Vulcano (Iles Eoliennes)

Comme je l’ai indiqué précédemment, l’ordonnance qui interdit à certains habitants de Vulcano de dormir dans leurs maisons situées dans la zone rouge a été prolongée jusqu’au vendredi 24 décembre 2021. L’objectif est de procéder à d’autres contrôles dans au moins une dizaine de maisons à l’aide de nouveaux instruments arrivés sur l’île. Il sera alors décidé s’il faut prolonger l’interdiction de dormir dans les maisons de cette zone, ou si les habitants seront autorisés à rentrer chez eux avec des restrictions, à l’exception des personnes fragiles.
Selon les volcanologues de l’INGV de Catane, la situation reste préoccupante sur l’île de Vulcano. Une nouvelle augmentation du dégazage au niveau des fumerolles peut encore être enregistrée, ainsi qu’une hausse de la température des gaz et de leur débit. Il peut aussi se produire une augmentation de la sismicité liée à l’activité hydrothermale et l’apparition de sismicité volcano-tectonique ainsi que des déformations du sol. Des phénomènes explosifs soudains tels que des explosions phréatiques peuvent également se produire. Beaucoup de questions restent sans réponse!
L’INGV ajoute qu’ il convient de surveiller en particulier la persistance du danger lié à la diffusion du CO2 depuis le sol et l’accumulation qui en résulte à proximité des zones d’émission vers la mer, dans les zones sous le vent, de bas niveau, et surtout dans les lieux fermés. L’atteinte de ces niveaux semble dépendre de l’intensité des émanations de gaz au sol et des conditions météorologiques, toutes deux très variables dans l’espace et dans le temps, rendant ainsi extrêmement difficile la prévisibilité des conditions localement dangereuses.

Au vu de ces déclarations, on se rend compte de l’aspect très aléatoire de la situation à Vulcano. Les nouvelles mesures permettront-elles d’en savoir plus sur l’évolution potentielle de cette situation? Pas sûr. Il ne serait pas surprenant que les scientifiques de l’INGV jouent la prudence et fassent valoir le principe de précaution. Il est fort probable que les mesures restrictives ne seront pas levées dans leur totalité.

Photo: C. Grandpey

Coup de chaud à Vulcano (Iles Eoliennes / Sicile) // New unrest at Vulcano (Aeolian Islands)

Durant l’été 2021, et en particulier à partir de septembre, les systèmes de surveillance INGV ont mis en évidence la variation de certains paramètres géophysiques et géochimiques enregistrés à Vulcano (Îles Éoliennes), notamment ceux liés à l’activité du système hydrothermal qui alimente les fumerolles dans le cratère de La Fossa.
La température des gaz émis par les fumerolles sur le bord du cratère a augmenté et la composition des gaz montre une augmentation du CO2 et du SO2. La micro-sismicité locale liée à la dynamique du système fumerollien a également montré une augmentation ces dernières semaines.
En conséquence, l’INGV a renforcé les réseaux de suivi et de surveillance existants pour mieux contrôler l’évolution de cette situation. De nouvelles stations sismiques ont été installées pour compléter celles existantes sur l’île. Il est également prévu d’installer une caméra thermique couvrant la zone fumerolienne du cratère. De plus, la section Palerme de l’INGV a récemment activé 4 nouvelles stations à Vulcano Porto pour mesurer le flux de CO2 au sol et la concentration de CO2 dans l’air.
Suite aux changements décrits ci-dessus, le Département de la Protection Civile a ordonné le passage du niveau d’alerte du Vert au Jaune pour l’île de Vulcano.

