Réchauffement climatique : l’eau source de conflits // Climate change : water might cause conflicts

Suite à la vague de chaleur et de sécheresse qui frappe la France, la quasi-totalité du pays – 90 départements sur 96 – est désormais en état d’alerte sécheresse. Dans de nombreuses régions, seuls les prélèvements d’eau permettant d’assurer les usages prioritaires sont autorisés. Cette pénurie est bien sûr la conséquence du réchauffement climatique. Le phénomène s’accélérant, elle risque de s’étendre dans les années à venir et devenir source de conflits, voire de guerres.

En 2009, le vice-président de la Banque Mondiale déclarait : « Les guerres du 21ème siècle seront provoquées par l’eau, à moins que nous ne changions notre façon de la gérer. » Le risque de conflit est facile à comprendre. La population mondiale augmente et la demande en eau fait de même. Dans le même temps, l’approvisionnement en eau douce se tarit à cause du réchauffement climatique et du développement économique. Les zones qui souffrent le plus du stress hydrique sont souvent celles qui ont connu une croissance démographique rapide. Par exemple, la population du Tchad est passée de 3,6 millions en 1970 à 16,4 millions aujourd’hui. Au cours de la même période, le lac Tchad s’est presque asséché. C’est une catastrophe pour les quelque 30 millions de personnes au Tchad et dans les pays voisins qui dépendent du lac pour leur approvisionnement en eau douce. Les agriculteurs locaux ont vu leurs moyens de subsistance réduits à néant. De nombreux analystes établissent un lien direct entre l’augmentation de la pénurie d’eau dans la région et la montée de Boko Haram, le groupe islamiste qui a terrorisé une grande partie du nord du Nigeria et des environs
L’instabilité dans la région sahélienne de l’Afrique, en grande partie liée à la désertification, est désormais devenue un casse-tête en matière de sécurité, avec des ramifications qui s’étendent jusqu’en Europe. La France mène une guerre infructueuse contre les militants islamistes au Sahel depuis 2013. Si une partie de la population juge la vie de plus en plus insoutenable au Sahel mais reste sur place, une autre partie entreprend le voyage vers le nord et tente de traverser l’Europe. L’immigration clandestine d’Afrique et du Moyen-Orient vers l’Europe est désormais devenue le fer de lance de l’extrême droite en France, en Italie et en Espagne.
De semblables tensions sont en train de naître entre la Chine et l’Inde au sujet des droits à l’eau et de la construction de barrages. Comme je l’ai écrit dans des notes précédents, presque tous les grands fleuves d’Asie prennent leur source sur le Plateau Tibétain, et la Chine érige des infrastructures hydroélectriques à grande échelle pour pouvoir contrôler l’eau en amont. Ce qui inquiète l’ Inde, c’est que la Chine puisse chercher à utiliser l’accès à l’eau comme moyen de pression sur le pays. L’Inde elle-même est une source d’inquiétude pour le Bangladesh voisin qui s’inquiète de la capacité de ce pays à accéder aux eaux des rivières qui prennent leur source en Inde. La situation du Bangladesh met en évidence l’un des paradoxes de l’approvisionnement en eau et de la géopolitique. Le pays s’inquiète à la fois du trop peu et du trop d’eau. La pénurie d’eau douce constitue une menace pour l’approvisionnement alimentaire dans l’un des pays les plus densément peuplés au monde. A côté de cela, l’élévation du niveau de la mer causée par le réchauffement climatique menace de rendre de grandes parties du pays inhabitables dans les décennies à venir.
L’élévation du niveau de la mer est en effet susceptible de devenir une nouvelle source de conflits géopolitiques car elle entraînera des mouvements massifs de personnes à mesure que les zones fortement peuplées deviendront inhabitables. L’Asie du Sud-Est risque de perdre en trente ans quatre zones habitables. On s’attend à ce que 90 % du Vietnam soit inondé une fois par an par l’eau de mer. Une inondation d’eau de mer dans le delta du Mékong signifiera la fin de la production de riz dans un pays qui figure parmi les plus grands producteurs au monde.
Dans l’Ouest américain, les conséquences du réchauffement climatique sont désastreuses. Les impacts potentiels sur des États comme la Californie, le Nevada et l’Arizona ne sont pas encore connus, mais le niveau critique de l’eau dans le lac Powell et le lac Mead inquiète au plus haut point les autorités.
Dans le nord-ouest du Pacifique, les climatologues prédisent l’un des étés les plus secs jamais enregistrés. Près de 71% de la zone composée de l’Oregon, de l’Etat de Washington et de l’Idaho est en sécheresse et près d’un quart connaît déjà une sécheresse extrême.
Les responsables du système d’irrigation qui approvisionne plus de 1 000 agriculteurs et éleveurs à la frontière entre la Californie et l’Oregon ont annoncé qu’une partie seulement de l’eau serait allouée cette année en raison de la sécheresse. C’est la troisième année consécutive qu’une grave sécheresse touche une région où il n’y a pas assez d’eau pour satisfaire la demande.
Les services d’irrigation qui fournissent de l’eau aux agriculteurs le long du Rio Grande dans le sud du Nouveau-Mexique et le long du Pecos à l’est annoncent également des restrictions.
Pour résoudre la crise de l’eau dans l’ouest des États-Unis, il a été question de détourner ou de pomper l’eau du Mississippi, mais l’idée a été abandonnée car elle serait trop coûteuse. Il semblerait plus raisonnable – bien que coûteux aussi – de construire des usines de dessalement dont l’énergie électrique pourrait être fournie par des parcs éoliens et des champs de panneaux solaires.
Source : D’après un article paru dans le Financial Times.

