Fonte des glaciers dans le monde : Ceux des Alpes sont en voie de disparition // Melting glaciers in the world: Those of the Alps are about to disappear

N’en déplaise aux climato-sceptiques, les coups de butoir du réchauffement climatique font fondre la banquise et les glaciers, et le phénomène s’est accéléré au cours des dernières décennies. Une nouvelle étude effectuée par une équipe internationale menée par l’Université de Zurich (Suisse) donne une estimation inquiétante de la fonte de la glace pendant les 60 dernières années. Les glaciologues estiment que les glaciers alpins auront sans doute complètement disparu à la fin de ce siècle.

Les auteurs de l’étude ont combiné des observations glaciologiques de terrain avec un grand nombre de données récoltées par des satellites de différentes missions. Ils ont ainsi pu calculer avec précision la quantité de glace perdue ou gagnée individuellement par 19 régions glaciaires de notre planète. Il faut noter que les mesures faites sur le terrain indiquent les fluctuations annuelles, tandis que les données satellitaires permettent de déterminer la quantité de glace perdue sur plusieurs années ou plusieurs dizaines d’années.

Les conclusions ne laissent pas le moindre doute. La perte d’épaisseur subie par 19 000 glaciers dans le monde correspond à une perte de 9 625 milliards de tonnes (gigatonnes) de glace entre 1961 et 2016, ce qui a contribué une hausse du niveau des océans de 2,7 cm à l’échelle planétaire.

Sans grande surprise, les pertes régionales les plus conséquentes concernent l’Alaska (je l’ai démontré à plusieurs reprises), les glaciers situés autour de la calotte glaciaire du Groenland, et les glaciers des Andes méridionales. Les glaciers de l’Arctique canadien et russe et du Svalbard ont également perdu des quantités significatives de glace.

Les glaciers situés dans des régions tempérées, comme les Alpes européennes et la chaîne montagneuse du Caucase ont également perdu de la glace, mais ces glaciers sont trop petits pour contribuer de manière significative au niveau des mers.

La seule zone qui où le volume glaciaire a augmenté pendant cette période de 55 années est l’Asie du Sud-Ouest (ASW sur la carte). Les glaciers de cette zone ont accumulé 119 gigatonnes de glace, mais les glaciers voisins d’Asie du Sud-Est (ASE) ont perdu 112 gigatonnes, donc à peu près la même quantité.

Les auteurs de l’étude font remarquer que le taux de perte a augmenté de manière significative ces trente dernières années. Les glaciers perdent en ce moment 335 milliards de tonnes de glace par an, ce qui correspond à une montée du niveau des mers de 1 mm par an.

Alors que les Alpes ont déjà perdu 38 gigatonnes de glaces depuis 1961, de nouveaux travaux publiés dans la revue The Cryosphere et présentés lors de l’Assemblée Générale 2019 de l’European Geosciences Union (EGU) à Vienne (Autriche) dressent le devenir des glaciers des Alpes d’ici à la fin du siècle. Même en cas d’une limitation du réchauffement climatique – ce qui semble tout à fait improbable – les deux tiers du volume des glaciers des Alpes auront fondu. Dans le cas du scénario le plus probable, ils auront tout simplement disparu en 2100.

Cette étude a été menée par une équipe de chercheurs suisses sur les quelque 4 000 glaciers encore présents dans les Alpes dont le volume est estimé à environ 100 km3.

Les glaciologues suisses ajoutent que la fonte sera progressive : d’ici 2050, la moitié du volume des glaciers aura disparu, même si nous faisons des efforts pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Comme je l’ai expliqué précédemment, il existe une énergie climatique qui empêchera la situation de se rétablir rapidement. Après 2050, l’évolution des glaciers dépendra de l’évolution du climat. Si le réchauffement est limité, une partie beaucoup plus importante des glaciers pourra être sauvée.