Ce n’est pas la première fois que l’on enregistre une montée en température dans le cratère de La Fossa à Vulcano. Dans les années 1990, alors que je procédais à une campagne de mesures sur l’île, il s’était produit une forte hausse de la température des fumerolles (environ 700°C). On se trouvait alors quasiment à la température des gaz magmatiques. Il se disait même que de l’incandescence était visible de nuit à l’intérieur des fissures qui parcourent les flancs du cratère, ce qui était probablement inexact. J’ai visité à deux reprises la zone de nuit sans rien observer d’anormal. Selon Franco Sortino qui était sur place avec d’autres scientifiques de l’Institut des Fluides de Palerme, la montée en chaleur du cratère était due à la présence d’un diapir, autrement dit la remontée d’un magma plus léger à travers des roches plus denses.

Il ne faut pas prendre à la légère les variations des paramètres volcaniques à Vulcano car la dernière éruption du volcan a eu lieu en 1888, c’est-à-dire il y a quelques minutes sur l’échelle géologique. Vous trouverez une note se rapportant à cette éruption sur ce blog en cliquant sur le lien suivant:

Vulcano (Iles Eoliennes / Sicile): L’éruption de 1888

Le gaz carbonique ne doit pas, lui non plus, être pris à la légère à Vulcano. Je l’ai expliqué en 2015 dans cette note :

Le gaz carbonique de Vulcano (Sicile / Italie) // Carbon dioxide at Vulcano (Sicily / Italy)

Un résumé des travaux que j’ai effectués à Vulcano figure dans le hors-série «L’Ile de Vulcano» dont je suis l’auteur et qui a été édité par L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.).

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During the summer of 2021, and in particular from September, the INGV monitoring systems revealed the variation of certain geophysical and geochemical parameters recorded at Vulcano (Aeolian Islands), in particular those linked to the activity of the hydrothermal system which feeds the fumaroles in the crater of La Fossa.
The temperature of the gases emitted by the fumaroles on the crater rim has increased and the composition of the gases shows an increase in CO2 and SO2. Local micro-seismicity linked to the dynamics of the fumarole system has also shown an increase in recent weeks.
As a result, INGV has reinforced the existing monitoring and surveillance networks to better control the development of this situation. New seismic stations have been installed to complement existing ones on the island. The Institute also plans to install a thermal camera covering the fumarolic area of the crater. In addition, the INGV Palermo section recently activated 4 new stations at Vulcano Porto to measure the CO2 flux on the ground and the CO2 concentration in the air.
Following the changes described above, the Department of Civil Protection has ordered the alert level to be changed from Green to Yellow for the island of Vulcano.

This is not the first time that a rise in temperature has been recorded in the crater of La Fossa in Vulcano. In the 1990s, while I was carrying out a measurement campaign on the island, there was a sharp rise in the temperature of the fumaroles (around 700 ° C). It was almost the temperature of magmatic gases. The rumour even said that incandescence was visible at night inside the fissures that run along the sides of the crater, which was probably incorrect. I visited the area twice at night without seeing anything abnormal. According to Franco Sortino, who was on site with other scientists from the Palermo Fluid Institute, the rise in temperature in the crater was due to the presence of a diapir, inamely theascent of lighter magma through denser rocks.
The variations in volcanic parameters at Vulcano should not be taken lightly because the last eruption of the volcano took place in 1888, that is to say a few minutes ago on the geological scale. You can read a note above about this eruption.
Carbon dioxide should not be taken lightly in Vulcano either. I explained it in 2015 in the note above.
A summary of the work I have carried out at Vulcano appears in the special issue « The Island of Vulcano » which was published by the European Volcanological Association (L.A.V.E.).

Emissions gazeuses dans le cratère de La Fossa

Emissions de CO2 sur le rivage de Vulcano

Photos : C. Grandpey

Que se passe-t-il à Stromboli ?

