Le lac de lave de l’Halema’uma’u (Hawaii) // The Halema’uma’u lava lake (Hawaii)

drapeau-francaisVoici une très bonne vidéo qui montre en accéléré le mouvement de la lave à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma ‘u. On voit parfaitement la lave émerger au pied de la paroi nord du cratère (à gauche de l’image) et se diriger ensuite vers le sud où elle s’enfonce au niveau d’une petite grotte creusée dans la paroi SE. On se rend compte sur le document, réalisé le 4 décembre 2016 par le HVO, que le niveau du lac a considérablement baissé ces derniers jours suite à l’épisode de déflation en cours sur le Kilauea. On peut raisonnablement penser que ce n’est que temporaire, mais on a vu dans le passé que le lac pouvait aussi se vidanger. Affaire à suivre.

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-1585.mp4

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drapeau-anglaisHere is a very good time lapse video which shows the movement of lava within Halema’uma ‘u Crater One can clearly see lava emerging at the foot of the northern wall of the crater (to the left of the image) and then flow towards the south where it sinks into a grotto at the southeast margin of the lake. The document, shot on December 4th 2016 by HVO, shows that the level of the lake has dropped significantly in recent days in the wake of the deflationary episode on Kilauea volcano. One can reasonably think that this is only temporary, but we saw in the past that the lake could also drain. To be continued.
http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-1585.mp4

Nouvelles du Kilauea (Hawaii) // News of Kilauea volcano (Hawaii)

drapeau-francaisDepuis le 2 décembre, le Kilauea connaît un épisode de déflation particulièrement prononcé. Comme d’habitude, la lave dans le cratère de l’Halema’uma’u réagit à ce comportement du volcan et son niveau a tellement chuté que la lave n’est plus visible depuis la terrasse du Jaggar Museuam. Il se peut que cet événement ne soit que temporaire, mais cela faisait pas mal de temps qu’il ne s’était pas produit.

Dans le même temps, la lave continue à entrer dans la mer dans la partie orientale du site de Kamokuna. Les conditions d’observation ne sont pas optimales car la lave voyage à l’intérieur des tunnels et elle entre en contact avec l’océan à l’extrémité du vaste delta qui s’étend au pied de la falaise littorale. Comme je l’ai déjà indiqué, cette plateforme est fracturée et des effondrements accompagnés de dangereuses explosions peuvent se produire à tout moment.

A noter que la lave de la coulée 61g a percé la surface sur le versant SE du Pu’uO’o et a parcouru plusieurs centaines de mètres. Elle ne présente toutefois pas de danger pour les zones habitées.

Source : HVO.

A côté de cela, les conditions météorologiques ne sont pas bonnes et de fortes pluies étaient annoncées pour ce week-end, avec risques d’inondations soudaines. La neige recouvre les sommets du Mauna Loa et du Mauna Kea.

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drapeau-anglaisSince December 2nd, Kilauea volcano is going through a significant deflation episode. As usual, lava within Halema’uma’u Crater responds to this behaviour of the volcano and its level has dropped so much that it is no longer visible from the terrace of the Jaggar Museuam. This may be a temporary event, but it had not been for quite a long time.
At the same time, the lava continues to enter the ocean in the eastern part of the Kamokuna site. The observation conditions are not optimal because lava travels inside tunnels and it comes into contact with the ocean at the end of the vast delta that extends at the foot of the coastal cliff. As I have already indicated, this platform is fractured and collapses accompanied by dangerous explosions can occur at any time.
Lava from the 61g flow has pierced the surface on the SE flank of Pu’uO’o and traveled several hundred meters. However, it does not pose any danger to populated areas.
Source: HVO.
The current weather conditions are not good and heavy rains were announced for this weekend, with risks of flash floods. The snow covers the peaks of Mauna Loa and Mauna Kea.

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Source: HVO.

Cerro Hudson (Chili): Hausse du niveau d’alerte // Cerro Hudson (Chile): Increase of the alert level

drapeau-francaisLe 1er décembre 2016, le Servicio Nacional de Geología y Minería (SERNAGEOMIN) a élevé à la couleur Jaune le niveau d’alerte du Cerro Hudson, dans les Andes méridionales.

