Visite des parcs nationaux aux Etats Unis : ça se complique // Visiting national parks in the U.S. is getting trickier

Cette note ne parle pas de volcans ou de glaciers, même si des sites avec des volcans et des glaciers peuvent être concernés. Certains parcs nationaux aux États-Unis ont commencé à tester des programmes pour gérer l’afflux de touristes en 2023. Autrement dit, des quotas sont mis en place pour éviter l’envahissement des parcs et protéger la nature. En conséquence, le National Park Service avertit que certains des parcs les plus populaires nécessiteront des réservations ou des entrées sur des plages de temps bien définies, ou les deux.
Deux parcs ont déjà testé des programmes pilotes d’entrée limitées dans le temps en 2022 et adopteront la même politique en 2023, avec toutefois quelques ajustements. Ainsi, les touristes qui envisagent de visiter le parc national des Arches dans l’Utah ou le parc national des Rocheuses dans le Colorado ont intérêt à commencer à planifier leur voyage le plus tôt possible.

Le parc national des Arches a lancé un programme d’entrée à certaines heures en 2022, avec une mise à jour pour plus de souplesse en 2023. Cela signifie que les visiteurs ont désormais la possibilité d’acheter à l’avance des tickets d’entrée ou des laissez-passer annuels. Grâce au projet pilote de 2022 aux Arches, des billets d’entrée à certaines heures ont permis de réguler les visites dans le parc, de réduire les embouteillages et d’améliorer le séjour des visiteurs. En 2023, le parc des Arches utilisera un nouveau pilote d’entrée qui devrait offrir plus de possibilités d’accès tout en protégeant le paysage du parc.
Cela signifie que les visiteurs devront réserver à l’avance leur entrée à certaines plages horaires s’ils souhaitent entrer dans le parc entre 7 h et 16 h. Cette obligation commence le 1er avril et se prolongera jusqu’au 31 octobre 2023. Les réservations seront vendues par ordre d’arrivée sur le site Recreation.gov à partir de 8 h (heure locale) le 10 janvier 2023. Elles seront disponibles par lots trois mois à l’avance. Donc à partir du moment où elles seront mises en vente le 10 janvier, il sera possible de réserver l’entrée du 1er avril au 30 avril. Puis le 1er février, les réservations ouvriront pour le mois de mai. Toutes les réservations non vendues pour avril seront également disponibles à ce moment-là. Le reste des réservations suivra ce calendrier. Les réservations de juin ouvriront le 1er mars, et ainsi de suite.
Après avoir effectué leur réservation, les acheteurs recevront un billet d’entrée pour la plage horaire demandée et la réservation devra être validée au cours d’une fenêtre d’une heure. Les entrées limitées à certaines plages horaires seront obligatoires pour les personnes qui entrent dans le parc de 7 h à 16 h. Une fois entrées, elles pourront rester dans le parc le reste de la journée. Il sera possible de sortir et revenir dans le parc à condition d’avoir un ticket correctement validé.
Les personnes qui n’ont pas effectué de réservation à l’avance devront essayer d’obtenir des tickets à 18 heures la veille de leur visite. Les tickets ne sont pas disponibles aux entrées du parc et doivent être achetés en ligne sur Recreation.gov ou par téléphone. Le personnel des parcs pensent que les tickets d’entrée partiront rapidement. Les personnes disposant d’un permis de camping ou d’autres permis spéciaux seront dispensées de réservations à certaines plages horaires. Les véhicules commerciaux (agences de voyage locales par exemple) ne sont pas concernés.

Le parc national des Rocheuses exigera également des entrées à certaines heures en 2023, et le système sera semblable à celui que le parc a utilisé en 2022. Deux types de réservations sont disponibles. L’un concerne le Bear Lake Road Corridor qui comprend également le reste du parc. Ces réservations vont de 5h à 18h. L’autre type de réservation est pour le reste du parc, à l’exclusion du Bear Lake Road Corridor. Celui-là va de 9h à 14h. Les fenêtres d’entrée sont de deux heures, disponibles à la même adresse sur Internet.
Les tickets pour le parc national des Rocheuses seront mis en vente à 8 h le lundi 1er mai et concerneront les réservations du 26 mai au 30 juin. Après cela, les réservations seront vendues un mois à l’avance à partir du premier jour du mois précédent. Les réservations pour juillet seront donc mises en vente le 1er juin, et ainsi de suite.
Ce qui change pour le parc national des Rocheuses, c’est que 40 % des réservations seront disponibles la veille à 17 h. Il est probables qu’elles partiront rapidement ; il est donc fortement conseillé de planifier sa visite à l’avance si possible.
Le système de réservation fonctionnera jusqu’au 22 octobre. Il permettra de mieux répartir les visites, réguler le stationnement et la fréquentation des sentiers de randonnée.
Source : médias d’information américains.

