Eruption islandaise : un gros succès populaire, mais c’est fini! // Icelandic eruption : A very popular event which is over!

Il ne fait aucun doute que l’éruption du Fagradalsfjall a attiré des foules de touristes en Islande. Les derniers chiffres révèlent que près de trois fois plus de touristes étrangers ont visité l’Islande via l’aéroport international de Keflavík au cours de l’été 2021, par rapport à l’été 2020. La plupart d’entre eux sont venus des États-Unis (43%), suivis de l’Allemagne (9%). la Pologne (7 %), le Royaume-Uni et la France (5 % chacun).
Cependant, cette tendance va probablement décliner dans les prochains mois car l’éruption est terminée. Même si les volcanologues islandais refusent toujours de l’admettre définitivement, plus aucune activité n’est observée dans la Geldingadalir, la Meradalir ou la Nattaghi, et la sismicité a cessé dans la région de Keilir. D’ailleurs, le niveau d’alerte volcanique vient d’être abaissé à ‘Uncertainty’ qu demande de rester vigilant. Personne ne saura jamais si les derniers séismes ont été causés par une migration de magma ou s’ils avaient une origine tectonique.
Avant même qu’elle ne débute, la dernière éruption a été la source de nombreuses questions et hypothèses. Dès janvier 2020, des essaims sismiques ont été enregistrés au NE de Grindavik. Puis une inflation du sol a été observée autour du Mt Thorbjorn. Personne n’était en mesure de dire si ces événements avaient une origine volcanique ou tectonique. De nouveaux essaims sismiques ont été enregistrés sur la péninsule de Reykjanes au cours des mois suivants avec la même incertitude quant à leur origine. Plusieurs fissures se sont finalement ouvertes et la lave a apporté une réponse en perçant la surface dans la Geldingadalur le 19 mars 2020. Selon des scientifiques islandais, l’éruption était partie pour durer très longtemps, des mois, voire des années. Certains d’entre eux ont même dit qu’avec le temps, un volcan bouclier allait être édifié et qu’il dominerait la région. Les agences de voyages avaient déjà prévu des voyages en Islande pendant l’hiver pour admirer l’éruption avec les aurores boréales en toile de fond. Malheureusement, pour tous ces gens, l’éruption a lentement diminué au cours de l’été 2021 et aujourd’hui plus aucune activité n’est observée au niveau du cratère principal, à l’exception de quelques fumerolles….

Les autorités islandaises avertissent que le site de l’éruption est toujours dangereux, et il est conseillé aux visiteurs de ne pas marcher sur la lave récemment émise ou de s’approcher du cratère. Cependant, je ne suis pas sûr, comme l’a déclaré une scientifique islandaise, que « même s’il n’y a pas de nouvelle lave, il y a toujours de la lave qui coule sous le champ de lave noir ». La lave sous la croûte est peut-être encore rougeoyante, mais elle ne coule plus depuis longtemps! Le plus grand danger réside probablement dans les gaz volcaniques encore émis par le cratère.

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There is little doubt that the Fagradalsfjall eruption brought crowds of tourists to Iceland. The latest figures reveal that nearly three times as many foreign tourists visited Iceland via Keflavík International Airport in the summer 2021, compared with the summer of 2020. Most of them came from the US (43 percent), followed by Germany (9 percent), Poland (7 percent), the UK and France (5 percent each).

However, the trend is likely to decline in the coming months because the eruption has come to an end. Even if Icelandic volcanologists still refuse to admit it definitely, no more activity is observed in Geldingadalir, Meradalir or Nattaghi, and seismicity has stopped in the Keilir area. The alert level has just been lowered to ‘Uncertainty’. Nobody will ever know whether the latest earthquakes were caused by some magma migrration or if it had a tectonic origin.

