Hawaii : l’éruption d’‘Ailā‘au et ses tunnels de lave // Hawaii : the ‘Ailā‘au eruption and its lava tubes

Le dernier article de la série « Volcano Watch » publiée par l’Observatoire des Volcans d’Hawaii, le HVO, est consacré à ‘Ailā‘au, la plus grande coulée de lave subaérienne identifiée sur le Kilauea.
Il y a environ 1 000 ans, des éruptions effusives ont mis fin à une période de 1 200 ans d’activité essentiellement explosive. Des coulées de lave se sont accumulées sur le plancher de la caldeira de Powers qui a précédé la caldeira actuelle au sommet du Kilauea. La lave a rempli la caldeira et a commencé à déborder en formant deux grands champs qui ont pris la forme d’un bouclier.
Vers l’année 1400, peu de temps après la fin de la formation de cet immense champ de lave, une bouche a émis de la lave dans la partie orientale du bouclier, près de l’extrémité Est du cratère du Kilauea Iki. C’est ainsi qu’a débuté l’éruption d’Ailā’au.
On estime que l’éruption d’Ailā’au a duré une soixantaine d’années, au cours desquelles une superficie d’environ 430 kilomètres carrés a été recouverte de coulées de lave pahoehoe.
Les principales coulées se sont dirigées vers l’Est et ont couvert la majeure partie du District de Puna au nord de l’East Rift Zone du Kilauea, laissant derrière elles de nombreux kipuka de lave plus ancienne. Un grand nombre d’habitations dans le District de Puna sont aujourd’hui construites en partie, ou entièrement, sur les coulées de lave de l’éruption d’Ailā’au.
La plus grande partie de la lave s’est écoulée à l’intérieur d’un vaste réseau de tunnels. À la fin de l’éruption, la lave à l’intérieur des tunnels s’est évacuée, laissant place à des grottes souterraines. La plus connue, le Kazumura, est le plus long tunnel de lave continu identifié au monde. Il commence près du sommet du Kilauea et s’étend presque jusqu’à la côte, sur une quarantaine de kilomètres. Il a également la plus grande déclivité de tous les tunnels de lave, avec un dénivelé d’environ 1100 m entre la partie supérieure et la partie inférieure. De nombreuses lucarnes dans le Kazumura ont permis à des scientifiques, spéléologues et autres visiteurs de pénétrer à l’intérieur.
Bien que le Kazumura soit le principal réseau de tunnels à avoir véhiculé la lave pendant l’éruption d’Ailā’au, de nombreux autres tunnels plus courts se sont formés dans le champ de lave. C’est ainsi qu’est apparu, près de la source de l’éruption, le Nāhuku – Thurston Lava Tube – un site très populaire dans le Parc national des volcans d’Hawai’i
L’éruption d’Ailā’au a été étudiée, cartographiée et datée à l’aide du Carbone 14, ce qui a permis d’estimer la durée, la superficie et le volume de la coulée de lave. On retrouve également l’éruption dans de nombreuses histoires et chants hawaïens sur Pele et Hi’iaka.
Source : USGS/HVO.

——————————————

The latest « Volcano Watch » released by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) is dedicated to ‘Ailā‘au, the largest identified subaerial lava flow on Kilauea Volcano.

About 1,000 years ago, effusive eruptions broke a 1,200-year-long period of predominantly explosive activity. During this time, lava flows accumulated on the floor of the Powers caldera, the predecessor of the present-day caldera at the Kilauea summit. Eventually, lava filled and started to overflow the caldera, forming two large shields.

Shortly after the shield formation ended in approximately 1,400, lava erupted from a vent on the eastern-most shield, near the eastern end of Kilauea Iki crater,commencing the Ailā‘au eruption.

The eruption is estimated to have lasted about 60 years during which time an area of about 430 square kilometres of land was covered by pahoehoe lava flows.

The main ‘Ailā‘au lava flows advanced to the east and covered most of the Puna District north of the East Rift Zone of Kilauea, leaving numerous kipuka of older lava within the flow field. A large number of communities within the Puna District today are built mainly, or entirely, on ‘Ailā‘au flows.

The majority of the lava was transported away from the ‘Ailā‘au vent by an extensive lava tube network which formed during the eruption. When the eruption ended, much of the lava within the tube drained away, leaving natural subsurface caves. The most well-known tube system, Kazumura cave, is the longest identified continuous lava tube in the world. It starts near Kilauea summit and extends almost to the coast, about 40 km away. It also has the largest vertical drop of any lava tube, descending approximately 1100 m in elevation between the upper and lower extents. Numerous skylight entrances into Kazumura cave have provided access for scientists, spelunkers, and other visitors.

