’environ 30000 clients. Des équipes supplémentaires sont arrivées sur place pour aider à la remise en état du réseau et inspecter 5 580 kilomètres de conduites pour détecter des fuites éventuelles.
Les autorités affirment qu’il faudra des semaines pour réparer les routes endommagées par le séisme. Le président Trump a publié une déclaration d’urgence pour l’Alaska ; elle va permettre aux agences fédérales d’envoyer les fonds nécessaires à la reconstruction dans la région. [NDLR : Etat fournisseur de pétrole par l’oléoduc trans-alaskien, à la majorité Républicaine, l’Alaska est toujours bien vu par le gouvernement fédéral].
En Alaska, on enregistre en moyenne un séisme toutes les 12 minutes, avec plus de séismes importants que les 49 autres États réunis. Comme je l’ai déjà dit, la ville d’Anchorage a été durement touchée. Le séisme du Vendredi Saint1964 avait une magnitude de M 9.2. C’estt le plus important enregistré aux États-Unis et le deuxième dans le monde. Il a provoqué d’importants dégâts dans la ville et fait 129 morts, y compris dans le port de Vladez plus au sud. Le séisme du 1er décembre 2018 a été le plus important à Anchorage depuis l’événement de 1964.
L’USGS a déclaré que les répliques allaient durer un certain temps, mais a ajouté qu’il existait une faible probabilité – environ 4% – d’un autre séisme égal ou supérieur à M 7,0. L’agence fédérale a également déclaré qu’il y avait une probabilité de 27% d’un séisme de M 6.0 ou plus.
Source: USA Today

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As often happens after major earthquakes, dozens of aftershocks have been registered after the M 6.7 quake that hit Alaska on December 1st, 2018.  No deaths or serious injuries were reported but the Anchorage area suffered serious damage with cracked roads, power outages and damaged buildings.

Anchorage utility companies are scrambling to restore power to about 30,000 customers. Additional workers have been dispatches to help with recovery and assist the companies as they go about surveying 5,580 kilometres of pipeline for leaks.

Authorities say it will take take weeks to repair roadways damaged by the earthquake. President Trump has issued an emergency declaration for Alaska, which paves the way for federal agencies to help with relief efforts in the area.

Alaska averages an earthquake about every 12 minutes, with more large quakes than the other 49 states combined. As I put it before, Anchorage has been hit hard before. The Good Friday Earthquake in 1964 registered M 9.2. It was the largest ever in the U.S. and the second-largest ever recorded. It caused extensive damage to the city and resulted in 129 deaths. The December 1st earthquake was the “most significant” to strike Anchorage since the 1964 event.

The U.S. Geological Survey (USGS) said that aftershocks are expected to continue for some time but added there was a low probability, about 4 percent, of another earthquake equal or greater than M 7.0. The federal agency also said there was a 27 percent chance of an M 6.0 or greater.

Source : USA Today

Le port de Valdez a totalement été détruit par le séisme de 1964. La ville a été reconstruite quelques kilomètres plus loin, sur un site théoriquement plus stable. On peut visiter aujourd’hui le site initial où figurent les noms des victimes du séisme et du tsunami de 1964. (Photos : C. Grandpey)

Glissements de terrain et le séisme de 1964 en Alaska // Landslides and the 1964 earthquake in Alaska