Even before it started, the last eruption was the source of many questions and hypotheses. As soon as January 2020, seismic swarms were recorded to the NE of Grindavik. Then an inflation of the ground was observed around Mt Thorbjorn. Nobody was able to say whether these phenomena had a volcanic or tectonic origin. More seismic swarms were recorded on the Reykjanes Peninsula during the following months with the same uncertainty about their origin. Several fissures finally opened and lava pierced the surface in Geldingadalur on March 19th, 2020. According to Icelandic scientists, it looked as if the eruption was going to last a long time, months ans even years. Some of them even said that with time, a shield volcano would be built that would tower over the area. Travel agencies had already planned winter trips to Iceland to admire the eruption with northern lights in the background. Unfortunately, for these people, the eruption slowly declined during the summer 2021 and today no more activity is observed at the main crater, except a few fumaroles….

Icelandic authorities warn that the site of the eruption is still dangerous, and visitors are advised not to step on the fresh lava or approach the crater. However, I am not sure, as an Icelandic scientist declared, that « even though there’s no new lava, there’s still flowing lava underneath the black lava field. » The lava beneath the crust may still be red-hot, but it is certainly not flowing. The greatest danger probably lies with the volcanic gases still emitted by the crater.

A cause de la Covid-19, seuls les Islandais ont pu profiter des premières semaines de l’éruption, probablement les plus belles (capture écran webcam)

L’éruption islandaise : Et maintenant ? // The Icelandic eruption : What next ?

9 heures : L’éruption dans la Geldingadalur se poursuit mais son accès est actuellement interdit en raison des mauvaises conditions météorologiques et des émissions de gaz volcaniques. Un article paru sur le site Reykjavik Grapevine pose les questions habituelles auxquelles personne n’est en mesure de répondre: combien de temps cette éruption va-t-elle durer? Quelle forme pourrait-il prendre?

Un professeur de volcanologie et de pétrologie à l’Université d’Islande a déclaré que l’éruption pourrait se terminer «demain, au bout d’une semaine ou d’un mois». Je pourrais ajouter «dans un an»! Personne n’a jamais été en mesure de prévoir la fin d’une éruption, pas plus que son début. Souvenons-nous des questions que se posaient les scientifiques islandais quand la sismicité et l’inflation affectaient la péninsule de Reykjanes il y a quelques semaines. Les images satellites avaient révélé qu’un dyke magmatique se déplaçait sous la surface, mais personne ne pouvait dire si une éruption aurait lieu. La veille de l’éruption, un volcanologue avait déclaré qu’elle n’était pas imminente!

C’est pourquoi il est hasardeux de faire des prévisions sur l’avenir de l’éruption actuelle. Le professeur de volcanologie dit que cet avenir dépendra du débit de la lave: «s’il tombe en dessous de 3 mètres cubes par seconde, il est probable que l’éruption se terminera bientôt. Dans l’état actuel des choses, la lave se déverse entre 5 et 10 mètres cubes par seconde.» Au vu des images des webcams, on se rend compte que la lave émise est typique des volcans de points chauds, comme à Hawaii par exemple. Sa grande fluidité montre qu’elle a une température élevée et est pauvre en SiO2. Elle est issue du manteau terrestre.

Le professeur ajoute qu’il existe de nombreux exemples de ce type d’éruption fissurale en Islande. L’une d’elles, également à proximité de Fagradalsfjall, s’est produite il y a environ 14 000 ans. Les études ont montré que l’éruption a duré plusieurs siècles. Le problème est que toutes les éruptions sont différentes; se référer à une éruption survenue il y a 14 000 ans est sans intérêt.

Pour le moment, l’éruption est inoffensive et ne menace pas les zones habitées. La vraie question à poser aujourd’hui est: l’éruption peut-elle menacer la population? Pour cela, il faudrait d’abord que la lave remplisse la vallée, la Geldingadalur, avant de déborder sur les terres environnantes. Au train où vont les choses, ce n’est pas pour demain. Lorsque la lave a percé la surface, un éminent géophysicien islandais a expliqué qu’il s’agissait d’une petite éruption qui ne durerait pas longtemps. Les prochains jours nous diront s’il avait raison. La lave coule depuis 4 jours maintenant… Il faut juste attendre que le dyke magmatique se vidange.

A noter que ce matin l’activité semble décliner à l’intérieur du cône éruptif. On observe aussi une intensification du dégazage qui semble montrer que la pression a baissé dans le conduit éruptif et que les gaz se libèrent plus facilement.