Le recul généralisé des glaciers des Alpes ne contribuera pas seulement à la hausse du niveau des océans mais modifiera significativement le paysage, l’écosystème et l’économie du massif alpin. En effet, les Alpes sont des lieux de tourisme, de loisir mais aussi de véritables réservoirs d’eau exploités notamment pour produire de l’électricité via les barrages et pour irriguer les cultures. Toute la faune et la flore seront également affectées par la raréfaction de cette ressource en eau. Ces remarques sont valables pour toutes les régions de montagne dans le monde qui hébergent des glaciers.
Comme on l’a constaté à propos du glacier de Tête Rousse au-dessus de St Gervais (Haute-Savoie), la fonte des glaciers augmente également le risque de catastrophes naturelles, comme la vidange brutale d’un lac glaciaire et les coulées de débris associées.

Les conclusions de l’étude conduite par l’Université de Zurich sont particulièrement importantes. Il est essentiel de connaître le rythme auquel les glaciers perdent de leur masse sur le long terme afin de pouvoir prendre des décisions adéquates. Ces informations concernet plus particulièrement les organismes internationaux qui, comme le GIEC, évaluent le changement climatique.

Source : notre-planète.info.

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Even though climate-skeptics do not agree, global warming is melting the  ice sheet and the glaciers, and the phenomenon has accelerated in recent decades. A new study by an international team led by the University of Zurich (Switzerland) gives a worrying estimate of the melting of ice during the last 60 years. Glaciologists believe that alpine glaciers will very probably have completely disappeared by the end of this century.
The authors of the study combined glaciological field observations with a large amount of data collected by satellites from different missions. They were able to accurately calculate the amount of ice lost or gained individually by 19 glacial regions of our planet. It should be noted that measurements made on the field indicate annual fluctuations, while satellite data can determine the amount of ice lost over several years or decades.
The conclusions leave no doubt. The thickness loss undergone by 19,000 glaciers around the world corresponds to a loss of 9,625 billion tonnes (gigatonnes) of ice between 1961 and 2016, which has contributed to a rise of 2.7 cm in ocean levels on the planet.
Unsurprisingly, the largest regional losses are in Alaska (I have demonstrated this several times), the glaciers around Greenland’s ice cap, and the glaciers of the southern Andes. Glaciers in the Canadian and Russian Arctic and Svalbard have also lost significant amounts of ice.
Glaciers in temperate regions such as the European Alps and the Caucasus mountain range have also lost ice, but these glaciers are too small to contribute significantly to the sea level rise.
The only area where the glacial volume has increased during this 55-year period is Southwest Asia (ASW on the map). Glaciers in this area have accumulated 119 gigatonnes of ice, but nearby Southeast Asian (SEA) glaciers have lost 112 gigatonnes, so roughly the same amount.
The authors of the study point out that the rate of loss has increased significantly over the last thirty years. Glaciers are losing 335 billion tons of ice a year, which corresponds to a rise in sea level of 1 mm per year.
While the Alps have already lost 38 gigatonnes of ice since 1961, a new study published in the journal The Cryosphere and presented at the 2019 General Assembly of the European Geosciences Union (EGU) in Vienna (Austria) shows the future of glaciers of the Alps by the end of the century. Even if global warming is limited – which seems highly unlikely – two-thirds of the Alpine glacier volume will have melted. In the case of the most likely scenario, they will have simply disappeared by 2100.
This study was conducted by a team of Swiss researchers on some 4,000 glaciers still present in the Alps whose volume is estimated at about 100 km3.
Swiss glaciologists add that the melting will be gradual: by 2050, half of the volume of glaciers will disappear, even if we make efforts to reduce our greenhouse gas emissions. As I explained earlier, there is a climate latency that will prevent the situation from recovering quickly. After 2050, the evolution of glaciers will depend on the evolution of the climate. If the warming is limited, a much larger part of the glaciers can be saved.
The widespread retreat of the glaciers in the Alps will not only contribute to rising sea levels; it will significantly alter the landscape, ecosystem and economy of the Alps. Indeed, the Alps are places of tourism, of leisure but also harbour real reservoirs of water exploited in particular to produce electricity via the dams and to irrigate the cultures. All fauna and flora will also be affected by the scarcity of this water resource. These remarks are valid for all mountain regions in the world that host glaciers.
As has been observed in the case of the Tête Rousse glacier above St Gervais (Haute-Savoie), the melting of glaciers also increases the risk of natural disasters, such as the sudden discharge of a glacial lake and the associated flows of debris.

