Sicile : Au voleur !

Pas d’amélioration en vue à l’aéroport de Catane. La SAC qui gère les activités aéroportuaires vient d’indiquer que, « en raison de l’activité éruptive de l’Etna et des émissions de cendres volcaniques, la fermeture de l’espace aérien a été étendue au secteur B3 et que les vols entrants et sortants à l’aéroport de Catane sont suspendus jusqu’à 2 heures du matin le 14 août 2026 »

Cette situation cause de sérieux problèmes aux touristes qui, en plein mois d’août, avaient choisi l’aéroport Fontanarossa comme destination ou comme point de départ de leurs vacances. Une solution consiste à faire transférer son vol vers l’aéroport de Palerme, mais les requins ne sont pas que dans la mer. Certains chauffeurs de taxis peu scrupuleux demandent 500, 600 et parfois 800 euros pour effectuer le trajet !

Cette situation catastrophiques est l’objet de nombreuses critiques. Certains font resurgir le projet d’un grand aéroport international au centre de la Sicile., mais ces gens semblent oublier qu’une telle structure serait, elle aussi, exposée aux cendres de l’Etna. En fin de compte, c’est le volcan qu’il faudrait déplacer !

Sur le terrain, l’activité éruptive continue avec un trémor qui présente toujours des valeurs relativement élevées. Les caméras thermiques montrent que la lave continue de s’échapper des différentes bouches éruptives, sans toutefois représenter une menace pour les zones habitées.

La cendre volcanique, un poison pour le trafic aérien

Dernières nouvelles le 13 août 2026 – 20 heures :L’activité effusive se poursuit au niveau des bouches éruptives situées à 2 750 m et 1 900 m d’altitude, alors qu’elle a cessé à 2 090 m d’altitude. Les fronts de lave actifs les plus avancés, essentiellement en provenance de la bouche située à 1 900 m, se trouvaient à 1 340 m d’altitude ce matin, légèrement au-dessus de Rocca Capra dans la Valle del Bove.
L’activité explosive de la Voragine connaît une forte augmentation depuis 19 heures (heure locale), avec des émissions de cendres dispersées dans le quadrant sud.

D’un point de vue sismique, l’amplitude moyenne du trémor volcanique demeurée élevée, avec une forte hausse entre 14h00 et 17h00. La source du trémor se situe dans la zone de la Voragine et au nord de la Bocca Nuova, à une altitude d’environ 3 000 m.
Une hausse progressive de l’activité infrasonore est enregistrée depuis le 13 août au matin, avec une augmentation significative à partir de 12h00. Les événements infrasonores étaient principalement localisés dans la zone de la Voragine, avec des amplitudes qui sont devenues élevées.

Source : INGV.

Image webcam de l’Etna le 13 août 2026 au soir

Vue d’un front de coulée

Kilauea (Hawaï) : Épisode 53 !

Après une brève activité préliminaire de faible intensité débutée vers 11 h 20 (heure locale) le 12 août 2026, avec des jaillissements intermittents et des débordements de lave depuis la bouche nord, l’Épisode 53 de l’éruption du Kilauea a démarré à cette bouche à 15 h 45, avec des fontaines de lave atteignant 25 à 30 mètres de hauteur.

Par la suite, les fontaines ont culminé à 150 mètres au-dessus du sol entre 17 h 00 et 17 h 45.

Le panache éruptif s’est élevé à plus de 5 400 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les vents soufflant du nord-est ont transporté du dioxyde de soufre, ainsi que des cendres fines et des cheveux de Pélé, vers le sud-ouest. L’épisode est toujours en cours au moment où je rédige ce message, à 19 h 45 (heure locale).

