Réunion le volcan rouge

Après le double documentaire consacré à la Montagne Pelée (Martinique) et à Soufriere Hills (Montserrat), en voici un autre de la même veine. Il a pour sujet le Piton de la Fournaise sur l’Ile de la Réunion. Vous serez conduits sur le volcan, auprès des fontaines et coulées de lave, dans les tunnels et au fond de la mer par une bande de passionnés. Je connais quelques uns de ces « fous furieux de la Fournaise » que je salue ici. Je les remercie de m’avoir fait découvrir de petites parcelles de leur terrain de jeu. Mes amitiés aussi à Aline Peltier qui ponctue le film de ses commentaires scientifiques.

Vous découvrirez le film d’une cinquantaine de minutes en cliquant sur ce lien :

https://www.france.tv/documentaires/animaux-nature/1085373-reunion-le-volcan-rouge.html

Photos: C. Grandpey

Photo: Christian Holveck

Des Cratères de la Lune à la planète Mars // From Craters of the Moon to Mars

drapeau-francaisDes chercheurs de la NASA se sont donné rendez-vous en août 2016 au Monument national des Cratères de la Lune dans l’Idaho où ils ont réalisé le premier scan tridimensionnel d’Indian Tunnel, l’un des tunnels de lave les plus longs et les plus accessibles du site.
Leur travail permettra non seulement de mieux comprendre le passé géologique de notre planète, mais il permettra également aux scientifiques d’en savoir plus sur la vie souterraine susceptible d’exister sur d’autres planètes.
L’équipe a créé le nouveau scan à l’aide d’un LIDAR (acronyme de LIght Detection And Ranging), une technique de mesure à distance fondée sur l’analyse des propriétés d’un faisceau de lumière renvoyé vers son émetteur. Elle utilise des impulsions laser pour numériser un environnement et créer une image tridimensionnelle du terrain. Le puissant scanner laser utilisé par l’équipe scientifique peut détecter au millimètre près les détails et la texture d’une surface. Un tel scan nécessite plusieurs dizaines de gigaoctets de stockage et la cartographie d’un seul site peut prendre plusieurs jours. Si les scientifiques sont en mesure de découvrir les caractéristiques et les dangers à l’intérieur des tunnels de lave, les planificateurs de mission pourront à leur tour décider comment les explorer et les exploiter sur la Lune, sur Mars ou sur d’autres planètes.
Un chercheur de la NASA a expliqué que «le but ultime est de réaliser la cartographie d’un grand nombre de tunnels de lave.» Il espère pouvoir un jour installer un tel équipement de scannage sur un petit robot et à le piloter distance pour cartographier des tunnels de lave sur d’autres planètes.
Les scientifiques ont détecté les preuves d’un vaste réseau de tunnels sous la surface martienne. Certains planificateurs de missions pensent que ces tunnels pourront servir de refuges aux premiers explorateurs de la Planète Rouge. En effet, ils auront besoin de se protéger contre les rayonnements intenses, les tempêtes de poussière et les températures extrêmes. De plus, les anciennes grottes martiennes peuvent apporter leur lot de nouvelles révélations, comme des réservoirs d’eau et des traces de vie microbienne.
L’envoi d’astronautes dans des tunnels de lave non cartographiés sur la Lune ou sur Mars serait dangereux. Il sera donc préférable d’envoyer d’abord des robots, éventuellement  rattachés à la surface par un câble, en guise d’éclaireurs. Il se peut qu’un jour sur Mars l’accès rapide à ces abris sauve la vie des hommes venus explorer la planète. C’est là que les cartes LIDAR pourront s’avérer très utiles. Les scans obtenus peuvent dès maintenant être communiqués aux ingénieurs qui planifient les futures missions martiennes afin qu’ils puissent étudier en détail les meilleurs chemins à emprunter.
Source: National Geographic.

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drapeau-anglaisA team of NASA researchers gathered in August at Craters of the Moon National Monument in Idaho where they created the first complete three-dimensional scan of Indian Tunnel, one of the largest and most accessible lava tubes at the site.

Their work not only helps us better understand our planet’s geologic past, but it will also allow scientists to learn more about potential subterranean living on other worlds.

The team created the new scan using LIDAR (for LIght Detection And Ranging), which uses laser pulses to scan an environment and create a three-dimensional view of the terrain. The team’s powerful laser scanner can detect the detail and texture of a surface down to millimetres. Such scanning is data-intensive, requiring several tens of gigabytes of storage, and mapping a single location can take several days. But the more scientists can discover about the features and hazards that are common among lava tubes, the better mission planners can decide how to explore and exploit them on the moon, Mars, or elsewhere.

A NASA researcher explained that « part of the ultimate goal is to get a collection of lava tubes mapped.” He eventually hopes to mount similar scanning equipment on a small rover and remotely map alien lava tubes.

