1er avril 2026 : Hawaï n’oublie pas le tsunami de 1946 // April 1st, 2026 : Hawaii remembers the 1946 tsunami

Cette année à Hawaï, en ce 1er avril 2026, le test mensuel du système d’alerte par sirène coïncide avec le 80ème anniversaire du tsunami de 1946 qui a frappé les îles hawaïennes, causant la mort de 158 personnes.
Le 1er avril 1946, Hilo et la côte environnante furent frappées par le tsunami le plus dévastateur de l’histoire moderne d’Hawaï. Le raz-de -marée fut déclenché par un séisme de magnitude M7,4 (bien que certains scientifiques l’estiment aujourd’hui plus proche de M8,5) survenu au milieu de la nuit au large des côtes de l’Alaska. Moins de cinq heures plus tard, des vagues monstrueuses en provenance des îles Aléoutiennes, déferlèrent sur l’État d’Hawaï.

L’USGS précise que, historiquement, deux tsunamis se sont produits durant la première semaine d’avril. Le premier eut lieu le 2 avril 1868 ; il fut provoqué par le puissant séisme qui se produisit ce jour-là près de Pahala. Le séisme de 1868 est estimé à une magnitude d’environ M8,0. 46 personnes ont péri et plusieurs villages hawaïens ont été entièrement détruits par le tsunami qui a suivi. Des témoins oculaires ont estimé la hauteur de la vague entre 7 et 9 mètres.

Plus récemment, le 1er avril 1946, un tsunami provoqué par un important séisme dans les îles Aléoutiennes a causé de graves dégâts à Hawaï.

Un tsunami se caractérise généralement par une succession de vagues qui viennent submerger le rivage. Entre les vagues, généralement espacées de 12 à 20 minutes, le niveau de l’eau baisse et découvre les fonds marins. Souvent, le premier signe de l’arrivée d’un tsunami est un retrait soudain de l’eau du rivage.
En 1946, chacune des huit premières vagues a atteint sa hauteur maximale à des endroits différents. De plus, la première vague n’est pas nécessairement la plus importante. Il est déconseillé de retourner dans les zones côtières basses évacuées avant que toutes les vagues ne soient passées. Les vagues ont atteint une hauteur maximale de 16 mètres au-dessus du niveau de la mer près de l’embouchure de la vallée de Pololu et de 8 mètres à Hilo. À Kaua’i, la hauteur maximale de la vague était de 13 mètres ; à O’ahu, de 9 mètres ; à Moloka’i, de 16 mètres ; et à Maui, de 10 mètres. Dans tous les cas, l’eau a atteint sa hauteur maximale sur la côte nord. À Hawaï, 124 personnes ont péri et près de 600 maisons ont été détruites ou endommagées. Ailleurs dans l’archipel, 38 autres personnes ont trouvé la mort et environ 800 maisons ont été détruites ou endommagées.

Un autre tsunami dévastateur a frappé l’archipel hawaïen le 23 mai 1960. Il a été provoqué par le séisme de Valdivia, de magnitude M9,5, survenu le long des côtes chiliennes. Il s’agit de la plus forte magnitude jamais enregistrée. Ce tsunami a causé peu de dégâts ailleurs dans l’archipel, mais la baie de Hilo a été durement touchée. 61 personnes ont perdu la vie et environ 540 maisons et commerces ont été détruits ou gravement endommagés. Dans la baie d’Hilo, la hauteur des vagues a atteint 10 mètres, contre seulement 1 à 5 mètres ailleurs.

Comme le montrent ces exemples, deux types de tsunamis ont causé des dégâts à Hawaï : ceux générés par de grands séismes lointains et ceux générés par des séismes locaux. Aujourd’hui, les tsunamis générés par des séismes lointains sont suivis par le Tsunami Warning Center (TWC), le Centre d’alerte aux tsunamis du Pacifique, situé à Oahu. Le délai minimal entre le séisme et l’arrivée du tsunami à Hawaï est d’environ 4,5 heures pour les séismes dont : l’épicentre se situe dans le centre des îles Aléoutiennes. Les tsunamis générés par des séismes ailleurs dans le Pacifique peuvent mettre jusqu’à 15 heures pour arriver à Hawaï, notamment pour ceux d’Amérique du Sud. Ces délais sont suffisants pour émettre des alertes et évacuer les zones basses des îles. En revanche, les tsunamis générés par des séismes locaux peuvent survenir très rapidement. Bien que seuls quelques séismes locaux aient été suffisamment puissants pour générer un tsunami au cours de l’histoire, ceux de magnitude M8,0 en 1868 et de magnitude M7,2 en 1975 ont provoqué des tsunamis dévastateurs.