L’Épisode 53 a pris fin brutalement le 13 août 2026 à 01 h 23 (heure locale), après plus de neuf heures et demie d’activité de fontaines de lave qui ont jailli de la bouche éruptive nord nord. Comme je l’ai indiqué précédemment, la hauteur maximale des fontaines a atteint environ 150 mètres, tandis que le panache s’est élevé à plus de 5 500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le débit effusif a culminé à environ 230 mètres cubes par seconde, avec une moyenne de 135 mètres cubes par seconde sur l’ensemble de l’épisode. On estime à 4,6 millions de mètres cubes le volume de lave émis. Cette lave a couvert environ 40 à 50 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu. Le passage soudain d’une phase de déflation sommitale à une phase d’inflation à la fin de l’Épisode 53 laisse présager un nouvel épisode de fontaines de lave dans les jours à venir.

Source : HVO.

Images webcam de l’Épisode 53

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After a quick precursory low-level activity that began around 11:20 a.m. (local time) on August 12, 2026, with the onset of intermittent lava dome fountaining and overflows from the north vent, Episode 53 of the Kilauea eruption began from the north vent at 3:45 p.m. With lava fountains 25-30 meters high. Peak fountain heights later reached 150 m above ground level between 5:00 and 5:45 p.m. The plume from this eruption is reaching over 5,400 meters above sea level. Winds were blowing from the northeast carrying SO2 gas along with fine ash and Peleʻs hair to the southwest. The episode is going on while I’m writing this post at 19:45 (local time).

Episode 53 ended abruptly at 1:23 a.m. (local time) on August 13, 2026 after more than 9 and a half hours of continuous lava fountaining from the north vent. As I put it before, peak fountain heights reached approximately 150 meters and and plume height reached over 5500 m above sea level. The effusion rate peaked at about 230 cubic meters per second, with an average effusion rate of 135 cubic meters per second for the entire fountaining episode. An estimated 4.6 million cubic meters of lava erupted and covered about 40-50% of the Halemaʻumaʻu crater floor. The abrupt switch from summit deflation to inflation at the end of Episode 53 indicates that another lava fountaining episode is likely in the coming days.

Source : HVO.

L’éruption de l’Etna vue par l’INGV

Alors que l’activité éruptive se poursuit sur l’Etna avec un trémor qui montre des valeurs élevées, l’Istituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia (INGV) a dressé un bilan de la situation et tenté de prévoir son évolution.

Selon l’Institut, l’ouverture des bouches éruptives à des altitudes décroissantes constitue un signal géologique d’un intérêt majeur pour l’évaluation des risques. La morphologie de la zone, qui inclut la Valle del Leone et la Valle del Bove, forme, certes, un bassin de confinement naturel, mais l’évolution rapide du comportement des bouches éruptives exige une vigilance et une surveillance constantes.

Le 11 août 2026, on a observé une puissante émission de cendres de la Bocca Nuova qui a interagi avec des produits explosifs émis par la Voragine. Le phénomène a généré des coulées pyroclastiques modérées qui sont restées confinées à la zone sommitale. Cet événement souligne la rapidité avec laquelle la morphologie instable des cônes peut engendrer des phénomènes à haut risque.

Des relevés satellitaires effectués le 11 août 2026 ont confirmé la formation de tunnels de lave au Monte Simone. Ces tunnels assurent une circulation efficace de la lave, même à faible débit d’effusion .Ce processus d’isolation thermique permet à la lave de conserver sa fluidité et d’atteindre des altitudes inférieures. Actuellement, les fronts ont dépassé la Rocca delle Palombe et se stabilisent entre 1 370 m et 1 380 m près de la Rocca Capra.

Au vu de la situation actuelle, l’INGV envisage trois scénarios possibles :
1) Poursuite de l’activité explosive sommitale et de l’activité effusive avec des coulées de lave qui restent confinées dans la Valle del Leone et la Valle del Bove.
2) Possibilité d’une évolution rapide avec des colonnes éruptives plus puissantes ou de nouvelles coulées pyroclastiques générées par l’effondrement des cônes, comme lors de l’événement du 11 août.
3) Menace d’une intensification de l’activité effusive. Même si le débit d’émission au niveau du cratère diminue, la présence de tunnels de lave sur le Monte Simone maintient un risque élevé d’un déplacement de la lave vers les basses altitudes.