Les nouvelles mesures visant à établir des quotas de visites ne sont pas vraiment une surprise. Quand j’ai vu la foule la dernière fois que j’ai visité le parc national de Yellowstone en 2015, j’étais sûr que quelque chose serait fait pour éviter les embouteillages dans les différents parkings, celui du Grand Prismatic en particulier. Après 10h00, la situation devenait impossible.
A en juger par cet article de presse, il semblerait que seuls deux parcs nationaux soient concernés pour le moment, mais de nouvelles régulations des entrées apparaîtront probablement dans les prochains mois. Si vous avez l’intention de visiter les parcs nationaux américains, il sera prudent de vérifier les politiques en vigueur avant de planifier votre voyage aux États-Unis.

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This is not about volcanoes or glaciers, even though places with volcanoes and glaciers may be concerned. National parks across the U.S. are testing out programs to manage the influx of tourists in the new year. As a consequence,the National Park Service warns that some of the most popular parks will require reservations or timed entries, or both.

Two parks that tested pilot timed entry programs in 2022 are keeping that up in 2023, with some updates and modifications. So those planning to visit Arches National Park in Utah or Rocky Mountain National Park in Colorado might want to start planning soon.

Arches National Park ran a timed entry program in 2022, which it is updating to make more flexible in 2023. One update is visitors now have the opportunity to buy entrance tickets or annual passes in advance. During the 2022 pilot at Arches, timed entry tickets helped pace visitation into the park, lessen congestion, and enhance visitor experiences. In 2023, Arches will use another timed entry pilot which should provide more opportunities for access while protecting Arches’ landscape.

That means visitors will need to book their timed entry in advance if they want to enter between 7 a.m. and 4 p.m. That requirement starts on April 1st and will extend to October 31st, 2023. Reservations are sold first-come first-served at Recreation.gov starting at 8 a.m. MST on Jan. 10th, 2023. They’ll be released three months in advance in blocks, so when they go on sale on January 10th, you’ll be reserving entry for April 1st through April 30th. Then on February 1st, reservations will open up for May. Any leftover bookings for April will also be available then. The rest of the reservations will follow that schedule, with June reservations opening up on March 1st, and so on.

After you book your reservation, you’ll get a timed entry ticket for a one-hour window. The timed entries will be required for those entering the park from 7 a.m. to 4 p.m. and after you have entered you can stay in the park for the rest of the day. You’ll be able to leave and come back to the park as long as you have a correctly validated ticket.

Those who don’t plan ahead will have to try to get tickets at 6 p.m. the day before their visit. Tickets are not available at park entrances, and must be bought online at Recreation.gov or on the phone. Parks staff expect these tickets to go fast. You won’t need a timed entry ticket if you have a camping permit, or other special permits. Commercial vehicles are not concerned either.

Rocky Mountain National Park will also require timed entries in 2023, and the system will be similar to the one the park ran in 2022. There are two reservations available. One is for the Bear Lake Road Corridor, which also includes the rest of the park. Those reservations are from 5 a.m. to 6 p.m. The other permit is for the rest of the park, excluding the Bear Lake Road Corridor. That one is from 9 a.m. to 2 p.m. Entry windows are two hours, available at the same web address. But the reservations run for a different time period.

Tickets for Rocky Mountain National Park go on sale at 8 a.m. on Monday, May 1st and will apply to reservations from May 26th to June 30th. After that, reservations will be sold one month in advance starting on the first day of the previous month. So reservations for July will go on sale June 1st, and so on.

What’s changing in Rocky Mountain National Park is that 40% of reservations will be available the day before at 5 p.m. But they’re expected to run out quickly, so the agency encourages planning ahead if you can.

The permit system will also run through October 22nd, and spreads use throughout the park and throughout the day to divvy up parking and trailheads.

Source : U.S. News media.

The new measures do not come as a surprise. When I saw the crowds the last time i visited Yellowstone National Park in 2015, I was sure something would be done to avoid the congestions at the different car parks. After 10:00 am, the situation was becoming impossible.