Illustration de la vitesse de propagation des vagues d’un tsunami (Source : TWC)

Avec la croissance démographique sur le littoral hawaïen, tout tsunami d’origine locale représente une sérieuse menace pour les vies et les biens. En raison du court laps de temps (quelques minutes seulement à proximité de l’épicentre) entre un séisme local et le tsunami qu’il peut engendrer, il est peu probable que des alertes adéquates permettant une évacuation ordonnée soient émises. La meilleure solution pour les habitants qui ressentent le séisme est de se réfugier immédiatement sur des points hauts s’ils se trouvent près de la côte, en zone basse. Les pages de la Protection Civile dans l’annuaire téléphonique contiennent des cartes des zones côtières de l’île d(Hawaï indiquant les zones inondables par un tsunami et les itinéraires d’évacuation.

Source : USGS.

Photo: C. Grandpey

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This year in Hawaii, on April 1st, 2026, the monthly all-hazard siren system test aligns with the 80th anniversary of the devastating 1946 tsunami that struck the Hawaiian Islands, leading to the tragic loss of over 100 lives.

On April Foolʻs Day 1946, Hilo and the surrounding coast were hit by the most devastating tsunami in Hawaiʻi’s modern history. The death toll was 158. The tsunami was triggered by an M7.4 earthquake (although some scientists now say it was closer to M8.5) that happened in the middle of the night off the Alaskan coast. Less than five hours later, the monster waves rolled in from the Aleutian Islands, surprising the State of Hawaiʻi.

The USGS specifies that in historical times, two tsunamis occurred during the first week of April. The first of these occurred on April 2, 1868 ; it resulted from the great earthquake that took place that day near Pahala. The 1868 event is estimated to have had a magnitude of about M8.0. Reports indicate that 46 people were killed and several entire Hawaiian villages were destroyed by the tsunami generated from the earthquake. Eyewitnesses estimated that the wave was 7 to 9 meters high.

More recently, on April 1, 1946, a tsunami generated from a large earthquake in the Aleutian Islands caused severe damage in Hawai`i. There is usually a succession of waves during a tsunami, with each crest flooding the shore. Between the crests, which are commonly 12-20 minutes apart, the water level drops and exposes the shallow sea floor. Often, the first indication of the arrival of a tsunami is a sudden withdrawal of water from the shore.

In 1946, each of the first eight wave crests was largest at one place or another; thus, the first wave is not necessarily the largest. One should not return to evacuated low-lying coastal areas until the entire wave series has arrived. The waves reached a maximum height above sea level of 16 meters near the mouth of Pololu valley and of 8 meters at Hilo. On Kaua`i, the maximum height of the wave was 13 meters; on O`ahu, 9 meters; on Moloka`i, 16 meters; and on Maui, 10 meters. In all cases, the water reached its maximum height on the north shore. On Hawai`i, 124 people were killed and almost 600 homes destroyed or damaged. Elsewhere in the islands, 38 additional people were killed and about 800 homes were destroyed or damaged.

Another damaging tsunami hit the islands on May 23, 1960. It was generated by the M9.5 Valdivia earthquake along the coast of Chile. Ite margest magnitude ever recorded. This tsunami caused little damage elsewhere in the islands but the Hilo Bay area was hard hit. 61 people lost their lives and about 540 homes and businesses were destroyed or severely damaged. The wave heights in Hilo Bay reached 10 meters compared to only 1-5 meters elsewhere.

As these examples demonstrate, there are two classes of tsunami that have caused damage in Hawaii: those generated by large, distant earthquakes and those generated by local earthquakes. Today, tsunami generated by distant earthquakes are tracked by the Pacific Tsunami Warning Center on O`ahu. The minimum elapsed time between the earthquake and the arrival of the tsunami in Hawaii is about 4.5 hours for earthquakes in the central Aleutian Islands. Tsunami generated by earthquakes elsewhere around the rim of the Pacific Ocean have elapsed times of as long as 15 hours (for those from South America). These times are adequate to issue warnings and evacuate low-lying areas on the islands. However, tsunami generated by local earthquakes may have extremely short time periods between the earthquake and the tsunami. Although only a few local earthquakes have been large enough to generate tsunami during historical times, the M8.0 event in1868 and the M7.2 in1975 produced tsunami that were large enough to kill people.