22h30 : Contrairement à ce matin, les webcams montrent que l’activité éruptive est en train de s’intensifier considérablement ce soir, avec d’importants de lave sur les flancs du cône.

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9:00 am : The eruption at Geldingadalur continues but has been closed to visitors on account of poor weather conditions and then dangerous gas emissions. An article published on the Reykjavik Grapevine website asks the usual questions that nobody is able to answer: how long will this eruption go on? What shape could it take?

A professor of volcanology and petrology at the University of Iceland says the eruption could end “tomorrow, after a week, or after a month”. I could add “or after a year”! Nobody has ever been able to predict the end of an eruption, as well as the start of it. We just need to remember the questions Icelandic scientists were asking when seismicity and inflation affected the Reykjanes Peninsula a few weeks ago. Satellite images had revealed a magma dike was moving beneath the surface but nobody could tell whether an eruption would take place. The day before the eruption started, a local volcanologist had said it was not imminent!

So making predictions about the future of the current eruption is quite hazardous. The professor of volcanology says that this depends on the rate of the lava flow: “if it falls below 3 cubic metres per second, it will be likely that the eruption will soon come to an end. As it stands now, lava is pouring out at a rate between 5 and 10 cubic metres per second.” Judging from the webcam images, the emitted lava is typical of hot spot volcanoes, Kilauea (Hawaii) for example. Its high fluidity shows that it has a high temperature and is poor in SiO2. It comes from the Earth’s mantle.

The professor adds there are many examples of this type of fissure eruption in Iceland, the closest one near Fagradalsfjall being Þráinsskjöldur, which erupted about 14,000 years ago. Research has shown that that the eruption lasted a few hundred years. The problem is that all eruptions are different; referring to an eruption that occurred 14,000 years ago is pointless.

For the moment, the eruption is harmless and does not threaten populated areas. The real question to ask is: Can it some day become a danger to the people? For that, the eruption would have to fill the valley, Geldingadalur, before it pours out of it. At the rate things are going, this is not for tomorrow.

When lava first erupted, a famous Icelandic geophysicist said it was a small eruption that would be short-lived. The next days will tell us whether he was right. Lava has been flowing for 4 days now… We just need to wait for the magma dike to empty.

It should be noted that this morning activity seems to decline inside the eruptive cone. There is also an intensification of the degassing which seems to show that pressure has dropped within the eruptive conduit and that the gases are released more easily.  I wouldn’t be surprised if the eruption lived its last hours.

10:30 pm : Contrary to this morning, the eruption is intensifying tonight with significant overflows on the flanks of the eruptive cone.

L’éruption ce matin, avec une belle lumière et beaucoup de gaz…

Projections climatiques // Climate predictions

On peut lire sur le site « global-climat » un article qui explique que des outils existent pour mesurer concrètement le réchauffement local du climat et faire des projections pour les prochaines décennies.

Ce n’est un secret pour personne. Sous l’effet des gaz à effet de serre et, peut-être d’un cycle climatique de réchauffement, notre planète va continuer à connaître une hausse de température au cours des prochaines décennies. Des outils permettent aujourd’hui de dire en fonction des scénarios d’émissions de gaz à effet de serre qu’en général les villes de l’hémisphère nord verront leur climat afficher les caractéristiques de villes situées bien plus au sud. Dans l’hémisphère sud, la climatologie adoptera réciproquement des caractéristiques que l’on retrouve aujourd’hui plus au nord.

Une étude publiée en 2018 permet d’appréhender le changement climatique de 90 villes européennes de 1951 à 2100 avec le scénario A1B du GIEC qui conduit à une hausse globale de 3°C en 2100. La méthode développée dans cette étude prend en compte cinq variables climatiques : la température moyenne et les précipitations moyennes mensuelles ; la température minimale mensuelle pour les mois d’hiver et la température maximale mensuelle pour les mois d’été ; les précipitations totales annuelles.