Judging from this press article, it seems that only two national parks are concerned, but more controlled accesses will probably appear in the next months. You’d better check the current policies before starting a trip to the United States.

Delicate Arch dans le Parc National des Arches (Photo: C. Grandpey)

Urgence énergétique aux Etats Unis // Energy emergency in the United States

Avec la sécheresse qui sévit depuis des mois aux Etats Unis, les cours d’eau et les réserves sont au plus bas, ce qui pose des problèmes en agriculture et menace l’approvisionnement en électricité des zones habitées. Certaines régions doivent s’attendre à des coupures de courant.

C’est pourquoi le président américain Joe Biden a déclaré l’urgence énergétique dans le pays le 6 juin 2022 en raison des menaces qui pèsent sur « la disponibilité d’une production d’électricité suffisante pour répondre aux besoins de la population ». L’urgence énergétique restera en vigueur pendant au moins 24 mois.
Voici un extrait de la déclaration de M. Biden :

« De nombreux facteurs menacent la capacité des États-Unis à fournir une production d’électricité suffisante pour répondre à la demande de la population. Ces facteurs comprennent les perturbations causées au marché de l’énergie par l’invasion de l’Ukraine par la Russie et les phénomènes météorologiques extrêmes exacerbés par le changement climatique. Par exemple, dans certaines parties du pays, les conditions de sécheresse couplées aux vagues de chaleur provoquent à la fois des pénuries d’approvisionnement en électricité et une demande record d’électricité. En conséquence, la Federal Energy Regulatory Commission et la North American Electric Reliability Corporation ont toutes deux mis en garde contre les problèmes de distribution d’électricité à court terme. Afin d’assurer l’adéquation des ressources électriques, les services publics et les opérateurs de réseau doivent s’engager à construire dès maintenant de nouvelles capacités de production afin de répondre aux besoins de la population.
L’énergie solaire est l’une des sources de production d’électricité qui se développe le plus vite aux États-Unis. Les services publics et les opérateurs de réseau s’appuient de plus en plus sur de nouvelles installations solaires pour maintenir une bonne distribution d’électricité. Les nouveaux champs photovoltaïques devraient représenter plus de la moitié de la capacité du secteur électrique en 2022 et 2023.
Actuellement, la pénurie de composants compromet les nouvelles installations solaires prévues, ce qui menace à son tour la production d’électricité pour répondre à la demande de la population.
L’électricité produite par l’énergie solaire est essentielle pour réduire la combustion de combustibles fossiles qui entraîne le changement climatique. Le ministère de la Défense a reconnu que le changement climatique était une menace pour notre sécurité nationale.
Ces dernières années, la grande majorité des modules solaires installés aux États-Unis ont été importés. Ceux en provenance d’Asie du Sud-Est représentaient environ les trois quarts des importations en 2020.
Récemment, les États-Unis n’ont pas été en mesure d’importer des modules solaires en quantité suffisante pour assurer les ajouts de capacité solaire nécessaires pour atteindre nos objectifs en matière de climat et d’énergie propre, pour assurer l’adéquation des ressources du réseau électrique, et pour aider à lutter contre la hausse des prix de l’énergie. Cette pénurie aiguë de modules solaires et de composants a brusquement mis en péril les ajouts de capacité solaire à court terme. Ces nouvelles installations pourraient aider à assurer la suffisance de la production d’électricité et répondre à la demande de la population. Environ la moitié du déploiement de modules solaires prévu aux Etats Unis au cours de l’année prochaine est actuellement menacé en raison d’un approvisionnement insuffisant. Dans tout le pays, des projets solaires sont reportés ou annulés.
Le gouvernement fédéral travaille avec le secteur privé pour promouvoir la fabrication solaire nationale, y compris notre capacité à fabriquer des modules et d’autres éléments de la chaîne solaire, mais le renforcement de cette capacité prendra du temps. En attendant, une action immédiate est nécessaire pour s’assurer que les États-Unis auront accès à un approvisionnement suffisant de modules solaires pour répondre à nos besoins de production d’électricité.

Source : Declaration of Emergency and Authorization for Temporary Extensions of Time and Duty-Free Importation of Solar Cells and Modules from Southeast Asia – The White House – June 6th, 2022.