With the increasing population along the coastlines of Hawaii, any future locally-generated tsunami pose an even greater threat to life and property. Because of the short time period (as little as a few minutes if you are near the earthquake epicenter) between a local earthquake and a tsunami it could generate, it is unlikely that adequate warnings of orderly evacuation can occur. The best solution for residents who feel the earthquake is to immediately move to higher ground if they are near the coast at low elevation. The Civil Defense pages in the phone book include maps of coastal areas around the island showing the areas where tsunami inundation can occur and the evacuation routes to use.

Source : USGS.

Hawaï, terre des dieux // Hawaii, a land of gods

Un épisode de la série Volcano Watch est dédié aux divinités qui gèrent la puissance de la Nature à Hawaï.
La région sommitale du Kilauea, sur la Grande Île, a subi des retombées de téphra et une tempête vers la mi-mars 2026. S’en sont suivies les opérations de nettoyage, de réparation des dégâts et une régénération de la Nature. Ces processus sont naturels, reconnus et ancrés dans les traditions orales autochtones qui évoquent les divinités hawaïennes : Pele, Lono et Hiʻiaka.

Le Kīlauea et les autres volcans actifs de la Grande Île d’Hawaï façonnent des paysages en perpétuelle évolution. Des sommets jusqu’aux côtes, la lave dévale les pentes, recouvre les terres et agrandit l’île lorsqu’elle entre dans l’océan. Les fontaines de lave provoquent des pōhāhā (retombées de téphra) qui envahissent les zones sous le vent. Lorsque le magma circule dans le sous-sol, il peut ouvrir des fissures ou façonner des cratères en surface.

Les traditions orales hawaïennes attribuent l’activité volcanique à Pelehonuamea, déesse hawaïenne des volcans, également connue sous le nom de Pélé, créatrice de la terre.

Pélé est la déesse des volcans et du feu (Photo : C. Grandpey)

L’archipel hawaïen, situé au cœur de l’océan Pacifique, est exposé à des tempêtes venant de diverses directions, notamment des ouragans en été et des tempêtes en hiver. Ces phénomènes météorologiques, accompagnés de vents violents, de pluies torrentielles et de fortes vagues, peuvent déraciner des arbres, provoquer des inondations et recouvrir de neige les sommets du Mauna Kea et du Mauna Loa.
Selon les traditions orales hawaïennes, la pluie, le vent, le tonnerre et la foudre sont l’œuvre de la puissance de Lono, l’un des quatre principaux dieux hawaïens, et qui confère à la terre sa fertilité.

Lono est associé à la fertilité, l’agriculture, la pluie, la musique et la paix. On l’associe également aux tempêtes hivernales qui frappent l’île d’Hawaï (Source : Wikipedia)

Les éruptions volcaniques et les tempêtes peuvent métamorphoser les paysages, mais la régénération naturelle commence rapidement. Là où la végétation a été endommagée par des dépôts volcaniques ou des tempêtes, elle repousse vite suite à ces événements. Lorsque la végétation est complètement détruite ou enfouie, les spores et les graines qui se déposent dans les zones affectées amorcent le lent processus de restauration de la végétation.

Les traditions orales hawaïennes attribuent ce processus à Hiʻiakaikapoliopele, déesse protectrice des danseuses de hula, des chants, de la sorcellerie et de la médecine. C’est la guérisseuse de la terre. Elle est également connue sous le nom de Hiʻiaka, celle qui entreprend de reverdir la Nature.

Hi’iaka est considérée comme la guérisseuse de la terre et l’image de sa régénération (Source : Wikipedia)

Ces traditions orales relatent les interactions passées entre Pélé, Lono et Hiʻiaka, interactions que les Hawaïens continuent de percevoir aujourd’hui. Par exemple, Pélé serait apparue au sommet du Kīlauea lors de l’Épisode 43 de l’éruption qui s’est accompagné d’un puissant pōhāhā. Quelques jours plus tard, Lono, plein de vigueur, serait apparu lors d’une tempête hivernale, et Hiʻiaka est désormais présente pour régénérer la Nature.

