Un discours inquiétant // A disturbing speech

Donald Trump et Scott Pruitt ne sont pas les seuls hommes politiques au monde à refuser de reconnaître la réalité du changement climatique. L’ancien Premier Ministre australien Tony Abbott a déclaré à un auditoire britannique que la politique pour lutter contre le changement climatique est semblable au comportement des populations primitives qui tuent des chèvres pour apaiser les dieux des volcans
Selon M. Abbott, « au moins jusqu’à présent, c’est la politique pour lutter contre le changement climatique qui fait du mal ; le changement climatique en soi fait du bien, ou du moins plus de bien que de mal. Dans la plupart des pays, beaucoup plus de gens sont victimes de vagues de froid plus que de vagues de chaleur, de sorte qu’une hausse graduelle des températures de la planète, surtout si elle s’accompagne d’une plus grande prospérité et d’une plus grande capacité d’adaptation au changement, pourrait même être bénéfique. »
M. Abbott a déclaré que le gouvernement australien ne devait surtout pas adopter la Clean Energy Target (CET) avec son objectif d’énergie propre. Il a rejeté l’argument selon lequel une grande majorité de scientifiques affirment que le changement climatique ne fait aucun doute et a déclaré que «l’affirmation selon laquelle 99% des scientifiques croient» est «comme si la vérité scientifique était déterminée par des votes plutôt que par des faits». Il a de nouveau souligné son opposition aux énergies renouvelables.

L’intervention de M. Abbott met dans l’embarras le gouvernement australien qui est sur le point de  finaliser une politique énergétique cette année. L’ancien chef de la Clean Energy Finance Corporation, a rappelé le gouvernement fédéral  avait besoin de la Clean Energy Target (CET) et son objectif d’énergie propre. Sans cette politique, la production d’électricité serait moins fiable parce que les anciennes centrales alimentées au charbon seraient utilisées plus longtemps et deviendraient inutilisables en raison de leur âge. Les vieilles centrales continueraient probablement à fonctionner et il pourrait y avoir un hiatus avec l’arrivée de l’énergie renouvelable. Dans ce cas, les vieilles centrales âgées de 50 ans tomberaient soudainement en panne et provoqueraient des pénuries massives d’électricité.
Source: ABC News.

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Donald Trump and Scott Pruitt are not the only politicians in the world to refuse to understand climate change. Former Australian Prime Minister Tony Abbott has told an audience in Britain that policy to deal with climate change is like primitive people killing goats to appease volcano gods

According to Mr Abbott, « at least so far it is climate change policy that is doing harm; climate change itself is probably doing good, or at least more good than harm. In most countries far more people die in cold snaps than in heatwaves, so a gradual lift in global temperatures, especially if it is accompanied by more prosperity and more capacity to adapt to change might even be beneficial. »

Mr Abbott said that the Australian government should not adopt a Clean Energy Target (CET).  He dismissed the argument that a large majority of scientists argue that the science of climate change is settled, saying « the claim that 99 per cent of scientists believe » is « as if scientific truth is determined by votes rather than facts ». He again outlined his opposition to renewable power.

Mr Abbott’s intervention further complicates the Australian government’s bid to finalise an energy policy this year. The former head of the Clean Energy Finance Corporation, warned the Federal Government it needed a CET. Without the policy, power would be less reliable because older coal-fired power stations would be kept in use longer and then fail because of their age. The old power plants will probably continue operating and there could be a hiatus in the construction of renewable energy. Then what will happen is those old 50-year power stations will suddenly fall over, they will fall over in unpredictable ways and cause massive power shortages.

Source: ABC News.

 

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La situation sur et autour du Mont Agung (Bali) : Et maintenant ? // The situation on and around Mt Agung (Bali) : What next ?

Au vu de l’activité sismique sur le Mont Agung, signe d’une probable ascension du magma sous le volcan, les autorités indonésiennes ont appliqué – avec raison selon moi, – le principe de précaution. Plus de 10 0000 personnes ont quitté leurs habitations pour se mettre en sécurité. On connaît le passé éruptif de l’Agung ainsi que son pouvoir destructeur tant matériel qu’humain. Comme cela se fait habituellement lors des éruptions en Indonésie, des centres d’accueil ont été mis en place pour accueillir ces réfugiés, en sachant que l’on ne peut pas garder indéfiniment des gens dans ce type d’hébergements provisoires, avec tous les problèmes sanitaires que cela implique.