Scientists have found signs of an extensive network of lava tubes underneath the Martian surface, too. Some mission planners think these tubes will allow to keep early settlers safe.

Indeed, the visitors will need protection from intense radiation, dust storms, and temperature extremes. The ancient Martian caves may come with additional revelations, such as reservoirs of water and traces of microbial life.

Sending astronauts into unmapped lava tubes on the moon or Mars would be unsafe, so rovers, perhaps connected to the surface by a tether, will likely be sent ahead of them. Someday on the Martian surface, finding those easily accessible shelters may be lifesaving. And that’s where the LIDAR maps can become very useful. The resulting scans can now be shared with engineers and designers planning future Mars missions, so they can study the best possible paths in detail.

Source : National Geographic.

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Craters of the Moon National Monument (Photos: C. Grandpey)

 

Cerro Machín (Colombie): Une histoire de volcan et de tunnels…

drapeau francaisEn lisant la presse colombienne, on apprend qu’un nouveau système de tunnels au col Alto de La Línea, dans la Cordillère Centrale, va ouvrir une voie de logistique essentielle pour ce pays et le Venezuela voisin. Le problème est que cette infrastructure sera proche du Machín, un volcan potentiellement actif.
Le gigantesque projet comprend deux grands tunnels de 8,8 et 8,6 km de long, 21 tunnels plus courts et 29 viaducs dont la longueur totale sera de 6,8 km. Le premier des principaux tunnels, qui sera le plus long tunnel routier d’Amérique latine, devrait être achevé au milieu de l’année 2014.
En regardant une carte, on s’aperçoit que dans la province de Tolima la route passe à six kilomètres du volcan Machin, l’un des volcans les plus dangereux de Colombie, qui est entré en éruption six ou sept fois au cours des 10 000 dernières années. L’éruption la plus récente a eu lieu il y a environ 800 ans.
La carte à risques élaborée par l’INGEOMINAS en 1998 a été revue et étendue en 1999, 2000 et 2003. Elle recommande de prendre en compte les dangers posés par le volcan dans les décisions concernant «les projets stratégiques à moyen et long terme, en particulier pour les routes. » Le tunnel de La Línea et le volcan Machín sont distants à vol d’oiseau de 15 km seulement. Si le volcan entre en éruption, le tunnel se retrouvera très probablement sans route de part et d’autre !
Selon les volcanologues colombiens, même la plus petite éruption du Machín serait plus destructrice que l’éruption du volcan Nevado del Ruiz, à 45 km au nord-est, qui en Novembre 1985, a détruit la ville d’Armero, tuant 22 000 de ses 28 000 habitants et faisant plus de 5 000 blessés. Un scientifique a déclaré : « Les éruptions normales du Machín peuvent produire plusieurs kilomètres cubes de matériaux et les plus grandes ont atteint environ 20 km3.  » Si une éruption majeure se produit, un million de personnes sont susceptibles d’être directement affectées, avec un relogement permanent de la population loin de la zone à risques. Les régions de l’ouest et du centre du pays seraient complètement isolées. Trois zones agricoles importantes seraient détruites : Cajamarca, une partie de la province de Quindio, et la vallée d’irrigation de Tolima. Les villes à proximité pourraient être recouvertes d’une couche de cendre d’au moins cinquante centimètres d’épaisseur.
Les autorités espèrent apparemment que le volcan va rester calme pendant de nombreuses années. C’est un peu comme jouer à la roulette russe, avec une épée de Damoclès au- dessus de leurs têtes !

Si je me réfère à mon blog, je remarque que l’on a enregistré une hausse de la sismicité sur le Machin le 17 septembre 2010 avec 140 événements volcano-tectoniques (d’une magnitude pouvant atteindre M 1,8) détectés au sud et au sud-ouest du dôme principal, à des profondeurs allant de 2 à 4 km. D’autre part, le 10 février 2013, l’INGEOMINAS a diffusé un bulletin spécial précisant qu’un accroissement de la sismicité était observé sur le Cerro Machín, avec un essaim de plus de 210 événements. Parmi eux, les sismos ont enregistré une secousse de M 2,9 à une profondeur de 4,7 km qui a été ressentie par la population… No comment!

 

drapeau anglaisWhen reading the Colombian press, we learn that a new system of tunnels at the Alto de La Línea mountain pass in Colombia’s central Cordillera mountain range will open up a key logistics route for this country and neighbouring Venezuela. The problem is that this infrastructure will be close to the Machín, a potentially active volcano.

The gigantic project includes two main tunnels, 8.8 and 8.6 km long, as well as 21 short tunnels and 29 viaducts that will total 6.8 km in length. The first of the main tunnels, which will be the longest road tunnel in Latin America, is to be completed by mid-2014.

Looking at a map, one realises that in the province of Tolima, the road passes six kilometres from the Machín volcano, one of Colombia’s most dangerous volcanoes, which has erupted six or seven times in the past 10,000 years. The most recent eruption occurred around 800 years ago.