La Nature continuera de remodeler le territoire, et les derniers événements nous rappellent leur impact considérable. Ils montrent aussi que Pele, Lono et Hiʻiaka font toujours partie intégrante de la vie à Hawaï.
Source : USGS / HVO.

Un jour sur le Kilauea, Pélé m’a tendu la main, comme pour m’inviter à profiter de la beauté des éruptions qu’elle déclenche.(Photo: C. Grandpey)

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An episode of the series Volcano Watch is dedicated to the gods behind Nature’s power in Hawaii.

The summit region of Kilauea on the Big Island experienced tephra fallout and a kona low storm by mid-March 2026. They were followed by cleanup, recovery and regrowth. These processes are natural, recognized and embodied in Native Hawaiian oral traditions about Hawaiian deities of Pele, Lono, and Hiʻiaka.

Kīlauea and the other active volcanoes on Hawaii Big Island are ever-changing landscapes. From summits to coastlines, lava flows downslope to resurface land and add acreage where it enters the ocean. Lava fountains blanket areas downwind with pōhāhā – fallout of tephra. As magma moves beneath the surface, it can cause ground cracks or collapsed areas such as craters to form on the ground above.

Native Hawaiian oral traditions attribute those active volcanic processes to Hawaiian volcano goddess Pelehonuamea, also known by the shorter Pele, the creator of land.

The Hawaiian archipelago, located in the Central Pacific Ocean, is susceptible to storms that approach from various directions, including hurricanes during the summer and kona low storms during the winter. These weather systems and accompanying wind, rain and ocean surges can topple trees, cause flooding and cover the summits of Mauna Kea and Mauna Loa with snow.

Native Hawaiian oral traditions say rains, winds, thunder and lightning are the works of the elemental force and one of the four principal Hawaiian gods Lono, who brings fertility to the land.

Volcanic eruptions and storms can completely transform landscapes, but natural recovery begins soon afterward. Where vegetation was damaged by new volcanic deposits or storms, new growth quickly begins. When vegetation is completely destroyed or buried, spores and seeds landing in these areas begin the processes of slowly restoring vegetation.

Native Hawaiian oral traditions attribute these actions to Hawaiian patron goddess of hula dancers, chants, sorcery and medicine – the healer of land – Hiʻiakaikapoliopele, also known by the shorter Hiʻiaka, as she begins to re-green the land.

The oral traditions recorded interactions between Pele, Lono and Hiʻiaka in the past, and Hawaiians continue to see their interactions today. For instance, Pele appeared at the summit of Kīlauea during Episode 43 of the Kilauea eruption with a heavy pōhāhā. This event was followed by a wildly enthusiastic Lono in a kona low storm a few days later, and now Hiʻiaka is present in recovery.

Nature will continue to reshape the land, and these recent natural events are reminders about how impactful they can be. But they also show that Pele, Lono and Hiʻiaka are still largely part of life in Hawaii.

Source : USGS / HVO.

Les intempéries ont causé de graves dégâts à Hawaï // Poor weather conditions caused heavy damage in Hawaii

Concentrations de CO2 : 429,79 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Comme je l’ai écrit précédemment, plusieurs épisodes météorologiques violents, associés à une dépression de Kona (kona low), ont provoqué les pires inondations à Hawaï depuis vingt ans. Des maisons ont été arrachées de leurs fondations, des voitures ont été emportées par les flots et une épaisse boue volcanique rougeâtre a recouvert sols et murs.

Crédit photo : presse hawaïenne

Selon les autorités, des centaines de maisons ont été endommagées, ainsi que des écoles et l’hôpital de Maui. Le 23 mars, de nouveaux déluges ont déclenché une nouvelle vague d’inondations sur la côte sud d’Oahu, tandis que les habitants de la côte nord nettoyaient et évaluaient les dégâts. Aucun décès n’a été signalé, mais plus de 230 personnes ont dû être secourues. Le Service météorologique national a indiqué que les averses et les orages devraient s’atténuer, mais que la Grande Île restait sous surveillance avec un risque de crues soudaines. Il s’agit des pires inondations à Hawaï depuis 2004. Le coût de ces intempéries pourrait dépasser le milliard de dollars.