Dans sa conclusion, l’INGV explique que l’activation simultanée des conduits explosifs au sommet et des systèmes effusifs latéraux est la preuve d’une forte énergie de activité éruptive. La remontée persistante de nouveau magma et le développement d’un système de transport efficace avec les tunnels de lave demandent la plus grande attention en matière de protection civile.

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Mise à jour du 12 août 2026 à 18 heures (heure locale) : Au vu du dernier bulletin diffusé par l’INGV le 12 août 2026 en fin de journée, la situation sur l’Etna ne semble pas avoir montré de changements profonds depuis la veille.
L’activité effusive se poursuit au niveau des bouches éruptives situées à 2 750 m, 2 090 m et 1 900 m. Les fronts des coulées de lave alimentées par la bouche située à 2 360 m semblent se refroidir. À 13h00 (heure locale), les fronts actifs les plus avancés, liés à la bouche située à 1 900 m, se trouvaient à une altitude de 1 365 m, près de Rocca Capra dans la Valle del Bove.

L’activité explosive de la Voragine continue avec des intensités variables. Les émissions de cendres se dirigeaient aujourd’hui vers le sud, avec un fort impact sur le trafic aérien (voir ci-dessous).

D’un point de vue sismique, l’amplitude moyenne du trémor volcanique ne présente pas de changements significatifs et demeure élevée, avec une nette et progressive tendance à la hausse. La source du trémor se situe dans la zone de la Voragine, à une altitude d’environ 3 000 m au-dessus du
niveau de la mer.

Les signaux de déformations du sol ne montrent pas de changements particulièrement significatifs par rapport aux données précédentes.

Image satellite de l’Etna le 11 août 2026 (Copernicus : Sentinel-2)

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Les nuages de cendres émis par la Voragine et parfois la Bocca Nuova continent d’envahir les couloirs d’approche des aéroports de Catane-Fontanarossa et de Comiso et ont entraîné leur fermeture. Ce 12 août 2026, l’aéroport de Catane était fermé au minimum jusqu’à 18 heures, mais sa fermeture  – ainsi que celle de l’aéroport de Comiso – vient d’être prolongée jusqu’au 13 août à 16 heures. Cette situation illustre une nouvelle fois la vulnérabilité d’un système qui, en pleine saison touristique, est exposé aux aléas climatiques.

Les cendres volcaniques ne constituent pas un simple désagrément ; elles représentent une menace réelle pour la sécurité aérienne. L’Aviation Civile rappelle que les particules abrasives en suspension peuvent réduire considérablement la visibilité, endommager les surfaces extérieures et, surtout, causer des dégâts aux moteurs et aux systèmes embarqués des avions, avec des conséquences faciles à imaginer. . C’est pourquoi la SAC, société gestionnaire de l’aéroport de Catane, en coordination avec les autorités aéronautiques, met en œuvre des protocoles stricts prévoyant la fermeture temporaire de l’espace aérien ou de l’aéroport concerné.
Les répercussions pour les voyageurs sont immédiates avec des retards en cascade, des annulations préventives et de nombreux détournements vers d’autres aéroports. La situation s’est compliquée avec la fermeture de celui de Comiso qui sert habituellement de soupape de sécurité à Fontanarossa. Cette situation relance le débat sur les lacunes des transports en Sicile.

Le journal La Sicilia a diffusé un dessin qui résume bien la situation :

Les nuages de cendres du Katmai (Alaska) // The ash clouds from Katmai (Alaska)

L’éruption du Novarupta en 1912 dans la région de Katmai, en Alaska, a constitué l’événement volcanique le plus important du 20ème siècle. Elle a libéré 30 fois plus de magma que l’éruption du mont Saint Helens en 1980. Elle a débuté le 6 juin 1912 et a duré 60 heures.

 Vue du dôme de lave du Novarupta (Crédit photo : USGS)

L’éruption a modifié la morphologie de la région en créant une nouvelle bouche éruptive sur le Novarupta, la Vallée des dix mille Fumées (Valley of Ten Thousand Smokes) et la caldeira sommitale du mont Katmai.