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With the severe drought that has been affecting parts of the U.S. for several months, rivers ans water reserves are at their lwest, which causes problems in the electricity supply. Powercuts are likely in several regions of the country.

U.S. President Joe Biden declared a national energy emergency on June 6th, 2022, due to the threats to the availability of sufficient electricity generation to meet expected customer demand. It will stay in effect for at least 24 months.

Here is an excertpt of Mr. Biden’s declaration :

“Multiple factors are threatening the ability of the United States to provide sufficient electricity generation to serve expected customer demand. These factors include disruptions to energy markets caused by Russia’s invasion of Ukraine and extreme weather events exacerbated by climate change. For example, in parts of the country, drought conditions coupled with heatwaves are simultaneously causing projected electricity supply shortfalls and record electricity demand. As a result, the Federal Energy Regulatory Commission and the North American Electric Reliability Corporation have both warned of near-term electricity reliability concerns in their recent summer reliability assessments. In order to ensure electric resource adequacy, utilities and grid operators must engage in advance planning to build new capacity now to serve expected customer demand.

Solar energy is among the fastest growing sources of new electric generation in the United States. Utilities and grid operators are increasingly relying on new solar installations to ensure that there are sufficient resources on the grid to maintain reliable service. Additions of solar capacity and batteries were expected to account for over half of new electric sector capacity in 2022 and 2023.

The unavailability of solar cells and modules jeopardizes those planned additions, which in turn threatens the availability of sufficient electricity generation capacity to serve expected customer demand.

Electricity produced through solar energy is also critical to reducing our dependence on electricity produced by the burning of fossil fuels, which drives climate change. The Department of Defense has recognized climate change as a threat to our national security.

In recent years, the vast majority of solar modules installed in the United States were imported, with those from Southeast Asia making up approximately three-quarters of imported modules in 2020.

Recently, however, the United States has been unable to import solar modules in sufficient quantities to ensure solar capacity additions necessary to achieve our climate and clean energy goals, ensure electricity grid resource adequacy, and help combat rising energy prices. This acute shortage of solar modules and module components has abruptly put at risk near-term solar capacity additions that could otherwise have the potential to help ensure the sufficiency of electricity generation to meet customer demand. Roughly half of the domestic deployment of solar modules that had been anticipated over the next year is currently in jeopardy as a result of insufficient supply. Across the country, solar projects are being postponed or canceled.

The Federal Government is working with the private sector to promote the expansion of domestic solar manufacturing capacity, including our capacity to manufacture modules and other inputs in the solar supply chain, but building that capacity will take time. Immediate action is needed to ensure in the interim that the United States has access to a sufficient supply of solar modules to assist in meeting our electricity generation needs. »

Source : Declaration of Emergency and Authorization for Temporary Extensions of Time and Duty-Free Importation of Solar Cells and Modules from Southeast Asia – The White House – June 6th, 2022.

Beaucoup de réserves d’eau sont quasiment à sec dans l’Ouest des Etats Unis et la pénurie de composants photovoltaïques n’arrange rien (Photos: C. Grandpey)

Hausse du niveau des océans: 30 cm en 2050 ! // Sea level rise : one foot by 2050 !