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Following the heat wave and drought that hit our country, almost all of metropolitan France, 90 out of 96 departments, is now on drought alert. In many regions, only water withdrawals to ensure the exercise of priority uses are authorized. This water shortage is of course the consequence of global warming. As the phenomenon is accelerating, it risks spreading in the years to come and becoming a source of conflict, even war.

In 2009, the vice-president of the World Bank declared: “The wars of the twenty-first century will be about water, unless we change the way we manage water.” The risk ofwar is easy to understand. The world’s population is growing and so is the demand for water. Meanwhile, the supply of fresh water is being depleted by global warming and economic development. The areas that are most water-stressed are often those that have experienced some of the fastest population growth. For instance, the population of Chad has grown from 3.6 million in 1970 to 16.4 million today. Over the same period, Lake Chad has nearly dried up. The results have been devastating for the some 30 million people of Chad and neighbouring countries who relied on the lake for freshwater supplies. Local farmers have seen their livelihoods destroyed. Many analysts draw a direct link between the increase in water scarcity in the area and the rise of Boko Haram, the Islamist militant group, which has terrorised much of northern Nigeria and the surrounding area.

The instability in the Sahel region of Africa, much of it linked to desertification, has now become a security headache, whose ramifications reach all the way into Europe. France has waged an unsuccessful war against Islamist militants in the Sahel since 2013. If people find life increasingly unsustainable in the Sahel, many more will make the journey north and attempt to cross into Europe. Illegal immigration from Africa and the Middle East into Europe has now become the hot-button issue for the far-right in France, Italy and Spain.
There are similar bubbling tensions between China and India over water rights and the construction of dams. As I put it in previous posts, almost all of Asia’s major rivers originate on the Tibetan Plateau, and China is erecting an expansive hydro-infrastructure to make itself the upstream water controller. The concern in India is that China might seek to use access to water as a chokehold over India. But India itself is a source of concern for neighbouring Bangladesh, which worries about its ability to access the waters of rivers that originate in India. The situation of Bangladesh, however, highlights one of the paradoxes about water supply and geopolitics. The country is simultaneously concerned about too little and too much water. A scarcity of fresh water poses a threat to food supplies in one of the most densely populated countries in the world. But rising sea levels caused by climate change threaten to make large parts of the country uninhabitable in the coming decades.

Rising sea levels are indeed likely to become a new source of geopolitical conflict, since they will force the mass movement of people across borders as heavily populated areas become uninhabitable. South-east Asia is at risk in just thirty years of losing four liveable areas. 90 per cent of Vietnam is now expected to be flooded once a year by seawater. One flooding with seawater of the Mekong Delta will mean it is no longer in rice production and it is one of the biggest rice-producing countries in the world.

In Western US, the consequences of global warming are disastrous. The potential impacts to states like California, Nevada and Arizona are not yet known. But the cricical levels of Lake Powell and Lake Mead deeply worry the authorities. .

In the Pacific Northwest, experts are predicting one of the driest summers on record, noting that nearly 71% of the region made up of Oregon, Washington and Idaho is in drought and nearly one-quarter is already experiencing extreme drought.