The conclusions of the study conducted by the University of Zurich are particularly important. It is essential to know the rate at which glaciers lose their mass over the long term in order to make adequate decisions. This information is particularly relevant to international bodies that, like the IPCC, are assessing climate change.
Source: our-planet.info.

Perte de masse des glaciers au niveau mondial entre 1961 et 2016 (Source : ESA). La carte et l’article sont accessibles en cliquant sur ce lien :

https://www.notre-planete.info/actualites/2637-fonte-glaciers-monde

Tous les glaciers alpins sont menacés de disparition, aussi bien l’Argentière que la Mer de Glace, l’Aletsch ou le glacier du Rhône (Photos : C. Grandpey)

Le glacier Pichillancahue (Volcan Villarrica / Chili) // Pichillancahue glacier (Villarrica Volcano / Chile)

Le Villarrica est le volcan le plus actif du sud Chili. Vous pourrez voir ci-dessous deux images du volcan acquises par le système Advanced Land Imager sur le satellite EO-1 de la NASA les 22 février et 5 mars 2015, avant et après l’épisode éruptif du 3 mars. Le Villarrica,  stratovolcan qui culmine à  2 582 mètres, est habituellement recouvert de glaciers sur une surface de 30 kilomètres carrés. Le 3 mars 2015, l’éruption a envoyé un panache avec des retombées de cendre sur le glacier Pichillancahue, sur les flancs N et E du volcan, où de petits lahars ont été observés par la suite dans ravines. Les pentes occidentales du Villarrica sont parcourues d’innombrables ravines empruntées par la lave et les lahars. Plus loin, le volcan est entouré de forêts; la région est un parc national.
Au cours des récentes éruptions, les coulées de lave ont fait fondre les glaciers et ont généré des lahars qui se sont déplacés à une vitesse de 30 à 40 km / heure en direction du Lago Villarrica et du Lago Calafquéen (en bas à gauche).

A côté des éruptions, le changement climatique affecte aussi les glaciers du sud Chili. Ainsi, les mesures sur le terrain ont montré que le front du glacier Pichillancahue sur le Villarrica a reculé de 500 mètres depuis 2002.

Le Villarrica n’est pas une exception. La plupart des glaciers du sud Chili ont reculé et ont perdu de leur volume au cours des dernières décennies en raison du réchauffement de la planète et de la diminution des précipitations. Cependant, les fluctuations de certains glaciers sont directement associées à l’activité effusive et géothermale car ils se trouvent sur des volcans actifs largement répandus dans la région. Afin d’analyser ces effets, un programme d’études glaciologiques et géologiques a été réalisé sur le Villarrica.
Entre 1961 et 2004, on a observé une perte de glace de 0,81 ± 0,45 m par an et la réduction annuelle de la surface du glacier Pichillancahue a atteint 0,090 ± 0,034 km² entre 1976 et 2005. L’épaisseur de la glace a également été mesurée, avec un maximum de 195 mètres La structure interne de la glace présentait une certaine complexité en raison de la présence de couches de cendres et de pierre ponce intra et supraglaciaires, réduisant la capacité de réflexion du sol. La glace atteint un volume d’eau équivalent à 4,2 ± 1,8 km³, ce qui est beaucoup plus faible et plus précis que les estimations précédentes. Ces estimations permettront de mieux apprécier le risque de lahar sur le Villarrica..