Un nouveau rapport inter-agences du gouvernement américain prévient qu’en raison du changement climatique, le niveau de la mer le long du littoral des États-Unis augmentera de 25 à 30 centimètres d’ici 2050.
Le rapport, publié le 15 février 2022 et rédigé par des chercheurs de la NASA, de la NOAA et d’autres agences fédérales, examine l’impact de la hausse des températures et de la fonte de la glace de mer sur le niveau de la mer aux États-Unis et conclut que le phénomène a déjà commencé. On peut lire dans le rapport que « l’élévation du niveau de la mer provoquée par le changement climatique est un risque certain et bien présent aux États-Unis aujourd’hui et pour les décennies et les siècles à venir. Le niveau de la mer continuera d’augmenter en raison de la réaction de l’océan au réchauffement en cours, même si des efforts sont faits pour limiter la température de l’air dans les décennies à venir. »
Les températures plus élevées provoquent non seulement la fonte des glaciers et des calottes polaires, mais entraînent également un processus de dilatation thermique des océans par lequel les atomes d’eau se dilatent, ce qui aggrave encore l’élévation du niveau de la mer.
Le rapport explique que l’élévation du niveau moyen de la mer sur la planète est un effet direct du changement climatique. C’est la conséquence d’une combinaison de l’expansion thermique due au réchauffement des eaux océaniques et de l’ajout d’une masse d’eau provoquée par la perte de glace des glaciers et des calottes glaciaires.
La NOAA analyse depuis longtemps l’élévation du niveau de la mer. Depuis 1880, la hausse du niveau des océans a été de 20 à 22,5 cm, mais cette vitesse d’élévation a augmenté au cours des deux dernières décennies, en provoquant une augmentation de 300 à 900 % des inondations lors des marées hautes (HTF) aux États-Unis au cours des 50 dernières années. Le rapport prévient que le phénomène continuera de s’accélérer.
Le nombre de HTF [High Tide Flooding, autrement dit inondation à marée haute] est déjà passé d’environ 5 jours en 2000 à 10-15 jours à New York en 2020. En Floride et en Caroline du Sud, les fréquences annuelles de HTF sont passées de 0 à 2 jours à environ 5 à 10 jours au cours de la même période. Ces augmentations de HTF devraient se poursuivre, s’accélérer et s’étendre à d’autres secteurs du littoral au cours des deux prochaines décennies.
Le rapport conclut que « le niveau relatif de la mer le long de la côte américaine devrait augmenter autant au cours des 30 prochaines années qu’au cours des 100 dernières ». D’ici 2100, la NASA prévoit que le changement climatique entraînera une élévation des mers de 60 à 180 cm, en grande partie à cause de la fonte des glaces en Antarctique et au Groenland, mais ces estimations pourraient augmenter brusquement dans le cas où des parties de la calotte glaciaire de l’Antarctique, en particulier le glacier Thwaites, se mettraient à fondre brutalement. Une étude réalisée en décembre 2021, basée sur des images satellite du glacier, a révélé qu’il était sur le point de s’effondrer.
Bien que le rapport indique que l’augmentation du niveau de la mer au cours des 30 prochaines années en raison de l’expansion thermique et de la fonte des glaciers et de la calotte glaciaire est déjà un fait acquis, il ajoute qu’une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre et une limitation de l’augmentation de la température éviteraient une inondation catastrophique des zones côtières des États-Unis.
Ce rapport étaye des études antérieures et confirme ce que nous savons depuis longtemps : le niveau de la mer continue d’augmenter à un rythme alarmant et met en danger des zones habitées dans le monde entier. La France est bien sûr concernée et des situations très inquiétantes ont déjà été observées, en particulier sur le littoral atlantique durant les tempêtes au moment des grandes marées. Certaines localités – Lacanau par exemple – devront probablement être délocalisées dans les prochaines décennies.
Source : NASA, NOAA via Yahoo News.

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A new interagency U.S. government report warns that because of climate change, sea levels along the coastline of the United States will rise between 25 and 30 centimeters by 2050.

The report, released on February 15th, 2022 and written by researchers at NASA, NOAA and other federal agencies, examines the impact of rising global temperatures and melting sea ice on the U.S. sea level and concludes that a certain amount of sea level rise has already been assured. One can read in the report that « sea level rise driven by global climate change is a clear and present risk to the United States today and for the coming decades and centuries. Sea levels will continue to rise due to the ocean’s sustained response to the warming that has already occurred, even if climate change mitigation succeeds in limiting surface air temperatures in the coming decades. »

Higher temperatures are not only causing glaciers and the polar ice caps to melt, but also resulting in a process known as thermal expansion, by which the atoms in water expand, further exacerbating sea level rise.

The report explains that global mean sea level rise is a direct effect of climate change, resulting from a combination of thermal expansion of warming ocean waters and the addition of water mass into the ocean, largely associated with the loss of ice from glaciers and ice sheets..

NOAA has long tracked rising sea levels. Since 1880, the oceans have risen by between 20 and 22.5 cm, but that rate of rise has increased in the past two decades, resulting in a 300 to 900 percent increase in high-tide flooding in the U.S. over the last 50 years. The report warns that the rate will keep accelerating.

The trends in HTF [high tide flooding] have already grown from about 5 days in 2000 to 10-15 days in New York City in 2020; in Miami, Florida, and Charleston, South Carolina, annual frequencies have grown from 0-2 days to about 5-10 days over the same period,. These increases are likely to continue, further accelerate, and spread to more locations over the next couple of decades.

