Alors que l’activité éruptive se poursuit sur l’Etna avec un trémor qui montre des valeurs élevées, l’Istituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia (INGV) a dressé un bilan de la situation et tenté de prévoir son évolution.
Selon l’Institut, l’ouverture des bouches éruptives à des altitudes décroissantes constitue un signal géologique d’un intérêt majeur pour l’évaluation des risques. La morphologie de la zone, qui inclut la Valle del Leone et la Valle del Bove, forme, certes, un bassin de confinement naturel, mais l’évolution rapide du comportement des bouches éruptives exige une vigilance et une surveillance constantes.
Le 11 août 2026, on a observé une puissante émission de cendres de la Bocca Nuova qui a interagi avec des produits explosifs émis par la Voragine. Le phénomène a généré des coulées pyroclastiques modérées qui sont restées confinées à la zone sommitale. Cet événement souligne la rapidité avec laquelle la morphologie instable des cônes peut engendrer des phénomènes à haut risque.
Des relevés satellitaires effectués le 11 août 2026 ont confirmé la formation de tunnels de lave au Monte Simone. Ces tunnels assurent une circulation efficace de la lave, même à faible débit d’effusion .Ce processus d’isolation thermique permet à la lave de conserver sa fluidité et d’atteindre des altitudes inférieures. Actuellement, les fronts ont dépassé la Rocca delle Palombe et se stabilisent entre 1 370 m et 1 380 m près de la Rocca Capra.
Au vu de la situation actuelle, l’INGV envisage trois scénarios possibles :
1) Poursuite de l’activité explosive sommitale et de l’activité effusive avec des coulées de lave qui restent confinées dans la Valle del Leone et la Valle del Bove.
2) Possibilité d’une évolution rapide avec des colonnes éruptives plus puissantes ou de nouvelles coulées pyroclastiques générées par l’effondrement des cônes, comme lors de l’événement du 11 août.
3) Menace d’une intensification de l’activité effusive. Même si le débit d’émission au niveau du cratère diminue, la présence de tunnels de lave sur le Monte Simone maintient un risque élevé d’un déplacement de la lave vers les basses altitudes.
Dans sa conclusion, l’INGV explique que l’activation simultanée des conduits explosifs au sommet et des systèmes effusifs latéraux est la preuve d’une forte énergie de activité éruptive. La remontée persistante de nouveau magma et le développement d’un système de transport efficace avec les tunnels de lave demandent la plus grande attention en matière de protection civile.

Image satellite de l’Etna le 11 août 2026 (Copernicus : Sentinel-2)
°°°°°°°°°°
Les nuages de cendres émis par la Voragine et parfois la Bocca Nuova continent d’envahir les couloirs d’approche des aéroports de Catane-Fontanarossa et de Comiso et ont entraîné leur fermeture. Ce 12 août 2026, l’aéroport de Catane est fermé au minimum jusqu’à 18 heures, illustrant une fois de plus la vulnérabilité d’un système qui, en pleine saison touristique, est exposé aux aléas climatiques.
Les cendres volcaniques ne constituent pas un simple désagrément ; elles représentent une menace réelle pour la sécurité aérienne. L’Aviation Civile rappelle que les particules abrasives en suspension peuvent réduire considérablement la visibilité, endommager les surfaces extérieures et, surtout, causer des dégâts aux moteurs et aux systèmes embarqués des avions, avec des conséquences faciles à imaginer. . C’est pourquoi la SAC, société gestionnaire de l’aéroport de Catane, en coordination avec les autorités aéronautiques, met en œuvre des protocoles stricts prévoyant la fermeture temporaire de l’espace aérien ou de l’aéroport concerné.
Les répercussions pour les voyageurs sont immédiates avec des retards en cascade, des annulations préventives et de nombreux détournements vers d’autres aéroports. La situation s’est compliquée avec la fermeture de celui de Comiso qui sert habituellement de soupape de sécurité à Fontanarossa. Cette situation relance le débat sur les lacunes des transports en Sicile.
Le journal La Sicilia a diffusé un dessin qui résume bien la situation :