La question est maintenant de savoir comment la situation va évoluer. Se dirige-t-on vers une éruption majeure de l’Agung avec nuages de cendre et coulées pyroclastiques, ou bien le volcan va-t-il se calmer, ce qui justifierait un retour de la population évacuée ? Personne n’est en mesure de répondre à cette question. Comme je l’ai indiqué précédemment à propos du Mauna Loa à Hawaii, nous ne savons pas prévoir une éruption volcanique, et encore moins sur les volcans explosifs de la Ceinture de Feu.

Le risque à Bali, c’est que dans un premier temps l’Agung se calme et permette le retour de la population, puis se manifeste brusquement et violemment, avec des conséquences faciles à imaginer. Si le magma s’est accumulé sous l’édifice volcanique, il y aura forcément une accumulation de gaz et une mise sous pression du volcan. Ces gaz peuvent se libérer brutalement et il n’y aura alors guère de temps pour se mettre à l’abri des nuages de cendre et autres coulées pyroclastiques.

A mon avis, cette dernière hypothèse est le véritable risque à Bali en ce moment. Les principaux sites touristiques se trouvent relativement loin de l’Agung et leurs visiteurs ne risquent pas grand-chose. Il ne faudrait surtout pas qu’une curiosité humaine malsaine pousse certains touristes à venir s’approcher du volcan. La situation ne serait plus la même en cas d’éruption soudaine.

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Les autorités indonésiennes craignent que la situation actuelle sur le Mt Agung, avec le niveau d’alerte à son maximum, affecte le tourisme à Bali. Cependant, en dehors du périmètre de sécurité autour du volcan, le tourisme se déroule normalement à Bali jusqu’à présent.
Malgré le message rassurant du gouverneur de Bali, le ministère australien des Affaires Etrangères et du Commerce a publié une nouvelle mise en garde concernant les voyages vers Bali en raison des risques d’une éruption volcanique. Les compagnies aériennes observent très attentivement la situation.
Un porte-parole de Jetstar a déclaré que tous les vols à destination de Bali (60 vols par semaine) avaient lieu comme prévu, mais que la compagnie surveillait la situation.
Qantas a déclaré que ses météorologues surveillaient l’activité, mais que les vols étaient assurés normalement.
Les vacances scolaires ont commencé dans de nombreuses régions d’Australie et le nombre de voyageurs qui visitent Bali augmente habituellement pendant cette période.
Le Mont Agung se trouve dans le district de Karangasem à l’est de Bali, à environ 75 kilomètres du centre touristique de Kuta.
L’aéroport de Denpasar, n’a pas été affecté par l’éruption, mais sa direction surveille la situation de près.

Source : The Guardian

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In view of seismic activity on Mount Agung, a sign of probable magma ascent under the volcano, Indonesian authorities have applied the principle of precaution – and rightly so. More than 10,000 people have left their homes to stay safe. We know the eruptive past of Mt Agung as well as its destructive power, both material and human. As is usually the case during Indonesian eruptions, shelters have been set up to accommodate these refugees, knowing that people cannot be kept indefinitely in these centres, with all the health problems they involve.

The problem now is how the situation will evolve. Are we headed for a major eruption with ash clouds and pyroclastic flows, or else will the volcano calm down, which would justify a return of the evacuated population? No one is in a position to answer that question. As I put it earlier about Mauna Loa in Hawaii, we are not able to predict a volcanic eruption, let alone on the explosive volcanoes of the Ring of Fire.
The risk in Bali is that initially the Agung calms down and allows the return of the population, then suddenly and violently erupts , with consequences easy to imagine. If  magma has accumulated under the volcanic edifice, there will necessarily be an accumulation of gas and a pressurization of the volcano. These gases can be released suddenly and there will be little time to shelter from the ash clouds and pyroclastic flows.
In my opinion, this latter hypothesis is the real risk in Bali at this time. The main tourist sites are relatively far from Mt Agung and their visitors do not risk much. However, human curiosity should not incite some tourists to get close to the volcano. The situation would no longer be the same in the event of a sudden eruption.

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Indonesian authorities are afraid that the current situation on Mt Agung, with the alert level at its highest, might affect tourism on the island. However, apart from the restricted area, tourism in Bali is safe up until now.  .

Despite the reassuring message of the governor of Bali, the Australian Department of Foreign Affairs and Trade issued a new travel warning for Bali because of fears of a volcano eruption on the popular tourist island. Air companies are observing the situation very carefully.