Source : NASA, Proyecto Observación Volcán Villarrica (POV).

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Villarrica is the most active volcano of South Chile. It is pictured here below in two images acquired by the Advanced Land Imager on NASA’s EO-1 satellite on February 22nd and March 5th, 2015. The 2,582-metre stratovolcano is usually mantled by a 30-square-kilometre glacier field, most of it amassed south and east of the summit in a basin made by a caldera depression.The 3 March 2015 eruption sent a plume which spread ash on the Pichillancahue  glacier around the N and E flanks of the volcano where small lahars were later observed in drainages. The western slopes of Villarrica are streaked with innumerable gullies, the paths of lava and lahars. Farther away, the volcano is surrounded by forests; the area is a national park.

During the recent eruptions, lava flows melted glaciers and generated lahars that spread at speeds of 30–40 kilometres per hour toward Lago Villarrica and toward Lago Calafquéen (lower left).

In addition to the eruptions, climate change also affects glaciers in southern Chile. Thus, field measurements have shown that the Pichillancahue glacier front on Villarrica has retreated by 500 metres since 2002.
Villarrica is no exception. Most glaciers in southern Chile have retreated and lost volume in recent decades as a result of global warming and reduced precipitation. However, fluctuations in some glaciers are directly associated with effusive and geothermal activity which occur on active volcanoes that are widespread in the region. In order to analyze these effects, a program of glaciological and geological studies was carried out on Villarrica.
Between 1961 and 2004, an ice loss of 0.81 ± 0.45 metres per year was observed and the annual reduction in Pichillancahuay glacier surface area was 0.090 ± 0.034 km² between 1976 and 2005. The thickness of the ice was also measured, with a maximum of 195 meters The internal structure of the ice had a certain complexity because of the presence of layers of ash and pumice, reducing the capacity of reflection of the soil. Ice reaches a volume of water equivalent to 4.2 ± 1.8 km³, which is much smaller and more accurate than previous estimates. The latest estimates will help to better assess the risk of lahar on Villarrica.
Source: NASA, Proyecto Observación Volcan Villarrica (POV).

Le Villarrica avant et après l’éruption du 3 mars 2015 (Crédit photo : NASA)

Les limites du glacier Pichillancahue-Turbio sont indiquées en noir (2005) et en pointillé (1976).

Photos illustrant le recul glaciaire sur le Villarrica (Source : POV)

L’Arctique toujours plus chaud // A warmer and warmer Arctic

Selon un rapport de l’ONU intitulé “Global Linkages – a graphic look at the changing Arctic” publié le 13 mars 2019, même si l’accord de Paris est respecté, les températures en Arctique augmenteront entre 3 et 5 degrés par rapport à celles enregistrées entre 1986 et 2005, avec des conséquences désastreuses pour la planète. Elles devraient même atteindre 5 à 9 degrés de plus dans cette région du globe d’ici 2080.

La hausse aura lieu même si l’accord de Paris, qui prévoit de limiter le réchauffement climatique à deux degrés d’ici 2100, est respecté. Si toutes les émissions de gaz à effet de serre étaient stoppées du jour au lendemain, cela ne suffirait pas: les températures en hiver augmenteraient de 4 à 5 degrés par rapport au niveau enregistré à la fin du 20ème siècle. Cette augmentation sera causée par les gaz à effet de serre déjà émis dans l’atmosphère et la chaleur stockée dans les océans. Cette prévision de l’ONU rejoint les propos du docteur Jean-Louis Etienne avec lequel j’avais bordé ce sujet il y a quelque temps.

