Eruption du Sierra Negra (Ile Isabela / Galapagos)

Une éruption a débuté sur le Sierra Negra (Ile Isabela) vers 13h40 (heure locale) le 26 juin 2018, suite à une sismicité intense et des déformations de l’édifice volcanique ces dernières semaines (voir mes notes des 10 et 14 juin 2018) . L’éruption a généré un panache de gaz et de cendre qui est monté jusqu’à 8 km d’altitude. Il se dit que c’est la plus puissante éruption depuis 1979. Le dernier événement éruptif a commencé le 22 octobre 2005 et s’est terminé le 30 octobre de la même année, avec un VEI de 3.
Des coulées de lave sont observées sur une partie du flanc nord du Sierra Negra ; elles se dirigent vers l’intérieur de la caldeira. D’autres coulées sur une autre partie du flanc nord se dirigent vers Bahía Elízabeth. À l’heure actuelle, il n’y a pas de retombées de cendre à Puerto Villamil, un petit port situé sur la rive sud-est de l’île Isabela, à 24 km au sud-est du Sierra Negra. Sur les 2 200 personnes qui vivent sur l’île Isabela, la majorité vit à Puerto Villamil.
Au moins 50 personnes ont été évacuées après un essaim sismique enregistré le 26 juin.
Source: Instituto Geofisico, The Watchers.

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An eruption started at Sierra Negra volcano on Isabela Island at about 13:40 (local time) on June 26th, 2018, following intense seismicity and deformation of the volcanic edifice in recent weeks (see my posts of June 10th and 14th, 2018). The eruption produced an ash and gas plume that rose up to 8 km a.s.l. It is said to be the worst eruption since 1979. The last eruptive event started on October 22nd, 2005, and ended on October 30th of the same year, with a VEI of 3.

Lava flows are being observed on the northern flanks of Sierra Negra, directed toward the interior of the caldera and another part toward its northern flank, in the direction of Bahía Elízabeth. At the moment, there is no ashfall in Puerto Villamil, a small port located on the southeastern edge of Isla Isabela, 24 km SE of Sierra Negra. Of the 2,200 people who live on Isabela, the majority live in Puerto Villamil.

At least 50 people were evacuated after a seismic swarm on June 26th.

Source: Instituto Geofisico, The Watchers.

Image satellite de l’éruption d’octobre 2005 (Crédit photo: NASA)

Cleveland (Iles Aléoutiennes / Alaska): Hausse du niveau d’alerte // The alert level has been raised

Les dernières données satellitaires du Cleveland en date du 25 juin 2018 indiquent la présence d’une petite coulée de lave de forme circulaire, d’environ 80 mètres de diamètre, au fond du cratère sommital. Les données de surveillance géophysique du volcan sont indisponibles depuis le 24 juin dans l’après-midi et on ne sait donc pas si l’apparition de la lave dans le cratère a généré des signaux sismiques ou infrasoniques détectables. Cependant, la présence d’une coulée de lave obstruant la bouche active augmente le risque d’une explosion au cours des prochains jours ou des prochaines semaines. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique ont été élevée respectivement à Orange et Vigilance. La dernière activité explosive du Cleveland s’est produite le 4 mai 2018.
Source: AVO.

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Satellite observations of Cleveland Volcano on June 25th, 2018 indicate the presence of a small circular lava flow, about 80 metres in diameter, covering the floor of the summit crater. Geophysical monitoring data from the volcano has been unavailable since June 24th in the afternoon and thus it is unknown if the effusion of lava within the crater generated detectable seismicity or infrasound. However, the presence of a lava flow over the active vent increases the possibility of a vent clearing explosion over the coming days to weeks. As a consequence, the aviation colour code and the volcanic alert level have been raised to ORANGE and WATCH, respectively. The last detected explosive activity at Cleveland volcano occurred on May 4th, 2018.

Source: AVO.