A spokesman for Jetstar said all flights to Bali (60 flights a week) were going ahead as scheduled, but the airline was monitoring the situation.

Qantas said its meteorologists were monitoring activity but services were still going ahead as scheduled.

School holidays are under way in many parts of Australia and the number of travellers visiting the island usually booms during this period.

Mount Agung is in the Karangasem Regency in East Bali, about 75 kilometres from the tourist hub of Kuta.

The airport on Bali’s capital, Denpasar, has not been affected but its management is watching the situation closely.

Source: The Guardian.

Crédit photo: Wikipedia

Volcans australiens et légendes aborigènes // Australian volcanoes and Aboriginal legends

J’ai toujours été fasciné par les légendes sur les volcans ou les récits liés à leur histoire ancienne. Certaines de ces histoires apparaissent dans le livre «Mémoires Volcaniques» que j’ai écrit avec Jacques Drouin il y a quelques années (voir colonne de gauche de ce blog). Ces jours-ci, on peut lire sur le site web ABC News des histoires intéressantes liées au volcanisme en Australie.
Comparée à l’Europe ou aux États-Unis, l’Australie est pauvre en volcans. Le volcanisme n’a probablement pas eu lieu dans ce pays depuis l’arrivée des premiers habitants il y a environ 65 000 ans, mais il y a deux exceptions. Dans le sud de l’Australie et le nord du Queensland, une activité volcanique s’est probablement produite au cours des 10 000 dernières années. Toutefois, il est extrêmement difficile de déterminer sa chronologie. En effet, bon nombre de produits éruptifs ne peuvent être datés car ils ont trop été usés par le temps et il ne reste aucun matériau récent. C’est pourquoi l’âge des roches a généralement été déterminé en datant ce que les laves ou les couches de cendres ont enterré, ou ce qui se trouve au-dessus d’elles.
Une autre approche consiste à s’appuyer sur la tradition orale et interpréter les histoires racontées par les Aborigènes. De telles histoires ne peuvent guère permettre de déterminer l’époque des éruptions, mais elles fournissent des détails annexes intéressants sur ce qui s’est passé avant, pendant et après ces événements.
Ces histoires font référence à l’activité volcanique autour de la partie la plus méridionale de la frontière entre les provinces d’Australie Méridionale et de Victoria. Il y a, par exemple, l’histoire d’une famille qui s’est installée d’abord sur le Mont Muirhead. Ces gens enterraient leur nourriture pendant la nuit  pour la faire cuire, ce qui indique que le sol était très chaud. Au milieu de la nuit, le bullin – un oiseau local – a crié, ce qui peut être interprété comme le signal d’alerte d’une éruption imminente. La famille a alors fui vers le Mont Schank, où le bullin a encore crié et ils se sont déplacés vers le Mont Gambier. En cet endroit, l’oiseau est resté silencieux, mais les fours terrestres dans lesquels ils avaient placé leur nourriture ont été envahis par l’eau et la famille a abandonné cette zone aussi.
Beaucoup de volcans de la province (comme le Mont Gambier) sont des maars, des endroits où le magma remonte de l’intérieur de la Terre jusqu’à ce qu’il rencontre des eaux souterraines froides, ce qui produit une puissante explosion.
Il y a une histoire autochtone qui raconte que deux jeunes hommes nouvellement initiés ont brisé un tabou et offensé le serpent arc-en-ciel, l’être surnaturel le plus puissant et le plus redouté des Aborigènes. Bien que ce fût au milieu de la journée, le ciel devint rouge foncé et le sol se mit à se craquer et se soulever. Ensuite, un liquide s’est répandu. Il a englouti le paysage, laissant derrière lui un maar avec un lac. L’âge des couches de sédiments profonds au fond du lac Eacham suggère que l’éruption qui a façonné le maar a eu lieu il y a un peu plus de 9 000 ans.
Il y a des récits autochtones d’éruptions volcaniques qui se sont produites il y a plusieurs millénaires, tout comme il existe de nombreux récits de noyades le long des côtes qui doivent tous avoir plus de 7000 ans, époque où les inondations post-glaciaires ont pris fin.
De tels récits aident à dater des événements naturels du passé et ils devraient inciter les scientifiques à considérer les histoires issues de la tradition orale comme des sources acceptables d’information scientifique.
Source: ABC News.