The hazards map drawn by INGEOMINAS in 1998 was amplified in1999, 2000 and 2003.

It recommends that the hazards posed by the volcano be taken into account in decision-making on “strategic medium and long-term plans, especially roads.” The La Línea tunnel and the Machín volcano are 15 km apart as the crow flies. If the volcano erupts, there is little doubt the tunnel will be left without a road.

According to Colombian volcanologists, even the smallest eruption by Machín would be larger than the eruption of the Nevado del Ruiz volcano, 45 km to the northeast, which in November 1985 destroyed the town of Armero, killing 22,000 of its 28,000 inhabitants and leaving over 5,000 injured. Said one scientist: “Machín’s normal eruptions can cover several cubic kilometres. And the big ones have been approximately 20 km3.” Should a major eruption occur, one million people might be directly affected with the permanent relocation of the population from the area at risk. The western and central parts of the country would be completely cut off. Three important farming areas would be destroyed: Cajamarca; part of the province of Quindío; and the Tolima valley irrigation district. Nearby towns would be covered with a layer of ash at least half a metre thick

The authorities are apparently hoping the volcano will be calm for many more years. It’s a bit like playing Russian roulette, with a Sword of Damocles above their heads.

Referring to my weblog, I notice that increased seismicity was recorded on Machin volcano on September 17th 2010. About 140 volcano-tectonic earthquakes (up to M 1.8) were located S and SW of the main lava dome at depths of 2-4 km. Besides, on February 10th 2013, INGEOMINAS released a special bulletin indicating that seismicity of Cerro Machín had increased with a seismic swarm of more than 210 events. Among them, seismographs detected an M 2.9 event at a depth of 4.7 km that was felt by the population… No comment!

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Le Cerro Machín, un volcan potentiellement actif.  (Crédit photo: Smithsonian Institution)

Tunnels de lave / Lava tubes

Depuis quelque temps, on voit apparaître sur Internet nombre d’articles sur les tunnels de lave. Ces formations spectaculaires sont relativement nombreuses à travers le monde et sont associées à un volcanisme effusif, généralement de type basaltique.

La formation d’un tunnel de lave est assez facile à expliquer. Une fois refroidie en surface, la coulée construit une croûte solide alors que le cœur reste fluide, ce qui permet à la lave de continuer à s’écouler. Lorsque la source de la coulée se tarit, le tunnel se vide et laisse une cavité en forme de galerie aux dimensions très variables. Certains tunnels ont des dimensions modestes alors que d’autres s’étirent sur plusieurs kilomètres. 

Il est intéressant de visiter quelques tunnels. On s’apercevra assez vite que leur morphologie est généralement la même. On avance sur un sol chaotique où peuvent apparaître quelques cordages, traces des dernières effusions de lave. Les parois latérales comportent souvent des banquettes qui correspondent aux variations de niveau de l’écoulement. Le plafond est en général orné de stalactites de refusion qui se sont formées lorsque la lave a été ramollie par de nouvelles montées en température. Certaines d’entre elles ont une forme oblique ou carrément en angle droit à cause de l’effet Venturi. J’ai eu l’occasion exceptionnelle de pénétrer dans une grotte permettant d’accéder à un tunnel de lave encore actif sur l’Etna. L’aspiration de l’air extérieur (effet Venturi) rendait la température de la grotte très supportable. Seul le rayonnement du fleuve d’or qui s’écoulait devant mes  yeux empêchait de s’approcher davantage.

On peut visiter des tunnels en de nombreux points du monde : Islande, Corée du Sud, Australie, Ile de la Réunion, Etats-Unis, etc. Le plus long tunnel terrestre connu est le Kazumura à Hawaii, avec 59,3 kilomètres. Peu de gens le visitent. Claustrophobes s’abstenir ! Les touristes sont orientés vers le Thurston Lava Tube, facile d’accès et éclairé.

En Californie, le Lava Beds National Monument permet de visiter un grand nombre d’anciens tunnels.

Plus près de nous, l’Etna recèle plusieurs grottes et tunnels : Grotta de Tre Livelli, Grotta di Cassone, Grotta delle Palombe, Grotta dei Lamponi, Grotta del Gelo. Cette dernière doit son nom au fait qu’elle renferme de la glace. Elle est magnifique mais je ne suis pas certain que l’on puisse encore la visiter. Il y a quelques années, des vandales ont cassé des formations de glace et il a été décidé d’en interdire l’accès. Avant ce triste épisode, j’avais eu la chance de visiter la Grotta del Gelo en compagnie de mon ami Pippo Scarpinati et je n’oublierai jamais la beauté des reflets et de la transparence de la glace.

 

Vous trouverez dans la colonne de droite de ce blog une petite galerie montrant quelques tunnels que j’ai eu l’occasion de visiter.