Source: AVO

Hawaii: La lave bloque l’accès aux sites touristiques du District de Puna // Hawaii: Lava has blocked access to tourist sites in the Puna District

Au cours de mes voyages à Hawaï, il m’est arrivé à plusieurs reprises de prendre le bateau à Pohoiki pour aller voir la lave couler dans l’océan. Aujourd’hui, ce n’est plus possible car la lave a coupé la route qui conduit à ce site magnifique. La mise à l’écart du petit port est un problème pour les pêcheurs qui ne peuvent plus emmener les touristes en mer et qui doivent remorquer leurs bateaux jusqu’au Wailoa Boat Harbor de Hilo pour pratiquer leur activité de pêche.
Des sites touristiques de  bord de mer comme Isaac Hale et Ahalanui ont certes été épargnés par la lave, mais ils sont inaccessibles pour une durée indéterminée. La rampe d’accès de Pohoiki est intacte mais ne peut être atteinte par la route. Les propriétaires de bateaux ont été obligés d’approcher l’endroit par la mer pour vérifier leur point d’ancrage, récupérer des effets personnels et les animaux domestiques pris au piège des coulées de lave.
Il n’est pas précisé combien de propriétaires de bateaux utilisent la rampe d’accès de Pohoiki, mais quatre compagnies détiennent des permis commerciaux et organisent des sorties en mer pour aller voir la lave arriver dans l’océan. L’utilisation du port de Wailoa à Hilo au lieu de Pohoiki signifie une augmentation des coûts de carburant et du temps de trajet. Le propriétaire de l’agence Lava Boat Tours a perdu sa maison qui a été avalée par la lave dans les Leilani Estates, et il voit maintenant ses moyens de subsistance menacés par l’impossibilité d’utiliser la rampe de Pohoiki. Il estime qu’il utilise 45 gallons de carburant pour partir de Wailoa contre 21 gallons quand il partait de Pohoiki.
Comme la Grande Ile d’Hawaii est relativement jeune d’un point de vue géologique, une grande partie de son littoral comprend des falaises abruptes et des affleurements de lave difficiles d’accès. Les plages de sable et autres sites de détente sont donc très prisés, en particulier à Puna. Une source d’eau chaude alimente les piscines naturelles de Ahalanui Beach Park, mieux connu sous le nom de Hot Ponds, qui se trouve à environ 1,5 km au nord-est de Isaac Hale Beach Park. Malheureusement, les routes bloquées par la lave empêchent les touristes et les habitants d’accéder à l’endroit.
MacKenzie State Recreation Area, au sud de Pohoiki Bay, est également fermée. Pour des raisons de sécurité, cette zone récréative a été bouclée peu de temps après le début de l’éruption et le restera vraisemblablement très longtemps.
Dans les années 1990, les coulées de lave dans le secteur de Kalapana avaient fait disparaître certains des meilleurs spots de surf de l’île ; les surfeurs pleurent aujourd’hui la perte de nouveaux spots à Pohoiki Bay.
La Fracture n° 8 continue à envoyer inlassablement sa lave dans la Lower East Rift Zone. Il est trop tôt pour savoir quand – et si – l’accès aux parcs du District de Puna via la Pohoiki Road et la route entre Kalapana  et Kapoho Beach sera restauré.
Source: Honolulu Star Advertiser.

Voici une excellente vidéo montrant les différents sites mentionnés ci-dessus, ainsi que l’ampleur de l’éruption:

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During my trips to Hawaii, I happened several times to take the boat at the Pohoiki Boat ramp to go and see lava flowing into the ocean. Today, this is no longer possible as lava has cut the road leading to Pohoiki. The isolation of the place is a ptoblem for the fishermen who can no longer take tourists out to sea, but above all for the local fishermen who have to trailer their boats to the Wailoa Boat Harbor in Hilo to head out to their usual fishery.

Although Isaac Hale and Ahalanui beach parks were spared by lava, they are inaccessible for the foreseeable future. The Pohoiki Boat Ramp also is undamaged but cut off from users who want to launch from there. Boaters have approached the ramp by sea to check on their property, retrieve belongings and rescue animals trapped by lava flows, but there is no possible terrestrial access to the ramp.