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I have always been fascinated with legends about volcanoes or stories related to their ancient history. Some of these stories appear in the book “Mémoires Volcaniques” I wrote with Jacques Drouin a few years ago. These days, we can read on the ABC News websites interesting stories related with volcanism in Australia.

Compared to Europe or the US, Australia is remarkably poor volcanically. Volcanism has probably not occurred in Australia since it was first inhabited, perhaps 65,000 years ago, but there are two exceptions. In southern Australia and northern Queensland, volcanic activity likely happened within the past 10,000 years. However, determining its chronology has proved difficult. Indeed, many of the eruptive products are undatable, often weathered to the point where no fresh material remains. So ages have generally been determined by proxy, by dating what lavas or ash layers buried, or what lies above them.

Another approach involves interpreting oral stories recorded by Australian Aboriginal peoples. Such stories can only coarsely bracket the time of eruptions, but supply considerable ancillary detail about what happened before, during and after they occurred.

This is the area of volcanic activity clustered around the southernmost part of the border between South Australia and Victoria. There is the story of a family that settled first on Mount Muirhead. They buried their food overnight in the earth to cook, which tells us the ground here was unusually hot. In the middle of the night, the bullin – a local bird – shrieked, something that can be interpreted as the alarms arising from signs of imminent eruption. The family then fled to Mount Schank, where eventually the same thing happened, so they shifted to Mount Gambier. Here the bullin was silent, but the earth ovens in which they had placed their food flooded, so they abandoned this area as well.

Many volcanoes of the province (like Gambier) are maars, places where magma from the Earth’s interior rises until it encounters cold groundwater, whereupon there is a powerful explosion.

There is an often-told Aboriginal story that recalls when two freshly initiated youths broke a taboo and thereby offended the rainbow serpent, Aboriginal Australians’ most powerful and feared supernatural being. Even though it was the middle of the day, the sky turned blackish-red, and the ground cracked and heaved. Then from it, a liquid spilled out. It engulfed the landscape, leaving a maar lake as a legacy. The ages of deep sediment layers within Lake Eacham suggest the maar eruption that formed it occurred a little over 9,000 years ago.

There are Australian Aboriginal memories of volcanic eruptions that occurred several millennia ago, just as there are numerous memories of coastal drowning that must all be older than 7,000 years, the approximate time at which postglacial drowning came to an end.

Such examples provide a novel way of helping to date natural events in the past and should encourage scientists to treat oral histories and traditions as legitimate sources of scientific information.

Source : ABC News.

Carte montrant les deux régions volcaniques de l’Australie ( Source : Patrick D Nunn, professor of geography at the University of the Sunshine Coast)

L’Australie se moque-t-elle de la COP 21? // Does Australia care about the Paris climate agreement ?

Une grosse compagnie minière indienne vient d’annoncer le lancement officiel d’un projet de 16 milliards de dollars d’extraction de charbon en Australie. Selon les écologistes, un tel projet constituera une menace pour la Grande Barrière de Corail. La mine de Carmichael, d’une superficie de 260 kilomètres carrés, produirait chaque année des millions de tonnes de combustible fossile.
Le projet a rencontré une vive opposition en Australie où les groupes écologistes affirment qu’il réduit à néant la promesse de l’Australie de limiter les émissions de gaz à effet de serre et de protéger l’environnement, en particulier les récifs en péril au large de la côte du Queensland.
Au cours des derniers mois, les autorités australiennes ont éliminé les obstacles réglementaires susceptibles d’entraver le projet et le gouvernement a annoncé qu’il avait approuvé, sous condition, un prêt de 750 millions de dollars pour la construction d’une ligne ferroviaire permettant de transporter le charbon de la mine Carmichael vers un terminal situé sur la côte. Au maximum de son rendement, la mine produirait environ 44 millions de tonnes de charbon par an à destination de l’Inde où le combustible permettrait d’alimenter 100 millions de foyers en électricité.
Les écologistes et les scientifiques ont vivement contesté le projet et déclaré qu’il allait à l’encontre des efforts visant à lutter contre le changement climatique. L’Australie est partie prenante dans l’Accord climatique de Paris et s’est engagée à réduire les émissions polluantes de 26 à 28 pour cent d’ici 2030. Il semble difficile d’être le plus grand exportateur mondial de charbon et, en même temps, de prendre des mesures sur le changement climatique!
Malgré tout, l’annonce du géant minier indien ne garantit pas que la mine sera opérationnelle car la compagnie n’a pas encore réuni suffisamment de fonds pour commencer le projet. Sous la pression de la population, plusieurs banques se sont montrées réticentes et affirment qu’elles ne le financeront pas.
L’annonce est venue alors que les scientifiques continuent à alerter sur l’avenir de la Grande Barrière de Corail. La structure corallienne a blanchi et montre aujourd’hui de larges bandes de coraux morts sous l’effet de la hausse rapide des températures. Le changement climatique reste de loin la plus grande menace pour les récifs coralliens. Pour protéger la Grande Barrière, il faudra s’attaquer au changement climatique en réduisant rapidement et considérablement nos émissions de carbone.
Source: Journaux australiens et américains.