Crédit photo : presse hawaïenne

Sur la côte nord d’Oahu, les eaux sont montées rapidement car les fortes pluies se sont abattues sur un sol déjà saturé par une tempête hivernale une semaine auparavant. Les eaux déchaînées ont emporté des maisons et des voitures. Les pluies torrentielles ont entraîné l’évacuation de 5 500 personnes au nord d’Honolulu et plus de 230 personnes ont été secourues au cours de la montée des eaux. Certains habitants ont fui sur des planches de surf alors que l’eau leur arrivait à la taille ou à la poitrine.
Les exploitations agricoles à Hawaï ont signalé des dégâts estimés à environ 10 millions de dollars. C’est le cas de la plantation de café Greenwell, sur la Grande Île, qui a été dévastée.
Les autorités ont averti que le barrage de Wahiawa, vieux de 120 ans et situé au nord d’Honolulu, était « menacé de rupture imminente ». Le barrage est vulnérable depuis longtemps, mais les inquiétudes se sont apaisées avec la décrue. Cet ouvrage en terre a été construit en 1906 pour accroître la production de sucre. Il a été reconstruit après un effondrement en 1921. L’État a déclaré que le barrage de Wahiawa présentait un « potentiel de danger élevé » et qu’une rupture « entraînerait probablement des pertes en vies humaines ». Quatre avis de non-conformité concernant le barrage ont été émis depuis 2009, et il y a cinq ans, la compagnie a été condamnée à une amende de 20 000 $ pour négligence en matière de sécurité.
Les autorités ont imputé une partie des dégâts au fait que de fortes pluies se sont abattues en peu de temps. Les dépressions hivernales baptisées « Kona low », caractérisées par des vents du sud ou du sud-ouest qui charrient de l’air humide, sont responsables des inondations de ces deux dernières semaines. Ces événements météorologiques ne sont pas exceptionnels, mais les experts affirment que l’intensité et la fréquence des fortes pluies à Hawaï sont en hausse en raison du réchauffement climatique d’origine humaine.
Source : Médias hawaïens.

Voici une vidéo de la chaîne CBS montrant les dégâts causés par les intempéries :
https://youtu.be/bNSyKQjvZ58

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As I put is before, several severe storms accompanying a « kona low » caused the worst flooding in Hawaii in two decades, sweeping homes off their foundations, floating cars out of driveways and leaving floors and walls covered in thick, reddish volcanic mud.

Authorities say hundreds of homes have been damaged, along with some schools and Maui hospital. On March 23, new downpours set off a fresh round of flooding on Oahu’s south side while residents on the island’s North Shore cleaned up and assessed the destruction. No deaths have been reported, but more than 230 people had to be rescued. The National Weather Service said showers and thunderstorms were expected to wane but the Big Island remained under a flash flood watch.This was Hawaii’s worst flooding since 2004. The cost of the storm could top $1 billion.

On Oahu’s North Shore, the waters rose quickly as heavy rains fell on soil already saturated by downpours from a winter storm a week earlier. Raging waters lifted homes and cars. The storm prompted evacuation orders for 5,500 people north of Honolulu and more than 230 people were rescued from the rising waters. Some residents fled on surfboards as water reached waist or chest high.

Farms around the state reported about 10 million worth of damage, like the Greenwell coffee farm on the Big Island which was devastated.

Officials warned that the 120-year-old Wahiawa dam, north of Honolulu, was “at risk of imminent failure.” The dam has long been vulnerable, but worries eased as the water subsided.

The earthen structure was built in 1906 to increase sugar production. It was reconstructed following a collapse in 1921. The state has said Wahiawa dam has “high hazard potential” and a failure “will result in probable loss of human life.” Four notices of deficiency about the dam have been emitted since 2009, and five years ago the company was fined $20,000 for failing to address safety deficiencies.

Officials blamed some of the devastation on the large volumes of rain that fell in a short amount of time. Winter storm systems known as “Kona lows,” which feature southerly or southwesterly winds that bring in moisture-laden air, have been responsible for the deluges in the past two weeks. Such weather events are not exceptionnal, bur experts say that the intensity and frequency of heavy rains in Hawaii have increased amid human-caused global warming.

Source : Hawaiian news media.