L’Arctique et ses habitants subissent déjà les conséquences du réchauffement climatique. On sait que d’ici trente ans, quatre millions de personnes et 70% des infrastructures de la région pourraient être menacées par la fonte du permafrost, qui devrait diminuer d’au moins 45% par rapport à aujourd’hui. (voir mes notes concernant la fonte du permafrost et ses effets sur les régions arctiques)

À l’échelle mondiale, le permafrost – aussi appelé pergélisol – contient environ 1672 milliards de tonnes de carbone. Un dégel accru favorisera de manière significative la libération des émissions de dioxyde de carbone et de méthane. Le réchauffement ainsi induit entraînera à son tour davantage de dégel dans une sorte de spirale infernale. Le rapport de l’ONU indique que ce changement climatique accéléré pourrait irrémédiablement éloigner l’objectif de 2 degrés de l’Accord de Paris..

Une autre conséquence de la hausse de la température en Arctique concerne la montée des mers et des océans. On pense que la fonte des glaces du Groenland et des glaciers de l’Arctique contribuera à un tiers de l’augmentation du niveau des océans.

Par ailleurs, en imaginant que le taux de CO2 émis reste le même qu’actuellement, il est facile de conclure que l’Océan Arctique sera probablement libéré des glaces en été dès 2030. Ses eaux seront également plus acides, avec un impact significatif sur la biodiversité. En effet, plus l’eau est acide, plus les coraux, les mollusques et le plancton doivent utiliser de l’énergie pour construire leurs coquilles et leurs squelettes.

Le rapport préconise une réduction significative et à court terme des émissions de gaz à effet de serre, de carbone noir et d’autres soi-disant polluants climatiques de courte durée dans le monde entier.

Source : ONU.

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According to a UN report entitled « Global Linkages – a graphic look at the changing Arctic » published on March 13th, 2019, even if the Paris agreement is respected, temperatures in the Arctic will increase between 3 and 5 degrees compared to those recorded between 1986 and 2005, with disastrous consequences for the planet. They might even reach an increase by 5 to 9 degrees in that region of the globe by 2080.
The rise will take place even if the Paris agreement, which plans to limit global warming to two degrees by 2100, is respected. If all greenhouse gas emissions were halted overnight, that would not be enough: winter temperatures would increase by 4 to 5 degrees from the level recorded at the end of the 20th century. This increase will be caused by greenhouse gases already emitted into the atmosphere and heat stored in the oceans. This prediction of the UN confirms the words of Dr. Jean-Louis Etienne with whom I tackled this topic some time ago.
The Arctic and its inhabitants are already suffering from the consequences of global warming. We know that in the next 30 years, four million people and 70% of the region’s infrastructure could be threatened by the melting of permafrost, which is expected to decrease by at least 45% compared to today. (see my notes about the melting of permafrost and its effects on Arctic regions)
Worldwide, the permafrost contains about 1672 billion tonnes of carbon. An increased thaw will significantly enhance the release of carbon dioxide and methane emissions. The warming thus induced will in turn lead to more thawing in a kind of infernal spiral. The UN report says this accelerated climate change could irremediably move the 2-degree goal away from the Paris Agreement.
Another consequence of the rising temperature in the Arctic is the rise of seas and oceans. Greenland ice melt and Arctic glaciers are thought to contribute one-third of the increase in sea levels.
Moreover, imagining that the emitted CO2 remains the same as it is currently, it is easy to conclude that the Arctic Ocean will probably be free of ice in summer by 2030. Its waters will also be more acidic, with a significant impact on the biodiversity. Indeed, the more acidic the water, the more corals, molluscs and plankton must use energy to build their shells and skeletons.
The report calls for a significant and short-term reduction of greenhouse gas emissions, black carbon and other so-called short-lived climate pollutants worldwide.
Source: United Nations.

Etendue du permafrost dans l’Arctique (Source: NASA)

Projections climatiques // Climate predictions

On peut lire sur le site « global-climat » un article qui explique que des outils existent pour mesurer concrètement le réchauffement local du climat et faire des projections pour les prochaines décennies.