Ces variables ont été calculées mensuellement (ou annuellement dans le cas de la variable annuelle des précipitations totales) et moyennées sur cinq périodes de 30 ans, à savoir P1 (1951-1980), P2 (1981-2010), P3 (2011-2040), P4 (2041-2070) et P5 (2071-2100). Parmi les 90 villes étudiées, 70 villes ont des analogues climatiques fiables pour chacune des quatre périodes futures de 30 ans.

Parmi les déplacements climatiques les plus spectaculaires, le climat de Berlin sera situé en 2071-2100 (P5) à 1 584 km vers le sud (sud de l’Espagne) par rapport à son climat en 1951-1980 (P1). Les résultats montrent que la vitesse du changement climatique des villes européennes n’est pas constante de 1951 à 2100, mais qu’elle accélère de manière significative tout au long du 21ème siècle.

Le climat des villes européennes se déplacera vers le sud à une vitesse moyenne de 7,9 km par an de 1951-1980 à 2071-2100 (P1-P5), selon le scénario A1B. Cela signifie qu’en moins d’une génération humaine (c’est-à-dire 25 ans), le climat des villes européennes changera de 200 km en moyenne vers le sud. Ce changement climatique rapide aura sans aucun doute des conséquences négatives sur les 416 millions d’habitants des 90 villes faisant l’objet de l’enquête.

En été, la ville championne du réchauffement sera Sofia, en Bulgarie. Pour Paris, le réchauffement est un peu moins important mais reste très impressionnant, notamment en été avec +6,5°C en 2100, digne de ce que l’on trouve actuellement à Fez, au Maroc. Comme en Bulgarie, la tendance est clairement à la hausse depuis les années 80. La projection pour 2100 avec le scénario RCP8.5 annonce +5,2°C en moyenne annuelle à Paris :

L’étude concernant les Etats-Unis montre également, comme celle sur l’Europe, que le climat de la plupart des zones urbaines nord-américaines changera considérablement et ressemblera davantage aux climats contemporains des localités situées à 850 km et principalement au sud. Avec un scénario de fortes émissions de CO2, le citadin moyen aux Etats-Unis devra parcourir près de 1 000 km pour se rendre dans un climat semblable à celui qu’il est susceptible de rencontrer dans sa ville aujourd’hui.

Les données montrent que, d’ici 2050, les Australiens ne profiteront plus de l’hiver tel qu’ils le connaissent aujourd’hui et connaîtront une nouvelle saison baptisée « Nouvel été ». Le nouvel été représente une période de l’année où, dans de nombreuses localités, les températures dépasseront régulièrement les 40 ° C sur une période prolongée.

Source : global-climat.

Si ces prévisions se confirment, elles obligeront certains secteurs à s’adapter, en particulier les zones de montagne où la saison de sports d’hiver se réduira comme peau de chagrin. L’agriculture devra s’adapter elle aussi car les besoins en eau se feront de plus en plus grands. La population de certaines régions devra probablement subir des restrictions pour sa consommation. Je ne serai plus là pour assister à cette évolution climatique sévère, mais je suis persuadé que l’Homme saura s’adapter, même si cela ne se fera pas sans mal.

A l’échelle de la planète, beaucoup de glaciers disparaîtront ; la banquise continuera de fondre, ouvrant la voie à de nouvelles routes de navigation, avec les risques que cela suppose pour l’environnement. L’économie subira, elle aussi, de profondes transformations, en particulier l’agriculture qui devra s’adapter, voire se déplacer en fonction des nouvelles conditions climatiques.