It is not said how many boaters utilize the ramp, but four companies hold commercial permits for Pohoiki and were running lava-­viewing tours. Using Wailoa Boat Harbour in Hilo instead of Pohoiki means added fuel costs and travel time to get passengers to coastal lava-entry points at Kapoho Bay. The owner of the Hawaiian Lava Boat Tours agency is dealing both lost his Leilani Estates house to the eruption and now sees his livelihood threatened by not being able to launch from the Pohoiki Boat Ramp. He estimates he uses 45 gallons of fuel running out of Wailoa compared to 21 gallons when he launched from Puna.

Because Hawaii Big Island is relatively young, in geological terms, much of its shoreline comprises sheer cliffs and craggy lava outcroppings. Sandy beaches and other shoreline recreational sites are at a premium, especially in Puna. A geothermal source from the volcano heats natural pools at Ahalanui Beach Park, also known as Hot Ponds, which lies about 1.5 kilometres northeast of Isaac Hale Beach Park. Unfortunately, lava-blocked roads are denying tourists and locals access to the spot.

Also closed is MacKenzie State Recreation Area, south of Pohoiki Bay. Due to safety concerns, Mac­Kenzie has been closed since shortly after the eruption began and likely will remain so for a very long time.

The Kalapana lava flows of the 1990s south of MacKenzie also consumed some of the island’s best surfing spots, and now surfers are mourning the loss of access to a series of choice breaks at Pohoiki Bay.

With Kilauea’s fissure 8 steadily sending lava into the Lower East Rift Zone, it is too early to know when – or if – access to the Puna parks via Pohoiki Road and Kalapana-Kapoho Beach Road will be restored.

Source : Honolulu Star Advertiser.

The video above shows the different sites mentionned in this post, as well as the extent of the eruption.

Rampe d’accès de Pohoiki (Image extraite de la vidéo)

La rampe d’accès de Pohoiki était un point de départ idéal pour aller voir la lave arriver en mer. (Photo: C. Grandpey)

L’avenir du Kilauea se lit dans le passé du Mauna Loa // Kilauea’s future lies in Mauna Loa’s past

Lorsque les avions survolent la Grande Ile d’Hawaii, les premières montagnes que l’on aperçoit à travers le hublot sont les masses imposantes du Mauna Kea et du Mauna Loa, la plus haute montagne sur Terre. Mesuré à partir de sa base au fond de l’océan, ce volcan est plus haut que le Mont Everest. Le Mauna Loa donne une bonne idée de ce à quoi ressemblera le Kilauea dans un avenir lointain.
L’éruption actuelle du Kilauea qui a débuté au début du mois de mai 2018 nous rappelle que ce volcan sera le prochain édifice dont la masse dominera la Grande Ile. Au cours des 1 000 prochaines années, la lave continuera probablement à recouvrir des zones entières et permettra au Kilauea de grandir. On remarquera aujourd’hui que 90% de la surface du volcan est recouverte de lave datant de moins de 1 000 ans.
Le Mauna Loa, bien que beaucoup plus ancien, a connu une évolution semblable. Il a émergé de l’océan il y a 300 000 ans et les géologues de l’USGS pensent qu’il a connu une croissance rapide depuis cette époque. Il n’y a aucune raison de croire que la croissance du Kilauea sera très différente de celle du Mauna Loa. Personne n’a pu assister à l’évolution du Mauna Loa car les premières personnes ont débarqué sur les îles hawaïennes il y a 1500 ans, alors que le volcan dominait déjà le paysage. Depuis cette époque lointaine, les Hawaïens ont régulièrement assisté aux éruptions du Kilauea et l’ont vu grandir en même temps que la lave se déversait dans la mer. Depuis 1983, date à laquelle la dernière éruption a commencé, le Kilauea a ajouté plus de deux kilomètres carrés de terres nouvelles à la Grande Île. Les géologues s’attendent à ce que le volcan continue d’empiler les couches de lave les unes après les autres, comme l’a fait le Mauna Loa dont le nom signifie « Longue Montagne » en hawaiien. Avec l’accumulation de lave au cours des millénaires, le Kilauea aura une forme assez semblable à celle du Mauna Loa ; il deviendra un volcan bouclier, mais il n’est pas certain qu’il atteigne les dimensions extraordinaires de son voisin.
La source magmatique des volcans hawaïens est un « point chaud » stationnaire qui alimente cinq volcans de Big Island et quatre d’entre eux sont encore en mesure de déverser leur lave. Le Kilauea est parmi les plus actifs. En 1955, le volcan a déjà répandu de la lave sur 16 kilomètres carrés de l’île. Comme le montre l’activité des dernières semaines, il n’a pas perdu de sa vigueur et il n’y a aucune raison que cela change dans les années à venir. Si l’on observe l’histoire géologique, les coulées de lave du Kilauea apparaissent fréquemment, même s’il peut y avoir des intervalles de 10, 15 ou 30 ans entre les éruptions majeures. Pendant les périodes où le Kilauea est calme, le Mauna Loa semble prendre le relais. La « Longue Montagne » est peut-être vieille, mais elle n’a pas dit son dernier mot! Selon l’USGS, 90 pour cent de la surface du Mauna Loa est couverte de coulées de lave géologiquement jeunes qui se sont épanchées au cours des 4 000 dernières années.
Les habitants vivant sur ou près de ces volcans sont conscients des risques. Il y a des récits de coulées de lave, de maisons qui ont failli être détruites et d’autres qui ont été englouties. Ainsi va l’histoire du Kilauea qui doit continuer à vomir sa lave s’il veut devenir aussi grand que le Mauna Loa …
Adapté de plusieurs médias américains.