Vue de la Vallée des 10 000 Fumées (Photo : C. Grandpey)

Aujourd’hui, il n’y a plus d’activité éruptive dans la zone, mais de violents vents soulèvent parfois des nuages de poussière susceptibles d’affecter les environs, selon la direction du vent. L’île Kodiak est souvent exposée à ces nuages.

Comme le précise le National Park Service, « aujourd’hui, la Vallée des dix mille Fumées offre l’occasion d’explorer un paysage façonné par la plus grande éruption volcanique du 20ème siècle. La beauté, l’immensité, le caractère sauvage et le mystère de la Vallée en font l’un des meilleurs endroits au monde pour étudier la violence des éruptions volcaniques et faire l’expérience de la puissance brute de la nature. »

Photo : C. Grandpey

Le 24 juillet 2026, des vents forts de nord-ouest soufflant aux abords de la Vallée des dix mille Fumées ont soulevé des cendres volcaniques issues de l’éruption Novarupta-Katmai de 1912 et les ont transportées vers le sud-est. Le National Weather Service a émis un bulletin d’alerte concernant ce phénomène, ajoutant que la hauteur maximale du nuage atteignait 1,8 km au-dessus du niveau de la mer.

Comme indiqué plus haut, ce phénomène, observé assez fréquemment dans la région, ne résulte pas d’une activité volcanique récente ; il survient lors d’épisodes de vents forts et de conditions sèches, sans neige, dans la région du Katmai ainsi que dans d’autres zones volcaniques de l’Alaska. L’AVO précise qu’aucune éruption n’est en cours. La couleur de l’alerte aérienne pour tous les volcans de la région du Katmai (Griggs, Katmai, Novarupta, Mageik, Martin, Snowy et Trident) reste Verte et le niveau d’alerte volcanique est Normal.

Nuage de cendres dans la Vallée des 10 000 Fumées (Crédit photo : NPS)

Toutefois, les cendres volcaniques en suspension doivent être prises au sérieux et considérées comme dangereuses. Elles sont susceptibles de nuire aux aéronefs ainsi qu’à la santé. Il est conseillé aux personnes souffrant de troubles respiratoires de réduire ou d’éviter les activités de plein air.
Source : Alaska Volcano Observatory.

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The 1912 Novarupta eruption of the Katmai area in Alaska was the largest volcanic event of the 20th century, releasing 30 times more magma than the 1980 Mount St. Helens eruption. It began on June 6, 1912, lasted for 60 hours. It shifted geography in the region by creating a new vent at Novarupta, the Valley of Ten Thousand Smokes, and the Mount Katmai summit caldera.

Today, there is no more volcanic activity in the area but from time to tome strong winds raise clouds of dust that may affect surrounding areas, depending on wind direction.

As specisied by the National Park Service, « today the Valley of Ten Thousand Smokes offers a chance to explore a landscape created by the largest volcanic eruption of the 20th century. The beauty, scale, wildness, and mystery of the Valley make it one of the best places in the world to study the violence of volcanic eruptions and experience the raw power of nature. »

On July 24, 2026, strong northwesterly winds in the vicinity of the Valley of Ten Thousand Smokes picked up loose volcanic ash erupted during the 1912 Novarupta-Katmai eruption and carried it to the southeast. The National Weather Service has issued an alert bulletin for this low-level event and suggests that the maximum cloud height is 1.8 km above sea level.

This phenomenon, which is observed quite frequently, is not the result of recent volcanic activity and occurs during times of high winds and dry snow-free conditions in the Katmai area and other young volcanic areas of Alaska. The AVO adds that no eruption is in progress. All of the volcanoes of the Katmai area (Griggs, Katmai, Novarupta, Mageik, Martin, Snowy and Trident) remain at Aviation Color Code GREEN and Alert Level NORMAL. Resuspended volcanic ash should be considered hazardous and could be damaging to aircraft and health. People with respiratory ailments are advised to reduce or avoid outdoor activities.

Source : Alaska Volcano Observatory.