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An Indian mining giant has just announced the official start of a proposed $16 billion coal project in Australia that conservationists say threatens the Great Barrier Reef. The 260-square-kilometre Carmichael mine would produce millions of tons of the fossil fuel each year.

It has faced severe backlash in the country from environmental groups who say the project would negate Australia’s pledges to limit greenhouse gas emissions and harm the environment, particularly the imperilled reef, located off Queensland’s coast.

In recent months, Australian officials have cleared regulatory hurdles for the project and the federal government announced it had conditionally approved a $750 million loan to help build a rail line to transport coal from the Carmichael mine to a proposed shipping terminal on the coast. At its peak, the mine would produce about 44 million tons of coal annually to ship to India. That’s enough energy to power 100 million homes.

Environmentalists and scientists have lambasted the project and said it runs contrary to any efforts to address climate change. Australia is still party to the landmark Paris climate accord and has pledged to reduce emissions 26 to 28 percent by 2030. It seems difficult to be the world’s biggest coal exporter and at the same time be taking action on climate change!

The Indian mining giant’s announcement doesn’t guarantee the mine will be built because the company has yet to secure enough funding to start the project. Following public pressure, multiple banks have distanced themselves from the mine, saying they would not fund the project.

The announcement comes as scientists continue to warn about the future of the Great Barrier Reef. The structure has endured back-to-back mass bleaching events that have left large swaths of coral dead, spurred by rapidly warming global temperatures. Climate change remains by far the greatest threat to the reef. To protect the Great Barrier for the future means tackling climate change by rapidly and drastically reducing our carbon emissions.

Source: Australian and US newspapers.

Image satellite montrant une partie de la Grande Barrière de Corail le long de la côte australienne du Queensland. (Source: NASA)

 

Les super volcans australiens // Australia’s super volcanoes

drapeau-francaisEn 2015, des scientifiques de l’Université Nationale d’Australie ont découvert la plus longue chaîne volcanique continentale au monde. Elle s’étire sur 2000 km dans la partie orientale du continent australien. Cette chaîne volcanique, baptisée Cosgrove Chain, qui a commencé à se former il y a 33 millions d’années, s’étire depuis les Iles Whitsunday dans le Queensland au NE jusqu’à proximité de Melbourne au SE (voir carte ci-dessous). Les volcans ne se sont pas édifiés au bord des plaques tectoniques, comme souvent sur notre planète; ils sont le fruit de panaches mantelliques (voir ma note du 17 septembre 2015). Les éruptions furent si violentes qu’elles expédièrent des matériaux jusque sur la côte ouest du pays, à 4000 km de distance. Cette activité volcanique a eu lieu au moment où la Nouvelle-Zélande commençait à se séparer de la bordure orientale de l’Australie.
Jusqu’à récemment, la seule preuve de la violence de ces éruptions était un alignement de cratères éteints et les coulées de lave solidifiées que les éruptions avaient laissées derrière elles. De nouvelles informations viennent d’être fournies par des chercheurs de l’Université Curtin. Ils étaient en train d’effectuer des forages dans la plaine de Nullarbor en Australie occidentale quand ils ont découvert des cristaux  de zircon de la taille de grains de sable qui ne correspondaient pas à la composition chimique des roches typiques de la région. En revanche, ces cristaux ressemblaient, par leur âge et leur composition, aux roches volcaniques de la région des îles Whitsunday. Les cristaux n’avaient pas pu traverser le pays par le biais de systèmes fluviaux pour deux raisons : ils étaient très bien conservés, et les fossiles incrustés dans les roches indiquaient que les cristaux présentaient un âge identique.
Les chercheurs pensent que les éruptions sur la Cosgrove Chain étaient probablement des dizaines ou des centaines de fois plus puissantes que celles observées dans les temps historiques. Une éruption de ce type aujourd’hui serait entendue jusqu’à Perth, sur la côte ouest de l’Australie. Il y a des dizaines de millions d’années, l’Australie n’a pas été le seul pays à avoir été secoué par de puissantes éruptions volcaniques en raison de la dislocation du Gondwana. Ces super éruptions sont tout à fait exceptionnelles de nos jours. Les volcans sont capables d’émettre des panaches de fines particules de cendre sur de grandes distances, mais ils ne peuvent pas envoyer des lapilli à des milliers de kilomètres. L’éruption du Toba (Indonésie) il y a 73 000 ans a expédié des particules de la taille de grains de sable sur un rayon de 2700 km.
Source: New Scientist.
https://www.newscientist.com/