Quelque 70 séismes ont été enregistrés depuis le début novembre, avec un événement de M3,2 à 4,8 km de profondeur. Cette sismicité est semblable à celle qui a précédé l’éruption de 2011. Le nombre de secousses n’a pas réellement augmenté par rapport à la normale sur ce volcan, mais l’énergie libérée par les événements les plus importants a augmenté au cours des deux derniers mois. Selon le SERNAGEOMIN, elle est liée à des mouvements de magma sous l’édifice volcanique. Par précaution, une zone de sécurité de 3,5 km de rayon a été mise en place autour du Cerro Hudson.

Il ne faudrait pas oublier que le Cerro Hudson a connu l’une des plus fortes éruptions de la fin du 20ème siècle. L’éruption de 1991 avait un VEI de 5, semblable à celui du Mt St Helens en 1980. L’éruption de 2011 avait un VEI de 2 ; elle a ouvert trois nouvelles bouches sur le volcan et a recouvert de cendre la glace à son sommet. Le Cerro Hudson doit donc être surveillé étroitement.

Sources : SERNGEOMIN & Wred.

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drapeau-anglaisOn December 1st, the Servicio Nacional de Geología y Minería (SERNGEOMIN) raised the alert status for Cerro Hudson (southern Andes) to Amarillo (Yellow).

About 70 earthquakes have been recorded since the start of November, with an M3.2 event at a depth of 4.8 km. This seismicity is similar to that before the last eruption of Hudson in 2011. The number of earthquakes hasn’t increased that much, but energy released by the largest earthquakes has been increasing over the past few months. The seismicity has been associated by SERNAGEOMIN with magma movement. As a precaution, a 3.5-kilometer exclusion zone has been set up around the volcano.

One should remember that Cerro Hudson produced one of the largest eruptions in the latter half of the 20th century. The 1991 eruption was a VEI 5 event, which is on the same scale as Mount St. Helens in 1980. Even the 2011 eruption, which was VEI 2, opened three new vents on the volcano and covered the ice-filled summit caldera with dark grey ash. So, any unrest like this at Hudson bears close watching.

Sources : SERNAGEOMIN & Wired.

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Sommet du Cerro Hudson en 1991 (Crédit photo: Wikipedia)

Des similitudes entre El Tatio (Chili) et la planète Mars // Similarities between El Tatio (Chile) and Mars

drapeau-francaisEn 2007, Spirit, le module d’exploration de la planète Mars – Mars Exploration Rover (MER) – a atteint une plate-forme légèrement surélevée que les scientifiques ont baptisée Home Plate. Cet affleurement rocheux avait une base composée de cendres solidifiées avec, à proximité, des dépôts de basaltes riches en gaz. A côté de cette plate-forme, on apercevait sous la surface un sol de couleur claire mis à jour par les roues du robot. Les spectres des minéraux de ce sol ont été envoyés vers la Terre et les analyses ont révélé qu’il était composé presque entièrement de silice.
D’un point de vue géologique, il semblait y avoir deux hypothèses: Home Plate avait peut-être été une fumerolle volcanique, ou bien il pouvait s’agir des restes d’une source chaude riche en minéraux. Quoi qu’il en soit, l’eau et la chaleur avaient probablement joué un rôle, et la découverte a fait naître de nouvelles questions et de nouveaux projets d’études.
C’est à ce moment que le robot Spirit a décidé de se taire et de ne plus émettre ! Pour essayer de percer le mystère de la Home Plate martienne, les chercheurs ont parcouru la Terre dans l’espoir de trouver des signaux minéralogiques semblables à ceux observés sur Mars. Ils pensaient qu’en découvrant des conditions identiques ou quasiment identiques à l’environnement martien, ils pourraient être en mesure de reconstituer les événements qui ont ponctué l’ancien passé de la planète.
C’est pourquoi une équipe scientifique de l’Université d’Arizona s’est rendue à El Tatio, un ensemble de sources chaudes de l’altiplano chilien. À 4200 mètres d’altitude, le paysage froid et sec est proche de l’environnement martien. Une fois sur place, les chercheurs sont partis à la recherche de la silice opaline, une combinaison amorphe de dioxyde de silicium (SiO2) et d’eau qui forme une fine croûte de dépôts autour des canaux d’évacuation de l’eau. En utilisant le même type de spectromètre infrarouge que le robot Spirit sur Mars, ils ont cherché des échantillons montrant une forte capacité d’absorption au nombre d’ondes 1 260 dans le spectre. Alors que la plupart des bandes d’absorption sur Home Plate étaient plausibles en se référant la géologie terrestre, cette bande d’absorption de 1 260 restait mystérieuse.
Les scientifiques ont découvert que certains échantillons prélevés à El Tatio présentaient la capacité d’absorption à 1 260 dans le spectre ; de plus, ces échantillons présentaient une fine couche de chlorure de sodium (NaCl) au-dessus de la silice. En y regardant de plus près avec un microscope électronique, ces roches présentaient des couches minces qui faisaient alterner la silice compacte et une texture remplie de trous qui, semblables à des échantillons prélevés en Nouvelle Zélande, ont été façonnées par des activités microbiennes. Au fur et à mesure que les biofilms des communautés microbiennes denses croissent, ils excrètent une boue riche en sucre qui se lie à la silice ou aux minéraux riches en calcium qui précipitent hors de l’eau chaude. Des roches se forment, et tandis que certaines cellules sont trop lentes pour s’échapper et se trouvent noyées dans la silice, la plupart s’extirpent vers la surface, laissant derrière elles  un réseau de trous qui se remplit d’eau salée pour finir recouvert de halite (espèce minérale solide composée de chlorure de sodium de formule brute).
Suite à leurs observations à El Tatio, les scientifiques de l’Arizona ont publié un rapport faisant valoir que la silice opaline à Home Plate provenait probablement d’une source chaude plutôt que d’une fumerolle volcanique.