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One can read on the « global-climat  » website, an article explaining that tools exist to concretely measure the local warming of the climate and to make projections for the next decades.
It’s no secret to anyone. Under the effect of greenhouse gases and, perhaps, a warming climate cycle, our planet will continue to experience a rise in temperature over the coming decades. Tools now make it possible to say in terms of greenhouse gas emission scenarios that, in general, the future climate of cities in the northern hemisphere will display the characteristics of cities far further south. In the southern hemisphere, climatology will adopt reciprocally features that are found today further north.
A study published in 2018 makes it possible to apprehend the climatic change of 90 European cities from 1951 to 2100 with the IPCC A1B scenario which leads to an overall increase of 3°C in 2100. The method developed in this study takes five variables into account: average temperature and average monthly precipitation; minimum monthly temperature for the winter months and maximum monthly temperature for the summer months; total annual precipitation.
These variables were calculated monthly (or annually in the case of the annual total precipitation variable) and averaged over five 30-year periods, namely P1 (1951-1980), P2 (1981-2010), P3 (2011-2040) ), P4 (2041-2070) and P5 (2071-2100). Of the 90 cities surveyed, 70 cities have reliable climate analogues for each of the four future 30-year periods.
Among the most spectacular movements, the climate of Berlin will be located in 2071-2100 (P5) 1,584 km to the south (south of Spain) compared to its climate in 1951-1980 (P1). The results show that the speed of climate change in European cities is not constant from 1951 to 2100, but accelerates significantly throughout the 21st century.
The climate of European cities will move southwards at an average speed of 7.9 km per year from 1951-1980 to 2071-2100 (P1-P5), according to the A1B scenario. This means that in less than a human generation (i.e. 25 years), the climate of European cities will move an average of 200 km to the south. This rapid climate change will undoubtedly have negative consequences for the 416 million inhabitants of the 90 cities surveyed.
In summer, the champion city of warming will be Sofia, Bulgaria. For Paris, the warming is a little less significant but remains very impressive, especially in summer with + 6.5°C in 2100, with temperatures currently found in Fez, Morocco. As in Bulgaria, the trend has been clearly on the rise since the 80s. The projection for 2100 with the scenario RCP8.5 predicts  + 5.2°C average annual in Paris:
The US study also shows, like the one on Europe, that the climate of most North American urban areas will change considerably and will be more like the contemporary climates of places 850 km to the south. With a scenario of high CO2 emissions, the average city-dweller in the United States will have to travel nearly 1,000 km to reach a climate similar to the one he is likely to encounter in his city today.
The data shows that by 2050, Australians will no longer enjoy the winter as they know it today and will experience a new season called « New Summer ». The new summer is a time of year when, in many places, temperatures will regularly exceed 40°C over a prolonged period.
Source: global-climat.

If these predictions are confirmed, they will force some sectors to adapt, especially mountain areas where the winter sports season will be reduced to a trickle. Agriculture will have to adapt too, because water needs will be higher and higher. The population of some areas will probably have to face water restrictions for consumption. I will no longer be here to witness this severe climate change, but I am convinced that Man will adapt, even if it will not be without difficulty.
At the planet level, many glaciers will disappear; the ice sheet will continue to melt, paving the way for new shipping routes, with obvious risks to the environment. The economy will also undergo profound transformations, in particular agriculture which will have to adapt, or even move, according to the new climate conditions.

Evolution prévue de la température à Paris (Source : Carbon Brief)

Hawaii: Ça va durer encore longtemps ? // Hawaii: Will it still last long ?