Dans mon dernier bulletin sur l’activité volcanique dans le monde, j’écrivais, après avoir consulté les rapports de l’INGV, que le Stromboli  montre actuellement son activité strombolienne habituelle. Elle se concentre essentiellement dans les parties Nord et Centre-sud de la terrasse cratèrique. La fréquence actuelle des explosions, d’intensité globalement moyenne, est de 12-14 événements par heure. Le Laboratorio Geofisica Sperimentale précise dans son bulletin du 15 janvier 2021 que l’édifice volcanique ne montre pas de déformation significative

En lisant la presse sicilienne et du sud de l’Italie ces derniers jours, on a une vision très différente des choses ! Ainsi, le Giornale di Sicilia titre le 15 janvier 2021 : Stromboli, paura sul cratere più esplosivo delle Eolie: ecco perchè la protezione civile è in allarme. – « Stromboli, peur sur le cratère le plus explosif des îles Éoliennes ; la protection civile est en alerte. »

Selon ce quotidien, ces derniers jours, l’activité du Stromboli se serait intensifiée et la direction régionale de la Protection Civile aurait lancé un message d’alerte. L’Université de Florence indique que « les observations du système de surveillance GB-InSAR montrent des variations significatives du champ de déformation dans le secteur du flanc nord-est du cratère, avec des valeurs de vitesse élevées (21,6 mm / heure). » Selon ces mêmes scientifiques, il existe un risque de « détachement possible de portions limitées des cônes avec écoulement d’avalanches de débris à haute température le long de la Sciara del Fuoco avec retombées de matériaux, dans des conditions de vent favorables, dans les zones habitées de Stromboli et Ginostra ».

Les autorités locales indiquent que toutes les mesures ont été prises pour assurer la sécurité de la population en cas d’événement volcanique. Le maire demande aux habitants d’être vigilants. Il rappelle que dans les conditions actuelles, l’accès du volcan aux visiteurs et aux randonneurs est interdit dès l’altitude 290 m. Côté Ginostra, le chemin de Punta Corvi est interdit à partir de l’altitude 130 m, mais autorisé jusqu’à 400 avec l’accompagnement de guides. Mêmes restrictions d’accès pour les sentiers de Punta Labronzo.

Nous sommes au mois de janvier, époque où il y a habituellement très peu de touristes à Stromboli, et encore moins en ce moment avec la crise sanitaire. La Sicile est d’ailleurs en train de passer en zone rouge avec des contraintes supplémentaires :

https://www.lasicilia.it/news/covid-19/385958/covid-sicilia-diventa-zona-rossa-misure-in-vigore-da-domenica-prossima.html

Il serait tout de même intéressant de savoir qui détient la vérité ! La webcam Skyline est hors service ce soir. Suite au prochain numéro.

La terrasse cratèrique du Stromboli (Source : INGV)

14 clips pour expliquer les volcans… // 14 video clip per spiegare i vulcani…

Le jeudi 10 octobre 2019 aura lieu à Catane, au Palazzo Platamone, la projection de14 clips vidéo produits par l’INGV. Leur but est d’évoquer les volcans et leur impact sur le territoire. Les vidéos ont été tournées dans le cadre du projet international VolFILM, financé par la Banque Mondiale et parrainé par l’Association internationale de volcanologie et de chimie de l’intérieur de la Terre (IAVCEI). La version italienne du projet, à laquelle s’ajoutent d’autres langues, notamment l’anglais, le français, l’espagnol et l’indonésien, a été éditée par INGV avec la collaboration de Leo Gullotta, un acteur catanais qui a accepté avec enthousiasme et gratuitement de prêter sa voix.
L’une des missions de l’INGV est d’informer sur les risques et les ressources naturelles. Selon son président, « les volcans sont l’expression du souffle de la Terre, ils sont des éléments vivants de la nature et nourrissent l’atmosphère, mais ils représentent également un grand danger. Les connaître est la première étape pour se protéger. La production des 14 vidéos à fort impact visuel vise à représenter les différents aspects de l’activité volcanique avec le pouvoir des images, afin que leur beauté devienne non seulement un sujet d’admiration de la force de la nature, mais également un stimulant pour la construction d’une société de citoyens conscients et capables de faire face au danger. »
L’Italie est l’une des nations les plus exposées au risque volcanique. Les volcans de ce pays, en particulier ceux de Campanie, comme le Vésuve et les Champs Phlégréens, constituent un danger potentiel pour des millions de personnes, tandis que les volcans siciliens, Etna et Stromboli, comptent parmi les plus actifs au monde.