Although Kazumura is the main tube system that transported lava during the eruption, many shorter lava tube sections formed in the ‘Ailā‘au flow field. One example, near the ‘Ailā‘au vent, is Nāhuku – Thurston Lava Tube – in Hawai‘i Volcanoes National Park

The ‘Ailā‘au eruption has been studied, mapped, and dated using radiocarbon data, in order to estimate the duration, area, and lava flow volume. The eruption has also been documented in many stories and Hawaiian chants about Pele and Hi‘iaka.

Source : USGS / HVO.

A l’intérieur du Kamuzura (Photos: C. Grandpey)

Islande : Comportement stupide sur le site de l’ éruption // Iceland : Stupid behaviour on the eruption site

Malgré les mises en garde répétées de la police et des secouristes, de nombreux visiteurs – probablement des touristes étrangers – s’aventurent sur le champ de lave produit par l’éruption de Fagradalsfjall. Certaines personnes ont été repérés sur les images de l’une des webcams en train de déambuler sur la lave à peine solidifiée :

https://icelandmonitor.mbl.is/a/img/monitor/bg/bg_fafaf7_1026x1.png

Une grande partie de la lave de l’éruption de Fagradalsfjall circule actuellement dans des tunnels. S’aventurer sur le champ de lave peut vite virer au drame si le toit d’un tunnel s’effondre sous le poids d’une personne. C’est une mort atroce certaine dans la rivière de lave qui coule sous la croûte.

Les secouristes islandais insistent sur le fait qu’ils n’iront pas aider ces personnes si elles rencontrent des problèmes car ils n’ont aucune envie de mettre leur propre vie en danger.

Un tel comportement inconscient sur les volcans n’est pas exceptionnel. En Islande, certains touristes finissent leurs vacances à l’hôpital parce qu’ils se sont éloignés des sentiers balisés sur les zones thermales de Krisuvik ou de Namaskard. La croûte est très fragile dans ces zones et plonger les pieds dans de la boue à 100 degrés n’est pas une expérience très agréable !

Les accidents avec la lave se produisent généralement dans des endroits où elle est très fluide, et donc très chaude. Plusieurs accidents (impliquant certains de mes amis) ont eu lieu sur le Kilauea à Hawaï ou sur Ol Doinyo Lengai en Tanzanie à l’époque où des coulées de lave avançaient sur ces volcans.

Il faut savoir que ces risques ne sont souvent inutiles car il y a très peu de lucarnes sur le champ de lave en Islande, mais la croûte peut être fine en certains endroits. Alors, ne gâchez pas vos vacances par des comportements stupides !

Source : Iceland Monitor.

—————————————–

Despite repeated statements issued by police and rescue workers, numerous visitors – probably foreign tourists – walk on the lava field created by the Fagradalsfjall eruption. Some were spotted on video recorded by one of the webcams as they were crossing the newly solidified lava (see link above)Lava from the Fagradalsfjall eruption is currently travelling in tunnels. Wlking on the lava field can turn into drama if the roof of a tunnel collapses under the weight of a person who would be sure to die atrociously in the lava river flowing beneat the crust.

Icelandic rescuers insist that will not go and rescue these people if they encounter problems as they do not want tu put their lives at stake.

Such unconscious behaviour on volcanoes is not exceptional. In iceland, some tourists end up their holidays in hospital because they walked away from the marked footpaths in the Krisuvik or Namaskard thermal areas. The earth’s crust is very fragile in these areas and plunging one’s feet in 100-degree mud is not a very pleasant experience !

Accidents with the lava usually occur in places where lava is very fluid, and so very hot. Several accidents (with several friends of mine) were reported on Kilauea Volcano in Hawaii or on Ol Doinyo Lengai in Tanzania when lava flows were observed on these volcanoes.

It should be known that these risks often amount to nothing as there are very few skylights on the lava flield in Iceland, but thr crust can be thin in many places. So, please, don’t ruin your holidays by being stupid !

Source : Iceland Monitor.

Réunion le volcan rouge

Après le double documentaire consacré à la Montagne Pelée (Martinique) et à Soufriere Hills (Montserrat), en voici un autre de la même veine. Il a pour sujet le Piton de la Fournaise sur l’Ile de la Réunion. Vous serez conduits sur le volcan, auprès des fontaines et coulées de lave, dans les tunnels et au fond de la mer par une bande de passionnés. Je connais quelques uns de ces « fous furieux de la Fournaise » que je salue ici. Je les remercie de m’avoir fait découvrir de petites parcelles de leur terrain de jeu. Mes amitiés aussi à Aline Peltier qui ponctue le film de ses commentaires scientifiques.