The report concludes, « relative sea level along the contiguous U.S. coastline is expected to rise on average as much over the next 30 years as it has over the last 100 years. » By 2100, NASA predicts, climate change will cause seas to rise by 60 to 180 cm, largely because of the melting of ice in Antarctica and Greenland, but those estimates could jump sharply in the event that portions of the Antarctic ice sheet, including the Thwaites Glacier, give way to sudden collapse. A December 2021 study based on satellite imagery of the glacier found it was on the verge of collapse.

While the report notes that the amount of sea level rise over the next 30 years due to thermal expansion and glacial and ice sheet melt is already locked in, it adds that dramatically curbing greenhouse gas emissions and limiting temperature rise would avert the catastrophic inundation of U.S. coastal regions.

This report supports previous studies and confirms what we have long known: Sea levels are continuing to rise at an alarming rate, endangering communities around the world, France is of course concerned and very worrying situations have already been observed, in particular during storms at the time of king tides. Some municipalities – Lacanau for example – will probably have to be relocated in the coming decades.

Source: NASA, NOAA via Yahoo News.

Photos : C. Grandpey

Le mot « extrême » inadapté à certains événements climatiques // The word « extreme » unsuitable for certain weather events

Avec l’accumulation d’événements extrêmes au cours des dernières semaines, les Américains prennent de plus en plus conscience qu’ils sont liés au réchauffement climatique, ou au « changement climatique » comme ils préfèrent appeler le phénomène.
Tout juste un mois après le début de l’année 2022, une série d’événements météorologiques extrêmes a paralysé les principales conurbations des États-Unis, provoquant des pannes de courant dans le Massachusetts, un embouteillage gigantesque en Virginie et l’annulation de centaines de vols. Les scientifiques expliquent que tout cela est lié au changement climatique car les températures plus chaudes provoquent davantage de précipitations, avec des tempêtes plus violentes, et des changements de vent qui apportent des vagues d’air froid dans des endroits épargnés jusque là.
En janvier 2022, plusieurs tempêtes de neige d’une rare violence ont frappé le sud des Etats Unis, avec plus de 30 centimètres de neige à Boone, en Caroline du Nord. Une autre tempête a bloqué des voitures pendant plus de 24 heures sur l’I-95 en Virginie où on a relevé une couche de plus de 30 cm, bien plus que les quelques centimètres prévus par les bulletins météo.
Le 3 février 2022, plus de 100 millions d’Américains, de la Nouvelle-Angleterre aux Rocheuses, se sont retrouvés sous alerte météo hivernale. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le Texas a été recouvert de glace et de neige, avec des températures inférieures à zéro. Cela a provoqué des pannes de courant chez des dizaines de milliers d’habitants, un an seulement après qu’une série de violentes tempêtes hivernales ait laissé des millions de personnes sans électricité dans cet Etat.
Les vagues de chaleur estivales et les pluies torrentielles deviennent également plus intenses. Les sept dernières années ont été les sept années les plus chaudes de l’histoire. Juillet 2021 a été le mois le plus chaud jamais enregistré et 25 pays ont connu leur année la plus chaude de tous les temps. En septembre, la ville de New York a été frappée par l’ouragan Ida, qui a entraîné des précipitations record, des inondations dans les sous-sols et les rues et la mort de 46 personnes dans l’Etat de New York.
En fait, certains climatologues pensent qu’un nouveau terme serait nécessaire pour faire référence aux conditions météorologiques les plus extrêmes. En effet, la manière habituelle de définir ces événements ne montre pas à quel point ils peuvent devenir violents. Un chercheur a déclaré : « L’un des problèmes avec le mot « extrême », c’est que une fois qu’on l’a utilisé, il est assez difficile de définir des événements qui sont davantage extrêmes. » Le fait qu’en météorologie le même mot «extrême» puisse désigner à la fois un puissant ouragan et un ouragan totalement dévastateur pourrait inciter les gens à sous-estimer la gravité croissante de ces événements.
Il est particulièrement difficile de s’adapter aux conditions météorologiques les plus extrêmes. Tout comme les villes du sud doivent soudainement faire face à la neige, les zones habituellement tempérées connaissent des vagues de chaleur anormales. En juin 2021, les températures ont dépassé 38 ° C pendant plusieurs jours dans le nord-ouest du Pacifique qui est habituellement doux. Cette chaleur a causé plus de 600 décès supplémentaires dans l’Oregon et l’État de Washington. Un an plus tôt, le 20 juin 2020, le thermomètre avait montré 40°C à Verkhoïansk, en Russie, la température la plus chaude jamais enregistrée au nord du cercle polaire arctique.
En juillet 2021 en Allemagne, certaines régions ont reçu presque deux fois plus de pluie en deux jours que pendant tout le mois le reste du temps. Tous les records de précipitations ont été battus; des dizaines de milliers de maisons ont été inondées et au moins 180 personnes ont perdu la vie.
De la même façon que le réchauffement climatique signifie des températures moyennes plus élevées, les conditions hivernales deviennent également plus extrêmes en raison de l’effet du changement climatique sur le courant jet ou jet stream. Les études effectuées au cours des dix dernières années tendent à montrer que le jet stream n’a pas le même comportement qu’autrefois. Il montre aujourd’hui des ondulations qui génèrent des conditions météorologiques inhabituelles. Toutes les tempêtes hivernales correspondent à de grandes inflexions vers le sud dans le courant-jet.
Il est évident que tant que nous continuerons à émettre des gaz à effet de serre qui emprisonnent plus de chaleur dans l’atmosphère, les événements hivernaux «super extrêmes» deviendront encore plus violents et imprévisibles.
Source : Yahoo Actualités.