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drapeau-anglaisIn 2015, scientists from the Australian National University discovered the world’s longest chain of continental volcanoes, stretching 2,000km along eastern Australia. The volcanic chain, named the Cosgrove Chain, which started its formation 33 million years ago, runs from near the Whitsundays in Queensland to near Melbourne (see map below). The volcanoes weren’t formed at the edge of tectonic plates. Instead, they came about from mantle plumes. (see my note of 17 September 2015). Their explosions were so violent that they could send material ­­all the way across to the west coast of the country, 4,000 km away. This volcanic activity occurred at the time when New Zealand was beginning to tear away from Australia’s eastern edge.

Until recently, the only evidence of the scale of these eruptions was the dormant craters and the solidified lava flows left behind. Researchers at Curtin University in Western Australia were drilling beneath the Nullarbor plain in remote Western Australia when they discovered sand-sized zircon crystals that did not match any of the region’s typical rock compositions. Instead, the crystals matched volcanic rock in the Whitsundays area on the country’s north-east coast in both age and geochemical composition. Two clues ruled out the possibility that river systems had carried the zircon crystals across the country: they were very well preserved, and fossils in the rocks indicated that the crystals were of an identical age.

The researchers think that the eruptions were probably tens to hundreds of times more powerful than any documented in human history. An equivalent eruption today would be heard in the west coast city of Perth. Australia was not the only country to have been shaken by powerful volcanic activity 100 millions of years ago due to the disintegration of the supercontinent Gondwana. Such mega eruptions are quite exceptional today. Modern volcanoes that can spew fine particles of ash over large distances, but they lack the power to hurl larger particles thousands of kilometres away. The biggest known super-eruption occurred of Toba volcano in Indonesia 73,000 years ago propelled sand-sized particles over a 2700-kilometre radius.

Source: New Scientist.

https://www.newscientist.com/

Cosgrove chain copie

Cosgrove Chain.

Whitsundays

Anciens cratères dans les Iles Whitsunday

(Source: Australian National University)

On ne touche pas aux vieilles coulées de lave ! // Don’t meddle with ancient lava flows !

drapeau-francaisIl y a eu récemment beaucoup d’effervescence et d’émotion en Australie quand un agriculteur de la Harman’s Valley, dans le sud-ouest de l’Etat de Victoria, a labouré et enfoui dans le sol toute une partie d’une ancienne coulée de lave pour y créer des pâturages. La coulée de lave en question, d’une longueur de 27 kilomètres, a été émise lors d’une éruption du Mont Napier il y a 36000 ans.
Au cours des dernières semaines, les visiteurs qui se sont arrêtés à la plate-forme d’observation sur la route qui relie Port Fairy à Hamilton, au nord du village de Byaduk,  pour admirer ce que les scientifiques considèrent comme une merveille géologique, se sont retrouvés face à une étendue de terre fraîchement retournée !
La modification apportée au paysage a soulevé des cris d’indignation de la part des géologues, tandis que Aboriginal Victoria, une agence conseil auprès du gouvernement de l’Etat de Victoria, a décrété l’arrêt du travail sur la coulée. L’événement a également déclenché les protestions du propriétaire du terrain qui a affirmé n’avoir rien fait de mal. Selon lui, l’ancien propriétaire de la parcelle avait déjà écrasé la plus grande partie de la roche volcanique il y a 10 ans et il ne se sent donc pas responsable des dégâts causés à la coulée de lave.
Selon un professeur honoraire de l’Université Deakin – qui a plusieurs campus dans l’Etat de Victoria – le concassage de la coulée prive l’Etat d’« une partie importante de son patrimoine qui avait un intérêt touristique, pédagogique et scientifique irremplaçable ».
La coulée de lave de la Harman’s Valley descend du Mount Napier State Park, au sud d’Hamilton, mais la partie qui a été labourée n’est pas protégée. Elle se trouve à plusieurs kilomètres des grottes de Byaduk, de réputation internationale. Elle fait toutefois partie de cette coulée qui présente des phénomènes rares tels que des tunnels de lave et les affleurements connus sous le nom de « tumuli ». La coulée est, en théorie, soumise à la législation du patrimoine autochtone.