Le projet a pour objectif de favoriser, au niveau mondial, une meilleure compréhension des phénomènes volcaniques par les populations exposées, afin de mieux faire connaître le risque volcanique, en particulier dans les zones où ce risque est plus élevé ou où il n’y a pas de mémoire historique de l’impact des éruptions.

Les clips vidéo dans leur version italienne seront présentés dans les mois à venir dans d’autres villes du pays et sont disponibles sur les canaux de communication de l’INGV, sur la chaîne YouTube : https://www.youtube.com/playlist?list=PLIZamyp_MUrDoCSWCEsvsDZGmQGDxxir4

et sur les pages VolFilm de Vimeo.com.

Voici l’un des 14 clips qui explique les différents comportements de la lave :

https://youtu.be/0NMpaHyh6BQ

Source : La Sicilia.

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Giovedì 10 Ottobre 2019 saranno proiettati a Catania, Palazzo Platamone, 14 videoclip prodotti dall’INGV. Il loro obiettivo è di raccontare i vulcani e il loro impatto sul territorio. I video sono stati girati nell’ambito del progetto internazionale VolFILM, finanziato dalla Banca Mondiale e patrocinato dall”Associazione Internazionale di Vulcanologia e Chimica dell’Interno della Terra (IAVCEI). La versione in italianodel progetto, insieme ad altre lingue, tra cui inglese, francese, spagnolo e indonesiano, è stata curata dall’INGV con la collaborazione di Leo Gullotta, un attore catanese che ha accettato con entusiasmo e a titolo gratuito di prestare la sua voce.
Una delle missioni dell’INGV è informare sui rischi e sulle risorse naturali. Secondo il suo presidente, “i vulcani sono l’espressione del respiro della Terra, sono elementi vivi della natura e rialimentano l’atmosfera, ma sono anche fonte di grande pericolo: conoscerli è il primo passo per difenderci. La produzione di video di grande impatto visivo è diretta a rappresentare con la forza delle immagini i vari aspetti dell’attività dei vulcani, affinché la loro bellezza diventi non solo ammirazione della forza della natura, ma stimolo a costruire una società resiliente di cittadini consapevoli.”
L’Italia è una delle nazioni più esposte al rischio vulcanico. I vulcani in questo paese, specialmente quelli campani, come il Vesuvio e i Campi Flegrei, rappresentano un potenziale pericolo per milioni di persone, mentre i vulcani siciliani Etna e Stromboli sono tra i più attivi al mondo.
L’obiettivo del progetto è promuovere una migliore comprensione dei fenomeni vulcanici da parte delle popolazioni esposte a livello globale, in modo da accrescere la conoscenza del rischio vulcanico, in particolare nelle aree in cui tale rischio è più elevato o in cui esiste nessuna memoria storica dell’impatto delle eruzioni.
I video clip nella loro versione italiana saranno presentati nei prossimi mesi in altre città d’Italia e sono disponibili sui canali di comunicazione dell’INGV, sul canale YouTube:

https://www.youtube.com/playlist?list=PLIZamyp_MUrDoCSWCEsvsDZGmQGDxxir4

e sulle pagine VolFilm di Vimeo.com

Ecco una delle 14 clip che spiega i diversi comportamenti della lava:
https://youtu.be/0NMpaHyh6BQ

Fonte: La Sicilia.

 

L’Etna et le Stromboli sont les fers de lance du volcanisme italien (Photos: C. Grandpey)

L’Etna e lo Stromboli sono le punte di diamante del vulcanismo italiano (‘Foto: C. Grandpey)