drapeau-francais52 ans après le très violent séisme de M 9,2 qui a frappé l’Alaska le 27 mars 1964, les scientifiques ont mis en évidence le glissement de terrain sous-marin qui a déclenché certaines des vagues les plus meurtrières. Grâce à des techniques modernes permettant de cartographier le plancher marin dans le Prince William Sound, les scientifiques de l’USGS ont découvert pourquoi un glissement de terrain avait provoqué les vagues de tsunami. Des localités comme Valdez ou Chenega ont été les plus durement touchées. Elles ont été pratiquement rayées de la carte et reconstruites plus tard sur des sites différents.
Peu de temps après le séisme, les scientifiques ont évoqué la possibilité de glissements sous-marins pour expliquer le tsunami qui a suivi les secousses. Un rapport technique de l’USGS publié en 1969 fait état de «vagues localisées d’origine inconnue» pour expliquer la plupart des destructions. Cependant, la technologie bathymétrique de l’époque ne permettait d’atteindre qu’une profondeur d’environ 180 mètres. Les études modernes conduites avec la technologie sonar multifaisceaux ont révélé un vaste complexe de glissements de terrain sous-marins qui ont eu lieu à des profondeurs beaucoup plus grandes. Les conclusions des travaux de l’USGS ont été publiées dans la revue Earth and Planetary Science Letters.
Selon le rapport, le caractère exceptionnel du glissement de terrain est dû à sa grande profondeur, entre 250 à 350 mètres. Les fonds marins dans cette partie du Prince William Sound sont complexes, avec la présence d’une imposante moraine laissée par un glacier qui se trouvait autrefois dans ce secteur. L’analyse des dernières données a révélé que le séisme a déstabilisé des sédiments glaciaires qui se sont déversés sur cette moraine en recouvrant une zone située à environ 465 mètres de profondeur avec une couche de matériaux d’une épaisseur de 11 mètres. Ce volume de matériaux, violemment projeté à une telle profondeur, ne pouvait que générer l’énorme vague qui a atteint le rivage quatre minutes après le déclenchement du séisme.
Les résultats de l’étude de l’USGS confirment les théories avancées dans les années 1960 sur la cause du tsunami. Ils fournissent également des indications utiles sur de futurs glissements sous-marins provoqués par des séismes. Au vu de la topographie de certains fonds marins, on se rend compte qu’un séisme n’a pas forcément besoin d’être très violent pour provoquer un tsunami dévastateur en certains points de la côte.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglais52 years after the M 9.2 earthquake hit Alaska on March 27th 1964, scientists have pinpointed the underwater slide that triggered some of the deadliest tsunami waves. Using modern technology to map the floor of Prince William Sound, USGS scientists have found the landslide behind the tsunamis. Communities like Valdez or Chenega were the hardest hit by the event. They were nearly leveled and later rebuilt at a different site.
In the days that followed the earthquake, scientists speculated that underwater landslides produced the tsunami. A USGS technical report published in 1969 cited “localized waves of unknown origin” as the source of the most destruction. However, the bathymetric technology of the time allowed for study of the seafloor only to the depth of about 180 metres. Modern surveys conducted with multibeam sonar technology revealed a big complex of underwater slides that had occurred at much lower depths. The findings of the USGS-led project were published online in the journal Earth and Planetary Science Letters.
What made this slide unusual was that much of the material that slid was at a water depth of 250 to 350 metres. The seafloor in that part of Prince William Sound was complex, with a big underwater moraine left as the remnant of a past glacier. Analysis of the new data showed the earthquake triggered glacial sediment to pour over that underwater moraine and blanket an area about 465 metres deep with a layer of debris that was, on average, 11 metres thick. That volume of debris dumped on such a deep area was able to send a huge wave to the shore four minutes after the shaking began.
The findings confirm scientists’ theories from the 1960s about the cause of the tsunamis. They also provide warnings about future quake-triggered underwater landslides. Given certain seafloor conditions and contours, an earthquake need not be high in magnitude to cause a devastating localized tsunami.
Source : Alaska Dispatch News.

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drapeau-francaisVoici des photos montrant l’ancien emplacement de Valdez. Le village portuaire a été reconstruit à quelques kilomètres di site de la catastrophe. De nombreux panneaux indiquent la voie à suivre en cas d’évacuation mais, comme en 1964, il faudra faire vite, très vite pour échapper à un nouveau tsunami !

drapeau anglaisHere are some photos showing the site of Old Valdez. The port was rebuilt a few miles away. Today, numerous panels show people the way to follow in case of an evacuation. However, like in 1964, they will have to run fast, very fast, to escape another tsunami!

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Emplacement de Valdez au moment de la catastrophe de 1964

(Photos: C. Grandpey)

Les leçons du séisme de dimanche à Anchorage // The lessons of Sunday’s earthquake in Anchorage