« Ça va durer encore longtemps? » « Combien de temps va-t-elle durer? » Alors que l’éruption semble marquer le pas et est peut-être en passe de se terminer, c’est la question que posent aujourd’hui la plupart des Hawaïens.
Malheureusement, personne n’est en mesure de donner une réponse fiable. Cependant, les scientifiques du HVO tentent d’imaginer les scénarios les plus probables en fonction des caractéristiques de l’éruption actuelle et en la comparant à des éruptions du passé.
L’éruption dans la Lower East Rift Zone (LERZ) a débuté le 3 mai 2018. Au cours des semaines qui ont suivi, 24 bouches se sont ouvertes, mais seule la Fracture n° 8, qui s’est ouverte le 5 mai et s’est réactivée le 27 mai, est toujours active aujourd’hui. Le 4 juin, la coulée de lave issue de la Fracture n° 8 a atteint Kapoho Bay où un delta continue de croître au fur et à mesure que la lave pénètre dans l’océan.
Si on connaissait la quantité de lave émise par l’éruption,  on pourrait répondre à la question concernant la durée, mais il est difficile de mesurer le volume de lave émis par la Fracture n° 8. Les scientifiques de l’USGS ont utilisé plusieurs techniques au cours des dernières semaines et sont arrivés à la conclusion que la Fracture n° 8 émet entre 50 et 150 mètres cubes par seconde, ce qui donne un volume total de 0,5 kilomètre cube à ce jour. Une tendance à la baisse du volume de lave émis pourrait laisser supposer que l’éruption touche à sa fin. Malheureusement, les géologues du HVO n’ont détecté, aucune évolution dans ce sens. Le volume émis semblait plus ou moins constant avec quelques variations et une baisse d’intensité ces derniers jours.
Avant la sortie de la lave dans la LERZ, les scientifiques ont procédé à une surveillance géophysique de la sismicité et de la déformation du sol qui ont accompagné l’intrusion magmatique sous les Leilani Estates. Si les géologues observaient une diminution de volume dans cette intrusion, alors que la lave continue à sortir de la Fracture n° 8, ils pourraient estimer le laps de temps au bout duquel l’intrusion serait terminée. Malheureusement, les instruments de surveillance n’ont détecté aucun changement dans l’intrusion depuis sa mise en place. Ceci laisse supposer que la lave émise par l’éruption de la Fracture n° 8 est rapidement remplacée par un nouveau magma.
Une autre solution pour essayer de prévoir la durée de l’éruption consiste à se tourner vers les éruptions du passé. L’USGS a comparé l’éruption de 2018 à quatre autres événements qui se sont déroulés dans la LERZ.
– L’éruption de 1840, qui a duré 26 jours, a eu un débit éruptif moyen semblable à celui d’aujourd’hui.
– En 1924, des séismes et des affaissements importants dans la région de Kapoho montrent que le magma a pénétré dans la LERZ, mais aucune éruption n’a eu lieu.
– Une éruption dans la LERZ en 1955 montre quelques points communs avec les trois premières semaines de l’éruption actuelle. Au cours de l’événement de 1955 qui a duré 195 jours, plus de 20 fractures se sont ouvertes sans ordre précis. En mai 2018, 24 fractures se sont également ouvertes sans ordre précis. Cependant, le débit éruptif moyen en 1955 était beaucoup plus faible qu’en 2018.
– La plus récente éruption dans la LERZ s’est produite à Kapoho en 1960. Elle a duré environ 5 semaines et le débit éruptif était inférieur de moitié à celui de l’éruption actuelle.
Le 31 juillet 2018, l’éruption de 2018 avait dépassé en durée celle de 1955 et dépassé en débit de lave émis tous les événements du passé sauf l’éruption de 1840.

La LERZ du Kilauea a connu plus de 100 éruptions au cours des 2 500 dernières années. Comme on ne peut pas déterminer avec précision les durées ou les débits éruptifs de ces événements passés, on essaye de le faire approximativement en mesurant le volume émis sur la zone couverte par la lave.
L’Heiheiahulu, une bouche éruptive en forme de bouclier, semblable au Kupaianaha (actif entre 1986 et 1992), est probablement entrée en éruption au début du 18ème siècle. Elle est située à environ 10 km en amont de la Fracture n° 8 et sa lave couvre environ 45 kilomètres carrés. Sa ressemblance avec le Kupaianaha et le Mauna Ulu laisse supposer que l’éruption de l’Heiheiahulu a duré plusieurs années.
La lave du Pu’u Kaliu, situé à 1,6 km de la Fracture n° 8, a recouvert environ 12 kilomètres carrés pour un volume estimé à 0,2 kilomètre cube. Les coulées de lave du Pu’u Kaliu, qui ont probablement été émises en 1790 à partir des fractures de part et d’autre de la LERZ, sont semblables celles de 1840.
Enfin, il ne faudrait pas oublier le Pu’uO’o dont l’éruption a duré 35 ans (1983-2018), avec un volume de 3,3 kilomètres cubes, et le Mauna Ulu, qui a émis 0,2 kilomètre cube de lave en 5 ans (1969-1974).
Combien de temps durera l’éruption de 2018 dans la LERZ ? Si l’on se réfère aux éruptions du passé et aux résultats de la surveillance géophysique actuelle, elle pourrait continuer pendant plusieurs mois, voire quelques années.
Source: USGS / HVO.