Ce n’est un secret pour personne. Sous l’effet des gaz à effet de serre et, peut-être d’un cycle climatique de réchauffement, notre planète va continuer à connaître une hausse de température au cours des prochaines décennies. Des outils permettent aujourd’hui de dire en fonction des scénarios d’émissions de gaz à effet de serre qu’en général les villes de l’hémisphère nord verront leur climat afficher les caractéristiques de villes situées bien plus au sud. Dans l’hémisphère sud, la climatologie adoptera réciproquement des caractéristiques que l’on retrouve aujourd’hui plus au nord.

Une étude publiée en 2018 permet d’appréhender le changement climatique de 90 villes européennes de 1951 à 2100 avec le scénario A1B du GIEC qui conduit à une hausse globale de 3°C en 2100. La méthode développée dans cette étude prend en compte cinq variables climatiques : la température moyenne et les précipitations moyennes mensuelles ; la température minimale mensuelle pour les mois d’hiver et la température maximale mensuelle pour les mois d’été ; les précipitations totales annuelles.

Ces variables ont été calculées mensuellement (ou annuellement dans le cas de la variable annuelle des précipitations totales) et moyennées sur cinq périodes de 30 ans, à savoir P1 (1951-1980), P2 (1981-2010), P3 (2011-2040), P4 (2041-2070) et P5 (2071-2100). Parmi les 90 villes étudiées, 70 villes ont des analogues climatiques fiables pour chacune des quatre périodes futures de 30 ans.

Parmi les déplacements climatiques les plus spectaculaires, le climat de Berlin sera situé en 2071-2100 (P5) à 1 584 km vers le sud (sud de l’Espagne) par rapport à son climat en 1951-1980 (P1). Les résultats montrent que la vitesse du changement climatique des villes européennes n’est pas constante de 1951 à 2100, mais qu’elle accélère de manière significative tout au long du 21ème siècle.

Le climat des villes européennes se déplacera vers le sud à une vitesse moyenne de 7,9 km par an de 1951-1980 à 2071-2100 (P1-P5), selon le scénario A1B. Cela signifie qu’en moins d’une génération humaine (c’est-à-dire 25 ans), le climat des villes européennes changera de 200 km en moyenne vers le sud. Ce changement climatique rapide aura sans aucun doute des conséquences négatives sur les 416 millions d’habitants des 90 villes faisant l’objet de l’enquête.

En été, la ville championne du réchauffement sera Sofia, en Bulgarie. Pour Paris, le réchauffement est un peu moins important mais reste très impressionnant, notamment en été avec +6,5°C en 2100, digne de ce que l’on trouve actuellement à Fez, au Maroc. Comme en Bulgarie, la tendance est clairement à la hausse depuis les années 80. La projection pour 2100 avec le scénario RCP8.5 annonce +5,2°C en moyenne annuelle à Paris :

L’étude concernant les Etats-Unis montre également, comme celle sur l’Europe, que le climat de la plupart des zones urbaines nord-américaines changera considérablement et ressemblera davantage aux climats contemporains des localités situées à 850 km et principalement au sud. Avec un scénario de fortes émissions de CO2, le citadin moyen aux Etats-Unis devra parcourir près de 1 000 km pour se rendre dans un climat semblable à celui qu’il est susceptible de rencontrer dans sa ville aujourd’hui.

Les données montrent que, d’ici 2050, les Australiens ne profiteront plus de l’hiver tel qu’ils le connaissent aujourd’hui et connaîtront une nouvelle saison baptisée « Nouvel été ». Le nouvel été représente une période de l’année où, dans de nombreuses localités, les températures dépasseront régulièrement les 40 ° C sur une période prolongée.

Source : global-climat.

Si ces prévisions se confirment, elles obligeront certains secteurs à s’adapter, en particulier les zones de montagne où la saison de sports d’hiver se réduira comme peau de chagrin. L’agriculture devra s’adapter elle aussi car les besoins en eau se feront de plus en plus grands. La population de certaines régions devra probablement subir des restrictions pour sa consommation. Je ne serai plus là pour assister à cette évolution climatique sévère, mais je suis persuadé que l’Homme saura s’adapter, même si cela ne se fera pas sans mal.