An irrigation district that supplies more than 1,000 farmers and ranchers on the California-Oregon border announced earlier this week that they would get a fraction of their normal water allocation this year due to drought. It is the third consecutive year that severe drought has impacted a region where there is not enough water to satisfy competing demands.

Irrigation districts that supply water to farmers along the Rio Grande in southern New Mexico and along the Pecos in the east also are promising short seasons.

To solve the water crisis in Western US, there have been talks of diverting or pumping water from the Mississippi River, but the idea was abandoned because it would be too costly. It would seem more reasonable – although costly too – to build desalination plants whose electric power could be provided by windfarms and fields of solar panels.

Source: After an article in The Financial Times.

La sécheresse et la pénurie d’eau aux Etats Unis auront un impact sur l’économie (Photos: C. Grandpey)

Urgence énergétique aux Etats Unis // Energy emergency in the United States

Avec la sécheresse qui sévit depuis des mois aux Etats Unis, les cours d’eau et les réserves sont au plus bas, ce qui pose des problèmes en agriculture et menace l’approvisionnement en électricité des zones habitées. Certaines régions doivent s’attendre à des coupures de courant.

C’est pourquoi le président américain Joe Biden a déclaré l’urgence énergétique dans le pays le 6 juin 2022 en raison des menaces qui pèsent sur « la disponibilité d’une production d’électricité suffisante pour répondre aux besoins de la population ». L’urgence énergétique restera en vigueur pendant au moins 24 mois.
Voici un extrait de la déclaration de M. Biden :

« De nombreux facteurs menacent la capacité des États-Unis à fournir une production d’électricité suffisante pour répondre à la demande de la population. Ces facteurs comprennent les perturbations causées au marché de l’énergie par l’invasion de l’Ukraine par la Russie et les phénomènes météorologiques extrêmes exacerbés par le changement climatique. Par exemple, dans certaines parties du pays, les conditions de sécheresse couplées aux vagues de chaleur provoquent à la fois des pénuries d’approvisionnement en électricité et une demande record d’électricité. En conséquence, la Federal Energy Regulatory Commission et la North American Electric Reliability Corporation ont toutes deux mis en garde contre les problèmes de distribution d’électricité à court terme. Afin d’assurer l’adéquation des ressources électriques, les services publics et les opérateurs de réseau doivent s’engager à construire dès maintenant de nouvelles capacités de production afin de répondre aux besoins de la population.
L’énergie solaire est l’une des sources de production d’électricité qui se développe le plus vite aux États-Unis. Les services publics et les opérateurs de réseau s’appuient de plus en plus sur de nouvelles installations solaires pour maintenir une bonne distribution d’électricité. Les nouveaux champs photovoltaïques devraient représenter plus de la moitié de la capacité du secteur électrique en 2022 et 2023.
Actuellement, la pénurie de composants compromet les nouvelles installations solaires prévues, ce qui menace à son tour la production d’électricité pour répondre à la demande de la population.
L’électricité produite par l’énergie solaire est essentielle pour réduire la combustion de combustibles fossiles qui entraîne le changement climatique. Le ministère de la Défense a reconnu que le changement climatique était une menace pour notre sécurité nationale.
Ces dernières années, la grande majorité des modules solaires installés aux États-Unis ont été importés. Ceux en provenance d’Asie du Sud-Est représentaient environ les trois quarts des importations en 2020.
Récemment, les États-Unis n’ont pas été en mesure d’importer des modules solaires en quantité suffisante pour assurer les ajouts de capacité solaire nécessaires pour atteindre nos objectifs en matière de climat et d’énergie propre, pour assurer l’adéquation des ressources du réseau électrique, et pour aider à lutter contre la hausse des prix de l’énergie. Cette pénurie aiguë de modules solaires et de composants a brusquement mis en péril les ajouts de capacité solaire à court terme. Ces nouvelles installations pourraient aider à assurer la suffisance de la production d’électricité et répondre à la demande de la population. Environ la moitié du déploiement de modules solaires prévu aux Etats Unis au cours de l’année prochaine est actuellement menacé en raison d’un approvisionnement insuffisant. Dans tout le pays, des projets solaires sont reportés ou annulés.
Le gouvernement fédéral travaille avec le secteur privé pour promouvoir la fabrication solaire nationale, y compris notre capacité à fabriquer des modules et d’autres éléments de la chaîne solaire, mais le renforcement de cette capacité prendra du temps. En attendant, une action immédiate est nécessaire pour s’assurer que les États-Unis auront accès à un approvisionnement suffisant de modules solaires pour répondre à nos besoins de production d’électricité.