NB: Il sera intéressant de voir dans quelques jours si cette dernière prévision est bonne….

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“Will it still last long?” “How long will it last?” While the eruption is declining and might be coming to an end, this is the question most Hawaiians are asking today.

Unfortunately,  no one knows for sure. However, HVO scientists are trying to guess the most likely possibilities based on characteristics of the current eruption and comparisons with past eruptions.

The Lower East Rift Zone (LERZ) eruption started on May 3rd, 2018. Over the next few weeks, a total of 24 vents briefly erupted, but only the 8th fissure, which initially opened on May 5th and reactivated on May 27th, is still erupting today. On June 4th, the Fissure 8 lava flow reached Kapoho Bay, where a lava delta continues to grow as lava enters the ocean.

Knowing how much lava is erupting could help answer the duration question, but it has been difficult to measure the Fissure 8 eruption rate. USGS scientists have used several techniques in recent weeks to obtain a rough estimate of 50 to 150 cubic metres per second, for a total erupted volume to date of 0.5 cubic kilometres. A decreasing trend in this rate would suggest that the eruption might be coming to an end. Unfortunately, HVO geologists have not detected any trends. The eruption rate seems more or less constant with some decrease in the past days.

Preceding the LERZ eruption, geophysical monitoring of earthquakes and ground deformation tracked the subsurface intrusion of magma under Leilani Estates. If geologists could detect decreases in the volume of that intrusion as Fissure 8 lava continues to erupt from it, they could estimate the length of time after which the intrusion would be depleted. But monitoring has detected no changes in the intrusion since its emplacement. This suggests that magma withdrawn by the Fissure 8 eruption is being quickly replaced.

Another solution is to turn to past eruptions for clues to possible duration. USGS has compared Kilauea’s 2018 eruption to four past LERZ events.

– The 1840 eruption, which lasted 26 days, had an average eruption rate similar to today’s rate.

– In 1924, earthquakes and major subsidence in the Kapoho area suggested that magma had intruded the LERZ, but no eruption occurred.

– A LERZ eruption in 1955 shared some similarities with the first three weeks of the current eruption. During the 88-day-long 1955 event, more than 20 fissures erupted in no clear order. In May 2018, 24 fissures erupted, also in no clear order. However, the average 1955 eruption rate was significantly lower than the present rate.

– The most recent LERZ eruption occurred in Kapoho in 1960. It lasted about 5 weeks, and its eruption rate was less than half that of today’s eruption.

As of July 31st, 2018, the 2018 eruption has surpassed the 1955 eruption in duration and exceeded all but the 1840 event in eruption rate.

Kilauea’s Lower East Rift Zone has erupted more than 100 times in the past 2,500 years. As one cannot determine the durations or eruption rates for those past events, one must use a proxy for those quantities, such as area covered by lava and total volume erupted.

Heiheiahulu, a shield-shaped vent similar to Kupaianaha (active 1986–1992), may have erupted in the early 18th century. It is located about 10 km uprift of Fissure 8, and its lavas cover about 45 square kilometres. The similarity of its structure to that of Kupaianaha and Mauna Ulu suggest that Heiheiahulu erupted for several years.

Lava from Pu’u Kaliu, located 1.6 km uprift of Fissure 8, covered about 12 square kilometres with an estimated volume of 0.2 cubic kilometres. Pu’u Kaliu lava flows, thought to have erupted in 1790 from fissures on either edge of the LERZ, are similar to the 1840 flow.

Finally, one should also consider Pu’uO’o whose eruption lasted 35 years (1983–2018), erupting a volume of 3.3 cubic kilometres, and Mauna Ulu, which erupted 0.2 cubic kilometres of lava over 5 years (1969–1974).

So, how long will the 2018 LERZ last? Based on past eruptions and current geophysical monitoring, it could continue for many months to a few years. Time will tell.

Source: USGS / HVO.

L’activité de la Fracture n° 8 montre des temps forts et des temps faibles (comme ici sue la photo), mais elle reste globalement soutenue. [Crédit photo : USGS / HVO]