A l’échelle de la planète, beaucoup de glaciers disparaîtront ; la banquise continuera de fondre, ouvrant la voie à de nouvelles routes de navigation, avec les risques que cela suppose pour l’environnement. L’économie subira, elle aussi, de profondes transformations, en particulier l’agriculture qui devra s’adapter, voire se déplacer en fonction des nouvelles conditions climatiques.

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One can read on the « global-climat  » website, an article explaining that tools exist to concretely measure the local warming of the climate and to make projections for the next decades.
It’s no secret to anyone. Under the effect of greenhouse gases and, perhaps, a warming climate cycle, our planet will continue to experience a rise in temperature over the coming decades. Tools now make it possible to say in terms of greenhouse gas emission scenarios that, in general, the future climate of cities in the northern hemisphere will display the characteristics of cities far further south. In the southern hemisphere, climatology will adopt reciprocally features that are found today further north.
A study published in 2018 makes it possible to apprehend the climatic change of 90 European cities from 1951 to 2100 with the IPCC A1B scenario which leads to an overall increase of 3°C in 2100. The method developed in this study takes five variables into account: average temperature and average monthly precipitation; minimum monthly temperature for the winter months and maximum monthly temperature for the summer months; total annual precipitation.
These variables were calculated monthly (or annually in the case of the annual total precipitation variable) and averaged over five 30-year periods, namely P1 (1951-1980), P2 (1981-2010), P3 (2011-2040) ), P4 (2041-2070) and P5 (2071-2100). Of the 90 cities surveyed, 70 cities have reliable climate analogues for each of the four future 30-year periods.
Among the most spectacular movements, the climate of Berlin will be located in 2071-2100 (P5) 1,584 km to the south (south of Spain) compared to its climate in 1951-1980 (P1). The results show that the speed of climate change in European cities is not constant from 1951 to 2100, but accelerates significantly throughout the 21st century.
The climate of European cities will move southwards at an average speed of 7.9 km per year from 1951-1980 to 2071-2100 (P1-P5), according to the A1B scenario. This means that in less than a human generation (i.e. 25 years), the climate of European cities will move an average of 200 km to the south. This rapid climate change will undoubtedly have negative consequences for the 416 million inhabitants of the 90 cities surveyed.
In summer, the champion city of warming will be Sofia, Bulgaria. For Paris, the warming is a little less significant but remains very impressive, especially in summer with + 6.5°C in 2100, with temperatures currently found in Fez, Morocco. As in Bulgaria, the trend has been clearly on the rise since the 80s. The projection for 2100 with the scenario RCP8.5 predicts  + 5.2°C average annual in Paris:
The US study also shows, like the one on Europe, that the climate of most North American urban areas will change considerably and will be more like the contemporary climates of places 850 km to the south. With a scenario of high CO2 emissions, the average city-dweller in the United States will have to travel nearly 1,000 km to reach a climate similar to the one he is likely to encounter in his city today.
The data shows that by 2050, Australians will no longer enjoy the winter as they know it today and will experience a new season called « New Summer ». The new summer is a time of year when, in many places, temperatures will regularly exceed 40°C over a prolonged period.
Source: global-climat.

If these predictions are confirmed, they will force some sectors to adapt, especially mountain areas where the winter sports season will be reduced to a trickle. Agriculture will have to adapt too, because water needs will be higher and higher. The population of some areas will probably have to face water restrictions for consumption. I will no longer be here to witness this severe climate change, but I am convinced that Man will adapt, even if it will not be without difficulty.
At the planet level, many glaciers will disappear; the ice sheet will continue to melt, paving the way for new shipping routes, with obvious risks to the environment. The economy will also undergo profound transformations, in particular agriculture which will have to adapt, or even move, according to the new climate conditions.

Evolution prévue de la température à Paris (Source : Carbon Brief)