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When planes fly over Hawaii Big Island, the first mountains you see are the huge masses of Mauna Kea and Mauna Loa, the most massive mountain on Earth. Measured from its deep ocean base, the volcano is taller than Mount Everest. In itself, it is a picture of what is to come for Kilauea.

Kilauea’s current eruption which started in early May reminds us that Kilauea is next in line to become a dominant presence on the Big Island, like Mauna Loa. In the next 1,000 years or so, lava will almost certainly flow over every neighbourhood on the volcano, as it continues growing. There’s good precedent for this. Today, 90 percent of the volcano is covered in lava that is less than 1,000 years old.

Mauna Loa, though far more ancient, once behaved in much the same way. The volcano emerged from the ocean some 300,000 years ago, and USGS believes it has grown rapidly upward since then. There is no reason to expect the events of Kilauea will be very much different than those that took place at Mauna Loa. Nobody could witness the growth of Mauna Loa because the first people landed on the Hawaiian islands some 1,500 years ago, when Mauna Loa was already the dominant Hawaiian mountain. Since then, however, Hawaiians have regularly witnessed Kilauea erupt and grow larger as lava poured into the sea. Since 1983 when the last eruption began, Kilauea has added more than two square kilometres of new land to the Big Island, and geologists expect the volcano to continue adding layer upon layer, building out and up like Mauna Loa, which is Hawaiian for « Long Mountain. »

With the accumulation of lava over the millennia, Kilauea will be quite similar in shape – it will become a shield volcano – but it is less certain if it will ever meet Mauna Loa’s extraordinary height and girth.

The source of magma for Hawaiian volcanoes is a stationary « hot spot » that feeds the Big Island’s five volcanoes four of which will erupt again. Kilauea is very active. In 1955, the volcano poured lava over 16 square kilometres of the island. And as the last few weeks specifically have shown, the activity has not relented. There is no reason to see why that would change in the future. In the long geologic perspective, Kilauea’s lava flows are occurring pretty quickly, even though there may be 10, 15, or 30-year intervals between significant lava eruptions. During the periods when Kilauea stops erupting lava, that seems to be when Mauna Loa comes alive again. The large mountain may be ancient, but it’s not nearly done ! According to USGS, 90 percent of Mauna Loa’s surface is covered in geologically young lava flows that have occurred in the last 4,000 years.

Locals living on or near these volcanoes are well-aware of the risks. There are continuing stories of lava flows, close calls, and engulfed homes. This is what Kilauea needs to do if it ever wants to grow into something approximating Mauna Loa…

Adapted from several U.S. news media.

Le Mauna Loa (à gauche) et le Mauna Kea (à droite) peu de temps avant l’atterrissage à Hilo (Photo: C. Grandpey)

Coulée de lave sur le flanc du Pu’uO’o en 2007 (Photo: C. Grandpey)