Source : Declaration of Emergency and Authorization for Temporary Extensions of Time and Duty-Free Importation of Solar Cells and Modules from Southeast Asia – The White House – June 6th, 2022.

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With the severe drought that has been affecting parts of the U.S. for several months, rivers ans water reserves are at their lwest, which causes problems in the electricity supply. Powercuts are likely in several regions of the country.

U.S. President Joe Biden declared a national energy emergency on June 6th, 2022, due to the threats to the availability of sufficient electricity generation to meet expected customer demand. It will stay in effect for at least 24 months.

Here is an excertpt of Mr. Biden’s declaration :

“Multiple factors are threatening the ability of the United States to provide sufficient electricity generation to serve expected customer demand. These factors include disruptions to energy markets caused by Russia’s invasion of Ukraine and extreme weather events exacerbated by climate change. For example, in parts of the country, drought conditions coupled with heatwaves are simultaneously causing projected electricity supply shortfalls and record electricity demand. As a result, the Federal Energy Regulatory Commission and the North American Electric Reliability Corporation have both warned of near-term electricity reliability concerns in their recent summer reliability assessments. In order to ensure electric resource adequacy, utilities and grid operators must engage in advance planning to build new capacity now to serve expected customer demand.

Solar energy is among the fastest growing sources of new electric generation in the United States. Utilities and grid operators are increasingly relying on new solar installations to ensure that there are sufficient resources on the grid to maintain reliable service. Additions of solar capacity and batteries were expected to account for over half of new electric sector capacity in 2022 and 2023.

The unavailability of solar cells and modules jeopardizes those planned additions, which in turn threatens the availability of sufficient electricity generation capacity to serve expected customer demand.

Electricity produced through solar energy is also critical to reducing our dependence on electricity produced by the burning of fossil fuels, which drives climate change. The Department of Defense has recognized climate change as a threat to our national security.

In recent years, the vast majority of solar modules installed in the United States were imported, with those from Southeast Asia making up approximately three-quarters of imported modules in 2020.

Recently, however, the United States has been unable to import solar modules in sufficient quantities to ensure solar capacity additions necessary to achieve our climate and clean energy goals, ensure electricity grid resource adequacy, and help combat rising energy prices. This acute shortage of solar modules and module components has abruptly put at risk near-term solar capacity additions that could otherwise have the potential to help ensure the sufficiency of electricity generation to meet customer demand. Roughly half of the domestic deployment of solar modules that had been anticipated over the next year is currently in jeopardy as a result of insufficient supply. Across the country, solar projects are being postponed or canceled.

The Federal Government is working with the private sector to promote the expansion of domestic solar manufacturing capacity, including our capacity to manufacture modules and other inputs in the solar supply chain, but building that capacity will take time. Immediate action is needed to ensure in the interim that the United States has access to a sufficient supply of solar modules to assist in meeting our electricity generation needs. »

Source : Declaration of Emergency and Authorization for Temporary Extensions of Time and Duty-Free Importation of Solar Cells and Modules from Southeast Asia – The White House – June 6th, 2022.

Beaucoup de réserves d’eau sont quasiment à sec dans l’Ouest des Etats Unis et la pénurie de composants photovoltaïques n’arrange rien (Photos: C. Grandpey)

La crise de l’eau dans l’Ouest des Etats-Unis // The water crisis in Western U.S.