Vous découvrirez le film d’une cinquantaine de minutes en cliquant sur ce lien :

https://www.france.tv/documentaires/animaux-nature/1085373-reunion-le-volcan-rouge.html

Photos: C. Grandpey

Photo: Christian Holveck

Des Cratères de la Lune à la planète Mars // From Craters of the Moon to Mars

drapeau-francaisDes chercheurs de la NASA se sont donné rendez-vous en août 2016 au Monument national des Cratères de la Lune dans l’Idaho où ils ont réalisé le premier scan tridimensionnel d’Indian Tunnel, l’un des tunnels de lave les plus longs et les plus accessibles du site.
Leur travail permettra non seulement de mieux comprendre le passé géologique de notre planète, mais il permettra également aux scientifiques d’en savoir plus sur la vie souterraine susceptible d’exister sur d’autres planètes.
L’équipe a créé le nouveau scan à l’aide d’un LIDAR (acronyme de LIght Detection And Ranging), une technique de mesure à distance fondée sur l’analyse des propriétés d’un faisceau de lumière renvoyé vers son émetteur. Elle utilise des impulsions laser pour numériser un environnement et créer une image tridimensionnelle du terrain. Le puissant scanner laser utilisé par l’équipe scientifique peut détecter au millimètre près les détails et la texture d’une surface. Un tel scan nécessite plusieurs dizaines de gigaoctets de stockage et la cartographie d’un seul site peut prendre plusieurs jours. Si les scientifiques sont en mesure de découvrir les caractéristiques et les dangers à l’intérieur des tunnels de lave, les planificateurs de mission pourront à leur tour décider comment les explorer et les exploiter sur la Lune, sur Mars ou sur d’autres planètes.
Un chercheur de la NASA a expliqué que «le but ultime est de réaliser la cartographie d’un grand nombre de tunnels de lave.» Il espère pouvoir un jour installer un tel équipement de scannage sur un petit robot et à le piloter distance pour cartographier des tunnels de lave sur d’autres planètes.
Les scientifiques ont détecté les preuves d’un vaste réseau de tunnels sous la surface martienne. Certains planificateurs de missions pensent que ces tunnels pourront servir de refuges aux premiers explorateurs de la Planète Rouge. En effet, ils auront besoin de se protéger contre les rayonnements intenses, les tempêtes de poussière et les températures extrêmes. De plus, les anciennes grottes martiennes peuvent apporter leur lot de nouvelles révélations, comme des réservoirs d’eau et des traces de vie microbienne.
L’envoi d’astronautes dans des tunnels de lave non cartographiés sur la Lune ou sur Mars serait dangereux. Il sera donc préférable d’envoyer d’abord des robots, éventuellement  rattachés à la surface par un câble, en guise d’éclaireurs. Il se peut qu’un jour sur Mars l’accès rapide à ces abris sauve la vie des hommes venus explorer la planète. C’est là que les cartes LIDAR pourront s’avérer très utiles. Les scans obtenus peuvent dès maintenant être communiqués aux ingénieurs qui planifient les futures missions martiennes afin qu’ils puissent étudier en détail les meilleurs chemins à emprunter.
Source: National Geographic.

————————————–

drapeau-anglaisA team of NASA researchers gathered in August at Craters of the Moon National Monument in Idaho where they created the first complete three-dimensional scan of Indian Tunnel, one of the largest and most accessible lava tubes at the site.

Their work not only helps us better understand our planet’s geologic past, but it will also allow scientists to learn more about potential subterranean living on other worlds.

The team created the new scan using LIDAR (for LIght Detection And Ranging), which uses laser pulses to scan an environment and create a three-dimensional view of the terrain. The team’s powerful laser scanner can detect the detail and texture of a surface down to millimetres. Such scanning is data-intensive, requiring several tens of gigabytes of storage, and mapping a single location can take several days. But the more scientists can discover about the features and hazards that are common among lava tubes, the better mission planners can decide how to explore and exploit them on the moon, Mars, or elsewhere.

A NASA researcher explained that « part of the ultimate goal is to get a collection of lava tubes mapped.” He eventually hopes to mount similar scanning equipment on a small rover and remotely map alien lava tubes.

Scientists have found signs of an extensive network of lava tubes underneath the Martian surface, too. Some mission planners think these tubes will allow to keep early settlers safe.

Indeed, the visitors will need protection from intense radiation, dust storms, and temperature extremes. The ancient Martian caves may come with additional revelations, such as reservoirs of water and traces of microbial life.

Sending astronauts into unmapped lava tubes on the moon or Mars would be unsafe, so rovers, perhaps connected to the surface by a tether, will likely be sent ahead of them. Someday on the Martian surface, finding those easily accessible shelters may be lifesaving. And that’s where the LIDAR maps can become very useful. The resulting scans can now be shared with engineers and designers planning future Mars missions, so they can study the best possible paths in detail.

Source : National Geographic.

cl-001

cl-002

cl-003

cl-004

Craters of the Moon National Monument (Photos: C. Grandpey)