Source: Discover Magazine.

Et pendant ce temps, les abysses de nos océans, où se cachent les zones de subduction génératrices de puissants séismes et tsunamis, restent dans l’obscurité. Comme me le faisait remarquer le biologiste marin Laurent Ballesta il y a quelque temps, plus de 75 % des zones très profondes restent inexplorées.

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drapeau-anglaisIn 2007, the Mars Exploration Rover (MER) Spirit came across a slightly raised platform which scientists named Home Plate. The rocky outcrop had a base of solidified ash, with nearby deposits of gas-filled basalts. Next to the plateau, a light-coloured soil just beneath the surface was exposed by the rover’s wheels. Mineralogical spectra of this soil were beamed back to Earth, revealing that it was composed almost entirely of silica.

From a geological standpoint, there seemed to be two main options: Home Plate may have been a volcanic fumarole, or it could signify the remnants of a mineral rich hot spring. Either way, water and heat were likely involved, and the discovery led to new questions and exciting plans for further studies.

But then, the Spirit rover went silent. To pursue the Home Plate mystery, they travelled over the Earth for mineralogical signals most similar to those found on Mars. They thought that by determining the conditions that best recapitulate the Martian data, they might be able to piece together the events of Mars’ ancient past.

Which is why a team of scientists at Arizona State University travelled to El Tatio, a series of hot springs in Chile’s altiplano. At 4,200 metres high, the cold and dry landscape was close to the Martian environment. Once there, they tracked down opaline silica, an amorphous combination of SiO2 and water that forms thin, crusty deposits around water channels. Using the same type of infrared spectrometer that the Spirit rover deployed on Mars, they looked for samples that showed a strong absorption feature at 1,260 wavenumbers in the spectrum. While most of the Home Plate absorption bands made sense based on terrestrial geology, that 1,260 band had remained mysterious.

Remarkably, some samples at El Tatio showed the 1,260 feature – samples that had a thin crust of NaCl on top of the silica. Looking even closer with electron microscopy, these rocks showed thin layers that alternated between compacted silica and a hole-filled texture that has, in similar samples from New Zealand, been shaped through microbial activity. As biofilms of dense microbial communities grow, they excrete sugar-rich slime, which binds silica or calcium minerals that precipitate out of the hot water. Rocks are constructed, and while some cells are too sluggish to escape and are entombed by the silica, most squirm upward to the surface, leaving a network of holes that is filled in with salty water and ultimately coated with halite.

Bringing several types of data together – mineralogical, morphological, and chemical – The Arizona scientists have published a report arguing that the opaline silica at Home Plate came from a hot spring rather than a volcanic fumarole.

Source : Discover Magazine.

And during this time, the abysses of our oceans, where subduction zones are generating powerful earthquakes and tsunamis, remain in complete darkness. As marine biologist Laurent Ballesta told me some time ago, more than 75% of the very deep ocean areas remain unexplored.

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« Geysers » d’El Tatio (Photo: C. Grandpey)