Dans une note rédigée le 20 août 2021, j’écrivais que l’Ouest des États-Unis traversait une sécheresse très sévère, avec la crise de l’eau la plus intense de son histoire. Le plus grand réservoir du pays se vidait rapidement. Le lac Mead enregistrait son niveau le plus bas depuis son remplissage dans les années 1930. J’ajoutais que des dizaines de millions de personnes seraient affectées dans les années et décennies à venir par le manque d’eau du fleuve Colorado. Certaines zones habitées seraient obligées de subir de douloureuses coupures d’eau. J’expliquais que même sans le réchauffement climatique, la région serait confrontée à des problèmes car elle prélève plus d’eau que la rivière ne peut en fournir, mais le changement climatique a aggravé le problème en réduisant considérablement le débit du fleuve.
Malheureusement, la situation n’a pas changé en 2022 et les médias américains rappellent que le niveau d’eau du la Powell et du lac Mead, le plus grand réservoir artificiel des États-Unis, est au plus bas depuis la construction du barrage Hoover dans les années 1930. Les deux lacs fonctionnent en relation l’un avec l’autre; ce qui se passe sur l’un a des effets sur l’autre.
En avril 2022, le niveau du lac Mead a continué de chuter. il se trouve à environ 30% de sa capacité et une ancienne vanne de captage se trouve désormais à l’air libre. À capacité maximale, le lac se situe à 390 m d’altitude. Le 27 avril, il se trouvait à 317 m d’altitude. Le même jour, en raison de la baisse du niveau d’eau du lac, la Southern Nevada Water Authority a activé une nouvelle station de pompage construite en avril afin que l’État puisse continuer à approvisionner la population. Le danger est que si le niveau du lac tombe en dessous de 269 m d'(altitude, le barrage Hoover ne pourra plus envoyer d’eau en aval vers la Californie, l’Arizona et le Mexique.
Le Metropolitan Water District de Californie du Sud vient d’imposer des restrictions à environ 6 millions de clients à partir du 1er juin 2022 en raison du manque d’eau dans le lac Mead et le fleuve Colorado. Les restrictions interdisent aux habitants d’arroser les pelouses et les plantes plus d’un jour par semaine.
À la mi-avril, sept États de l’Ouest des Etats-Unis qui dépendent du fleuve Colorado pour leur alimentation en eau ont accepté une recommandation du ministère de l’Intérieur leur demandant de mettre en œuvre des mesures de conservation comme celles mises en place dans le sud de la Californie. Alors que des États comme celui de Washington ont enregistré suffisamment de précipitations cet hiver pour atténuer les conditions de sécheresse, des régions comme l’Arizona, la Californie, le Nevada, le Nouveau-Mexique et le Colorado continuent de connaître une sécheresse extrême. Et nous ne sommes qu’au mois d’avril. L’été risque d’être difficile dans l’Ouest des Etats Unis.
Source : médias d’information américains.

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In a post written on August 20th, 2021, I wrote that western U.S.A. was going through a very severe drought and the most intense water crisis of its history. The nation’s largest reservoir was draining rapidly. Lake Mead was registering its lowest level since the reservoir was filled in the 1930s. I added that tens of millions of people would be affected in the coming years and decades by the Colorado River shortage alone, with some being forced to make painful water cuts. I also explained that even without climate change, the region would have a problem because it is taking more water out than the river could provide, but climate change has made the problem much worse by substantially reducing the flow in the river.

Unfortunately, the situation has not changed in 2022 and U.S. news media warn that water levels in Lake Powell and Lake Mead, the largest man-made reservoir in the U.S. are at their lowest since the construction of the Hoover Dam in the 1930s. It should be known that both lakes operate “conjunctively,” which means that the operations of one affect the other.

In April 2022, the water level in Lake Mead has continued to plummet, leaving it at roughly 30% of capacity and exposing the top of an old intake valve. At maximum capacity, the lake sits at 390 m above sea level. On April 27th it was measured at 317 m above sea level. On the same day, as a result of the lake’s falling water level, the Southern Nevada Water Authority activated a new low-lake-level pumping station completed in April so the state will continue to be able to supply residents with water. The danger is that if the lake’s elevation falls below 269 m, the Hoover Dam will no longer be able to release water downstream to California, Arizona, and Mexico.

The Metropolitan Water District of Southern California has just issued restrictions on roughly 6 million customers that are set to begin on June 1st due to water shortages in Lake Mead and the Colorado River. The restrictions prohibit residents from watering lawns and plants more than one day per week.

By mid-April, seven Western states that rely on the Colorado River for water agreed with a recommendation by the Department of the Interior requesting that they implement conservation measures like the ones put in place in Southern California. While states like Washington saw sufficient rainfall this winter to alleviate drought conditions, portions of states like Arizona, California, Nevada, New Mexico and Colorado continue to experience extreme drought. We are only in April. Summer is likely to be difficult in Western U.S.

Source: U.S. news media.

Photos : C. Grandpey

Pénurie de lithium sur le marché du véhicule électrique // Lithium shortage on the electric car market

L’arrivée sur le marché des véhicules électriques permettra-t-elle de réduire les émissions de gaz à effet de serre et donc la fonte des glaciers? Un article publié sur le site Lithium News montre que la partie est loin d’être gagnée.