drapeau-francaisLes sismologues en poste à Anchorage ont remarqué que le séisme de M 7.1 enregistré dimanche matin a secoué les quartiers de la ville de manière très inégale. Cette observation a pu être faite grâce à un vaste réseau de sismographes installés dans toute la ville. Il a été conçu il y a près de 20 ans, installé il y a une décennie et vraiment testé pour la première fois dimanche dernier.
Les instruments montrent que certains quartiers d’Anchorage ont ressenti le séisme de dimanche aussi fortement qu’en 1964. Toutefois, le tremblement de terre de1964 a causé beaucoup plus de dégâts, avec des mouvements du sol beaucoup plus importants et une durée beaucoup plus longue. La secousse de 1964 a duré 4 minutes, un laps de temps suffisant pour liquéfier le sol dans certaines parties de la ville. En revanche, le séisme de dimanche matin a duré seulement 10 à 15 secondes.
Les sismologues savent depuis longtemps que la partie E d’Anchorage a des sols plus résistants et donc plus susceptibles de faire face à des séismes. Par contre, le secteur O de la ville repose sur une couche d’argile très sensible aux séismes et qui peut se liquéfier en cas de secousses très fortes.
Après le séisme de 1964, les ingénieurs et les géologues ont déconseillé la reconstruction de certaines zones de la ville où les sols argileux s’étaient effondrés au cours des glissements de terrain qui avaient emporté des bâtiments. Ils ont réussi à limiter le développement urbain dans des zones à risque de glissement de terrain où le gouvernement fédéral a financé un important projet de stabilisation. Mais les autorités locales n’ont pas toujours écouté les scientifiques et elles ont autorisé la reconstruction dans d’autres secteurs. Ainsi, dans le quartier de Turnagain, où des dizaines de maisons se sont effondrées dans des fractures, ou ont terminé leur course dans l’océan en 1964, de nouvelles maisons, des routes et des services publics ont été construits sur leurs ruines. Plusieurs sismologues ont déclaré qu’ils n’accepteraient pas de vivre dans ces maisons et qu’ils éviteraient de fréquenter certains bâtiments du centre-ville.
Dans les années 1990, il y a eu un projet visant à installer un réseau d’instruments à Anchorage afin de montrer comment le sol peut avoir un comportement différent selon les endroits. Il était prévu qu’un réseau de 40 sismographes fonctionnerait en continu dans les services d’incendie, dans le sous-sol, dans les zones élevées et dans les parcs, etc. Le financement et l’installation de ce réseau ont pris de nombreuses années. Il a fallu ensuite attendre l’événement sismique qui permettrait d’activer les capteurs de mouvements du sol et de fournir des données détaillées. Cet événement s’est produit dimanche !
L’information donnée par les capteurs permettra de valider les modèles que les ingénieurs utilisent pour concevoir des bâtiments dans un pays exposé aux séismes. Les données pourraient également permettre aux scientifiques de répartir les sols en différentes catégories à travers Anchorage en fonction de leur capacité à accélérer les secousses sismiques. Ces informations pourraient définir des normes de construction dans des zones étroitement définies.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisSeismologists in Anchorage noticed that Sunday morning’s M 7.1 earthquake shook the town neighbourhoods with vastly different force.
This observation could be made thanks to the best urban seismograph network in Alaska, conceived almost 20 years ago, installed a decade ago and receiving its definitive test Sunday.
The instruments show that Sunday some parts of Anchorage experienced a shaking probably as high as during the massive 1964 earthquake that transformed the region. But the 1964 did vastly more damage with massively greater motion and much longer duration. The rupture in 1964 lasted 4 minutes, long enough to liquefy ground in Anchorage. The latest quake lasted only 10 to 15 seconds.
Experts have long known that the east side of Anchorage generally has stiffer soils and bedrock that resist shaking. The west side of town rests on a layer of clay that shakes readily and can turn to liquid with enough shaking.
After the 1964 earthquake, engineers and geologists tried to prevent rebuilding of some areas of the city where clay soils collapsed into slides that took down buildings. The experts succeeded in limiting development on some of the slides where the federal government paid for a massive stabilization project. But the city overruled the experts to allow rebuilding in other areas. In Turnagain, where scores of houses fell into cracks or sank into the ocean, new houses, roads and utilities were built over their ruins. Earthquake experts declared they would not live in those homes and they avoid some buildings downtown.
In the 1990s, there was a project to set up a system of instruments in Anchorage that would show how the ground moves differently over our varied soils. A thick network of 40 seismographs would operate continuously in fire houses, underground in drill holes, in high rises and parks, and elsewhere. The network took many years to fund and build. Then came the long wait for the kind of large earthquake that could activate the strong-motion sensors and give detailed data.
That moment came Sunday.
The information will help validate models that engineers use to design buildings in earthquake country. With extensive study, the data could also allow scientists to designate soils in different areas around town according to how they accelerate seismic shaking. That information could determine building design standards in closely defined zones.
Source : Alaska Dispatch News.