D’anciens chercheurs de l’Université Deakin ont rejoint des scientifiques de Melbourne et de la Société Géologique d’Australie pour qu’une législation soit mise en place afin de protéger les sites géologiquement importants dans l’Etat de Victoria dont le pouvoir législatif pour protéger les formations géologiques sur des terres privées est moins important que dans les autres États australiens.

Source. Herald Sun.

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drapeau-anglaisThere was recently a lot of emotion in the Australian Harman’s Valley, in south-west Victoria, when a local farmer used heavy equipment to roll a section of an ancient lava flow back into the earth to create pasture land. The 27-kilometre-long lava flow was emitted when nearby Mount Napier erupted 36,000 years ago.

In recent weeks, visitors who stopped at a viewing platform on the Port Fairy-Hamilton road just north of Byaduk village to marvel at what scientists considered a geological wonder have been confronted by freshly bared earth extending up the valley.

The alteration to the landscape has produced cries of outrage from geologists, drawn a « stop work » order from Aboriginal Victoria – a key agency that provides advice to the Victorian Government – and brought a protestation from the landowner that he did nothing wrong. In his opinion, the previous owner crushed most of the volcanic rock 10 years ago and did not feel responsible for the damage caused to the lava flow. .

According to an honorary professor from Deakin University which has several campuses in Victoria, the rock crushing has deprived this State of « an important part of its heritage that had irreplaceable tourism, educational and research significance ».

The Harman’s Valley lava stream « flows » out of the Mount Napier State Park, south of Hamilton, but the section that has been crushed is not protected. It is several kilometres from the internationally recognised Byaduk Caves but part of the same flow, which features rare phenomena such as lava tubes and outcrops known as tumuli. However, it is subject to Indigenous heritage legislation.

Senior researchers from Deakin University have joined scientists from Melbourne and the Geological Society of Australia to call for legislation to protect geologically important sites in Victoria which has less legislative power to protect geological formations on private land than other Australian states.

Source. Herald Sun.

Harman

La Harman’s Valley avec le Mont Napier à l’arrière plan.

Harman 02

« Tumulus » dans la Harman’s Valley.

(Crédit photo: Wikipedia)

Le réchauffement climatique dans l’hémisphère sud // Global warming in the south hemisphere

drapeau francaisMême si le réchauffement climatique est moins significatif dans l’hémisphère sud que dans l’hémisphère nord, les dernières données montrent qu’il est bien présent dans des pays comme l’Afrique du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
Selon un chercheur du Conseil de l’Afrique du Sud pour la recherche scientifique et industrielle, 2015 est va être l’année la plus chaude de tous les temps. D’après lui, l’une des seules choses qui pourrait empêcher ou freiner un réchauffement de cette ampleur serait une éruption volcanique majeure comme celle du Krakatoa en 1883. En effet, le nuage de cendre contiendrait du dioxyde de soufre qui renverrait une partie de la lumière du soleil dans espace.
Le chercheur a confirmé que l’augmentation globale actuelle des températures en Afrique du Sud est causée par le réchauffement climatique et par El Nino qui entraîne le réchauffement de l’Océan Pacifique, phénomène qui se produit tous les 2 à 7 ans et qui est en cours en ce moment. Il devrait même s’intensifier avec un pic en décembre. Habituellement, la température globale augmente de 0,01% en Afrique du Sud. Cette année, l’augmentation sera probablement supérieure à 0,1%, soit 10 fois plus que la normale.
En Afrique du Sud, la température est en hausse dans tout le pays. L’été à venir devrait être particulièrement chaud. Les précipitations devraient être inférieures à la normale. Plusieurs régions sont déjà dans un état de sécheresse. Les deux dernières saisons des pluies ont eu des précipitations inférieures à la normale, et une autre saison identique ne ferait qu’aggraver la situation, avec un impact majeur sur l’agriculture. .
Source: Nouvelles 24.