Here is a CBS video showing the damage caused by the storms :

https://youtu.be/bNSyKQjvZ58

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : Si la lave entre dans l’océan…

La lave continue sa progression après avoir envahi la RN2 sur environ 260 mètres de largeur et elle se rapproche de l’océan. On estime que le Piton de la Fournaise a émis entre 13 et 15 millions de mètres cubes de lave depuis le début de l’éruption le 13 février 2026.

Le front de coulée se trouvait à environ 300 mètres de la côte le 14 mars au matin. Tout le monde (sauf ceux qui doivent emprunter la route!) espère qu’elle atteindra son but. Toutefois, il ne faudra pas oublier que le mariage de la lave et de l’eau peut être douloureux, avec des risques pour la santé des personnes qui se trouveraient à proximité.

Comme l’explique un article paru sur le site Réunion la 1ère, « si la coulée atteint l’océan, la scène sera spectaculaire mais surtout chimique. L’eau et la lave entrent alors dans une réaction brutale qui transforme les gaz volcaniques. » Ces derniers peuvent être très agressifs pour la santé, avec notamment de l’acide chlorhydrique (HCl). S’y ajoutent de l’acide sulfurique (H2SO4) et de l’acide fluorhydrique (HF). L’ensemble de ces gaz forme un cocktail irritant pour les poumons et la peau. Dans l’air, le dioxyde de soufre (SO2) peut aussi se combiner avec l’humidité pour former des pluies acides susceptibles d’endommager les végétaux.

Si la qualité de l’air venait à se dégrader fortement avec les nuages de gaz émis suite au contact de la lave et de l’océan, le plan ORSEC peut entrer en action. Il permet de mobiliser et coordonner l’ensemble des acteurs de la sécurité civile sous l’autorité du préfet. Son rôle est d’organiser rapidement les secours et protéger la population lorsqu’un événement majeur survient.

Dans le cas d’une éruption, plusieurs scénarios sont étudiés. Si la coulée de lave se jette dans l’océan ou si les concentrations de polluants grimpent nettement, le dispositif peut être déclenché. Il revient à l’Agence régionale de santé (ARS) d’analyser les données pour déterminer s’il existe un impact sanitaire. L’Agence définit la zone potentiellement exposée. Sur cette base, les autorités peuvent décider de restreindre l’accès à certains secteurs ou de fermer des zones.

Par anticipation, les autorités ont pris des mesures concernant les activités nautiques et la pêche. La navigation, le stationnement, le mouillage de tout navire et la pratique des activités nautiques, aquatiques ou sportives sont interdits dans un rayon de 1 mille nautique (1,8 km) autour du point d’arrivée potentiel de la lave.

Mais nous n’en sommes pas là. Il faut d’abord attendre que la lave atteigne l’océan, ce qu’elle a fait dans la grande majorité des cas par le passé.

J’ai personnellement eu l’occasion – la chance , devrais-je dire – d’assister au mariage de la lave et de l’océan à Hawaï, depuis la terre, mais aussi depuis la mer. Je confirme les recommandations de prudence décrites plus haut. Il faut en particulier de méfier des sautes de vent qui peuvent transporter les gaz toxiques là où on ne les attend pas. Je suppose que le site où la lave entrera dans la mer sera interdit d’accès. Si des personnes parvenaient toutefois à l’atteindre, je leur recommande d’emporter un bon masque anti-gaz, au cas où.

Par ailleurs, il faut se méfier des explosions phréatiques qui peuvent se produire lorsqu’une accélération du débit de la lave se produit. Ce peut être particulièrement violent, avec de dangereuses projections.

À la Réunion l’entrée de la lave dans l’océan s’est produite pour la dernière fois en 2007 dans le secteur du Grand Brûlé / Tremblet. L’événement avait surpris les scientifiques car le réchauffement brutal et très localisé de l’eau de mer avait permis de découvrir la biodiversité profonde autour de La Réunion. Des centaines de poissons, dont beaucoup viennent des grandes profondeurs, ont été retrouvés morts à la surface, Certaines espèces avaient rarement, voire jamais, été observées localement…

J’ai eu l’occasion d’observer l’océan à plusieurs reprises dans le secteur du Tremblet et chaque fois la mer était très agitée.

 Je me demande aujourd’hui s’il serait possible et prudent d’organiser des excursions en bateau pour voir l’arrivée de la lave depuis la mer, un spectacle extraordinaire auquel j’ai pu assister à deux reprises à Hawaî…

Photos : C. Grandpey