Au train où vont les choses, il faudra probablement dépenser beaucoup d’argent pour acheter un véhicule électrique dans les mois ou les années à venir. La cause est une pénurie probable de lithium dont l’extraction est déjà une catastrophe pour l’environnement, notamment en Amérique du Sud.
Le prix du lithium a atteint son plus haut niveau en trois ans suite à une augmentation des ventes de véhicules électriques. Cela a mis à mal les stocks de composants pour batteries en Chine qui est le principal consommateur.
Les objectifs de réduction des émissions de carbone, que ce soit en Chine ou aux États-Unis ne peuvent être atteints sans les batteries lithium-ion rechargeables qui alimentent les véhicules électriques. Il faudra donc investir davantage dans la production de lithium pour répondre aux besoins de la chaîne d’approvisionnement des véhicules électriques dans les mois et années à venir.
Il y a une énorme inquiétude concernant la source d’approvisionnement en lithium dans un proche avenir. Si le lithium n’arrive pas à temps sur le marché, la production de véhicules électriques pourrait être paralysée par manque de matières premières.
Les batteries de véhicules électriques peuvent utiliser du carbonate de lithium ou de l’hydroxyde de lithium, mais l’industrie parle généralement de volumes en équivalent carbonate de lithium (ECL).
Les prix du carbonate de lithium en Chine ont augmenté de plus de 160 % depuis le début de l’année 2021. Les prix au comptant du carbonate de lithium en Chine ont grimpé de 170 % cette année et ont atteint leur plus haut niveau depuis avril 2018. Le prix du spodumène, une forme de lithium principalement extraite en Australie, a grimpé de 144 % cette année.
En Chine, qui représente le plus grand marché pour les véhicules électriques, la production de carbonate de lithium en août 2021 a augmenté de 19% par rapport à 2020 pour atteindre près de 20 000 tonnes.
La demande de lithium devrait bondir de 26,1%, soit environ 100 000 tonnes d’ECL pour atteindre 450 000 tonnes, ce qui représente un manque de 10 000 tonnes.sur le marché
Selon le cabinet conseil de Rho Motion, les ventes de véhicules électriques dans le monde ont augmenté de 150 % au cours des sept premiers mois de 2021 par rapport à la même période en 2020 pour atteindre un peu plus de 3 millions d’unités, avec environ 1,3 million de véhicules vendus en Chine. Pour 2021, Rho Motion s’attend à ce que les ventes de véhicules électriques atteignent 5,8 millions.
Source : Lithium News.

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Will the arrival on the market of electric vehicles make it possible to reduce greenhouse gas emissions and then the melting of glaciers? An article published on the Lithium News website shows that the game is far from won.

As things are going, you will probably have to spend a lot of money to buy an electric vehicle in the coming months or years. The cause is a likely shortahge of lithium whose extraction is a disaster to the environment, especially in South America.

Lithium prices have jumped to their highest in more than three years thanks to an upsurge in electric vehicle sales, depleting stocks of the battery material in top consumer China.

Targets to cut carbon emissions from China to the United States cannot be met without the rechargeable lithium-ion batteries that power electric vehicles. More investment in lithium production is needed to meet future needs of the electric vehicle supply chain.

There is huge anxiety about where lithium supply is going to come from in the near futurer. If new lithium does not start coming to market, electric vehicle production rates might be hamstrung by a lack of raw material supply.

Electric vehicle batteries can use lithium carbonate or lithium hydroxide, but the industry typically talks of volumes in lithium carbonate equivalent (LCE). Prices for lithium carbonate in China have risen more than 160% so far this year. Spot prices for lithium carbonate in China have climbed 170% so far this year and have reached their highest level since April 2018. Prices of spodumene , a source of lithium mainly mined in Australia, have climbed 144% this year.

In China, the biggest market for electric vehicles, lithium carbonate output in August rose 19% year-on-year to almost 20,000 tonnes. Demand for lithium is expected to jump 26.1% or about 100,000 tonnes of LCE to a total of 450,000 tonnes, flipping the market into a deficit of 10,000 tonnes.

Global sales of electric vehicles were up 150% in the seven months to July to just over 3 million units, compared to the same period in 2020, with about 1.3 million sold in China, according to consultancy Rho Motion. For 2021, Rho Motion expects electric vehicle sales to reach 5.8 million.

Source: Lithium News.

L’extraction du lithium est une menace pour la beauté des salars sud-américains (Photos: C. Grandpey)