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With the accumulation of extreme events in the past weeks, Americans are getting more and more aware that they are liked to global warming, or climate change as they’d rather call the phenomenon.

Just one month into 2022, a spate of extreme weather events have crippled major U.S. metro areas, causing power outages in Massachusetts, a daylong traffic jam in Virginia and the cancellation of hundreds of flights. Sxcientists warn that these are all connected to climate change, as warmer temperatures cause more precipitation, leading to heavier storms, and changing wind patterns bring blasts of cold air to previously unaffected locations.

In January, multiple unusually strong winter snowstorms hit the South, one of which dropped more than 30 centimeters of snow in Boone, N.C., while another caused cars to get stuck for more than 24 hours on I-95 in Virginia after more than 30 cm of snow fell far more than the few centimeters that had been predicted.

On February 3rd, 2022, more than 100 million Americans, from New England to the Rocky Mountains, found themselves under winter weather alerts. Such unlikely locations as Texas are experiencing ice and snow with below-freezing temperatures, causing tens of thousands of residents to experience blackouts, just one year after a series of remarkably severe winter storms left millions in the State without power.

Summer heat waves and heavy rainstorms are also getting more intense. The last seven years have been the seven hottest years in recorded history. Last July was the hottest month on record, and 25 countries experienced their warmest year ever. In September, New York City was hit by Hurricane Ida, which brought a record rainfall of 21 cm, causing flooding in basements and streets, and killing 46 people in the metropolitan region.

In fact, some climate scientists think a new term for the most extreme weather may be needed because the usual way of characterizing the events fails to capture how they keep getting more dramatic. Said one researcher : “One of the issues with ‘extreme’ is that once you’ve used that word, it’s kind of hard to talk about what it looks like when you have bigger extremes.” In short, the fact that “extreme weather” can refer to both a bad hurricane and an utterly devastating one might cause people to underestimate the increasing severity of these events.

Adapting to the constantly worsening weather is especially difficult. Just as southern cities are suddenly having to contend with snow, usually cool areas are seeing abnormal heat waves. In June 2021, temperatures were upwards of 38°C for days on end in the normally mild Pacific Northwest, leading to more than 600 excess deaths in Oregon and Washington state. One year earlier, on June 20th, 2020, the temperature in Verkhoyansk, Russia, reached 40°C, making it the hottest temperature ever recorded north of the Arctic Circle.

In July 2021 in Germany, some areas saw almost twice as much rain in two days as they normally get in the whole month, obliterating precipitation records, flooding tens of thousands of homes and killing at least 180 people.

What is more, even though global warming means higher average temperatures, winter weather is also getting more extreme, due to the effect of climate change on the jet stream. There has been a lot of research in the last decade suggesting that the jet stream is behaving differently now. It is wavier than it used to be, and whenever the jet stream takes these big north-south swings, unusual weather conditions tend to unfold along with those. All of these winter storms are associated with big southward dips in the jet stream.

As long as humans keep sending greenhouse gases into the atmosphere, trapping more heat, these “super-extreme” winter events will become even more shocking and unpredictable.

Source: Yahoo News.

Les deux courants jet de l’hémisphère nord (Source: Météo France)