De la même façon, le mois d’octobre a établi un nouveau record pour la moyenne des températures maximales en Australie. Selon l’Agence Nationale des Sciences et le Bureau de Météorologie, le pays pourrait connaître une hausse de température de plus de 5 ° C d’ici la fin du siècle – soit beaucoup plus que le reste du monde – si des mesures drastiques ne sont pas prises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le rapport indique que les températures augmenteront probablement tout au long du siècle à travers l’Australie, avec une augmentation annuelle de 1,3C d’ici 2030, par rapport à la moyenne enregistrée entre 1986 et 2005.
Suite au changement climatique, l’Australie doit faire face à des impacts environnementaux et économiques importants dans un certain nombre de secteurs comme l’approvisionnement en eau, l’agriculture, les zones côtières et les infrastructures. D’éminents scientifiques pensent que le changement climatique va entraîner une augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements météorologiques extrêmes. L’élévation du niveau de la mer présente un risque significatif pour les zones côtières, tandis que les océans de la planète pourraient devenir trop acides pour héberger les récifs coralliens.

En Nouvelle-Zélande, la température moyenne a augmenté de 0.9°C au cours du siècle passé. Le Ministère de l’Environnement indique que les impacts probables du changement climatique sont les suivants: des températures plus élevées, en particulier dans l’île du Nord (mais qui resteront probablement inférieures à la moyenne mondiale); l’élévation du niveau de la mer (une hausse moyenne de 16 centimètres a été observée dans quatre des principaux ports au cours du siècle écoulé); la fréquence accrue des événements météorologiques extrêmes tels que les sécheresses (en particulier dans l’est de la Nouvelle-Zélande) et des inondations; un changement de la pluviométrie (précipitations plus élevées dans l’ouest et en baisse dans l’est); recul des glaciers de l’île du Sud où le volume de glace s’est réduit de 11% au cours des 30 dernières années.

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drapeau-anglaisEven though global warming is less strong in the south hemisphere than in countries more to the north, the latest data show that it is present in countries like South Africa, Australia and New Zealand.
According to a researcher from South Africa’s Council for Scientific and Industrial Research, 2015 is going to be the warmest year ever in terms of the global record. He said that one of the only thing that could prevent warming on this scale was a large volcanic eruption like that of Krakatoa in 1883. Indeed, the ash cloud from an eruption on that scale would have sulphur dioxide, which would reflect some sunlight back into space.
The researcher confirmed that the current global increase in South African temperatures is caused by global warming and the El Nino phenomenon which includes the warming of the Pacific, a phenomenon that occurs every 2 to 7 years. We are in such an event now. It is expected to intensify further and peak in December. Usually when the global record increases, it is by 0.01%. This year it is expected to go beyond 0.1%, which is 10 times higher than normal.
In South Africa, the year has been above normal across the country. Especially, the coming summer is expected to be a warm summer. It is also a season of below normal rainfall. Several regions of South Africa are already in a state of drought at the moment. The last two summer rainfall seasons had below normal rainfall, and having another season with below normal rainfall will make the situation worse, with a major impact on the country’s agriculture.
Source : News 24.

In the same way, October has set a new record for the average daily maximum temperatures across Australia. According to the National Science Agency and the Bureau of Meteorology, the country could be on track for a temperature rise of more than 5°C by the end of the century, far more than the rest of the world, unless drastic action is taken to slash greenhouse gas emissions. The report stated that temperatures would likely rise across Australia throughout the century, with the average annual temperature set to be up to 1.3C warmer in 2030 compared with the average experienced between 1986 and 2005.
The country faces significant environmental and economic impacts from climate change across a number of sectors, including water security, agriculture, coastal communities, and infrastructure. Leading scientists advise climate change will cause increases to the frequency and intensity of extreme weather events. Rising sea levels pose a significant risk to coastal communities, while the world’s oceans could become too acidic to support coral reefs.

In New Zealand, the national average temperature has risen 0.9˚C over the past century. The Ministry for the Environment indicates that likely climate change impacts include: higher temperatures, more in the North Island than the South, (but still likely to be less than the global average); rising sea levels (16-centimetre average rise over the four major ports in the past 100 years); more frequent extreme weather events such as droughts (especially in the east of New Zealand) and floods; a change in rainfall patterns – higher rainfall in the west and less in the east; retreat of South Island glaciers – ice volume in the Southern Alps is down 11% in the past 30 years .

Glacier NZ 01

Glacier NZ 02

Glacier NZ 03

Vu du ciel ou sur terre, le recul des glaciers néo-zélandais ne fait aucun doute

(Photos: C. Grandpey)